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22 Jan

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – 1er tour des primaires citoyennes

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis par PartiSocialiste

 

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis

Dimanche 22 janvier 2017

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs, Cher-es ami-es de gauche,

 

Un grand merci !

 

Vous êtes venus par centaines de milliers participer à la primaire de la Belle Alliance Populaire.

Vous êtes venus malgré la campagne incroyable, inlassable contre le scrutin.

Vous êtes venus malgré l’idée distillée que c’était inutile.

Vous êtes venus malgré les discours des concurrents pour vous dire que la solution c’était eux, en tout cas, pas la Belle Alliance.

Vous êtes non seulement venus mais plusieurs dizaines de milliers, voire 150 000 d’entre vous non adhérents, ont décidé d’aller plus loin en se déclarant partenaires de la Belle Alliance Populaire.

 

Merci pour votre résistance à l’air du temps.

Merci pour votre enthousiasme, pour ce nouveau temps.

Merci aux bénévoles de la primaire qui non seulement ont tenu bon, mais ont tenu les bureaux de vote. Sans vous, rien n’aurait été possible.

 

Je salue tous les candidats qui ont fait honneur à la primaire en défendant leurs idées avec sincérité et respect. Nous avons réussi ce premier tour de la primaire.

Les résultats seront annoncés par la Haute Autorité mais ils sont dans l’épure que nous avons fixé.

 

Dans ce monde fait d’incertitudes et de danger, les forces de gauche démocrates, radicales, écologistes, socialistes, citoyennes, syndicales ou associatives forment un ensemble stable et durable dans une Belle Alliance. C’est le sens de ce premier tour.

 

Face à la droite de Monsieur Fillon, empêtrée dans sa révolution conservatrice qui veut mettre à terre notre modèle social.

Face à une extrême droite que la classe médiatique sous-estime et qui progresse dans l’ombre, encouragée par le Brexit et la victoire de Donald Trump.

Face à la fragmentation, aux rancœurs et à la tentation du fatalisme, ensemble, nous démontrons une voie possible pour l’avenir et réussir la France de demain.

Je suis persuadé que l’exercice démocratique de ce jour tiendra la gauche debout.

Je suis persuadé qu’un nouvel alliage est en train de naître, scellé par le vote du jour.  Et je suis persuadé que l’élection présidentielle n’est jouée pour personne.

La France doute. Les Français regardent. Ils n’ont pas encore fait leur choix.

Dans ce moment du monde, de l’Europe et de la France, la gauche est l’avenir.

Je vous invite, toutes et tous à participer massivement au deuxième tour de la primaire.

Merci.

04 Jan

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Voeux à la presse – Mercredi 4 janvier 2017

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Ce mercredi 4 janvier 2017, Jean-Christophe Cambadélis présentait ses voeux à la presse que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous :


Vœux à la presse 2017 de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

Vœux à la presse de Jean-Christophe Cambadélis

4 janvier 2017

(seul le prononcé fait foi)

 

L’année 2017 sera politique. Pas simplement parce que c’est le centenaire de la révolution russe, mais parce que c’est une situation très politique, tant à l’échelle internationale qu’au niveau national.

Au niveau international, nous allons vivre une époque toute nouvelle. D’abord, avec l’expansionnisme russe, qui est à l’œuvre dans de nombreux pays et qui s’exprime de nombreuses façons ; les dernières polémiques ont été à ce niveau très impressionnantes. Une nouvelle époque aussi avec le nouveau président des états-Unis, un isolationnisme américain s’exprime sur le plan économique, avec les mises en demeure au secteur de l’automobile, renationaliser le développement économique, la volonté de protéger le marché américain. Et puis, malheureusement, une année qui va être encore celle de l’immobilisme européen, dû tout à la fois aux difficultés économiques de la zone euro, aux difficultés économiques de l’ensemble de l’Europe, au fait qu’on ne sache pas encore à cette étape la manière dont le Brexit va s’opérer, et puis surtout parce que nous allons vivre une époque d’élections : Pays-Bas, évidemment, France, Allemagne, peut-être Italie, tout en sachant que la situation est instable en Espagne, en Autriche et dans la plupart des pays d’Europe centrale.

Enfin, ce qui marque la situation de l’année 2017, c’est la montée dans l’ensemble du monde occidental du national populisme. C’est maintenant une donnée incontournable à laquelle l’ensemble des représentants politiques, et particulièrement de la gauche, est confronté. Le combat sera frontal entre cette forme de régression, qui est due à la hantise du métissage, à la hantise de la situation faite au monde occidental dans ce nouveau partage international, où sa position dominante est remise en cause. Et ceci a des conséquences, tant au niveau social, économique, que, évidemment, au niveau électoral. Nous en reparlerons.

Deuxièmement, la marque de l’année 2017 sera malheureusement aussi celle du terrorisme. Nous avons vu comment, en Allemagne, celui-ci a frappé. Nous avons vu comment, en Turquie le terrorisme a une nouvelle fois tué. Si l’EI recule là-bas, il frappe ici. Je crois, sans faire de pronostics macabres, que plus les défaites seront fortes, plus les répliques seront fortes. Le président de la République, présent courageusement sur le terrain, en a donné une indication puisqu’il nous a dit avant l’été : « Mossoul pourrait être repris ». Il est évident que, pour tenter de desserrer l’étau de cette pression de l’ensemble de la coalition, il y a pour l’EI nécessité de frapper l’ensemble des démocraties européennes.

Il faut y ajouter la situation syrienne, qui est source d’inquiétudes et de malheurs. Alep fut une tragédie. Mais il est illusoire de croire qu’une paix russo-Bachar peut s’imposer. L’Iran vient de se rappeler aux bons souvenirs des russes. Pourquoi c’est important au-delà des morts, des bombardés, et des enfants devenus orphelins ? C’est que cela crée les conditions à nouveau d’un flux de réfugiés au niveau de l’Europe. La pression migratoire d’une manière générale, sera une des données que nous allons vivre dans l’année 2017.

Enfin, sur le plan économique, je ne vais pas m’y attarder, mais il faut avoir ceci en tête. Nous pouvons dire que le cycle de la baisse des taux qui a permis de soutenir les économies européennes va s’arrêter et s’inverser. Ce qui va, je crois, amener à de nouvelles difficultés pour l’Europe, et peut-être même des situations contraintes pour les politiques économiques en France. Et cela me permet une agréable transition sur la situation politique française.

La France va économiquement mieux, mais politiquement mal. Nous avons, nous la gauche, avec le président de la République François Hollande et les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls, défendu le modèle social. Nous l’avons préservé, nous l’avons affiné, donc nous l’avons affirmé. Et je crois que ce modèle social est consubstantiel à la nature de la France. La France n’est plus la France si elle remet en cause son modèle social. Je dirai à Monsieur François Fillon que ce n’est pas le modèle social qui est responsable de la précarité, ce n’est pas en le liquidant que l’on fera reculer la précarité. Monsieur Fillon s’est rendu hier chez Emmaüs. Je partage le diagnostic d’Emmaüs : le projet de Monsieur Fillon est une attaque extrêmement violente contre notre modèle social. Sa remise en cause part d’un préjugé idéologique : la responsabilité de la situation de crise sociale est due, non pas à l’absence de croissance mais est due principalement à notre modèle social. Ce que nous avait déjà vendu Nicolas Sarkozy lors de sa première campagne présidentielle, ce n’est pas étonnant puisque Monsieur Fillon était déjà à l’œuvre comme directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. La responsabilité de tous les maux de la société française serait donc notre modèle social. Je pense que ce modèle social doit être affiné. Il doit permettre de répondre à ce pour quoi il a été constitué, à savoir un filet de protection sociale. Mais ce n’est pas lui qui est responsable de la situation telle que nous la connaissons. C’est l’absence de croissance. Et l’absence de croissance est due à des politiques économiques menées en Europe et à des déficits publics laissés par la droite. Monsieur Fillon a décidé de mener campagne sur ce thème. Il l’a réaffirmé hier soir sur une chaîne de télévision à 20 heures. Il a indiqué qu’il restait sur son programme de rupture avec notre modèle social. Ce qui gêne Monsieur Fillon dans le modèle social français, c’est plus le social que le modèle. Nous sommes donc face à une attaque frontale contre ce qui nous constitue, contre ce qui constitue la France. Le modèle social est la base de notre conception de la République. Nous avons là un combat central.

Voilà sur la situation politique française. J’évoquerai maintenant mon troisième point, la question des primaires, qui nous occupe et vous préoccupe. Ce qui va se passer pour la gauche est décisif, et pour longtemps. Ce qui se joue pour la France est historique. Nous sommes à un moment où le destin de la gauche et le destin de la France ne font qu’un. La situation présidentielle est verrouillée, et seule la primaire de la gauche peut déverrouiller la situation présidentielle. Monsieur Fillon est prisonnier du vote de droite lors des élections primaires de la droite, et il est enfermé dans un vote de droite extrême. Monsieur Emmanuel Macron est prisonnier de son « ni droite ni gauche ». Jean-Luc Mélenchon est prisonnier de son refus de toute alliance avec le Parti socialiste, et Marine Le Pen est prisonnière de sa logique d’extrême droite. Si vous regardez les candidats actuels à l’élection présidentielle, personne ne peut dire qui peut l’emporter. Il n’y a pas de désir majoritaire dans cette première étape de la présidentielle. Donc, cela veut dire que la primaire de la gauche, par sa puissance, je le souhaite, par sa force, je le crois, peut dénouer cette situation et créer un nouveau choc dans l’opinion, qui permettra une nouvelle donne dans la présidentielle.

Si je reprends : Monsieur Fillon, soit il dévisse, soit il glisse. Soit il est parjure aux propositions, aux mesures, à la ligne, à l’orientation qu’il a déployées lors de la primaire, et évidemment, l’électorat de droite qui l’a plébiscité se dérobera à lui et peut rejoindre Marine Le Pen. Soit il reste sur la même orientation, et cela semble être ce qu’il a dit hier. Et les centristes se trouveront dans la plus grande difficulté. Il suffit d’écouter ce que dit Monsieur Jean-Christophe Lagarde, ou d’autres acteurs centristes, voire Monsieur Bayrou qui reproche l’extrême violence sociale du projet Fillon. Donc, d’un certain point de vue, Monsieur Fillon n’entraîne pas la France, il n’entraîne qu’une partie de la droite, et il est prisonnier du couloir dans lequel il s’est mis.

Monsieur Macron, qui a fait une percée remarquable et remarquée au centre de l’échiquier politique, l’a faite sur le thème du « ni droite ni gauche ». Mais il indique par là même au pays qu’il n’a pas d’alliance majoritaire, ni à droite ni à gauche. Il est aujourd’hui enfermé dans cette logique. Il ne peut, à lui tout seul, réorganiser l’ensemble du champ politique. Il est donc dans une situation d’une non-cristallisation politique intermédiaire entre la droite et la gauche, sans pour autant être un vecteur de recomposition politique.

Jean-Luc Mélenchon a choisi lui une tout autre orientation, encore que, dans ses propos, on le sent hésitant, soit pour se substituer au Parti socialiste et devenir la nouvelle force de gauche, soit pour entonner les chants de Beppe Grillo contre la classe politique et pour défendre la France insoumise.

En tout état de cause, même si je respecte ses propos, il est dans un splendide isolement. Personne ne peut croire que la France peut se réorganiser, la gauche s’organiser autour de son propos.

Donc, nous sommes dans une situation tout à fait nouvelle qui est due aux conséquences du tripartisme, où chacun est dans son couloir : Personne ne l’emporte. C’est le « Match point » : la balle ne dit pas encore de quel côté elle va tomber, pour les admirateurs de Woody Allen.

Et si, comme je le pense, les primaires intéressent, si, comme je le souhaite, elles seront massives, début février, comme nous l’avions prévu, c’est donc une nouvelle époque qui commence. Parce que c’est à partir de cette nouvelle donne que les uns et les autres auront à se déterminer.

La primaire, encore une fois, déverrouille une présidentielle qui, à cette étape, n’a pas trouvé son chemin.

Il ne faut pas juger la présidentielle à l’aune de la réalité telle qu’elle est posée : une offre multiple. Et dans cette situation, quel que soit ce que l’on pense du Parti socialiste, de son avenir, de sa situation. L’élection présidentielle est tout à fait jouable pour un candidat ou une candidate propulsé par une primaire réussie. Parce que c’est le nouvel « effet » dans la présidentielle.

Il faut, pour cela, que la primaire soit une réussite en termes de votants, évidemment, mais aussi en termes de qualité d’interventions et de propositions.

Nous vivons une nouvelle phase de la présidentielle. L’intervention du président de la République aura été décisive. Se dérobant au « Hollande bashing », il a permis que l’on mesure justement le bilan du gouvernement et des gouvernements. Il a fait tomber ce qui était, quelque part, le prétexte à ne pas vouloir analyser réellement ce qui avait été fait.

Ce faisant, il a redonné des chances à la France et à la gauche. Nous n’aurions pas été dans la même situation si le président de la République avait été candidat à la primaire. Tout le débat se serait concentré sur sa personnalité, et on n’aurait même pas discuté du bilan. Regardez aujourd’hui comment les candidats à la primaire de la gauche sont aujourd’hui complètement orientés vers l’avenir et pas vers le passé. Nous aurions été défensifs. Nous sommes offensifs.

La phase précédente s’est arrêtée le 1er décembre, quand le président de la République a décidé de ne pas se présenter. Nous sommes maintenant rentrés dans une toute nouvelle phase.

Autre chose, une nouvelle génération se présente à vous, une nouvelle génération politique, ce qui fait sens, ce qui fait distinction de la droite. A droite, ils avaient tous été. A gauche, ils peuvent tous être. A gauche, c’est un nouveau paysage politique, c’est une nouvelle image, de nouveaux visages qui sont en train de s’affirmer. Donc, le renouveau de la gauche est dans la primaire.

Le peuple de gauche va intervenir pour donner du sens et faire en sorte que nous envoyions directement notre candidat ou notre candidate au deuxième tour de la présidentielle. Par la force de son investissement dans la primaire, le peuple de gauche déverrouille cette présidentielle et propulse son candidat ou sa candidate directement au deuxième tour de la présidentielle et, par là même, élimine le Front national. C’est vous dire que la primaire a une importance à la fois politique et stratégique.

J’observe avec contentement, Guillaume Bachelay aussi, je suppose, que l’ensemble des candidats à la primaire ont pioché allégrement dans les Cahiers de la présidentielle. Ils ont fait leur marché pour le programme qu’ils vont présenter à l’ensemble des électeurs. Voilà qui montre que notre travail, discret, il faut bien le reconnaître, n’a pas été vain. Il a été repéré par les candidats, et c’est une grande réussite pour le Parti socialiste.

Avec une primaire en passe d’être réussie, et je remercie Christophe Borgel et Rachid Temal, et des Cahiers de la présidentielle utilisés, je crois que le Parti socialiste a joué modestement son rôle dans la situation politique. Mais je continue… Le président de la République et les primaires déverrouillent une nouvelle offre générationnelle… il nous faut intégrer aussi le fait que le Premier ministre a sa part dans cette situation nouvelle où le Président s’élève et le Premier ministre apaise.

Vous avez remarqué que l’ensemble des socialistes a voté la confiance au gouvernement Cazeneuve. Personne ne s’est prononcé contre le Premier ministre. Et je crois que c’est un des effets non soulignés de la primaire.

Et à tous ceux qui spéculent sur le Parti socialiste, son histoire, je voudrais leur dire que la primaire réussie va clore le débat sur ses scissions, ses divisions, etc. Pourquoi ? Parce que le candidat ou la candidate qui va sortir de la primaire aura l’onction non pas d’un congrès mais du peuple de gauche. Ce ne sera pas telle ou telle orientation qui sera jugée. Le fait que le peuple de gauche aura choisi Ce candidat, donc Cette orientation s’imposera à tous.

Et ceci fait tomber tous les arguments que nous avons jusque-là connus. Un président qui se représidentialise, un Parti socialiste qui débat sans combat, un Parti socialiste et des candidats à l’élection de la primaire au-delà du Parti socialiste, comme les écologistes ou le parti radical ou l’UDE de Monsieur Bennahmias, donc toutes les nuances de la gauche. Tout cela me semble de bon augure pour 2017.

Nous avons là une situation pour le moins positive.

Alors, je terminerai en vous parlant du Parti socialiste. Le Parti socialiste peut perdre l’élection présidentielle, avoir un revers aux élections législatives. Il peut aussi les gagner, les deux. Car la situation électorale n’est pas à l’aune de la situation sondagière. C’est beaucoup plus complexe. Je vous ai fait la démonstration sur l’élection présidentielle. On pourrait le faire sur l’élection législative, où la multiplication des candidatures, en tous les cas, le fait que les trois grandes formations politiques aient leur propre candidat, conduira à des situations que l’on n’a pas obligatoirement prévues.

Mais ce n’est pas le sens de mon propos. Mon propos est de dire que, quel que soit le résultat des élections présidentielles et législatives, le Parti socialiste sera là et bien là. Il continuera sa stratégie de rassemblement, au-delà de ce qu’il est lui-même, à savoir 113 635 adhésions. Je répète : 113 635 adhésions. Il ne s’agit pas d’un clic sur une mailing liste mais d’adhésions. Deux cent soixante-douze députés, 11 députés européens, 110 sénateurs, ce qui fait 393 parlementaires, qui président cinq régions. Il a 28 présidents de département, 982 Conseillers départementaux. Et administre 200 villes de plus de 10 000 habitants. C’est une force. Et ce n’est pas parce que quelques sondages sont mauvais que cette force disparaît.

La primaire va faire taire les scissions. L’existence du Parti socialiste, et sa stratégie de dépassement, perdurera quel que soit le résultat, positif ou négatif, de l’élection présidentielle.

J’ajoute que le Parti socialiste a zéro dette, Les Républicains en ont 40 millions, et le Front national cherche quelques subsides dans des banques de l’Est. Donc, nos finances sont saines. Notre budget est exactement le même qu’en 2010, et à l’époque, on ne parlait pas de la faillite du Parti socialiste, comme j’ai pu le lire dans quelques journaux.

Nous donnerons 8 millions d’euros à notre candidat au premier tour et 4 millions d’euros au deuxième tour. C’est-à-dire que nous avons, du point de vue du Parti socialiste, 12 millions d’euros à offrir à notre candidat à la présidentielle. Je fais remarquer que Monsieur Macron vient d’emprunter 8 millions d’euros car il a épuisé déjà ses soutiens financiers.

Et ceci a été possible parce que notre parti est bien administré, parce que nous avons réduit la voilure, parce que les fédérations du Parti socialiste ont fait un effort parce que notre encadrement de Premiers fédéraux fait un travail considérable de structuration du Parti socialiste. Enfin, nous avons des militants remarquables, fidèles, enthousiastes et conscients des enjeux. Cela me permet de vous dire que le Parti socialiste est en état de marche pour mener la bataille de la présidentielle et des législatives, et pour peser de manière significative dans le débat, maintenant et demain.

Je vous remercie.

 

 

31 Déc

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Voeux 2017 de Jean-Christophe Cambadélis

par

Cette année 2017 sera une année historique, une année importante pour notre bien commun c’est-à-dire la République sociale et bien commun c’est-à-dire la République tout court. Bonne année à vous !

 


« 2017 doit être pour la gauche, l’année de son… par PartiSocialiste

13 Déc

Commentaires fermés sur Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

par

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Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris et Premier secrétaire du Parti socialiste

Déclaration de politique générale et vote sur cette déclaration

Assemblée nationale, Paris

Mardi 13 décembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues,

Un propos liminaire si vous le permettez avant d’aborder le débat qui nous rassemble aujourd’hui. Un propos personnel, mais partagé sans doute par beaucoup.

Monsieur le Premier ministre, vous avez la chance rare, produit de votre talent, d’être apprécié sur tous ces bancs. Cela tient tout autant à votre caractère qu’à vos compétences, à votre discours qu’à votre parcours. Dans ce quinquennat, vous avez mis votre efficacité au service de la France. Avant de devenir Premier ministre vous avez été de nombreuses fois en première ligne. En première ligne pour réorienter l’Europe, en tant que Ministre des Affaires Européennes. En première ligne pour redresser les comptes de notre pays, en tant que Ministre du budget. En première ligne face à la barbarie terroriste, en tant que Ministre de l’Intérieur.

Vous voici Premier ministre aujourd’hui. Vous n’avez rien demandé par voie de presse, vous n’avez rien fomenté par échos de buzz. Le choix s’est imposé naturellement pour succéder à Jean-Marc Ayrault et à Manuel Valls.

Servir l’intérêt général, avec écoute et discernement : voilà la formule qui résume ce que vous incarnez et qui fonde le respect que vous inspirez.

Certains disent que vous n’aurez pas le temps de gouverner. C’est mal connaître les devoirs que votre fonction impose et les pouvoirs qu’elle met à la disposition de la volonté.

Vous avez cinq mois devant vous, Monsieur le Premier ministre.

L’histoire a montré qu’en peu de temps, on pouvait faire de grandes choses : il n’aura fallu que 7 mois à Pierre Mendès-France pour marquer la France et nos mémoires à jamais. Léon Blum n’en a eu que 18 pour transformer notre pays comme jamais.

Vous avez cinq mois devant vous, mais les jours comptent triple quand on a, comme vous, la passion de la chose publique et le sens de l’État. Au fond, cela doit dépendre du tempérament de celui qui gouverne – je crois avoir fait l’éloge du vôtre.

Cela dépend de la vision qui le guide dans la conduite de la politique de la nation – nous venons de l’entendre.

Cela dépend des circonstances dans lequel il est appelé à gouverner.

Or elles sont exceptionnelles aujourd’hui.

*          *          *

Nous en sommes toutes et tous ici conscients, vous le savez car vous êtes au fait des défis de la France et tout d’abord du terrorisme, qui a frappé à de nombreuses reprises notre pays et peut frapper à nouveau à tout instant.

Le terrorisme, il se combat totalement. Sans état d’âme et sans porter atteinte à l’État de droit. Encore un équilibre que vous incarnez et que vous mettez en œuvre au quotidien.

La période est d’autant plus à risque que Daech est aujourd’hui acculé. Par tous les moyens, Daech essayera de marquer les esprits, lui qui perd précisément chaque jour du terrain. Daech recule car nous le combattons. Ainsi, la bataille de Mossoul fait rage et nous y contribuons dans le cadre de l’opération Chammal. Cette opération mobilise actuellement 4 000 de nos soldats. Aux côtés de la coalition, nous frappons l’organisation terroriste avec nos moyens aériens et assurons la formation et le conseil des militaires irakiens. Il faut ici rendre un hommage à nos soldats qui, partout dans nos rues et dans le monde, sont le bouclier de nos valeurs et de nos vies.

Puisque nous évoquons les évènements du Levant, il nous faut parler d’une situation plus que dramatique, d’une situation humanitaire qui interpelle le sens même de notre commune humanité. Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, d’appeler solennellement la France à redoubler d’effort pour sauver la population civile d’Alep. Il faut mettre non seulement un terme aux bombardements de l’aviation russe et de l’armée syrienne mais sauver ! Des milliers d’habitants sont encore présents dans les quartiers tenus par les insurgés. Nous avons vu hier sur les réseaux sociaux l’horreur des massacres à l’arme blanche. Il faut mettre un terme au carnage. Il faut mettre un terme au martyr. Le Président de la République a parlé de Guernica. Oui, après Nankin, Oradour ou Srebrenica. Oui, Alep se meure. J’ai rencontré son maire la semaine dernière et son récit est glaçant. Nous ne pouvons que manifester notre indignation au veto opposé par la Russie à la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une trêve humanitaire. C’est le sixième depuis le début du conflit, venant d’un pays dont nul n’ignore ici la responsabilité dans cette tragédie. La Russie est notre interlocuteur. Elle peut être parfois, dans certaines circonstances, notre allié. Mais nous ne saurions nous aligner sur une vision du monde qui n’est pas la nôtre. La France n’est pas pour la politique du fait accompli. En Syrie comme ailleurs, la France ne considérera jamais que « charbonnier est maître chez soi » et que tout dirigeant peut disposer de son peuple comme il l’entend. Et c’est le devoir de la France de le dire et de défendre les droits de l’Homme chaque fois que la dignité humaine est bafouée, chaque fois que des populations sont massacrées.

