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19 Juil

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Réaction du Parti socialiste à la démission du chef d’état-major des armées

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Le Parti socialiste prend acte de la démission du chef d’état-major des armées.
Si le recadrage du Général de Villiers par le président de la République a tourné à l’humiliation et à la polémique, c’est bien parce qu’il a été fait publiquement. Cela constitue une faute personnelle dans l’exercice du pouvoir.
Toutefois, l’armée ne saurait, en quelques circonstances que ce soit, décider en lieu et place du chef de l’Etat, qui demeure constitutionnellement chef des armées.  Les choix budgétaires, comme l’intégralité des décisions politiques de la nation, restent la prérogative exclusive du pouvoir civil.
Mais, au-delà des questions de personnes, cette séquence n’apaise en rien les inquiétudes des socialistes quant aux moyens consacrés par la nation en appui à nos soldats. Nul n’ignore que les 850 millions d’euros de réduction budgétaire décidés par le gouvernement ajourneront un renouvellement des équipements pourtant nécessaire, car les lacunes en la matière sont criantes. La trajectoire budgétaire et capacitaire, décidée lors du quinquennat précédent devait y remédier. Elle est aujourd’hui remise en cause.
Dans un contexte international instable, où les menaces intérieures et extérieures engagent nos troupes au-delà de leurs contrats opérationnels, le Parti socialiste déplore ces choix et appelle gouvernement et parlementaires à prendre des décisions à la hauteur de la situation.

08 Juil

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« Il y a la place pour une opposition de gauche et responsable », interview au Monde

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Le Monde publie ce  jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Demain vous mettez en place la direction collégiale. Quelle va être son architecture ?

Le Parti socialiste doit se réorganiser avant de se refonder et pour cela il doit construire une nouvelle gouvernance avec une direction provisoire de 14 membres sur une centaine de candidatures. Parmi ces membres, six rapporteurs, trois hommes et trois femmes. Il y aura aussi quelques membres de droits (présidents de groupe, Fédération nationale des élus socialistes et républicains ou autre porte-parole…). Donc c’est une direction extrêmement resserrée. La feuille de route sera élaborée dans l’été et présentée devant un séminaire des directions (parlementaires, Bureau national et Premiers fédéraux) dans le dernier week-end d’août.

Un congrès suivra ?

Cette feuille de route sera votée par les militants la deuxième semaine de septembre et à partir de là, la direction provisoire collégiale sera légitimée. Il est vraisemblable que la question du congrès soit réglée à cette occasion. Je préconise qu’il se tienne au mois de février 2018, ni trop tôt ni trop tard. Cela permettra de trancher les problèmes importants: d’abord la question politique, c’est-à-dire notre rapport avec le pouvoir d’une part et Jean-Luc Mélenchon de l’autre. Il faudra aussi se pencher sur la question européenne, ainsi que sur les questions organisationnelles parce que la forme partidaire est datée. Elle remonte à 1905 pour le PS et il faut vraisemblablement muter…

Parmi la direction collégiale, y aura-t-il des partisans de Benoît Hamon ?

C’était prévu jusqu’au moment où Benoît Hamon a décidé de quitter le Parti socialiste. Mais comme on est dans un moment incertain où quelques uns ont décidé de le suivre et d’autres pas, je préfère que cette question ne soit pas posée dans la direction.

Il ne peut pas y avoir de double appartenance au mouvement du 1er juillet ?

Ce sont les statuts du parti. Il faut être clair. Pas de double appartenance vis-à-vis de La République en marche, ni du mouvement du 1er juillet.

Vous n’avez pas un sentiment de solitude après les départs de MM. Valls et Hamon ?

Il faut respecter les choix de chacun. Mais il faut clarifier.

Benoît Hamon dit qu’il n’a pas été soutenu par le PS pendant la campagne présidentielle et que c’est lui qui clarifie…

Ce n’est pas vrai. Le PS a apporté 12 millions d’euros à sa campagne. Ce n’est pas un soutien ça ? Et les 2039 parrainages c’est du sabotage ? Il est vrai que sa campagne a créé de l’abstentionnisme ou de l’hostilité, mais le PS, en tant que structure, a suivi. Par contre, je n’ai jamais vu un candidat à l’élection présidentielle refuser de venir devant le Bureau national avant et au lendemain de l’élection.

Je crois en outre que le double départ de Manuel Valls et de Benoît Hamon clôt le débat. Les deux dirigeants de la droite et de la gauche du parti ont décidé de ne plus être dans le PS. Ce qui donne, par cette clarification par le vide, une chance inattendue de ne pas être dépendant de leurs demandes.

L’avenir idéologique du PS, c’est ce qu’il y a entre Manuel Valls et Benoît Hamon ?

Je ne le présenterai pas comme cela ! Je dis que ça nous offre une opportunité de définir une ligne claire de ce que nous voulons être. La refondation idéologique est nécessaire. Cette question recouvre des aspects français mais aussi la grande crise du courant progressiste à l’échelle internationale. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie et en Angleterre. Partout nous avons un débat entre les tenants du centre et ceux de la gauche. Entre l’adaptation et la résistance.

C’est toujours possible, quand on est socialiste, de discuter avec Jean-Luc Mélenchon ?

C’est de plus en plus difficile. Il m’a l’air de filer vers le gauchisme autoritaire et le populisme le plus échevelé.  Nous sommes en désaccord avec ce qu’il préconise sur  l’Europe et sur le plan économique. Mais le cœur de son dispositif, qui est la démocratie plébiscitaire, est pour nous une ligne de fracture majeure.

Est-ce plus envisageable de se tourner vers Emmanuel Macron ?

C’est aussi difficile. Mais entre l’opposition frontale de la France insoumise et la subordination totale à La République en marche, il y a la place pour une opposition de gauche et responsable. Emmanuel Macron a dit dans son discours au Congrès lundi que la France “n’était pas réformable”. Cela explique sa verticalité et son centralisme technocratique. C’est une erreur par rapport à la demande profonde du pays. Plus les décisions seront centralisées, tomberont d’en haut, plus on s’attaquera aux corps intermédiaires, plus le pays va se cabrer. L’hypercentralisation débouchera sur l’hypercontestation.

Ce “ni Macron ni Mélenchon”, n’est-ce pas aussi la ligne de Benoît Hamon ?

C’est pour cela qu’il ne fallait pas qu’il quitte le PS. A partir du moment où celui-ci reste une formation avec quatre présidents de région, des présidents de conseils départementaux, 1000 maires de villes de plus de 10 000 habitants et qu’aucun ne le suive… Son chemin, c’est une partie de la jeunesse et l’alliance avec Yannick Jadot et Cécile Duflot. Mais ça ne fait pas un Parti socialiste refondé, c’est un gros PSU [parti socialiste unifié]. Il est en train de refonder EELV.

Si les Verts sont en partie avec Hamon, que Mélenchon ne veut pas parler avec vous, avec qui le PS va s’allier ?

La gauche s’est majoritairement abstenue aux élections législatives. Mais il faut sortir de cela, c’est la vieille politique telle que nous l’avons connue au congrès d’Epinay, quand le champ politique était structuré par les partis dominants à gauche. Chacun contrôlait son petit espace politique et l’alliance de tous faisait une dynamique et la majorité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Diriez-vous que votre bilan à la tête du PS est globalement positif ?

Je ne vais pas dire cela, à partir du moment où le candidat du PS a fait 6,4 % des voix à la présidentielle…

Globalement négatif alors ?

Je ne dirais pas cela non plus. C’est un bilan entravé.

Entravé par quoi ?

Par l’état du pays à notre arrivée, par les pesanteurs de l’appareil, par la compétition pour la future présidentielle, par un individualisme qui a pris des proportions rarement vues dans le mouvement socialiste. Et puis les socialistes avaient tendance à se faire la leçon et à faire la leçon.

Vous parlez, sans les nommer de Manuel Valls et Benoît Hamon…

J’ai fait preuve de respect vis-à-vis des deux, parfois au-delà du nécessaire.

Mais ils sont à l’image de ce qu’il nous est collectivement arrivé : des démarches individualistes et des stratégies personnelles.

Vous ne citez pas le quinquennat de François Hollande comme une entrave…

Cela viendra. On fera le bilan en temps voulu. Il y a des éléments critiquables et je le dirai. Ils tiennent plus de la méthode que de la réalisation. Mais n’oublions pas que François Hollande a dû faire face au terrorisme, à des crises internationales. Il faut toujours être honnête si on veut faire de bons bilans.

ll y a  bien d’autres entraves comme le retard pris dans la reformulation des socialistes qui se sont endormis sur leurs lauriers puis se sont affaissés et divisés. En 2012, nous avions tous les pouvoirs. Cinq ans plus tard, nous n’en avons plus aucun. A un moment donné, il faudra se confronter à cette réalité.

Qu’allez vous faire dans les prochains mois ?

Je partirai en septembre après le vote des militants. Il faut laisser la place à une nouvelle génération. J’essaierai d’être un des sages du Parti socialiste, j’aiderai à la refondation. Je continuerai à peser dans la vie politique française. Je serai une voix des socialistes et ne refuserai rien de ce qu’il me sera présenté.

Comment se porte financièrement le PS ? Vous allez vendre le siège ?

C’est une question qui se pose mais elle est plus politique que financière. On pourrait vendre des locaux de fédérations, nous avons un patrimoine très important. Mais la question que je poserai, c’est plutôt : « Peut-on peut penser que l’on peut construire le nouveau Parti socialiste à Solférino, dans le 7e arrondissement de Paris ? ». Symboliquement, je suis davantage pour quitter Solférino que de quitter le terme « socialiste ».

Justement, le PS doit-il changer de nom ?

Cela sera sur la table. J’ai tendance à penser : le problème est moins “socialiste” que “parti”.

Il y aura un plan social ?

Nous n’avons pas de dettes, on peut emprunter justement en gageant Solférino. S’il y a un plan social, il n’est pas annoncé pour l’instant. Le PS doit réorganiser son appareil permanent en investissant par exemple dans le numérique. Il vaut mieux des portails Internet dans chaque section que des locaux.

Donc il faut vendre les locaux pour faire des sites web ?

Je ne peux pas résumer ainsi, parce que je vais me faire appeler Arthur. Mais il faut muter. Donc il y a un gros travail de reformulation, de réorganisation, d’offre politique et de constitution d’un nouveau leadership.

Y-a-t-il une hémorragie de militants ?

Personne n’en sait rien. Vu les remontées des fédérations, on tourne autour de 80 000 militants.

C’est un chiffre qui semble énorme…

Les gens étaient prêts à partir. Ils nous laissent une dernière chance.

Le PS n’est donc pas mort ?

En fin de compte, le PS s’est affaissé après sa déroute parlementaire mais il ne s’est pas disloqué. Le climat a changé. Les adhérents voient qu’il n’est pas mort. Fortement affaibli certes, mais pas effondré.

Le PS joue un quitte ou double ?

Je crois que c’est cela. Si on retombe dans les errements des deux dernières années, je crois que les militants et les électeurs se diront que nous sommes incorrigibles.

Le PS éclaterait ?

Si la refondation ne fonctionne pas, oui. Pour l’instant, tout le monde retient son souffle. Les grands élus n’ont pas décidé de partir, les militants nous ont donné une dernière chance. Les parlementaires veulent faire du bon travail. Les dirigeants affectent de vouloir travailler ensemble. Cela donne un peu d’espoir.

 

Propos recueillis par Enora Ollivier et Abel Mestre

 

 

25 Juin

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Démenti officiel de la vente du siège de la fédération PS des Bouches-du-Rhône

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Face aux allégations mensongères tentant de faire croire que le Parti socialiste vendrait ses locaux, Jean-Christophe Cambadélis dément tout acte de vente du siège de la fédération PS des Bouches-du-Rhône.

D’abord, ces locaux sont majoritairement détenus par le PS national, or celui-ci n’a pas encore pris de décision de vente. Ensuite, les prix évoqués sont fantaisistes ou volontairement sous-évalués, ce qui n’est pas sans poser la question de l’éthique de ceux qui ont fait ces déclarations.

Il est nécessaire de rappeler que le PS n’a aucune dette et de nombreux biens immobiliers. Sur la gestion de ce patrimoine, il déterminera seul ce qu’il convient le mieux de faire en fonction de ses intérêts et de ses militants.

Ces allégations sont sans fondement et le Parti socialiste y voit des manœuvres spéculatives. Le cas échéant, il n’hésitera pas à saisir la justice si ces allégations devaient perdurer.

24 Juin

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« Le PS n’est pas mort, c’est sa force propulsive qui l’est », interview à Libération

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Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Allez-vous demander à vos députés de voter “contre” la confiance au gouvernement?

Nous présenterons une résolution ce samedi en conseil national qui clarifiera notre position par rapport à la majorité présidentielle et dira que nous ne voterons pas la confiance.

Vous laissez donc la porte ouverte à des abstentions pour vos députés…

Nous ne votons pas la confiance, donc nous sommes clairement dans l’opposition. Mais, comme toujours, je laisse la porte ouverte aux délibérations des groupes, ça a toujours été le cas dans notre histoire. Mais, pour moi, il faut une double clarification si nous voulons une refondation : vis-à-vis du bonapartisme social-libéral d’Emmanuel Macron et vis-à-vis du gauchisme autoritaire de Jean-Luc Mélenchon. Cela ne veut pas dire que nous ne serons pas amené à voter des lois de Macron ou de combattre des textes avec Mélenchon, mais nous devons le faire à partir de ce que nous sommes : socialistes, écologistes et européens.

Quand allez-vous quitter votre poste de premier secrétaire?

J’avais trois solutions : rester, partir dès dimanche soir ou organiser la transition. J’ai choisi la dernière option. Une direction provisoire sera installée lors d’un conseil national le 8 juillet, un séminaire sera ensuite organisé fin août pour adopter une feuille de route soumise début septembre aux militants. La direction collective sera ainsi légitimée. A ce moment, je pourrais alors m’en aller le cœur léger. Mais vous allez continuer à m’entendre car je compte bien participer au débat en toute liberté.

A quel moment avez-vous choisi de partir?

Je me suis posé cette question deux fois : la première à Noël 2015, après l’annonce de François Hollande d’inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution; la deuxième, le jour où l’ex-Président m’a appelé pour me dire qu’il ne se représentera pas, j’étais dans un hôtel, à Prague pour le PSE. Ce soir-là, J’ai compris que nous ne gagnerions pas l’élection présidentielle, et j’ai commencé à préparer les conditions de mon départ pour que la refondation s’amorce.

La génération qui va prendre les commandes peut-elle y arriver?

Elle peut et doit le faire car le parti n’est pas mort. C’est sa force propulsive et attractive qui l’est, à cause de la crise du courant progressiste et social-démocrate mondial; de la dégénérescence de la culture de gouvernement en “bonne gouvernance”; de l’individualisme arrogant qui s’est emparé des socialistes. Je suis convaincu que le PS se refondra en répondant à ces questions tout en portant une nouvelle république décentralisée et parlementaire via la proportionnelle.

Vous n’avez pas peur que cette direction collégiale se transforme en compétition pour prendre le parti ?

Il faut faire confiance à l’intelligence collective. Lorsque Podemos ou Syriza émergent ce sont avec des directions collectives. Leurs leaders respectifs se sont constitués dans le mouvement. Une direction collégiale préfigurerait le type de démocratie que nous voulons construire. Je vais conseiller de garder pendant un temps la collégialité. Si on repart avec un premier secrétaire, il y aura une majorité et une minorité. Et on recommencera comme avant…

Mais il faut bien qu’une personne s’installe dans votre bureau non?

Ils le transformeront en espace de coworking!

A l’époque, vous avez critiqué Manuel Valls lorsqu’il a parlé de “dépassement” et de changer de nom du PS. Vous proposez la même chose aujourd’hui non?

Il ne s’agissait pas d’une refondation de sa part mais d’une tentative d’exclure les frondeurs. Ce que je propose, c’est une refondation globale pour dépasser toutes les gauches.

Avec une stratégie d’union de la gauche?

Pour l’instant, nous n’avons pas de partenaire. Peut-être le Parti communiste… Il ne faut pas penser en terme partidaire, c’est l’ancien monde, il faut penser une gauche multiforme : des intellectuels, des syndicalistes, des associations, des citoyens… Il faut déclencher un mouvement pour déboucher sur un nouveau parti.

C’est un peu ce que compte faire Benoît Hamon dès le 1er juillet à Paris…

Je crois que la religion de Benoît n’est pas faite : je pense que cela passe par un PS reformulé, lui hésite entre cette perspective et une entité extérieure. Ses partenaires devraient le pousser à clarifier plus rapidement qu’il ne le pense. J’ai quelques expériences des rassemblements de 15 000 personnes. J’en ai fait des dizaines dans ma vie. A la fin, c’est toujours le PS qui fait le résultat électoral. Lutte ouvrière est toujours capable de rassembler 30 000 personnes à la Pentecôte, ça donne quoi sur le plan électoral? Il ne faut pas confondre la force militante qui existe, et que Hamon a su cristalliser, en force électorale dans une société qui n’est pas mûre pour une orientation radicale rose-verte. Nous l’avons vu avec le score à la présidentielle. Benoit Hamon peut apporter sa pierre à cette reformulation, comme beaucoup d’autres. Mais exclure d’emblée le PS serait une erreur.

François Hollande a-t-il un rôle à jouer dans le futur?

Je pense qu’il a encore envie de jouer un rôle. (Sourire)

 

Propos recueillis par Rachid Laireche et Lilian Alemagna

12 Juin

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Merci et à bientôt !

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Cher-e ami-e,

J’ai eu le privilège de vous représenter une nouvelle fois dans cette élection législative dans le 19e arrondissement. Après de nombreuses victoires, les électeurs ont cette fois-ci décidé de qualifier deux autres candidats au second tour de cette élection, il faut savoir l’accepter.

Moins d’un électeur sur deux s’est déplacé lors de cette élection. L’abstention s’est fait particulièrement ressentir dans nos quartiers populaires. Le brouillage intentionnel des clivages et la promesse appuyée de renouvellement n’ont pas pu endiguer ce désengagement civique aggravé.

Cela s’ajoute à un mode de scrutin qui déforme particulièrement la représentation politique à l’Assemblée. Tout ceci va rendre ce quinquennat compliqué et nous oblige d’autant plus à poursuivre le dialogue avec nos concitoyens qui ne seront pas représentés.

Malgré la déception qui domine aujourd’hui, la mobilisation de nombreux bénévoles nous a permis de mener une belle campagne qui n’a pas su résister à la vague nationale. Je veux remercier toutes celles et tous ceux qui nous ont manifesté leur confiance en votant pour notre équipe, ainsi que ceux qui, avec enthousiasme et bonne humeur, n’ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre les électeurs dans un contexte particulièrement difficile.

Cette campagne a aussi terminé de me convaincre qu’il existe en France et dans notre arrondissement des forces militantes qui ne se retrouvent pas dans les formes partidaires actuelles mais qui sont disponibles pour reconstruire la gauche et préparer les victoires de demain. C’est ce à quoi nous devons désormais nous atteler.

Amitiés,

Jean-Christophe Cambadélis

11 Juin

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Résultat du 1er tour des législatives – Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – dimanche 11 juin 2017

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Déclaration de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Dimanche 11 juin 2017

Seul le prononcé fait foi

 


Françaises, Français, mes chers compatriotes

Avec 50%, l’abstention atteint ce soir un niveau historique, jamais observé depuis 1958. Cette abstention record est le signe d’une immense fatigue démocratique. Le brouillage intentionnel des clivages et la promesse appuyée de renouvellement n’ont pas pu endiguer ce désengagement civique aggravé.

Le premier tour des élections législatives est également marqué par le recul sans précédent de la gauche dans son ensemble et notamment du Parti socialiste.

Ce soir, tout indique que la majorité absolue est d’ores et déjà acquise pour La République En Marche.

En conséquence, le second tour de dimanche prochain sera soit celui de l’amplification, soit celui du pluralisme. Car si cette majorité absolue est encore amplifiée, elle sera quasiment sans opposition réelle et nous aurons donc une Assemblée nationale sans véritable pouvoir de contrôle et sans débat démocratique digne de ce nom.

Dans un monde instable voire inflammable, notre démocratie ne peut se permettre d’être malade. Notre pays doit affronter de multiples défis et nous savons que les désaccords sont nombreux.

Il n’est ni sain ni souhaitable qu’un Président ayant rassemblé seulement 24% des suffrages au premier tour de la présidentielle et qui a été élu au second par le seul rejet de l’extrême droite, bénéficie du monopole de la représentation à l’Assemblée nationale. Cette profonde contradiction démocratique pèserait sur tous les actes du quinquennat.

Car nous le savons : l’unanimisme est le terreau de l’aveuglement et le ferment des tensions.

Ce soir, le Parti socialiste salue tous ses candidats qui se sont battus avec conviction et avec courage dans une conjoncture souvent désespérée après notre lourde défaite de la présidentielle. Le tourbillon était trop puissant. C’est un fait, les deux scrutins étaient beaucoup trop rapprochés pour permettre un véritable sursaut.

Je salue très amicalement celles et ceux qui n’ont pas pu se qualifier ce soir. Pour le second tour, nous voulons faire le choix de la clarté.

Comme toujours, fidèles à notre engagement républicain viscéral, nous ferons barrage au Front national là où il peut l’emporter. C’est le désistement pour la République.

Sans surprise, attachés à la valeur cardinale de Justice sociale, nous nous opposerons à la droite.

Dans tous les autres cas, nous continuerons à défendre nos positions énoncées au premier tour : le refus des ordonnances de la loi travail et de l’augmentation de la CSG pour les retraités, la priorité à l’éducation et à l’écologie, le soutien à l’innovation et à la recherche pour la réussite de l’industrie du futur et enfin la défense de l’Europe.

Nous appellerons nos électeurs à voter soit pour notre programme, soit pour ceux qui sont le plus proches de ses exigences.

Mes chers compatriotes, dimanche prochain, face aux défis et notamment celui du désengagement civique, je vous appelle à faire vivre notre démocratie, à laisser une chance au débat et à donner de l’espace au compromis.

Je vous appelle à vous mobiliser au second tour pour donner à la gauche et au Parti socialiste les moyens de vous défendre.

Je vous remercie.

 

Jean-Christophe Cambadélis


« Dimanche prochain, je vous appelle à faire… par PartiSocialiste

24 Mai

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« On ne peut convoquer les Français aux élections législatives sans les informer du contenu de la nouvelle « loi travail »

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On ne peut aller aux élections législatives sans que les électeurs soient informés du contenu de la nouvelle « loi travail » annoncée par le gouvernement d’Edouard Philippe.
Comme nous le souhaitions, la concertation avec les organisations syndicales a débuté. Le gouvernement dispose désormais du temps nécessaire pour élaborer le projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances avant le 11 juin, date du 1er tour des élections législatives.
Le projet de loi doit être délibéré au conseil des ministres du 7 juin et rendu public, permettant ainsi aux électeurs de se déterminer en étant réellement informés, en toute transparence.
Les Français pourront alors dire s’ils sont favorables ou non aux dispositions envisagées : comme le plafonnement impératif des indemnités prud’homales pour licenciement abusif c’est à dire « sans cause réelle ou sérieuse » ; comme l’extension de l’inversion de la hiérarchie des normes à des sujets autres que la durée du travail en permettant aux accords d’entreprise de déroger aux accords de branche et à la législation du travail au risque de provoquer un certain dumping social ; ou comme encore la fusion des institutions représentatives du personnel qui réduirait la démocratie sociale dans l’entreprise ; etc.
Cette loi se veut la réforme emblématique du quinquennat. On ne peut convoquer les citoyens aux élections législatives sans en connaître le contenu.

22 Mai

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L’invité de Patrick Cohen sur France Inter

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Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 22 mai au micro de Patrick Cohen dans le « 7/9 d’Inter ».

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations.

Pour réécouter l’interview cliquez ici

Élections législatives

Nous espérons avoir le maximum de députés pour que les valeurs de justice sociale soient représentées et défendues à l’Assemblée nationale.

Il y a 150 candidats partenaires du PS. Une petite quinzaine de candidats qui s’affichent avec la formule majorité présidentielle, ce qui n’est pas la position du Parti socialiste.

Le Bureau national a eu une position unanime: nous ne serons pas dans la majorité présidentielle. D’ailleurs Monsieur Macron ne le souhaite pas.

Nous sommes, 10 jours après l’élection présidentielle, avec le début de l’inquiétude. Le Gouvernement Philippe commence à inquiéter. Nous verrons comment cela va évoluer. (…) Dans des fonctions régaliennes, on a mis des gens de gauche. Mais, dans les fonctions économiques et sociales, on a mis des gens de droite. Ça veut dire que la politique économique et sociale de ce gouvernement est quand même marquée. Il faut un contrepoids. Il faut qu’il y ait des députés socialistes forts dans l’Assemblée nationale car il faut qu’il y ait un dialogue à l’intérieur de l’Assemblée.

Sur les questions régaliennes nous allons partager évidemment l’action du président de la République et de son gouvernement parce qu’ils s’inscrivent dans la continuité de ce que nous avons fait. Mais sur les questions économiques et sociales, on ne peut pas partager à cette étape ce qui est dit et proposé. Nous ne partageons pas ce qui est engagé sur le code du travail, sur la pénibilité, la réduction des fonctionnaires etc.

Nous sommes des candidats socialistes. Ce pays a besoin de gauche. On ne peut pas passer en force sur les questions économiques et sociales. (…) Je dis discutons! Je suis pour la modernisation et l’évolution mais discutons d’abord.

Après avoir voulu à l’Assemblée nationale réduire les formations politiques qui pourraient contester le pouvoir en place, on veut réduire aussi les organisations syndicales. Je trouve que là, on avance vers une forme politique qui est un peu dangereuse pour notre pays.

Il n’y a jamais eu d’explications d’En Marche! sur le fait qu’ils ne présentaient pas de candidats face au PS dans certaines circonscription.

La position du Parti socialiste ce sont les candidatures autonomes. Nous ne sommes pas dans la majorité présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon n’est pas pour l’alliance des gauches mais pour un clivage « élite/peuple ». L’orientation de Jean-Luc Mélenchon est une orientation de témoignage, protestataire mais aujourd’hui il faut être capable de mettre les mains dans le cambouis.

La plateforme Parti socialiste pour les législatives a été adoptée à l’unanimité  du Bureau national.

Sur le Parti socialiste

Le PS va se reformuler, se restructurer et je serai au milieu ce travail. (…) Il y a une reformulation du progressisme à inventer. (…) Aujourd’hui, on voit bien qu’il faut tout à la fois une continuité et qu’il faut incarner. Le PS ne peut plus vivre comme la SFIO, c’est à dire avec une verticalité, nous laissons ça à Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron ou à Marine Le Pen. Il faut faire vivre plus fortement les mouvements associatifs, être en interaction avec la société civile et les mouvements citoyens, il faut trouver une nouvelle formule d’agrégat politique. (…) Je serai partie prenante du renouvellement mais il ne consiste pas à faire table rase, il faut conserver sa mémoire.

Gouvernement d’Edouard Philippe

Sur la nomination de Nicolas Hulot au Gouvernement « Entre Areva et Ushuaïa il va falloir choisir! »

Le clivage gauche/droite est important sur des questions comme la réforme du travail ou la suppression des fonctionnaires. (…) Le libéralisme porté par la droite n’est pas la ligne de la gauche qui veut de la modernité mais aussi la protection des salariés.

07 Mai

Commentaires fermés sur Résultat du 2e tour de l’élection présidentielle – Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – Dimanche 7 mai 2017

Résultat du 2e tour de l’élection présidentielle – Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – Dimanche 7 mai 2017

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Jean-Christophe Cambadélis : « La France doit… par PartiSocialiste

Déclaration de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Dimanche 7 mai 2017

Seul le prononcé fait foi


Françaises, Français, mes chers compatriotes,

La victoire d’Emmanuel Macron est un succès pour la République qui ce soir est mise à l’abri.

Nous sommes fiers d’avoir contribué à freiner la poussée nationaliste en appelant explicitement à voter pour Emmanuel Macron, sans fausse pudeur et sans calcul. Je tiens ici à remercier les militants et les sympathisants socialistes qui ont distribué des tracts et fait campagne activement pour faire reculer la haine.

Malgré la menace, beaucoup de nos concitoyens ont choisi l’abstention. Nombreux sont ceux qui ont choisi un bulletin blanc ou nul.

Surtout, avec près de 11 millions de voix, l’extrême droite atteint ce soir un triste record pour notre pays.

Ce résultat est à l’image de cette campagne : il est déroutant voire inquiétant. Ce résultat nul ne peut s’en satisfaire, il a une trop grande part d’ombre.

Même si le succès d’Emmanuel Macron est indéniable et nous saluons le nouveau Président de la France, ce résultat est un appel urgent au rassemblement.

Oui, le nouveau président de la République se trouve devant l’ardente obligation de rassembler tous les Français, certes comme chaque Président, mais plus que jamais rassembler, cela veut dire ne pas céder aux vertiges de la victoire.

Rassembler, cela suppose de reconnaître l’ardente nécessité de l’écoute.

Rassembler, cela nécessite de construire dans un esprit de compromis des solutions concrètes, efficaces, sociales et justes pour tous nos concitoyens.

Ce soir, la République reste préservée du populisme xénophobe. Mais, dès demain, il va falloir travailler d’arrache-pied pour renforcer partout la République. N’oublions pas les grands défis de notre pays : la fracture sociale, les inégalités salariales, le chômage, la croissance, le terrorisme ou l’Europe.

De fait, personne ne peut souhaiter l’échec de ce quinquennat qui s’ouvre. Il faut maintenant penser à la France, ne pas préjuger et encore moins se réfugier derrière des raisons partisanes.

Si nous souhaitons la réussite de ce quinquennat pour la France et les Français, nous sommes persuadés que seuls l’esprit de dialogue, l’impérieuse obligation de préserver notre cohésion ‎par la justice sociale et l’écologie solidaire permettront à notre pays de s’en sortir.

La tâche qui attend le nouveau Président de la République est à l’image de sa responsabilité : immense ! Les forces du commencement seront les plus difficiles à mobiliser. Car il n’y aura dans les tréfonds du pays, peu d’état de grâce.

Face à la fragmentation contemporaine qui tiraille notre pays, c’est le rôle irremplaçable de la gauche de rassembler les Français et de redonner sa force et son unité à la France. Notre position est donc claire : la France doit avancer, mais en ne laissant aucun des siens au bord du chemin. Autrement dit, nous nous battrons pour que personne ne reste en marge. C’est dorénavant notre rôle.

Ce souci premier de justice, inscrit dans notre histoire, nos principes et notre programme, va être utile à la France. Cet esprit de responsabilité mais aussi cette volonté de justice sociale est la meilleure façon d’aborder ces temps du commencement.

Le pays a besoin de tous ses enfants et d’abord de la gauche.

Je vous remercie.

 

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

02 Mai

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Meeting de Dijon contre le Front National – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – mardi 2 mai 2017

par

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Dijon, mardi 2 mai 2017

Seul le prononcé fait foi

 

Mes cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Nous voici donc ici, à Dijon, au cœur de la Bourgogne. Au cœur aussi d’une étrange campagne qui a mis l’extrême droite au second tour. Vous l’aurez compris, le lieu me convient bien plus que le moment.

Mais ce moment difficile, dangereux, il faut l’accepter tel qu’il est. Il faut y répondre avec volonté. Il faut l’affronter sans transiger. Il faut donc le qualifier et dire les choses sans se tromper : La bataille de France vient de commencer.

Oui, deux destins sont possibles pour notre grande nation. L’issue de cette grande bataille déterminera le chemin que la France prendra dans ce siècle. Elle ne se jouera pas seulement dans cette élection car le combat durera au moins une décennie. Mais, l’issue de cette élection marquera de son empreinte le déroulement de cette bataille de France, en France et pour la France.

Mes chers amis,

Nous sommes rassemblés ici pour adresser un message clair au pays. Un message limpide dans une période trouble. Un message fort, pour la République, contre le nationalisme.

Ce message, tu l’as porté à l’instant, cher François, comme tu penses et comme tu agis : avec conviction et avec précision. Ici, dans cette belle ville qui t’a vu naitre, qui peut être fière de t’avoir choisi comme maire. Et qui peut être fière que ce message parte de son enceinte.

Ce message, chère Laurence, tu l’as délivré avec justesse et avec sincérité.

Ce message, le Premier ministre est venu le porter personnellement. Tu as dit les choses comme il se doit cher Bernard, avec gravité, en homme d’État que tu es, avec une haute conception de la France.

Ce message, je veux également le porter devant vous, prendre ma part dans ce moment, en aidant la République à trouver la réplique.

 

*          *          *

Mes chers amis,

Vous le sentez n’est-ce pas ?

Vous le sentez ce poids ?

Il nous vient de notre responsabilité face à l’Histoire. Mais, pas seulement. Ce poids, c’est aussi celui du regard que le monde entier pose sur nous en ce moment. Oui, le monde entier nous regarde. Inquiet. Impatient. Il veut savoir ce que la France va dire. Ce que la patrie des droits de l’Homme et le berceau de la Révolution va faire. Le monde entier veut savoir si la vague nationaliste va également emporter la France. Il veut savoir si la longue chaîne qui nous relie à 1789, à cette Révolution qui a enfanté la République, va se briser sous leurs yeux.

Oui, vous le sentez, l’Histoire s’écrit en ce moment. Et elle nous invite aussi à regarder la géographie. Partout dans le monde, je dis bien partout, la régression est en progrès. Partout, la peur étreint les cœurs et brouille la raison. Partout, on observe cette lame de fond autoritaire et xénophobe. En Pologne, en Slovaquie, en Tchéquie et en Hongrie, les populistes font reculer les droits. En Turquie, l’islamisme est en train d’enterrer le kémalisme. Et, après le choc du Brexit, il y a eu le coup de tonnerre de la victoire de Trump. Et pendant ce temps, monsieur Poutine avance ses pions, en Europe et au Moyen-Orient. Et ensemble, Poutine et Trump réunis, observent de manière gourmande et intéressée le lent délitement de l’Europe. Ils verraient bien entendu d’un bon œil que la France cède elle aussi aux sirènes du nationalisme.

