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26 Fév

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L’invité de Francis Letellier dans Dimanche en politique sur France 3

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce dimanche 26 février 2017, aux questions de Francis Letellier dans « Dimanche en politique » sur France 3.

 

Pour visionner le replay de l’émission:


Jean-Christophe Cambadélis : « Emmanuel Macron pense que Fillon a perdu »

20 Fév

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L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce matin aux questions de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


4 Vérités – Présidentielle : Hamon et Mélenchon… par francetvinfo

 

Gauche

Face à la droite et à l’extrême-droite, nous sommes condamnés à nous entendre, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon. Tout le monde sait très bien et tout le monde comprend très bien que dans les conditions actuelles, nous sommes éliminés du second tour. Donc il faut que le mouvement se fasse autour d’un candidat.

Le problème n’est pas ce que pense Jean-Luc Mélenchon mais la nécessité de réconcilier la gauche sur un axe un peu plus à gauche, sur la réhabilitation du bilan et une crédibilité assumée.

Quand vous ne pouvez pas vous mettre d’accord au sommet, quand vous ne pouvez pas vous mettre d’accord entre les appareils, il faut créer de la dynamique pour que ce soit les électeurs qui tranchent. Par exemple aujourd’hui, les électeurs qui sont autour de Jean-Luc Mélenchon voient bien que l’efficacité commande de se rassembler autour de Benoît Hamon; et faire en sorte que celui-ci puisse engager sa dynamique. Quels sont les désaccords avec Jean-Luc Mélenchon ? Ils sont minimes au regard de l’enjeu de la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon n’avait pas prévu l’arrivée de Benoît Hamon. Il est gêné par cette nouvelle donne, d’autant que Benoît Hamon peut tout à fait s’entendre avec Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

La dynamique est en place autour de Benoît Hamon. Les discussions se poursuivront.

Si Benoît Hamon gagne l’élection présidentielle, toutes les gauches seraient représentées dans son gouvernement. Ça vaut le coup de discuter !

Sur Emmanuel Macron

Emmanuel Macron va parfois plus vite que la musique et ne prend pas en compte la situation, les difficultés.  À force d’être ni de gauche ni de droite il est nulle part.

Sur François Fillon

Les Français hésiteraient à voter pour François Fillon s’il était face à Marine Le Pen au 2e tour de l’élection présidentielle. Il prend une grande responsabilité pour la droite et pour la France en se maintenant candidat à la présidentielle.

Je pense que Marine Le Pen est en dynamique et je crois qu’on aurait tort de ne pas penser qu’elle puisse gagner l’élection présidentielle. Je dis cela depuis des mois et des mois, mais aujourd’hui on commence à s’en apercevoir. Et je pense qu’il faut des candidats qui soient capables de créer une dynamique face à elle. C’est pour ça que je pense que quelqu’un comme Benoît Hamon est plus à même de rassembler le pays que beaucoup d’autres.

14 Fév

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L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info:

 


Pour Jean-Christophe Cambadélis, « l’inventivité… par franceinfo

 

Depuis 2005 la situation est très difficile car une stigmatisation des banlieues s’est développée. Vous ne pouvez pas prendre la manière dont on regarde les banlieues indépendamment de la situation politique, de la montée de l’identitaire dans la vie politique et quelque part de cette stigmatisation des banlieues.

On est dans le vieux monde. On ne comprend pas ce que veulent les jeunes dans les banlieues. L’erreur de tout le monde, c’est de proposer aux banlieues les services publics, alors que les jeunes veulent innover par eux-mêmes

On est dans la nécessité que les services publics soient présents évidemment. On est dans « il faut que ce ne soient pas des zones de non-droit » : absolument. Mais ce n’est pas ça, le fond. Le fond, c’est qu’ils se sentent totalement exclus et ils ne peuvent pas accéder à la société telle qu’elle est aujourd’hui.

Dans les banlieues il y a une inventivité, une énergie considérable qui n’est pas prise en compte.

J’appelle tous les responsables politiques à ne pas instrumentaliser la situation. Ils auraient tort.

Marine Le Pen stigmatise. Elle crée une situation de grand désordre. (…) Il y a un vrai malaise qui n’est pas que sécuritaire.

Election présidentielle de 2017 / gauche

Jean-Luc Mélenchon a tort. Si la gauche est fragmentée, c’est Marine Le Pen qui gagne. (…)

Jean-Luc Mélenchon a son 1/4 d’heure chasseur de têtes. Jean-Luc Mélenchon dit que Benoît Hamon a été porté par une vague qui venait de lui. Mais je constate qu’il ne veut pas la prendre et qu’il reste sur son rocher. Il ne peut pas rester sur l’Aventin en disant il y a quelques têtes qui ne me plaisent pas. C’est de quel niveau politique ça ?

Il faut avoir un petit peu le sens unitaire de la gauche vue la situation.

Je ne dis pas « dégage » comme Jean-Luc Mélenchon mais « discutons ».