 

L’Europe avec l’Afrique – vous préparez le 27e sommet Afrique-France – l’Europe sera un des terrains d’action essentiels de votre gouvernement. Oui, l’Europe, dans ce monde et ce moment incertains, constitue une grande partie de la solution pour faire face aux défis. Un Conseil européen se tiendra jeudi. Des questions essentielles y seront traitées, à commencer par celle du Brexit. L’immigration sera au cœur des discussions, avec notamment la réforme du droit d’asile européen et l’accord à juste raison controversé Europe-Turquie. On parlera du renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense. On y évoquera enfin les relations extérieures de notre continent. A cette occasion, l’Union européenne devrait reconduire les sanctions contre la Russie pour 6 mois. Ce serait logique tant la mise en œuvre des accords de paix de Minsk piétine. La France et l’Allemagne sont sur ce point, comme sur tant d’autres, alignés. Il le faut, car la victoire de monsieur Trump aux Etats-Unis laisse présager un désengagement brouillon. Combiné avec le Brexit, il met l’Europe devant ses propres responsabilités. La France doit assumer les siennes et se placer en tête des efforts pour faire de l’Europe un acteur majeur du nouveau monde qui se dessine sous nos yeux.

*          *          *

Cette politique, vous l’avez dépeinte de manière claire et précise, mais aussi engageante. Ses piliers permettront de faire avancer notre pays encore sur le chemin du redressement et de travailler au rassemblement de nos compatriotes autour des valeurs de la république.

En vous désignant, le Président de la République considère, à juste titre, que vous permettrez de réaliser encore un peu plus, et chaque jour un peu plus, les objectifs de ce quinquennat. Permettez-moi ici de rendre hommage au chef de l’Etat.

Il faut aimer la France par dessus tout, il faut être doté d’une force morale sans commune mesure, pour prendre la décision qu’il a prise. Oui, François Hollande a sacrifié son destin personnel sur l’autel du redressement et du rassemblement de la France. Pour les socialistes, ce geste les oblige au rassemblement mais aussi à la responsabilité.

 

Vous arrivez aux responsabilités, Monsieur le Premier ministre, alors que la situation s’améliore. Dans notre pays, les inégalités diminuent : le niveau de vie de nos compatriotes les plus modestes est en progression. C’est un renversement complet par rapport à la décennie précédente : entre 2002 et 2012 leur revenu baissait, alors que celui des plus aisés augmentait.

Dans notre pays, on crée à nouveau des emplois : 178 000 de plus dans le secteur marchand. Du jamais vu depuis 2008.

Dans notre pays, on est désormais à l’abri des caprices des marchés : la dette de l’Etat est maîtrisée. En 2017, le déficit public sera stabilisé autour de 3%. Du jamais vu depuis 2001. La France a retrouvé sa souveraineté.

Dans notre pays, on n’a jamais été aussi bien protégé par l’Assurance maladie : 95% des Français peuvent désormais bénéficier d’une complémentaire santé. On le sera toujours à l’avenir : les comptes du régime général de la Sécurité sociale seront quasiment à l’équilibre l’an prochain. Du jamais vu depuis 2001.

Vous aurez, monsieur le Premier ministre, les moyens de poursuivre cette politique. Le budget pour 2017 que nous allons bientôt adopter s’y inscrit tout naturellement. C’est un budget ambitieux qui permet de soutenir le redressement. Nos priorités sont financées : plus 2 milliards sur l’éducation, plus 2 milliards sur le travail et l’emploi, plus 4,4% pour la justice et plus 3,5% pour la sécurité, plus 1,9% pour la défense, plus 6,7% pour la Culture. Une baisse d’impôts sur les sociétés pour les PME et les ETI est engagée, la fiscalité du diesel et celle de l’essence convergent.

Sur certains bancs, on considère toujours que la gauche n’est pas légitime pour gouverner. Eh bien, force est de reconnaître, une fois de plus, que non seulement la gauche est légitime mais qu’en plus elle est efficace.

Sur ces mêmes bancs, on s’empressera de dire que la gauche n’y est bien entendu pour rien dans ce redressement. On invoquera doctement le miracle du marché.

L’honnêteté commande de reconnaître que la situation économique mondiale, et notamment la baisse du prix du pétrole, ont contribué au redressement de la situation économique et sociale de la France.

Mais l’honnêteté commande aussi de reconnaître le chemin qui a été parcouru : avec le concours de la majorité, sous la conduite du Président de la République, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls ont beaucoup agi pour protéger et progresser.

Oui l’honnêteté commande de reconnaître que nos résultats sont encore contrastés, que les chiffres ne rendent jamais compte des expériences vécues, des situations de chômage et de précarité que beaucoup de nos concitoyens ont encore à subir. Il reste du chemin à parcourir.

Mais l’honnêteté commande aussi de rappeler ce que la droite nous a légué après dix années de pouvoir : un déficit public, abyssal. Un déficit commercial, abyssal. Un déficit de modernisation de l’appareil productif, abyssal. Un déficit de la sécurité sociale, abyssal. Un déficit de justice sociale, abyssal. Au-dessus des abysses, seule la rente surnageait.

Sans notre politique économique, les entreprises n’auraient pas retrouvé les marges de manœuvre dont elles avaient besoin pour innover, exporter, embaucher et parfois, même si c’est très insuffisant, redistribuer : avec un taux de marge inégalé depuis les années 1980, grâce au CICE et au pacte de responsabilité, avec un accompagnement de qualité à l’international, avec une politique industrielle misant sur le futur, en particulier sur le numérique et la robotique, nous avons été aux côtés de ceux qui créent et de ceux qui produisent.

Sans notre politique sociale et fiscale, l’égalité n’aurait pas progressé. C’est la gauche qui a revalorisé les minimas sociaux de 10%, baissé l’impôt sur le revenu des classes moyennes et des classes populaires, supprimé la dernière tranche d’imposition et créé une nouvelle, à 45%, pour les plus aisés. C’est la gauche qui a fait de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité, ce qui a permis de recouvrer plus de 12 milliards d’euros en 2015. C’est la gauche qui a rendu notre politique familiale plus juste et fait du sort des familles monoparentales un sujet de préoccupation majeure, en adoptant par exemple la garantie contre les impayés de pension alimentaire. C’est la gauche qui a mis en place les droits rechargeables à l’assurance chômage, la retraite à 60 ans pour les carrières longues, ou le compte pénibilité.

Sans notre politique éducative, les inégalités sociales auraient continué de peser sur les résultats scolaires de nos enfants, à un niveau quasiment inégalé en Europe : c’est la gauche qui a inversé la tendance en créant 60 000 postes dans l’éducation pour remettre des professeurs dans les classes et les former convenablement à leur métier. C’est la gauche qui a engagé la Refondation de l’école, donné la priorité à la maternelle et au primaire, mis en œuvre la réforme du collège, réformé la carte de l’éducation prioritaire. C’est la gauche qui a reçu un satisfecit de la part des équipes qui conduisent les enquêtes PISA. C’est la gauche qui a amélioré les conditions de vie des étudiants, leur a donné un meilleur accès au logement, les a accompagnés dans leurs premiers pas dans l’emploi. C’est la gauche qui a mis en place une politique ambitieuse de lutte contre le décrochage, passé cette année sous la barre symbolique des 100 000 jeunes. C’est la gauche qui a renforcé l’accès à la formation des chômeurs et des travailleurs, avec le plan 500 000 et le compte personnel de formation.

Sans notre politique de santé, un quart de la population française aurait continué à renoncer aux soins : c’est nous qui avons rendu obligatoire la complémentaire santé d’entreprise, élargi le nombre de bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS, remboursé à 100% certains actes médicaux comme l’interruption volontaire de grossesse, refusé les déremboursements.

Sans notre politique de sécurité, les Français, et notamment les plus vulnérables, seraient moins protégés : c’est la gauche qui a créé 9000 postes dans les forces de police et de gendarmerie, quand la droite en avait supprimé 13 000. La gauche encore qui a mis en place plus de 80 zones de sécurité prioritaires, adopté trois lois antiterroristes, réformé le renseignement, le tout sans jamais remettre en cause l’Etat de droit. A ce titre, votre gouvernement a décidé d’avancer sur le sujet sensible mais essentiel de la légitime défense des forces de l’ordre. Un projet de loi sera donc présenté le 21 décembre en Conseil des ministres. Le principe d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité demeurera notre boussole, comme le veut la Convention européenne des droits de l’homme.

Sans notre politique écologique et climatique, les Français n’auraient aucune raison d’espérer une vie meilleure pour eux et leurs enfants : la loi de transition énergétique, c’est la gauche. Le succès mondiale et historique de la COP 21, n’est plus à démontrer. La transition vers l’agro-écologie est un succès pour tous ceux qui se réclament de l’écologie comme la fin progressive de la subvention au diesel pour lutter contre les pollutions atmosphériques. Ces derniers jours l’ont amplement démontré : c’est un défi essentiel à relever. Comment ne pas s’indigner que certains en fassent un sujet secondaire, et veuillent laisser faire le marché, parce qu’il y aurait « trop de normes », à l’heure où la persistance du pic de pollution oblige de nombreuses familles à se rendre aux urgences pédiatriques parce que leurs enfants ont des difficultés respiratoires ?

Dans notre domaine de prédilection, la lutte contre les inégalités, nous avons créé beaucoup de dispositifs nouveaux, pour faire reculer les précarités, pour renforcer les solidarités : création d’une banque publique d’investissement, création de la Garantie jeunes, création de la Prime d’activité, création du Tiers Payant, créations de postes dans l’Éducation, la Justice et la Police, création du contrat de génération ou encore création des emplois d’avenir…

« Création », le mot revient souvent dans ce bilan, tout autant que le mot de « suppression » dans la bouche de nos opposants. La droite s’est presque toujours opposée à ces nouveaux dispositifs, s’appuyant parfois sur la rue, comme au moment de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre, vous arrivez aux responsabilités à un moment où tout est possible pour notre pays.

La France s’interroge. Sur le monde qui l’entoure. Sur son modèle social. Sur sa cohésion sociale. Sur son avenir. Ces dernières décennies, la France a dû affronter les chocs du chômage de masse et de la désindustrialisation rampante, nourrissant une profonde crise de confiance dans la puissance même de la France. Ces dernières années, la France a dû faire face aux effets disruptifs des révolutions numériques, de l’immatériel et de la robotique, exacerbant la crise des repères dans le monde de l’industrie, des services mais aussi de notre vie démocratique. Ces dernières années, la France a dû affronter les soubresauts d’un monde géopolitique nouveau, fait de péril écologique, de guerres et de migrations, venant intensifier cette profonde crise de l’agir politique. Ces dernières années, la France a dû faire face au choc terrible du terrorisme, mettant encore plus à l’épreuve notre cohésion nationale. Les Françaises et les Français s’interrogent légitimement sur la capacité de l’État à faire face non seulement à ces crises, mais aussi à leur durée et à leur combinaison. Les Françaises et les Français regardent avec crainte ces lendemains qui chantent faux et qui dessinent un avenir bien incertain.

Face à ces crises, la droite pense que son moment est venu. Elle pense que cette crise de sens va dans son sens. La droite, désormais décomplexée, propose un programme décomplexé : pour être efficace, il faut que l’État s’efface. Disons les choses là aussi : Jamais, depuis 1945, la droite n’a autant pris pour cible et remis en cause les piliers de notre république sociale. Au point que certains gaullistes s’en émeuvent. Le programme de son nouveau champion laisse sans voix. Il a dit qu’il ne changerait pas un iota à ce programme qui changerait la France du tout au tout. J’ai compris que dans son propre camp on lui demande d’y réfléchir à deux fois. J’ai compris qu’il amendait une petite partie de son projet. Mais qui croire ? Le François Fillon de la primaire ou celui de la présidentielle ? Mais, après tout qu’ils assument. Sa désignation, il ne l’a pas volé, loin de là. Il l’a remporté haut la main. Cette victoire ne vient pas de nulle part. Ce programme ne vient pas de nulle part. Cette droite dure c’est la droite chimiquement pure.

Face à cette France qui s’interroge, face à cette crise généralisée de sens, l’extrême-droite pense elle aussi que son heure a sonné. Elle campe sur les frontières de la République et toise nos fortifications du haut de ses 30%. Le Front national peut s’appuyer sur une vague mondiale, une vague qui vient de loin. Partout, le national-populisme plus ou moins xénophobe s’est hissé au pouvoir ou s’en approche. Ils sont légions sur les réseaux sociaux et leur emprise sur les esprits n’est plus à démontrer. Ces hérauts de l’anti-système ont développé un système de prise de pouvoir redoutable. Les victoires de Trump et du Brexit sont autant de coups de massue sur le plafond de verre qui bloque encore timidement leur progression électorale.

La vraie nature de ce parti ne doit pas être mise sous silence. Oui, le national-populisme est plus ou moins xénophobe et en France il l’est plus que moins. C’est aussi un parti contre les pauvres. Il est pauvrophobe. Il suffit là encore de regarder ce qui se passe dans les municipalités frontistes. Oui, les faits sont têtus. Moins bruyant que les frontistes mais plus têtus.

Le Front national parle d’un monde qui n’existe plus et rêve d’une France qui n’a jamais existé. Les problèmes qui sont les nôtres sont des problèmes que la France seule ne peut régler. Le terrorisme, le péril terroriste, les innovations, les migrations, tout cela se joue au niveau des États-continents ou de la planète. Ce rejet des instances supranationales est absurde et inefficace, dangereux surtout pour notre pays. Leur programme anti-euro et anti-européen c’est prendre le tapis roulant de l’Histoire à l’envers. Bien sûr qu’il faut résoudre les problèmes actuels de l’Europe mais il ne faut pas la dissoudre. Cette remise en cause de l’Europe, c’est la remise en cause de la France.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre,

Nous croyons dans la force du débat, nous prenons les idées au sérieux. Nous croyons en l’avenir. Nous regardons de près les critiques et les programmes. Nous allons réengager le débat sur le fond car il oppose une certaine idée de la France à une certaine idée de la droite.

L’avenir ne se construit pas avec des peurs ou en commettant les mêmes erreurs. L’avenir se construit sur l’espoir et sur les effets d’une politique juste et efficace. Nous croyons à l’État et aux fonctionnaires sur lesquels repose cet État. La gauche ne veut pas plus d’État en soi, elle veut plus de protections et plus de régulations. Nous ne sommes pas allergiques au marché, nous ne voulons simplement pas qu’il contamine tous les pores de notre société.

La gauche n’entretient aucune mystique du pouvoir. Le pouvoir, elle l’exerce, c’est tout. Elle l’exerce modérément mais complètement. Le pouvoir, elle en prend soin car il est donné par le peuple. Il est d’abord cet honneur de servir les intérêts supérieurs de la nation. Il est aussi cette occasion d’orienter le réel dans le sens de nos valeurs de Justice et de Progrès.

En cinq ans, avec la gauche, la France a progressivement relevé la tête. Elle a assuré l’avenir de son modèle social – celui dont elle est si fière, celui qui fait sa force, son histoire, j’allais dire sa nature. Elle a retrouvé la dignité qu’elle avait perdue, parce qu’elle a renoué avec l’égalité.

Nous discuterons en janvier d’un très beau texte qui fait sens de notre action : l’égalité réelle pour les ultramarins. Réduire les inégalités entre la métropole et ces régions, et à l’intérieur de ces régions : n’est-ce pas résumer le sens de notre action ?

Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, vous pourrez vous appuyer sur les avancées qui ont été faites. Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, nous comptons sur vous, et vous pouvez compter sur nous, pour combler les retards et pour continuer d’avancer.

Ces cinq mois, nous le savons, vous les exploiterez au maximum de leur potentialité. Vous vous investirez sans relâche, avec votre sens de l’éthique, votre sens de l’État. Pour cela, et au nom du Groupe Socialiste, écologiste et républicain, vous avez tout notre respect, tout notre soutien et donc toute notre confiance.

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris

Premier secrétaire du Parti socialiste.

Lien vers la vidéo de l’intervention: http://bit.ly/2hiR1dJ (1’59’00)

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Crédit photos: Mathieu Delmestre

03 Déc

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Convention nationale de la Belle alliance populaire – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Samedi 3 décembre 2016

par

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Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’intervention de Jean-Christophe Cambadélis lors de la convention de la Belle alliance populaire :


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis à la… par PartiSocialiste

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29 Nov

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Présentation du 7e cahier de la présidentielle – Conférence de presse – Mardi 29 novembre 2016

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Jean-Christophe Cambadélis et Guillaume Bachelay ont présenté à la presse ce mercredi 29 novembre 2016 le dernier cahier de la présidentielle intitulé « Les enjeux de la présidentielle« .

Retrouvez ci-dessous la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion de cette présentation:

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Conférence de presse de présentation du Cahier

« Un nouveau « Nous » français »

Paris, le mardi 29 novembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames, Messieurs,

Françaises, Français,

 

Plusieurs destins sont possibles pour la France. Notre pays peut emprunter plusieurs chemins.

En participant à l’élection présidentielle, vous ne choisirez pas une personne, vous choisirez un destin pour la France.

Car participer à l’élection présidentielle ce n’est pas simplement répondre à la question du « qui ? ». C’est d’abord et avant tout répondre à la question du « quoi? ».

La question posée est aussi simple que cruciale : « Un quinquennat, pour quoi faire ? ». La réponse que nous proposons est claire : Après 5 ans entièrement dédiés au redressement, nous voulons un NOUVEAU « NOUS » FRANÇAIS.

Face au désarroi français qui est la marque de la situation, malgré les réussites et les potentialités de la France. Face à une France à plusieurs vitesses qui confine par la persévérance de l’exclusion à une société de castes. Nous voulons un nouveau sentiment d’appartenance, qui mette précisément l’accent sur le collectif et l’inclusif.

Oui, « NOUS ». Ce pronom personnel au pluriel est un parti-pris politique essentiel. Il résume un projet de société qui parle des Français, aux Français et pour les Français.

Il ne faut pas se tromper de diagnostic. C’est cette absence de « Nous » qui produit la crise d’identité. Dans ce monde ouvert en proie à la révolution de l’immatériel, à la disruption robotique, aux soubresauts identitaires, aux menaces terroristes, à l’interpellation écologique, la France a besoin de se construire un nouveau destin.

La droite propose la révolution conservatrice. Le Front national propose la révolution nationale, les socialistes proposent un nouveau « Nous français ». Nous proposons de construire une société neuve, permettant d’écrire un nouveau chapitre du roman français.

Il s’agit de revendiquer le progrès et de l’actualiser. La cause du progrès reste nôtre, son contenu doit être autre.

Oui, la France a besoin de tous et donc tous doivent pouvoir compter sur la France.

Dans ce nouveau monde, dans ce nouveau siècle, il faut un projet clair : des Français plus autonomes dans une France plus solidaire. Autonomie et solidarité sont les maîtres mots du nouveau « NOUS » français.

De fait, il faut à la fois renforcer l’autonomie des Français et la solidarité entre Français. Renforcer la solidarité pour rendre l’autonomie possible, renforcer l’autonomie pour rendre la solidarité acceptable : l’un ne va pas sans l’autre.

Nous pouvons réussir, si nous faisons le bon choix de société, si nous choisissons le bon projet et si nous rejetons ce qui entrave l’essor français.

Il n’y a pas de majorité politique ni sociale pour une France inégalitaire, autoritaire, centralisatrice, bridant les individus et brisant les initiatives économiques.

Un projet ultra-libéral sur le plan économique et social, ultra-conservateur sur le plan sociétal et ultra-radical sur le plan identitaire débouchera sur une France ultra-fragmentée, qui sera l’antichambre de la victoire frontiste.

Pour repartir de l’avant, nous ne pouvons plus faire comme avant, nous devons mettre l’accent sur le vrai renouveau, pas celui des personnes mais celui des idées.

Pour ce faire, je propose 5 idées fortes et 20 défis à relever :

  1. Le troisième âge de la décentralisation
  2. Casser les castes en luttant contre le précariat
  3. La République pour tous dans une France sûre
  4. La France, première puissance écologique, première puissance numérique
  5. Un nouveau patriotisme efficace : Le souverainisme européen

*          *          *

Le troisième âge de la décentralisation

Tout le monde parle de réformes. Pour y parvenir, il ne manque pas de volonté. Il manque un chemin pour aboutir. Disons le nettement : On ne réforme pas une société centralisée.

La France centralisée passe par des crises aigües pour se réformer.

La France décentralisée permet de faire ces réformes.

Il faut décentraliser le pilotage de l’économie si on veut piloter la transition du numérique et de l’écologie.

Nous proposons :

  • La régionalisation accrue de la politique industrielle
  • De régionaliser le service public de l’emploi
  • La formation professionnelle et la formation à l’apprentissage
  • Des offres d’apprentissage et d’alternance rassemblées sur une plateforme régionale unique

La décentralisation, c’est rapprocher les citoyens des lieux de décisions pour rendre la démocratie vivante, active.

Nous proposons :

  • Le non-cumul des mandats dans le temps
  • Le droit d’amendement citoyen

Casser les castes en luttant contre le précariat

Le nouveau « Nous » français ne laisse personne au bord du chemin. Le prochain quinquennat fera donc de la question du précariat la question centrale.

Nous l’avons dit, la France a besoin de tous les siens pour affronter tous ses défis. Nous voulons une société qui offre à tous les moyens de réussir leur vie, quels que soient leur origine sociale, leur niveau d’étude, leur sexe, leur lieu d’habitation et leur couleur de peau.

Une société articulée autour de compromis sociaux puissants et durables qui donnent de la sécurité aux travailleurs et de la visibilité aux investisseurs. Une société pour tous, qui mise sur l’agilité sans sacrifier l’égalité, une société qui protège mais aussi une société qui libère, qui permet aux individus de se retrouver dans ce qu’ils font.

Nous proposons :

  • Un revenu minimum décent
  • Des parcours professionnels sécurisés
  • La production de logements adaptés aux temps de la vie
  • L’offre de services publics adaptés aux rythmes de la vie
  • Un droit au voyage pour les jeunes
  • Un soutien au bénévolat et à la vie associative

 La République pour tous dans une France sûre

La République ne peut vivre et survivre sans citoyens confiants dans l’avenir, en un sens : sans vrais républicains. La République doit donc protéger tous les siens : des précarités, nous l’avons dit, mais aussi des discriminations et de l’insécurité. Voilà pourquoi nous sommes pour une charte nationale de la laïcité.

La gauche a su faire face au choc terroriste, avec sang froid, sans états d’âme, sans remettre en cause l’état de droit. Elle continuera.

Face à un monde de moins en moins sûr. Face à la nouvelle donne géopolitique : retour de la Russie, isolationnisme de l’Amérique de Donald Trump, montée du terrorisme.

Alors que la France se trouve confrontée à un défi lourd et durable, les conditions requises par la loi pour rétablir la conscription semblent pour la première fois depuis 20 ans réunies. En effet, les moyens disponibles pour assurer la protection optimale des citoyens s’avèrent notablement insuffisants, tandis que les armées peinent à dégager des effectifs pour participer aux missions de sécurité intérieure.

Nous proposons donc une véritable garde nationale par le rétablissement de la conscription.

La France, première puissance écologique, première puissance numérique

Nous continuerons de tout mettre en œuvre pour inspirer le monde, pour être en pointe dans le développement d’une croissance verte, créatrice d’emplois et préservatrice de notre bien commun.

Cela passe par le choix de l’économie circulaire, par le soutien sans failles à l’agro-écologie, par la réalisation des objectifs inscrits dans la loi de transition énergétique votée en juillet 2015 : porter à 32 % la production d’énergies renouvelables en 2030. Et puis faire en sorte d’atteindre 40% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2030.

Nous défendons une économie ouverte et verte, une approche qui ne sépare pas crises écologiques et crises sociales et qui luttent donc aussi contre les inégalités face aux pollutions de l’air et dans l’accès aux ressources naturelles. Cela veut dire s’engager pour que le succès de la Conférence de Paris soit réellement mondial donc durable.

Il n’y aura plus d’abaissement de cotisation pour les entreprises qui ne sera pas subordonnée à l’investissement dans la croissance verte ou dans le numérique.

Nous proposons :

  • Un programme d’investissement université-recherche
  • De grands travaux de rénovation thermique et de modernisation des infrastructures de réseaux (rail, énergies, eau, très haut débit)
  • La culture du numérique diffusée dans toutes les entreprises

Pour un nouveau patriotisme : Le souverainisme européen

Dans un monde apolaire, l’Europe ne peut pas être amorphe. Le nouveau « Nous » français est aussi un nouveau « Nous » européen.

Recommencer l’Europe, c’est notre objectif. Nous savons qu’une monnaie commune ne sert à rien et nous dessert même s’il n’y a pas de politique macroéconomique commune, s’il n’y a pas d’homogénéisation des économies sur les plans budgétaire, fiscal et social.

L’Europe doit être en mesure de défendre ses valeurs, ses frontières et ses intérêts. Il faut commencer par un pacte pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux. C’est tout l’enjeu de cette période : comment redonner de la puissance à l’Europe à l’heure des états-continents. Il faut donc réformer Schengen, un pacte de sécurité européen contre le terrorisme, promouvoir les normes de précautions sociales et écologiques dans les négociations commerciales et faire de l’Europe un acteur stratégique fort et indépendant.

Nous voulons donc une Europe différenciée pour pouvoir avancer et lancer un véritable programme d’investissement européen. Une zone euro dotée d’un gouvernement et d’un Parlement. Une Europe indépendante aussi qui défend le multilatéralisme et refuse ET l’alignement sur la politique du fait accompli en Ukraine ou ailleurs ET la subordination au nom du libre échange à des normes qui ne sont pas les nôtres.

Nous voulons donc 5 principes pour une nouvelle doctrine du commerce international :

  • Exclusion des services publics
  • Respect des préférences en matière sociale, environnementale et sanitaire
  • Le refus de la coopération réglementaire qui limite le droit à l’autodétermination des démocraties
  • L’instauration d’une Cour internationale permanente pour traiter des conflits liés à l’investissement
  • Inclusion des questions fiscales dans les accords

Nous pensons qu’il n’y a pas de juste échange sans la transparence des négociations.

*          *          *

Voilà, notre France à venir, notre France avenir sera décentralisée, inclusive, sûre, verte et européenne. Une France capable de servir et de rassembler tous les siens autour d’un nouveau sentiment d’appartenance, sur un chemin d’espérance.

Voilà les valeurs et les actions que le Parti socialiste veut défendre et incarner.

Voilà, ce que notre prochain candidat devra porter s’il veut l’emporter.

Voilà pourquoi nous voulons d’abord répondre à la demande de sens. Voilà pourquoi nous voulons nous concentrer sur le fond plutôt que sur la forme, pourquoi nous préférons le sens au sensationnel.

Car au final, si l’on veut résumer l’enjeu de l’élection Présidentielle, on doit le dire : ce qui est en jeu, c’est le sens de la France.

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

01 Sep

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Conférence des présidents d’université – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – jeudi 1er septembre 2016

par

CPU - 01092016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Conférence des présidents d’université

Paris, Jeudi 1er septembre 2016

(seul le prononcé fait foi)

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs les présidents,

Chers amis,

 

J’en ai mené, des combats, entre ces murs.

Combien de fois j’ai ferraillé, ici et ailleurs, contre l’ordre établi et vos prédécesseurs ? En prenant la parole devant vous, je me sens un peu comme le criminel revenu sur le lieu de son premier crime. Je contemple la scène. Je me remémore les luttes et les joutes. Elles furent souvent épiques. Je vois même siéger parmi vous certains de mes complices de l’époque. L’Histoire se joue parfois de nous pour jouer sa propre partition.

L’Université a beaucoup compté dans ma vie. Je la retrouve donc avec plaisir. Je vous rencontre avec amitié. Merci à Jean-Loup Salzmann de m’avoir invité à parler devant vous de l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

L’Université a compté dans ma vie, comme elle a toujours compté pour les socialistes. On dit bien qu’à Solférino, les Nanterre font jeu égal avec les Voltaire. Ce n’est pas qu’un bon mot : c’est le signe de la reconnaissance que nous lui portons. C’est la marque de l’importance que nous lui accordons.

Lorsque nous affirmons que l’Université est un lieu d’arrachement à la détermination par le savoir, nous savons de quoi nous parlons.

Lorsque nous la désignons comme un lieu où recule l’assignation à résidence sociale et culturelle, nous savons ce que nous avançons. Si la contestation de l’ordre établi s’est jouée à l’Université, c’est parce qu’elle est le lieu de l’émancipation par excellence. Elle a donc toujours été au cœur du projet socialiste.

Dans les 110 propositions de François Mitterrand, elle avait déjà toute sa place. En un peu plus d’une génération, nous l’avons transformée.

Nous l’avons démocratisée dans son fonctionnement.

Nous l’avons démocratisée en l’ouvrant au plus grand nombre, en diversifiant notamment son offre éducative, en améliorant l’orientation et l’accès.

Nous l’avons ouverte, au monde extérieur, à l’Europe et à l’international. Je ne peux que me réjouir que notre pays soit aujourd’hui le premier pays d’accueil non anglophone des étudiants étrangers.

Nous l’avons confortée dans ses moyens. Les plans n’ont pas manqué. Université 2000, U3M…

Transformer l’université est une affaire de temps long. Il faut de la constance, de la détermination, de la maturation, des valeurs intangibles.

Vous êtes familiers de ce temps : c’est aussi celui de la recherche et de la transmission, de la production du savoir et des apprentissages. Ce n’est pas nécessairement le temps politique. C’est encore moins celui des technocrates.

Or depuis 2012, nous avons été happés par le temps court. Ce que la droite nous a laissé en héritage l’imposait. Des déficits, abyssaux. Des comptes publics, dans un état lamentable. Un appareil productif, en pleine déliquescence. Le moteur France était en train de caler. Nous avons d’abord dû parer au plus urgent.

L’urgence était d’abord budgétaire. Oui, nous avons dû faire des économies. Oui, nous avons dû faire des choix. Mais ces choix n’ont jamais été faits au détriment de l’enseignement supérieur et de la recherche. Depuis le début du quinquennat, nous avons sanctuarisé les moyens qui lui sont consacrés. Les efforts ont été portés par d’autres ministères – celui de l’écologie, celui des finances, en particulier.

La bataille avec Bercy fut parfois rude. La dernière en date, en mai dernier, vous a profondément inquiétés. J’ai partagé cette inquiétude. J’ai exprimé publiquement ma désapprobation, comme vous l’avez fait. Je suis intervenu, plus officieusement, pour que Bercy recule. Quand on fait de l’école le premier sujet, le premier projet et le premier budget du quinquennat, on ne touche pas aux financements de l’enseignement supérieur et à la recherche. C’est une question de cohérence. L’un ne va pas sans l’autre. Et Bercy a reculé.

 

L’urgence, c’était aussi le sort des étudiants, qu’il fallait améliorer au plus vite. Nul ne l’ignore ici : leurs conditions de vie sont déterminantes dans la réussite de leurs études. Lorsque 45% des étudiants sont contraints de travailler pour financer leur formation, comme peuvent-il lui consacrer le temps nécessaire ?

Nous avons donc investi 400 millions d’euros pour revaloriser les bourses sur critères sociaux et créer deux nouveaux échelons. Les plus modestes ont vu leurs aides augmenter de 15%. Désormais, un étudiant sur quatre bénéficie d’une bourse.

Nous avons massivement investi dans la construction de logements étudiants : d’ici la fin du quinquennat, le parc immobilier du CROUS aura augmenté de 25%. 40 000 logements supplémentaires seront sortis de terre. Pour ceux qui vivent dans le parc immobilier privé, nous avons mis en place une caution locative universelle. C’est apporter à chacun davantage de sérénité.

Je pourrais encore évoquer le gel des droits d’inscription, la création du statut d’étudiant entrepreneur, la réglementation des stages. Je pourrais parler de notre mobilisation pour que les crédits consacrés par l’Union européenne au projet Erasmus soient en progression – il le seront de 40%.

La liste est longue. Beaucoup de chantiers ont été menés. Beaucoup reste encore à faire. Je pense par exemple aux restaurants universitaires, qui devrait être encore plus accessibles. Je pense aussi à la santé. Nous avons déjà amélioré la couverture sociale des étudiants. Mais les campus devraient à mon sens abriter de véritables dispensaires et non seulement une médecine préventive. Voir certains jeunes renoncer à se soigner est inacceptable pour une démocratie comme la nôtre, qui revendique un haut niveau de protection sociale.

L’amélioration des conditions de vie des étudiants, c’est aussi une affaire de confiance. Nous avons voulu leur en témoigner, en reconnaissant mieux leur engagement. C’est l’année de césure. Ce sont les projets de « la France s’engage », pour lesquels beaucoup d’étudiants se sont mobilisés, ou le service civique, qu’ils sont nombreux à rejoindre.

La disposition que nous avons prise, dans le projet de loi égalité et citoyenneté, permettra de mieux prendre en compte la participation des étudiants, dans des associations, de mieux valoriser ce temps passé au service de soi et des autres. Ce n’est pas anecdotique : les apprentissages se jouent aussi en dehors de la formation universitaire, et la vie associative est essentielle à la vie de campus.

L’urgence, en 2012, c’était enfin la gouvernance universitaire. La loi Recherche de 2006, la loi LRU de 2007, ont laissé des traces. L’autonomie adoptée par la droite était incohérente parce qu’elle était sans moyens ; elle était déséquilibrée parce qu’elle était sans contrôle. Il fallait de l’apaisement. La loi pour l’enseignement et la recherche portée par Geneviève Fioraso y a pourvu. Désormais, les enseignants-chercheurs et les étudiants décident librement de la direction de leur université et de la direction que doit prendre leur université. La politique de site est poursuivie, mais rééquilibrée. L’autonomie appelait aussi une simplification administrative. Ce n’est pas vous qui me contredirez : la bureaucratie pèse sur de façon majeure sur votre travail, sur celui des enseignants chercheurs et sur celui des étudiants. La simplification était aussi devenue une urgence. C’est un chantier que Thierry Mandon porte depuis son arrivée. Il en a l’expérience. Il en connaît la nécessité. Il l’évoquera mieux que moi. Mais je sais combien le temps gagné sur le suivi administratif et financier des projets ANR, ou l’accréditation rapide de l’offre de formation des universités peuvent changer votre vie.

Les urgences, au cours de ce quinquennat, se sont donc massivement imposées à nous. Nous les avons affrontées. Nous y avons apporté des réponses. Elles méritent pour partie d’être amplifiées. Mais nous n’avons pas oublié le temps long.

Il n’a même cessé d’occuper notre esprit. Dans le monde qui vient, la matière première sera la matière grise.

La formation et la recherche occuperont une place déterminante. Il faut dix ans pour construire cette place. Nous avons commencé à le faire.

 

Nous avons commencé par le commencement : le socle éducatif. Là où la droite a découpé les réformes, nous avons choisi le continuum, qui est un pas à pas et qui est une vision globale de la formation initiale. Avant de réformer l’université, il fallait réformer le lycée. Avant de nous consacrer au lycée, il fallait nous atteler à l’enseignement primaire et secondaire. C’était un préalable essentiel. Il ne nous a pas empêchés, bien entendu, de jeter les bases d’une réforme de l’orientation post bac, d’instaurer des quotas dans les filières courtes, ou d’appuyer la spécialisation progressive pour une meilleure réussite en licence. Mais la réforme du premier cycle ne peut pleinement porter ses fruits sans ce travail mené en amont sur l’enseignement secondaire.

Pour l’avenir, nous avons établi une feuille de route : il nous fallait des objectifs, partagés sur dix ans. C’est la Stratégie Nationale pour l’Enseignement Supérieur. L’ensemble de la communauté universitaire y a contribué. Elle est aujourd’hui consensuelle. C’est indispensable pour réformer avec sérénité. Pour les dix prochaines années, nous avons repris ses objectifs dans nos Cahiers de la Présidentielle :

Nous voulons poursuivre la démocratisation et atteindre, en 2025, 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur, 50% diplômée d’une licence, et former 20 000 docteurs par an. Nous voulons réduire l’écart de réussite entre les enfants d’ouvriers et les enfants de cadre.

Nous voulons faire en sorte que la moitié des étudiants du pays bénéficient d’une bourse contre un tiers aujourd’hui.

 

 

Pour atteindre ces objectifs, il faut naturellement des moyens. En la matière, les socialistes ont formulé des choix clairs : pour qu’il soit démocratique, cet effort doit être collectif, porté par la Nation et non par l’augmentation des frais d’inscription. Nous considérons que les financements consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche devraient atteindre 2% du PIB d’ici à la fin de la prochaine législature.

Pour atteindre ces objectifs, il faut aussi poursuivre les réformes engagées dans l’organisation des universités. A gauche, la question de l’autonomie est désormais tranchée. Nous avons dit oui. Il s’agit désormais d’en tirer toutes les conséquences, sur le plan pédagogique et sur le plan financier. Pour autant, la confiance n’exclut pas le contrôle. En la matière, le contrôle, c’est le contrat, entre l’Etat et l’Université. Les instruments existent déjà.

 

Cette autonomie doit être ouverte : ouverte aux recrutements extérieurs et ouverte au monde. Ouverte à la circulation des enseignants et ouverte à la circulation des étudiants étrangers, ce qui est un atout, et ce qui doit être facilité.

Pour atteindre ces objectifs, on ne peut plus penser l’enseignement supérieur d’un côté et la recherche de l’autre. L’internationalisation des universités l’impose, comme elle impose le rapprochement entre grandes écoles, classes préparatoires et universités. Il ne s’agit pas pour autant de nous aligner sur le modèle américain, comme le souhaite ardemment la droite, si j’en crois son programme, mais d’inventer notre propre chemin. Nous avons commencé à le faire.

Mes chers amis, vous l’aurez compris, ce que veulent les socialistes, c’est que l’Université retrouve dans les discours, les débats et les intentions politiques la place qu’elle mérite et la place qu’il faut lui donner à l’avenir : toute la place.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où la formation par la recherche soit accessible au plus grand nombre. La démocratisation doit être poursuivie. La sélection par la réussite, par l’information et par l’orientation, et non la sélection par l’échec, doit être notre ambition.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où les élites, celles qui sont à la tête des entreprises, celles qui sont à la tête des administrations publiques, seront aussi familiers de ce qu’apporte la recherche et viendront s’y ressourcer. Nous avons commencé à y travailler. On a souvent reproché aux Nanterre de ne pas être assez Voltaire. Je crois qu’avec la révolution de l’immatériel, où les connaissances évoluent extrêmement vite, nous avons besoin que les Voltaire soient un peu plus des Nanterre.

Merci à vous.

 

 

29 Août

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Rassemblement de Colomiers – « L’essentiel c’est la République », Discours de Jean-Christophe Cambadélis

par


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis… par PartiSocialiste

 

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadelis à l’occasion du rassemblement de Colomiers sur le thème « L’essentiel c’est la République »:

 

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Colomiers, lundi 29 août 2016

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Salut !

Salut à la génération République ! Celle qui se lève depuis Colomiers pour dire : L’anti-républicanisme ne passera pas !

Salut républicain, socialiste, écologiste et européen. Salut aux progressistes.

Ce n’est pas un hasard si nous sommes venus chercher ici la force pour affronter les mois à venir et les vents contraires.

L’air columérin nous fait du bien. On l’a senti tout au long de la journée, où nous avons évoqué l’essentiel, la République. Mais, disons-le aussi, l’essentiel dans le socialisme c’est la camaraderie. Alors je vous le dis : je me sens bien ici. Je me sens bien sur cette terre de Colomiers. Je me sens bien, au sein des miens.

Permettez-moi tout d’abord de saluer les socialistes et sympathisants de Haute Garonne !

Merci à toutes et tous pour cette énergie, pour cette force, pour votre accueil. Merci les ami-es !

Merci à Marisol, à Stéphane et à Najat d’avoir participé activement à ce moment important au cœur d’une période cruciale. Merci aux ministres et au premier d’entre eux, merci Manuel. La République, vous la servez au quotidien et dans l’action, pour cela nous vous remercions.

Merci au président de l’Assemblée nationale, cher Claude pour son énergie, son enthousiasme, sa clairvoyance.

Dans les mois qui viennent, nous aurons besoin de l’énergie de tous. Nous aurons besoin de l’engagement de toutes et de tous, élus, militants, sympathisants. Nous aurons besoin de présidents de région comme vous, Carole Delga et Martin Malvy. De présidents de conseil départemental comme Georges Méric. Nous aurons besoin de maires engagés, chère Karine Traval-Michelet. Dans les mois qui viennent, nous aurons besoin d’un élan. Aujourd’hui, cet élan prend forme chez nos parlementaires, cher Bruno, cher Guillaume, mais aussi de tous les responsables du Parti, cher Sébastien Vincini. Nous nous sommes réunis hier et j’ai pu mesurer leur détermination.

Nous devons en prendre soin.

*          *          *

Mes chers camarades,

L’Histoire a fait un retour fracassant dans nos vies. Et nous savons, nous, Socialistes, que l’Histoire est tragique. Vous le savez ici à Colomiers mieux que quiconque, vous qui avez abrité Léon Blum au cœur des ténèbres. Pour faire l’Histoire, mes chers camarades, pour ne pas se faire balloter comme de vulgaires petits bouchons, il ne faut pas se raconter d’histoires. Non, il ne sert à rien de se dissimuler la réalité, alors disons-le sans détours : les valeurs de la République sont en danger.

Oui, quand le poison de la division se répand dans les têtes et dans les cœurs, quand la parole raciste se libère quand la laïcité est entamée, la République est en danger.

Quand la droite décomplexée veut converger avec l’extrême droite apaisée, la République est en danger.

Quand le creuset républicain est à la peine, la République est en danger. Quand la méritocratie recule, quand une partie de notre jeunesse est en mal de lien avec son propre pays, oui, la République est en danger. Quand le peuple pleure ses morts dans des attaques terroristes répétées, la République est en danger.

Il nous faut aujourd’hui avoir cette lucidité historique si l’on veut agir. Alors, oui, les yeux grands ouverts, nous le savons : l’obscurité nous assaille. La peur et la haine s’enroulent dans une spirale mortelle pour notre pays.

Mes chers amis,

Cette année, j’ai participé, tout comme vous, à de nombreuses commémorations. Nous avons célébré les grandes inflexions de notre histoire commune, les grands destins qui ont mené des batailles immenses, pour la justice, pour l’égalité. J’aime ces instants de commémorations qui nous rappellent le sens de notre engagement mais aussi l’importance de la longue durée. Oui, nous avons pensé très fort au Front Populaire et donc à Léon Blum. Nous avons célébré François Mitterrand et donc le tournant de 1981. Et puis, forcés par la séparation, nous avons rendu hommage à Michel Rocard.

Dans une période sans repères, il faut s’appuyer sur ces référents, historiques et politiques. Cela nous permet de reconnaitre la situation dans laquelle nous sommes, erratique et inédite.

Aujourd’hui, à bas bruit, la nation est en proie au doute et la République a du mal à trouver la réplique. Ce qui semblait aller de soi – le respect de différences, la liberté d’expression et le vivre-ensemble – tout cela apparaît fragile. La République a des ennemis mais elle a aussi des ratés, il faut les évoquer, qui plus est en premier, pour ne pas fuir nos responsabilités.

*          *          *

            En France, depuis de trop nombreuses années, le débat public s’est nivelé par le bas. Tout n’est que polémique et écume passagère. Mais, il faut ajouter que ce nivellement du débat par le bas s’est aussi effectué par le milieu. En effet, tout tourne autour des classes moyennes, de leur mal-être légitime et de leurs craintes de déclassement. Il faut le faire, mais quid de ceux qui souffrent d’effacement ? Je veux parler ici non pas de la « France d’en bas » – je n’aime pas cette expression – mais de la France sans voix. De ceux dont on ne parle pas. C’est d’ailleurs le tour le plus incroyable de la société marchande : faire disparaître la misère et la grande pauvreté de l’agora médiatique. Certes, on peut parfois apercevoir les précaires, mais alors ils y sont « mal vus ». On en parle dans la société du spectacle mais que de manière précisément spectaculaire : un hôtel hébergeant des mal-logés qui brûle en plein Paris, un fait divers sordide qui ne fait que confirmer les préjugés sur la dangerosité des pauvres, une émission de télé-réalité qui ne s’intéresse à la souffrance que pour la transformer en audience.

Aujourd’hui dans notre pays, près de 5 millions de personnes vivent avec 50% du niveau de vie médian, c’est-à-dire 760 euros par mois. Mais, la pauvreté n’est pas uniquement monétaire. On est pauvre aussi quand on ne peut pas atteindre certains « standards » de vie, concernant l’alimentation, le logement, l’habillement. C’est ce que l’on appelle la pauvreté d’existence. Si on cumule l’ensemble des citoyens touchés par l’une ou par l’autre forme de pauvreté on arrive à 20% de la population. Il est fort ce chiffre. Mais, honnêtement, il est difficile d’avoir une idée de ce que cela représente. Survivre dans la précarité exige des myriades d’ingéniosités, qui mettent le corps et les nerfs à l’épreuve. Quand on est précaire, on vit littéralement au jour le jour, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Ou plutôt si, on sait très bien de quoi demain sera fait : de la même galère.

La précarité ne se limite plus au monde du travail, elle impacte la société toute entière. De fait, la République est confrontée à une véritable désassimilation en son cœur. Or, la République pour être à la hauteur de l’Histoire doit être à la hauteur de ses promesses. Il est plus que temps de retisser les liens, de résoudre les fractures, de refuser les discriminations et de rejeter les ségrégations. Car si la République n’est pas le relais des colères, elle en sera de plus en plus l’objet. Et c’est peut être l’aspect le moins souligné de l’action gouvernementale mon cher Manuel, l’action contre le précariat. Et bien moi je dis au-delà des résultats, que c’est l’honneur de la gauche que d’avoir lutté, continuer à lutter malgré la disette budgétaire, contre le précariat à l’école, dans les quartiers, à la campagne, au travail, là où il n’y en a. On n’est pas de gauche sans lutter pour le lien social et sans lien social, pas de cohésion sociale et sans cohésion, pas de République.

A tous ceux qui doutent de leur gauche, je leur dis « observez le cœur des projets pour la prochaine élection présidentielle ! La droite vous propose au-delà des solutions autoritaires, « une véritable société de riches » alors que la gauche sociale écologiste se bat pour une société solidaire dans un monde ouvert. Le socialisme c’est cela : une société solidaire dans un monde ouvert et la société solidaire, c’est la République jusqu’au bout.

 

Mes chers camarades,

La spécificité de cette période inédite fait que nous devons combattre sur plusieurs fronts. Il faut nous remettre à l’ouvrage pour redéployer la République jusqu’au bout. Mais, il nous faut aussi lutter contre des ennemis redoutables qui veulent, eux, venir à bout de la République.

            *          *          *

Le premier ennemi, c’est Daech. Daech est animé d’une dérive idéologique islamiste, sectaire et mortifère qui a déjà trois opérations de meurtres de masse à son actif. Pour paraphraser Arthur Koestler, le daechisme est « une idéologie malodorante qui classent les individus comme des insectes ». Daech est certes en recul dans son fief – parce que nous les combattons – mais prenons garde à la suite : L’objectif de ces barbares ce n’est pas le daechisme dans un seul pays. Il ne faut pas se méprendre mes chers amis, la menace est durable car elle est profonde. Au jour où je vous parle, forcément, je vous parle entre deux attaques. Cette menace vient de loin. Il ne sert à rien de vouloir la résoudre à un phénomène géographique, à une exception historique ou de tout vouloir rabattre à un déterminant social et économique. Les daechistes recrutent dans tous les milieux, dans tous les pays, dans des contrées sans laïcité, dans des régions sans loi sur le voile, dans des états qui ne bombardent pas leurs bases. Les profils décousus et détraqués dont on parle dans les médias ne sont que les exécutants, mais à la tête des réseaux, les donneurs d’ordre ne sont pas fous. Bien au contraire. Et leur objectif et clair : ils veulent nous rendre fous. Ils veulent la grande séparation. Les massacres sordides qu’ils planifient et qu’ils inspirent cherchent à provoquer chez nous des réactions non pas rationnelles mais émotionnelles. Écho médiatique et chaos politique, voilà le double objectif. Ils l’ont théorisé et l’ont écrit, ils veulent nous pousser à la faute. Chaque attentat est un traquenard. Il faut en être conscient.

Il faut surtout arrêter de les sous-estimer. S’il suffisait de changer le droit pour vaincre, un simple conseiller d’État suffirait pour gouverner.  La droite – vous avez compris que je parle d’elle – est obnubilée et aveuglée par sa primaire. Car enfin, qu’est-ce qu’ils croient chez LR ?

Que des réponses simplistes sont nécessaires pour faire face à un problème complexe ?

Qu’on doit défendre nos valeurs là-bas mais les défaire ici ?

Qu’on ne peut déterrer la hache de guerre qu’en enterrant la Constitution ?

Que nous serions faibles et naïfs ? Mais, la vraie faiblesse c’est de tomber dans le piège tendu par Daech ! Les vrais naïfs, ce sont ceux qui pensent qu’il suffirait de sortir un arsenal de certitudes et de coups de mentons pour vaincre !

Franchement quand je les écoute, je me dis parfois : heureusement qu’ils sont dans l’opposition. Je me dis aussi : décidément, en 2017, un État de droite ne serait pas forcément un état de droit. Ah oui ! C’est sûr qu’en Sarkozie tout irait mieux. Dans ce pays idéal aux solutions miracles, la sécurité absolue régnerait grâce aux approximations, aux exagérations et aux provocations. En Sarkozie, on aura remplacé le droit du sol par le droit du « si » : « vous serez français si vos parents n’ont pas fait cela, si vous faites ceci… ».

Dans cette primaire, on sent que LR va définitivement tourner le dos à ce qui fait la force du gaullisme. J’ai d’ailleurs une pensée pour monsieur Juppé, peut-être le dernier vrai gaulliste mais le premier faux nez de cette droitisation devenue folle, de cette tentation autoritaire qui règne dans cette primaire sécuritaire. On n’a pas vraiment l’impression qu’ils cherchent un candidat à la fonction suprême avec cette primaire, mais plutôt le prochain ministre de l’Intérieur ! Nicolas Sarkozy est l’homme de la droitisation. Il a abaissé les frontières de la droite classique et de l’extrême droite par son discours de Grenoble. Il propose aujourd’hui une nouvelle frontière à la droite et l’extrême droite. Alain Juppé c’est l’homme sans frontière, l’homme sans situation. Il n’est fort que du rejet de la gauche, de la droitisation, mais il est prisonnier de celle-ci.

 

Mes amis, ne laissez plus jamais dire que nous sommes faibles, car pendant que la droite s’agite, la gauche agit. Et nous sommes aussi capables d’accepter la critique contre les supposés de notre politique de défense et de sécurité. Mais, on ne peut pas accepter l’inacceptable, que la défense de la nation se fasse aux dépends de la République, car elles sont inséparables. On ne peut pas accepter que le chaos des polémiques fasse obstacle à la sécurité des Français.

Mes chers amis,

La vraie République n’est rien sans véritables républicains. « Républicain », ce n’est pas un qualificatif, c’est une qualité. Être républicain, ce n’est pas une étiquette, c’est une éthique. Cela ne se décrète pas, cela s’éprouve au jour le jour. Pour être fidèle à République, il ne suffit pas d’en emprunter le nom, il faut aussi être capable d’en défendre le cœur et donc de dire « non » notamment aux héritiers de la révolution nationale. Nous en sommes loin aujourd’hui, très loin, car la droite a les mains moites. La droite sent le souffle du Front national sur sa nuque.

*          *          *

Le Front national. Parlons-en, lui qui ne parle plus. Il poursuit sa stratégie de dédiabolisation et il en déploie l’étape suivante, celle de l’angélisation. Voici donc le Front National sans le père : pesé, paisible et apaisé. En somme pépère. Voici Le Pen calme. Cela fait bizarre, c’est même assez difficile à prononcer… On a du mal à y croire. Et on a bien raison.  Ce parti veut répondre aux nouvelles menaces avec des vieux démons. Ainsi, Madame Le Pen n’a toujours pas dénoncé ceux qui l’entourent et qui, pour sauver la patrie, ne pensent pas à Valmy mais à Vichy.

Quoi qu’il en soit, Madame le Pen se tait. Et pour cause : elle n’a pas forcément besoin de parler, les candidats à la primaire de la droite sont pour elle autant de porte-paroles.

            Madame Le Pen n’est malheureusement pas une exception. Elle est le symptôme d’une lame de fond autoritaire et xénophobe à l’échelle mondiale. Au-delà du décentrage géographique du monde, de l’occident vers le pacifique, nous assistons au décentrage politique du monde, de la démocratie vers l’autoritarisme. Des pouvoirs autoritaires se sont installés un peu partout. En Russie, où Poutine règne dans une sorte de « démocrature ». En Turquie, où Erdogan n’en finit plus de recouvrir le kémalisme de l’islamisme le plus intransigeant. Et aux États-Unis, Trump, ce clown dangereux, veut incarner une Amérique effrayante, anti-intellectuelle, antimoderne. Plus proche de nous, en Pologne, en Slovaquie, en Tchéquie et en Hongrie, les populistes font reculer les droits. Oui, mes chers amis, voici un ennemi redoutable : voici venir l’internationale nationaliste plus ou moins xénophobe et quand elle fait plus de 10% dans les sondages en Allemagne, on se dit que l’Histoire recommence.

*          *          *

 

Mes chers camarades,

Des accents antiparlementaristes et antidémocratiques, on ne les entend malheureusement pas seulement chez les populistes xénophobes européens, pas seulement à droite. On les entend aussi ici, en France, dans l’ultra gauche. Non, il ne faut pas être dupe sur cette autre attaque qui est menée sur notre gauche. Ceux qui crient « tout le monde déteste la police », eh bien ils détestent la démocratie.  Avec eux, le débat est interdit, ils veulent empêcher nos meetings, ils voudraient même dissoudre le Parti socialiste ! Et pour tout dire, la gauche !

Avec assurance, avec passion, les membres de l’ultragauche balancent des pavés du haut de leur tour d’ivoire, coupés de l’Histoire. Ils se comportent comme des « politiciens routiniers », coupés du rapport de forces. En fait, l’ultragauche ne refait pas le monde avec des « si » mais avec des « comme si ». Elle fait comme si la gauche dominait culturellement dans notre pays. Comme si la fragmentation de la gauche n’avait aucune conséquence pour la France. Comme si l’Europe n’était pas en voie de dissolution. Comme si la bête immonde ne venait pas d’accoucher à nouveau, cette fois de jumeaux, nationaliste et daechiste.

*          *          *

Voilà mes chers amis, le moment que nous traversons, voilà comment l’Histoire est en train de se déployer. Une cohésion sociale vacillante, une menace islamiste inédite, une droite aux mains moites, une internationale nationaliste et donc oui, une République en danger.

Mais, mes camarades, quand un progressiste voit quelque chose qui l’inquiète et le révolte, eh bien il agit ! A nous de nous engager. A nous de faire de la politique. La politique, qu’est-ce que c’est ? C’est au fond répondre à une question centrale : qu’est-ce qui tient la société ensemble ?

Ce sera la question centrale de 2017. Comment faire tenir la France ensemble, comment lui redonner confiance dans son génie ? La réponse, elle est là, nous la connaissons : c’est la République. La République est tout à la fois la réponse, la riposte et le remède.

Oui, cette année nous avons célébré 1936 et 1981. Mais nos pensées remontent souvent à cette longue chaîne qui nous relie à 1789, à cette Révolution qui a enfanté la République. Dans ce moment lumineux, sous l’étendard de la liberté, le peuple a conquis sa souveraineté. Et puis la République s’éclipsa pour réapparaitre en 1848, redonnant espoir à la raison. Et il y eut 1870, et une fois de plus la République sut redresser la nation.

La République est ce cri universel lancé en 1789, qui résonne encore dans nos cœurs et qui inspire sans relâche les peuples du monde entier qui aspirent à la liberté. La République est cette idée devenue nation, ce régime providentiel qui porte la France, qui lui donne une influence supérieure à sa puissance. Pour paraphraser Jaurès, disons que sans la République, la France est vide, la France n’est plus la France.

Aujourd’hui, l’esprit républicain est menacé. Il faut donc renforcer le triptyque républicain : Liberté, Égalité, Fraternité, ces trois belles marches qui mènent à l’émancipation et au progrès. La liberté, c’est le droit à la propriété de soi. La liberté ce n’est pas le règne du caprice sans loi, c’est un pacte social. La liberté individuelle ne fonctionne que si la maitrise du destin collectif est possible. La liberté doit donc être ordonnée.

L’égalité, ensuite. Au fond, mes amis pourquoi sommes-nous socialistes ? Pourquoi sommes-nous progressistes ? Pourquoi sommes-nous réunis aujourd’hui ? Mais, pour défendre notre idéal, pardi ! Pour défendre l’idéal égalitaire contre la dérive identitaire ! L’égalité, mes amis, c’est le moteur de la cohésion nationale ! L’égalité réelle, c’est le cœur même de la République, et voilà pourquoi la question du précariat devra être au centre du prochain quinquennat !

La fraternité enfin. La fraternité est une valeur d’une toute autre nature que ses deux grandes sœurs. Elle n’a pas de base juridique, elle n’est pas un droit, elle n’appelle aucunes obligations. Le défi de la fraternité aujourd’hui c’est de lutter contrer les effets de l’individualisme consumériste sans replonger dans les errements connus des communautés avilissantes. La fraternité ne peut pas être réservées à ceux qui pensent et prient pareil, au contraire. La fraternité, c’est ce qui rend la « France universelle » pour reprendre la sublime formule de Sofiane Oumiha, notre nouveau champion olympique. Pour cela, la fraternité doit être laïque. Un mot ici sur la laïcité. Mes amis, nous ne pensons pas qu’il faut abandonner la République pour mener la guerre. Mais, nous ne pensons pas qu’il faut abandonner la laïcité pour avoir la paix. Nous ne pensons pas non plus que la fraternité s’impose en remettant en cause et la liberté et l’égalité.

*          *          *

Mes chers amis,

Liberté ordonnée, égalité réelle et fraternité laïque : Ces trois valeurs réactualisées sont le fondement de notre République revivifiée. Elles sont aussi la base du rassemblement populaire à vocation majoritaire qui pourra la défendre. Oui, l’année prochaine, il ne s’agira pas simplement de défendre un bilan, qui d’ailleurs s’améliore sans cesse à mesure que l’échéance approche. Non, il ne s’agira pas seulement de défendre un bilan, mais de défendre un héritage, l’héritage républicain.

La République voilà l’enjeu du combat. La droite prépare un mélange explosif pour la République, fait d’austérité et d’autorité. Elle nous explique qu’il faudrait sacrifier le modèle social pour sauver l’économie et sacrifier la République pour sauver la patrie. Elle est prête à mettre en péril l’âme même de la République, à remettre en cause le cœur du droit : les droits de l’homme. Eh non, ce n’est pas une argutie, c’est une conquête ! Une conquête ineffaçable pour l’individu, pour la démocratie, contre l’arbitraire de l’État monarchique et contre les asservissements théologiques.

Dans cette période, il faut parler clairement : Telle qu’elle est, la droite ne peut pas être une alternative. Un pouvoir instable et impulsif, c’est la dernière chose dont la France a besoin. L’année prochaine, le choix sera crucial : soit la France choisit l’état de droit, soit elle se délitera.

Nous savons de quoi la France a besoin, car le Président de la République en fait la démonstration au quotidien. La main du Président ne tremble pas dans cette période trouble. Le Président de la République incarne la détermination de la nation, un Etat de droit sans état d’âme contre la barbarie. Il sait aussi que la France n’est pas un peuple sans Histoire mais que le peuple français sera toujours du côté de la République si elle sait se réinventer. Alors, oui, aujourd’hui, nous pouvons être fiers que le Président de la République soit issu de nos rangs. Nous sommes fiers car François Hollande rend un grand service à la République et à la France.

Oui, les Français sont attachés à la République. Et ceux qui pensent qu’ils auront leurs scrutins en la sacrifiant se trompent lourdement. Les Français aiment la République, car elle est le régime qui les divise le moins. Ainsi, ne nous trompons pas nous-mêmes : les Français veulent l’unité, ils veulent l’expérience mais pas l’expérimentation. Ils veulent la République, cette œuvre politique de justice et de concorde. Et je le dis ici devant vous : celui qui sera le garant de la République, de l’État de droit, celui qui sera le garant de l’union, oui, il sera le gagnant de l’élection !

Les Français ne veulent pas que nos valeurs soient seulement des concepts. Ils ont raison : Nos valeurs sont des pressantes obligations. Les Français ne veulent pas d’une petite France, tournée vers le passé, gouvernée par la peur, divisée en son cœur. Les Français veulent une République bienveillante. Ils veulent une société décente, une société du juste équilibre, la croissance sans épuisement des ressources, le débat sans division et la tolérance sans naïveté. Ils veulent une France européenne, soucieuse de la planète, ouverte au monde et à l’avenir. C’est un point central. La France n’a pas un problème avec son passé, avec ses racines. La France a un problème avec l’avenir. Voilà donc l’objectif de cette campagne : Redonner à la France son élan, elle qui doute d’elle-même et qui redoute l’avenir. Il faut donc faire l’éloge de cette France qui réussit, de cette France qui avance. Il faut mettre à l’ordre du jour la France qui gagne, qui imagine, qui entreprend. Voilà pourquoi le triptyque de notre combat à venir est si déterminant. Surmonter le pessimisme français en démontrant qu’avec la gauche, on obtient des résultats. Juguler le risque de délitement républicain. Promouvoir une France qui gagne avec une gauche qui après avoir redressé, va maintenant faire progresser et protéger.

Le pessimisme est le fumier sur lequel rien ne pousse à part les populismes. Si la France ne sort pas de cette culture du pessimisme, l’élection se fera sur le terrain des marchands de peur et livrera notre pays aux managers de la terreur. Et ceux qui vous disent que la République est déliquescente, sachez qu’ils veulent y mettre autre chose à la place : le nationalisme étriqué ou la religion dévoyée !

*          *          *

 

Mes chers camarades,

Nous savons que l’Histoire est tragique. Nous savons aussi qu’elle est politique. Nous savons que jamais notre combat ne s’arrête. Car dès que nous cessons un instant d’être vigilant, nos adversaires progressent.

Pour être fidèle à notre tâche, nous les partageux, nous devons assumer un nouveau défi : Faire partager les valeurs de la République. Nous qui tenons tant à l’idée de redistribution, il nous faut nous atteler à la redistribution de l’attachement à la République dans notre pays.

Comme les Français, j’aime La République, cette magnifique ambition. J’aime la République car j’ai la passion de la France et je sais que c’est dans la République que la France se fait chair. J’aime la République, car c’est elle qui donne confiance dans la France.

La confiance dans la France, voilà ce que nous devons incarner !

Alors, mes amis, faisons donc entrer la lucidité dans notre combat politique, soyons optimistes ! Soyons combatifs ! Debout ! Oui, debout ! Car on ne transige pas sur l’essentiel ! Debout la génération République ! Debout la bataille de France commence, elle a un joli nom : la République.

Vive la République, vive les socialistes et vive la France !

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

 

28 Août

Commentaires fermés sur Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – Séminaire de rentrée des socialistes – Dimanche 28 août 2016

Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – Séminaire de rentrée des socialistes – Dimanche 28 août 2016

par

2016-08-28 - Séminaire de rentrée des socialistes-32

Retrouvez le discours de Jean-Christophe à l’occasion du séminaire de rentrée des socialistes.


Discours de clôture de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photo: Mathieu Delmestre

18 Juil

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – Rassemblement de solidarité au siège du Parti socialiste suite à l’attentat de Nice

par

2016-07-18 - Hommage aux victimes de Nice-2 

2016-07-18 - Hommage aux victimes de Nice-14


Rassemblement de solidarité au siège du Parti… par PartiSocialiste

 

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis

Siège du Parti socialiste, lundi 18 juillet 2016

(Seul le prononcé fait foi)

 

Cher-es ami-es,

Une fois de plus, le terrorisme islamiste a montré son véritable visage : débordant de haine, fauchant la vie, transformant les instants de fête en moments d’horreur.

Le terrorisme islamiste n’a pas frappé au hasard, il n’a pas assassiné à l’aveugle. Il a choisi le 14 juillet, il a ciblé la France, il a visé le peuple et sa liberté.

Le Parti socialiste condamne ce massacre insupportable, mais aussi un islamisme dévoyé, ultra-sectaire qui a servi d’odieux mandat. Par son acte, le terroriste a voulu donner un sens fanatisé à son non-sens. Nous dénonçons très fermement cette idéologie mortifère qui a tenu le volant de ce camion transformé en arme de guerre.

En ce jour de deuil national, nous pensons aux victimes et à leurs familles, anéanties. Nous pensons aux nombreux blessés qui luttent encore à l’heure qu’il est pour leur vie. Et nous pensons aussi à toutes celles et à tous ceux qui ont assisté à l’horreur et qui n’oublieront jamais ces corps, ces cris, ces pleurs.

Nous tenons à marquer notre immense reconnaissance aux services de secours et aux forces de l’ordre qui ont fait preuve d’un professionnalisme exemplaire. Nous exprimons aussi notre solidarité républicaine aux élus de la ville de Nice, abasourdie, atteinte au cœur.

Cette soif de sang, cette rage de carnage, voilà ce qui animait ce terroriste, zigzagant pour tuer et tuer encore, pour faire un maximum de victimes. L’objectif est limpide : Terroriser un peuple en lui signifiant que la mort peut surgir sans prévenir, advenir par n’importe quel moyen.

Non, le terrorisme islamiste n’est pas aveugle, il vise très bien, il a une stratégie, un plan de bataille. Leurs idéologues et leurs généraux ne sont pas « fous ». Ils veulent que nous lâchions prise en Syrie et en Irak, que nous leur laissions la voie libre en Libye et dans tous les endroits du monde où ils prennent pied avant d’autres conquêtes pour asservir des pays entiers à leurs noirs desseins. Pour ce faire, ils veulent nous faire perdre nos repères et renoncer à nous-mêmes. Ils veulent nous rendre fous. Ils sèment la terreur mais veulent récolter la division et le chaos.

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Alors, que faire ?

La guerre.

La guerre, nous y sommes ! Là-bas et nous le savons tous, maintenant ici.

La guerre, nous la menons, avec détermination, sur tous les fronts. Et dans cette guerre, protéger les Français est la première des priorités. Ainsi, le Président de la République François Hollande a pris les mesures adaptées pour renforcer notre dispositif sécuritaire : état d’urgence prolongé de trois mois, maintien de l’opération Sentinelle à son niveau maximal, activation de la réserve opérationnelle.

Dans cette guerre nous portons des coups à l’ennemi, nous réduisons ses réseaux en Europe. Il est réduit à labelliser des supplétifs de la dernière heure pour ne pas être rassurant. Cela indique où il en est réduit.

Enfin Daech veut rallier les Français musulmans, ils les tuent et nos compatriotes musulmans ou pas font front comme toute la communauté nationale. Dans le combat c’est un acquis qu’il faut préserver. Il faudra maintenir notre effort.

Quelque soit notre peine, notre tristesse, notre colère. L’heure est à glorifier nos succès et les coups portés à l’ennemi plutôt que d’offrir le triste visage de nos désunions qui ne peuvent que le renforcer.

J’appelle tous les socialistes à maintenir autant que possible l’union nationale, à souligner nos succès, à la compassion pour nos morts et leurs familles.

J’appelle tous les socialistes, mais au-delà tous les citoyens, à rejoindre cette réserve opérationnelle ainsi que la réserve citoyenne. Il en va de l’endurance de nos forces de sécurité, que Daech cherche délibérément à épuiser.

Comme toute guerre, cette guerre est une guerre de volonté. Il ne faut céder ni au doute, ni à la peur, ni aux passions. Comme pour toute victoire, il faudra se battre avec persévérance et méthode, avec calme et responsabilité.

Cette guerre sera longue. Elle exige une mobilisation de tout le pays. Elle exige du sang froid, de la détermination, de la clairvoyance. Elle mettra à l’épreuve ses dirigeants, son opposition, ses institutions et ses citoyens. Il faut regarder la réalité en face : la France a déjà connu beaucoup d’attentats. Beaucoup trop d’attentats. Ce qui met notre pays sous la menace de l’attentat de trop.

Mais, la France doit tenir. Depuis jeudi soir, la France a le cœur en feu mais elle a su garder un cerveau de glace. C’est vital. C’est l’objectif stratégique de l’État et cela devrait être la ligne de conduite de tout responsable politique français.

Il faut donc éviter le triste spectacle auquel se livrent certaines figures politiques, qui semblent avoir perdu leurs nerfs, le sens de la mesure et le sens des réalités. Nous regrettons les accusations et les propositions ineptes avancées par certains membres de l’opposition, alors même que les corps des victimes étaient encore couchés sur la promenade des Anglais.

Dans l’épreuve, certains dirigeants ont livré leur vérité, révélé leur fébrilité et cédé à la surenchère déplacée. Même le meilleur d’entre eux s’est adonné au pire, assénant qu’on aurait pu éviter l’horreur.

Monsieur Sarkozy s’est empressé de noter la faute de Monsieur Juppé et a rappelé l’évidence : le risque zéro n’existe pas. Il a raison sur un autre point : nous sommes en guerre. La question est donc de savoir pourquoi il prend le risque de gêner les actions de la France, se comportant comme un général donneur de leçons, loin du front, dissertant au milieu de la bataille pour dire qu’il aurait fait différemment et forcément mieux.

Ce n’est pas l’esbroufe qui règlera le problème du terrorisme. Mais l’action sans faille là-bas et la concorde sans faille ici. C’est le cœur d’une union nationale vitale pour la France.

Mais, la palme de l’indécence revient à madame Le Pen, qui veut tout régler « en une journée ». Elle prône une France excitée, occupée à enfermer tout le monde et coupée de l’Europe de la sécurité, oh combien nécessaire ! Nous le disons tranquillement en parlant au cœur et à la raison des Français. La haine ne pourra pas éteindre le mal, elle ne fera que l’étendre. Il faut détruire les bases terroristes, couper leurs réseaux, les mettre hors d’état de nuire en commençant par les isoler. Et ne pas leur construire une solidarité au sein même de la communauté nationale.

Même en politique, il y a un temps pour tout. Nous regrettons profondément que le deuil national de trois jours n’ait pas été respecté. Nous regrettons que la lutte contre le terrorisme ne soit pas politiquement sanctuarisée de toutes polémiques inutiles. Toutes les campagnes électorales du monde et autres primaires ne peuvent justifier le double manquement à la morale et à la concorde nationale. Les Français et l’histoire jugeront.

Nous le savons tous, cette stratégie d’attaques autonomes rend la menace difficile à détecter et les contre-mesures délicates à déployer. Notons que dans le même temps, les services de l’État doivent prévenir les autres modes opératoires déjà utilisés contre Charlie Hebdo, l’hyper Casher, le Stade de France, le Bataclan ou les terrasses.

Faire preuve de raison et de franchise, c’est analyser avec une froide objectivité comment améliorer sans relâche nos dispositifs et nos protocoles face à un ennemi qui s’adapte sans cesse et qui ne se donne, lui, aucunes limites. L’État le fait avec sérieux et continuera à le faire. Nous lui accordons toute notre confiance et tout notre soutien.

Enfin, nous en appelons à un engagement renforcé de nos partenaires européens à nos côtés, sur les fronts militaires – notamment au Sahel – et sur les terrains du renseignement et du contrôle des flux financiers et numériques. Ces attaques sont des crimes contre la civilisation européenne, elles exigent les efforts de toute la communauté européenne.

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La France se bat. Elle sait pourquoi elle se bat : la liberté, la démocratie, la République, les droits des femmes, le droit de croire et de ne pas croire. Il va falloir protéger ces acquis politiques, ces piliers de la maison France, contre Daech et également contre les forces extrémistes qui voudront les remettre en cause pour servir leur cause.

Nous ne laisserons pas faire, car la concorde nationale est notre meilleure arme contre le terrorisme islamiste, car la République est notre meilleure ligne de défense.

Oui, il faut savoir comment se battre, pourquoi se battre et pour qui se battre. Nous nous battons pour nos enfants et les enfants de nos enfants.

Il y a eu trop de jeunes destins volés sur cette promenade, dans cette baie qui n’a malheureusement jamais aussi bien porté son nom. Ces enfants disparus, que nous chérissons, nous rappellent à nos responsabilités.

Notre génération n’a pas hérité de la Révolution française, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité : nous les empruntons aux générations futures. Pour pouvoir les transmettre, il faut les défendre.

Nous en sommes conscients et nous ferons tout pour que la France reste forte, c’est-à-dire unie, fidèle à elle-même, toujours au rendez-vous de l’histoire, sous le regard du monde.

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre