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02 Mar

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“Excommunier une gauche, c’est affaiblir l’ensemble”, interview à L’Obs

par

Obs

 

L’Obs publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Entre la charge de Martine Aubry et de ses amis d’un côté et l’inflexion « sociale-libérale » du tandem Valls-Macron de l’autre, le PS est-il confronté aujourd’hui à un risque d’éclatement, voire de scission ? 

Je ne nie pas la crise au PS. Mais constatons qu’en Angleterre, le débat est fracassant au sein du gouvernement sur le maintien dans l’Europe, qu’en Allemagne, une partie de la CDU critique violemment Angela Merkel, que Syriza en Grèce a vu le départ de son aile gauche et qu’en Espagne, il n’y a toujours pas de gouvernement. Bref, les formations politiques au pouvoir en Europe occidentale traversent un moment très particulier.

Le PS connaît une crise de mutation car il cherche la réponse à la question : comment être encore socialiste quand on se heurte simultanément à quatre grandes crises ? La révolution de l’immatériel, qui bouleverse notre mode de production et la nature du salariat ; la nouvelle donne géopolitique qui nous fait entrer dans l’ère d’un monde a-polaire, marqué par le terrorisme, les guerres, les flux de réfugiés; la possible fin de l’Europe; et le défi climatique. Les socialistes doivent retrouver une grille de lecture qui combine leurs valeurs dans un monde bousculé par ces quatre crises.

 

Avec la déchéance de nationalité, les socialistes se sont fâchés avec la gauche sociétale, et avec la loi El Khomri, ils finissent de se fâcher avec la gauche sociale. Qu’est-ce qui leur reste ? Passer à droite ?

Ce pourrait être une tentation, mais ce n’est pas la mienne. Le salut des socialistes n’est ni dans la droitisation, ni dans la gauchisation, il est dans la social-démocratisation et la social-écologisation. Tout le problème du PS et de ses dirigeants, c’est qu’ils ne sont que la résultante des pressions diverses et qu’ils sont dans l’incapacité d’affirmer leurs propres thèses.
Les socialistes ont la gauche honteuse ?

Ils ont la gauche malheureuse. Ils subissent les pressions médiatiques, les interpellations politiques, les admonestations patronales, les surenchères syndicales. Ils vont l’un à l’autre sans poser ce qu’ils pensent réellement. Un parti politique ne peut pas être la résultante de pressions contradictoires. Il doit affirmer ses propres thèses : oui nous voulons bâtir l’union nationale pour combattre le terrorisme, non, sur la déchéance, il n’était pas acceptable d’inscrire les binationaux dans la Constitution. A propos de la loi El Khomri, entre ceux qui veulent tout défaire et ceux qui veulent ne rien faire, il y a la place  pour défendre un modèle à la fois souple et sécurisant. Le Parti socialiste n’est pas contre la souplesse quand c’est nécessaire, mais il ne veut pas dissoudre le droit du travail.

Martine Aubry a raison de vouloir quitter la majorité du PS puisque ce texte contredit la motion que vous aviez adopté ensemble au congrès de Poitiers ?

C’est pour cela que je juge le texte El Khomri déséquilibré. Mais l’enjeu n’est pas de saisir un prétexte pour sortir de la majorité du parti, c’est de l’améliorer. Il vaut mieux travailler à la construction d‘une issue positive qu’à l’élaboration d’une solution punitive.

Oui à l’évolution, et je partage bien des choses qu’a dites Martine Aubry, mais oui aussi au maintien de la réforme car je crois, comme le Premier ministre, qu’il y a des rigidités qu’il faut lever.

Ceux qui s’opposent au texte El Khomri, c’est la « gauche archaïque et passéiste » que Manuel Valls dénonçait dans l’Obs en octobre 2014 ?

Il y a des archaïques dans cette gauche comme il y a des libéraux dans l’autre camp. Mais il y a surtout des hommes et des femmes qui veulent défendre des valeurs, des principes. Dire que le code du Travail est fait pour protéger les salariés, ce n’est pas une hérésie. Dire que dans le marché mondial, il faut pouvoir s’adapter, ce n’est pas blasphémer.

Le fossé entre ces deux gauches n’est-il pas devenu irréductible comme le disent Manuel Valls d’un côté, Benoît Hamon de l’autre ?
Je ne le pense pas. Des débats de ce type ont été plus violents encore dans l’histoire du PS : entre François Hollande et Laurent Fabius sur le TCE en 2005, entre François Mitterrand et Michel Rocard sur la stratégie après le congrès de Metz en 1979, entre Lionel Jospin et Laurent Fabius après le congrès de Rennes de 1990. L’ADN du PS, c’est que c’est le creuset de toutes les gauches. Vouloir excommunier une gauche, c’est affaiblir l’ensemble. Manuel et Benoît se trompent: personne ne peut gagner seul.

C’est terrible : le PS serait donc condamné à la synthèse hollandaise…

Non, la solution, c’est le compromis. La synthèse dissout les thèses. Le compromis permet à tous de dire ce qu’ils pensent et à chacun de faire un pas vers l’autre. Il n’y a pas assez de compromis dans notre société, et pas assez de compromis à gauche. Il faut écouter ce que l’un et l’autre ont à dire sans être dans le préjugé.

Pour esquisser ce compromis, vous avez besoin du processus de la primaire ?
Je le souhaite parce que l’on a le droit à un débat. Et je n’ai pas de doute sur celui qui pourrait l’emporter.

C’est à dire ?

Le président de la République s’il se présentait serait désigné dans cette primaire.

C’est ça la vraie cause de la crise de la gauche : elle ne peut échapper à la candidature de François Hollande en 2017 ?

J’ai l’impression que dans une partie de la gauche, on ne veut pas de François Hollande, on ne veut pas de Manuel Valls et on sait que Martine Aubry n’ira pas. Donc, on ne veut pas de solution gagnante et on crée les conditions de la dispersion. Moi, je veux une solution gagnante en 2017. C’est pourquoi je souhaite que le Président de la République soit candidat. François Hollande, c’est une candidature pour temps de crise.
Et s’il n’était pas candidat, le Premier ministre s’imposerait naturellement ? 

Dans ce cas, ce serait une nouvelle donne. Et le Premier secrétaire que je suis aurait son mot à dire.
Emmanuel Macron n’incarne-t-il pas cette gauche qui ose dire ce qu’elle pense, sans tenir compte des pressions que vous évoquiez. Peut-il être la solution gagnante pour la gauche dès 2017 ?

Emmanuel Macron, comme Manuel Valls comme Arnaud Montebourg comme Benoît Hamon, seront un jour ou l’autre une solution, mais je ne suis pas certains qu’ils soient à cette étape en situation. La présidentielle de 2017 va être surplombée par les quatre crises que j’ai évoquées. Le pays voudra être rassuré. Il ne fera pas dans l’aventure, dans l’expérimentation. Il ne se jettera pas dans les bras de tel ou tel aussi brillant soit-il.
Manuel Valls comme Emmanuel Macron pensent qu’il faut dépasser voire saborder le PS pour faire autre chose…

Dépasser le PS, c’est la feuille de route du congrès de Poitiers. La question, ce n’est pas le dépassement, c’est pour faire quoi. S’il s’agit de faire un parti démocrate à l’américaine rompant avec la culture socialiste, ce sera sans moi. S’il s’agit de faire un nouveau parti socialiste, écologique et républicain, je suis candidat. C’est le sens de l’alliance populaire que je veux porter, le dépassement du PS avec d‘autres, des radicaux, des écologistes, des citoyens, des associatifs, des syndicats, des personnalités, issues de la société civile.

Aujourd’hui, à gauche et même au PS, certains socialistes ne préfèreraient-ils pas une bonne défaite glorieuse plutôt qu’une hypothétique et pénible victoire électorale ?