Benoît Hamon a été élu contrairement à Jean-Luc Mélenchon. La primaire a eu lieu et a été un succès.

Affaire Fillon

Il va falloir que le parti Les Républicains tranche vite parce qu’aujourd’hui il n’y a pas de débat possible, parce que tout le monde ne parle que de l’affaire Fillon. Soit il reste, soit ils le changent mais c’est terminé.

Je dis: le feuilleton Fillon ça suffit ! Il y a une présidentielle ! Et pendant ce temps-là tranquillement, tout doucement, dans le silence le plus absolu, le Front national progresse. Personne ne peut installer un vrai débat donc il faut lever l’hypothèque Fillon : il reste ou il s’en va, mais ça ne dure pas.

Sur Emmanuel Macron

Nous avons un désaccord avec Gérard Collomb sur le candidat à la présidentielle. S’il parraine Emmanuel Macron il sera en dehors du PS. Gérard Collomb est un ami, on pourra toujours de retrouver plus tard. Tout le monde comprend qu’on ne peut pas être joueur du PSG et jouer pour Monaco.

Gérard Collomb a été cohérent: il est parti avant la primaire.

Je voudrai éclairer le tapis. Je veux dire où il est ? A un moment donné c’est quand même difficile de poser un débat politique sur les uns qui obscurcissent le débat, les autres qui se dérobent du débat.

08 Fév

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L’invité de « Questions d’info » sur LCP en partenariat avec AFP, Le Monde et France Info

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Questions d’info sur LCP en partenariat avec AFP, Le Monde et France Info.

Il répondait aux questions de Frédéric Haziza, Frédéric Dumoulin, Françoise Fressoz et Yaël Goosz.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

 

Agression de Théo à Aulnay

« Le président de la République a eu parfaitement raison de se rendre à son chevet, c’est un acte fort ».

Affaire François Fillon

« Quand on s’excuse, c’est qu’on a commis une faute. Donc il a commis une faute. (…) Je ne voudrais pas être cruel, mais imagine-t-on le Général de Gaulle conseiller rémunéré de multinationales ?

Il faut voir quand même que le candidat à l’élection présidentielle doit incarner l’intérêt général et qu’à partir du moment où vous avez cet intérêt particulier et cette liaison avec de nombreuses multinationales, vous allez avoir du mal à incarner l’intérêt national.

Fillon a un rapport assez bizarre à l’argent. Les questions d’argent sont des questions importantes pour lui. (…) Je pense que l’attaque de M. Bayrou est juste.

Nous sommes dans un climat qui ressemble à ce qui s’est passé aux Etats-Unis. On n’a pas vu la personnalité de Donald Trump, on a vu le rejet d’une représentation politique qui semblait éloignée des intérêts des Américains liée à la finance. Tout ça crée un climat de suspicion dans lequel le Front national se propulse et se construit. (…) Je n’annonce pas la victoire de Marine Le Pen, je crois qu’on peut se rassembler pour la battre. »

Election présidentielle

« L’équation de Benoît Hamon, à savoir un avenir pour tous et une préoccupation du quotidien, est une équation gagnante.

Cécile Duflot revient sur ses errements, c’est une bonne chose. Elle revient à l’unité. Toute personne qui revient à l’unité, pour moi, c’est positif.

Emmanuel Macron profite d’une situation incertaine et pour bien en profiter il ne veut pas se définir. Emmanuel Macron ne dit rien. Cette absence de définition cache telle quelque chose?

Notre stratégie est très simple : c’est mettre Hamon au deuxième tour.

Si les parlementaires signent le parrainage à Emmanuel Macron ils ne seront plus socialistes.

Avec Gérard Collomb nous ne partageons pas le même choix à la présidentielle, ce qui ne veut pas dire qu’on ne se retrouvera pas. »

Front national

«Le Front national est facteur de désordre : désordre avec nos partenaires en Europe, désordre dans le pays. (…) Le point de faiblesse de Marine Le Pen c’est qu’elle insécurise la France, et qu’elle ne protège pas les Français.

Le parti du désordre, parfois même de l’affrontement social dans notre pays, c’est le Front national.»

07 Fév

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L’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV et RMC

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Jean-Jacques Bourdin dans « Bourdin Direct » sur BFM TV et RMC.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que  ses principales déclarations:

 

Sur François Fillon

« François Fillon a dit à son camp, la droite, j’ai  commis une faute mais vous n’avez pas le choix. À partir du moment où Alain Juppé a dit qu’il n’irait pas, François Fillon a pris en otage son propre camp. (…) Je ne veux pas l’abattre mais le combattre car son programme est épouvantable pour les salariés.

François Fillon s’est présenté comme l’homme honnête dans sa campagne. Quand je vois son rapport à l’argent je suis un peu dubitatif. Il a décidé de rester mais nous verrons dans quelques semaines s’il a eu raison ou pas. »
Les Français jugeront

Sur Emmanuel Macron
«  Emmanuel Macron n’est pas un gourou  mais je suis inquiet car il ne veut pas dévoiler son programme. Qu’est-ce qu’il cache? Depuis juillet, on nous dit que c’est la ‘semaine prochaine’. Est-ce qu’il y a quelque chose qui n’est pas avouable? Emmanuel Macron ne veut pas se définir et ça commence à poser problème. En attendant c’est un peu creux. (…) Je ne peux pas discuter avec Emmanuel Macron, je ne sais pas ce qu’il veut ! ‘La présidentielle c’est moi’ c’est un peu court quand même !

Ceux qui mandateront Macron ne seront plus au Parti socialiste. Comme ceux qui auraient voté la motion de censure ne pouvaient plus l’être. »

Sur Benoît Hamon

« Le bilan du quinquennat est globalement positif. (…) Benoit Hamon doit défendre ce qu’il estime bon dans le bilan de François Hollande.
Benoit Hamon n’est pas candidat sur un bilan mais pour un avenir. Nous avons un candidat qui rassemble. Il n’y a pas d’explosion du Parti socialiste.

Jean-Luc Mélenchon veut-il rester à 10% dans son splendide isolement ou participer à une action de redressement ?

Benoît Hamon a une personnalité solide et incarne le renouveau. (…) Il fait revenir à la politique une génération. Les jeunes. Et cela est très important. (…) Il y a un intérêt pour la vie quotidienne des Français chez Benoît Hamon qu’on ne voit pas chez les autres candidats.

Les Français se diront : avec Benoît Hamon on a du renouveau et en même temps on a la solidité du Parti socialiste. »

15 Jan

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Baptiste Boursier sur BFM TV

L’invité de Jean-Baptiste Boursier sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 15 janvier l’invité de Jean-Baptiste Boursier dans BFM Politique sur BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Primaire le débat sur BFM TV, I Télé et RMC

Ce soir, il faut que les candidats continuent à être sérieux mais qu’ils indiquent un peu plus ce qui les distingue.

Il y a des divergences mais de grandes convergences entre les candidats.
Oui j’ai un candidat préféré mais je ne peux pas le dire. Je respecte le choix des électeurs de gauche.

Le bilan du quinquennat est bon, nous avons redressé la barre. Il a fallut reconstruire notre appareil productif.

Il ne faut pas être électoraliste, il faut avoir un projet pour la France.

Il n y a pas de dynamique. Pour l’instant, ni Macron, ni le candidat putatif de la gauche, ni Mélenchon ne gagne la présidentielle. Donc, pour moi, c’est zéro. Et maintenant, parlons de la gauche. (…) Le jour où il y aura un candidat, tous ceux qui soutenaient un candidat à la primaire, ou une grande partie d’entre eux, seront derrière lui.

Je dis aux électeurs de gauche: ‘Vous avez en main la clé de la présidentielle. Si vous venez voter massivement à la primaire, pour quelque candidat que ce soit et que le candidat est désigné, massivement, nous réorganisons l’ensemble du paysage politique parce que ce sera Macron et Mélenchon qui devront se déterminer par rapport à ce candidat' »

Le vote utile c’est toujours le PS. Car il n’y a que nous qui pouvons rassembler. Macron ne rassemblera jamais Mélenchon, et nous nous gouvernons dans les régions avec les communistes. Et Mélenchon ne peut pas se rassembler avec Macron.
Au Parti Socialiste il y a un vrai projet de société, celui d’une société cohérente dans un monde qui ne l’est pas.

« Je crois que chaque candidat veut apporter sa pierre. Chacun peut improviser une nouvelle politique économique à partir du redressement.

A cette étape il n’y a pas de projet majoritaire en France.

Dans 48h, il va y avoir le vote de la présidence au Parlement Européen. Si c’est la droite qui l’emporte sur ce vote, c’est un évènement historique majeur. Je pose une question aux candidats : Quelles seront leurs propositions face au résultat du vote ?

Précariat
« On ne parle pas des gens qui sont passés de l’autre côté du bateau. Ça me semble être un projet nécessaire pour la gauche. »

Macron/ Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas que notre primaire soit une réussite car ça l’ennuie de ne pas en être.

On ne s’offusque pas que monsieur Macron décide tout seul qui seront les candidats dans les 577 circonscriptions. Et ça pose un problème.

N’est-ce pas aux adhérents de décider ? C’est toute la différence : nous, nous avons des primaires et ce sont nos militants qui décident qui sont les candidats aux élections législatives. Pour moi, le choix, la manière de faire, c’est aussi une indication de quel type de politique on veut faire.

Pour l’instant Emmanuel Macron est un problème pour Fillon.

Le monde est incertain. Quand vous avez face à face Trump et Poutine, il va falloir tenir la barre durant les 5 ans à venir.

Sur la santé

« Notre intérêt pour les services de santé ne s’est jamais démenti. Nous avons redressé les comptes de la sécurité sociale, nous devons continuer dans ce sens.

Débat face à Bruno Gaccio : le PS est-il mort ?

Le Parti socialiste est une réalité. C’est les militants, les gens qui vont sur le terrain. Nous avons gagné la présidentielle grâce à ces militants et ces adhérents. Si le Parti socialiste n’existait plus, la gauche ne serait plus en capacité de se rassembler. Nous avons une seule voie pour être au second tour, c’est de réussir les Primaires Citoyennes.

05 Jan

Commentaires fermés sur L’invité de Fabien Namias sur Europe 1

L’invité de Fabien Namias sur Europe 1

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique de Fabien Namias sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Dérapage de Vincent Peillon, primaire de la… par Europe1fr

Election présidentielle / Primaires citoyennes

« Nous sommes les derniers à nous organiser pour la présidentielle et nous serons la clé de celle-ci.

Aujourd’hui tout le monde est bloqué. Monsieur Fillon ne sait pas s’il est radical ou pas radical, s’il doit aller chercher le centre ou rester à droite. Marine Le Pen est embêtée dans sa polémique avec Marion Maréchal-Le Pen, Emmanuel Macron n’a pas d’alliés, Mélenchon est dans l’hostilité totale vis-à-vis du parti socialiste », détaille-t-il. « Personne ne gagne aujourd’hui. Il n’y a pas de désir majoritaire.

Une élection présidentielle ça se construit dans la dernière ligne droite. Pas un an avant.

La primaire intéresse les Français. On va le voir de plus en plus.

On a décidé de concentrer les bureaux de vote là où il y a forts votants de gauche.

On confond la sociologie politique de l’intention électorale. Les fonctionnaires n’ont pas encore totalement perçu le projet de François Fillon, ils ne voteront pas la réduction du nombre de fonctionnaires. »

Sur les propos de Vincent Peillon : « On fait un mauvais procès à Vincent Peillon qui est revenu sur ses propos. »

Sur la non participation d’Emmanuel Macron à la primaire de la gauche

« Emmanuel Macron s’est dérobé à une procédure démocratique. Pourquoi n’est-il pas venu ? S’il pensait être le meilleur, il l’aurait emporté et on se serait retrouvé dans une situation où tout le monde se serait regroupé autour de lui. Je ne pense pas qu’il aurait gagné, mais il aurait pu le tenter. Il en a peur, il a peur du vote des citoyens. Quelle est l’explication qui l’amène a ne pas se présenter ? D’autant qu’aujourd’hui il ne plie pas le jeu politique !

Macron, PS, Mélenchon : « Nous sommes tous les trois, Jean-Luc Mélenchon, les socialistes de la Belle Alliance populaire et Emmanuel Macron, de la même famille. C’est pour cela que j’étais favorable à une primaire qui aille de Macron à Mélenchon. Je regrette cette division. Quelle est l’explication qui les amène à ne pas se présenter à la primaire ? «

Projet de François Fillon

« Le projet de Fillon fait peur car il s’attaque à notre modèle social.

C’est sur cette orientation que François Fillon a gagné sa primaire. Il est obligé d’être fidèle au vote de la primaire. Mais il sait qu’il est trop à droite et ne peut capter le centre.

Disparition du Parti socialiste ?

« Le PS ce n’est pas un chiffre électoral ou un sondage. C’est une réalité humaine. C’est 200 villes de plus de 10 000 habitant ».

Exécutions ciblées au nom de la raison d’Etat 

« Nous sommes en guerre et la guerre nécessite parfois des actions extrêmes. (…) Le PS ne présente jamais sa deuxième joue…A partir du moment où on tue, nous sommes aujourd’hui dans un anniversaire de ce qu’il s’est passé à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher et de nos policiers qui ont été assassinés, je trouve que nous sommes dans la légitime défense qui est reconnue par les Nations Unies ».

 

05 Jan

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L’invité de Questions d’info sur LCP en partenariat avec France Info, Le Monde et l’AFP

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Mercredi 4 janvier 2017, Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Frédéric Haziza, Yaël Goosz, Françoise Fressoz et Frédéric Dumoulin dans Questions d’info sur LCP.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Primaires citoyennes

La primaire va déverrouiller la présidentielle : Monsieur Fillon est prisonnier dans un vote de droite extrême. Marine Le Pen est prisonnière de l’extrême droite. Monsieur Macron est prisonnier de sa ligne politique, « ni de droite, ni de gauche ». M.Mélenchon est prisonnier de son offensive anti-PS avec qui il ne veut pas s’allier. Pour moi la primaire va déverrouiller la présidentielle. Je n’ai jamais vu une élection présidentielle qui soit à ce point bloquée du point de vue politique.(…) Toutes les formations politiques, tous les candidats à l’élection présidentielle sont aujourd’hui bloqués dans leur couloir.

La primaire de la gauche est une primaire pour qualifier au 2e tour de la présidentielle. Cette primaire va déverrouiller l’espace politique.

Sur les candidats à la primaire : « En tant que premier secrétaire du Parti socialiste je ne choisirai pas. J’ai décidé de garder cette position unitaire pour pouvoir rassembler l’ensemble de la gauche au lendemain de la primaire

Sur la visite de François Fillon à Emmaüs

« Vu les difficultés dans lesquelles il était sur sa politique sociale. Monsieur Fillon a décidé de manière urgente de poser le problème de la pauvreté. Il y a un désir à droite de voir François Fillon président, mais il n’y a pas de désir dans le pays, surtout qu’on vient d’apprendre que M. Fillon était maintenant un châtelain, et qu’il avait caché ceci lors du débat interne de la droite, ce qui montre la nature même de ce candidat. C’est un peu cruel que le jour où vous allez chez Emmaüs on publie dans la presse que vous avez un château caché qui vous donne une dimension de châtelain. C’est le châtelain….

Fillon, c’est simple: soit il dévisse, soit il glisse. Soit il est parjure à ce qu’il a dit lors de la primaire, en amendant son projet (…) sur la santé et auquel cas il dévisse parce que son électorat ne se reconnaît pas dans ce qu’il dit, soit il ne le fait pas et il va glisser dans les sondages, parce qu’il va libérer un espace au centre. »

Election présidentielle

Le pays s’améliore sur le plan économique, même s’il est dans le flou sur le plan politique. Dans ce flou, la gauche a toutes ses chances.

Nous sommes la seule formation à avoir zéro dette : Finances saines, bien gérées, et à l’équilibre.

Pourquoi faut-il qu’au point de départ ce soit le candidat socialiste qui soit pris en sandwich entre deux offres politiques ? Pourquoi on ne demande pas à M. Mélenchon et M.Macron de choisir entre faire perdre la gauche ou s’unir avec le candidat ?

J’observe que les candidats à la primaire ont pioché allégrement dans nos cahiers de la présidentielle ce qui est une réussite pour le PS

La même détermination que nous avons mise dans le redressement économique, il faut le mettre aujourd’hui dans le domaine du précariat.

François hollande en renonçant à se présenter à la présidentielle a fait un choix courageux et politique. Ce faisant, il a fait tomber le Hollande-bashing, et a permis à la France de regarder en face son bilan.

Tout le monde est conscient des enjeux. Il y a une prise de conscience, de l’urgence. L’urgence c’est la primaire et de créer de la dynamique autour de notre candidat-e au 2e tour de la présidentielle. C’est le meilleur moyen d’éliminer Marine Le Pen.

Nous demanderons à l’ensemble des candidats aux législatives de soutenir le candidat issu des primaires.

Face à l’orientation de la droite et les risques de l’extrême droite, ns devons rassembler le centre gauche et la gauche de la gauche pour gagner.

Je ne fais pas une croix sur la présidentielle. On peut se battre et on peut l’emporter. Rien n’est fait. Ceux qui sont dans l’après sont déjà dans la capitulation. Moi je suis dans le moment. Et j’encourage tout le monde à se rassembler à mener ce combat.

22 Déc

Commentaires fermés sur « La révolution, la gauche et nous », interview croisée de Jean-Christophe Cambadélis et Daniel Cohn Bendit pour L’Obs

« La révolution, la gauche et nous », interview croisée de Jean-Christophe Cambadélis et Daniel Cohn Bendit pour L’Obs

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L’Obs publie ce jour une interview croisée de Jean-Christophe Cambadélis et Daniel Cohn-Bendit que vous pouvez retrouver ci-dessous:

Pour Daniel Cohn-Bendit et Jean-Christophe Cambadélis, 1917 a changé la gauche et déterminé leurs choix politiques. L’ex-leader de Mai-68 s’est construit dans une opposition radicale au communisme. Le futur patron du PS s’est nourri des récits de la révolution russe et a fait ses armes dans une organisation trotskiste. Pour « l’Obs », ils ont accepté d’en débattre. Avec le concours d’un autre soixante-huitard, le réalisateur Romain Goupil, vieil ami de « Dany », qu’il accompagnait ce jour-là

Les révolutions russes ont eu lieu il y a cent ans. Pourquoi avoir accepté de venir en débattre avec nous aujourd’hui, au moment où la gauche française a tant d’autres problèmes ?

Daniel Cohn-Bendit Je trouve ça drôle, je n’y avais pas pensé !

Jean-Christophe Cambadélis Je voulais écrire un livre sur 1917, mais je n’aurai pas le temps. L’année 2017 va être un peu occupée pour les socialistes.

Qu’est-ce que ces événements représentent pour chacun de vous personnellement? Quelque chose de fondateur ?

J.-C. C. C’est, avec la guerre de 1914, la matrice du xxe siècle. Et la base de mon engagement politique, qui a démarré avec l’« Histoire de la révolution russe » de Trotski, que j’ai lu un été de mon adolescence. J’ai été emporté par cette histoire d’émancipation des peuples, de grande marche de l’humanité vers sa libération. A cette époque, je militais dans une toute petite organisation qui s’appelait Rouge et Noir [un groupuscule anarchisant, NDLR].

D. C.-B. Toi aussi ? Mais moi, c’était « Noir et Rouge » [une revue anarchiste]! (Rires.)

J.-C. C. A cette époque, les universités étaient très politisées. On vivait, après 68, dans l’espérance que la révolution était imminente. On vibrait à la fin des colonels, à la révolution des Œillets On prenait l’étendard de 1917, parce que c’est la révolution par excellence.

Pourquoi avoir choisi de militer à l’Organisation communiste internationaliste (OCI) ?

J.-C. C. J’ai toujours en mémoire mon arrivée à la faculté de Nanterre. Il y avait vingt ou trente tables avec les différents groupes, LCR, Alliance marxiste révolutionnaire, LO, conseillistes [conseils ouvriers] C’était le temps des groupuscules! Tous avaient une matrice commune, mais je suis allé à l’OCI parce que je pensais que pour faire la révolution, il fallait des ouvriers. Et cette organisation, qui avait des liens avec FO, était dirigée par un ouvrier de la RATP, Stéphane Just, et par un salarié de la Sécurité sociale, Pierre Lambert. Les autres organisations étaient à mes yeux celles d’intellectuels petits-bourgeois.

Et vous, Daniel Cohn-Bendit, vous n’avez pas été attiré par cette geste de 1917? Il y avait, dans vos années de jeunesse, le « communisme libertaire » dont vous étiez proche

D. C.-B. Je n’ai jamais été communiste ni trotskiste! Communisme et libertaire, c’est un oxymore qui ne fonctionne pas! Et j’ai eu la chance d’avoir un grand frère, de neuf ans mon aîné, qui avait fait toutes les conneries : il a été sartrien, trotskiste, il a été à la IVe Internationale, il a même trouvé LO sympathique Pour moi, 1917, c’est une référence négative, le début de la construction de mon opposition radicale au marxisme et au bolchevisme. Cette révolution-là a démontré que le putschisme bolchevique, qui a été dans la tête de tous les communistes depuis, avait quelque chose d’absolument terrifiant : la négation de toute possibilité de démocratie. Mes références positives de 1917, ce sont les conseils révolutionnaires, les révoltés de Kronstadt [en 1921, les marins de cette base navale russe se révoltent contre la dictature du parti bolchevique]. C’est un élément constituant de mon libertarisme et de mon identité politique.

Vous n’étiez pas fasciné par cette révolution ?

D. C.-B. Moi aussi j’ai lu l’« Histoire de la révolution russe » de Trotski, c’est vrai que c’est fascinant. Le Trotski de 1905, celui des conseils ouvriers, est presque libertaire. Mais son ralliement au léninisme a été une catastrophe. L’idée au coeur du bolchevisme, c’est qu’il y a une science de la révolution et que le parti possède la vérité. C’est là où commence le drame de tout révolutionnaire !

J.-C. C. Ce qui motive mon romantisme initial, c’est la révolution russe, mais c’est la révolution trahie! D’emblée, je suis antistalinien. Se mêlent dans mon engagement l’espoir d’une humanité qui change – « les masses montant à l’assaut des étoiles », pour reprendre une expression de l’époque – et l’idée qu’elle a été trahie par une bureaucratie. Donc la pureté de l’engagement est préservée. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas pourquoi autant de jeunes se sont engagés dans le trotskisme.

D. C.-B. Pour l’avenir de la Russie à l’époque, l’idéal aurait été la victoire des mencheviks. Cela aurait permis une évolution positive dans un moment politique difficile pour les Russes et, par la suite, la naissance d’une démocratie, disons bourgeoise.

J.-C. C. Je ne veux pas t’embarrasser, mais j’ai eu de nombreuses discussions avec François Mitterrand sur la révolution russe, et il défendait la même thèse (sourire) : le gouvernement provisoire d’Alexandre Kerenski permettait une transition démocratique. Mais Mitterrand me disait : « La révolution, on la fait quand elle vient. Quand elle ne vient pas, vous, les trotskistes, vous construisez un petit parti qui attend qu’elle vienne, et vous perdez beaucoup de temps. Pendant ce temps-là, vous n’améliorez pas la situation. »

Les germes du totalitarisme étaient-ils déjà dans la révolution de 1917 ?

J.-C. C. A partir du moment où le but n’est plus le changement social par rapport au tsarisme mais le maintien du parti, le totalitarisme est là !

D. C.-B. La révolution était présentée comme une science dont le parti était porteur. A partir de là, il n’y a aucun espace de démocratie. En mathématiques, tu ne peux pas voter! Tu ne soumets pas « deux et deux font quatre » au référendum !

J.-C. C. Tout vient du texte de Lénine, en 1908, « Matérialisme et empiriocriticisme ». Pour lui, entre matérialisme et idéalisme, il n’y a rien. Entre le prolétariat ou la bourgeoisie, il n’y a rien. C’est la dictature soit de l’un soit de l’autre. Ce livre, que Trotski avait violemment critiqué, est la matrice de ce bolchevisme dégénéré.

D. C.-B. Certes, mais c’est Marx qui le premier a théorisé la science de la révolution. Ce qui a été catastrophique, après, ce n’est pas seulement le parti mais cette volonté de « prendre le pouvoir ». Tous ces groupes que j’ai pu côtoyer, après, me cassaient les pieds avec ce problème du pouvoir! Au début de 68, Joan Baez passe à Paris. Elle veut discuter avec des étudiants. Elle est contre la guerre du Vietnam et défend le « pacifisme ». Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’elle a pris! « La révolution, c’est la prise du pouvoir, le pacifisme, c’est l’arme de la bourgeoisie. »

Romain Goupil On taxait sans arrêt les autres de « déviationnisme ». Il y avait une loi et l’OCI se posait en gardien de celle-ci. C’était encadré, vous imaginez mal à quel point on bossait, chacun dans les AG pouvait citer des phrases de la révolution.

Que reste-t-il de 1917 dans la gauche française aujourd’hui?

D. C.-B. Ce qui frappe, ce sont ses répercussions idéologiques jusqu’à aujourd’hui! La révolution russe est longtemps restée une matrice. Si tu disais un mot contre, tu étais renvoyé à la droite ou à l’extrême droite.

J.-C. C. Cet événement a pesé, a formé beaucoup de responsables politiques à la passion de l’histoire. Je me faisais cette réflexion en écoutant les intervenants, le 3 décembre, au rendez-vous de la Belle Alliance populaire. Tous les orateurs faisaient des références à l’histoire, disaient : « Il faut être au rendez-vous de l’histoire. » Mais il y a belle lurette que les uns et les autres ont rompu avec le matérialisme historique, l’avant-garde du prolétariat ou la nécessité de faire le bonheur des masses à leur place.

D. C.-B. Le peuple de gauche, celui qu’on voit descendre dans la rue, est toujours empreint de cette idée révolutionnaire. Cette idée qu’on ne changera les choses que s’il y a une rupture radicale avec le capitalisme. Cette pulsion révolutionnaire rend très difficile pour un gouvernement de gauche en France d’être réformiste et accepté.

Cette mémoire de 1917 n’explique-t-elle pas cette forme de schizophrénie d’une partie de la gauche qui caresse l’idée de révolution mais se montre, dans les faits, réformiste?

R. G. C’est vraiment le problème. Il n’y a eu en France ni Bad Godesberg [le célèbre congrès par lequel, en 1959, le parti social-démocrate allemand rompt avec le marxisme et se rallie à l’économie de marché] ni aggiornamento. Quand tu entends Nuit debout ou les frondeurs Ceux qui assument la rupture avec la révolution sont forcément des traîtres. Dans une manif sur la loi travail, ne dis surtout pas « on pourrait obtenir un compromis » ! Cent ans après, c’est encore très prégnant.

J.-C. C. Ce qui reste, c’est le vocabulaire de la traîtrise ! Quand un gouvernement de gauche est au pouvoir, il est obligatoirement traître à la cause. Regardez le discours du Bourget de François Hollande en 2012.

D. C.-B.
Un discours minable.

J.-C. C. Un discours de campagne. En germe, il y avait la traîtrise, le PS lié au patronat.

D. C.-B. 1917, c’est la radicalité. Mais dans le monde d’aujourd’hui, il ne peut pas y avoir de gouvernement qui ne soit pas dans le réformisme, dans les compromis. Regardez Angela Merkel : elle fait une coalition avec les sociaux-démocrates. On me rétorque que ce sont les Allemands, comme si le compromis était génétique !

J.-C. C. La culture du compromis en France a eu du mal à exister. Deux cultures ont dominé : soit le parti avait raison – c’est la culture du PCF -, soit le chef avait raison, c’est la culture bonapartiste.

D. C.-B. Et la gauche a gagné quand elle avait les deux à bord !

J.-C. C. Ce compromis, peu d’organisations, peu de syndicats, le portaient. A partir du moment où le parti ou le chef avait raison, pas besoin de prendre en compte le réel. Au fond du fond de tout homme politique en France, il y a la révolution, cette idée que nous avons donnée de l’universel à l’humanité.

Pensez-vous que la référence à 1917 demeurera pour les nouvelles générations politiques ?

J.-C. C. Tout cela sera englouti par la nouvelle culture du clic, du SMS. Les jeunes générations politiques sont tacticiennes et peu romantiques !

D. C.-B. Beaucoup de jeunes s’engagent aujourd’hui, pour aider les réfugiés par exemple. Mais la tradition organisationnelle des partis ne leur correspond plus. Si vous deviez ne retenir qu’un personnage secondaire de la révolution russe

D. C.-B. Alexandra Kollontaï, l’égérie des conseillistes.

J.-C. C. Je vais aggraver mon cas. Iakov Sverdlov. L’homme qui dans l’ombre a organisé réellement la révolution avec Trotski. Un idéaliste qui n’a jamais voulu se mettre en avant.

Propos recueillis par Pascal Riché et Maël Thierry

Crédit photos: Mathieu Delmestre

09 Déc

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« Comparons ce que nous avons fait et ce qui est proposé à droite », interview à France-Antilles

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France-Antilles publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Pourquoi ce déplacement maintenant ?

Je ne suis candidat à rien, si ce n’est au rassemblement de l’ensemble de la gauche. Je fais un tour de tous les territoires ultramarins parce que ce gouvernement est le plus pro-ultramarin de la Ve République, vu l’ensemble des mesures qu’il a pu prendre. Le PS, de son côté, veut donner une impulsion à ses fédérations. Je me suis rendu à Mayotte et à la Réunion, je vais aujourd’hui aux Antilles… Je vais faire des rencontres, avoir des discussions avec des militants et des sympathisants, pas de grand meeting ! Je ne viens pas donner la leçon, je viens écouter, comprendre, mesurer et ramener après ce qui est réellement, non pas des applaudissements, mais ce que pensent les gens.

Hormis Serge Létchimy et Victorin Lurel, avez-vous des amis aux Antilles ?

Louis-Joseph Manscour, le député européen est un ami personnel, mais il y a beaucoup de socialistes et de responsables sur place qui regardent d’un bon œil le courant progressiste.

Que retenez-vous de ce quinquennat pour les outre-mer ?

La loi égalité réelle Outre-mer, une très grande loi ; on n’avait jamais été jusque-là. On était dans l’égalité formelle et on voyait bien que ça ne fonctionnait pas. C’est une très grande avancée sur laquelle il sera difficile de revenir. L’effort que nous avons fait pour l’enveloppe de la mission Outre-mer, malgré un budget plutôt contraint sera poursuivi si nous sommes élus. Mais comme vous savez, nos adversaires proposent 100 milliards de réduction des dépenses publiques. Vous comprendrez qu’il va bien falloir couper dans les subventions et les services publics, les fonctionnaires, les allocations de solidarité… Les ultramarins seront les premiers touchés de cette réduction des dépenses publiques.

Manuel Valls a annoncé sa candidature à la présidentielle, pas à la primaire de la gauche. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Il y a bien une primaire. Mais, les candidats ne doivent pas s’enfermer dans le jeu des partis. Ils doivent parler à la France et aux Ultramarins même s’ils passent par la primaire. Il y a eu une ambiguïté ou une ambivalence dans les propos : ils parlent au pays et en même temps, ils passent par la primaire.

En 2012, les Antilles ont voté Hollande en masse. Depuis les régionales, la situation a changé. Qu »espérez-vous pour 2017 ?

Les Guadeloupéens, les Martiniquais s’interrogent. Mais ils vont comparer avec le programme et les propos de la droite, comme la fameuse formule de François Fillon sur la colonisation, partage des cultures (!) Je ne sais pas comment on peut recevoir cela si ce n’est la forme suprême du colonialisme… Il y a à la fois des programmes et puis le projet qu’il faut mesurer. Après avoir jugé, en bien ou en mal, la politique gouvernementale menée par Victorin Lurel, George Pau-Langevin et Ericka Bareigts. Il va falloir comparer ce qui est proposé par les uns et ce qui a été fait par les autres. Je crois que ceci devrait être facile.

Comment faire la différence avec la candidature d’Emmanuel Macron qui était dans ce gouvernement et, avant, le conseiller de Hollande à l’Elysée ?

Il faut placer ce centre gauche devant ses responsabilités, car si nous sommes divisés et coupés en trois entre Jean-Luc Mélenchon, le candidat issu de la primaire de la gauche et Emmanuel Macron, nous mènerons un combat pour savoir qui sera le troisième, mais pas qui sera au deuxième tour. Or, c’est important qu’il y ait un deuxième tour entre la droite et la gauche, parce que je vois pas M. Fillon, dans sa radicalité, lancer un appel pour le candidat de gauche s’il était qualifié. Vu le programme de la droite, on va bien être en peine de rassembler le pays autour de son candidat. Ca fait un risque vis-à-vis du Front national. Si on veut conjurer ce risque, il faut retourner à un deuxième tour droite-gauche et pour cela, il faut un candidat qui soit sélectionné par les hommes et les femmes de gauche pour être au deuxième tour. Je demande donc à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon de participer à la primaire pour que la gauche soit au 2e tour de la présidentielle.

Comment vous positionnez-vous ?

Le premier secrétaire du PS est obligatoirement impartial évidemment, mais il y a des arguments que je ne peux pas accepter. On ne peut pas dire « Manuel Valls s’est disqualifié en disant que les deux gauches étaient irréconciliables » et estimer qu’on ne pourra jamais se réconcilier avec lui. C’est la primaire qui tranchera et rassemblera. Organisons la primaire et laissons les citoyens trancher, pas seulement sur la base d’hier, mais éclairons demain. Parce que s’empailler sur le lait renversé, ça ne fait pas rentrer le lait dans la bouteille !

 

Propos recueillis par François-Xavier Guillerm