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29 Août

Commentaires fermés sur « Nicolas Sarkozy choisit une République autoritaire », interview à La Dépêche du Midi

« Nicolas Sarkozy choisit une République autoritaire », interview à La Dépêche du Midi

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La Dépêche du Midi publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez  retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous.

 

La CGT a annoncé qu’elle manifesterait contre le meeting des socialistes à Toulouse qu’elle considère comme une provocation dans la ville de Georges Séguy. Cela vous inquiète ?

Au vu des problèmes auxquels est confrontée la France, cela me paraît dérisoire. On peut être opposé à une loi, la combattre sans pour autant interdire aux partis politiques de se rassembler et de s’exprimer. Je n’ai jamais vu dans la carrière de Georges Séguy une campagne visant à empêcher l’expression d’un parti.

Ce meeting de Colomiers, c’est le premier meeting d’une campagne présidentielle du PS sans candidat ?

Non. L’objectif de cette réunion n’est pas d’apporter un soutien à la candidature de François Hollande qui n’est pas candidat, mais il est de fixer les enjeux de la campagne présidentielle. Quand nous avons décidé l’organisation de ce meeting, nous ne pensions pas que son thème « La République, c’est l’essentiel », serait à ce point confirmé par l’actualité, le livre et les déclarations de Nicolas Sarkozy qui a fait son choix, celui d’une République autoritaire et inégalitaire.

Vous considérez donc que l’enjeu de la campagne présidentielle sera celui de la République ?

Oui. Sarkozy a fixé les priorités de la droite. Il veut asséner sa vérité, nous voulons le débat. Il veut une identité restrictive, nous avons l’identité progressiste. Il veut la compétitivité, nous l’avons fait, nous voulons maintenant l’investissement. Il se veut autoritaire, nous sommes dans le respect. Il y a deux conceptions de société qui s’affrontent dans cette élection présidentielle.

Compte tenu de l’émiettement de la gauche, y compris au sein du PS, un rassemblement sera-t-il possible et crédible derrière un candidat à un moment ou à un autre ?

Ce rassemblement est nécessaire au-delà des divergences qui ont toujours existé au sein de la gauche. La présidentielle ce n’est pas pour les uns, la simple déclinaison d’un bilan qui ne cesse de s’améliorer, et pour les autres la condamnation de ce bilan. Les Français ne nous départagerons pas sur le passé mais sur l’avenir. Et sur l’avenir, face à la droite et l’extrême-droite, nous sommes plus proches qu’on veut bien le dire.

Les radicaux de gauche ont suspendu leur participation à la Belle alliance populaire. Le contact va-t-il être renoué ?

Le contact a été renoué. J’ai vu longuement Sylvia Pinel au mois de juillet. Elle m’a exprimé ses griefs sur le fonctionnement de la Belle alliance populaire et sur le fait qu’elle n’avait pas été informée de la décision du PS d’organiser une primaire. Dans ces conditions, elle a réservé sa position à l’après-congrès de son parti. Je l’ai rassuré en lui disant que les radicaux étaient membres de la majorité gouvernementale et décisionnaires au sein du collectif de la Belle alliance populaire, qu’il y avait eu sans doute une maladresse à leur encontre et que je m’en excusais, mais qu’en tout état de cause je souhaitais que nous travaillions ensemble pour la présidentielle et les législatives.

 

Propos recueillis par Jean-Pierre Bédéï

 

28 Août

Commentaires fermés sur Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – Séminaire de rentrée des socialistes – Dimanche 28 août 2016

Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – Séminaire de rentrée des socialistes – Dimanche 28 août 2016

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2016-08-28 - Séminaire de rentrée des socialistes-32

Retrouvez le discours de Jean-Christophe à l’occasion du séminaire de rentrée des socialistes.


Discours de clôture de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

Crédit photo: Mathieu Delmestre

26 Août

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« Sarkozy écrit un programme commun entre droite et extrême droite », interview au Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Quelle est votre position sur la polémique autour du burkini ?

Il faut raison garder. Tout le monde est d’accord pour dire que l’émancipation de la femme ne peut être remise en cause par une religion et pour refuser de mettre le religieux au dessus de la citoyenneté. Alors, où est le problème avec le burkini ? S’il y a trouble à l’ordre public, les arrêtés municipaux sont là et doivent être appliqués avec discernement, comme l’a dit le premier ministre. Mais s’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, ce sont les arrêtés qui troublent l’ordre public. Soit le burkini est une provocation d’une minorité et il ne faut pas tomber dans le piège, soit ce n’en est pas une et il ne faut pas construire un piège pour la République. La République doit être bienveillante avec nos compatriotes de culture ou de religion musulmane, mais ceux-ci doivent être eux aussi bienveillants avec la laïcité.

A titre personnel, les photos d’une femme musulmane voilée contrôlée par la police sur une plage de Nice vous ont-elles choqué ?

J’ai d’abord pensé que se présenter de cette façon sur la plage de Nice, quelques semaines après ce qu’il s’est passé le 14 juillet, risquait de poser des problèmes. Mais derrière cela, la décision de trente municipalités de reproduire cet arrêté d’interdiction du burkini est une récupération politique. J’observe le paradoxe : ce ne sont pas des municipalités Front national qui le font, mais des maires du parti Les Républicains.

Quelle est selon vous cette récupération politique ?

C’est celle décrite par Nicolas Sarkozy dans son livre. Ce livre est un tournant dans notre Histoire. Au-delà de la restauration sarkozyste, il s’agit d’un programme commun entre la droite décomplexée et l’extrême droite recentrée autour d’un projet de société autoritaire et inégalitaire. Nicolas Sarkozy a imposé à l’ensemble de la droite son calendrier, ses propositions, son terrain politique. Tous les autres candidats doivent se positionner par rapport à l’axe qu’il a défini, qui est de rompre les amarres pour aller le plus loin possible à droite. C’est une menace considérable pour le pays.

Sarkozy incarne le centre de gravité du bloc réactionnaire, il les a tous ficelés ! Soit il l’emporte en novembre et il appliquera son programme d’affrontements vis à vis de l’islam, des syndicats, du modèle social français, et même de la République. Soit il perd la primaire, mais Alain Juppé sera prisonnier de ce programme, il sera loin de l’identité heureuse ! Nicolas Sarkozy a prononcé son discours du Bourget avant l’heure. Il a pris une responsabilité terrible devant la France. Il avait abaissé les frontières avec son discours de Grenoble en 2010, il propose une nouvelle frontière aujourd’hui à la droite et à l’extrême droite.

Comment la gauche doit-elle répondre et éviter que la présidentielle ne tourne qu’autour des thèmes identitaires ?

Je note que Nicolas Sarkozy et ceux des leaders de droite qui ont été parmi les plus violents après l’attentat de Nice, sont aujourd’hui à la baisse dans les sondages. Je pense que les Français veulent de la fermeté, mais sans perdre leur âme. Nicolas Sarkozy propose un troc : moins de libertés pour plus de sécurité. Indépendamment du fait que cela ne fonctionnera pas, la France est un pays de libertés, mais de libertés ordonnées. Elle a tous les moyens pour les faire respecter.

C’est le discours de pré-campagne que doit tenir la majorité, notamment lundi lors du rassemblement à Colomiers ?

Je plaide pour cela depuis plusieurs semaines car je suis inquiet de voir comment l’électoralisme a envahi la droite classique et comment celle-ci ne tire pas les leçons de ses propres erreurs. Plus elle va à droite, plus le FN monte.

Un discours rationnel sur l’état de droit pourra-t-il être audible dans la tension de la campagne présidentielle ?

Je fais confiance à l’intelligence des Français et non pas à leurs réflexes. Pour l’instant, ultra majoritairement, ils sont pour le maintien de l’état de droit, malgré le discours tonitruant et médiatiquement bien portant de ses adversaires. Mais la gauche, dans la présidentielle qui vient, doit être attentive. Elle doit bien sûr porter son bilan, qui est contrasté mais positif. Au moment où la croissance redémarre et où le chômage baisse, il serait paradoxal de ne pas souligner que nous avons redressé le pays, malgré l’ardoise que nous avait laissée la droite en 2012. Mais plaider pour le redressement n’est pas suffisant. Il faut maintenant expliquer pourquoi un nouveau quinquennat à la gauche. La réponse, est qu’après avoir redressé, il faut maintenant progresser et protéger.

Cela peut-il suffire pour contrer le discours de la droite ?

Le programme de Nicolas Sarkozy et de la droite est ahurissant, en terme de dépense publique, de remise en cause des acquis sociaux. Il est même provocateur : mettre dans un texte qu’on va revenir totalement sur la hiérarchie des normes, alors qu’on sort de neuf semaines de grèves pour une exception sur ce sujet, cela veut dire que dès que le programme sera mis en application, il y aura des millions de gens dans la rue, y compris la CFDT. Et tout est comme ça : 300 000 fonctionnaires de moins, l’attaque contre les régimes spéciaux… C’est à la fois peu réaliste et ahurissant.

Cela veut-il dire que la gauche, lors de la campagne, doit s’adresser à son seul électorat ou aller au-delà ?

Vieux débat ! Nous devons commencer par nous adresser aux nôtres. Ensuite, il faut parler à l’ensemble de la gauche, en leur disant : « ne vous trompez pas de colère ». L’enjeu de la présidentielle n’est pas de punir une gauche qui a fait ou de punir une gauche qui a refusé de faire. Ni de juger un bilan, même s’il est bon. L’objectif, c’est de ne pas laisser la droite et l’extrême droite face à face, parce que sinon elles termineront au coude à coude. Le candidat de la gauche devra donc s’adresser à l’ensemble du camp républicain.

Compte tenu de cette radicalisation imposée par M. Sarkozy, laisser la gauche se diviser lors de la primaire est-il opportun ?

Cette primaire doit être celle du débat mais aussi de l’unité. Elle est utile parce qu’elle permet de sélectionner celui ou celle qui sera le mieux à même de porter les principes républicains et d’être crédible dans le combat contre la droite. Sans elle, c’était la multiplication des candidatures, et il y en a déjà trop. Cette primaire met un garrot sur l’hémorragie de candidatures. Parce qu’à la fin, tout le monde devra se retrouver derrière le gagnant.

Arnaud Montebourg laisse planer le flou sur sa participation à la primaire, cela vous inquiète ?

Il conduira la campagne qu’il souhaite conduire. S’il reste dans le flou, c’est parce qu’il ne peut pas dire à cette étape qu’il soutiendra le gagnant. Montebourg a besoin de laisser planer le doute, pour à la fois capter un électorat réformiste, celui de François Hollande, et canaliser un électorat radical, celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est une tactique pour l’heure mais je suis totalement persuadé qu’il participera à la primaire.

Pouvez-vous lui apporter les garanties qu’il réclame quant au nombre de bureaux de vote ?

Je pourrais lui donner jusqu’au 15 décembre toutes les garanties possibles, elles ne seront jamais suffisantes et toujours sujettes à caution pour des raisons politiques que je viens d’indiquer. Pour faire taire tout cela, il faut être au plus près des conditions de la primaire de 2011, qu’il avait lui-même adoubée. Ce sera le cas.

Si Montebourg ne participait pas à la primaire, le tiendriez-vous pour responsable de l’élimination de la gauche au premier tour ?

C’est une question qui lui est posée. Je ne le vois absolument pas partir seul. Jean-Luc Mélenchon a capté toute la radicalité, Cécile Duflot ou un autre le fera sur les écologistes. Je ne lui vois aucun espace politique dans ces conditions.

Pour autant, la primaire garantit-elle que la gauche sera présente au second tour ?

Depuis le début, nous avons milité pour une primaire de toute la gauche. Les écologistes et les communistes l’ont refusée. Ils en portent la responsabilité. Nous allons essayer de faire la primaire de l’unité autant que possible.

L’enjeu est plus grave que le 21 avril 2002 ?

Oui. Nous sortions alors d’une cohabitation où Jacques Chirac avait été poli par sa confrontation avec Lionel Jospin. Il était en situation de pouvoir rassembler. Là, il n’y a que la gauche qui peut le faire parce que Nicolas Sarkozy vient de fracturer la droite classique. C’est beaucoup plus grave car ce n’est pas qu’une question électorale. Le ver est dans le fruit, les programmes sont interchangeables entre droite et extrême droite. Quand Eric Ciotti explique que François Hollande a été élu par l’islam politique, on a l’impression d’une volonté d’instrumentalisation, d’un rejet de l’islam pour gagner la primaire qu’elle qu’en soient les conséquences pour la cohésion nationale. Il n’y a plus aucune retenue.

Le Président veut-il y aller, peut-il y aller, va-t-il y aller ?

Il peut y aller, car nous sortons des brumes de la contestation absolue de tout ce qu’ont fait les socialistes. On va s’apercevoir qu’il a fait un choix stratégique : sacrifier sa popularité pour obtenir le début d’un redressement qui arrive. En plus, il a maintenant l’expérience de la guerre, des relations internationales, de l’Europe. Et il incarne cette République bienveillante. Il peut terminer le travail. Le veut-il ? Je n’en sais rien. J’ai dit depuis longtemps que je l’espérais. Je respecte la totalité des candidats. Mais François Hollande reste la carte maîtresse de la gauche.

Pas très neutre pour le premier secrétaire du PS, non ?

Je me suis prononcé et je resterai sur cette orientation. Si on veut me transformer en béni-oui-oui du paysage politique, on s’est trompé de personne. Je n’attaquerai pas les candidats, ni ne distribuerai les bons points. Il faut respecter les personnalités, garantir l’impartialité de la primaire et agir pour le rassemblement. Mais je fixerai les enjeux.

Concernant Emmanuel Macron, son entreprise politique est-elle allée au bout ? Est-elle un bénéfice ou un coût pour François Hollande ?

La situation politique a changé depuis l’accélération et la radicalisation absolue de Nicolas Sarkozy. Chacun doit se déterminer par rapport à cela, Emmanuel Macron compris. S’il veut dialoguer avec nous, il est utile. S’il veut dialoguer avec Philippe De Villiers, il l’est moins.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga et David Revault d’Allonnes

 

26 Août

Commentaires fermés sur L’invité politique de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

L’invité politique de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

par

JCC JP Elkabbach 26082016

 

Jean-Christophe Cambadelis était ce matin l’invité politique de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous ainsi que ses principales déclarations:

Menace terroriste, burkini, primaire de la… par Europe1fr

 

Sur le programme de Nicolas Sarkozy :

« Les valeurs de la Républiques sont en danger. Il y a une pluralité de facteurs. L’offensive de Nicolas Sarkozy qui met au cœur de la primaire des Républicains et de la présidentielle la question de l’islam n’est pas bon pour la France.
Nous sommes dans une situation où un parti, Les Républicains, même pas le Front national, instrumentalise une question pour grimper dans les sondages.

Parler de l’islam permet d’éviter d’évoquer la réussite gouvernementale sur le chômage. »

Sur les déclarations de Nicolas Sarkozy :

« Je crois à la République heureuse et à l’identité progressiste ce qui n’est pas au cœur du programme de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé.
Sur les propos d’Eric Ciotti sur RTL : «  Je demande solennellement à Nicolas Sarkozy de désavouer Eric Ciotti sur propos qu’il a tenu qui sont anti-républicains »
Nicolas Sarkozy est sur une ligne simple: peu importe les pots cassés il fera tout pour être élu à la primaire de la droite.
Les déclarations de Nicolas Sarkozy auront des conséquences politiques pour la France.
Nicolas Sarkozy, par ses déclarations, fracture la France. »
Primaire à gauche

« Bien sûr qu’il y aura une primaire à gauche. C’est une décision unanime du Conseil national du Parti socialiste. Tous les candidats devront se ranger derrière le vainqueur ».

Candidature de Najat Vallaud Belkacem ? « Je demande à tout le monde de rester plutôt calme par rapport à la multiplication des candidatures »

Emmanuel Macron loyal ou dissident à Hollande ? « Je ne le vois nulle part en ce moment. Rencontrer Philippe de Villiers était un peu baroque »

21 Août

Commentaires fermés sur « La présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon! », interview au JDD

« La présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon! », interview au JDD

par

JDD JC Cambadelis 22082016

Le JDD publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Benoît Hamon, Arnaud Montebourg… Est-ce que le premier secrétaire du PS s’attendait à ces candidatures?
Il faut dire à tout un chacun que la présidentielle, ce n’est pas la chasse aux Pokémon. L’élection qui vient est sûrement l’une des plus complexes et difficiles depuis 50 ans. En France, jamais les conditions n’ont été aussi réunies pour que Marine Le Pen soit au centre de la présidentielle. Ceci dans un contexte économique meilleur, mais pas pour autant reçu comme tel par l’ensemble des Français, et une offensive de la droite où Nicolas Sarkozy fait à droite toute et Alain Juppé tout à droite.

Après Jean-Luc Mélenchon, maintenant Cécile Duflot et cinq candidats au PS, ce n’est pas une gauche en miettes ? 

Les primaires poussent à la fragmentation. Mais elles obligent aussi, poussent au final à l’union. Devant la division c’est un risque qu’il faut assumer.

Cela induit davantage de devoirs pour la gauche?
Plus de devoirs et plus de réflexion : qui peut faire face à cette situation et comment? Alors que l’on sait que la droite plus l’extrême droite font 60% à chacune des élections. La candidature d’Arnaud Montebourg n’est pas inattendue, elle est bienvenue. Je l’attends avec impatience pour répondre à toutes mes interrogations : pourquoi a-t-il choisi François Hollande plutôt que Martine Aubry [à la primaire de 2011, NDLR]? Pourquoi lui le démondialisateur, le keynésien, a-t-il avalé tout cru le traité européen, le pacte de responsabilité? Pourquoi a-t-il choisi Manuel Valls?… On peut dire que, depuis la primaire [de 2011], l’ambiguïté est là.

La multiplicité des candidatures à gauche ne souligne-t-elle pas le fait que la candidature de François Hollande n’est pas considérée comme légitime par beaucoup de socialistes?
J’observe la multiplication des candidatures chez les frondeurs qui n’ont pas réussi à s’accorder sur une candidature unique. Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Gérard Filoche, ça fait beaucoup. Le seul qui ne soit pas candidat c’est Christian Paul. Ils représentent les 30% du dernier congrès. Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux qu’ils sont majoritaires chez les électeurs de gauche.

Quelles seront les modalités pour être candidat à la primaire?
Les critères seront fixés définitivement le 2 octobre. Mais pour que la primaire soit transparente et loyale, je souhaite qu’ils soient le plus proche possible de ceux de 2011. Au niveau des parrainages, de l’organisation, de la contribution d’un euro minimum, du nombre de bureaux de votes… Sachant que, sur ce dernier point, nous partons très tard, puisque nous avons été informés du refus de la primaire de toute la gauche en juin. Mais nous ferons tout pour que tous les Français qui le souhaitent puissent voter.

La charte ne fera pas non plus référence à la ligne gouvernementale?
Non.

Craignez-vous que certains décident de ne pas passer par la case primaire?
Je ne crois absolument pas à la possibilité d’être candidat contre le candidat du Parti socialiste, pour des raisons à la fois politiques et statutaires. Toute personne qui est candidat contre le candidat du Parti socialiste est en dehors du PS. Or je ne vois personne suivre ce chemin.

Dans le livre Conversations privées avec le président, François Hollande dit : « S’il ne lui arrive rien, c’est Sarkozy que j’affronterai. » La candidature de Hollande est une évidence?
Pour beaucoup de responsables de gauche et de socialistes, sa candidature est une nécessité. Je crois qu’il se prépare à toutes les éventualités, mais que la balance penche vers sa candidature. Il doit penser qu’on l’a un peu trop rapidement enterré.

Manuel Valls a dit « comprendre les maires » qui prennent des arrêtés anti-burkini et apporté son soutien à Jean-Pierre Chevènement qui a invité les musulmans à la « discrétion ». Partagez-vous ces propos?
Dans cette affaire, il ne faut être ni naïf ni punitif. La République doit être bienveillante avec nos compatriotes musulmans, mais ils doivent être bienveillants avec la République laïque. Bain de mer tout habillés, ça devait être en 1900 à Etretat [référence à un tableau d’Eugène Le Poittevin de 1866, NDLR]. Depuis les femmes se sont émancipées, tout le monde doit le comprendre. A partir de là, soit il y a trouble à l’ordre public et les maires ont tout à fait le droit d’agir ; soit il n’y a pas de trouble et on cherche à faire de mauvaises querelles à nos compatriotes musulmans.

Estimez-vous que se baigner en burkini est un trouble à l’ordre public?
J’estime que tout le monde se baigne comme il le souhaite à moins que ce soit une provocation.

 

Propos recueillis par Anne-Charlotte Dusseaulx

11 Août

Commentaires fermés sur « Sarkozy ira le plus loin possible dans le tutoiement du FN pour battre Juppé », interview à Libération

« Sarkozy ira le plus loin possible dans le tutoiement du FN pour battre Juppé », interview à Libération

par

libe

Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Que vous inspirent les déclarations de Nicolas Sarkozy dans «Valeurs actuelles» ?
Comme d’habitude, avec l’ancien président de la République, ce sont des déclarations à l’emporte-pièce qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Si les jihadistes attaquent la France parce qu’elle est «faible», comme il dit, il faudrait critiquer la présidence Sarkozy avec l’attaque de Mohamed Merah. C’est l’inverse : la France est attaquée parce qu’elle assume son rang, parce qu’elle défend des valeurs et des principes républicains, une liberté d’opinion, de croyance, la laïcité. Le discours pessimiste militant de Nicolas Sarkozy, sa volonté effrénée de rabaisser la France, tout cela nous affaiblit.
L’ex-Président suit aussi l’opinion : les enquêtes montrent que les Français seraient prêts à moins de libertés pour plus de sécurité…
Les sondages ne font pas la politique de la France. A un moment donné, lorsqu’on est un homme d’Etat ou que l’on prétend l’être, il faut incarner l’intérêt général et non pas suivre les humeurs changeantes de l’opinion. Les Français étaient debout en janvier jusque dans le plus petit village de France, ils sont sceptiques aujourd’hui, évidemment exigeants. Mais il ne faut pas se départir de l’union nationale ici et de la coalition mondiale là-bas.
Comment observez-vous le retour de la remise en cause du droit du sol par Nicolas Sarkozy et d’autres candidats de la primaire à droite ?
Nicolas Sarkozy a défini sa tactique pour la présidentielle. Il ira le plus loin possible dans le tutoiement du Front national pour battre Alain Juppé. Et demain, lorsqu’il sera désigné, il nous dira qu’il est le seul rempart au FN… Mais le mal sera fait. Il aura un peu plus légitimé les pensées profondes souvent xénophobes du FN et créé les conditions d’un bloc réactionnaire dont il serait prisonnier si, par malheur pour la France, il l’emportait.
En même temps, Sarkozy qui va chasser sur les terres du FN, ça rouvre un espace pour la gauche plus au centre…
Evidemment, Nicolas Sarkozy entraînant l’ensemble de son camp vers l’extrême droite – y compris Alain Juppé qui ne peut, ni ne veut se distinguer – cela offre un espace à tous les républicains pour résister à la dérive nationaliste, sectaire, coupant la France en deux. Ce que cherchent très exactement les Daechistes (sic) par leurs attentats répétés. La question n’est pas électorale mais politique. C’est la nation qui est en jeu. Or je ne me satisfais pas d’un paysage politique qui serait à ce point coupé en deux, avec une des parties à l’esprit antirépublicain. Cela compliquerait un peu plus le combat pour nos valeurs contre le Daechisme. Il y aurait un paradoxe insurmontable à ce que la France combatte pour ses valeurs là-bas, et, pour ce faire, les abandonne ici.
 
Vous estimez que la droite fait preuve d’«esprit antirépublicain» ?
La droite joue avec les valeurs de la République pour des raisons strictement électoralistes. Certains de ses responsables pensent qu’une élection vaut bien quelques accrocs à nos principes. Mais, ce faisant, ils clivent très fortement la France, renforcent les discours du FN alors que notre pays a profondément besoin de l’arme de l’unité nationale contre les Daechistes.
Propos recueillis par Lilian Alemagna

29 Juil

Commentaires fermés sur L’invité de Renaud Pila sur LCI

L’invité de Renaud Pila sur LCI

par

 

JCC - Renaud Pila 29072016

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Renaud Pila sur LCI.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

La fébrilité de notre classe politique n’est pas à la hauteur de la situation. Il faut changer de culture. Le débat français est minable. La primaire de la droite fausse l’ensemble du débat national

Contre cette violence qui nous est faite, il faut un débat serein. On focalise beaucoup  plus sur les erreurs que sur les réussites.
Nicolas Sarkozy fait de la politique sur un sujet où l’on devrait se rassembler. Ce n’est pas à la hauteur. On ne gagne pas une présidentielle en instrumentalisant la peur des Français.
Le problème n’est pas de jeter en pâture des juges pour qu’ils s’expliquent de leurs erreurs. Ce qu’il ne faut pas faire c’est la stratégie du coupable. Il faut s’améliorer, il faut être efficace, se rassembler.
Ce gouvernement est un gouvernement de rupture par rapport à ce que faisait les autres gouvernements face au jihadisme
L’objectif c’est de mailler le plus fin possible en sachant qu’il y en aura toujours qui passent au travers
Il faut être extrêmement ferme, prendre  des mesures et garder notre raison. Il faut combattre le daechisme et son projet avec une grande fermeté et une grande une efficacité  tout en respectant notre droit
Il est paradoxal de combattre pour nos valeurs là-bas et vouloir les remettre en cause ici.
La rétention sans juge c’est  les lettres de cachet. On a fait une révolution contre cela. La remise en cause de la présomption d’innocence c’est la remise en cause de notre habeas corpus. Peut on faire confiance voire élire un homme qui dit que la constitution est une argutie?
Nicolas Sarkozy est omniprésent et Alain Juppé évanescent.
Anonymat des terroristes? Il s’agit moins de ne pas nommer que de ne pas héroïser.
Trump plus Poutine plus Erdogan plus le Brexit ça fait quand même une période terrifiante

19 Juil

Commentaires fermés sur « Ce n’est pas par la passion et la haine que l’on règlera le problème du terrorisme », interview à L’Opinion

« Ce n’est pas par la passion et la haine que l’on règlera le problème du terrorisme », interview à L’Opinion

par

lopinion

L’Opinion publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

L’ « esprit du 11 janvier » qui avait prévalu après les attaques contre Charlie et l’Hyper Cacher,  et même en novembre dernier après le massacre du Bataclan, a volé en éclat. Le symbole, c’est Manuel Valls, copieusement hué à Nice pendant les cérémonies d’hommage aux victimes. Cela vous inquiète-t-il ?

C’est évidemment regrettable ! Parce que l’union nationale est une arme contre le terrorisme, parce qu’on n’interrompt pas une minute de silence, même si on est en colère. Le recueillement, ce moment où les Français  sont côte à côte, se taisent et pleurent leurs morts, est un moment sacré. L’esprit du 11 janvier s’est dissous dans la politique politicienne.

Le Front national a demandé la démission de Bernard Cazeneuve, la droite a pointé un certain laxisme, que vous réfutez ?

J’ai été éberlué de voir Alain Juppé tenté de combler son léger retrait dans les sondages en déclarant que lui au pouvoir, l’affaire serait déjà réglée. Ce qui lui a valu évidemment une gifle publique de Nicolas Sarkozy, qui en a profité pour en rajouter une louche. A partir du moment où il y a une brèche dans la concorde nationale, les passions s’y engouffrent : ce n’est pas par la passion et la haine qu’on règlera le problème du terrorisme.

Vous comprenez les doutes des Français sur l’exécutif face à la répétition des attentats de masse ?

Une guerre n’est jamais une partie de plaisir. Une guerre, c’est les battre là-bas, en sachant qu’ils nous frapperont ici. La France a toujours été à la hauteur de ses idéaux républicains, ce qu’elle a déjà fait hier en résistant à la barbarie. Que les Français veulent être mieux protégés comment pourrait-on le repousser ? Mais douter tout à la fois dans nos forces de sécurité et dans un gouvernement qui fait tout pour les protéger, c’est s’affaiblir, car c’est précisément ce doute que cherche l’ennemi. Cela fait partie de leur stratégie. Ceux qui l’alimentent commettent une faute politique.

Là où François Hollande avait convaincu après les précédentes attaques, cette fois, son autorité s’effrite un peu plus ?

Le président de la République parlera à la Nation, quand il estimera que c’est nécessaire, mais il ne doit pas le faire au milieu des brouhahas, des lazzis, des anathèmes, alors qu’une procédure est engagée à l’Assemblée nationale sur l’état d’urgence. Son rôle n’est pas de rajouter à la confusion, mais de rassembler les énergies. Dans ce sens, il a parlé au cœur du drame, dans la nuit. Il parlera à nouveau, j’en suis certain, quand cela sera utile aux Français et à notre combat.

Aujourd’hui, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste et député de la Nation, souhaitez-vous que l’on renforce le dispositif de lutte antiterroriste ?

Il faut s’adapter parce que les terroristes subissant des revers se sont adaptés. Ils perdent du terrain en Syrie et en Irak. Ces filières sont efficacement combattues dans l’ombre. Ils doivent donc avoir recours à des supplétifs, qui ont des conversions instantanées. Il faut faire monter notre niveau de vigilance à l’aune de ces nouveaux défis, tout en maintenant le dispositif par rapport aux attentats qui ont déjà eu lieu : Le Bataclan, le Stade de France, les terrasses, etc. Et précisément, quand le ministre de l’Intérieur en appelle à la réserve nationale – et j’ai invité les socialistes à s’engager – , il veut pouvoir concentrer le meilleur de nos troupes dans la détection de ces radicalisations éclairs.

Mais l’opposition réclame bien plus … Nous sommes déjà à plus de 250 morts en dix huit mois ?

Ce n’est pas par des gesticulations que l’on y arrivera, ce n’est pas par des propositions spectaculaires. C’est par le travail patient de maillages, de renseignements, d’actions sur le terrain et d’une société qui s’estime mobilisée. Si vous démobilisez les Français, en leur disant que rien n’est fait, qu’en fin de compte règne la toute puissance du terrorisme, vous les démoralisez et vous n’avez pas une société mobilisée pour la défense de la République ! C’est là où, au-delà du jeu classique, notre débat national est affligeant.

Ce débat du tout sécuritaire va être très présent dans la campagne des présidentielle, avec la question des migrants et plus largement de  cette Europe qui ne protège plus ?

La France choisira l’homme ou la femme politique dont elle estimera qu’il ou elle a le plus grand sang-froid, au moment « T » de l’élection. Qu’il soit capable de faire face aux événements, sans coup de menton ni main qui tremble, mais capable aussi de protéger la République telle qu’elle est, avec sa laïcité, sa fraternité, et sa liberté. Un homme de résistance aux agressions, aux passions, aux pressions.

Justement, cette unité, elle n’est pas toujours évidente au sein même du Parti socialiste que vous dirigez. Cela veut-il dire que dans la future primaire, vous demandez aux candidats une certaine tenue ?

On voit bien, la gravité de l’histoire, comme le disait François  Hollande lors de son intervention du 14 juillet, est là, devant nous. On ne s’improvise pas président de la République. Il faut avoir passé ce moment redoutable, incarner la Nation dans l’épreuve. Cela pèsera fortement sur nos primaires. Évidemment, l’unité est une nécessité. Nous ferons tout pour qu’elle soit effective. Les primaires sont un moyen au-delà de nos divergences, pour nous maintenir unis. C’est nécessaire pour la présidentielle mais au-delà, j’estime que le Parti socialiste, doit rester quoi qu’il en coûte en terme de sondages, voir d’élections, le parti du pacte républicain. C’est à la fois notre destin et notre honneur.

 

Propos recueillis par Stéphane Grand

18 Juil

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – Rassemblement de solidarité au siège du Parti socialiste suite à l’attentat de Nice

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2016-07-18 - Hommage aux victimes de Nice-2 

2016-07-18 - Hommage aux victimes de Nice-14


Rassemblement de solidarité au siège du Parti… par PartiSocialiste

 

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis

Siège du Parti socialiste, lundi 18 juillet 2016

(Seul le prononcé fait foi)

 

Cher-es ami-es,

Une fois de plus, le terrorisme islamiste a montré son véritable visage : débordant de haine, fauchant la vie, transformant les instants de fête en moments d’horreur.

Le terrorisme islamiste n’a pas frappé au hasard, il n’a pas assassiné à l’aveugle. Il a choisi le 14 juillet, il a ciblé la France, il a visé le peuple et sa liberté.

Le Parti socialiste condamne ce massacre insupportable, mais aussi un islamisme dévoyé, ultra-sectaire qui a servi d’odieux mandat. Par son acte, le terroriste a voulu donner un sens fanatisé à son non-sens. Nous dénonçons très fermement cette idéologie mortifère qui a tenu le volant de ce camion transformé en arme de guerre.

En ce jour de deuil national, nous pensons aux victimes et à leurs familles, anéanties. Nous pensons aux nombreux blessés qui luttent encore à l’heure qu’il est pour leur vie. Et nous pensons aussi à toutes celles et à tous ceux qui ont assisté à l’horreur et qui n’oublieront jamais ces corps, ces cris, ces pleurs.

Nous tenons à marquer notre immense reconnaissance aux services de secours et aux forces de l’ordre qui ont fait preuve d’un professionnalisme exemplaire. Nous exprimons aussi notre solidarité républicaine aux élus de la ville de Nice, abasourdie, atteinte au cœur.

Cette soif de sang, cette rage de carnage, voilà ce qui animait ce terroriste, zigzagant pour tuer et tuer encore, pour faire un maximum de victimes. L’objectif est limpide : Terroriser un peuple en lui signifiant que la mort peut surgir sans prévenir, advenir par n’importe quel moyen.

Non, le terrorisme islamiste n’est pas aveugle, il vise très bien, il a une stratégie, un plan de bataille. Leurs idéologues et leurs généraux ne sont pas « fous ». Ils veulent que nous lâchions prise en Syrie et en Irak, que nous leur laissions la voie libre en Libye et dans tous les endroits du monde où ils prennent pied avant d’autres conquêtes pour asservir des pays entiers à leurs noirs desseins. Pour ce faire, ils veulent nous faire perdre nos repères et renoncer à nous-mêmes. Ils veulent nous rendre fous. Ils sèment la terreur mais veulent récolter la division et le chaos.

*          *          *

Alors, que faire ?

La guerre.

La guerre, nous y sommes ! Là-bas et nous le savons tous, maintenant ici.

La guerre, nous la menons, avec détermination, sur tous les fronts. Et dans cette guerre, protéger les Français est la première des priorités. Ainsi, le Président de la République François Hollande a pris les mesures adaptées pour renforcer notre dispositif sécuritaire : état d’urgence prolongé de trois mois, maintien de l’opération Sentinelle à son niveau maximal, activation de la réserve opérationnelle.

Dans cette guerre nous portons des coups à l’ennemi, nous réduisons ses réseaux en Europe. Il est réduit à labelliser des supplétifs de la dernière heure pour ne pas être rassurant. Cela indique où il en est réduit.

Enfin Daech veut rallier les Français musulmans, ils les tuent et nos compatriotes musulmans ou pas font front comme toute la communauté nationale. Dans le combat c’est un acquis qu’il faut préserver. Il faudra maintenir notre effort.

Quelque soit notre peine, notre tristesse, notre colère. L’heure est à glorifier nos succès et les coups portés à l’ennemi plutôt que d’offrir le triste visage de nos désunions qui ne peuvent que le renforcer.

J’appelle tous les socialistes à maintenir autant que possible l’union nationale, à souligner nos succès, à la compassion pour nos morts et leurs familles.

J’appelle tous les socialistes, mais au-delà tous les citoyens, à rejoindre cette réserve opérationnelle ainsi que la réserve citoyenne. Il en va de l’endurance de nos forces de sécurité, que Daech cherche délibérément à épuiser.

Comme toute guerre, cette guerre est une guerre de volonté. Il ne faut céder ni au doute, ni à la peur, ni aux passions. Comme pour toute victoire, il faudra se battre avec persévérance et méthode, avec calme et responsabilité.

Cette guerre sera longue. Elle exige une mobilisation de tout le pays. Elle exige du sang froid, de la détermination, de la clairvoyance. Elle mettra à l’épreuve ses dirigeants, son opposition, ses institutions et ses citoyens. Il faut regarder la réalité en face : la France a déjà connu beaucoup d’attentats. Beaucoup trop d’attentats. Ce qui met notre pays sous la menace de l’attentat de trop.

Mais, la France doit tenir. Depuis jeudi soir, la France a le cœur en feu mais elle a su garder un cerveau de glace. C’est vital. C’est l’objectif stratégique de l’État et cela devrait être la ligne de conduite de tout responsable politique français.

Il faut donc éviter le triste spectacle auquel se livrent certaines figures politiques, qui semblent avoir perdu leurs nerfs, le sens de la mesure et le sens des réalités. Nous regrettons les accusations et les propositions ineptes avancées par certains membres de l’opposition, alors même que les corps des victimes étaient encore couchés sur la promenade des Anglais.

Dans l’épreuve, certains dirigeants ont livré leur vérité, révélé leur fébrilité et cédé à la surenchère déplacée. Même le meilleur d’entre eux s’est adonné au pire, assénant qu’on aurait pu éviter l’horreur.

Monsieur Sarkozy s’est empressé de noter la faute de Monsieur Juppé et a rappelé l’évidence : le risque zéro n’existe pas. Il a raison sur un autre point : nous sommes en guerre. La question est donc de savoir pourquoi il prend le risque de gêner les actions de la France, se comportant comme un général donneur de leçons, loin du front, dissertant au milieu de la bataille pour dire qu’il aurait fait différemment et forcément mieux.

Ce n’est pas l’esbroufe qui règlera le problème du terrorisme. Mais l’action sans faille là-bas et la concorde sans faille ici. C’est le cœur d’une union nationale vitale pour la France.

Mais, la palme de l’indécence revient à madame Le Pen, qui veut tout régler « en une journée ». Elle prône une France excitée, occupée à enfermer tout le monde et coupée de l’Europe de la sécurité, oh combien nécessaire ! Nous le disons tranquillement en parlant au cœur et à la raison des Français. La haine ne pourra pas éteindre le mal, elle ne fera que l’étendre. Il faut détruire les bases terroristes, couper leurs réseaux, les mettre hors d’état de nuire en commençant par les isoler. Et ne pas leur construire une solidarité au sein même de la communauté nationale.

Même en politique, il y a un temps pour tout. Nous regrettons profondément que le deuil national de trois jours n’ait pas été respecté. Nous regrettons que la lutte contre le terrorisme ne soit pas politiquement sanctuarisée de toutes polémiques inutiles. Toutes les campagnes électorales du monde et autres primaires ne peuvent justifier le double manquement à la morale et à la concorde nationale. Les Français et l’histoire jugeront.

Nous le savons tous, cette stratégie d’attaques autonomes rend la menace difficile à détecter et les contre-mesures délicates à déployer. Notons que dans le même temps, les services de l’État doivent prévenir les autres modes opératoires déjà utilisés contre Charlie Hebdo, l’hyper Casher, le Stade de France, le Bataclan ou les terrasses.

Faire preuve de raison et de franchise, c’est analyser avec une froide objectivité comment améliorer sans relâche nos dispositifs et nos protocoles face à un ennemi qui s’adapte sans cesse et qui ne se donne, lui, aucunes limites. L’État le fait avec sérieux et continuera à le faire. Nous lui accordons toute notre confiance et tout notre soutien.

Enfin, nous en appelons à un engagement renforcé de nos partenaires européens à nos côtés, sur les fronts militaires – notamment au Sahel – et sur les terrains du renseignement et du contrôle des flux financiers et numériques. Ces attaques sont des crimes contre la civilisation européenne, elles exigent les efforts de toute la communauté européenne.

*          *          *

La France se bat. Elle sait pourquoi elle se bat : la liberté, la démocratie, la République, les droits des femmes, le droit de croire et de ne pas croire. Il va falloir protéger ces acquis politiques, ces piliers de la maison France, contre Daech et également contre les forces extrémistes qui voudront les remettre en cause pour servir leur cause.

Nous ne laisserons pas faire, car la concorde nationale est notre meilleure arme contre le terrorisme islamiste, car la République est notre meilleure ligne de défense.

Oui, il faut savoir comment se battre, pourquoi se battre et pour qui se battre. Nous nous battons pour nos enfants et les enfants de nos enfants.

Il y a eu trop de jeunes destins volés sur cette promenade, dans cette baie qui n’a malheureusement jamais aussi bien porté son nom. Ces enfants disparus, que nous chérissons, nous rappellent à nos responsabilités.

Notre génération n’a pas hérité de la Révolution française, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité : nous les empruntons aux générations futures. Pour pouvoir les transmettre, il faut les défendre.

Nous en sommes conscients et nous ferons tout pour que la France reste forte, c’est-à-dire unie, fidèle à elle-même, toujours au rendez-vous de l’histoire, sous le regard du monde.

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

13 Juil

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L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union, tribune dans Libération

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Libération publie ce jour une tribune signée par Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS, Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais) ou que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

 

L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union

Un demi-siècle d’unification économique n’est toujours pas synonyme de progrès social pour tous. Cette promesse, près de 60 ans après la signature du Traité de Rome, l’Europe n’a pas réussi à la tenir. Le résultat du référendum sur le Brexit le prouve. Des écarts importants subsistent entre les États membres en matières de salaire, de sécurité au travail, de durée de travail, de cotisations de sécurité sociale et de droits à la sécurité sociale. Ces écarts créent une concurrence déloyale entre les entreprises et les pays au sein de l’UE, concurrence qui augmente la pression sur nos modèles de sécurité sociale, sur nos conditions salariales et de travail, et qui est néfaste pour nos travailleurs.

La directive sur le détachement – ironie du sort, une exception à la libre circulation des personnes pour pallier les erreurs du système – réduit l’Europe sociale à un vœu pieu. Ainsi, les travailleurs étrangers employés durant moins de deux ans dans un autre pays de l’UE peuvent bénéficier d’un salaire belge, néerlandais ou français, mais les cotisations à la sécurité sociale sont payées dans le pays d’origine et au taux de ce pays. Ce marché européen « social » imparfait ouvre dès lors tout grand la porte aux abus. Face aux entreprises qui utilisent la législation européenne pour éluder les cotisations sociales et ne pas payer des salaires décents, nos propres entreprises souffrent. Ainsi, elles sont souvent contraintes de réduire sérieusement leur taille ou de déménager à l’étranger, sous peine de faillite. Les secteurs les plus touchés sont le transport, la construction, le nettoyage et les soins. Qui plus est, leurs travailleurs perdent leur emploi ou sont mis sous pression pour travailler à des conditions moins favorables, souvent pour des salaires bien inférieurs aux salaires minimums. Il s’agit alors de dumping, car dans bien des cas ils ne gagnent pas plus de 3 à 4 euros de l’heure. Ce poison du dumping tue la protection sociale et nuit gravement à notre économie. Personne ne veut voir son salaire baisser, personne ne veut payer plus lorsqu’il se rend chez le médecin. C’est pourquoi nous devons extirper ce mal : exit le dumping social.

Tous les Européens réclament des solutions à ces problèmes transfrontaliers. Nous vivons en effet dans une réalité de circulation transfrontalière et de coopération intensive depuis 60 ans. Il s’agit d’une réalisation considérable, mais à condition toutefois que cette mobilité transfrontalière se déroule de manière équitable, honnête et sociale. Tant que l’Europe ne proposera pas de solutions efficaces à ce problème, les États membres devront eux-mêmes lutter contre les abus et la concurrence déloyale. C’est précisément pour maintenir nos États providence dans l’Union que nous devons réagir avec force. L’époque de la « débrouille » est révolue. Nous exigeons donc la fin du dumping social, sans pour autant abandonner la libre circulation des personnes, et nous sommes engagés pour changer la législation européenne. A défaut, le système s’écroulera et nous aurons encore plus envie de nous cacher derrière nos propres frontières et de prendre la direction de la sortie de l’UE. En ce sens, le Brexit pourrait être un électrochoc pour les institutions et les pousser à organiser en Europe une course à l’excellence sociale où s’appliquerait le principe : « à travail égal, salaire égal». L’Europe offrirait alors une perspective et de l’espoir, tout en rassurant et en protégeant ses citoyens.

Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS (France) Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais)