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01 sept

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L’invité de Jean-François Achilli sur France info

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France info 01092014

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Jean-François Achilli sur France info.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:

Cambadélis à Montebourg : « S’il veut travailler… par FranceInfo

31 août

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L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

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31 août

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Discours de clôture de l’université d’été du Parti socialiste

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Discours du premier secrétaire du Parti socialiste

Jean-Christophe Cambadélis

Clôture de l’Université d’été de La Rochelle

Dimanche 31 août 2014

 

Seul le prononcé fait foi

 

Mes cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades socialistes,

Je crois, on peut le dire à l’issue de ces journées : cette Université d’été est un succès! Un beau succès ! D’autant plus que ce n’était pas gagné ! Alors, remercions sans plus attendre les militantes et militants qui l’ont permis: les services généraux du Parti socialiste, ceux de l’organisation, ceux de la formation, ceux de la fédération de Charente Maritime, sans oublier nos anges gardiens: le SO. Sans eux, rien n’est possible. Il faut le dire et leur dire : merci et bravo !

Je tiens aussi à saluer et à remercier le premier secrétaire de la Fédération de Charente Maritime, Mickael Vallet. Merci aussi aux Rochelais, pour leur chaleureux accueil. Je souhaite ensuite adresser un signe amical à tous les Jeunes Socialistes, à leur enthousiasme et à leur présidente Laura Slimani. Applaudissons également tous les animateurs et tous les participants des plénières, des conférences et des ateliers. Et parmi eux, un merci particulier à mon ami président Claude Bartolone. Et un grand merci aux syndicalistes, à nos alliés de gauche et de l’écologie. Applaudissons, bien entendu, pour son travail, le président de l’Université, David Assouline. Vous me permettrez un petit signe à Bruno Le Roux, Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et à Didier Guillaume son homologue du Sénat. Je tiens également à vous saluer tous ici présents. Nous sommes près de 4 000 et nous avons battu tous nos records de participation. J’ai une petite idée à quoi cela est dû… Merci à vous tous, car vous avez tous contribué, par votre participation, par vos interrogations, à rendre cette Université vivante et captivante. Ce succès, c’est le vôtre.

Je tiens pour finir à remercier amicalement les studieux ministres qui ont participé à nos travaux. Saluer les nouveaux ministres et les anciens. Bon courage aux premiers ! Et bienvenue à la maison pour les seconds !

Dans quelques instants, le Premier ministre va prendre la parole. Cher Manuel, tu l’as compris, le seul avantage d’être Premier ministre c’est de marcher en premier, devant. Ce qui peut être exaltant mais également très exigeant.

 

Mes chers amis, j’ai aussi certaines choses à vous dire aujourd’hui. C’est ainsi en politique, il faut dire les choses. N’est-ce pas le principal enseignement de Jean Jaurès ? Dire les choses pour agir sur les choses. Dire que ceux qui vivent de peu sont de plus en plus nombreux, qu’il y a 14% de pauvres dans notre pays, des personnes qui vivent avec moins de 978€ par mois. Dire qu’avec la crise, quand on entre en pauvreté, on y reste. Dire que le précariat avance à grands pas : exclusion, inégalités, chômage. Dire que la capacité industrielle de notre pays a dramatiquement décliné. Dire également que les xénophobes et les extrémistes se sentent pousser des ailes et se targuent d’attendre leur heure. Dire que les crispations identitaires et religieuses sont en train de ronger notre République. Dire enfin, que la droite veut revenir avec un programme thatchérien d’une violence inouïe contre notre modèle social. Dire que le monde est dans un désordre rarement connu, que le terrorisme et la guerre sont à nos portes.

Nommer cela, dire cela, c’est la mission première d’un parti comme le nôtre. Dire cela et ne pas vouloir s’en accommoder, c’est dans notre nature de militants. Oui, nous, socialistes, nous sommes ainsi faits : nous sommes de permanents insatisfaits. Et nous avons raison ! Car, quand on est au Parti socialiste, le monde, il faut vouloir le changer. Sinon, il faut changer de parti !

Oui, mes chers amis, mes chers camarades, dire les choses. Dire qu’il faut réformer pour pouvoir remédier aux inégalités de toute nature et aux insécurités de toute sorte. Dire que c’est à cette réalité que les gouvernements et le Président se sont attaqués, dans les pires conditions de déficits et avec des retards de toutes sortes : industriels, éducatifs, sanitaires, sociaux. Avec ce message de la campagne des élections présidentielles de 2012 : « Pour répartir il faut produire. Pour redistribuer il faut créer. Pour progresser il faut innover » comme l’expliquait François Hollande.

Dire que notre pays est en voie de redressement mais pas à un rythme suffisamment rapide. Dire que notre pays fait des efforts, mais que l’Europe n’est pas au rendez-vous et se refuse de lutter contre la déflation qui vient. Dire que tout le monde doit participer aux efforts de redressement, surtout les fortunés. Dire que si notre pays a du mal à se faire au changement, il aura encore plus de mal à se faire au déclassement. Dire, au fond, que nous sommes dans l’histoire, que nous la faisons et qu’elle nous jugera.

 

Mes chers amis, dire les choses de façon bien ordonnée, comme la charité, cela commence par soi-même. Alors, disons-nous les choses, comme j’aime le faire : calmement mais clairement. Nous sortons d’une terrible défaite. Cette défaite il faut en comprendre les raisons pour la surmonter. Jamais, durant les quarante dernières années nous n’avons été autant secoués sur nos bases. Vous savez, il y a beaucoup de camarades qui auraient aimé être en responsabilité avec nous à La Rochelle. Nous pensons à eux aujourd’hui. Et nous mettons en place avec la FNESR des outils de reconversion et de formation, en attendant les prochaines échéances. Oui, nous sommes très fortement secoués sur nos bases municipales mais également, disons-le, sur nos bases militantes. Nos concitoyens, même s’ils ne sont pas foncièrement hostiles, ne votent plus pour nous. Cette persistante désaffection est un terrible choc. Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y a de nombreuses explications. J’en prendrai quelques unes.

Comment ne pas évoquer tout d’abord le fléau des fléaux, le chômage de masse. Tout vient de là, tout s’explique par cela. Il a surdéterminé le cadre de notre action.

Il y a ensuite une tendance lourde, qui a été aussi invisible à l’œil nu qu’efficace à long terme : la bataille du cadrage culturel dans notre pays. Cette bataille nous l’avons perdu. Cela, bien avant d’arriver au pouvoir. Et cette tendance est continentale. Le principe d’égalité qui structurait les débats politiques a laissé peu à peu la place au principe d’identité. De fait, la société française se fragmente, se fracture et se fragilise. La question sociale semble s’effacer derrière la question de l’identité, faisant la part belle à l’économisme qui écrase tout. De fait, le vivre-ensemble vacille, la haine triomphe.

Le vivre-ensemble, on l’écorne, on l’évite, on l’esquive. La haine, on l’assume, on l’affiche, on l’assène. Cette première bataille des idées semble aujourd’hui perdue. A nous de nous rassembler pour relever le gant. A nous de travailler pour redonner du sens. Oui nous sommes devant un défi historique : changer la gauche pour redresser la France. Redresser la gauche pour changer la France. Oui, mes chers camarades, la gauche est belle quand elle ne renonce pas à son héritage. Mais, elle est grande quand elle le fait fructifier dans les situations nouvelles. La gauche c’est toujours la transformation, la gauche c’est toujours la modernisation. Mais, toujours sans le reniement. C’est cela la véritable fidélité à son dessein. Oui, il s’agit de transformer la France sans renier la gauche !

Mes amis, mes camarades, peuple de gauche,

Notre défaite ne s’explique pas uniquement par cette lente érosion du progressisme. Nous avons également sous-estimé le bilan catastrophique de la droite et, surtout, nous avons eu tort de ne pas avoir communiqué aux Françaises et aux Français l’étendue des dégâts. 500 milliards, oui 500 milliards de dette supplémentaire c’est le vrai bilan du quinquennat Sarkozy ! L’hyperprésident nous a légué une hyperdette ! Voilà la vérité !

Nous ne l’avons pas assez dit lors de notre arrivée aux responsabilités. C’est tout à notre honneur. Nous ne voulions pas d’excuses, mais nous voilà condamnés aux exploits. Et pour tenir nos promesses, nous voilà obligés de faire des prouesses. Ne pas avoir dit cette vérité nous a conduit à apparaître comme une sorte de continuité. Nous aurions dû dire que la situation de départ était plus grave qu’escompté. Nous aurions dû dire la vérité. Dire les choses, encore et toujours… Mais, croyez-moi, il n’est pas encore trop tard !

Une autre explication que je veux évoquer,c’est d’avoir sous-estimé nos ennemis et la portée de leur métamorphose. Droite et extrême droite ont opéré une jonction dans la rue, au moment du mariage pour tous, avec une virulence sans pareil. Abattre le Parti socialiste, c’est toujours le cri de guerre de ceux qui veulent abattre la gauche. Même s’il faut pour le faire provoquer le chaos et l’échec de la France. Tout plutôt que les socialistes. La haine des socialistes existe et elle est bien vivante. Elle s’est manifestée cette semaine encore contre la nouvelle ministre de l’Éducation. Et, ce n’est pas à cause de l’abécédaire de l’égalité. Non, c’est parce que la ministre s’appelle Najat Vallaud-Belkacem. Et chez ces gens-là, quand on porte ce nom, on ne peut pas s’occuper de l’éducation des enfants de la nation. Certains pourraient s’interroger sur la raison de cette violence verbale inouïe. Mais, chers camarades, c’est toujours ainsi quand la Gauche est au pouvoir : les critiques deviennent plus virulentes parce que la Droite nous juge illégitime. Nous en avons eu ces derniers jours une illustration limpide. Alain Juppé qui, paraît-il, pourrait « sauver la France », sauve-qui-peut… Oui, Alain Juppé, mes chars camarades, veut pousser à la dissolution de l’Assemblée nationale. C’est ainsi, dès que Monsieur Juppé parle politique, il pense à la dissolution. C’est son péché mignon… Il veut, comme la Droite, la dissolution, non pas pour appliquer un programme mais pour en finir avec le « pouvoir socialiste » comme ils disent. La crise de régime et pourquoi pas la rue, plutôt que le redressement de la France. Cette attitude anti-démocratique, alors que le Front national rode autour du pouvoir, est irresponsable, intolérable et inacceptable. Les mêmes qui se réclament du Général de Gaule, du caractère immuable des instituions de la République, qui font la leçon aux jeunes des quartiers sur la nécessité de respecter le droit et la loi, ceux-là mêmes sont prêts, pour se partager le pouvoir, à faire le lit de l’anarchie, à se comporter comme des factieux. Permettant ainsi à Marine Le Pen de se dédiaboliser à bon compte, et de se déclarer prête, elle, pour la cohabitation. Honte à eux ! C’est cette Marine le Pen, dont le ressort xénophobe n’est plus à démontrer, qui vient de déclarer – écoutez mes chers camarades – que « l’immigration est un danger sanitaire ». Oui, madame Le Pen utilise une métaphore directement issue des années 1930. Pour madame Le Pen la haine est immortelle et éternelle. Honte à elle !

Chers amis, chers camarades,

La gauche en France ne va pas de soi. Fille aimée des trois glorieuses 1789, 1848, 1871, elle ne fit qu’une fois consensus – et à quel prix – avec le Conseil national de la Résistance. Pour la droite et les classes dominantes, « elle n’arrive au pouvoir que par effraction ». Sa volonté d’égalité, sa soif de liberté et sa fraternité laïque, même édulcorées, même entravées par les contraintes, sont toujours insupportables pour les possédants, les âmes mortes et les rentiers.

Mais, ce rejet féroce des classes dominantes, est-il le seul facteur explicatif de cette interrogation insistante sur la disparition de la gauche qui agite nos rangs? Non, bien entendu, au-delà, il y a un doute existentiel des citoyens concernant le projet et la promesse de la gauche. La gauche est en danger de dilution car elle a cessé de penser son progressisme, le laissant flotter entre une religion de la technique et un frileux esprit de précaution. Elle a négligé le drapeau de la liberté face à toutes les aliénations produites par la société de consommation et son individualisme maladif. Elle n’a pas su tracer le chemin d’une nouvelle République porteuse de l’intérêt général. Et son universalisme s’est dissout dans l’européanisme du « malgré tout ». Elle a sous-estimé les effets de la désindustrialisation, l’affaissement du lien social, l’effondrement de la solidarité. Voilà où est le danger : une gauche vide de sens, une gauche vidée d’espoir, une gauche émiettée.

Ma conviction, ma certitude, c’est que si nous ne nous réinventons pas, nous vivrons d’autres épisodes de crise, d’autres convulsions. Au-delà du débat économique – j’y reviendrai – il faut un fil à plomb pour servir l’action. Il faut voir loin pour pouvoir agir au jour le jour. Sinon le socialisme sera une marque dont on n’attendra même pas la démarque. Je vous le dis : je ne laisserai pas faire ! Le Parti socialiste doit tout à la fois refonder le progressisme, rester un parti de débat et réussir au Gouvernement. Je serai le garant des trois. Garant donc de l’écoute et du respect, loin de la pensée-slogan. Car si je crois à l’esprit critique, je me méfie de la critique qui devient l’esprit.

Mes chers amis, nous allons nous relever. Nous allons avancer, nous allons préparer les reconquêtes, nous allons réussir. Alors, comment faire? Eh bien, il nous faut d’emblée corriger une dernière lacune : ne pas avoir compris que le changement devait commencer par nous-mêmes.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’organiser les Etats Généraux des socialistes : pour réécrire notre carte d’identité. Notre congrès, il aura lieu. Sa date sera décidée dès que le calendrier électoral sera éclairci. Nous déciderons ensemble, dans le cadre d’une commission rassemblant toutes les sensibilités, non seulement de la date mais aussi du contenu du congrès. Par exemple, il me semble, au vu de la crise que nous traversons, qu’il est impossible que le Parti socialiste n’aborde pas la crise de la Vème République et les moyens d’y remédier. Si vous le voulez, nous le ferons. Je pense qu’il faut le faire. Je pense qu’il faut prolonger la réflexion de notre parti sur la question. Une réflexion engagée par Martine Aubry, que je salue ici très chaleureusement. Une réflexion dans le cadre d’un forum, que tu avais animé à l’époque, mon cher Manuel, en tant que rapporteur. Alors continuons ensemble cette réflexion sur les institutions d’une Vème République qui a fait son temps dans ce mode de fonctionnement.

En attendant, le Parti socialiste doit refonder un nouveau progressisme. Oui, rien de moins ! Le progressisme des temps modernes ! Lors de la première réunion du comité de pilotage des Etats Généraux animée par Guillaume Bachelay, Marie-Noëlle Lienemann a parfaitement résumé la raison de ces Etats Généraux. Elle nous a dit : « Il faut partir des nouveaux bouleversements du monde ». C’est exactement cela. Pour domestiquer ce nouveau monde, il nous faut affronter les grands bouleversements : la déstabilisation du monde géopolitique, les effets de la révolution technologique sur notre modèle de production et, par voie de conséquence, sur notre modèle de société, et, enfin, la décomposition de notre système politique.

Il faut dans ces tempêtes affronter les évènements avec lucidité et courage, avec comme boussole le fait que l’issue dépendra de ce que nous ferons. Et l’issue c’est, soit la démocratie renforcée avec un Etat social renouvelé, soit l’oligarchie aux accents national-populistes avec la barbarie à la périphérie.

Oui, cette grande déstabilisation qui s’opère est une immense transition, pendant laquelle le « mort saisit le vif ». Dans ce contexte, il faut avoir des idées claires et des principes simples. Nous vivons en effet un moment historique. Regardez autour de vous ! Observez cette immense transition ! En vingt ans nous avons vu la fin de la domination du monde occidental, l’effondrement de l’URSS, la crise du leadership des Etats-Unis, la crise majeure du système financier, les délocalisations, la concurrence industrielle des pays émergents et l’urgence écologique. Et puis il y a le terrorisme des enragés du Djihad, donnée non marginale, phénomène géopolitique qui va percuter les sociétés occidentales et deviendra aussi une donnée centrale de leur politique.

La crise sociale, elle, est partout. Observez les émeutes de Sao Paulo, celles d’Ankara, les manifestations de Porto et de Madrid ou d’Athènes, ou celles d’Argentine. Ou encore les émeutes de Ferguson en Virginie aux cris de « don’t shoot » ! Toutes ces convulsions nous disent que ce monde est malade, malade d’un système trop riche à un pôle et trop pauvre à un autre. Un monde dans lequel le marché est une force qui va, mais une force qui ne sait pas où elle va, pour paraphraser Lionel Jospin. Dans ce moment historique où les Etats-Unis se tournent vers le pacifique, l’Europe doit avoir une stratégie globale de paix et de croissance notamment dans le bassin méditerranéen aujourd’hui à feu et à sang. Qu’il me soit permis à cette étape de rendre hommage au Président de la République et au Ministre des Affaires Étrangères, Laurent Fabius, qui auront été présents, faisant entendre la voix de la France dans tous les conflits méditerranéens, ainsi qu’au Mali et en Centrafrique. L’Europe ? L’Europe est en jeu à travers tous ces conflits et doit le reconnaître : c’est la France qui la porte. Si l’Allemagne porte son économie, la France porte son esprit.

Sur notre continent, la guerre est là aussi. En Ukraine, où la guerre civile plonge la population dans l’horreur. L’Ukraine, immense pays à la tête européenne et au cœur russe, trait d’union entre deux blocs qui ne doivent pas se faire face. L’Ukraine qui fut pour Léon Tolstoï, l’observatoire de ses premiers écrits et qui, surtout, lui inspira Guerre et Paix. Ce livre que tous les élèves russes lisent à l’école. Ce qui explique, en partie, le sentiment russe pour l’Ukraine et l’utilisation intérieure que Vladimir Poutine en fait après son élection contestée. Mais l’Ukraine tout de même ! C’est la guerre en Europe ! Une Europe qui peine à parler d’une seule voix. Il lui faut tracer « sa » voie dans ce conflit.

L’Europe. L’Europe, mes chers camarades, n’est pas pour nous, socialistes, un lapsus de l’Histoire. Parce que l’Europe allie liberté et solidarité, qu’elle est aujourd’hui l’espace de l’éducation pour tous, un modèle avec une protection sociale, un système de santé et des services publics. Nous savons que ce modèle est ébranlé et que de nombreuses voix en Europe veulent le liquider. Mais, la marque de la civilisation européenne c’est cet état social là ! Cetespace, nous voulons le refonder pour le sauver. Tout le monde sait, même les plus à gauche d’entre nous, qu’il ne peut exister comme au 19ème siècle. Mais aucun d’entre nous, aucun, ne veut le voir disparaître ! Le réformer c’est possible, le liquider, jamais ! Nous avons, contrairement aux conservateurs anglais, une haute idée de l’Europe. Si nous refusons un grand marché, c’est parce que nous voulons une grande société.

Au cœur de ce pacte il y a l’axe franco-allemand. Les relations entre la Chancelière Angela Merkel et le Président François Hollande sont les meilleures possibles dans le cadre des contraintes de nos deux grandes nations. Mais, mes amis, mes camarades, je vous le dis, depuis quelques temps, l’Allemagne, ou plutôt les conservateurs allemands, nous parlent mal. Je le dis d’autant plus clairement que jamais, en France, on oserait parlerait de cette façon de l’Allemagne. Jamais, nous ne nous sommes dérobés à l’amitié. C’est la France qui a tendu la main à Adenauer après 1945 comme le rappelle l’ancien Chancelier Helmut Schmidt. Qui ajoute, que, sans cela, il n’y aurait pas de puissance allemande. C’est la France qui a accepté le Franc fort pour donner à l’Allemagne les moyens financiers de faire sa réunification après le chute du Mur. C’est la France toujours, en 2003, qui avait accepté que, pour financer les réformes Schröder, l’Allemagne laisse filer ses déficits, et ce bien au-delà des 4%.C’est pourquoi, nous sommes blessés que l’Allemagne mette en cause les efforts actuels des Français pour se réformer. Madame Merkel, cette semaine, a exigé de la France – je cite – des « vé-ri-tables réformes structurelles ». Mais ces propos sont vé-ri-table-ment inamicaux ! On ne parle pas comme cela à la France ! On ne parle pas comme cela à ses amis français. La France est un pays qui se réforme comme jamais depuis trente ans et avec un prix électoral élevé pour nous socialistes.

Nos camarades allemands du SPD ont conscience de l’importance de cette amitié indispensable pour l’Europe. Sigmar Gabriel, mon homologue allemand, a tenu à affirmer sans ambiguïté la force nos liens fraternels. Je l’ai eu hier au téléphone après la réunion des sociaux-démocrates européens autour du Président François Hollande. Il m’a dit : « Dis aux socialistes français toute notre amitié et tout notre soutien sur le chemin de vos réformes » !

Oui, mon cher Sigmar, nous sommes amis :

« Wir sind Freunde » !

Voilà pourquoi, lorsque nous exerçons notre rôle d’« alerte économique » sur la récession, on ne peut pas nous réponde par une fin de non-recevoir. La France ne veut pas dans ce débat une liberté pour elle-même, elle veut un espoir pour l’Europe.

Nous sommes d’autant plus surpris et blessés du ton actuel employé par la droite allemande, que personne, même pas l’Allemagne, ne peut être satisfait des résultats économiques de l’Europe. Mais, je ne suis pas pour autant un tenant de la confrontation. Je ne suggère pas au Président de taper du point sur la table. Encore que, si certains le souhaitaient, pour que le Président puisse le faire, il ne vaudrait mieux pas l’affaiblir…

Je ne suis pas pour la confrontation mais pour la coalition. Parce que c’est comme cela que ca marche en Europe. Mais, mes amis, il faut dire aussi que la diplomatie a ses limites et qu’il faut faire intervenir les peuples. Ne serait-ce pas là le chemin du rassemblement des gauches européennes et des écologistes, des intellectuels et des producteurs, pour lancer un vaste mouvement ? Un mouvement dont la jeunesse serait l’avant-garde et qui dirait haut et fort que nous voulons la croissance, que nous voulons la relance parce que là l’immobilisme conduit l’Europe à la ruine. Je prendrai des initiatives en ce sens parce que la situation l’exige.

Mes amis, mes chers camarades,en Allemagne, la croissance stagne. Les investissements et la consommation sont en baisse. Quant aux excédents excessifs, comme on dit pudiquement à Bruxelles, ils ne sont pas distribués aux citoyens Allemands. En Italie, malgré la « Renzimania », l’économie dévisse. En Espagne, les chiffres du commerce extérieur n’améliorent pas la situation générale. Quant à l’Angleterre dont on nous rebat les oreilles, c’est 3% de croissance mais pour rattraper un plongeon de 7% et ceci au prix d’une casse sociale sans précédent.

Le fléchissement des prix ce mois-ci, leur niveau historiquement bas, la croissance anémique, la demande faible, l’euro fort : tout démontre que la « japonisation » de l’économie européenne est en marche. C’est un fait, le risque de déflation est là. On trouve que ce diagnostic peut faire peur. On préfère évoquer la faible inflation dont le FMI dit qu’elle devrait aller jusqu’à 4%. Peu importe les termes, cette situation qui interpelle déjà la banque centrale et même la banque fédérale allemande doit provoquer le débat en Europe. Sinon, on va finir par se demander si le discours sur les réformes structurelles n’est pas le paravent du rentier.

Mes amis, mes chers camarades,

Il faut se réformer, le faire avec lucidité, mesurer les efforts et les effets. A ce sujet, n’ayant pas pratiqué la macro-économie dans mes vertes années – j’étais occupé à autre chose – j’ai dû y venir sur le tard. Aujourd’hui, le débat sur l’offre et la demande m’inspire plusieurs remarques. D’abord, je ne crois pas au socialisme de l’offre pas plus qu’à celui de la demande. Il s’agit de techniques économiques au service de la croissance. Ensuite, ce sont davantage des mots de techniciens plutôt que ceux des citoyens. Ne confondons pas économie et économisme. Employons les mots de la réalité : la reprise, les salariés, les entreprises, l’investissement, le pouvoir d’achat, les exportations… Et puis ne découpons pas l’économie en tranches. La BPI, le CICE, les emplois aidés, les baisses d’impôts pour les ménages modestes, ces éléments forment un tout contribuant à la sortie de crise. Sur le fond, il faut établir des diagnostics précis. L’économie française souffre d’un grand manque de compétitivité depuis les années Jospin. En témoignent le déficit de la balance commerciale et la désindustrialisation. Tandis que la zone euro est plombée par une relance insuffisante, et la voilà maintenant menacée par la déflation. Il a pu arriver au Parti socialiste dans son histoire de pratiquer le ni-ni. Le moment n’est plus au ni-ni. Il n’est pas non plus au mi-mi – mi-figue, mi-raisin – non, mes chers amis, le moment est au et-et : et investissement en France, et assouplissement en Europe, en matière de règles budgétaires, monétaires et commerciales.

Oui, nous réformons la France ! Oui, nous agissons ! Nous le faisons dans le deuxième grand bouleversement qui oblige à notre reformulation, celui des effets de la révolution technologique sur l’univers productif. Il y a, là aussi, un nouveau monde qui émerge. La cartographie de l’ADN, l’intime connaissance du cerveau, les nanotechnologies, la fabrication en 3 dimensions, le big data, la révolution robotique, les objets et les tissus intelligents, la révolution de l’immatériel de la communication, les changements dans la manière de nourrir la planète et de la soigner à distance. Nous savons, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, que l’Homme va agir directement sur l’Homme et tenter de protéger la biodiversité, le climat, en un mot, la planète.

Nous savons aussi que cette nouvelle vague technologique aura des effets considérables sur l’organisation sociale. Et donc la question qui est posée c’est comment nos acquis civilisationnels peuvent perdurer dans ce nouvel écosystème. Comment ils doivent s’adapter pour continuer à exister.Voilà pourquoi nous voulons inventer un nouveau progressisme qui rompra avec la religion de la technique et la frilosité d’une précaution archaïque. Pour cela il faut mettre au cœur du progrès la politique.

Chers amis, chers camarades,

Tous ces bouleversements se déroulent dans un contexte politique précis. Il faut bien comprendre ce moment politique. Car se tromper de temps en politique c’est bien plus grave qu’en grammaire.Notre monde politique connaît aussi de grands bouleversements. Quels sont-ils ? La gauche est en très mauvaise posture. Notre paysage politique s’est considérablement modifié. La Vème République c’était le bipartisme. D’abord entre les gaullistes et les communistes assurant aux premiers une rente de situation. Tout le génie stratégique de François Mitterrand fut de vouloir supplanter les communistes dans la guerre froide pour imposer la crédibilité de l’alternance. Depuis, nous avons vécu dans un système d’alternance critiquable sauf pour ceux qui en tiraient l’usufruit. Aujourd’hui, nous assistons à la déstabilisation de ce bipartisme et à l’apparition d’un tripartisme ou d’un « tricampisme » de fait. Cette déstabilisation du bipartisme est intervenue en trois temps.

D’abord l’élimination du Parti socialiste lors de toutes les élections partielles. Et ceci bien avant notre débat économique. Ensuite un recul historique de toute la gauche : critique, contestataire, écologiste ou réformiste. Il faut y ajouter les difficultés de mobilisation des partis, des syndicats et des associations de gauche. Enfin, la déroute historique aux élections municipales et européennes où le Parti socialiste mais aussi le Front de gauche, les radicaux, les chevènementistes reculent.

Dans le même temps le Front national s’installe dans les collectivités. Le Front national sur fond de xénophobie, nous l’avons évoqué, a toujours muté : tour à tour corporatiste-libéral-national-social. Aujourd’hui, il se présente sous le déguisement du souverainisme. Il en prend toute la panoplie : laïc, gaulliste, national, républicain voire contestataire de gauche ou populiste. Si les Français ne veulent pas de la xénophobie au pouvoir, ils n’ont pas essayé la sortie de l’Europe. Et précisément le national populisme surfe sur cette réponse unique à tous les maux.

Il n’est pas impossible que le Front national s’impose dans des régions lors du prochain scrutin, qu’il soit au deuxième tour de l’élection présidentielle. Et là, tout est possible ! Tout est possible ! Et en cela, le moment aussi est historique ! Dans l’époque que nous vivons, il n’y a pas d’horizon indépassable. Les démocraties minées par une décennie de crises ne sont pas, à ce point, solides. C’est pour cela que j’ai pu dire qu’il régnait sur la gauche un climat juin 1940. Ce n’est pas la « drôle de guerre » mais la « drôle de crise » où tout le monde ne prend pas la mesure du drame qui vient.

La rupture du front républicain voulue par l’UMP sera, dans ce contexte, lourde de conséquences. La haine de ce camp pour le nôtre, le peu d’enthousiasme des nôtres pour le leur, surtout si c’est Nicolas Sarkozy qui le dirige, tout cela créé une conjoncture dramatiquement dangereuse. D’autant que l’UMP est en voie de décomposition. Sa colonne vertébrale fut brisée lors de son dernier congrès où la synthèse ne fut jamais faite. Nicolas Sarkozy n’a pas été pour rien dans l’état de l’UMP. Refusant tout bilan, soufflant sur les braises de l’antisocialisme – instillant qu’il n’a été battu que par la crise – spéculant sur le Front national – jouant dans son camp les uns contre les autres et tentant par tous les biais d’abaisser le rôle du président.

Nicolas Sarkozy va revenir. Il est déjà de retour. Il est là. Il se veut sans passé ni programme. Il se résume à lui-même. Il croit que la conjoncture est bonapartiste. Il espère un appel du peuple. Plus prosaïquement, il utilise les affaires pour revenir et revient pour faire taire les affaires. Le peuple étant dur d’oreille à son égard – on le comprend – il se contentera d’une UMP dont plus aucun dirigeant ne veut. Mais, mes chers camarades, la conjoncture n’est pas bonapartiste. La France n’espère pas un retour de Sarkozy.

La droite économique est divisée. La mondialisation l’a séparé. La finance l’a fractionné. La droite politique est radicalisée. La droite parlementaire ne sait comment s’organiser. Voilà pourquoi mes chers amis, il n’y a pas de base pour le bonapartisme et encore moins pour le retour de Sarkozy. Mais, il y a une base pour que le national-populisme s’impose dans ce paysage éclaté. Et l’erreur historique de la droite parlementaire est de lui avoir pavé le chemin.

La gauche est donc prévenue. Elle doit  s’unir. Car si la droite revenait elle serait thatchérienne. Ni thatchérisme, ni national-populisme. Tel peut être, tel sera, le mot d’ordre de toute la gauche. Mais, si on croit, comme le font certains, que l’ennemi est d’abord à Gauche, alors les conditions de la dégradation seront réunies, puis viendra la scission et à terme, la marginalisation. Voilà pourquoi il faut donc se hisser au-dessus des rancoeurs, de l’amertume et des querelles subalternes. Voilà pourquoi il nous faut un nouveau progressisme.

Malgré les contraintes de l’action, il nous faut repenser la gauche des temps nouveaux. C’est le sens des Etats généraux du Parti socialiste. Alors oui, réinventons-nous, car la période actuelle l’exige. Le congrès d’Epinay a épuisé sa force propulsive. Il nous faut fonder une nouvelle stratégie. Avouons-le, jusqu’à peu, c’était bien souvent le rassemblement avant la doctrine. Il nous faut aujourd’hui la doctrine pour permettre le rassemblement.

Cette doctrine ce sera le nouveau progressisme et je vous le dis : le nouveau progressisme ce n’est pas le social-libéralisme. Celui-ci n’est ni dans notre vocabulaire, ni dans notre tradition. Ce concept hérité du blairisme que Lionel Jospin, Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli et François Hollande avaient combattu en leur temps, cette orientation du nouveau centre, dépolitisant l’économie, a été abandonné dans toute la social-démocratie sous l’impact de la crise. Et à titre personnel, j’ajouterai que le blairisme a une tache indélébile sur son drapeau : le mensonge irakien.

Mes amis, mes camarades, nous sommes des socialistes, à la pratique social-démocrate. D’une gauche de gauche. A la française. Profondément républicain, clairement décentralisateur, foncièrement modernisateur. Voilà notre socle commun. Mais il nous manque le dessein d’une autre société. Oui, il nous faut retrouver le chemin des utopies de l’émancipation vis-à-vis de toutes les aliénations, le chemin de l’égalité réelle, le chemin de l’écologie sociale. Et puis, une fois que nous aurons redéfini ce que nous sommes, il faudra bâtir une alliance, une alliance progressiste.

 

 

Chers amis, chers camarades,

La dépolitisation touche à sa fin. Même les plus brillants analystes concèdent que les enjeux sont plus macropolitiques que macroéconomiques. Pas d’ambiguïté, le nouveau progressisme est de gauche. Une gauche de gauche. Un pragmatisme vertébré par des principes. Des principes corrigés par la pratique. Le but ? Produire des effets sur le réel, au service des idées de progrès et de justice. Ne nous laissons pas, nous les socialistes, embrigader par les réflexes passés, ne succombons pas à la tentation des postures. Il nous faut agir. Oui, agir ! C’est la seule façon de tester nos idées : les confronter au réel, voir comment il réagit à leur contact et adapter ces idées en fonction. Se servir des réponses du réel pour mieux le cerner et donc au final mieux l’orienter dans le sens de nos valeurs. Oui, agir pour réussir !

Le nouveau progressisme vise l’avènement d’une société décente, du bien-être ou du bien vivre, on choisira ! C’est le renouveau républicain jusqu’au bout. Nous le faisons… pour la nouvelle France ! Une France porteuse de principes, fière de son universalisme. Une France qui retrouve toute sa capacité industrielle ! Une France qui retrouve toute sa place en Europe : la première ! Une France qui prospère et qui espère ! Une France modèle dans le monde, une France qui modèle le monde ! Sans prétention mais sans lâcheté. Nous voulons, pour paraphraser Romain Gary « faire de la France un pays où il est interdit de désespérer ».

Oui, le nouveau progressisme veut la France jusqu’au bout : une France facteur d’ordre, de progrès et de justice ! Cette France il faut la ressourcer, oui – tenez – il faut la « réinventer » aussi. Car il n’y a pas de France éternelle. Il n’y a qu’une France qui se réinvente éternellement !

Il est temps pour moi de conclure.

Mes chers amis, nous, socialistes, nous avons tant à offrir. Pour cela il nous faut beaucoup reconstruire. Mieux : nous avons tout à reconstruire ! Notre identité, notre doctrine, notre organisation, notre stratégie. En somme, notre destin.

Pour cela nous avons besoin d’être unis et fiers aussi. Oui, soyons fiers d’être socialistes ! Moi, je suis fier d’être socialiste ! Oui, j’aime le Parti socialiste ! Parce qu’il est le bien de ceux qui vivent de peu !

J’aime le Parti socialiste! Parce qu’il est l’étendard de ceux qui croient dans le progrès et la fraternité !

Soyons fiers d’être socialistes ! Et surtout, n’ayons pas peur de l’inconnu, car le renouveau se loge souvent dans ses replis. Sachons reconnaître et sachons saisir l’urgence du renouveau. Le renouveau c’est l’avenir ! Le renouveau c’est la vie !

Mes chers amis, le réel n’a mis aucun terme à nos espérances de progrès. Retrouvons cet optimisme et cette audace propres aux socialistes ! Nous socialistes, nous croyons foncièrement et passionnément dans l’égalité, dans la laïcité, dans la justice. Mais, ces croyances seront de peu d’utilité si nous ne réapprenons pas à croire en nous-mêmes !

Alors socialistes ! Expérimentons avec l’avenir ! Tutoyons le destin ! Le socialisme est encore adolescent alors incarnons-le avec entrain dans ce nouveau monde ! Les Français nous regardent ! Tournons-nous vers eux ! Sortons de notre bulle, sortons de l’entre-soi ! Ouvrons grand les portes et les fenêtres ! L’avenir, comme toujours, nous appelle ! Oui, comme jamais : réinventons-nous !

Vive le socialisme, vive la République et vive la gauche.

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

 

29 août

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Discours d’ouverture de l’université d’été du Parti socialiste

par

Discours du Premier Secrétaire du Parti socialiste

Jean-Christophe Cambadélis

Discours d’ouverture de l’Université d’été de La Rochelle

Vendredi 29 août 2014

 

Seul le prononcé fait foi

 

Cher-e-s camarades, mes cher-e-s ami-e-s,

Nous voici, enfin, réunis ici à la Rochelle. Alors, permettez-moi d’exprimer ma satisfaction d’être parmi vous ! Permettez-moi de dire mon plaisir d’être à vos côtés pour échanger des idées, des points de vue et, plus simplement, partager ensemble des moments chaleureux.

Vous êtes, me dit-on, très nombreux à avoir fait le déplacement cette année. Alors, merci à vous toutes et à vous tous ! Votre présence aujourd’hui témoigne de cet attachement commun à notre formation et souligne la vitalité des espoirs de renouveau qui l’animent.

Je tiens à saluer et à remercier, pour son chaleureux accueil, le maire de La Rochelle, Jean-François Fontaine. Merci aussi à Jean-François Macaire, le Président du Conseil Régional de Poitou-Charentes, ainsi qu’à Pierre Cohen et Sayna Shahryari pour leurs engagements respectifs et leurs interventions. Je tiens bien entendu à saluer celui qui préside cette Université et qui vient d’en expliquer à la fois le déroulé et l’originalité: David Assouline.

Je tiens également à saluer mon ami Martin Schulz, Président du parlement européen. Cher Martin, je suis heureux que tu sois là. Je suis heureux de t’avoir entendu dire ce matin des choses précises et importantes sur l’amitié entre nos deux pays, entre l’Allemagne et la France.

J’ai lu aussi dans la presse les propos de Sigmar Gabriel. Et j’ai noté qu’il y a entre le SPD et Madame Merkel une grande différence: le SPD nous tend la main, Madame Merkel nous fait la leçon. Madame Merkel nous dit des choses un peu désagréables et assez déplacées sur notre manière dont la France se réforme. J’en reparlerai dimanche.
Mais, je le dis aujourd’hui: on en parle pas ainsi à la France. La France n’est pas un Land allemand. Alors, merci Martin, d’avoir rappelé la vraie dimension des relations entre nos deux pays, la force de l’amitié qui nous lie.

Mes chers amis, je ne veux pas être trop long. Cette année, il faut laisser le plus de temps possible pour les échanges et les discussions. Je souhaite simplement, en quelques mots, évoquer un aspect de cette Université qui me tient particulièrement à cœur. Je soulignerai, pour conclure, l’état d’esprit qui doit, à mon sens, présider à nos discussions et tous nous animer dans les mois à venir.

 

Vous l’avez compris, cette Université n’est pas comme les éditions précédentes et ce n’est pas simplement dû à sa dimension participative. Si cette Université n’est pas comme les autres, cela tient avant tout au fait que nous y lançons nos états généraux.

Des États généraux, pour quoi faire ? Pour nous redéfinir. Pour nous réinventer. Pour reformuler les raisons d’être du Parti socialiste et aussi pour redéfinir des raisons d’être membre du Parti socialiste. Qu’est-ce qu’être socialiste et pourquoi devenir socialiste ? Telles sont les deux questions essentielles qu’il nous faut impérativement nous poser pour continuer à peser.

Des États généraux parce que le monde a changé, parce qu’il nous faut dire ce qu’est le socialisme moderne face aux bouleversements qui agitent notre monde. Un monde de superlatifs, plus mondialisé, plus connecté, plus polarisé, plus conflictuel et plus complexe que jamais. Pour clarifier tout en problématisant, disons qu’il nous faut penser les conséquences du rétrécissement de l’espace et de l’accélération du temps sur notre formation politique. Les Socialistes ont des choses précises à dire pour redonner de la lisibilité à ce monde présent et oppressant et répondre à la double dictature de l’argent et de l’urgence. Il nous faut, au final, repréciser et réactualiser le projet de société que nous voulons partager avec nos concitoyens. Oui, il nous faut répondre au fatalisme ambiant et aux fanatismes conquérants. Oui, il nous faut redonner de l’épaisseur et de la saillance à nos idées de progrès et de justice. Oui, il nous faut repréciser qui nous sommes, quels sont nos valeurs et nos espoirs, pour quoi nous nous battons et qui nous combattons.

Plus que jamais, le Parti socialiste doit fournir du sens, rappeler la valeur de ses valeurs et produire des idées. Ce travail sur notre identité est indispensable et utile. Il nous rassemblera et attirera de nouveaux militants, de nouveaux sympathisants et aussi, qui sait, de nouveaux talents.

Il y a une autre raison, plus directement liée à notre propre histoire, qui nous force à nous interroger sur ce que nous voulons être et sur ce que nous pouvons faire : la force propulsive d’Épinay s’est épuisée. Le tripartisme a supplanté le bipartisme, il ne s’agit plus seulement de rassembler mais d’être identifié.

Pour redéfinir notre identité nous avons décidé à l’unanimité d’organiser des États généraux. Nous avons voulu mettre en place les États généraux des, par et pour les socialistes. Les militants et les sympathisants doivent être au centre du dispositif puisqu’ils sont le cœur et le moteur de notre formation. De fait, nous avons toutes les raisons d’être fiers de cette approche participative et de cette logique inédite d’ouverture.

 

Alors, mes chers amis, comment vont fonctionner les états généraux ? Lancés ici à l’occasion des Universités d’Eté, les Etats généraux se dérouleront jusqu’au 6 décembre prochain. Nous avons 100 jours pour nous réinventer. 3 mois pendant lesquels des milliers de militants et de sympathisants vont se pencher sur le monde et sur eux-mêmes dans l’une des 3 500 sections et sur internet. L’ouverture se fera également vers les jeunes du MJS, vers les Fondations amies et vers les éminentes et non moins compétentes personnalités qui le souhaitent. Un Comité de pilotage emmené par le meilleur d’entre nous, Guillaume Bachelay, fera le travail d’audition, de convergence et de synthèse. Les contributions consolidées serviront à l’élaboration d’une « charte de l’identité socialiste » qui sera soumis aux militants. Un grand rassemblement national conclura ce trimestre de débats.

 

Mais, mes chers amis, autour de quel questionnement peut-on lancer ce travail sur notre identité? Les questions que je souhaite vous soumettre et que je vais lister sommairement dans un instant sont suffisamment larges pour engager la réflexion et permettre les discussions. Une fois encore, elles font office de déclencheurs. Si elles ne sont pas provocantes sur la forme, c’est pour mieux « provoquer » la participation. Ces champs de questionnement sont à explorer. Plus encore : ils sont à vous. Ils sont à compléter et à challenger. Vous le verrez dans les documents que nous allons vous remettre, ces questions sont détaillées et appellent d’autres questions. Voici donc les 12 champs d’interrogation que je vous propose:

1. Que doit être une société du « bien vivre »?

2. Peut-on dire à la fois « je » et « nous »?

3. Comment agir dans la mondialisation?

4. Qu’est-ce que la social-écologie?

5. Comment moderniser et améliorer l’État social?

6. Quelles doivent être les formes actuelles de la puissance publique?

7. Pourquoi l’industrie française s’est-elle affaissée depuis plus d’une décennie?

8. Que serait une société du plein emploi et du bon emploi?

9. Comment définir la nation aujourd’hui?

10. Comment réorienter effectivement l’Union européenne?

11. Comment « faire-société » dans une France tiraillée à la fois par l’individualisme, le consumérisme et le communautarisme?

12. Que peut la politique dans le nouvel âge de la démocratie – une démocratie médiatique, numérique, individualiste, sceptique?

 

Voici les champs de questionnement à explorer que je vous soumets. Il nous faut mener et nourrir ensemble ce questionnement, le prolonger, également, par nos contributions. Mes chers camarades, si la réflexion sur notre identité est essentielle, votre participation l’est tout autant car elle lui confère sa légitimité et son efficacité. L’enjeu est de taille. Pouvoir disposer d’identité forte est ce qui nous permettra d’aborder les années et les échéances qui viennent mieux armés, mieux outillés, plus soudés, plus solides aussi. Cette nouvelle carte d’identité rendra nos actions plus cohérentes et plus lisibles. Fiers de nos valeurs, sûrs de notre identité, nous pourrons avancer dans le réel et surtout aller au-devant de nos concitoyens.

 

S’ouvrir au nouveau monde et aux idées nouvelles, sortir de sa propre zone de confort intellectuel, favoriser les réflexions inédites aux reflexes idéologiques : voilà ce qui doit nous guider.

C’est sur cet esprit d’ouverture que je veux conclure aujourd’hui mon propos. Parler d’esprit d’ouverture lors d’une plénière d’ouverture… N’y voyez pas de mauvais jeu de mot, plutôt un souci premier et une espérance sincère.

C’est ainsi : la façon dont nous allons réfléchir sur notre identité et la manière dont nous allons nous comporter en général dans les mois qui viennent vont dire beaucoup de chose sur notre identité. Le Parti socialiste se doit d’incarner le principe d’ouverture et de faire en sorte que l’écoute et le respect l’emportent sur les habitudes et sur les certitudes. La nature des Socialistes les pousse à tenter – sans cesse – d’abattre les murs et à essayer – toujours – de construire des ponts.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : si la Gauche est dans la situation que nous connaissons c’est parce qu’elle a notamment perdu la bataille du cadrage culturel dans le pays. La passion égalitaire ne structure plus les débats politiques, c’est la crispation identitaire qui l’a remplacé. Le principe de fermeture l’emporte aujourd’hui et c’est ce principe de rejet de l’Autre qu’il nous importe donc de combattre de toutes nos forces. A nous de défendre l’idée que les liens du sens sont bien plus forts que les liens du sang. Ce combat s’appelle la Fraternité. C’est cela que nous devons incarner et promouvoir.

Alors, pourquoi ne pas commencer ici même, dès maintenant, dans nos rangs ? Lors de nos échanges et pendant les mois qui viennent, à nous donc d’être exemplaires, d’être ouverts.

A la différence de la Liberté et de l’Égalité, la Fraternité n’est pas un droit. La Fraternité c’est certes la règle du vivre ensemble, mais c’est également la règle du réfléchir et du bâtir ensemble. C’est cette règle qui rend, au fond, le renouveau et le progrès possibles.

Pendant les jours et les mois à venir, je vous invite à laisser de la place aux autres points de vue et aux idées nouvelles ! Laissez-vous surprendre ! Soyez à l’écoute ! Oui, soyez fraternels ! Si vous l’êtes, eh bien ! Mes chers amis, vous souhaiter une bonne Université d’été ne sera pas un vœu pieux mais tout un programme !

Donc, bonne et fraternelle Université d’été! Qu’elle soit ce qu’elle mérite d’être : une célébration des idées et de l’amitié socialistes!

Je vous remercie.

 

Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste.

29 août

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L’invité des « 4 vérités » sur France 2

par

JCC télématin 29082014

Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Roland Sicard dans la matinale de télématin sur France 2

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous en cliquant sur le lien ci-après (1h20mn)

http://www.france2.fr/emissions/telematin/videos/108307829?onglet=replay&page=1

28 août

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« Le social libéralisme ne fait pas partie de notre vocabulaire », interview dans Le Monde

par

logolemonde

Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Dès la rentrée, la gauche au pouvoir a connu une de ses plus graves crises politiques depuis le début du quinquennat. Est-ce nécessaire ?

Nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique. Et la gauche s’étiole, se désole, voire s’affole. Fallait-il y ajouter une crise de l’exécutif ? Je ne le pense pas. Faut-il pour autant que la fermeté soit synonyme de fermeture ? Je ne le pense pas non plus. Cette crise était inutile au regard des difficultés et des doutes que connaissent les Français.

Les positions économiques d’Arnaud Montebourg étaient-elles réellement incompatibles avec la ligne de MM. Hollande et Valls ?

Si Arnaud Montebourg avait été en désaccord avec le pacte de responsabilité que la majorité a adopté, il aurait démissionné. Je ne pense pas qu’il était nécessaire de dire que rien ne bougeait. Mais je ne pense pas non plus qu’il soit nécessaire de dire qu’il y a deux lignes irréconciliables qui s’affrontent. J’appelle tous les socialistes à ne pas surjouer leurs différences, parce que ça mute en divergences et ça se termine en divisions. Une divergence, il ne s’agit pas de la faire vivre, il s’agit de la surmonter.

Le nouveau gouvernement, dont le symbole est la nomination d’Emmanuel Macron à Bercy, illustre-t-il la victoire de la seule ligne social-libérale à gauche ?

Je n’ai pas été prévenu de la nomination d’Emmanuel Macron. Je n’avais pas à l’être. Il sera la cible facile de ceux qui n’attendaient que cela. Mais Arnaud Montebourg ne fixait pas la ligne économique du gouvernement. Il n’y a pas de raison qu’Emmanuel Macron la fixe davantage. Laissons-le travailler, mais je fais une remarque générale : le social-libéralisme ne fait partie ni de notre vocabulaire ni de notre tradition, je me suis opposé fermement à certaines dérives à la gauche du Parti socialiste, je pourrais le faire vis-à-vis d’autres tentations.

Le discours mercredi de Manuel Valls devant le Medef, très favorable au patronat et aux entreprises, peut-il être celui d’un premier ministre socialiste ?

Ce n’est pas tant le discours du Premier ministre qui m’a surpris que l’attitude du patronat qui semble enfin se rendre compte que le « toujours plus » – au moment où les dividendes aux actionnaires explosent – indisposait la France. Mais le MEDEF ne s’en tirera pas par des applaudissements.

La question de la réorientation de la politique économique ne se pose-t-elle donc plus ?

Le gouvernement maintient sa trajectoire même si les inflexions sont déjà là. On a déjà bougé sur les 3%, la transition énergétique, le pouvoir d’achat via la baisse des impôts, le ciblage des aides patronales… Même le débat sur la BCE fait avancer les choses. Le quinquennat est face à un double tournant. Nous avons jeté les bases du redressement, et à quel prix électoral ! Nous devons désormais ouvrir une deuxième séquence qui est celle de l’investissement, dans l’éducation nationale, l’apprentissage, le logement, les collectivités locales, les entreprises… Le temps de l’investissement est arrivé !

Le débat sur la ligne économique est-il clos dans la majorité ?

Le gouvernement veut être cohérent et on voit bien l’importance de cette cohésion dans la situation politique actuelle. Mais le PS doit être le lieu du débat. Je ne serai jamais pour la discipline des consciences, pour un Parti socialiste caserne. Je me porte garant des débats au PS. Mais je ne saurais accepter que ce débat ait pour but de renverser le gouvernement. Le sens des responsabilités, c’est de permettre le débat, mais de ne pas ajouter la crise institutionnelle à la crise économique et politique.

Le gouvernement a-t-il une majorité à l’Assemblée pour faire voter ses réformes ?

La sortie d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti va renforcer médiatiquement l’ensemble des critiques de l’action gouvernementale. Mais devant quels choix sont les socialistes ? Réussir, moderniser et redresser notre pays ou une dissolution qui nous ramènerait à une portion congrue ? L’arrivée d’une droite thatchérisée ? Ou alors, l’impensable de plus en plus probable, la venue d’un FN qui combinerait sortie de l’Europe et xénophobie ? Les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences. Qui peut, socialiste, arriver à souhaiter que le gouvernement tombe ? Les conséquences seraient incalculables. Chacun sait que la dissolution serait aussi celle de ceux qui l’ont provoquée. La gauche a toujours eu deux cultures : celle de la réforme et celle de la contestation. Celles-ci doivent dialoguer mais ne pas s’affronter car sinon, de postures en prises de position, nous allons tous nous marginaliser.

Pourtant sans les écolos et le Front de gauche, avec des radicaux qui menacent de sortir, la majorité n’a jamais semblé aussi peu plurielle…

Puisque Cécile Duflot aime les formules latines, en voici une : adhuc tua Messis in herba est, « la moisson ne fait encore que poindre ». On ne construit pas un avenir sur l’amertume. Cécile Duflot le sait. Les écologistes ont besoin du PS et vice versa, personne ne gagnera dans son coin, nous perdrons tous. Les écologistes doivent continuer à travailler leur culture politique de gouvernement. A Jean-Luc Mélenchon, je voudrais dire qu’il n’y a pas de place pour un chavisme en France. C’est une impasse. Je préfère quand il évoque la 6e République qui est un sujet, que quand il dit préférer Sarkozy à Hollande, ou quand il dit que les frondeurs couinent… Comment peut-on parler ainsi ? Quant à Jean-Michel Baylet, on connaît ses positions, il les maintient et pour l’instant il n’insulte personne. Collectivement, il faut être à la hauteur de la conjoncture historique. On est en guerre civile aux portes de l’Europe ; une partie du bassin de la Méditerranée est à feu et à sang ; nous sommes dans la récession voire dans la déflation en Europe ; et chacun va faire sa soupe dans son petit coin ? J’appelle à ce qu’on cesse les petites phrases, les postures, qu’on délaisse les anathèmes pour enfin aborder les thèmes, les vrais.

 

Le PS ouvre vendredi son université d’été à La Rochelle. On risque d’assister une fois encore au bal des divisions….

J’appelle chacun à la responsabilité, même si je sais comment ça fonctionne. Il y aura de tout, de la surenchère, des petites phrases, mais aussi beaucoup d’union. Et moi j’irai à La Rochelle avec trois mots simples : expliquer, apaiser, rassembler.

 

Vous lancez dès le vendredi 29 août les états généraux des socialistes. Sur quelle ligne idéologique ?

Le PS ne fondera pas le social libéralisme mais un nouveau progressisme. Je ne crois pas au socialisme de l’offre ni à celui de la demande. Nous sommes des sociaux-démocrates à la française, républicains, en faveur de l’état social décentralisateur. Par ailleurs, nous avons des divergences sur la manière de redresser le pays. Mais il n’y a pas de quoi créer un schisme, si personne ne s’enferme dans des postures.

Pourquoi cette refondation du PS est-elle nécessaire ?

Nous sommes dans une nouvelle époque. Le monde est plus mondialisé, plus connecté, plus polarisé, plus conflictuel, et beaucoup plus complexe que celui des années 1970 au moment du congrès d’Epinay. Le courant progressiste a été battu quand l’identité, comme référent pour tous les partis, a supplanté l’égalité. Enfin, nous sommes entrés dans le tripartisme, ce qui nécessite d’avoir une force propulsive dès le premier tour de la présidentielle. Il faut ouvrir les fenêtres et les portes, sortir de l’entre soi et du débat technocratique, pour dire quel type de société nous voulons. S’il n’y a pas de construction d’une carte d’identité du PS qui permette une doctrine commune, je ne donne pas cher du socialisme.

Le PS doit-il tenir un congrès au plus vite ?

Nous allons constituer en septembre la commission qui doit discuter de la date et du contenu du congrès. Il y aura tous les courants. Mais nous ne connaissons pas l’agenda des élections régionales. Je proposerais que le congrès se penche sur l’évolution de nos institutions. La 5ème République doit évoluer. Cette question est dans toutes les têtes et dans toutes les analyses. Je préfère des congrès qui permettent de donner une visibilité à la position du PS que ceux où on a l’addition de motions dont on ne sait pas à la fin quelles orientations elles ont produites.

Etes-vous favorable à la tenue de primaires pour désigner le candidat en 2017 ?

Le Parti socialiste n’est pas un prestataire de service chargé d’organiser les primaires. Le réduire à ça est un peu méprisant. En 2016 ce n’est pas du casting dont nous aurons à nous occuper, il viendra, je compte bien que les socialistes s’emparent de l’élection présidentielle pour dire comment ils voient le prochain quinquennat. Nous le ferons si possible avec nos partenaires.

 

26 août

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Décès de Christian Bourquin

par

logops160

Nous apprenons le décès de Christian Bourquin, président de la région Languedoc-Roussillon des suites de la maladie qu’il affrontait avec courage depuis de nombreux mois.

Depuis plus de 20 ans, Christian Bourquin a consacré sa vie aux nombreux mandats locaux que lui ont confiés les électeurs, de la ville de Millas dont il fut le maire et le conseiller général, président du Conseil général des Pyrénées-orientales dès 1998, président de la région Languedoc-Roussillon jusqu’au dernier jour. Député de 1997 à 2002, il était sénateur depuis 2011. Décentralisateur passionné pour sa région, il manquera à sa terre de combat et aux hommes et femmes de gauche.

J’adresse à ses enfants, à ses proches, à ses amis, mes sincères condoléances, en mon nom et au nom du Parti socialiste.

20 août

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Le Président fixe le bon tempo

par

logops160

Le ton de l’interview présidentielle tout autant que le fond nous semble le bon. Réaffirmant le cap tout en modulant le rythme, le Président propose aux Français de persévérer et de se rassembler.

La nouvelle phase commence : relance européenne face au risque de déflation et investissement en France : logement, éducation (apprentissage, formation en alternance), impôts, collectivités, entreprises. Ainsi que modernisation des institutions et des professions réglementées.

 

20 août

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A l’UMP, c’est le trop plein à la présidentielle et la fin annoncée

par

logoump

 

Alain Juppé précipite sa candidature de peur que Nicolas Sarkozy n’impose la sienne. Les dirigeants de la droite sont tous candidats directement à la prochaine élection présidentielle sans passer par la case UMP. Et Nicolas Sarkozy va être candidat à la présidence de l’UMP pour dissoudre celle-ci. C’est donc le trop plein pour la présidentielle et la fin annoncée pour l’UMP.