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18 Mai

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis – Gouvernement d’Édouard Philippe – jeudi 18 mai 2017

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Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence de presse du jeudi 18 mai 2017 de Jean-Christophe Cambadélis:


Point de presse de Jean-Christophe Cambadélis à… par PartiSocialiste

14 Mai

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Discours d’accueil de Jean-Christophe Cambadélis – Hommage à François Hollande – Dimanche 14 mai 2017

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Quittant le Palais de l’Élysée à l’issue de son mandat, le président François Hollande s’est rendu rue de Solférino pour rendre hommage aux militants socialistes qui ont accompagné son parcours.

 

Retrouvez ci-dessous le discours d’accueil de Jean-Christophe Cambadélis


Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis au… par PartiSocialiste

Pour revoir l’intégralité du discours de François Hollande cliquez ici.

 

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

02 Mai

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Meeting de Dijon contre le Front National – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – mardi 2 mai 2017

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Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Dijon, mardi 2 mai 2017

Seul le prononcé fait foi

 

Mes cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Nous voici donc ici, à Dijon, au cœur de la Bourgogne. Au cœur aussi d’une étrange campagne qui a mis l’extrême droite au second tour. Vous l’aurez compris, le lieu me convient bien plus que le moment.

Mais ce moment difficile, dangereux, il faut l’accepter tel qu’il est. Il faut y répondre avec volonté. Il faut l’affronter sans transiger. Il faut donc le qualifier et dire les choses sans se tromper : La bataille de France vient de commencer.

Oui, deux destins sont possibles pour notre grande nation. L’issue de cette grande bataille déterminera le chemin que la France prendra dans ce siècle. Elle ne se jouera pas seulement dans cette élection car le combat durera au moins une décennie. Mais, l’issue de cette élection marquera de son empreinte le déroulement de cette bataille de France, en France et pour la France.

Mes chers amis,

Nous sommes rassemblés ici pour adresser un message clair au pays. Un message limpide dans une période trouble. Un message fort, pour la République, contre le nationalisme.

Ce message, tu l’as porté à l’instant, cher François, comme tu penses et comme tu agis : avec conviction et avec précision. Ici, dans cette belle ville qui t’a vu naitre, qui peut être fière de t’avoir choisi comme maire. Et qui peut être fière que ce message parte de son enceinte.

Ce message, chère Laurence, tu l’as délivré avec justesse et avec sincérité.

Ce message, le Premier ministre est venu le porter personnellement. Tu as dit les choses comme il se doit cher Bernard, avec gravité, en homme d’État que tu es, avec une haute conception de la France.

Ce message, je veux également le porter devant vous, prendre ma part dans ce moment, en aidant la République à trouver la réplique.

 

*          *          *

Mes chers amis,

Vous le sentez n’est-ce pas ?

Vous le sentez ce poids ?

Il nous vient de notre responsabilité face à l’Histoire. Mais, pas seulement. Ce poids, c’est aussi celui du regard que le monde entier pose sur nous en ce moment. Oui, le monde entier nous regarde. Inquiet. Impatient. Il veut savoir ce que la France va dire. Ce que la patrie des droits de l’Homme et le berceau de la Révolution va faire. Le monde entier veut savoir si la vague nationaliste va également emporter la France. Il veut savoir si la longue chaîne qui nous relie à 1789, à cette Révolution qui a enfanté la République, va se briser sous leurs yeux.

Oui, vous le sentez, l’Histoire s’écrit en ce moment. Et elle nous invite aussi à regarder la géographie. Partout dans le monde, je dis bien partout, la régression est en progrès. Partout, la peur étreint les cœurs et brouille la raison. Partout, on observe cette lame de fond autoritaire et xénophobe. En Pologne, en Slovaquie, en Tchéquie et en Hongrie, les populistes font reculer les droits. En Turquie, l’islamisme est en train d’enterrer le kémalisme. Et, après le choc du Brexit, il y a eu le coup de tonnerre de la victoire de Trump. Et pendant ce temps, monsieur Poutine avance ses pions, en Europe et au Moyen-Orient. Et ensemble, Poutine et Trump réunis, observent de manière gourmande et intéressée le lent délitement de l’Europe. Ils verraient bien entendu d’un bon œil que la France cède elle aussi aux sirènes du nationalisme.

En France, ce nationalisme a pris les traits de madame Le Pen. Si le Front national avait sa spécificité, il prend aujourd’hui sa place dans ce concert international des nationalistes. Le Front national est un maillon d’une chaîne redoutable qui va créer le chaos et jeter les peuples les uns contre les autres.

Dimanche prochain, ce n’est pas une élection comme les autres car le Front national n’est pas un parti comme les autres. Chacun essaye de voir dans ce vote un référendum. Pour ou contre l’Europe disent certains. Pour ou contre la mondialisation disent d’autres. Je vous le dis : dimanche prochain, c’est un référendum pour ou contre la République.

Mes chers camarades,

Oui, le Front national est un danger pour la République. Pas seulement par son passé, par ce qu’il fait dans les collectivités mais par l’avenir qu’il nous promet. C’est un triple péril, pour les Français, pour la République et pour l’Europe.

Le peuple Français, Madame Le Pen en parle sans cesse. Elle parle sans gêne en son nom. Elle se prend pour le peuple. Mais, il est où le peuple ? Dans 23% des Français ? Et les 77% restants ? Le peuple il est partout ! Personne n’a le monopole du peuple. Surtout, quand on sait que les premières victimes de sa victoire, ce serait le peuple lui-même. Car Madame Le Pen va ruiner les Français en organisant le repli aux frontières. La sortie de l’Euro et de l’Europe ? C’est la ruine des petits épargnants et de tous les ménages, l’augmentation des prix et le surendettement national.

Alors, même si madame Le Pen s’emmêle les pinceaux sur les modalités de sa sortie de l’Europe avec son nouvel ami Dupont-Aignan, par contre, soyez-en sûrs : il n’y aura pas de retard en ce qui concerne la sortie de la République.

Madame Le Pen s’apprête à piétiner notre devise républicaine. Elle compte bien remettre en cause tout de suite le cœur du droit, à savoir les droits de l’homme. Elle envisage en effet l’instauration d’un principe constitutionnel de « préférence nationale ». Madame Le Pen va trier les Français en les obligeant à prouver leur « francité » pour pouvoir bénéficier de la protection sociale et des conventions collectives. Elle fragilisera la protection de l’État en organisant la chasse aux « faux Français » dans l’administration, l’armée, la police, l’école, les hôpitaux.

Hier, le 1er mai, nous avons assisté à une véritable manipulation. Jean-Marie le Pen parlait à l’extrême droite classique et dépeignait de manière à peine voilée sa fille en Jeanne d’Arc. Il s’agissait là de convaincre les plus xénophobes que celle-ci n’avait pas changé malgré la dédiabolisation. Et au même moment, Madame Le Pen entonnait son champ nationaliste traduisant en termes adaptés les mêmes thèmes, pour montrer qu’elle avait bien changé, pour ne pas effrayer, pour mieux capter les colères multiformes de la société française.

Il ne faut pas se laisser abuser : il y a une ligne commune dans les deux discours, il y a une filiation évidente : tous deux veulent abattre la république en séparant – de force si besoin – ceux qu’ils appellent les Français « de souche » et les Français « de papier ».

Oui, Madame Le Pen c’est le désordre dans la société, en France et en Europe. Voilà son programme : Noyer les Français dans le poison de la division et broyer la France dans les replis du nationalisme étroit.

Pourtant, face à l’évidence de la menace, certains nous disent : « Voter Macron ? Mais, quand même, son programme est un peu flou… ». « Voter Macron ? Mais, il incarne un peu le néolibéralisme qui enfante l’extrême droite… Il incarne les causes et madame Le Pen les conséquences… ».

Je vais le dire le plus clairement possible : le 7 mai, il n’y aura pas de « mais » ! L’extrême droite est près du pouvoir. Tout près. Elle n’est plus à 18% mais à 40% au moins !

Elle est près du pouvoir et elle est prête aussi à l’exercer pour appliquer son programme, non pas d’alternance mais d’altération de ce qu’est la France !

Mes chers amis,

Oui, la République est en jeu car l’extrême droite l’a mise en joue.

Face à ce danger pas comme les autres, il ne faut pas tergiverser. Il ne faut pas se tromper de colère ni se tromper d’élection. Ce soir, devant vous, je mets donc solennellement en garde les dirigeants politiques de tous bords qui pensent pouvoir instrumentaliser ce second tour de la présidentielle en vue du premier tour des législatives.

Tout ce qui conditionne le vote pour monsieur Macron renforce le vote pour madame Le Pen. Chaque phrase qui pointe une faiblesse de monsieur Macron redonne de la superbe à madame Le Pen. Il y a déjà eu beaucoup trop de calculs et pas assez de convictions dans le premier tour de cette élection présidentielle pour continuer à prendre des risques.

Et pourtant, certains continuent de jouer aux apprentis-sorciers. Ils pensent pouvoir contrôler et donc doser la vague du dégagisme. Mais, le dégagisme sort toujours de son lit. Le dégagisme n’obéit jamais aux démocrates. Jamais. Nulle part. Les tenants du ras-le-bol et du renouveau devraient bien l’avoir en tête, où qu’ils se situent.

Pour ma part, je n’en appelle pas au dégagisme. J’en appelle à la République !

Et la République, on ne la sert pas à moitié.

La République, on ne la porte pas à demi.

La République, on ne la défend pas avec du ni-ni.

Quand la République est en danger, on ne peut pas faire le choix de la neutralité. Quand la France est en jeu, on ne se drape pas dans le drapeau Suisse. Il faut dire ce qui est : Le ni-ni débouche sur l’abstention et l’abstention débouchera sur la victoire de madame Le Pen.

Certains sont en train de nous inventer une nouvelle catégorie du vote : le vote subtil… Mais, l’heure n’est pas aux raisonnements fins, débités par des fines bouches. Ceux qui abandonnent la stratégie front contre front pour lui préférer le froufrou des calculs politiciens en seront pour les frais. On les retrouve à droite comme à gauche.

A droite, certains tentent d’expliquer à leur électorat qu’un Emmanuel Macron affaibli permettrait de renforcer la droite et donc de forcer une cohabitation en juin.

A gauche, certains tentent de nous vendre l’idée que le soutien à Emmanuel Macron doit être le plus laconique et le moins évident possible pour mieux préparer l’opposition en juin.

Toute cette finesse me dépasse. Vous aussi ? Vous avez raison. Lorsque qu’un animal vous charge alors que vous avez une pierre attachée au pied, vous ne discutez pas. Vous prenez la pierre pour vous défendre.

Plus madame Le Pen sera forte à l’issue du second tour, plus elle pourra peser sur les débats des mois et des années à venir. Son score élevé, elle le transformera en capital politique pour peser sur le destin de notre pays. Avec un score élevé, elle pourra s’appuyer sur la rue pour toute sorte de chose. Aucun doute : Un score élevé sera utilisé pour nous enjoindre de ne plus la ramener.

Alors, mes chers camarades, l’objectif est clair : il faut mettre madame Le Pen le plus bas possible sinon elle mettra un jour ou l’autre à bas la République.

Pour juger d’un danger, il faut considérer non seulement ce qui menace mais aussi et surtout ce que l’on peut perdre. Là aussi il faut être clair car les intentions de l’ennemi sont évidentes. Je comprends toutes ces positions qui découlent d’analyses différentes de ce moment. Je comprends que trop bien les désaccords qui se dessinent. Mais, disons-le, dans la France de madame Le Pen, il n’y aura pas de désaccords possibles.

Il ne faut pas tout confondre. Je ne confonds pas les élections. Bien entendu que nous avons un programme différent du candidat En marche. Le programme de Monsieur Macron, comme les autres programmes, j’aurai l’occasion d’en parler, plus en détails mais plus tard. Pas ici, pas maintenant. Ce qui est en jeu ce n’est pas le contenu de la politique dont notre République a besoin. Ce qui est en jeu, c’est la survie politique de la République.

Je ne confonds pas non plus madame Le Pen et ses électeurs, leur colère et sa volonté à elle de les exploiter. Mais, je sais très bien que si elle gagne, ce ne seront pas ses électeurs qui seront à l’Élysée, ce sera elle. Je sais pertinemment qu’elle agira en suivant les raisons et les réseaux de son père.

Dans ce moment plein de tourment, il faut avoir le sens des priorités, il faut avoir le sens de l’intérêt général, de ce qui compte et donc aussi du temps long. Nous l’avons dit, la bataille de France durera au moins une décennie. Chaque faux pas se paiera au prix fort. En conséquence, il faudra peser chaque parole, chaque action.

Ainsi, à celles et ceux qui sont sûrs de leur vote, je dis : ne cherchez pas à donner des leçons mais cherchez plutôt à donner des raisons d’aller voter le 7 mai.

A ceux qui doutent, je dis : Dimanche prochain, j’irai voter pour monsieur Macron d’un pas serein. Je choisirai ce bulletin calmement. Et tranquillement je le glisserai dans l’urne avec le sentiment du devoir républicain accompli.

 

*          *          *

Mes chers camarades,

Voilà le moment où nous sommes : Un moment qui teste la puissance de nos convictions et la force de notre engagement.

Voilà l’ennemi qui se tient devant nous : Un ennemi qui a rompu son isolement.

Dans ce moment et face à cet ennemi, il faut se tenir tranquille et droit mais surtout tenir bon. Notre parti ne peut pas se perdre dans les faux calculs et l’esthétique de la tactique. J’ai confiance. Si notre parti se tient droit, c’est qu’il incarne une raison au service d’un espoir. Si notre parti tient bon, c’est qu’il repose sur une conviction commune profonde, celle de la République, dans le sens de la justice et du progrès, au service de tous les Français.

Comme toujours, nous sommes du côté de la France. La France forte et diverse. Forte parce que diverse. Elle est à l’image de ces tuiles colorées et vernissées de Bourgogne, diverse mais harmonieuse, attirant les regards, inspirant le beau et le bon. Le Front national détruirait tout cela, c’est écrit dans son passé et dans son projet. Il l’assume et le revendique.

Oui, le moment est plus qu’inquiétant. Mais, quand un progressiste voit quelque chose qui l’inquiète et le révolte, eh bien, il ne s’agite pas, il agit !

A nous d’agir ! A nous de nous engager jusqu’à dimanche. A voter Macron et à faire voter Macron !

On vous dit que nous serions marginalisés ? Mais, quoi ? Les combats des socialistes seraient devenus inutiles ? C’est tout l’inverse ! Comme jamais la République a besoin de nous !

L’attachement viscéral aux libertés, ce serait futile de le porter ? Mais, c’est le ferment de la France !

La passion de l’égalité, ce serait une faiblesse de l’incarner ? Mais, c’est la force de la France !

L’engagement pour la fraternité, ce serait un peu caduc de s’y plonger tout entier ? Mais, c’est le sens de la France !

Quoi ? Le combat pour la République serait dépassé ? Mais, c’est l’âme de la France !

Oui, il nous revient, chers camarades, d’être en première ligne pour que la France reste la France !

Voilà pourquoi, mes chers camarades, ce soir, j’ai le cœur fier en prononçant devant vous ces derniers mots. Ces mots avec lesquels tout prend sens et tout se mesure. Ces mots qui achèvent les discours mais qui inaugurent toute action au nom du progrès. Ces derniers mots qui sont en fait les premiers :

Vive la République et vive la France !

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

22 Jan

Commentaires fermés sur Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – 1er tour des primaires citoyennes

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – 1er tour des primaires citoyennes

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis par PartiSocialiste

 

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis

Dimanche 22 janvier 2017

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs, Cher-es ami-es de gauche,

 

Un grand merci !

 

Vous êtes venus par centaines de milliers participer à la primaire de la Belle Alliance Populaire.

Vous êtes venus malgré la campagne incroyable, inlassable contre le scrutin.

Vous êtes venus malgré l’idée distillée que c’était inutile.

Vous êtes venus malgré les discours des concurrents pour vous dire que la solution c’était eux, en tout cas, pas la Belle Alliance.

Vous êtes non seulement venus mais plusieurs dizaines de milliers, voire 150 000 d’entre vous non adhérents, ont décidé d’aller plus loin en se déclarant partenaires de la Belle Alliance Populaire.

 

Merci pour votre résistance à l’air du temps.

Merci pour votre enthousiasme, pour ce nouveau temps.

Merci aux bénévoles de la primaire qui non seulement ont tenu bon, mais ont tenu les bureaux de vote. Sans vous, rien n’aurait été possible.

 

Je salue tous les candidats qui ont fait honneur à la primaire en défendant leurs idées avec sincérité et respect. Nous avons réussi ce premier tour de la primaire.

Les résultats seront annoncés par la Haute Autorité mais ils sont dans l’épure que nous avons fixé.

 

Dans ce monde fait d’incertitudes et de danger, les forces de gauche démocrates, radicales, écologistes, socialistes, citoyennes, syndicales ou associatives forment un ensemble stable et durable dans une Belle Alliance. C’est le sens de ce premier tour.

 

Face à la droite de Monsieur Fillon, empêtrée dans sa révolution conservatrice qui veut mettre à terre notre modèle social.

Face à une extrême droite que la classe médiatique sous-estime et qui progresse dans l’ombre, encouragée par le Brexit et la victoire de Donald Trump.

Face à la fragmentation, aux rancœurs et à la tentation du fatalisme, ensemble, nous démontrons une voie possible pour l’avenir et réussir la France de demain.

Je suis persuadé que l’exercice démocratique de ce jour tiendra la gauche debout.

Je suis persuadé qu’un nouvel alliage est en train de naître, scellé par le vote du jour.  Et je suis persuadé que l’élection présidentielle n’est jouée pour personne.

La France doute. Les Français regardent. Ils n’ont pas encore fait leur choix.

Dans ce moment du monde, de l’Europe et de la France, la gauche est l’avenir.

Je vous invite, toutes et tous à participer massivement au deuxième tour de la primaire.

Merci.

04 Jan

Commentaires fermés sur Voeux à la presse – Mercredi 4 janvier 2017

Voeux à la presse – Mercredi 4 janvier 2017

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Ce mercredi 4 janvier 2017, Jean-Christophe Cambadélis présentait ses voeux à la presse que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous :


Vœux à la presse 2017 de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

Vœux à la presse de Jean-Christophe Cambadélis

4 janvier 2017

(seul le prononcé fait foi)

 

L’année 2017 sera politique. Pas simplement parce que c’est le centenaire de la révolution russe, mais parce que c’est une situation très politique, tant à l’échelle internationale qu’au niveau national.

Au niveau international, nous allons vivre une époque toute nouvelle. D’abord, avec l’expansionnisme russe, qui est à l’œuvre dans de nombreux pays et qui s’exprime de nombreuses façons ; les dernières polémiques ont été à ce niveau très impressionnantes. Une nouvelle époque aussi avec le nouveau président des états-Unis, un isolationnisme américain s’exprime sur le plan économique, avec les mises en demeure au secteur de l’automobile, renationaliser le développement économique, la volonté de protéger le marché américain. Et puis, malheureusement, une année qui va être encore celle de l’immobilisme européen, dû tout à la fois aux difficultés économiques de la zone euro, aux difficultés économiques de l’ensemble de l’Europe, au fait qu’on ne sache pas encore à cette étape la manière dont le Brexit va s’opérer, et puis surtout parce que nous allons vivre une époque d’élections : Pays-Bas, évidemment, France, Allemagne, peut-être Italie, tout en sachant que la situation est instable en Espagne, en Autriche et dans la plupart des pays d’Europe centrale.

Enfin, ce qui marque la situation de l’année 2017, c’est la montée dans l’ensemble du monde occidental du national populisme. C’est maintenant une donnée incontournable à laquelle l’ensemble des représentants politiques, et particulièrement de la gauche, est confronté. Le combat sera frontal entre cette forme de régression, qui est due à la hantise du métissage, à la hantise de la situation faite au monde occidental dans ce nouveau partage international, où sa position dominante est remise en cause. Et ceci a des conséquences, tant au niveau social, économique, que, évidemment, au niveau électoral. Nous en reparlerons.

Deuxièmement, la marque de l’année 2017 sera malheureusement aussi celle du terrorisme. Nous avons vu comment, en Allemagne, celui-ci a frappé. Nous avons vu comment, en Turquie le terrorisme a une nouvelle fois tué. Si l’EI recule là-bas, il frappe ici. Je crois, sans faire de pronostics macabres, que plus les défaites seront fortes, plus les répliques seront fortes. Le président de la République, présent courageusement sur le terrain, en a donné une indication puisqu’il nous a dit avant l’été : « Mossoul pourrait être repris ». Il est évident que, pour tenter de desserrer l’étau de cette pression de l’ensemble de la coalition, il y a pour l’EI nécessité de frapper l’ensemble des démocraties européennes.

Il faut y ajouter la situation syrienne, qui est source d’inquiétudes et de malheurs. Alep fut une tragédie. Mais il est illusoire de croire qu’une paix russo-Bachar peut s’imposer. L’Iran vient de se rappeler aux bons souvenirs des russes. Pourquoi c’est important au-delà des morts, des bombardés, et des enfants devenus orphelins ? C’est que cela crée les conditions à nouveau d’un flux de réfugiés au niveau de l’Europe. La pression migratoire d’une manière générale, sera une des données que nous allons vivre dans l’année 2017.

Enfin, sur le plan économique, je ne vais pas m’y attarder, mais il faut avoir ceci en tête. Nous pouvons dire que le cycle de la baisse des taux qui a permis de soutenir les économies européennes va s’arrêter et s’inverser. Ce qui va, je crois, amener à de nouvelles difficultés pour l’Europe, et peut-être même des situations contraintes pour les politiques économiques en France. Et cela me permet une agréable transition sur la situation politique française.

La France va économiquement mieux, mais politiquement mal. Nous avons, nous la gauche, avec le président de la République François Hollande et les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls, défendu le modèle social. Nous l’avons préservé, nous l’avons affiné, donc nous l’avons affirmé. Et je crois que ce modèle social est consubstantiel à la nature de la France. La France n’est plus la France si elle remet en cause son modèle social. Je dirai à Monsieur François Fillon que ce n’est pas le modèle social qui est responsable de la précarité, ce n’est pas en le liquidant que l’on fera reculer la précarité. Monsieur Fillon s’est rendu hier chez Emmaüs. Je partage le diagnostic d’Emmaüs : le projet de Monsieur Fillon est une attaque extrêmement violente contre notre modèle social. Sa remise en cause part d’un préjugé idéologique : la responsabilité de la situation de crise sociale est due, non pas à l’absence de croissance mais est due principalement à notre modèle social. Ce que nous avait déjà vendu Nicolas Sarkozy lors de sa première campagne présidentielle, ce n’est pas étonnant puisque Monsieur Fillon était déjà à l’œuvre comme directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. La responsabilité de tous les maux de la société française serait donc notre modèle social. Je pense que ce modèle social doit être affiné. Il doit permettre de répondre à ce pour quoi il a été constitué, à savoir un filet de protection sociale. Mais ce n’est pas lui qui est responsable de la situation telle que nous la connaissons. C’est l’absence de croissance. Et l’absence de croissance est due à des politiques économiques menées en Europe et à des déficits publics laissés par la droite. Monsieur Fillon a décidé de mener campagne sur ce thème. Il l’a réaffirmé hier soir sur une chaîne de télévision à 20 heures. Il a indiqué qu’il restait sur son programme de rupture avec notre modèle social. Ce qui gêne Monsieur Fillon dans le modèle social français, c’est plus le social que le modèle. Nous sommes donc face à une attaque frontale contre ce qui nous constitue, contre ce qui constitue la France. Le modèle social est la base de notre conception de la République. Nous avons là un combat central.

Voilà sur la situation politique française. J’évoquerai maintenant mon troisième point, la question des primaires, qui nous occupe et vous préoccupe. Ce qui va se passer pour la gauche est décisif, et pour longtemps. Ce qui se joue pour la France est historique. Nous sommes à un moment où le destin de la gauche et le destin de la France ne font qu’un. La situation présidentielle est verrouillée, et seule la primaire de la gauche peut déverrouiller la situation présidentielle. Monsieur Fillon est prisonnier du vote de droite lors des élections primaires de la droite, et il est enfermé dans un vote de droite extrême. Monsieur Emmanuel Macron est prisonnier de son « ni droite ni gauche ». Jean-Luc Mélenchon est prisonnier de son refus de toute alliance avec le Parti socialiste, et Marine Le Pen est prisonnière de sa logique d’extrême droite. Si vous regardez les candidats actuels à l’élection présidentielle, personne ne peut dire qui peut l’emporter. Il n’y a pas de désir majoritaire dans cette première étape de la présidentielle. Donc, cela veut dire que la primaire de la gauche, par sa puissance, je le souhaite, par sa force, je le crois, peut dénouer cette situation et créer un nouveau choc dans l’opinion, qui permettra une nouvelle donne dans la présidentielle.

Si je reprends : Monsieur Fillon, soit il dévisse, soit il glisse. Soit il est parjure aux propositions, aux mesures, à la ligne, à l’orientation qu’il a déployées lors de la primaire, et évidemment, l’électorat de droite qui l’a plébiscité se dérobera à lui et peut rejoindre Marine Le Pen. Soit il reste sur la même orientation, et cela semble être ce qu’il a dit hier. Et les centristes se trouveront dans la plus grande difficulté. Il suffit d’écouter ce que dit Monsieur Jean-Christophe Lagarde, ou d’autres acteurs centristes, voire Monsieur Bayrou qui reproche l’extrême violence sociale du projet Fillon. Donc, d’un certain point de vue, Monsieur Fillon n’entraîne pas la France, il n’entraîne qu’une partie de la droite, et il est prisonnier du couloir dans lequel il s’est mis.

Monsieur Macron, qui a fait une percée remarquable et remarquée au centre de l’échiquier politique, l’a faite sur le thème du « ni droite ni gauche ». Mais il indique par là même au pays qu’il n’a pas d’alliance majoritaire, ni à droite ni à gauche. Il est aujourd’hui enfermé dans cette logique. Il ne peut, à lui tout seul, réorganiser l’ensemble du champ politique. Il est donc dans une situation d’une non-cristallisation politique intermédiaire entre la droite et la gauche, sans pour autant être un vecteur de recomposition politique.

Jean-Luc Mélenchon a choisi lui une tout autre orientation, encore que, dans ses propos, on le sent hésitant, soit pour se substituer au Parti socialiste et devenir la nouvelle force de gauche, soit pour entonner les chants de Beppe Grillo contre la classe politique et pour défendre la France insoumise.

En tout état de cause, même si je respecte ses propos, il est dans un splendide isolement. Personne ne peut croire que la France peut se réorganiser, la gauche s’organiser autour de son propos.

Donc, nous sommes dans une situation tout à fait nouvelle qui est due aux conséquences du tripartisme, où chacun est dans son couloir : Personne ne l’emporte. C’est le « Match point » : la balle ne dit pas encore de quel côté elle va tomber, pour les admirateurs de Woody Allen.

Et si, comme je le pense, les primaires intéressent, si, comme je le souhaite, elles seront massives, début février, comme nous l’avions prévu, c’est donc une nouvelle époque qui commence. Parce que c’est à partir de cette nouvelle donne que les uns et les autres auront à se déterminer.

La primaire, encore une fois, déverrouille une présidentielle qui, à cette étape, n’a pas trouvé son chemin.

Il ne faut pas juger la présidentielle à l’aune de la réalité telle qu’elle est posée : une offre multiple. Et dans cette situation, quel que soit ce que l’on pense du Parti socialiste, de son avenir, de sa situation. L’élection présidentielle est tout à fait jouable pour un candidat ou une candidate propulsé par une primaire réussie. Parce que c’est le nouvel « effet » dans la présidentielle.

Il faut, pour cela, que la primaire soit une réussite en termes de votants, évidemment, mais aussi en termes de qualité d’interventions et de propositions.

Nous vivons une nouvelle phase de la présidentielle. L’intervention du président de la République aura été décisive. Se dérobant au « Hollande bashing », il a permis que l’on mesure justement le bilan du gouvernement et des gouvernements. Il a fait tomber ce qui était, quelque part, le prétexte à ne pas vouloir analyser réellement ce qui avait été fait.

Ce faisant, il a redonné des chances à la France et à la gauche. Nous n’aurions pas été dans la même situation si le président de la République avait été candidat à la primaire. Tout le débat se serait concentré sur sa personnalité, et on n’aurait même pas discuté du bilan. Regardez aujourd’hui comment les candidats à la primaire de la gauche sont aujourd’hui complètement orientés vers l’avenir et pas vers le passé. Nous aurions été défensifs. Nous sommes offensifs.

La phase précédente s’est arrêtée le 1er décembre, quand le président de la République a décidé de ne pas se présenter. Nous sommes maintenant rentrés dans une toute nouvelle phase.

Autre chose, une nouvelle génération se présente à vous, une nouvelle génération politique, ce qui fait sens, ce qui fait distinction de la droite. A droite, ils avaient tous été. A gauche, ils peuvent tous être. A gauche, c’est un nouveau paysage politique, c’est une nouvelle image, de nouveaux visages qui sont en train de s’affirmer. Donc, le renouveau de la gauche est dans la primaire.

Le peuple de gauche va intervenir pour donner du sens et faire en sorte que nous envoyions directement notre candidat ou notre candidate au deuxième tour de la présidentielle. Par la force de son investissement dans la primaire, le peuple de gauche déverrouille cette présidentielle et propulse son candidat ou sa candidate directement au deuxième tour de la présidentielle et, par là même, élimine le Front national. C’est vous dire que la primaire a une importance à la fois politique et stratégique.

J’observe avec contentement, Guillaume Bachelay aussi, je suppose, que l’ensemble des candidats à la primaire ont pioché allégrement dans les Cahiers de la présidentielle. Ils ont fait leur marché pour le programme qu’ils vont présenter à l’ensemble des électeurs. Voilà qui montre que notre travail, discret, il faut bien le reconnaître, n’a pas été vain. Il a été repéré par les candidats, et c’est une grande réussite pour le Parti socialiste.

Avec une primaire en passe d’être réussie, et je remercie Christophe Borgel et Rachid Temal, et des Cahiers de la présidentielle utilisés, je crois que le Parti socialiste a joué modestement son rôle dans la situation politique. Mais je continue… Le président de la République et les primaires déverrouillent une nouvelle offre générationnelle… il nous faut intégrer aussi le fait que le Premier ministre a sa part dans cette situation nouvelle où le Président s’élève et le Premier ministre apaise.

Vous avez remarqué que l’ensemble des socialistes a voté la confiance au gouvernement Cazeneuve. Personne ne s’est prononcé contre le Premier ministre. Et je crois que c’est un des effets non soulignés de la primaire.

Et à tous ceux qui spéculent sur le Parti socialiste, son histoire, je voudrais leur dire que la primaire réussie va clore le débat sur ses scissions, ses divisions, etc. Pourquoi ? Parce que le candidat ou la candidate qui va sortir de la primaire aura l’onction non pas d’un congrès mais du peuple de gauche. Ce ne sera pas telle ou telle orientation qui sera jugée. Le fait que le peuple de gauche aura choisi Ce candidat, donc Cette orientation s’imposera à tous.

Et ceci fait tomber tous les arguments que nous avons jusque-là connus. Un président qui se représidentialise, un Parti socialiste qui débat sans combat, un Parti socialiste et des candidats à l’élection de la primaire au-delà du Parti socialiste, comme les écologistes ou le parti radical ou l’UDE de Monsieur Bennahmias, donc toutes les nuances de la gauche. Tout cela me semble de bon augure pour 2017.

Nous avons là une situation pour le moins positive.

Alors, je terminerai en vous parlant du Parti socialiste. Le Parti socialiste peut perdre l’élection présidentielle, avoir un revers aux élections législatives. Il peut aussi les gagner, les deux. Car la situation électorale n’est pas à l’aune de la situation sondagière. C’est beaucoup plus complexe. Je vous ai fait la démonstration sur l’élection présidentielle. On pourrait le faire sur l’élection législative, où la multiplication des candidatures, en tous les cas, le fait que les trois grandes formations politiques aient leur propre candidat, conduira à des situations que l’on n’a pas obligatoirement prévues.

Mais ce n’est pas le sens de mon propos. Mon propos est de dire que, quel que soit le résultat des élections présidentielles et législatives, le Parti socialiste sera là et bien là. Il continuera sa stratégie de rassemblement, au-delà de ce qu’il est lui-même, à savoir 113 635 adhésions. Je répète : 113 635 adhésions. Il ne s’agit pas d’un clic sur une mailing liste mais d’adhésions. Deux cent soixante-douze députés, 11 députés européens, 110 sénateurs, ce qui fait 393 parlementaires, qui président cinq régions. Il a 28 présidents de département, 982 Conseillers départementaux. Et administre 200 villes de plus de 10 000 habitants. C’est une force. Et ce n’est pas parce que quelques sondages sont mauvais que cette force disparaît.

La primaire va faire taire les scissions. L’existence du Parti socialiste, et sa stratégie de dépassement, perdurera quel que soit le résultat, positif ou négatif, de l’élection présidentielle.

J’ajoute que le Parti socialiste a zéro dette, Les Républicains en ont 40 millions, et le Front national cherche quelques subsides dans des banques de l’Est. Donc, nos finances sont saines. Notre budget est exactement le même qu’en 2010, et à l’époque, on ne parlait pas de la faillite du Parti socialiste, comme j’ai pu le lire dans quelques journaux.

Nous donnerons 8 millions d’euros à notre candidat au premier tour et 4 millions d’euros au deuxième tour. C’est-à-dire que nous avons, du point de vue du Parti socialiste, 12 millions d’euros à offrir à notre candidat à la présidentielle. Je fais remarquer que Monsieur Macron vient d’emprunter 8 millions d’euros car il a épuisé déjà ses soutiens financiers.

Et ceci a été possible parce que notre parti est bien administré, parce que nous avons réduit la voilure, parce que les fédérations du Parti socialiste ont fait un effort parce que notre encadrement de Premiers fédéraux fait un travail considérable de structuration du Parti socialiste. Enfin, nous avons des militants remarquables, fidèles, enthousiastes et conscients des enjeux. Cela me permet de vous dire que le Parti socialiste est en état de marche pour mener la bataille de la présidentielle et des législatives, et pour peser de manière significative dans le débat, maintenant et demain.

Je vous remercie.

 

 

31 Déc

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Voeux 2017 de Jean-Christophe Cambadélis

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Cette année 2017 sera une année historique, une année importante pour notre bien commun c’est-à-dire la République sociale et bien commun c’est-à-dire la République tout court. Bonne année à vous !

 


« 2017 doit être pour la gauche, l’année de son… par PartiSocialiste

13 Déc

Commentaires fermés sur Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

par

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Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris et Premier secrétaire du Parti socialiste

Déclaration de politique générale et vote sur cette déclaration

Assemblée nationale, Paris

Mardi 13 décembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues,

Un propos liminaire si vous le permettez avant d’aborder le débat qui nous rassemble aujourd’hui. Un propos personnel, mais partagé sans doute par beaucoup.

Monsieur le Premier ministre, vous avez la chance rare, produit de votre talent, d’être apprécié sur tous ces bancs. Cela tient tout autant à votre caractère qu’à vos compétences, à votre discours qu’à votre parcours. Dans ce quinquennat, vous avez mis votre efficacité au service de la France. Avant de devenir Premier ministre vous avez été de nombreuses fois en première ligne. En première ligne pour réorienter l’Europe, en tant que Ministre des Affaires Européennes. En première ligne pour redresser les comptes de notre pays, en tant que Ministre du budget. En première ligne face à la barbarie terroriste, en tant que Ministre de l’Intérieur.

Vous voici Premier ministre aujourd’hui. Vous n’avez rien demandé par voie de presse, vous n’avez rien fomenté par échos de buzz. Le choix s’est imposé naturellement pour succéder à Jean-Marc Ayrault et à Manuel Valls.

Servir l’intérêt général, avec écoute et discernement : voilà la formule qui résume ce que vous incarnez et qui fonde le respect que vous inspirez.

Certains disent que vous n’aurez pas le temps de gouverner. C’est mal connaître les devoirs que votre fonction impose et les pouvoirs qu’elle met à la disposition de la volonté.

Vous avez cinq mois devant vous, Monsieur le Premier ministre.

L’histoire a montré qu’en peu de temps, on pouvait faire de grandes choses : il n’aura fallu que 7 mois à Pierre Mendès-France pour marquer la France et nos mémoires à jamais. Léon Blum n’en a eu que 18 pour transformer notre pays comme jamais.

Vous avez cinq mois devant vous, mais les jours comptent triple quand on a, comme vous, la passion de la chose publique et le sens de l’État. Au fond, cela doit dépendre du tempérament de celui qui gouverne – je crois avoir fait l’éloge du vôtre.

Cela dépend de la vision qui le guide dans la conduite de la politique de la nation – nous venons de l’entendre.

Cela dépend des circonstances dans lequel il est appelé à gouverner.

Or elles sont exceptionnelles aujourd’hui.

*          *          *

Nous en sommes toutes et tous ici conscients, vous le savez car vous êtes au fait des défis de la France et tout d’abord du terrorisme, qui a frappé à de nombreuses reprises notre pays et peut frapper à nouveau à tout instant.

Le terrorisme, il se combat totalement. Sans état d’âme et sans porter atteinte à l’État de droit. Encore un équilibre que vous incarnez et que vous mettez en œuvre au quotidien.

La période est d’autant plus à risque que Daech est aujourd’hui acculé. Par tous les moyens, Daech essayera de marquer les esprits, lui qui perd précisément chaque jour du terrain. Daech recule car nous le combattons. Ainsi, la bataille de Mossoul fait rage et nous y contribuons dans le cadre de l’opération Chammal. Cette opération mobilise actuellement 4 000 de nos soldats. Aux côtés de la coalition, nous frappons l’organisation terroriste avec nos moyens aériens et assurons la formation et le conseil des militaires irakiens. Il faut ici rendre un hommage à nos soldats qui, partout dans nos rues et dans le monde, sont le bouclier de nos valeurs et de nos vies.

Puisque nous évoquons les évènements du Levant, il nous faut parler d’une situation plus que dramatique, d’une situation humanitaire qui interpelle le sens même de notre commune humanité. Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, d’appeler solennellement la France à redoubler d’effort pour sauver la population civile d’Alep. Il faut mettre non seulement un terme aux bombardements de l’aviation russe et de l’armée syrienne mais sauver ! Des milliers d’habitants sont encore présents dans les quartiers tenus par les insurgés. Nous avons vu hier sur les réseaux sociaux l’horreur des massacres à l’arme blanche. Il faut mettre un terme au carnage. Il faut mettre un terme au martyr. Le Président de la République a parlé de Guernica. Oui, après Nankin, Oradour ou Srebrenica. Oui, Alep se meure. J’ai rencontré son maire la semaine dernière et son récit est glaçant. Nous ne pouvons que manifester notre indignation au veto opposé par la Russie à la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une trêve humanitaire. C’est le sixième depuis le début du conflit, venant d’un pays dont nul n’ignore ici la responsabilité dans cette tragédie. La Russie est notre interlocuteur. Elle peut être parfois, dans certaines circonstances, notre allié. Mais nous ne saurions nous aligner sur une vision du monde qui n’est pas la nôtre. La France n’est pas pour la politique du fait accompli. En Syrie comme ailleurs, la France ne considérera jamais que « charbonnier est maître chez soi » et que tout dirigeant peut disposer de son peuple comme il l’entend. Et c’est le devoir de la France de le dire et de défendre les droits de l’Homme chaque fois que la dignité humaine est bafouée, chaque fois que des populations sont massacrées.

 

L’Europe avec l’Afrique – vous préparez le 27e sommet Afrique-France – l’Europe sera un des terrains d’action essentiels de votre gouvernement. Oui, l’Europe, dans ce monde et ce moment incertains, constitue une grande partie de la solution pour faire face aux défis. Un Conseil européen se tiendra jeudi. Des questions essentielles y seront traitées, à commencer par celle du Brexit. L’immigration sera au cœur des discussions, avec notamment la réforme du droit d’asile européen et l’accord à juste raison controversé Europe-Turquie. On parlera du renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense. On y évoquera enfin les relations extérieures de notre continent. A cette occasion, l’Union européenne devrait reconduire les sanctions contre la Russie pour 6 mois. Ce serait logique tant la mise en œuvre des accords de paix de Minsk piétine. La France et l’Allemagne sont sur ce point, comme sur tant d’autres, alignés. Il le faut, car la victoire de monsieur Trump aux Etats-Unis laisse présager un désengagement brouillon. Combiné avec le Brexit, il met l’Europe devant ses propres responsabilités. La France doit assumer les siennes et se placer en tête des efforts pour faire de l’Europe un acteur majeur du nouveau monde qui se dessine sous nos yeux.

*          *          *

Cette politique, vous l’avez dépeinte de manière claire et précise, mais aussi engageante. Ses piliers permettront de faire avancer notre pays encore sur le chemin du redressement et de travailler au rassemblement de nos compatriotes autour des valeurs de la république.

En vous désignant, le Président de la République considère, à juste titre, que vous permettrez de réaliser encore un peu plus, et chaque jour un peu plus, les objectifs de ce quinquennat. Permettez-moi ici de rendre hommage au chef de l’Etat.

Il faut aimer la France par dessus tout, il faut être doté d’une force morale sans commune mesure, pour prendre la décision qu’il a prise. Oui, François Hollande a sacrifié son destin personnel sur l’autel du redressement et du rassemblement de la France. Pour les socialistes, ce geste les oblige au rassemblement mais aussi à la responsabilité.

 

Vous arrivez aux responsabilités, Monsieur le Premier ministre, alors que la situation s’améliore. Dans notre pays, les inégalités diminuent : le niveau de vie de nos compatriotes les plus modestes est en progression. C’est un renversement complet par rapport à la décennie précédente : entre 2002 et 2012 leur revenu baissait, alors que celui des plus aisés augmentait.

Dans notre pays, on crée à nouveau des emplois : 178 000 de plus dans le secteur marchand. Du jamais vu depuis 2008.

Dans notre pays, on est désormais à l’abri des caprices des marchés : la dette de l’Etat est maîtrisée. En 2017, le déficit public sera stabilisé autour de 3%. Du jamais vu depuis 2001. La France a retrouvé sa souveraineté.

Dans notre pays, on n’a jamais été aussi bien protégé par l’Assurance maladie : 95% des Français peuvent désormais bénéficier d’une complémentaire santé. On le sera toujours à l’avenir : les comptes du régime général de la Sécurité sociale seront quasiment à l’équilibre l’an prochain. Du jamais vu depuis 2001.

Vous aurez, monsieur le Premier ministre, les moyens de poursuivre cette politique. Le budget pour 2017 que nous allons bientôt adopter s’y inscrit tout naturellement. C’est un budget ambitieux qui permet de soutenir le redressement. Nos priorités sont financées : plus 2 milliards sur l’éducation, plus 2 milliards sur le travail et l’emploi, plus 4,4% pour la justice et plus 3,5% pour la sécurité, plus 1,9% pour la défense, plus 6,7% pour la Culture. Une baisse d’impôts sur les sociétés pour les PME et les ETI est engagée, la fiscalité du diesel et celle de l’essence convergent.

Sur certains bancs, on considère toujours que la gauche n’est pas légitime pour gouverner. Eh bien, force est de reconnaître, une fois de plus, que non seulement la gauche est légitime mais qu’en plus elle est efficace.

Sur ces mêmes bancs, on s’empressera de dire que la gauche n’y est bien entendu pour rien dans ce redressement. On invoquera doctement le miracle du marché.

L’honnêteté commande de reconnaître que la situation économique mondiale, et notamment la baisse du prix du pétrole, ont contribué au redressement de la situation économique et sociale de la France.

Mais l’honnêteté commande aussi de reconnaître le chemin qui a été parcouru : avec le concours de la majorité, sous la conduite du Président de la République, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls ont beaucoup agi pour protéger et progresser.

Oui l’honnêteté commande de reconnaître que nos résultats sont encore contrastés, que les chiffres ne rendent jamais compte des expériences vécues, des situations de chômage et de précarité que beaucoup de nos concitoyens ont encore à subir. Il reste du chemin à parcourir.

Mais l’honnêteté commande aussi de rappeler ce que la droite nous a légué après dix années de pouvoir : un déficit public, abyssal. Un déficit commercial, abyssal. Un déficit de modernisation de l’appareil productif, abyssal. Un déficit de la sécurité sociale, abyssal. Un déficit de justice sociale, abyssal. Au-dessus des abysses, seule la rente surnageait.

Sans notre politique économique, les entreprises n’auraient pas retrouvé les marges de manœuvre dont elles avaient besoin pour innover, exporter, embaucher et parfois, même si c’est très insuffisant, redistribuer : avec un taux de marge inégalé depuis les années 1980, grâce au CICE et au pacte de responsabilité, avec un accompagnement de qualité à l’international, avec une politique industrielle misant sur le futur, en particulier sur le numérique et la robotique, nous avons été aux côtés de ceux qui créent et de ceux qui produisent.

Sans notre politique sociale et fiscale, l’égalité n’aurait pas progressé. C’est la gauche qui a revalorisé les minimas sociaux de 10%, baissé l’impôt sur le revenu des classes moyennes et des classes populaires, supprimé la dernière tranche d’imposition et créé une nouvelle, à 45%, pour les plus aisés. C’est la gauche qui a fait de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité, ce qui a permis de recouvrer plus de 12 milliards d’euros en 2015. C’est la gauche qui a rendu notre politique familiale plus juste et fait du sort des familles monoparentales un sujet de préoccupation majeure, en adoptant par exemple la garantie contre les impayés de pension alimentaire. C’est la gauche qui a mis en place les droits rechargeables à l’assurance chômage, la retraite à 60 ans pour les carrières longues, ou le compte pénibilité.

Sans notre politique éducative, les inégalités sociales auraient continué de peser sur les résultats scolaires de nos enfants, à un niveau quasiment inégalé en Europe : c’est la gauche qui a inversé la tendance en créant 60 000 postes dans l’éducation pour remettre des professeurs dans les classes et les former convenablement à leur métier. C’est la gauche qui a engagé la Refondation de l’école, donné la priorité à la maternelle et au primaire, mis en œuvre la réforme du collège, réformé la carte de l’éducation prioritaire. C’est la gauche qui a reçu un satisfecit de la part des équipes qui conduisent les enquêtes PISA. C’est la gauche qui a amélioré les conditions de vie des étudiants, leur a donné un meilleur accès au logement, les a accompagnés dans leurs premiers pas dans l’emploi. C’est la gauche qui a mis en place une politique ambitieuse de lutte contre le décrochage, passé cette année sous la barre symbolique des 100 000 jeunes. C’est la gauche qui a renforcé l’accès à la formation des chômeurs et des travailleurs, avec le plan 500 000 et le compte personnel de formation.

Sans notre politique de santé, un quart de la population française aurait continué à renoncer aux soins : c’est nous qui avons rendu obligatoire la complémentaire santé d’entreprise, élargi le nombre de bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS, remboursé à 100% certains actes médicaux comme l’interruption volontaire de grossesse, refusé les déremboursements.

Sans notre politique de sécurité, les Français, et notamment les plus vulnérables, seraient moins protégés : c’est la gauche qui a créé 9000 postes dans les forces de police et de gendarmerie, quand la droite en avait supprimé 13 000. La gauche encore qui a mis en place plus de 80 zones de sécurité prioritaires, adopté trois lois antiterroristes, réformé le renseignement, le tout sans jamais remettre en cause l’Etat de droit. A ce titre, votre gouvernement a décidé d’avancer sur le sujet sensible mais essentiel de la légitime défense des forces de l’ordre. Un projet de loi sera donc présenté le 21 décembre en Conseil des ministres. Le principe d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité demeurera notre boussole, comme le veut la Convention européenne des droits de l’homme.

Sans notre politique écologique et climatique, les Français n’auraient aucune raison d’espérer une vie meilleure pour eux et leurs enfants : la loi de transition énergétique, c’est la gauche. Le succès mondiale et historique de la COP 21, n’est plus à démontrer. La transition vers l’agro-écologie est un succès pour tous ceux qui se réclament de l’écologie comme la fin progressive de la subvention au diesel pour lutter contre les pollutions atmosphériques. Ces derniers jours l’ont amplement démontré : c’est un défi essentiel à relever. Comment ne pas s’indigner que certains en fassent un sujet secondaire, et veuillent laisser faire le marché, parce qu’il y aurait « trop de normes », à l’heure où la persistance du pic de pollution oblige de nombreuses familles à se rendre aux urgences pédiatriques parce que leurs enfants ont des difficultés respiratoires ?

Dans notre domaine de prédilection, la lutte contre les inégalités, nous avons créé beaucoup de dispositifs nouveaux, pour faire reculer les précarités, pour renforcer les solidarités : création d’une banque publique d’investissement, création de la Garantie jeunes, création de la Prime d’activité, création du Tiers Payant, créations de postes dans l’Éducation, la Justice et la Police, création du contrat de génération ou encore création des emplois d’avenir…

« Création », le mot revient souvent dans ce bilan, tout autant que le mot de « suppression » dans la bouche de nos opposants. La droite s’est presque toujours opposée à ces nouveaux dispositifs, s’appuyant parfois sur la rue, comme au moment de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre, vous arrivez aux responsabilités à un moment où tout est possible pour notre pays.

La France s’interroge. Sur le monde qui l’entoure. Sur son modèle social. Sur sa cohésion sociale. Sur son avenir. Ces dernières décennies, la France a dû affronter les chocs du chômage de masse et de la désindustrialisation rampante, nourrissant une profonde crise de confiance dans la puissance même de la France. Ces dernières années, la France a dû faire face aux effets disruptifs des révolutions numériques, de l’immatériel et de la robotique, exacerbant la crise des repères dans le monde de l’industrie, des services mais aussi de notre vie démocratique. Ces dernières années, la France a dû affronter les soubresauts d’un monde géopolitique nouveau, fait de péril écologique, de guerres et de migrations, venant intensifier cette profonde crise de l’agir politique. Ces dernières années, la France a dû faire face au choc terrible du terrorisme, mettant encore plus à l’épreuve notre cohésion nationale. Les Françaises et les Français s’interrogent légitimement sur la capacité de l’État à faire face non seulement à ces crises, mais aussi à leur durée et à leur combinaison. Les Françaises et les Français regardent avec crainte ces lendemains qui chantent faux et qui dessinent un avenir bien incertain.

Face à ces crises, la droite pense que son moment est venu. Elle pense que cette crise de sens va dans son sens. La droite, désormais décomplexée, propose un programme décomplexé : pour être efficace, il faut que l’État s’efface. Disons les choses là aussi : Jamais, depuis 1945, la droite n’a autant pris pour cible et remis en cause les piliers de notre république sociale. Au point que certains gaullistes s’en émeuvent. Le programme de son nouveau champion laisse sans voix. Il a dit qu’il ne changerait pas un iota à ce programme qui changerait la France du tout au tout. J’ai compris que dans son propre camp on lui demande d’y réfléchir à deux fois. J’ai compris qu’il amendait une petite partie de son projet. Mais qui croire ? Le François Fillon de la primaire ou celui de la présidentielle ? Mais, après tout qu’ils assument. Sa désignation, il ne l’a pas volé, loin de là. Il l’a remporté haut la main. Cette victoire ne vient pas de nulle part. Ce programme ne vient pas de nulle part. Cette droite dure c’est la droite chimiquement pure.

Face à cette France qui s’interroge, face à cette crise généralisée de sens, l’extrême-droite pense elle aussi que son heure a sonné. Elle campe sur les frontières de la République et toise nos fortifications du haut de ses 30%. Le Front national peut s’appuyer sur une vague mondiale, une vague qui vient de loin. Partout, le national-populisme plus ou moins xénophobe s’est hissé au pouvoir ou s’en approche. Ils sont légions sur les réseaux sociaux et leur emprise sur les esprits n’est plus à démontrer. Ces hérauts de l’anti-système ont développé un système de prise de pouvoir redoutable. Les victoires de Trump et du Brexit sont autant de coups de massue sur le plafond de verre qui bloque encore timidement leur progression électorale.

La vraie nature de ce parti ne doit pas être mise sous silence. Oui, le national-populisme est plus ou moins xénophobe et en France il l’est plus que moins. C’est aussi un parti contre les pauvres. Il est pauvrophobe. Il suffit là encore de regarder ce qui se passe dans les municipalités frontistes. Oui, les faits sont têtus. Moins bruyant que les frontistes mais plus têtus.

Le Front national parle d’un monde qui n’existe plus et rêve d’une France qui n’a jamais existé. Les problèmes qui sont les nôtres sont des problèmes que la France seule ne peut régler. Le terrorisme, le péril terroriste, les innovations, les migrations, tout cela se joue au niveau des États-continents ou de la planète. Ce rejet des instances supranationales est absurde et inefficace, dangereux surtout pour notre pays. Leur programme anti-euro et anti-européen c’est prendre le tapis roulant de l’Histoire à l’envers. Bien sûr qu’il faut résoudre les problèmes actuels de l’Europe mais il ne faut pas la dissoudre. Cette remise en cause de l’Europe, c’est la remise en cause de la France.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre,

Nous croyons dans la force du débat, nous prenons les idées au sérieux. Nous croyons en l’avenir. Nous regardons de près les critiques et les programmes. Nous allons réengager le débat sur le fond car il oppose une certaine idée de la France à une certaine idée de la droite.

L’avenir ne se construit pas avec des peurs ou en commettant les mêmes erreurs. L’avenir se construit sur l’espoir et sur les effets d’une politique juste et efficace. Nous croyons à l’État et aux fonctionnaires sur lesquels repose cet État. La gauche ne veut pas plus d’État en soi, elle veut plus de protections et plus de régulations. Nous ne sommes pas allergiques au marché, nous ne voulons simplement pas qu’il contamine tous les pores de notre société.

La gauche n’entretient aucune mystique du pouvoir. Le pouvoir, elle l’exerce, c’est tout. Elle l’exerce modérément mais complètement. Le pouvoir, elle en prend soin car il est donné par le peuple. Il est d’abord cet honneur de servir les intérêts supérieurs de la nation. Il est aussi cette occasion d’orienter le réel dans le sens de nos valeurs de Justice et de Progrès.

En cinq ans, avec la gauche, la France a progressivement relevé la tête. Elle a assuré l’avenir de son modèle social – celui dont elle est si fière, celui qui fait sa force, son histoire, j’allais dire sa nature. Elle a retrouvé la dignité qu’elle avait perdue, parce qu’elle a renoué avec l’égalité.

Nous discuterons en janvier d’un très beau texte qui fait sens de notre action : l’égalité réelle pour les ultramarins. Réduire les inégalités entre la métropole et ces régions, et à l’intérieur de ces régions : n’est-ce pas résumer le sens de notre action ?

Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, vous pourrez vous appuyer sur les avancées qui ont été faites. Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, nous comptons sur vous, et vous pouvez compter sur nous, pour combler les retards et pour continuer d’avancer.

Ces cinq mois, nous le savons, vous les exploiterez au maximum de leur potentialité. Vous vous investirez sans relâche, avec votre sens de l’éthique, votre sens de l’État. Pour cela, et au nom du Groupe Socialiste, écologiste et républicain, vous avez tout notre respect, tout notre soutien et donc toute notre confiance.

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris

Premier secrétaire du Parti socialiste.

Lien vers la vidéo de l’intervention: http://bit.ly/2hiR1dJ (1’59’00)

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Crédit photos: Mathieu Delmestre

03 Déc

Commentaires fermés sur Convention nationale de la Belle alliance populaire – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Samedi 3 décembre 2016

Convention nationale de la Belle alliance populaire – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Samedi 3 décembre 2016

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Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’intervention de Jean-Christophe Cambadélis lors de la convention de la Belle alliance populaire :


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis à la… par PartiSocialiste

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29 Nov

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Présentation du 7e cahier de la présidentielle – Conférence de presse – Mardi 29 novembre 2016

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Jean-Christophe Cambadélis et Guillaume Bachelay ont présenté à la presse ce mercredi 29 novembre 2016 le dernier cahier de la présidentielle intitulé « Les enjeux de la présidentielle« .

Retrouvez ci-dessous la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion de cette présentation:

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Conférence de presse de présentation du Cahier

« Un nouveau « Nous » français »

Paris, le mardi 29 novembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs,

Françaises, Français,

 

Plusieurs destins sont possibles pour la France. Notre pays peut emprunter plusieurs chemins.

En participant à l’élection présidentielle, vous ne choisirez pas une personne, vous choisirez un destin pour la France.

Car participer à l’élection présidentielle ce n’est pas simplement répondre à la question du « qui ? ». C’est d’abord et avant tout répondre à la question du « quoi? ».

La question posée est aussi simple que cruciale : « Un quinquennat, pour quoi faire ? ». La réponse que nous proposons est claire : Après 5 ans entièrement dédiés au redressement, nous voulons un NOUVEAU « NOUS » FRANÇAIS.

Face au désarroi français qui est la marque de la situation, malgré les réussites et les potentialités de la France. Face à une France à plusieurs vitesses qui confine par la persévérance de l’exclusion à une société de castes. Nous voulons un nouveau sentiment d’appartenance, qui mette précisément l’accent sur le collectif et l’inclusif.

Oui, « NOUS ». Ce pronom personnel au pluriel est un parti-pris politique essentiel. Il résume un projet de société qui parle des Français, aux Français et pour les Français.

Il ne faut pas se tromper de diagnostic. C’est cette absence de « Nous » qui produit la crise d’identité. Dans ce monde ouvert en proie à la révolution de l’immatériel, à la disruption robotique, aux soubresauts identitaires, aux menaces terroristes, à l’interpellation écologique, la France a besoin de se construire un nouveau destin.

La droite propose la révolution conservatrice. Le Front national propose la révolution nationale, les socialistes proposent un nouveau « Nous français ». Nous proposons de construire une société neuve, permettant d’écrire un nouveau chapitre du roman français.

Il s’agit de revendiquer le progrès et de l’actualiser. La cause du progrès reste nôtre, son contenu doit être autre.

Oui, la France a besoin de tous et donc tous doivent pouvoir compter sur la France.

Dans ce nouveau monde, dans ce nouveau siècle, il faut un projet clair : des Français plus autonomes dans une France plus solidaire. Autonomie et solidarité sont les maîtres mots du nouveau « NOUS » français.

De fait, il faut à la fois renforcer l’autonomie des Français et la solidarité entre Français. Renforcer la solidarité pour rendre l’autonomie possible, renforcer l’autonomie pour rendre la solidarité acceptable : l’un ne va pas sans l’autre.

Nous pouvons réussir, si nous faisons le bon choix de société, si nous choisissons le bon projet et si nous rejetons ce qui entrave l’essor français.

Il n’y a pas de majorité politique ni sociale pour une France inégalitaire, autoritaire, centralisatrice, bridant les individus et brisant les initiatives économiques.

Un projet ultra-libéral sur le plan économique et social, ultra-conservateur sur le plan sociétal et ultra-radical sur le plan identitaire débouchera sur une France ultra-fragmentée, qui sera l’antichambre de la victoire frontiste.

Pour repartir de l’avant, nous ne pouvons plus faire comme avant, nous devons mettre l’accent sur le vrai renouveau, pas celui des personnes mais celui des idées.

Pour ce faire, je propose 5 idées fortes et 20 défis à relever :

  1. Le troisième âge de la décentralisation
  2. Casser les castes en luttant contre le précariat
  3. La République pour tous dans une France sûre
  4. La France, première puissance écologique, première puissance numérique
  5. Un nouveau patriotisme efficace : Le souverainisme européen

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Le troisième âge de la décentralisation

Tout le monde parle de réformes. Pour y parvenir, il ne manque pas de volonté. Il manque un chemin pour aboutir. Disons le nettement : On ne réforme pas une société centralisée.

La France centralisée passe par des crises aigües pour se réformer.

La France décentralisée permet de faire ces réformes.

Il faut décentraliser le pilotage de l’économie si on veut piloter la transition du numérique et de l’écologie.

Nous proposons :

  • La régionalisation accrue de la politique industrielle
  • De régionaliser le service public de l’emploi
  • La formation professionnelle et la formation à l’apprentissage
  • Des offres d’apprentissage et d’alternance rassemblées sur une plateforme régionale unique

La décentralisation, c’est rapprocher les citoyens des lieux de décisions pour rendre la démocratie vivante, active.

Nous proposons :

  • Le non-cumul des mandats dans le temps
  • Le droit d’amendement citoyen

Casser les castes en luttant contre le précariat

Le nouveau « Nous » français ne laisse personne au bord du chemin. Le prochain quinquennat fera donc de la question du précariat la question centrale.

Nous l’avons dit, la France a besoin de tous les siens pour affronter tous ses défis. Nous voulons une société qui offre à tous les moyens de réussir leur vie, quels que soient leur origine sociale, leur niveau d’étude, leur sexe, leur lieu d’habitation et leur couleur de peau.

Une société articulée autour de compromis sociaux puissants et durables qui donnent de la sécurité aux travailleurs et de la visibilité aux investisseurs. Une société pour tous, qui mise sur l’agilité sans sacrifier l’égalité, une société qui protège mais aussi une société qui libère, qui permet aux individus de se retrouver dans ce qu’ils font.

Nous proposons :

  • Un revenu minimum décent
  • Des parcours professionnels sécurisés
  • La production de logements adaptés aux temps de la vie
  • L’offre de services publics adaptés aux rythmes de la vie
  • Un droit au voyage pour les jeunes
  • Un soutien au bénévolat et à la vie associative

 La République pour tous dans une France sûre

La République ne peut vivre et survivre sans citoyens confiants dans l’avenir, en un sens : sans vrais républicains. La République doit donc protéger tous les siens : des précarités, nous l’avons dit, mais aussi des discriminations et de l’insécurité. Voilà pourquoi nous sommes pour une charte nationale de la laïcité.

La gauche a su faire face au choc terroriste, avec sang froid, sans états d’âme, sans remettre en cause l’état de droit. Elle continuera.

Face à un monde de moins en moins sûr. Face à la nouvelle donne géopolitique : retour de la Russie, isolationnisme de l’Amérique de Donald Trump, montée du terrorisme.

Alors que la France se trouve confrontée à un défi lourd et durable, les conditions requises par la loi pour rétablir la conscription semblent pour la première fois depuis 20 ans réunies. En effet, les moyens disponibles pour assurer la protection optimale des citoyens s’avèrent notablement insuffisants, tandis que les armées peinent à dégager des effectifs pour participer aux missions de sécurité intérieure.

Nous proposons donc une véritable garde nationale par le rétablissement de la conscription.

La France, première puissance écologique, première puissance numérique

Nous continuerons de tout mettre en œuvre pour inspirer le monde, pour être en pointe dans le développement d’une croissance verte, créatrice d’emplois et préservatrice de notre bien commun.

Cela passe par le choix de l’économie circulaire, par le soutien sans failles à l’agro-écologie, par la réalisation des objectifs inscrits dans la loi de transition énergétique votée en juillet 2015 : porter à 32 % la production d’énergies renouvelables en 2030. Et puis faire en sorte d’atteindre 40% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2030.

Nous défendons une économie ouverte et verte, une approche qui ne sépare pas crises écologiques et crises sociales et qui luttent donc aussi contre les inégalités face aux pollutions de l’air et dans l’accès aux ressources naturelles. Cela veut dire s’engager pour que le succès de la Conférence de Paris soit réellement mondial donc durable.

Il n’y aura plus d’abaissement de cotisation pour les entreprises qui ne sera pas subordonnée à l’investissement dans la croissance verte ou dans le numérique.

Nous proposons :

  • Un programme d’investissement université-recherche
  • De grands travaux de rénovation thermique et de modernisation des infrastructures de réseaux (rail, énergies, eau, très haut débit)
  • La culture du numérique diffusée dans toutes les entreprises

Pour un nouveau patriotisme : Le souverainisme européen

Dans un monde apolaire, l’Europe ne peut pas être amorphe. Le nouveau « Nous » français est aussi un nouveau « Nous » européen.

Recommencer l’Europe, c’est notre objectif. Nous savons qu’une monnaie commune ne sert à rien et nous dessert même s’il n’y a pas de politique macroéconomique commune, s’il n’y a pas d’homogénéisation des économies sur les plans budgétaire, fiscal et social.

L’Europe doit être en mesure de défendre ses valeurs, ses frontières et ses intérêts. Il faut commencer par un pacte pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux. C’est tout l’enjeu de cette période : comment redonner de la puissance à l’Europe à l’heure des états-continents. Il faut donc réformer Schengen, un pacte de sécurité européen contre le terrorisme, promouvoir les normes de précautions sociales et écologiques dans les négociations commerciales et faire de l’Europe un acteur stratégique fort et indépendant.

Nous voulons donc une Europe différenciée pour pouvoir avancer et lancer un véritable programme d’investissement européen. Une zone euro dotée d’un gouvernement et d’un Parlement. Une Europe indépendante aussi qui défend le multilatéralisme et refuse ET l’alignement sur la politique du fait accompli en Ukraine ou ailleurs ET la subordination au nom du libre échange à des normes qui ne sont pas les nôtres.

Nous voulons donc 5 principes pour une nouvelle doctrine du commerce international :

  • Exclusion des services publics
  • Respect des préférences en matière sociale, environnementale et sanitaire
  • Le refus de la coopération réglementaire qui limite le droit à l’autodétermination des démocraties
  • L’instauration d’une Cour internationale permanente pour traiter des conflits liés à l’investissement
  • Inclusion des questions fiscales dans les accords

Nous pensons qu’il n’y a pas de juste échange sans la transparence des négociations.

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Voilà, notre France à venir, notre France avenir sera décentralisée, inclusive, sûre, verte et européenne. Une France capable de servir et de rassembler tous les siens autour d’un nouveau sentiment d’appartenance, sur un chemin d’espérance.

Voilà les valeurs et les actions que le Parti socialiste veut défendre et incarner.

Voilà, ce que notre prochain candidat devra porter s’il veut l’emporter.

Voilà pourquoi nous voulons d’abord répondre à la demande de sens. Voilà pourquoi nous voulons nous concentrer sur le fond plutôt que sur la forme, pourquoi nous préférons le sens au sensationnel.

Car au final, si l’on veut résumer l’enjeu de l’élection Présidentielle, on doit le dire : ce qui est en jeu, c’est le sens de la France.

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

01 Sep

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Conférence des présidents d’université – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – jeudi 1er septembre 2016

par

CPU - 01092016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Conférence des présidents d’université

Paris, Jeudi 1er septembre 2016

(seul le prononcé fait foi)

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs les présidents,

Chers amis,

 

J’en ai mené, des combats, entre ces murs.

Combien de fois j’ai ferraillé, ici et ailleurs, contre l’ordre établi et vos prédécesseurs ? En prenant la parole devant vous, je me sens un peu comme le criminel revenu sur le lieu de son premier crime. Je contemple la scène. Je me remémore les luttes et les joutes. Elles furent souvent épiques. Je vois même siéger parmi vous certains de mes complices de l’époque. L’Histoire se joue parfois de nous pour jouer sa propre partition.

L’Université a beaucoup compté dans ma vie. Je la retrouve donc avec plaisir. Je vous rencontre avec amitié. Merci à Jean-Loup Salzmann de m’avoir invité à parler devant vous de l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

L’Université a compté dans ma vie, comme elle a toujours compté pour les socialistes. On dit bien qu’à Solférino, les Nanterre font jeu égal avec les Voltaire. Ce n’est pas qu’un bon mot : c’est le signe de la reconnaissance que nous lui portons. C’est la marque de l’importance que nous lui accordons.

Lorsque nous affirmons que l’Université est un lieu d’arrachement à la détermination par le savoir, nous savons de quoi nous parlons.

Lorsque nous la désignons comme un lieu où recule l’assignation à résidence sociale et culturelle, nous savons ce que nous avançons. Si la contestation de l’ordre établi s’est jouée à l’Université, c’est parce qu’elle est le lieu de l’émancipation par excellence. Elle a donc toujours été au cœur du projet socialiste.

Dans les 110 propositions de François Mitterrand, elle avait déjà toute sa place. En un peu plus d’une génération, nous l’avons transformée.

Nous l’avons démocratisée dans son fonctionnement.

Nous l’avons démocratisée en l’ouvrant au plus grand nombre, en diversifiant notamment son offre éducative, en améliorant l’orientation et l’accès.

Nous l’avons ouverte, au monde extérieur, à l’Europe et à l’international. Je ne peux que me réjouir que notre pays soit aujourd’hui le premier pays d’accueil non anglophone des étudiants étrangers.

Nous l’avons confortée dans ses moyens. Les plans n’ont pas manqué. Université 2000, U3M…

Transformer l’université est une affaire de temps long. Il faut de la constance, de la détermination, de la maturation, des valeurs intangibles.

Vous êtes familiers de ce temps : c’est aussi celui de la recherche et de la transmission, de la production du savoir et des apprentissages. Ce n’est pas nécessairement le temps politique. C’est encore moins celui des technocrates.

Or depuis 2012, nous avons été happés par le temps court. Ce que la droite nous a laissé en héritage l’imposait. Des déficits, abyssaux. Des comptes publics, dans un état lamentable. Un appareil productif, en pleine déliquescence. Le moteur France était en train de caler. Nous avons d’abord dû parer au plus urgent.

L’urgence était d’abord budgétaire. Oui, nous avons dû faire des économies. Oui, nous avons dû faire des choix. Mais ces choix n’ont jamais été faits au détriment de l’enseignement supérieur et de la recherche. Depuis le début du quinquennat, nous avons sanctuarisé les moyens qui lui sont consacrés. Les efforts ont été portés par d’autres ministères – celui de l’écologie, celui des finances, en particulier.

La bataille avec Bercy fut parfois rude. La dernière en date, en mai dernier, vous a profondément inquiétés. J’ai partagé cette inquiétude. J’ai exprimé publiquement ma désapprobation, comme vous l’avez fait. Je suis intervenu, plus officieusement, pour que Bercy recule. Quand on fait de l’école le premier sujet, le premier projet et le premier budget du quinquennat, on ne touche pas aux financements de l’enseignement supérieur et à la recherche. C’est une question de cohérence. L’un ne va pas sans l’autre. Et Bercy a reculé.

 

L’urgence, c’était aussi le sort des étudiants, qu’il fallait améliorer au plus vite. Nul ne l’ignore ici : leurs conditions de vie sont déterminantes dans la réussite de leurs études. Lorsque 45% des étudiants sont contraints de travailler pour financer leur formation, comme peuvent-il lui consacrer le temps nécessaire ?

Nous avons donc investi 400 millions d’euros pour revaloriser les bourses sur critères sociaux et créer deux nouveaux échelons. Les plus modestes ont vu leurs aides augmenter de 15%. Désormais, un étudiant sur quatre bénéficie d’une bourse.

Nous avons massivement investi dans la construction de logements étudiants : d’ici la fin du quinquennat, le parc immobilier du CROUS aura augmenté de 25%. 40 000 logements supplémentaires seront sortis de terre. Pour ceux qui vivent dans le parc immobilier privé, nous avons mis en place une caution locative universelle. C’est apporter à chacun davantage de sérénité.

Je pourrais encore évoquer le gel des droits d’inscription, la création du statut d’étudiant entrepreneur, la réglementation des stages. Je pourrais parler de notre mobilisation pour que les crédits consacrés par l’Union européenne au projet Erasmus soient en progression – il le seront de 40%.

La liste est longue. Beaucoup de chantiers ont été menés. Beaucoup reste encore à faire. Je pense par exemple aux restaurants universitaires, qui devrait être encore plus accessibles. Je pense aussi à la santé. Nous avons déjà amélioré la couverture sociale des étudiants. Mais les campus devraient à mon sens abriter de véritables dispensaires et non seulement une médecine préventive. Voir certains jeunes renoncer à se soigner est inacceptable pour une démocratie comme la nôtre, qui revendique un haut niveau de protection sociale.

L’amélioration des conditions de vie des étudiants, c’est aussi une affaire de confiance. Nous avons voulu leur en témoigner, en reconnaissant mieux leur engagement. C’est l’année de césure. Ce sont les projets de « la France s’engage », pour lesquels beaucoup d’étudiants se sont mobilisés, ou le service civique, qu’ils sont nombreux à rejoindre.

La disposition que nous avons prise, dans le projet de loi égalité et citoyenneté, permettra de mieux prendre en compte la participation des étudiants, dans des associations, de mieux valoriser ce temps passé au service de soi et des autres. Ce n’est pas anecdotique : les apprentissages se jouent aussi en dehors de la formation universitaire, et la vie associative est essentielle à la vie de campus.

L’urgence, en 2012, c’était enfin la gouvernance universitaire. La loi Recherche de 2006, la loi LRU de 2007, ont laissé des traces. L’autonomie adoptée par la droite était incohérente parce qu’elle était sans moyens ; elle était déséquilibrée parce qu’elle était sans contrôle. Il fallait de l’apaisement. La loi pour l’enseignement et la recherche portée par Geneviève Fioraso y a pourvu. Désormais, les enseignants-chercheurs et les étudiants décident librement de la direction de leur université et de la direction que doit prendre leur université. La politique de site est poursuivie, mais rééquilibrée. L’autonomie appelait aussi une simplification administrative. Ce n’est pas vous qui me contredirez : la bureaucratie pèse sur de façon majeure sur votre travail, sur celui des enseignants chercheurs et sur celui des étudiants. La simplification était aussi devenue une urgence. C’est un chantier que Thierry Mandon porte depuis son arrivée. Il en a l’expérience. Il en connaît la nécessité. Il l’évoquera mieux que moi. Mais je sais combien le temps gagné sur le suivi administratif et financier des projets ANR, ou l’accréditation rapide de l’offre de formation des universités peuvent changer votre vie.

Les urgences, au cours de ce quinquennat, se sont donc massivement imposées à nous. Nous les avons affrontées. Nous y avons apporté des réponses. Elles méritent pour partie d’être amplifiées. Mais nous n’avons pas oublié le temps long.

Il n’a même cessé d’occuper notre esprit. Dans le monde qui vient, la matière première sera la matière grise.

La formation et la recherche occuperont une place déterminante. Il faut dix ans pour construire cette place. Nous avons commencé à le faire.

 

Nous avons commencé par le commencement : le socle éducatif. Là où la droite a découpé les réformes, nous avons choisi le continuum, qui est un pas à pas et qui est une vision globale de la formation initiale. Avant de réformer l’université, il fallait réformer le lycée. Avant de nous consacrer au lycée, il fallait nous atteler à l’enseignement primaire et secondaire. C’était un préalable essentiel. Il ne nous a pas empêchés, bien entendu, de jeter les bases d’une réforme de l’orientation post bac, d’instaurer des quotas dans les filières courtes, ou d’appuyer la spécialisation progressive pour une meilleure réussite en licence. Mais la réforme du premier cycle ne peut pleinement porter ses fruits sans ce travail mené en amont sur l’enseignement secondaire.

Pour l’avenir, nous avons établi une feuille de route : il nous fallait des objectifs, partagés sur dix ans. C’est la Stratégie Nationale pour l’Enseignement Supérieur. L’ensemble de la communauté universitaire y a contribué. Elle est aujourd’hui consensuelle. C’est indispensable pour réformer avec sérénité. Pour les dix prochaines années, nous avons repris ses objectifs dans nos Cahiers de la Présidentielle :

Nous voulons poursuivre la démocratisation et atteindre, en 2025, 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur, 50% diplômée d’une licence, et former 20 000 docteurs par an. Nous voulons réduire l’écart de réussite entre les enfants d’ouvriers et les enfants de cadre.

Nous voulons faire en sorte que la moitié des étudiants du pays bénéficient d’une bourse contre un tiers aujourd’hui.

 

 

Pour atteindre ces objectifs, il faut naturellement des moyens. En la matière, les socialistes ont formulé des choix clairs : pour qu’il soit démocratique, cet effort doit être collectif, porté par la Nation et non par l’augmentation des frais d’inscription. Nous considérons que les financements consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche devraient atteindre 2% du PIB d’ici à la fin de la prochaine législature.

Pour atteindre ces objectifs, il faut aussi poursuivre les réformes engagées dans l’organisation des universités. A gauche, la question de l’autonomie est désormais tranchée. Nous avons dit oui. Il s’agit désormais d’en tirer toutes les conséquences, sur le plan pédagogique et sur le plan financier. Pour autant, la confiance n’exclut pas le contrôle. En la matière, le contrôle, c’est le contrat, entre l’Etat et l’Université. Les instruments existent déjà.

 

Cette autonomie doit être ouverte : ouverte aux recrutements extérieurs et ouverte au monde. Ouverte à la circulation des enseignants et ouverte à la circulation des étudiants étrangers, ce qui est un atout, et ce qui doit être facilité.

Pour atteindre ces objectifs, on ne peut plus penser l’enseignement supérieur d’un côté et la recherche de l’autre. L’internationalisation des universités l’impose, comme elle impose le rapprochement entre grandes écoles, classes préparatoires et universités. Il ne s’agit pas pour autant de nous aligner sur le modèle américain, comme le souhaite ardemment la droite, si j’en crois son programme, mais d’inventer notre propre chemin. Nous avons commencé à le faire.

Mes chers amis, vous l’aurez compris, ce que veulent les socialistes, c’est que l’Université retrouve dans les discours, les débats et les intentions politiques la place qu’elle mérite et la place qu’il faut lui donner à l’avenir : toute la place.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où la formation par la recherche soit accessible au plus grand nombre. La démocratisation doit être poursuivie. La sélection par la réussite, par l’information et par l’orientation, et non la sélection par l’échec, doit être notre ambition.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où les élites, celles qui sont à la tête des entreprises, celles qui sont à la tête des administrations publiques, seront aussi familiers de ce qu’apporte la recherche et viendront s’y ressourcer. Nous avons commencé à y travailler. On a souvent reproché aux Nanterre de ne pas être assez Voltaire. Je crois qu’avec la révolution de l’immatériel, où les connaissances évoluent extrêmement vite, nous avons besoin que les Voltaire soient un peu plus des Nanterre.

Merci à vous.