Tous les socialistes préfèreraient une bonne politique mais il est vrai, comme c’est arrivé plusieurs fois dans notre histoire, qu’aujourd’hui, certains pensent que dans la mondialisation, les socialistes ne doivent pas être au pouvoir. Beaucoup pensent que ce n’est pas au Parti socialiste de faire les adaptations au « réel-réel » mais à la droite et que la gauche devrait se contenter de manifester dans l’opposition. A l’heure du tripartisme, cette ligne ferait petit à petit sortir la gauche des radars de l’histoire.

 

 

Propos recueillis par Renaud Dély

 

02 Mar

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L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

par

Elkabbach 02032016

Jean-Christophe Cambadélis était ce mercredi 2 mars l’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 


Cambadélis : “La nouvelle loi Travail verra le… par Europe1fr

 

Loi Travail

« Myriam El Khomri est une femme forte confrontée à un moment difficile mais soutenue par le gouvernement.

Par rapport à la loi El Khomri, j’ai pensé tout de suite que le texte était déséquilibré et qu’il fallait remonter ce qu’on appelle la sécurité sociale professionnelle. Il faut peut-être également corriger des articles sur le licenciement mal encadré. Je l’ai dit, et il s’est avéré que je n’avais pas tort.

La nouvelle loi Travail verra le jour avant la fin du quinquennat, car ce n’est pas parce qu’on discute avec les organisations syndicales et les parlementaires que cela va bloquer. Le problème c’est que, quand le texte est apparu, il y a eu des incompréhensions, des questions et il faut donc dialoguer

Je suis partisan du juste équilibre entre la souplesse et la sécurité pour l’ensemble des salariés. Dans les périodes de crise que nous traversons, je ne suis pas pour des solutions extrémistes, radicales ou gauchisantes. Il y a un juste équilibre à trouver

J’ai vu hier Manuel Valls qui ne me semblait pas dans un esprit de découragement.

Je dis “reste à l’équilibre Manuel”, il faut que cette loi ait lieu parce qu’il y a dans cette loi un certain nombre d’éléments nécessaires au pays, mais on ne peut pas être par trop radical sur un plan ou sur un autre.

La nature des manifestations du 9 mars n’est pas la Loi El Khomri mais des revendications spécifiques. »

Parti socialiste/ Gauche

Ce que nous voulons incarner au PS: un juste équilibre, une indépendance d’esprit, des propositions.

Si le PS n’est plus le creuset des différentes gauches, il n’y a plus de gauche.

Je ne pense pas que le Parti Socialiste soit un frein aux réformes. Les socialistes sont divers et ils doivent le rester. Les frondeurs sont députés ou sénateurs sous l’étiquette socialiste et je crois qu’ils auront à cœur de rester dans la famille politique

UEPS à Nantes : « On ne peut pas faire le dépassement du PS en restant dans les mêmes lieux »

Salon de l’agriculture / Propos de Marine Le Pen

« Chassez le naturel il revient au galop: Marine Le Pen a fait preuve d’agressivité, et de violence au Salon de l’agriculture.

Réfugiés
« Je dis à tout le monde qu’il faut aider la Grèce. Il faut soutenir la Grèce et donner les 500 millions que demande  Monsieur Tsipras. Il faut faire un effort.

Tarir, contenir et répartir. Il faut tarir les sujets qui conduisent au flux migratoire en Syrie, il faut contenir, c’est-à-dire qu’il faut des soutiens financiers au niveau du Liban, de la Turquie, et de la Jordanie, mais surtout de la Grèce. Il faut répartir. Chacun doit accepter sa juste part et la solidarité en Europe parce que de toute façon cette pression va continuer tant qu’on n’a pas réussi à tarir le flux

28 Fév

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L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

par

2016-02-28 - Jean-Christophe Cambadélis à BFM-35

Jean-Christophe Cambadélis était dimanche 28 février 2016 l’invité de BFM Politique en partenariat avec Le Parisien, RMC et BFM Business.

 

Retrouvez ci-dessous les vidéos de l’émission ainsi que ses principales déclarations:

Tribune de Martine Aubry dans Le Monde

“Il y a une crise du Parti socialiste, il faut la mesurer et la caractériser (…) Il y a partout en Europe des débats, il faut replacer ceci dans son contexte. Je crois que c’est une crise de mutation. La grande question qui est posée, c’est comment être socialiste et être de gauche face aux crises plurielles.”

Sur la tribune : « C’est une prise de position. Moi je suis pour rassembler. Il faut unir l’ensemble des socialistes sur des positions équilibrées”.

“Je suis en charge de l’intérêt général du Parti socialiste et quelque part de l’ensemble de la gauche. Je trace une route équilibrée entre l’action gouvernementale qui me semble nécessaire et qui porte ses fruits et ceux qui estiment qu’un certain nombre de valeurs ont été froissées ou remises en cause dans la dernière période.

Mon objectif, c’est de rassembler, d’être clair et unitaire. Je suis un homme d’écoute. Je suis un homme de synthèse, d’unité, parce que c’est nécessaire si nous voulons pouvoir peser dans la vie politique française et gagner l’élection présidentielle

Je vais discuter avec Martine Aubry, je vais essayer de faire en sorte que nous nous retrouvions. Si elle n’est pas d’accord, elle restera en dehors de la majorité mais la majorité, elle est stable.

Il y a quelque part une négation de ce que nous arrivons à obtenir dans le dialogue. C’est le Parti socialiste qui a dit que la loi El Khomri était déséquilibrée et qui a fait des propositions.
Avec Martine Aubry, ce n’est jamais une question de poste, mais de valeurs et d’orientation.
J’ai besoin de tous les socialistes. Martine Aubry est une grande voix des socialistes et nous en aurons besoin dans la campagne présidentielle comme nous aurons besoin de Manuel Valls.

La gauche n’est pas en miettes, la gauche a beaucoup à faire ensemble.
Je me battrai jusqu’au bout pour que le PS soit uni, qu’il se dépasse et qu’il rassemble au-delà des postures.”

Primaires
“Je suis pour les primaires. Cela peut être un moyen de retrouver de l’unité dans la gauche.

Si on veut des socialistes dans une primaire, on prend en compte leur candidat. (…) Il faut que les conditions pour que toute la gauche soit réunie, soient réunies. Je ne veux pas que l’on mette en place un “périmètre” interdisant au PS de participer.

Moi je pense que, dans la période, la candidature aux primaires et à la présidentielle ne s’improvise pas. Nous sommes en guerre, nous avons le terrorisme (…) nous avons une situation économique détestable. Je pense que le seul qui peut aujourd’hui prétendre mener la bataille pour l’emporter, c’est François Hollande qui est un bon président.

J’ai beaucoup de respect pour ceux qui se sont déclarés à cette primaire ou qui vont se déclarer candidats à la primaire, mais moi je ne veux pas d’une candidature de témoignage.”

Parti Socialiste
“Le PS est aussi dans une transition sur le plan organisationnel. (…) Un clic ce n’est pas la même chose que tracter sur un marché

Le Parti Socialiste est le seul parti a avoir lancé l’initiative des villes solidaires pour accueillir les réfugiés.
L’Alliance populaire c’est le dépassement du Parti socialiste, ce n’est pas l’unité de la gauche.”

Loi El Khomri

“Ne cherchez pas un élément politicien à chaque déclaration. Il s’agit de faire évoluer la loi.
La loi El Khomri est déséquilibrée pour le moment mais il y a quelques pépites que je voudrais garder comme le CPA.

Je dis à mes camarades qu’il faut rééquilibrer mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain parce que c’est la dernière fois qu’on aura la possibilité d’imposer dans la loi le CPA (…) Je comprends les colères, les indignations, les prises de position radicales mais je sais aussi qu’on n’aura pas beaucoup d’occasions d’avancer dans le domaine social.

On a une chance, que le texte ne soit pas passé en Conseil des ministres, il a un statut juridique évanescent. Il y  a la possibilité là de discuter.

Je souhaite qu’on renoue le fil du dialogue. Ce texte doit être redébattu, réanalysé, réinitialisé.
C’est un texte qui voulait combattre le chômage mais qui est perçu comme favorisant le licenciement. Il faut faire un travail de pédagogie.

Entre ceux qui ne veulent rien faire et ceux qui veulent tout défaire, il y a la place pour ce que l’on appelle la souplesse et la sécurité. Il faut que la sécurité soit perceptible, or elle n’est pas perceptible, sur la question du licenciement et des indemnités prud’homales

Le CPA est pour moi la grande réforme du quinquennat car elle permet de sécuriser les parcours professionnels. Il y a des rigidités et des souplesses à avoir mais il faut faire évoluer le code du travail sans le mettre à bas.”

Débat face à Emmanuel Zemmour :

“Aujourd’hui, l’élément déployé par certaines élites est celui de l’identité et pas l’égalité. La question n’est pas de séparer les gens mais de construire le commun.

La réalité est en perpétuelle évolution. La question est de pouvoir s’adapter en gardant ses valeurs.

La fragmentation de la gauche permet au populisme d’être majoritaire.

Je suis pour une France ouverte à la mondialisation, progressiste, qui rayonne, ouverte aux autres.

La majorité des Français veulent une France fraternelle et laïque.. Les Français n’ont pas peur d’être remplacés. (…) Ce que je refuse de toute mon âme c’est qu’on généralise, que l’on fasse peur aux Français.
Notre système intègre, assimile et se transforme et c’est normal. Si nous voulons continuer à être la France, il faut être républicain”.

Sur les réfugiés: “Il faut tarir, contenir, répartir en Europe et enfin punir les filières illégales”.

Parti socialiste:

“Il y a des gens qui veulent en découdre, moi je veux recoudre. Ce n’est pas être mou, c’est être ferme.

Au PS, nous avons des discussions, des convergences, il n’y pas que des divergences !

Je n’accepte  pas que l’on dise que tout est foutu. Pour le reste, j’entends, et je dis parlons en.”

 

Crédit photo: Mathieu Delmestre

23 Fév

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L’invité de Renaud Pila sur LCI

par

LCI 23022016

 

Jean-Christophe Cambadélis répondait ce matin aux questions de Renaud Pila dans LCI Matin.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 

 

Parti socialiste

Cambadélis dernier premier secrétaire du PS ? « Dans la longue lignée des premiers secrétaires, il y en aura d’autres après moi.
Le Parti socialiste est le seul lieu où les deux gauches peuvent dialoguer et surmonter leurs divergences.

Réforme du travail

« J’observe qu’à l’époque on faisait moins de cas des 200 000 signatures pour le référendum de l’unité de la gauche aux élections régionales que la pétition contre la loi El Khomri.
Il faut négocier et voir les organisations syndicales. Je les recevrai cette semaine

Il n’y a pas de rupture mais une demande d’amélioration chez les parlementaires socialistes.

Le point qui m’interroge le plus est l’article sur les causes de licenciements. Il me parait flou.

Etre de gauche, c’est d’être dans la conciliation, être de gauche, c’est d’être dans la négociation, être de gauche, c’est d’être dans la discussion
Je demande au gouvernement d’être dans la négociation sur la réforme du travail. Il faut avoir de la souplesse. On ne peut pas demander de la souplesse dans les entreprises et ne pas le faire au niveau de l’organisation de l’Etat et particulièrement dans les négociations

Maintenant il n’y a qu’une seule solution: la négociation ! C’est mon mode opératoire dans le moment

Il faut prendre en compte ce que demandent les organisations syndicales à savoir que sur deux, voire trois sujets, il y ait des évolutions. Je crois que si on veut faire triompher la philosophie de la souplesse et de la sécurité pour les salariés, il faut associer les syndicats réformistes

Utilisation du 49.3  « ni souhaitable, ni nécessaire pour Myriam El Khomri » : « Il vaut mieux commencer par la discussion que par le couperet .

Le 49.3, c’était la volonté de dire il faut faire vite, il faut faire fort, il faut faire net. Très bien, maintenant, discutons »

A partir du moment où l’on cherche l’intérêt général, il n’y a pas de raison qu’il y ait le feu dans les campus.

En 2012 nous n’avons pas vu l’effondrement de notre système industriel que la droite avait caché sous le tapis. »

Primaires

« S’il y avait un seul candidat de toute la gauche, elle gagnerait la présidentielle.

La gauche n’a pas conscience de ce qui vient, c’est à dire le programme de la droite et de l’extrême droite.
François Hollande est un candidat pour période de crise. Il a conditionné sa candidature aux résultats pour les Français. C’est assez rare.
C’est courageux de sa part, peu d’homme politique en ont fait autant. »

Primaire à droite / candidature de Bruno Le Maire

« Bruno le maire est le candidat le plus dangereux à droite parce qu’il allie à la fois une position très à droite et en même temps il se présente comme un cnetriste bon teint.

Il y a deux Bruno Le Maire en un, vous avez celui qui est plus à droite encore que Laurent Wauquiez et l’autre qui serait plus centriste qu’Alain Juppé.
L’ambiguïté de Bruno Le Maire résume le problème de la primaire de la droite: faut il aller au centre ou à la droite de la droite ? »

22 Fév

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L’invité de Territoires d’infos sur Public Sénat et Sud Radio

par

TErritoires d'infos 22022016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de l’émission “Territoires d’infos” sur Public Sénat et Sud Radio.

Il a répondu aux questions de Cyril Viguier, Mickaël Szamès et Louis Morin.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Invité : Jean-Christophe Cambadélis… par publicsenat

 

Agriculteurs chez Stéphane Le Foll

« Je condamne totalement cette méthode, on ne peut pas tenter de prendre en otage des responsables »


Loi El Khomri:

« Pas dénaturer dit le Président mais faire évoluer. La philosophie est claire: souplesse d’un côté et sécurité de l’autre.
Il y a des choses qu’il faut garder et des évolutions à faire.

Il y a un article, soyons clairs, qui est au cœur de la polémique, c’est l’article 30 bis sur le licenciement économique.
On ne peut pas conditionner le licenciement à quelque chose de flou.
Faisons évoluer le texte et nous trouverons une majorité. »

Primaires à gauche
« Le haussement de ton sur la primaire de Monsieur Pierre Laurent n’est pas vis-à-vis du Parti socialiste mais de Jean-Luc Mélenchon.
On arrivera à un compromis, on doit pouvoir se mettre d’accord.

Les socialistes ne vont pas être spectateurs d’une primaire qui leur tape dessus. Il ne faut pas de préalables, ni de préjugés.
Je suis pour un candidat unique de la gauche. Je travaille à cela. Le rassemblement des le 1er tour.
Le Président doit pouvoir se présenter s’il le souhaite. Il ne va pas se déclarer dès le mois de septembre. »

Emmanuel Macron candidat en 2017 ?

« Ce sont des spéculations je ne crois pas qu’il souhaite gêner le gouvernement. »

Migrants à Calais

« Il y aura une partie de démantèlement, pas par la force si possible. (…)
Je suis ni Jude  Law, ni Bernard Cazeneuve. Je suis Yann Capet, le député socialiste de Calais qui se bat. »

Notre Dame des Landes

« Il vaudrait mieux qu’il y ait le même avis, la Loire Atlantique semble la plus concernée ».

 

21 Fév

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Interview au Journal du Dimanche

par

jdd

Le JDD publie ce dimanche 21 février 2016 une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

Le projet de loi de Myriam El Khomri est salué par la droite et le Medef et vivement contesté par la gauche et les syndicats. Que vous inspire ce texte ?

C’est un avant projet qui doit évoluer. Face au chômage de masse, entre ceux qui veulent ne rien faire et ceux qui veulent tout défaire, il y a la place pour ceux qui veulent faire. Nous devons élaborer un nouveau modèle, un nouveau mixte entre souplesse et sécurité. Le texte tel qu’il a été soumis au conseil d’Etat doit donc être rééquilibré.

Dans quel sens ?

Il faut donner toute sa place à la sécurité sociale du XXIème siècle, qui sera la conquête sociale du quinquennat. Ce texte doit permettre et renforcer la négociation dans l’entreprise. Le Compte Personnel d’Activité est bien présent mais relégué au titre 3. Quant à l’ajout tardif de l’article 30 bis sur les licenciements économiques c’est une concession injustifiée au Medef, s’inspirant des législations espagnole ou italienne. Cet article est à réécrire. Mais les 61 principes élaborés par la Commission Badinter vont pour moi dans le bon sens : le principe du CDI, la hiérarchie des normes, le renforcement de la lutte contre le détachements sont de bons éléments. Finalement, c’est autant l’architecture que le contenu de ce projet de loi qu’il faut revoir. Disons-le, il y a une pression idéologique qui veut faire croire que le chômage est dû au code du travail. Il y a des rigidités, mais c’est le carnet de commandes qui fait l’embauche. Ce ne sont pas les mesures qui reviennent sur des droits des salariés qui font l’embauche, sinon le libéralisme aurait amené partout le plein emploi.

Est-il envisageable pour vous que cette loi soit adoptée via le 49.3 ?

On peut le critiquer ou le louer, mais cet article fait partie de l’arsenal de la Vème République. Il vaut mieux discuter avant de faire tomber le couperet. Mais je comprends l’intention du gouvernement, il ne faut pas faire trainer. On ne peut pas démissionner face au chômage.

Cette semaine, le PS a participé au comité d’organisation des primaires. Vous êtes vraiment pour ce processus ?

C’est la conclusion du tripartisme. Dans le bipartisme, il fallait rassembler au second tour. Aujourd’hui, il faut être au second tour. Il serait donc plus efficace qu’il y ait un candidat unique de la gauche. Si cette primaire sans préalable et sans préjugé permet de sélectionner le meilleur candidat de la gauche, c’est une bonne idée et il faut l’organiser. Je n’ai aucun souci. Je pense que le candidat le plus crédible par temps de crise est le Président de la République. Qui peut être le plus efficace, le plus équilibré dans une période de  crises multiples ? Ils ne sont pas légions à gauche. Car en 2017, il ne s’agira pas de témoigner mais de gagner. C’est clair depuis les régionales : les Français ne veulent pas de la solution Marine Le Pen, mais l’émiettement de la droite et la fragmentation de la gauche peuvent lui permettre de gagner la présidentielle. La primaire ne doit surtout pas être un moyen de purifier idéologiquement la gauche, soit en délimitant son périmètre, soit son calendrier. Laissons faire les électeurs.

Quel est, selon vous, le bon calendrier?

Je l’ai dit aux initiateurs de l’appel Notre Primaire, pour moi, elle doit avoir lieu à la fin de l’hiver, en décembre ou en janvier. Le Président de la République s’il était candidat n’aurait pas obligation de participer à tous les débats, il ne ferait pas le tour de France, il n’a pas de problème de notoriété ! On peut aménager les choses pour que chacun puisse se présenter. Et surtout, il faut que tout le monde s’engage à soutenir le vainqueur. Nul ne peut soutenir un autre candidat si le vainqueur ne lui plait pas, c’est le principe d’une primaire.

Jean-Luc Mélenchon a déjà déclaré qu’il était candidat à la présidentielle, la primaire se ferait sans lui ?

Nous préférons que ce soit la primaire de toute la gauche. Le Front de Gauche a éclaté, Pierre Laurent a l’air partant, Jean-Luc Mélenchon a l’air parti et Clémentine Autain est observatrice, il y a donc au moins trois positions.

François Hollande est-il d’accord pour y participer ? Etes-vous ici son porte-parole ? 

Je ne suis pas son porte-parole quand je défends la primaire ni quand je critique la loi El Khomri. Je suis le premier des socialistes, je cherche une position qui allie valeurs et efficacité. Le Président n’est pas candidat, il n’a pas donné d’indication en ce sens. Pour lui, tout est ouvert. Mon rôle c’est de préparer les conditions pour que, quel que soit le candidat, il puisse choisir soit d’y aller, soit de se passer de cette primaire. Mon mandat c’est de rassembler les gauches et les écologistes, au candidat ensuite de décider.

Si le chômage ne baisse pas, François Hollande ne sera pas candidat. Dans ce cas-là, il y aura forcément une primaire ?

Oui. Ce n’est pas une candidature par calme plat. Il ne faut pas se payer de mots. Les Français ne tenteront pas une aventure, ils ne feront pas d’expérience, ils voudront être protégés. Mon rôle c’est d’aider un candidat à l’emporter. Mon problème, ce n’est pas la clarification, c’est la qualification. Car entre une extrême droite qui se banalise et une droite qui s’extrémise, la France serait en de très mauvaises mains.

Propos recueillis par Cécile Amar et Dominique de Montvalon

19 Fév

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Entretien avec L’Observateur du Maroc et d’Afrique

par

LOGO Observateur du Maroc et d'Afrique

L’Observateur du Maroc et d’Afrique publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessous:

 

D’abord cette question d’actualité, êtes-vous satisfait de l’élargissement à gauche du nouveau gouvernement?

C’est un élargissement de l’assise gouvernementale qui permet de s’approcher de ce que fut le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec des socialistes, des écologistes et des radicaux. C’est un gouvernement arc-en-ciel. Ce remaniement élargit donc la base gouvernementale et nous en avions besoin.

Que répondez-vous aux critiques notamment à gauche qui estiment que ce remaniement est finalement un calcul politicien visant clairement à préparer les prochaines élections?

Dans une époque où le « jamais content » l’emporte sur tout autre chose, cela n’est pas étonnant. La sortie de la ministre de la Justice conduisit à la critique d’un gouvernement à base réduite. L’élargissement aux écologistes fut tout autant critiqué… Ainsi va la France

Plusieurs personnalités de gauche réclament une primaire pour 2017. Vous y êtes favorable ?

En rencontrant les responsables de cet appel, j’ai affirmé « nous avons un regard bienveillant sur les primaires ». D’ailleurs, deux responsables ont été désignés pour le comité d’organisation de cette échéance. Nous sommes en faveur d’un candidat de toute la gauche, et que l’ensemble de la gauche puisse désigner un candidat unique. C’est la raison pour laquelle nous avons accepté des participations aux débats qui vont être organisés avant les primaires.

François Hollande n’est donc plus candidat naturel du PS. Pourrait-il y avoir d’autres candidats, notamment parmi les frondeurs ?

C’est un débat que nous n’avons pas encore eu et qui n’est pas tranché. Je ne pense pas que le PS puisse se permettre de présenter plusieurs candidats à la primaire. Cela amènerait à sa destruction et à l’affaiblissement de notre candidat final. Il faudra réfléchir à la présentation maitrisée des candidats PS s’il y en a. Ceci dit, ma position, à titre personnel, c’est qu’il y ait un seul candidat PS dans ce type de primaire.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à la Présidentielle, cela compromet de facto votre volonté d’une primaire de toute la gauche.

Jean-Luc Mélenchon fait son choix. C’est classique et en accord avec ce qu’il pense. Il estime que la présidentielle c’est la rencontre d’un Homme avec un pays. C’est une vieille vision gaulliste et c’est sa vision de la Vème République même s’il défend la VIème République. Déjà lorsqu’il était au PS, il n’aimait pas la primaire. Il n’y a pas de raison qu’il y soit favorable maintenant qu’il n’est plus membre du parti. D’autant qu’il a tiré un trait sur ce qu’il appelle « les vieilles représentations politiques ».

L’alliance populaire constitue votre nouvelle bataille. Pourtant la gauche est divisée, y compris au PS. Croyez-vous toujours à cette alliance ?

Cette Alliance est une construction originale visant à rassembler, au-delà du PS, principalement le réseau associatif et des personnalités qui partagent avec le PS l’idée de répondre au défi de notre époque. Le problème, aujourd’hui, n’est plus de rassembler la gauche au second tour, c’est d’être au second tour! Si l’Alliance populaire commence à se mettre en mouvement, si les gens encartés sont minoritaires par rapport aux citoyens dans cet appel… Bref, si l’Alliance populaire déclinée sur le territoire est un succès, nous allons peser sur nos partenaires verts et communistes afin de construire une alliance beaucoup plus grande.

Le projet de loi de la «Protection de la nation » a été approuvé par les députés. Le texte ne fera pas référence aux binationaux. Finalement c’est « la déchéance pour tous » au risque de permettre la création d’apatrides ?

Par ma voix, le Parti Socialiste (PS) a demandé à ce que le terme «binationaux» ne soit pas inscrit dans le marbre de la constitution. Nous étions en faveur d’une mesure de «flétrissure» de ceux qui avaient pris les armes contre la nation. Nous voulions aussi sauvegarder l’union nationale et cela nous a obligé à utiliser des «expressions»que la droite pouvait voter. Pour l’apatridie, nous étions contre. Au final, le PS a été satisfait des corrections apportées au final au texte…même si beaucoup y sont toujours opposés.

Le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) a annoncé sa volonté de revenir à la version initiale du projet de François Hollande, qui visait à étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France. Le projet constitutionnel risque-t-il de faire l’objet d’une réécriture au Sénat?

Pour cela il faut une majorité, or le Sénat est composite et la droite divisée. Les élus Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale ont voté le texte sans le terme «binational». Il n’y a pas de raison pour que les sénateurs du même camp votent différemment. Le Parti Socialiste ne suivra évidemment pas l’appel de monsieur Larcher, le Parti Communiste sera globalement contre et les écologistes aussi. Les centristes, eux, demandaient «la déchéance pour tous». Au final, monsieur Larcher n’a pas la majorité de sa posture.

Mais dans les faits, seuls les binationaux sont « expulsables » du territoire français en cas de déchéance. Seraient-ils les seuls visés au risque de créer deux catégories de citoyens ?

D’abord, nous parlons de terroristes ayant commis des crimes de sang. Ensuite, c’est déjà le cas parce que nous avons la déchéance et l’expulsion possibles. Enfin les expulsables non expulsés restent

Pourtant la gauche comme la droite s’accordent à dire que cette mesure est inefficace dans la lutte contre le terrorisme. Pourquoi la maintenir ? Pourquoi ne pas s’en tenir à la loi sur l’indignité nationale ?

Parce qu’il fallait l’unité nationale! J’aurais préféré des formules «plus socialistes», mais nous n’aurions pas eu les votes de la droite. Il n’y aurait donc pas eu de constitutionnalisation de la procédure d’urgence. La difficulté est de réunir les 3/5èmes et pour cela il faut satisfaire tout le monde. Nous aurions pu faire une loi simple puisque nous avons une majorité à l’Assemblée nationale. Mais nous avons décidé de constitutionnaliser certaines mesures. Et pour cela il faut les 3/5èmes.

Le quart de l’hémicycle était présent pour voter le premier article du projet de loi de révision constitutionnelle. L’abstentionnisme des électeurs additionné à l’absentéisme des députés ne créent-ils pas un vrai problème de représentation et de légitimité?

Les parlementaires ne sont pas astreints à une présence pour tous les sujets. Ce n’est pas une tradition et d’ailleurs il ne l’est dans aucun parlement. Et les amendements sont moins importants. En revanche, pour le vote sur la constitutionnalisation de l’état d’urgence, par exemple, tout le monde a voté, et quand il y a eu débat sur l’article 2, les parlementaires étaient présents.

La présence n’est pas obligatoire mais le sujet divise. Est-ce responsable de ne pas voter ?

Au moment du vote, il y avait la commission des affaires étrangères qui traitait du bombardement d’Alep. Il y avait au moins 40 parlementaires. Le travail parlementaire ne se fait pas seulement dans l’hémicycle. Il se fait en commission et sur le terrain. Le paradoxe c’est que quand je suis dans l’hémicycle, mes électeurs me reprochent de ne pas être présent en circonscription. Et quand je suis en circonscription, on me reproche de ne pas être dans l’hémicycle.

Emmanuel Macron s’est opposé à Manuel Valls sur la déchéance de la nationalité, s’attirant ainsi la sympathie des frondeurs. Christiane Taubira a même claqué la porte. Au départ, vous aviez vous-même dit que ce n’était «pas une idée de gauche», vous le pensez toujours ?

Bien sûr que ce n’est pas une idée de gauche! Le dire est une tautologie. Nous n’avions pas voté cette proposition dans nos congrès, ce n’était pas dans notre programme. Mais pour modifier la constitution, il faut les 3/5èmes du parlement. L’union nationale est indispensable. Pour la gauche, il ne faillait pas faire mention aux binationaux mais il fallait également prendre en compte la sensibilité de la droite. Ce n’est certes pas une idée de gauche, mais la déchéance de nationalité était déjà pratiquée, le Code Civil la permettait et le Conseil Constitutionnel avait indiqué qu’il n’était pas défavorable à cette pratique via une question prioritaire de constitutionnalité. Encore une fois, c’était pratiqué auparavant mais ce n’était pas constitutionnalisé. Maintenant, la déchéance sera constitutionnalisée et pratiquée. Honnêtement, même si ce n’est pas une idée de gauche dans les faits, cela ne change pas grand chose.

La lutte contre le terrorisme est aussi un sujet qui divise. Manuel Valls estime qu’«expliquer le jihadisme, c’est déjà vouloir un peu excuser» quand Emmanuel Macron parle de «terreau» favorable. Quelle est votre position ?

Il n’y a aucune justification mais il peut y avoir des explications. Évidemment que les actes terroristes sont injustifiables, mais il faut réfléchir aux causes pour pouvoir les combattre. Il est important de connaitre les raisons qui ont poussé certains jeunes français à se radicaliser et qui les ont poussés à prendre les armes contre d’autres Français. C’est une polémique qui a été médiatiquement grossie. Le Premier ministre n’est pas contre l’explication, il est contre la justification.

La France est très en retard en comparaison avec ses voisins européens sur la déradicalisation. Pourquoi ce retard alors que le problème n’est pas nouveau, et comment le rattraper?

La première raison est que nous avons laissé une grande partie du travail sur le terrain aux associations qui font, je le souligne, un travail extraordinaire. Notre système qui a ses faiblesses et ses qualités, à savoir «l’intégration à la française», implique qu’il n’y ait pas d’actions spécifiques pour une population spécifique. En Angleterre, par exemple, c’est un système communautaire. C’est donc la communauté qui prend en charge sa propre communauté. En France, si nous avions engagé une action en direction d’une partie spécifique de la population, certains auraient parlé de ségrégation. Nous sommes un peu prisonnier de notre modèle d’intégration à la française, c’est pour cela que nous avons pris du retard. Nous ne pensions pas que la France pourrait être un jour frappée par des Français! A l’époque du GIA, nous avons connu des attaques sur le territoire français, mais ils étaient commis par des Algériens radicalisés. C’était donc le fait de ressortissants de pays étrangers. Concernant les actes les plus récents, il était sidérant de voir des Français s’attaquer à la France. Cela nous a ouvert les yeux sur le nombre important de départs vers la Syrie. Les lois sur les départs vers ce pays sont finalement arrivées bien tardivement même s’il y avait des alertes, il y a déjà longtemps, avec Khaled Kelkal et d’autres. Mais, nous n’avions pas conscience de l’ampleur du phénomène.

Pour lutter contre le terrorisme, au Maroc, la formation des imams a été institutionnalisée. De nombreux imams français sont d’ailleurs formés à l’Institut Mohammed VI de Rabat. Faut-il améliorer cette coopération pour lutter contre le discours radical?

Tout ce qui permet d’éviter la radicalisation et d’élever la connaissance des imams me semble positif. Au Maroc, il y a une tradition presque séculaire, il n’est pas anormal que les imams français s’en inspirent. Je ne considère pas l’islam et les musulmans comme un bloc. Comme toutes les religions et les cultures, l’islam est traversé par des courants contradictoires. Mais tout ce qui permet d’apaiser me semble bienvenu.

Toujours dans le domaine de la lutte antiterroriste, comment les services de renseignements français et marocains peuvent-ils améliorer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme?

Je les crois déjà très bons. Le président de la République a remercié publiquement le Maroc pour son concours lors de l’agression de la France.

L’une des causes de la radicalisation et donc du terrorisme est qu’il y a, dans les quartiers populaires en France, un sentiment d’abandon et parallèlement, le discours radical, notamment salafiste, gagne du terrain depuis une trentaine d’années. Qu’est-ce qu’a fait la gauche pour les banlieues qui ont massivement voté pour François Hollande en 2012?

Il y a 400 quartiers en zone prioritaire. L’Etat verse énormément d’argent dans les quartiers populaires. Ce ne sont pas des zones de non-droit, même si il y a parfois des dérapages à condamner. La percée du salafisme en France a été progressive, contrairement à l’Angleterre où des mosquées, au nom du communautarisme, ont été d’emblée dirigées par des gens en sympathie avec Al-Qaida. Il a fallu beaucoup de temps pour que ce pays expulse ces ressortissants qui avaient pignon sur rue pour défendre Al-Qaida. En France, cela s’est fait par entrisme et pas en pleine lumière pour le salafisme et jamais Al-Qaida n’a eu pignon sur rue. Un mouvement piétiste s’est radicalisé et a commencé à déployer et à développer l’idée de la séparation de la communauté musulmane de la République. Avant que ce problème ne prenne une ampleur de masse, il s’est passé du temps.

Pourquoi n’y a-t-il pas l’émergence d’un islam de France ?

L’islam est récent dans l’histoire de la France. Il y a un processus original à construire qui ne peut pas être celui de 1905, avec la séparation de l’église et de l’Etat ou celui de l’adhésion à la République des juifs avec «le serment à la France». La République française c’est le droit de croire ou de ne pas croire. Ce n’est pas vivre selon les lois de sa religion, voire de son interprétation. C’est cet espace en France qu’il faut construire dans le respect de l’islam.

Qu’en est-il du vote des étrangers, promesse de François Hollande, est-il définitivement enterré ?

Je ne comprends pas pourquoi le débat a disparu de l’Assemblée nationale. Je ne partage pas l’idée, majoritaire à gauche, qui veut qu’à cause de la montée du nationalisme en France, nous devons mettre ce sujet de côté. Ce n’est pas ma conception de la politique. Dans ce cas, nous ne parlons plus de rien pour ne fâcher personne.

De nombreux problèmes en France sont liés aux difficultés économiques. Le dernier rapport de la Cour des comptes (10 février) nous apprend que sur les 500.000 contrats de génération fixé par François Hollande d’ici à 2017, seuls 40.300 avaient été signés fin juillet 2015 (il aurait dû y en avoir 220.000). Le dispositif est jugé «complexe et peu lisible par les entreprises». Le contrat de génération est-il un échec?

C’est un revers, ce n’est pas ce que nous voulions. Le dispositif était compliqué, sur une idée intéressante qui a été portée par le Président de la République. Malheureusement, on n’a pas trouvé le moyen pour la simplifier afin qu’elle puisse prospérer.

Mais le chômage en France reste aux alentours de 10 %, alors même qu’il baisse dans le reste des pays de l’OCDE. L’inversion de la courbe du chômage, promesse de campagne de François Hollande, vous semble t-elle possible ?

Il faut faire attention aux comparaisons avec les autres pays. Par exemple, pour l’Angleterre il y a eu la création de 77.000 emplois. En France nous en avons créé 46.000. Notre problème est que nous avons besoin de créer 150.000, compte tenu de notre démographie et des départs à la retraite. Le déficit est très important c’est pour cela qu’il nous faut une politique pour le diminuer. Contrairement à d’autres pays, la France ne produit pas de mini-jobs, mais des emplois. La législation allemande et anglaise permettent, dans une mesure plus importante, la création de «travailleurs pauvres»avec des salaires épouvantables. Les mini-jobs sortent de leurs statiques chômages, mais en France nous ne faisons pas cela. Notre pays a un avantage et un inconvénient c’est qu’en période de crise, son filet social protège les citoyens, malgré ses déficits. Mais en période de reprise de la croissance, c’est un obstacle à sa compétitivité. Il faut donc trouver le bon moyen pour continuer à protéger nos concitoyens tout en permettant la compétitivité. Concernant l’inversion de la courbe du chômage, je pense que c’est possible. La croissance s’améliore. J’espère juste que cela arrivera avant la présidentielle de 2017.

Si cela n’arrivait pas, c’est la droite qui pourrait en profiter. Que pensez-vous du retour de Nicolas Sarkozy ?

Je pense que son retour est difficile. Il a été Président. Il a été battu. Et maintenant il s’inquiète.

Alain Juppé est en tête des sondages. Finalement n’est-il pas un candidat plus «redoutable »pour François Hollande que Nicolas Sarkozy puisqu’il rassemble au-delà de son parti, notamment chez les sympathisants PS ?

La droite n’a pas d’idée neuve. Elle est forte que du rejet de la gauche. Elle est tout autant frappée que d’autres par la déconstruction de l’espace public auquel nous assistons. La primaire de la droite ne réglera pas son problème stratégique. Si c’est Nicolas Sarkozy qui l’emporte, il est presque certain que François Bayrou sera candidat. Si c’est Alain Juppé qui l’emporte, je pense que nous allons voir émerger une droite dure, bonapartiste, décomplexée. Nous l’avons constaté lors des élections régionales, le positionnement de la droite est compliqué à cause de la montée du FN. Je ne suis pas certain qu’Alain Juppé soit en mesure de faire face à cette équation. La droite en France c’est des solutions du passé portées par des hommes dépassés.

Vous évoquez la montée du FN, à quel point cela vous inquiète?

Je combats le FN depuis 1983. J’ai animé différents réseaux pour dire que ce mouvement avait vocation à prospérer car il s’appuie sur une faille qui est le nationalisme et le souverainisme xénophobes. Et là, tous les ingrédients sont réunis. D’un côté, il y a la mondialisation et de l’autre, l’échec européen, le chômage, les réfugiés et bien sur l’islam. Le FN a un espace pour évoluer et présenter une explication fruste aux difficultés quotidiennes que rencontrent les Français. Front national, Les Républicains-UDI, le Parti socialiste et ses alliés, j’ai appelé cela le tripartisme du paysage politique et c’est très inquiétant. Il n’y a évidemment pas 50% de Français qui partagent les idées du FN, mais avec une droite divisée et une gauche émiettée, les 30% du FN pourraient l’emporter.

Il y a eu la première manifestation du mouvement Pegida à Calais dimanche 7 février et l’islamophobie continue de faire débat en France. Quelle est votre position ?

J’ai pris position en disant que le refus du terme «islamophobie» me faisait rire! Il n’y a peut-être pas d’islamophobie mais il y a des islamophobes. En réalité, il y a deux mouvements qui se font face : il y a un mouvement identitaire en France qui estime que l’islam va dominer dans le pays, c’est la théorie du grand remplacement .Ce mouvement veut défendre une identité française qui selon ses membres est «blanche, catholique, apostolique et romaine» et ils veulent se séparer des musulmans, voire parfois les renvoyer «chez eux». Parallèlement, de l’autre côté de l’échiquier, il y a un mouvement radical salafiste, plusieurs nuances existent, mais dans l’ensemble ses membres estiment que la République ne peut pas décider de leur vie quotidienne et qu’ils doivent vivre comme le dit, d’après eux, le coran. Un mouvement nourrit l’autre. Les premiers pensent qu’on veut imposer un certain mode de vie à la République et les seconds pensent que la République veut leur interdire de vivre leur religion. C’est très dangereux et nous sommes juste au début. Je suis très choqué de ce qui s’est passé à Ajaccio et de ce que j’ai entendu à Calais, même si la situation des calaisiens est épouvantable. Cela donne une patine, une indication de la situation en France. Et pour finir mon raisonnement, je suis aussi très inquiet de ce que je lis sur les réseaux sociaux, c’est aussi épouvantable. Il y a une espèce de guerre civile et elle peut à tout moment s’exprimer dans la rue.

La gestion du problème migratoire ne fait pas non plus l’unanimité. L’accueil réservé par la France aux réfugiés vous semble-t-il à la hauteur de leur drame humanitaire?

La situation des réfugiés est terrible. C’est un problème européen. Je suis en faveur d’une conférence internationale sur les réfugiés. Nous avons besoin d’une position solidaire et commune de l’Europe. Je suis pour le traitement politique de la question des réfugiés qui combine une solution là-bas, militaire ou pas, le financement de l’accueil dans les pays limitrophes, la mise en place de « hot spots » dans les pays de la deuxième zone d’accueil. Et une solution solidaire – excusez ce terme épouvantable – pour le solde.

Dans leur grande majorité, les réfugiés ne veulent pas venir en France ou y rester notamment ceux de Calais. Comment l’expliquez-vous ?

C’est parce qu’ils ont des liens qui datent de la colonisation anglaise. Ils ont souvent des proches là-bas. Ils constatent aussi que la situation économique n’est pas bonne et que le FN est à 30%. Le paradoxe c’est que le Front national dit que la France attire les réfugiés pour ses minimas sociaux alors que ce n’est pas vrai. Ils ne veulent pas rester ou venir en France. Après, nous accueillons les réfugiés en fonction des quotas fixés. Il faut que l’Europe fasse plus mais il faut surtout que la guerre s’arrête.

Vous le rappelez, la situation des réfugiés est directement liée au conflit syrien. Laurent Fabius quitte son poste de ministre des Affaires Étrangères pour le Conseil Constitutionnel alors que la situation en Syrie est chaotique, notamment à Alep où le régime de Bachar al-Assad avec l’aide des Russes est entrain de reconquérir la ville. Est-ce un choix responsable ?

Premièrement, il faut lancer un cri d’alerte sur ce qui se passe à Alep. La ville est bombardée, les populations sont dans des situations épouvantables et elles fuient ici. Vladimir Poutine et Bachar al-Assad bombardent et les populations viennent chez nous. Ce n’est pas tolérable et il faut le dénoncer. Je suis étonné de voir que la seule formation politique en France à avoir protesté contre cette situation est le PS. Concernant le départ de Laurent Fabius, certes c’est un homme intelligent, précis et efficace, mais il y a un Quai d’Orsay qui mène une politique. Laurent Fabius était ministre de Jean-Marc Ayrault. Ce dernier était donc informé et en phase avec son ministre. Il n’y aura pas de rupture de continuité.

Toujours concernant le dossier syrien, l’Arabie Saoudite se dit prête à envoyer des troupes au sol si la coalition le décide. Quelle est votre position ?

Tout ce qui permet de régler le conflit le plus rapidement possible doit être étudié. Le retour du printemps m’inquiète, les gens vont recommencer à marcher, il y a urgence ! La Grèce n’est pas en situation de gérer le problème, les turcs sont ambivalents, la Bulgarie ne peut pas faire face. La situation humanitaire va être dramatique. Je suis donc d’accord pour que l’on étudie sérieusement cette possibilité. Mais il faut être prudent. La tension est maximale entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Il ne faut donc pas se précipiter sur une solution qui conduise à un conflit régional.

Autre région touchée par le terrorisme, le Sahel, dans cette zone le caractère transfrontalier de la menace terroriste a exigé une approche régionale. C’est dans cet esprit que l’opération Barkhane est lancée le 1er août 2014. Pourtant, les groupes terroristes prolifèrent et multiplient les actions. Comment la France combat-elle ce terrorisme qui devient une menace pour l’Hexagone et l’Europe?

La France a évité au Mali la constitution d’un Etat terroriste aux portes de l’Europe, même si c’est de l’autre côté du Sahel. Mais le conflit aurait pu se métastaser dans le reste de la région. Notre pays n’a jamais prétendu que son intervention militaire et que sa volonté d’aider à la reconstruction d’un état malien géré par les maliens mettait une fin définitive à la prolifération du terrorisme. Il y a des petites structures réfugiées dans le Sahel ou le sud de la Libye qui peuvent faire des incursions, mais elles ne peuvent pas prétendre gérer un Etat. La présence de la France est indispensable, mais il y a également toute une série de décisions et d’actions à entreprendre comme les élections démocratiques, la construction d’un Etat, la formation d’une armée et la mise en place d’institutions au Mali et dans l’ensemble des pays concernés.

Les groupes terroristes donc Daesh gagnent du terrain en Libye, êtes-vous en faveur d’une action en Libye ?

Je pense que pour mener une action en Libye, il faut réunir deux conditions : la première est que le Conseil de Sécurité de l’ONU prenne une positon en faveur d’une intervention. La deuxième condition, il faut un début de consensus en Libye. Il ne faut pas frapper les terroristes s’il y a un désordre dans l’ensemble du pays. La prise de conscience commence chez les Libyens. Même si la situation est chaotique, ils savent qu’ils doivent quitter l’ère Kadhafi tribale pour constituer l’embryon d’un Etat national. Si ces deux conditions sont réunies. Les Libyens pourront faire appel à la communauté internationale pour participer à une action de reconquête de leur territoire. Il ne faut pas être dans une « attitude » coloniale, il faut répondre à des gens qui veulent combattre le terrorisme.

La réponse sécuritaire est-elle suffisante en Afrique où persiste un problème de gouvernance dans certains pays et de démocratie dans d’autres ?

C’est injuste parce que la croissance africaine va finir par faire pâlir l’Europe riche. Par ailleurs, plus le temps passe, plus les générations sont démocratiques, formées, éduquées. Elles sont d’ailleurs de plus en plus critiques avec les gouvernances monopolisant le pouvoir. Cette génération est soutenue par la France et l’ensemble des pays démocratiques. Cela exerce une pression sur les États pour aller vers une transition démocratique. C’est un processus lent et long. Evidemment, la réponse sécuritaire ne suffit pas. J’ai appelé à une conférence internationale sur les réfugiés pour avoir une vision d’ensemble avec à la fois les pays qui accueillent et ceux qui «envoient». Il faudrait également la présence des pays qui peuvent aider avec des fonds pour sédentariser les populations. Si nous n’adoptons pas une politique globale et totale, nous allons en permanence avoir les mêmes problèmes.

Le roi Mohammed VI a plusieurs fois appelé les Africains à prendre leur destin en main en plaidant pour le co-développement et pour les investissements triangulaires. Que pensez-vous de cette stratégie et comment l’Afrique peut-elle s’émanciper des pays riches?

Toute une série de leaders des années 1960 ont professé cette idée, de voir l’Afrique s’émanciper des gouvernements coloniaux et puis face à la manière coloniale dont la décolonisation s’était faite. Je pense que c’est nécessaire, vu la situation économique des pays européens. Nous investissons beaucoup d’argent dans la présence militaire dans des pays africains alors que nous sommes nous-mêmes en difficulté. De plus, nous avons besoin du développement africain car plus ce continent gigantesque se développe, plus une classe moyenne va consommer. Comme cela s’est passé avec la Chine. Par conséquent, c’est là un facteur de développement pour l’Europe. Le bassin méditerranéen, qui est aujourd’hui à feu et à sang, peut redevenir le poumon de l’humanité et cela grâce aux civilisations qui le traversent et de l’inventivité qui s’y exerce. Les cultures peuvent être beaucoup plus proches que nous voulons le reconnaître. Et l’effet paradoxal de la colonisation réside dans une détestation latente mais dans une reconnaissance constante.

Le Roi du Maroc rencontre François Hollande mercredi, au menu des discussions figure la Cop 22. Comment la France et le Maroc peuvent-ils collaborer dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préparation de la prochaine COP de Marrakech?

D’abord par la réussite de la COP22. La France préside, le Maroc organise. La collaboration est nécessaire. Ensuite, en réalisant les objectifs maitrisables de la COP21. Enfin, en explorant la question de la solidarité mondiale avec les pays émergents dans la transition écologique.


Propos recueillis par Noufissa Charaï

 

18 Fév

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV

L’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV

par

JCC BFM TV RMC 18022016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce jeudi 18 février au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

Sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy
Je pense que Nicolas Sarkozy va quitter la présidence des Républicains et se lancer dans les primaires.

Je crois que les Républicains ne sont préoccupés que par la primaire. Ce n’est pas étonnant d’ailleurs. Nicolas Sarkozy a laissé filer les déficits comme il a laissé les déficits de sa campagne. Il fait exactement la même chose quand ça touche la campagne électorale que lorsqu’il dirigeait l’Etat français.

Élection présidentielle
Je pense que François Hollande  est le candidat le plus crédible à gauche, le plus efficace pour les Français.

Qu’il y ait un inventaire sur la politique qui est menée c’est normal à la veille d’une élection présidentielle, mais un inventaire ça ne veut pas dire que tout est mal.
La primaire de toute la gauche doit permettre de déterminer un candidat unique de gauche. C’est le seul moyen de gagner la présidentielle. S’il y a un émiettement à gauche, nous serons éliminés au premier tour.
Pour le moment on nous propose une primaire d’une partie de la gauche contre une autre partie de la gauche. Le problème n’est pas la primaire mais son périmètre. Je souhaite une primaire de toute la gauche.

Réforme du code du travail
Ce texte n’est pas encore définitif et il va y avoir une discussion parlementaire et je souhaite qu’elle ait lieu.

Entre ceux qui ne veulent rien faire et ceux qui veulent tout défaire il y a la place pour la fléxi-sécurité.

Ce qui me semble important c’est l’efficacité pour l’emploi. Il faut une fléxi-sécurité à la française. Pour l’instant, ce texte ne montre pas l’équilibre entre fléxibilité et sécurité. On ne peut pas fléxibiliser le droit du travail s’il n’y a pas la sécurité. Donc moi bien avant de discuter de tel ou tel aspect, certains me semblent justes d’autres discutables

Le compte personnel d’activité manque d’importance dans le texte
Je demande qu’on améliore et qu’on équilibre le texte, dans l’état j’aurai du mal à le voter.
Crise agricole

Il y a un travail conjoncturel et une bataille structurelle à mener pour aider ceux qui sont dans la difficulté.

7 points de baisses des charges sociales c’est un effort considérable.

Il faut se battre à Bruxelles pour des mesures et des normes qui protègent nos agriculteurs et il faut que les agriculteurs européens ne fassent pas de la concurrence entre eux, parce que c’est un peu ce qui se passe. Il y a des pays qui, aujourd’hui, sont en surproduction, alors qu’ils ne devraient pas l’être, donc comme le dit le ministre de l’Agriculture, quand 20 pays sur 28 disent il y a un problème agricole, eh bien il faudrait que le commissaire s’en saisisse.

Remaniement

Je suis pour le compromis et pour que les hommes et les femmes politiques affirment leur position. Le fait que dans ce gouvernement il y ait des gens qui ont eu des opinions contradictoires, ce n’est pas une richesse ?

Que veut-on? De la conviction et du compromis sinon la France n’avance pas.

Rapport des Français à la politique

Notre génération politique est confrontée à des crises conjointes et nous sommes obligés d’avancer par petits pas. Il n’y a pas de grille de lecture globale, les partis politiques sont confrontés à une crise de représentation.

Plus on va s’approcher de la présidentielle, plus les Français vont se poser cette question: “Qui pour diriger le pays ?

Une présidentielle ce n’est pas fait pour sanctionner ce qui a été fait ou pas fait, une présidentielle c’est pour se tourner vers l’avenir. Qu’est-ce qu’on va faire de ce pays, qui est dans la plus grande difficulté, morale, économique, sociale ? C’est ça l’enjeu de la présidentielle, et je crois que nous avons, nous, des réponses par rapport à ces questions.

 

15 Fév

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-François Achilli sur France Info

L’invité de Jean-François Achilli sur France Info

par

JCC France Info 15022016

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Jean-François Achilli sur France Info.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Cambadélis : “L’émiettement est à droite, la… par FranceInfo

 

 

Sur la primaire à droite et la candidature de Jean-François Copé

“Ils sont sept, ils vont bientôt être dix, si ce n’est onze, c’est une équipe de foot. Ce n’est plus une primaire. Je crois que l’émiettement est à droite, même si la fragmentation est à gauche.

Il n’y a pas de débat. Ils pensent que celui qui sortira de la primaire sera déjà président de la République. C’est pour ça qu’ils se précipitent tous.

Quand on voit le programme proposé, parfois caché, jamais sous la Ve République la droite n’a été aussi à droite.”. (…) Il y a une volonté de casser le modèle français.”

Primaires
Si vous prenez la totalité, aujourd’hui nous tournons autour de 18 candidats entre la droite et la gauche. Je mets de côté le Front national. 20 candidats. Vous n’avez pas l’impression que nous sommes dans une phase de décomposition de la Ve République ?

Nous ne sommes pas aux Etats-Unis, nous sommes en France. La sélection de nos candidats peut se faire par les primaires mais pas à ce point-là. Aujourd’hui, n’importe quelle personnalité pense qu’elle peut être président de la République.

C’est le symptôme de quelque chose qui va mal. Il n’y a pas de capacité de rassemblement. Il n’y a qu’une capacité à l’émiettement.

Candidature de François Hollande en 2017, “s’il le souhaite, on n’a pas à rougir ».

Remaniement
“Il y a quelques semaines, il suffisait que Mme Taubira parte pour que l’on dise que le gouvernement était rétréci. Là, il y a des écologistes qui rentrent, Jean-Marc Ayrault qui revient et on n’est toujours pas content. C’est le slogan de la période : jamais content”.

Serge Aurier / Pratiques fiscales d’Ikea

« Ce matin, je vois bien que tout le monde parle de cette affaire qui est lamentable mais pour moi, ce n’est pas l’affaire la plus importante. L’affaire la plus importante, c’est le fait qu’Ikéa ait soustrait à l’ensemble de l’Europe ses impôts, plus d’un milliard d’euros. Ça, c’est l’information

Ses impôts coûtent un milliard d’euros. Qu’une grande entreprise ait volé l’ensemble des contribuables européens, on pourrait en faire des tonnes. Que Aurier ait déconné devant son Periscope c’est vraiment le cadet des soucis

Je pense que les parlementaires qui ont mis ça en exergue ont eu parfaitement raison et la Commission va s’en saisir. J’espère qu’elle sera aussi intraitable sur ce sujet qu’elle l’est vis-à-vis des Etats nations quand ils ont des déficits. »

06 Fév

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue du Conseil national – samedi 6 février 2016

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2016-02-06 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis-5

Jean-Christophe Cambadélis a tenu une conférence de presse à l’issue du Conseil national du 6 février 2016.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence:

 


Conférence de presse de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

 

 

Crédit photo: Mathieu Delmestre