Vous êtes dans: Européennes 2014

22 Juin

Commentaires fermés sur Le mini Sommet de l’Élysée pour une autre Europe

Le mini Sommet de l’Élysée pour une autre Europe

par

logops160
Les socialistes se félicitent du succès du Mini Sommet de l’Elysée qui a réuni samedi 21 juin les chefs de gouvernement sociaux-démocrates autour de François Hollande,  Sigmar Gabriel et Matteo Renzi, pour définir une position commune des progressistes sur la feuille de route de la future Commission européenne.

Comme le demandaient les socialistes durant la campagne pour les élections européennes, les chefs de gouvernement sociaux-démocrates proposent l’assouplissement des critères de convergence car il est évident que les critères d’avant crise ne peuvent être les critères de sortie de crise.

Même si l’assainissement financier reste une nécessité, la croissance issue de la relance européenne est l’urgence de la Commission.

Cette exigence, actée lors de la dernière réunion de la Présidence du Parti Socialiste Européen et du groupe des socialistes et démocrates,  voit dans la réunion de Paris un débouché utile et bienvenu.

Le Parti socialiste salue ainsi les résolutions de ce « sommet social-démocrate » de Paris qui donne une impulsion que nous voulons durable pour la réorientation de l’Europe en faveur de la croissance, de l’emploi et de la justice sociale pour répondre à l’exigence des peuples.

26 Mai

Commentaires fermés sur L’invité politique de la matinale d’Europe 1

L’invité politique de la matinale d’Europe 1

par

JCC E1 26052014

Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Jean-Pierre Elkkabach sur l’antenne d’Europe 1. Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:


Cambadélis à Aliot : « Vous ne représentez pas… par Europe1fr

23 Mai

3 Comments

Mon discours au grand meeting européen de Lyon – vendredi 23 mai 2014

par

photoRetrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadélis prononcé lors du grand meeting européen de Lyon vendredi 23 mai 2014.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Chers amis, chers camarades,

 

Quel plaisir de me retrouver avec vous tous, ici, chez mon ami Jean-Paul Bret à Villeurbanne, dans cette commune voisine de Lyon dont je salue le maire, un autre ami: Gérard Collomb.Lyon énergique, Lyon dynamique.

Ces qualificatifs je les reprends sans hésiter pour désigner la superbe campagne que vous menez tous dans cette circonscription. Il faut dire que vous avez deux têtes de listes qui n’ont jamais été avares d’énergie et n’ont jamais manqué d’entrain. Bravo à vous Vincent Peillon et Sylvie Guillaume Zaiki Laïdi! Bravo, et merci à Virginie Rozière du PRG. Merci pour vos interventions remarquables de ce soir.

Quel plaisir d’être à Lyon disais-je. J’ajouterai : quel plaisir d’être à Lyon aussi bien entouré. Merci au Premier ministre d’être présent ce soir. « Gracias » cher Manuel comme tu dis si bien en espagnol ! Merci à toi, Premier ministre de la France, qui assainis les comptes, investis dans l’avenir et veut rendre à la justice sociale son efficacité. Toi, qui disais, dans ton ouvrage intitulé  Pouvoir , « qu’il fallait réveiller la gauche pessimiste, victime du syndrome Fort Alamo ». Tu n’as pas hésité à te lancer dans la bataille des européennes, sachant les sombres pronostics que les médias en faisaient. Tu as montré le chemin d’une Gauche qui ne baisse pas les bras et qui redresse la tête. Pour tout cela, cher Manuel, merci.

Je salue également Martin Schulz. Cher Martin, ceux qui n’ont pas encore eu la chance de t’entendre vont se rendre compte que tu es non seulement le candidat idéal mais également un orateur magistral.

Je veux enfin saluer chaleureusement les membres du Gouvernement qui sont parmi nous ce soir: Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Harlem Désir, Geneviève Fioraso, André Vallini et Thierry Braillard. Merci pour votre engagement exemplaire dans cette bataille essentielle pour la France et pour l’Europe.

Oui, cette bataille est essentielle. Elle est cruciale même. En effet, l’Europe est comme au confluent de deux fleuves. Elle se trouve face à une alternative entre 2 visions qui s’affrontent diamétralement, entre 2 avenirs qui s’opposent radicalement. Ce dimanche, le choix se fera entre la croissance ou l’austérité, entre le destin ou la fatalité, l’espoir ou l’échec.

Oui, cette bataille est essentielle. Elle est vitale même. Elle est vitale car l’Europe est dans une spirale mortifère. Oui, je le dis solennellement : l’Europe est en danger.

L’Europe est en danger :

Grèce : 27% de chômage.

L’Europe est en danger. Espagne : 25% de chômage.

L’Europe est en danger. Croatie : 18% de chômage.

L’Europe est en danger. Allemagne : 8 millions de travailleurs pauvres.

L’Europe est en danger. Un quart des jeunes sont sans emploi.

L’Europe est en danger. La pauvreté guette plus de 125 millions de personnes.

L’Europe est en danger.

L’Europe est abîmée.

L’Europe est au bord de l’abîme. Et, elle ne s’y est pas rendue d’elle-même. Les Conservateurs l’ont aidé à s’y presser. Depuis dix ans la Droite a mené une véritable politique de déconstruction européenne. Une politique avec l’austérité pour seul objectif et la précarité pour seul résultat. Au final, ils ont fait de Bruxelles l’homme malade de l’Europe. Voilà leur bilan ! Mais, ce bilan ne s’arrête pas à la montée des inégalités. Il faut y ajouter un autre mal : la montée de l’euroscepticisme. Depuis 10 ans, l’Europe n’a cessé de s’éloigner des Européens, creusant ce fossé dans lequel elle risque aujourd’hui de s’engloutir. Pour une proportion croissante des Européens, l’Europe est même devenue synonyme de menace. Dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens, en matière d’emploi et en matière de droits c’est ainsi.

La déception s’est muée en suspicion et la suspicion en dénonciation. Ce sentiment de colère vis-à-vis de l’idée et du projet européens c’est à la droite européenne qu’on le doit.

Mais, non content d’abîmer l’idée d’Europe, les Conservateurs refusent ce qui pourrait pourtant réconcilier les Européens avec la construction européenne. En effet, les Conservateurs refusent le tournant démocratique que représente l’élection historique de ce dimanche. Ils ne veulent pas voir son ampleur et refusent d’accepter toutes ses implications. C’est en effet la première fois que, par notre vote pour élire nos députés européens, nous pouvons désigner le prochain Président de la commission européenne ! Déjà les conciliabules se multiplient à Droite, où l’on s’interroge pour savoir comment contourner le résultat du vote si ce dernier venait à lesdécevoir. C’est d’ailleurs un des enjeux de la participation de ce dimanche, car plus il y aura de votants pour notre candidat Martin Schulz, moins « ils » pourront revenir sur le vote.

Comme toujours, la Droite européenne veut limiter l’Europe à sa portion congrue, c’est-à-dire à un simple espace marchand. La Droite européenne n’a, au fond, jamais accepté l’idée même d’Europe politique. Cette élection historique, cette élection continentale ils n’en veulent pas !

Ils ne veulent pas de ce progrès démocratique car, finalement, ils redoutent le procès démocratique que le peuple européen s’apprête à leur faire.

En France, les Conservateurs sortants de l’UMP n’ont pas voulu participer à ce formidable débat européen. On le comprend, vu leur passif. Ils veulent à tout prix rester dans une campagne franco-française. Ils veulent tout ramener à Paris, ils veulent à tout prix détourner l’attention de Bruxelles et de Strasbourg, où ils ont la majorité, où ils sont aux responsabilités.

Ils essayent de cacher un bilan lamentable derrière le slogan pitoyable d’une « autre Europe ». Mais, leur Europe c’est leur bilan. Tout cela prend une tournure un peu surréaliste. La semaine dernière, je suis tombé sur les propos proprement ahurissants de Monsieur Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France. Vous ne connaissez pas Monsieur Lamassoure ? Mais si… Vous savez… Celui pour lequel Monsieur Guaino de l’UMP ne votera pas. A ne pas confondre avec la situation dans l’Est, où la tête de liste, Madame Morano, la madame sans gêne de l’UMP, ne pourra pas, elle, compter sur les suffrages de deux députés UMP de Moselle. Oui, je suis désolé… C’est un peu compliqué à l’UMP, il faut suivre. Donc, je suis tombé sur ces propos ahurissants de Monsieur Lamassoure, en particulier sur une phrase magnifique que je vous livre.

Je cite : « Le pouvoir est à prendre en Europe, le 25 mai »

C’est incroyable non ?

Personne ne lui a dit?

Monsieur Lamassoure, le pouvoir, vous l’avez. Vous dirigez le Parlement européen depuis 10 ans. La Présidence de la Commission européenne est entre les mains des Conservateurs depuis 1995, une Commission où ne siègent aujourd’hui que 5 sociaux-démocrates. Il n’y a que 7 chefs d’État sociaux-démocrates sur 28 en Europe…

Mais Monsieur Lamassoure n’est pas le seul à souffrir d’amnésie. Monsieur Sarkozy dans sa tribune sévère mais juste contre 10 ans de politique de droite publiée hier, nous a offert une sortie tout aussi délicieuse, sans doute la perle de cette campagne. Je cite : « L’Europe souffre aujourd’hui de graves erreurs qui furent commises au nom d’une pensée unique de plus en plus insupportable. »

Mais qui gère l’Europe depuis 10 ans ? Qui a administré l’Europe sous l’étendard du Merkozy ? Qui a voté pour Barroso à la Présidence de la Commission ? Qui a imposé l’hyperaustérité avec sa logique punitive pour les peuples qui veulent conserver la cohésion sociale ? Qui a imposé une lecture hémiplégique des traités, où la stabilité s’est transformée en austérité et d’où la croissance est absente ? C’est vous Monsieur Sarkozy ! Et vous avez raison : c’est « insupportable ».

Face à cette amnésie généralisée, je pense qu’il faut en appeler directement au Président de l’UMP. Qu’il se saisisse du peu d’autorité qui lui reste et qu’il fasse appel à ses amis communicants, pour une prestation sans doute un peu chère mais effective cette fois.

Je dis « un peu chère », en fait je ne fais que me référer aux propos du directeur de Cabinet de Monsieur Copé, Monsieur Lavrilleux lui-même candidat UMP dans l’eurorégion Nord-Ouest. Voilà ce qu’il dit: « L’UMP peut administrer ses comptes comme bon lui semble. Si l’on veut payer 4 à 5 fois le prix, rien en nous empêche ».

« Payer plus pour moins de travail » : tel est le nouveau slogan de l’UMP. Et après, étonnez-vous qu’ils nous aient laissé une dette colossale !

A l’UMP, la division est devenu un art de diversion. Mais, ne nous laissons pas avoir. Leur ligne européenne, mes chers amis, on la connaît par cœur : une politique austéritaire aux effets sociaux délétères sur lesquels les populistes prospèrent.

Ils font semblant de ne pas l’assumer pendant cette campagne, mais la vérité c’est que cette politique, ils l’appliquent depuis 10 ans et surtout c’est qu’ils veulent à nouveau l’appliquer aussi en France. Il suffit de regarder le programme de l’UMP.

130 milliards de coupes sombres en plus. Un million de fonctionnaires en moins. Tu vois, c’est ça l’austérité, Manuel !

A l’UMP ils sont dans le refoulé complet. Ils fuient le débat, parce qu’ils ont honte de leur bilan, honte de leur Europe. Ils ont même honte de leur candidat, Jean-Claude Juncker. Pauvre Monsieur Juncker… Monsieur Wauquiez veut le priver d’Europe, puisqu’il propose, une « Europe des 6 » sans le Luxembourg. Monsieur Sarkozy, dans son pamphlet anti-merkozyste, oublie tout bonnement de le citer. Quant à Madame Merkel, elle l’a tout simplement fait disparaître de ses affiches de campagne. Monsieur Juncker, l’homme du paradis fiscal, vit avec ses amis conservateurs du PPE un véritable enfer. Mais  ne versons pas trop de larmes sur Monsieur Juncker, lui qui a tant versé aux banques.

Oui, mes chers amis cet échec de la droite il va falloir le rappeler très clairement ce dimanche et il va falloir le sanctionner très fortement. Le bulletin de la sanction porte un nom : c’est le bulletin PSE, le bulletin des socialistes et des radicaux ! Mes chers camarades, la droite sortante ne doit pas s’en sortir dimanche. La droite sortante, il faut la sortir !

 

Mais, il ne faut pas pour autant faire entrer les populistes. Arrêtons nous un instant sur le Front national puisque nous l’évoquons. Le Front national, comme à son habitude, veut récupérer la révolte de nos concitoyens pour en faire sa récolte. Le Front National, n’est que le réceptacle stérile de cette colère légitime. Car, le Front National ne fera rien de cette colère. Il ne peut rien résoudre, il ne veut que dissoudre. Le Front national dont on connaît le programme réel : le chacun pour soi et le pire pour tous ! Ce Front National la n’est jamais dans le registre des solutions, mais toujours à la recherche de boucs émissaires. Il faut dire que les boucs émissaires, chez les Le Pen, cela ne manque pas: les musulmans, les immigrés, les intellectuels, les noirs, les élites, les États-Unis, les journalistes, l’Allemagne, les socialistes, les européistes, les Polonais, les artistes, les roumains, les syndicalistes, les bulgares, les francs maçons, les voisins du Nord, ceux du Sud que sais-je encore…

En dehors de la famille Le Pen, point de salut au Front National. Les Le Pen drapent leur extrême droite dans le drapeau des patriotes. Ils ne sont pas patriotes, ils sont nationalistes ! Oui, ils sont nationalistes et d’extrême droite. Ils ne veulent pas l’entendre. Ils ne veulent pas qu’on le dise. Alors, je le répète : ils sont nationalistes et d’extrême droite. Et j’ajoute : islamophobes.

Après avoir défini leur ennemi de l’intérieur – l’Islam- ils ont trouvé en l’Europe leur « ennemi de l’extérieur ». Avec eux l’ennemi est partout. Cohérente, Madame Le Pen dit donc non à Bruxelles. D’ailleurs, elle n’y siège pas. Elle dit non à Bruxelles ? Soit. Mais, elle a toujours dit « oui » aux indemnités de Bruxelles !

Oui, mes chers amis, le Front National garde son ADN de haine! A tel point que Monsieur Farage l’eurosceptique anglais a refusé toute alliance. Plus le vote approche, plus le masque tombe. Depuis quelques jours, ces obsédés des frontières dépassent les bornes de l’immonde et de l’abject. Les propos de Monsieur Le Pen qui en appelle au virus Ébola pour « régler » l’immigration en témoignent. Propos scandaleux mais aussi symptomatiques : oui, le FN est fébrile. Fébrile, car il sent que son électorat ne répondra pas forcément présent, que son électorat potentiel n’est pas sûr de son choix. D’ailleurs Marine Le Pen ne s’y est pas trompée, elle qui a scandé lors de son meeting du 1er mai : « Ne me décevez pas ! ».

Mais chers amis, les suffrages prennent un malin plaisir à faire mentir les sondages. Le populiste des Pays-Bas – on ne va pas l’appeler « Hollandais »… – Monsieur Wilders en sait quelque chose depuis hier soir. Il sait surtout que l’alliance annoncée avec le Front National a effrayé ses propres électeurs. Sa défaite, Monsieur Wilders la doit à Madame Le Pen. On le pronostiquait à 21%, il fait 12%.

Oui, ils sont fébriles car les Français sont en train de réaliser que le vote FN à cette élection est un vote stérile, car il n’a ni candidat pour la Commission, ni programme. Un vote stérile car ce ne sont pas la poignée de députés frontistes qui vont pouvoir dissoudre l’Europe. Ce vote est stérile mais pas neutre : le vote FN est le vote utile… de l’UMP. Mieux encore : le vote FN est le vote béquille de l’UMP et du PPE.

Voter FN c’est en effet empêcher la sanction des Conservateurs sortants. Voter FN c’est empêcher la réorientation de l’Europe. Voter FN c’est donc empêcher l’Europe de la croissance et de la transition écologique.

Le FN qui se targue de vouloir bouleverser la donne en Europe est en fait la garantie absolue que rien ne changera. Rien ne changera… Enfin, pas tout à fait : si le FN arrivait par malheur en tête ce dimanche cela nuirait fortement à l’image de la France. En Europe et dans le monde. Je ne sais pas combien de temps il nous faudrait pour soigner cette blessure faite à l’Europe, pour laver cette injure faite à la France.

Cela, mes chers amis, nous ne pouvons tout simplement pas l’accepter. Nous ne pouvons pas le tolérer. Pourquoi ? Mais, parce que perdre l’Europe ce serait tout d’abord perdre la paix. Et ceux qui pensent qu’elle est acquise n’ont qu’à réécouter ce qui s’est dit au moment de la crise en Grèce : dans la bouche des Grecs à propos des Allemands et inversement. Nous ne pouvons pas perdre l’Europe, parce que ce serait nous perdre nous même. L’Europe a fait de nous ce que nous sommes. L’Europe c’est ce qu’on en fait. L’Europe est constitutive de notre identité. L’Europe est bien plus qu’un simple continent. L’Europe, c’est cette partie du monde qui a fait du monde un grand tout, avec ses idées folles d’universalisme et d’humanisme. L’Europe, c’est cette géographie gonflée d’espoir et gorgée d’histoire. L’Europe, c’est l’espoir de paix absolue et de progrès continu. L’Europe a tourné le dos aux guerres atroces mais qui a gardé au coeur les luttes sociales magnifiques. Oui, l’Europe est le berceau des luttes sociales et le bastion des droits. L’Europe, c’est ce territoire chargé d’espoir mais également chargé d’esprit. L’Europe c’est le continent où l’on croit encore que la culture n’est pas une marchandise. L’Europe c’est LE continent où la liberté guide les pas de l’humanité. L’Europe, c’est cette terre où sont nées tant de belles idées. L’Europe, c’est ce continent où tous les espoirs continuent de se tourner quand il est question de liberté.

Oui, c’est le nom de l’Europe que les manifestants de Kiev scandaient dans leur dernier cri.

Oui, c’est le nom de l’Europe que les échoués de Lampedusa, les empalés sur les fils barbelés de Ceuta prononcent dans leur dernier souffle.

Ce nom d’Europe il faut le protéger et le défendre, car le monde a besoin de l’Europe. L’Europe, ce n’est pas dissoudre la République française, c’est lui donner une arène à la hauteur de son génie !

 

Mes chers amis, il existe une alternative aux eaux glacées de l’austérité et au feu brûlant de la haine. Entre ces deux fléaux, il y a notre Europe.

L’UMP dit : « il n’y a pas d’alternative, notre avenir c’est notre présent ». Le FN dit : «  Il n’y a qu’une alternative, notre avenir c’est le passé ». Nous devons dire : « Nous sommes l’alternative, notre avenir c’est l’Europe de progrès ».

L’Europe, je le dis, a besoin des euroréformistes que nous sommes. L’Europe a besoin d’être réorientée, de se libérer de l’austérité et de faire de la croissance sa priorité.

Mais, cette nouvelle croissance ne doit pas se faire avec des modèles de production dépassés, elle ne doit pas se faire au détriment de l’écosystème de notre planète et aux dépens de notre santé. Notre nouveau modèle de croissance doit faire de l’Europe un éco-continent. Car, au fond, il ne peut en aller autrement: l’Europe sera sociale-écologique ou ne sera pas. C’est cela qu’il nous faut : une Europe qui protège et qui nous projette dans l’avenir, une Europe qui fait le choix des nouvelles sources d’énergie et de l’écoconception des produits dans notre industrie. Et cette approche n’est pas qu’une contribution indispensable pour préserver à long terme notre environnement, elle est inévitable si l’on veut créer des emplois nouveaux et durables. L’Europe a besoin de cette transition écologique qui est aussi, il faut le dire, une transition économique. De manière générale, l’Europe a besoin de se recentrer sur l’essentiel : un smic européen ! Un traité social vite ! Une garantie jeunesse ! Un traité énergétique ! Une Europe de la défense ! Voilà ce dont l’Europe a besoin, et voilà, surtout, ce que nous sommes les seuls à pouvoir lui offrir !

 

Mes camarades, l’Europe a besoin de tout cela, mais nous avons besoin, pour ce faire, de lui donner une nouvelle majorité. Il nous reste deux jours pour rendre cette majorité possible. Cette majorité qui est à portée de voix et qui tient à 3 sièges. Nous devons y arriver. Et je vous le dis : nous pouvons y arriver. Je sens, depuis quelques temps, comme un frémissement. Les indices s’accumulent : nos meetings sont très fréquentés, nous en sommes la preuve vivante ce soir. Nos tracts font parler sur les marchés. Nos propositions font toujours mouche dans les débats. Les réseaux sociaux résonnent sans cesse de nos messages. Et même les sondages montrent un frémissement.

 

Mes chers amis, toutes les élections européennes ont accouché d’une surprise. Eh bien, faisons en sorte que ce dimanche, la surprise ce soit nous !

Dimanche, créons la surprise en Europe !

Dimanche, créons les conditions de la victoire des sociaux-démocrates en Europe !

Dimanche, faisons gagner l’espoir en Europe !

Je vous remercie.

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

22 Mai

1 Comment

Cambadélis répond à Nicolas Sarkozy: « Qui a soutenu Manuel Barroso ? »

par

le_point.fr

Le Point publie ce jour la réaction de Jean-Christophe Cambadélis suite à la tribune publiée par Nicolas Sarkozy dans le même média. Vous pouvez retrouver sa réponse en cliquant ici ou la retrouver ci-dessous:

 

« La tribune de Nicolas Sarkozy dans Le Point est une critique sévère mais juste de 10 ans de droite en Europe. Elle est aussi l’annonce du retour de l’ancien président à la présidentielle, ce qui lui a valu le propos peu amène de François Fillon : « Ce n’est pas un texte anodin, mais ce n’est pas le centre de la campagne. »

Voilà pour l’ambiance, un mot encore sur l’entame du papier. L’ancien président déclare : « La France a toujours coulé dans mes veines aussi naturellement que mon sang. » Cette phrase plagie celle de l’immense écrivain et le plagie mal en lui donnant une coloration biologique que son auteur n’avait pas voulue. Lui dont le propos était à la fois patriotique et universaliste. « Je n’ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines, » écrivait en effet Romain Gary, né Kacew en 1914, capitaine dans l’escadrille lorraine, Compagnon de la Libération. L’Europe était en ce temps-là la promesse de l’aube.

Décidément, Nicolas Sarkozy n’est pas de Gaulle. Mais revenons à l’essentiel.

L’ancien président de la République reprend son programme présidentiel. Il s’agit de poursuivre le Merkozy en proposant la fusion franco-allemande assortie, pour faire bonne figure par ce temps de grand vent xénophobe d’une proposition de Schengen 2 contre l’immigration.

Pas de quoi se pâmer ni faire voter UMP.

L’apparence de l’audace

Nicolas Sarkozy a toujours opposé l’axe franco-allemand au Conseil regroupant les États, le Conseil à la Commission, la Commission au Parlement. Le fait qu’il ne cite même pas Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE (Parti populaire européen, regroupant la droite et le centre droit, NDLR) à la présidence de la Commission, est de ce point de vue illustratif du mépris qu’il porte au traité de Lisbonne, qu’il a pourtant tant vanté. Mais pour Nicolas Sarkozy, un clou chasse l’autre. Le Merkozy a laissé en Europe beaucoup de blessures, et Nicolas Sarkozy se propose de l’institutionnaliser. Il tourne le dos à la fédération des États-nations équilibrée par le Parlement européen devant lequel la Commission est responsable.

Il évacue la question des politiques menées en Europe au profit d’une hypothétique intégration franco-allemande. Cela à l’apparence de l’audace, mais a une réalité cruelle : il ne l’a pas fait quand il était en état de le faire. Et pour cause, l’Elysée pestait en sourdine contre l’intransigeance de Madame Merkel. Mais déficit oblige, l’ancien président boudait en silence.

Pour prévenir cette critique, sa réponse tient en une phrase : « L’Europe souffre aujourd’hui de graves erreurs qui furent commises au nom d’une pensée unique de plus en plus insupportable. » Mais qui a gouverné l’Europe pendant 10 ans ? Qui a appliqué avec zèle une lecture biaisée des traités : austérité massive au nom de la stabilité, dérégulation, concurrence ? Qui a soutenu Manuel Barroso jusqu’à aller le visiter dans sa première sortie post-présidentielle ?

Le paquet sur l’immigration

Un peu affolé par les conséquences dans l’électorat de droite de sa proposition de fusion franco-allemande, l’ancien président met le paquet sur l’immigration pour faire bon poids.

Cette question sans être la priorité des Français qui souhaitent comme nous une nouvelle croissance n’est pas moins préoccupante. Dès octobre dernier, sous l’impulsion du président François Hollande, la France, l’Italie et l’Espagne ont appelé à mettre en place une véritable « politique des frontières », mais des frontières DE l’Europe.

Suspendre immédiatement Schengen, donc rétablir des frontières avec l’Allemagne, serait tout à la fois contradictoire avec le projet annoncé de fusion et cela s’accompagnerait du rétablissement des frontières avec l’Italie, l’Espagne, etc. Ce serait le début de la fin de l’Europe.

Il court tout au long de ce texte une conception « conservateurs anglais » de l’Europe. Le fameux grand marché mais doté d’une fédération franco-allemande. Cette conception fait la part belle au libre marché, mais oublie la régulation nécessaire pour lutter contre le dumping social et fiscal.

Le but caché de l’exercice

Loin d’être une réflexion sur l’avenir de l’Europe, c’est une tentative de répondre à plusieurs électorats, de droite et d’extrême droite. Monsieur Hortefeux, ce matin, a vendu la mèche. Il estimait le texte de Monsieur Sarkozy excellent parce qu’il rassemblait « les eurosceptiques et les europhiles » de droite.

Tel était donc le but caché de l’exercice qui est « à côté de la plaque » ! L’enjeu de ces élections n’est pas d’être le mécano pour les prochaines primaires de l’UMP, mais de changer l’Europe. Et pour la changer, il faut changer de majorité. Tourner le dos à 10 ans d’austérité et investir dans une nouvelle croissance. La Commission doit se recentrer sur l’essentiel : un traité énergétique, l’harmonisation sociale, l’éco-continent et la défense européenne. C’est le sens du Manifeste des 25 partis sociaux-démocrates d’Europe qui propose Martin Schulz comme candidat à la Commission pour tourner la page du Merkozy en Europe !  »

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

21 Mai

Commentaires fermés sur « Il faut réorienter l’Europe », interview dans Paris-Normandie

« Il faut réorienter l’Europe », interview dans Paris-Normandie

par

logo paris normandieParis-Normandie publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien ci-dessous:

 

Pour le premier secrétaire du PS, en meeting ce soir à Sotteville-lès-Rouen, il faut soutenir l’Europe et lui imprimer une nouvelle direction sous la conduite de Martin Schulz.

Entouré de Laurent Fabius, de Guillaume Bachelay, de la députée-maire socialiste Luce Pane et des deux têtes de la liste « Choisir notre Europe » dans la circonscription du Nord-Ouest, Gilles Pargneaux et Claude Roiron, le « patron » du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sera ce soir au Trianon Transtlantique de Sotteville-lès-Rouen, pour un meeting européen à partir de 20 h 30.

Vous rencontrez ce mercredi soir les Normands. Qu’êtes-vous venu leur dire?
Jean-Christophe Cambadélis. : « Tout d’abord que ces élections européennes sont importantes, historiques, parce que les Français auront pour la première fois l’occasion de dire ce qu’ils veulent pour l’Europe et d’élire le président de la commission européenne. Et s’ils sont, comme moi, peu satisfaits de la manière dont l’Europe est administrée et fait face aux problèmes économiques et sociaux. Ils ont tout intérêt à changer de majorité. Elle est pour l’instant celle du PPE, c’est-à-dire celle des conservateurs de l’UMP en France ».

Vous affirmez que l’on peut tout à la fois défendre les intérêts de la France et construire l’Europe. Est-ce possible dans tous les domaines?
« Oui, c’est possible. En tout cas c’est nécessaire car l’Europe est la dimension indispensable pour régler les grands problèmes auxquels nous sommes confrontés : la finance folle, la mondialisation sauvage, les difficultés économiques, les flux migratoires, la lutte contre le terrorisme… »

L’Europe, dîtes-vous aussi, est enfermée dans une austérité qui ruine toute relance. Comment en sortir?
« Il faudrait lire autrement les traités où il est dit stabilité et croissance. Or la stabilité s’est transformée en austérité et la croissance, malgré les demandes de la France, peine à se déployer. Ensuite il faut débureaucratiser l’Europe, qui passe plus de temps sur la courbure des bananes, la hauteur des chasses d’eau, voire la taille des bocaux d’olives, que sur la garantie jeunesse ou le développement industriel, la protection de la pêche et de l’agriculture bio. Enfin, il faut une politique commune de l’énergie, un traité social qui débouche sur un SMIC européen, et qui permette de faire face au dumping social qui veut que le moins-disant social gagne dans chaque pays ».

C’est justement le reproche que font à l’Europe les salariés français, qui se sentent menacés par ce dumping social. Comment les rassurer?
« Il faut leur dire de ne pas se tromper de colère : ce n’est pas l’Europe qui est responsable, c’est la politique qui y est menée. Or, depuis plus de dix ans, c’est une politique de droite, libérale et conservatrice, obsédée par la nécessité de réduire les déficits et peu soucieuse de la croissance. Avec une autre politique, celle que nous préconisons avec les vingt-huit partis sociodémocrates, l’Europe aura une autre physionomie bien différente ».

Après des débuts timides, la campagne électorale semble se durcir dans la dernière ligne droite. Au lendemain de votre débat télévisé avec Marine Le Pen, est-ce également votre sentiment?
« Oui, parce qu’on a mis le Front National au centre de cette campagne, alors que cette formation ne pèsera ni sur le destin de l’Europe, avec ses 751 députés, ni sur celui de la France puisqu’il ne s’agit pas d’élections législatives. Il y a une dimension inutile dans le vote FN. Il détourne la colère contre l’Europe. Alors qu’il faudrait au contraire donner un débouché utile à cette colère : c’est-à-dire la réorientation de l’Europe ».

C’est compliqué aujourd’hui d’être le patron du PS ?
« Il y a eu des moments où c’était plus simple… Mais le challenge est exaltant, parce qu’il faut accompagner le gouvernement dans le redressement de la France, et reconstruire le parti socialiste pour lui permettre de retrouver la place qui doit être la sienne, c’est-à-dire la première. Or les élections municipales ont touché les fondations du PS. Nous avons perdu énormément de municipalités qui en constituaient le socle, ce qui est notre spécificité en Europe. Il nous faut donc retisser du lien avec les Français, leur indiquer là où nous voulons aller, leur expliquer le sens de notre action ».

Les sondages ne sont pas bons…
« Ils ne nous sont pas favorables en France. Mais ils se sont tellement trompés lors des municipales que cela donne à chacun des raisons d’espérer. A l’échelon européen, en revanche, les sociodémocrates peuvent arriver en tête. Nous sommes à un ou deux sièges près de la majorité. Donc chaque voix comptera, que ce soit en France, en Italie, en Allemagne ou dans d’autres pays ».

Propos recueillis par Franck Boitelle

21 Mai

3 Comments

Réplique à Jean-Louis Bourlanges

par

JL Bourlanges

Jean-Louis Bourlanges, pour qui tous les européens ont de l’estime, est sorti de sa semi-retraite européenne pour contredire sa famille politique. En effet, il trouve que l’on « maltraite » le traité de Lisbonne en laissant croire que le Parlement européen désignerait le Président de la commission. Ce faisant, il contredit sa famille politique, l’UDI-Modem, qui milite pour Guy Verhofstadt.

La lecture du traité de Lisbonne par Jean-Louis Bourlanges est celle de Herman Van Rompuy et de beaucoup de responsables de Bruxelles. Elle vise à faire obstacle à la « politisation de la construction européenne ».

Pour eux l’Europe a une subtilité que la démocratie parlementaire ne peut atteindre. Celle-ci exerce une neutralité dépolitisée à l’égard de ces garnements que sont les Etats dépensiers et la mise hors jeu des parlementaires européens qui sont des hooligans dans l’arène aseptisée européenne. Il manquerait plus que le peuple s’en mêle.

Ce raisonnement serait défendable si Monsieur Borroso, l’ancien président de la Commission, avait été un technocrate bon teint. Mais il a été un responsable du PPE désigné par une majorité de gouvernants conservateurs avec l’amicale pression de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L’un parce qu’il avait un mépris de fer pour la Commission, l’autre parce que José Manuel Barroso écoutait ses recommandations.

Pourquoi la politisation cachée serait-elle supérieure à la politisation par les urnes ? Franchement ! La Commission, comme le Conseil, ne sont pas une assemblée de notables chargée de faire respecter les traités. On y fait de la politique. On y défend une lecture de l’économie. On y fixe des priorités qui sont loin d’être neutres. Faire croire aux français qu’il y a quelque vertu à l’apolitisme européen, c’est draper d’un voile pudique l’idéologie qui gouverne l’Europe.

Ensuite le traité de Lisbonne est-il maltraité ? L’article 17 nous dit que le traité stipule que le conseil « des chefs d’Etat » doit « tenir compte » du vote des électeurs. On imagine mal qu’il ait pu dire autre chose. Je ne crois pas que le Conseil puisse dire : «  Non ! En fait vous avez voté mais on vous en présente un autre ». Surtout à partir du moment où les conservateurs, Angela Merkel compris, ont tous fait campagne pour Jean-Claude Juncker. J’imagine la réaction au Parlement et les lazzis des nationaux populistes.

Cette voie n’est pas praticable. Elle provoquerait une tension entre le Parlement et le Conseil et ruinerait à tout jamais la confiance dans la construction européenne. Celui qui arrivera en tête sera choisi. A lui de construire une majorité pour être adoubé par l’assemblée.

Là, tous les cas de figures sont possibles comme dans tous les régimes parlementaires. Martin Schulz a clairement dit qu’il travaillerait à une majorité progressiste. C’est simple, si on veut que l’Europe change, il faut changer la majorité de droite, qui gouverne depuis 10 ans.

Enfin on dit à ce sujet tout et son contraire. Je sais que Madame Merkel pense que la démocratie doit être conforme au marché. Alors pour les uns, elle serait défavorable à l’arrivée de Martin Schulz à la Présidence de la Commission. Elle serait défavorable à la lecture parlementaire du traité. Pour d’autres Madame Merkel souhaiterait l’arrivée de Martin Schulz avec qui elle aurait un accord secret. Et notre ami Bourlanges de souhaiter que la « lucide Madame Merkel » fasse triompher l’intergouvernemental au détriment de la commission.

Cette vision n’est plus l’étape de la construction européenne car les problèmes auxquels celle-ci est confrontée sont politiques. Et quand on chasse la politique par la porte, elle revient par la fenêtre sous la forme peu rieuse du national populisme.

Alors le traité de Lisbonne a ouvert la voie à un « double pouvoir », le Conseil appuyé sur les gouvernements et la Commission appuyée sur le Parlement. C’est dans cet équilibre institutionnel que dorénavant l’Europe va se mouvoir.

Le Conseil est le lieu du compromis entre les Etats nations. Le Parlement est le lieu du rapport de force des peuples. L’un ne doit pas l’emporter sur l’autre mais les deux vont vivre si la majorité parlementaire ne correspond pas à la majorité au conseil dans une tension constructive.

J’ajouterais, pour les Français, un dernier argument. La France dans les années Jospin était montrée comme modèle en Allemagne. Depuis la France a vu le couple franco-allemand se déséquilibrer.

Madame Angela Merkel se mêle de beaucoup de choses, elle le fait avec une vraie foi européenne mais avec des convictions qui ne sont pas communautaires. Elle a tendance à tourner le dos aux recommandations de Helmut Schmidt qui invitait son pays au nom de l’Histoire : à la prudence, à l’humilité.

L’Europe c’est une construction originale des Etats d’Europe Unis. Le Parlement sans être souverain à l’instar des parlements nationaux. Mais il est l’émanation des votes de 28 peuples. Il n’est pas mauvais qu’il fasse contrepoids à la tentation de telle ou telle nation de prendre l’Europe à son compte.

Ne croyons pas que l’on fera l’économie de la construction communautaire en déposant le destin européen dans des mains aussi éclairées soient-elles. Sinon cela va mal se terminer.

Le caractère historique – continental – de l’élection imposant via le Parlement le candidat à la présidence de la Commission ouvre un nouveau chemin. Il faut l’emprunter, la torche de l’intérêt des nations européennes à la main. Beaucoup des réponses au débat institutionnel se trouvent dans cette évolution.

20 Mai

Commentaires fermés sur Atlantico ment !

Atlantico ment !

par

AtlanticoDécidément, la Droite est en perte de vitesse dans cette fin de campagne. Il suffit d’observer, pour s’en convaincre, les manœuvres d’opinion mensongères auxquelles la Droite est en train de se livrer.

Ainsi, un article plus qu’orienté vient d’être publié il y a quelques heures sur le site en ligne Atlantico.fr. Que peut-on y lire ? Que « Selon des informations révélées par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le social-démocrate Martin Schulz aurait entériné un accord avec Angela Merkel ».

Bigre! Les bras m’en tombent. En voilà un scoop! Seul problème : le Spiegel n’a jamais publié un tel article, le Parti socialiste s’en est assuré immédiatement auprès de la rédaction du journal allemand à Hambourg. Il est surprenant que le site Atlantico prenne le risque de se froisser avec ses très sourcilleux confrères allemands, toujours soucieux de préserver leur réputation.

Mais, peu importe. Ce qui m’interpelle c’est ce signe d’extrême fébrilité de la droite française qui, par manque d’arguments, d’unité et de cohérence en vient à fouler sans vergogne la bonne tenue du débat démocratique.

Les Français et les Françaises ont droit à un débat digne de ce nom, à un débat à la hauteur de l’enjeu historique de cette élection continentale.

19 Mai

7 Comments

MERCI !

par

JCC MLP débat 19052014 ter

 

Je ne peux tous vous remercier tellement vous êtes nombreux.  Vous avez visiblement aimé ce débat.

Marine Le Pen ne sachant comment se sortir du nationalisme d’extrême droite. Sans voix sur l’immigration ou aphone sur la sortie de l’Europe. Voire sans arguments quant à la masse critique européenne pour peser dans la mondialisation face aux défis de la finance folle, de l’écologie, de l’immigration ou du terrorisme.

Un point a unanimement attiré votre attention : celui du retrait de la France de la ligue des champions au prétexte qu’on perdrait des matchs. Et la capitulation voir le renoncement vis-à-vis de l’Allemagne. Sans oublier l’essentiel combat entre le PPE qui est sortant et le PSE qui veut réorienter l’Europe. Les nationalistes n’ayant pas les moyens de leur démagogie.

Si ce débat a pu démontrer que les socialistes doivent relever la tête, que le Front National n’est fort que de l’abstention, Qu’il peut, qu’il doit être combattu quels que soient ses scores, eh bien nous avons marqué un point.

Merci donc pour votre enthousiasme. Votre engouement fait plaisir à voir. Vous étiez donc nombreux à regarder. Vous devez être nombreux à militer. Chaque heure compte. Amitiés.

 

19 Mai

5 Comments

Le face à face Cambadélis / Le Pen sur l’Europe , débat sur Europe 1 et I>Télé

par

 

JCC MLP débat 19052014.jpg

Jean-Christophe Cambadélis et Marine Le Pen ont débattu ce jour sur l’antenne d’Europe 1 et d’I <Télé.

 

Vous pouvez retrouver ci-dessous la vidéo de ce face à face:

 

17 Mai

Commentaires fermés sur Jean-Christophe Cambadélis : « Les sociaux-démocrates peuvent l’emporter en Europe »

Jean-Christophe Cambadélis : « Les sociaux-démocrates peuvent l’emporter en Europe »

par

PQR groupe EBRA

Vous pouvez retrouver ci-dessous une interview de Jean-Christophe Cambadélis publiée ce jour dans les journaux du groupe Ebra (Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Vaucluse Matin, Le Journal de Saône et Loire, Le Bien Public, L’Est Républicain, Vosges Matin, Le Républicain Lorrain, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’Alsace).

 

Quel est pour vous l’enjeu des élections européennes ?

Le scrutin du 25 mai sera la première véritable élection continentale en Europe. C’est historique. Pour la première fois, les électeurs vont décider, en choisissant une majorité de gauche ou de droite au Parlement de Strasbourg, qui sera le président de la Commission européenne. Voilà dix ans que l’Europe est à droite, sous la direction de Jose-Manuel Barroso, qui appartient au même parti européen que Jean-François Copé, le Parti populaire européen (PPE). Nous avons cette fois-ci l’occasion d’élire un social-démocrate, Martin Schulz.

 

Jusqu’à présent le PPE et le Parti socialiste européen (PSE), dont vous êtes le premier vice-président, se sont toujours partagé équitablement la présidence du Parlement européen : deux ans et demi par mandat pour l’un, deux ans et demi pour l’autre. Qu’est-ce qui les différencie ?

D’abord la politique économique, pour laquelle les deux partis n’ont pas la même lecture des traités de Maastricht et de Lisbonne. Les conservateurs donnent priorité absolue à la stabilité, ce qui les entraîne dans les politiques d’austérité que nous vivons depuis plusieurs années. Barroso, c’est le dogmatisme des traités. Martin Schulz instaurera un autre climat. Le PSE veut mettre l’accent sur la croissance, qui selon nous, ne remet pas en cause la stabilité. Nous réclamons l’instauration d’un smic européen, refusé par la droite, et une harmonisation fiscale dans laquelle le premier principe sera que les grandes firmes paient leurs impôts là où elles réalisent leurs profits. Le PSE est également favorable à des « europrojects » permettant de financer des projets d’investissements.

 

Il ne s’agit pas d’eurobonds permettant de mutualiser la dette…

Les europrojects permettraient d’aller ensemble vers l’avenir. Ce serait décisif pour la croissance et un premier pas vers une mutualisation plus large de nos finances, que nous, socialistes français, appelons de nos vœux.

 

Le Parti socialiste vient de subir en France une lourde défaite aux élections municipales. Peut-il se rétablir en l’espace de quelques semaines ?

Il faut souligner que les sociaux-démocrates peuvent l’emporter en Europe, où le PSE et le PPE sont au coude-à-coude. Le nombre d’élus socialistes en France sera donc décisif. Surtout, l’objet de l’élection ne se situe pas au niveau national : ce n’est pas Paris qu’il faut gagner mais Bruxelles. Les électeurs mécontents gagneront à diriger leur colère vers les sortants plutôt que vers les challengers que nous sommes !

Chez les socialistes français l’Europe divise plus qu’elle ne rassemble. On se souvient du référendum de 2005 mais aussi du vote de plusieurs députés PS contre le dernier traité européen et des saillies contre l’euro fort ou encore les piques d’Arnaud Montebourg contre la politique de « Bismark » attribuée à Angela Merkel.

Le traumatisme du traité européen, rejeté en 2005, a été surmonté. Les socialistes qui se sont déchirés à l’époque figurent aujourd’hui sur les mêmes listes aux européennes, en compagnie de candidats issus de la société civile, comme Edouard Martin, dans le Grand Est. Il reste certes une interrogation chez certains d’entre nous, sur ce que veulent vraiment les dirigeants allemands : souhaitent-ils que la France se redresse ou qu’elle reste entre deux eaux ? Personnellement je penche pour la première hypothèse et l’entrée des sociaux-démocrates dans la coalition gouvernementale à Berlin nous rassure tous. L’inflexion de la politique allemande est palpable.

 

Craignez-vous la montée des eurosceptiques et des populistes aux élections du 25 mai ?

Compte tenu des politiques d’austérité initiées par la droite en Europe, une partie des peuples est dans l’europhobie. Marine Le Pen en France et bien d’autres ailleurs, cherchent à instrumentaliser ce rejet. Ils utilisent la campagne européenne pour se construire dans leur propre nation contre l’Europe ! Nous allons tout faire pour qu’ils n’y réussissent pas. Cela dit, ils sont et seront au Parlement européen des éléments perturbateurs, mais je ne pense pas qu’ils pourront faire ou défaire une majorité.

 

Et les amis de Jean-Luc Mélenchon, qui ne perdent pas une occasion de critiquer l’euro fort?

Les critiques de l’euro fort et la nécessité d’un juste échange sur lesquelles s’appuie le Front de gauche figurent dans notre programme ! Quand Jean-Luc Mélenchon ne se montre pas excessif et caricatural, il nous arrive de partager nombre de ses analyses. Mais au Parlement européen comme à Paris il n’y a pas d’alternative possible avec le Front de gauche, qui est voué à rester dans la dénonciation, alors que nous sommes dans la réorientation. Il n’y a donc qu’un seul vote utile possible, celui qui permet de faire basculer l’Europe de droite à gauche.

Si vous étiez Erasmus de Rotterdam, aujourd’hui, dans quel pays iriez-vous faire vos études ?

Ce serait en Grèce, à Athènes, ou en Italie, à Florence. A Athènes parce que c’est le berceau de la démocratie. A Florence parce que c’est le berceau de la politique. A bien réfléchir, je choisirais plutôt Florence…

 

Propos recueillis par Patrick FLUCKIGER