En France, ce nationalisme a pris les traits de madame Le Pen. Si le Front national avait sa spécificité, il prend aujourd’hui sa place dans ce concert international des nationalistes. Le Front national est un maillon d’une chaîne redoutable qui va créer le chaos et jeter les peuples les uns contre les autres.

Dimanche prochain, ce n’est pas une élection comme les autres car le Front national n’est pas un parti comme les autres. Chacun essaye de voir dans ce vote un référendum. Pour ou contre l’Europe disent certains. Pour ou contre la mondialisation disent d’autres. Je vous le dis : dimanche prochain, c’est un référendum pour ou contre la République.

Mes chers camarades,

Oui, le Front national est un danger pour la République. Pas seulement par son passé, par ce qu’il fait dans les collectivités mais par l’avenir qu’il nous promet. C’est un triple péril, pour les Français, pour la République et pour l’Europe.

Le peuple Français, Madame Le Pen en parle sans cesse. Elle parle sans gêne en son nom. Elle se prend pour le peuple. Mais, il est où le peuple ? Dans 23% des Français ? Et les 77% restants ? Le peuple il est partout ! Personne n’a le monopole du peuple. Surtout, quand on sait que les premières victimes de sa victoire, ce serait le peuple lui-même. Car Madame Le Pen va ruiner les Français en organisant le repli aux frontières. La sortie de l’Euro et de l’Europe ? C’est la ruine des petits épargnants et de tous les ménages, l’augmentation des prix et le surendettement national.

Alors, même si madame Le Pen s’emmêle les pinceaux sur les modalités de sa sortie de l’Europe avec son nouvel ami Dupont-Aignan, par contre, soyez-en sûrs : il n’y aura pas de retard en ce qui concerne la sortie de la République.

Madame Le Pen s’apprête à piétiner notre devise républicaine. Elle compte bien remettre en cause tout de suite le cœur du droit, à savoir les droits de l’homme. Elle envisage en effet l’instauration d’un principe constitutionnel de « préférence nationale ». Madame Le Pen va trier les Français en les obligeant à prouver leur « francité » pour pouvoir bénéficier de la protection sociale et des conventions collectives. Elle fragilisera la protection de l’État en organisant la chasse aux « faux Français » dans l’administration, l’armée, la police, l’école, les hôpitaux.

Hier, le 1er mai, nous avons assisté à une véritable manipulation. Jean-Marie le Pen parlait à l’extrême droite classique et dépeignait de manière à peine voilée sa fille en Jeanne d’Arc. Il s’agissait là de convaincre les plus xénophobes que celle-ci n’avait pas changé malgré la dédiabolisation. Et au même moment, Madame Le Pen entonnait son champ nationaliste traduisant en termes adaptés les mêmes thèmes, pour montrer qu’elle avait bien changé, pour ne pas effrayer, pour mieux capter les colères multiformes de la société française.

Il ne faut pas se laisser abuser : il y a une ligne commune dans les deux discours, il y a une filiation évidente : tous deux veulent abattre la république en séparant – de force si besoin – ceux qu’ils appellent les Français « de souche » et les Français « de papier ».

Oui, Madame Le Pen c’est le désordre dans la société, en France et en Europe. Voilà son programme : Noyer les Français dans le poison de la division et broyer la France dans les replis du nationalisme étroit.

Pourtant, face à l’évidence de la menace, certains nous disent : « Voter Macron ? Mais, quand même, son programme est un peu flou… ». « Voter Macron ? Mais, il incarne un peu le néolibéralisme qui enfante l’extrême droite… Il incarne les causes et madame Le Pen les conséquences… ».

Je vais le dire le plus clairement possible : le 7 mai, il n’y aura pas de « mais » ! L’extrême droite est près du pouvoir. Tout près. Elle n’est plus à 18% mais à 40% au moins !

Elle est près du pouvoir et elle est prête aussi à l’exercer pour appliquer son programme, non pas d’alternance mais d’altération de ce qu’est la France !

Mes chers amis,

Oui, la République est en jeu car l’extrême droite l’a mise en joue.

Face à ce danger pas comme les autres, il ne faut pas tergiverser. Il ne faut pas se tromper de colère ni se tromper d’élection. Ce soir, devant vous, je mets donc solennellement en garde les dirigeants politiques de tous bords qui pensent pouvoir instrumentaliser ce second tour de la présidentielle en vue du premier tour des législatives.

Tout ce qui conditionne le vote pour monsieur Macron renforce le vote pour madame Le Pen. Chaque phrase qui pointe une faiblesse de monsieur Macron redonne de la superbe à madame Le Pen. Il y a déjà eu beaucoup trop de calculs et pas assez de convictions dans le premier tour de cette élection présidentielle pour continuer à prendre des risques.

Et pourtant, certains continuent de jouer aux apprentis-sorciers. Ils pensent pouvoir contrôler et donc doser la vague du dégagisme. Mais, le dégagisme sort toujours de son lit. Le dégagisme n’obéit jamais aux démocrates. Jamais. Nulle part. Les tenants du ras-le-bol et du renouveau devraient bien l’avoir en tête, où qu’ils se situent.

Pour ma part, je n’en appelle pas au dégagisme. J’en appelle à la République !

Et la République, on ne la sert pas à moitié.

La République, on ne la porte pas à demi.

La République, on ne la défend pas avec du ni-ni.

Quand la République est en danger, on ne peut pas faire le choix de la neutralité. Quand la France est en jeu, on ne se drape pas dans le drapeau Suisse. Il faut dire ce qui est : Le ni-ni débouche sur l’abstention et l’abstention débouchera sur la victoire de madame Le Pen.

Certains sont en train de nous inventer une nouvelle catégorie du vote : le vote subtil… Mais, l’heure n’est pas aux raisonnements fins, débités par des fines bouches. Ceux qui abandonnent la stratégie front contre front pour lui préférer le froufrou des calculs politiciens en seront pour les frais. On les retrouve à droite comme à gauche.

A droite, certains tentent d’expliquer à leur électorat qu’un Emmanuel Macron affaibli permettrait de renforcer la droite et donc de forcer une cohabitation en juin.

A gauche, certains tentent de nous vendre l’idée que le soutien à Emmanuel Macron doit être le plus laconique et le moins évident possible pour mieux préparer l’opposition en juin.

Toute cette finesse me dépasse. Vous aussi ? Vous avez raison. Lorsque qu’un animal vous charge alors que vous avez une pierre attachée au pied, vous ne discutez pas. Vous prenez la pierre pour vous défendre.

Plus madame Le Pen sera forte à l’issue du second tour, plus elle pourra peser sur les débats des mois et des années à venir. Son score élevé, elle le transformera en capital politique pour peser sur le destin de notre pays. Avec un score élevé, elle pourra s’appuyer sur la rue pour toute sorte de chose. Aucun doute : Un score élevé sera utilisé pour nous enjoindre de ne plus la ramener.

Alors, mes chers camarades, l’objectif est clair : il faut mettre madame Le Pen le plus bas possible sinon elle mettra un jour ou l’autre à bas la République.

Pour juger d’un danger, il faut considérer non seulement ce qui menace mais aussi et surtout ce que l’on peut perdre. Là aussi il faut être clair car les intentions de l’ennemi sont évidentes. Je comprends toutes ces positions qui découlent d’analyses différentes de ce moment. Je comprends que trop bien les désaccords qui se dessinent. Mais, disons-le, dans la France de madame Le Pen, il n’y aura pas de désaccords possibles.

Il ne faut pas tout confondre. Je ne confonds pas les élections. Bien entendu que nous avons un programme différent du candidat En marche. Le programme de Monsieur Macron, comme les autres programmes, j’aurai l’occasion d’en parler, plus en détails mais plus tard. Pas ici, pas maintenant. Ce qui est en jeu ce n’est pas le contenu de la politique dont notre République a besoin. Ce qui est en jeu, c’est la survie politique de la République.

Je ne confonds pas non plus madame Le Pen et ses électeurs, leur colère et sa volonté à elle de les exploiter. Mais, je sais très bien que si elle gagne, ce ne seront pas ses électeurs qui seront à l’Élysée, ce sera elle. Je sais pertinemment qu’elle agira en suivant les raisons et les réseaux de son père.

Dans ce moment plein de tourment, il faut avoir le sens des priorités, il faut avoir le sens de l’intérêt général, de ce qui compte et donc aussi du temps long. Nous l’avons dit, la bataille de France durera au moins une décennie. Chaque faux pas se paiera au prix fort. En conséquence, il faudra peser chaque parole, chaque action.

Ainsi, à celles et ceux qui sont sûrs de leur vote, je dis : ne cherchez pas à donner des leçons mais cherchez plutôt à donner des raisons d’aller voter le 7 mai.

A ceux qui doutent, je dis : Dimanche prochain, j’irai voter pour monsieur Macron d’un pas serein. Je choisirai ce bulletin calmement. Et tranquillement je le glisserai dans l’urne avec le sentiment du devoir républicain accompli.

 

*          *          *

Mes chers camarades,

Voilà le moment où nous sommes : Un moment qui teste la puissance de nos convictions et la force de notre engagement.

Voilà l’ennemi qui se tient devant nous : Un ennemi qui a rompu son isolement.

Dans ce moment et face à cet ennemi, il faut se tenir tranquille et droit mais surtout tenir bon. Notre parti ne peut pas se perdre dans les faux calculs et l’esthétique de la tactique. J’ai confiance. Si notre parti se tient droit, c’est qu’il incarne une raison au service d’un espoir. Si notre parti tient bon, c’est qu’il repose sur une conviction commune profonde, celle de la République, dans le sens de la justice et du progrès, au service de tous les Français.

Comme toujours, nous sommes du côté de la France. La France forte et diverse. Forte parce que diverse. Elle est à l’image de ces tuiles colorées et vernissées de Bourgogne, diverse mais harmonieuse, attirant les regards, inspirant le beau et le bon. Le Front national détruirait tout cela, c’est écrit dans son passé et dans son projet. Il l’assume et le revendique.

Oui, le moment est plus qu’inquiétant. Mais, quand un progressiste voit quelque chose qui l’inquiète et le révolte, eh bien, il ne s’agite pas, il agit !

A nous d’agir ! A nous de nous engager jusqu’à dimanche. A voter Macron et à faire voter Macron !

On vous dit que nous serions marginalisés ? Mais, quoi ? Les combats des socialistes seraient devenus inutiles ? C’est tout l’inverse ! Comme jamais la République a besoin de nous !

L’attachement viscéral aux libertés, ce serait futile de le porter ? Mais, c’est le ferment de la France !

La passion de l’égalité, ce serait une faiblesse de l’incarner ? Mais, c’est la force de la France !

L’engagement pour la fraternité, ce serait un peu caduc de s’y plonger tout entier ? Mais, c’est le sens de la France !

Quoi ? Le combat pour la République serait dépassé ? Mais, c’est l’âme de la France !

Oui, il nous revient, chers camarades, d’être en première ligne pour que la France reste la France !

Voilà pourquoi, mes chers camarades, ce soir, j’ai le cœur fier en prononçant devant vous ces derniers mots. Ces mots avec lesquels tout prend sens et tout se mesure. Ces mots qui achèvent les discours mais qui inaugurent toute action au nom du progrès. Ces derniers mots qui sont en fait les premiers :

Vive la République et vive la France !

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre