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06 Fév

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue du Conseil national – samedi 6 février 2016

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2016-02-06 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis-5

Jean-Christophe Cambadélis a tenu une conférence de presse à l’issue du Conseil national du 6 février 2016.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence:

 


Conférence de presse de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

 

 

Crédit photo: Mathieu Delmestre

06 Fév

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Inauguration officielle de la gare Rosa Parks

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Fresque Rosa Parks 19e

C’est ce matin que s’est tenu l’inauguration officielle de la gare Rosa Parks mise en service le 13 décembre dernier.

Une cérémonie à la hauteur de l’événement qui s’est tenue en présence de nombreux élus et personnalités dont Manuel Valls, Anne Hidalgo et François Dagnaud.
Je vous invite toutes et tous à venir découvrir et admirer la magnifique fresque murale en mosaïques créée par des adhérents de la régie de quartier nord du 19e et des habitants de l’arrondissement.
Une œuvre dévoilée en avant-première ce jour, rendant une nouvelle fois un merveilleux hommage à Rosa Parks.

 

03 Fév

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L’invité de Questions d’info sur LCP avec AFP, France Info et Le Monde

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Capture d’écran 2016-02-03 à 20.05.37

Jean-Christophe Cambadélis était ce mercredi 3 février 2016 l’invité de « Questions d’info » sur LCP.

Il répondait aux questions de Frédéric Haziza, François Fressoz, Frédéric Dumoulin et Yael Goosz.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission ainsi que ses principales déclarations:

Déchéance de nationalité / Réforme constitutionnelle

La révision constitutionnelle est quelque chose de très difficile
George Pompidou avait fait voter une réforme constitutionnelle qui n’a aboutie que 25 ans plus tard. C’est dire que c’est difficile.
Il ne s’agit pas de faire voter la majorité, il faut que la droite et la gauche se mettent d’accord.
J’ai fixé des critères dont le premier était l’union nationale. La question est simple : sommes-nous pour la constitutionnalisation de l’état d’urgence ?
La déchéance c’est une condition de la droite pour voter. Pas de la gauche.
Tout le monde veut un texte au plus près de ses principes. Le Parti socialiste a réaffirmé les siens.
J’ai posé quatre critères et nous avons obtenu que les binationaux ne figurent pas dans la constitution et qu’il n’y ait pas d’apatridie.
Qui peut croire que la droite qui est dans la surenchère sur la sécurité ne va pas voter cette réforme à cause d’un mot qui ne leur conviendrait pas?
Si vous voulez avoir la majorité des 3/5 il faut faire rentrer l’édredon dans la petite valise et faire en sorte que des hommes et des femmes qui se combattent politiquement votent la même chose.
Je ne vois pas la même opposition dans la droite sénatoriale que dans celle de l’Assemblée nationale

Alain Juppé, la madone des sondages fait une déclaration à Alger – décidément – pour dire qu’il ne soutient pas alors qu’il dit l’inverse dans son livre.

Pourquoi Alain Juppé change t-il aussi souvent d’avis sur des sujets aussi importants ?
Nous avons un débat perturbé par une primaire à droite ou chacun se marque à la culotte

Interview de Cécile Duflot à Paris Match
Tout ce qui excessif est insignifiant. On est dans le règlement de compte personnel.
Ce n’est pas la Cécile Duflot que je connais qui est plus mesurée.

Pôle emploi régionalisé ? / Chômage
Je crois que sur la question du chômage il faut tout essayer et se bouger
Il faut trouver les moyens de débloquer les choses avec des principes et des valeurs de gauche

Dégressivité des allocations chômage

Ce n’est pas dans le texte de Myriam El Khomri, cela fait parti du débat avec des partenaires sociaux.
J’ai dit que ce n’était pas la solution la plus heureuse.
Il n’y a pas de texte débattu sur la fin des 35h. Nous allons demander à Myriam El Khomri de venir discuter devant le Bureau national.
On ne discute pas du fait que 400 000 chômeurs sont des chômeurs de courte durée.
Des entreprises mettent au chômage des personnes au bout de 15 jours et c’est l’Unedic qui paie 50% du salaire. C’est bien plus grave que tout le reste.
Mon but ce n’est pas de stigmatiser mais tenter de régler.

Crise agricole
La crise est très difficile. Ne soyons pas dans les faux-semblants mais dans la réalité. Tout le monde sait que c’est une crise des prix et pas des mesures gouvernementales.
Une partie de la solution est en Europe, sans oublier l’embargo russe et une partie sont les intermédiaires
Si on veut affronter cette crise il faut être capable de mesurer les raisons et ne pas être dans la facilité antigouvernementale.
Stéphane Le Foll est l’un des meilleurs ministres de l’agriculture de la 5ème repu et il est l’un des meilleurs experts de la chose agricole en France

Jean-Yves Le Drian
Je n’ai pas senti ou vu que l’effort de la nation pour combattre le terrorisme ait été compliqué par la position de Jean-Yves Le Drian

Remaniement

Remplacement poste pour poste ? Changement d’ordre dans le Gouvernement ? Élargissement ?
Cette dernière possibilité a plutôt ma faveur: essayer de rassembler autour du projet gouvernemental des personnalités.
Je souhaite que tous les talents de gauche viennent renforcer l’action gouvernementale
Je ne vois pas pourquoi EELV ne pourrait pas participer au gouvernement après la COP21

Primaire à gauche
Je suis mandaté pour
1- l’alliance populaire,
2- cahiers de la présidentielle
3- inflexion sur le précariat

Pourquoi voulez vous que je sois contre une Primaire de toute la gauche ?
Je l’ai dit dimanche devant les secrétaires de section. Je n’ai pas de désaccord avec Christian Paul sur ce sujet
François Hollande a quelques atouts d’homme d’Etat à faire valoir dans une primaire s’il est candidat
Il ne s’agit pas de témoigner mais de gagner contre une droite dure.

Election présidentielle
Vu l’orientation de la droite et le silence de l’extrême droite qui ne dit plus un mot et attend que fruit tombe de l’arbre, je dis que les socialistes et la gauche ne peuvent faire l’impasse sur la présidentielle. Tout le reste est secondaire

Alliance populaire
L’alliance populaire ce n’est pas une combinaison d’appareils mais une nouvelle offre politique appuyée sur les citoyens
Ce n’est pas la gauche plurielle

Propos de Pascal Cherki sur LCP
Pascal Cherki s’est rappelé à l’ordre de lui-même. Je n’ai pas eu à le faire.

02 Fév

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L’invité de Frédéric Rivière sur RFI

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JCC RFI 02022016

Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 2 février 2016 l’invité de Frédéric Rivière sur RFI.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis: «Oui à une primaire… par rfi

 

 

Livre de Christiane Taubira

« Ce que défendait Christiane Taubira sur les binationaux n’est aujourd’hui  plus dans le texte. »

Radicalisation des jeunes
« On peut expliquer sans pour autant excuser. On essaie de comprendre pour pouvoir combattre. On essaie de voir d’où ils viennent, quelles sont les motivations, pourquoi ils s’en vont, pourquoi ils vont combattre et comment ils reviennent ? Et quels sont ceux qui les dirigent ? Et ceux qui les endoctrinent ? Et pour quelles raisons ? Tout ça c‘est bien normal. »

Réforme constitutionnelle / Déchéance de nationalité

« Le problème c’est le chemin de l’union nationale (…) c’est comment on rassemble les Français. A partir du moment où la droite a fait de cette question le préalable au vote de l’introduction dans la Constitution de l’état d’urgence, il faut bien trouver un moyen et le président de la République cherche à rassembler au-delà des partis l’ensemble des Français »

Primaire à gauche
« Je suis pour une primaire de toute la gauche et pour une fois le Parti socialiste est unanime sur cette question, nous vous en ferons la démonstration le week-end prochain.
Si on fait une primaire de toute la gauche, on réfléchira à un statut spécial pour le Président
Je constate néanmoins que Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent ne veulent pas de François Hollande dans cette primaire et Cécile Duflot n’est pas loin de penser la même chose. C’est dommage. Car la gauche unie gagne les élections.

Travailler au rassemblement de l’ensemble des forces de gauche est quand même un élément intéressant dans une campagne des Présidentielles où l’on va être dans le tripartisme, parce que dans le tripartisme il ne s’agit pas de rassembler au second tour, il faut être au deuxième tour

Dans le tripartisme, il ne s’agit pas de rassembler au 2nd tour, il faut être au 2nd tour ! »

Dégressivité des indemnités chômage
On ne comprendrait pas que le Gouvernement ne s’attaque pas aux déficits de l’allocation chômage. Il faut mettre tous les sujets sur la table même si la baisse des indemnités chômage n’est pas la plus heureuse. C’est aussi aux partenaires sociaux de se saisir de cette question.

31 Jan

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis – 21e rassemblement des secrétaires de section

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Jean-Christophe Cambadélis a tenu une conférence de presse à l’issue du 21e rassemblement des secrétaires de section.

Retrouvez la vidéo ci-dessous:


Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis par PartiSocialiste

31 Jan

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Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – 21e rassemblement des secrétaires de section

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Retrouvez ci-dessous la vidéo du discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion du 21e rassemblement des secrétaires de section:

 


Discours de JC Cambadélis lors du 21e… par PartiSocialiste

Retranscription du discours de Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

Rassemblement des Secrétaires de section

Paris, dimanche 31 janvier 2016

Avant de commencer, je voudrais vous remercier toutes et tous d’être venus si nombreux. Nous sommes fiers de pouvoir vous annoncer que du point de vue de la participation, c’est la plus importante réunion des secrétaires de section de ces dix dernières années. Un grand succès donc !

Chers amis, puisque c’est le dernier jour du mois de janvier, la tradition m’autorise encore à vous souhaiter mes meilleurs vœux pour 2016. Que cette année vous donne l’occasion de continuer à aimer la vie. Enfin, permettez-moi de saluer l’ensemble des permanents du parti qui ont organisé, sous la responsabilité de Rachid Temal, ce beau rassemblement et rendu possible le succès que j’évoquais à l’instant. J’adresse enfin un salut chaleureux à tous les participants à nos tables rondes.

Les secrétaires de section, comme les premiers fédéraux, voire comme le Premier secrétaire, ont un travail souvent compliqué. Ils doivent tout à la fois animer politiquement leur section, faire passer dans l’opinion les propositions et les actions des socialistes, et bien entendu essayer de rassembler tous les socialistes. Il leur arrive souvent d’y parvenir. C’est un travail de tous les jours, un travail très prenant. Cela ne veut pas dire que nous, les cadres, nous n’avons pas le temps de réfléchir, mais disons que nous sommes contraints par le travail qui est le nôtre, qui consiste à faire vivre l’intérêt général de notre parti.

Notre parti reste une très grande formation politique. Il est capable d’embrasser les difficultés et les nombreux défis de notre époque, il est capable de faire face à des événements historiques, je vais les évoquer dans un instant. Oui, le Parti socialiste est à la hauteur, malgré les difficultés, malgré les défaites. Je tiens d’ailleurs ici à saluer celles et ceux qui, l’année dernière, ont connu des revers électoraux. Oui, le Parti socialise est un grand parti, et si nous avançons, c’est grâce à l’ensemble des secrétaires de section qui ne comptent pas leur temps, qui sont toujours présents pour distribuer des tracts, pour organiser des collages et faire en sorte de réunir l’ensemble des socialistes. Alors, permettez-moi d’exprimer ici tout mon respect et toute ma gratitude : merci à vous.

 

Chers amis,

Chaque génération de socialistes a été confrontée à un problème central et structurant. C’est ainsi : chaque événement historique a matricé les débats qui agitaient nos rangs. Il y a eu des débats à la naissance de la section française de l’internationale ouvrière. Il y eut des débats – extrêmement violents – à l’intérieur de cette même SFIO, quand il a fallu aborder la Première guerre mondiale. Il a aussi fallu faire face à l’éruption de la révolution russe. Combien de débats importants sur l’émergence du Front populaire et la nécessité de s’allier avec le Parti communiste ? Combien de débats essentiels sur la manière de se comporter dans la Seconde guerre mondiale, et, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans la décolonisation ? Le Parti socialiste a toujours été un parti de débats, de réflexions, de confrontations, mais surtout et avant tout un parti d’amitié. Je le dis, cette camaraderie fraternelle, je veux que ce parti, notre parti, la garde et la nourrisse.

Aujourd’hui, l’Histoire nous mord la nuque. Aujourd’hui, nous sommes confrontés non pas à une crise comme nos devanciers, mais à des crises conjointes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’année 2015. Quelle année incroyable, quel rendez-vous avec l’Histoire ! Cette année a commencé par quelque chose auquel nous ne nous attendions pas : un attentat, en France. Certes, il y en avait déjà eu, commis par le GIA. Mais là, ce fut un attentat contre des journalistes, des caricaturistes, et puis il y a eu le ciblage, sur notre sol, d’hommes et de femmes parce qu’ils étaient juifs, dans l’Hypercacher. Ces attaques abjectes ont donné lieu à un moment extraordinaire qui n’allait pas de soi, vu le contexte politique général. Ce moment, c’est le 11 janvier. Un moment qui restera dans nos mémoires. Pas simplement parce que le Parti socialiste a joué son rôle, modestement, pour l’organiser, mais parce que nous avons vu un peuple se lever, dans toutes les villes, parfois plus nombreux qu’au moment de la Libération. Nous avons vu un peuple descendre dans la rue, manifester en silence, applaudissant sa propre manifestation. Il s’agissait simplement de défendre la République.

Il y a deux voies possibles qui s’ouvrent à nous dans la période que nous traversons : le rassemblement ou la décomposition. Pour l’instant, rien n’est dénoué, la République est en jeu. Oui, dans cette année, il y eu ce premier événement, cette confrontation avec le terrorisme, avec la guerre asymétrique, menée aujourd’hui contre Daech, avec des conséquences dans tout le bassin méditerranéen. Et il y a eu le 13 novembre. Ce jour-là, des hommes ont tiré dans le tas, assassinant aux terrasses des cafés, dans des lieux où la jeunesse avaient pris ses quartiers pour s’amuser. Ce jour-là, les guerriers n’ont pas choisi une cible, ils ont choisi la France. À la suite de ce moment terrifiant, le moment du rassemblement fut le discours du Président de la République devant la représentation nationale réunie en Congrès, à Versailles. Dans ce lieu chargé d’histoire, reliant la royauté à la République. Dans ce moment, le Président a su trouver les mots, il a su nommer les choses, permettant d’incarner la Nation dans l’épreuve. Il a su rassembler tous les Français pour dire cette vérité, elle aussi historique : le peuple de France ne cèdera pas face à la barbarie.

Et si dans le bilan du Président qui nécessairement interviendra, il n’y avait qu’un seul geste qui devait résumer son époque, ce serait celui-là. L’année 2015 ne fut pas seulement l’année de la confrontation avec l’horreur. Elle a pris d’autres formes. Comme ces immenses cortèges qui se sont mis en mouvement, fuyant la Syrie et l’Irak, prenant la direction de l’Europe, avec l’aide consentante de la Turquie. Nous n’avions pas connu un tel exode depuis la deuxième guerre mondiale, avec des images fortes qui ont bouleversé l’humanité, celles de ces gens mourant en Méditerranée, marchant pour essayer de trouver un havre de paix, un bout de terre offrant une situation moins précaire que celle qu’ils connaissaient.

Ce mouvement, il faut le maîtriser, l’organiser et analyser ses conséquences. Elles sont doubles. Il y a d’un côté la solidarité, dont ont fait preuve des municipalités, souvent socialistes, et ce dès l’arrivée des premiers réfugiés. Oui, il y a la volonté de faire face à cette situation, de trouver une solution européenne, de détruire Daech pour réduire les flux. et puis, malheureusement, à côté de l’ouverture, il y a la fermeture, la haine de celui qui vient, la haine de celui qui n’est pas semblable, qui n’a pas la même couleur, qui n’a pas la même religion. Notre pays est confronté à cela. Non seulement, j’y reviendrai, à des problèmes économiques et sociaux, mais à cette question qui va être de plus en plus importante. Aujourd’hui, 34 hommes et femmes sont morts en passant de la Turquie à l’île de Lesbos. Mais, dès que le printemps va revenir, le mouvement va se remettre en marche. Et ceux qui font le commerce politique de la haine vont aussi se remettre en marche. Vous le savez ils sont très loin d’une France apaisée.

Vous savez, mes camarades, ce qui empêche la République de sombrer dans le désordre, c’est notre attitude. Celle que nous avons eue en répondant aux problèmes, en étant capables de faire face tout en gardant nos principes. Grâce à cette attitude, nous avons évité que se multiplie ce que nous avons malheureusement connu il y a quelques semaines à Ajaccio. Ayez en mémoire qu’à tout moment, tenaillés par la haine, confrontés aux difficultés et à la grande pauvreté, des individus peuvent être animés des pires idées, des pires volontés, d’un esprit de Ratonade ou de Pogroms. Il faut avoir conscience que tout cela peut très mal tourner, que la France est exposée à ce qui s’est passé cette semaine à Stockholm, où les fameux « démocrates suédois », c’est-à-dire l’extrême droite, ont ratonné tout ce qui était basané.

Il y a d’autres questions qui peuvent passer inaperçues et qui pourtant sont majeures. D’abord, le fait que l’Europe n’a pas été capable d’avoir une réponse commune au défi migratoire. Il y a les prises de position du gouvernement polonais, celles du gouvernement hongrois, fermant ses frontières, refusant de faire face et d’organiser la moindre solidarité. Celle de l’Allemagne généreuse sans retenue, mais aujourd’hui bien dépourvue.

L’année 2015 aura également été celle du débat, incroyable, inimaginable, concernant, et parfois exigeant, la sortie de la Grèce de la zone euro. Et là encore, si les socio-démocrates en général et le Parti socialiste en particulier, si le président de la République n’avaient pas été présents, la Grèce aurait été chassée de la zone euro. Le problème n’est toujours pas réglé et la grande question qui est posée en Europe et que nous posons à l’Europe depuis longtemps, demeure : à savoir la croissance durable et non pas l’austérité à perpétuité. Ces questions-là, comme d’autres, se poseront à nouveau en 2016.

Dans cette rétrospective, il faut évoquer un autre moment, un moment magnifique, un peu étouffé par les événements : la COP21. L’ensemble des nations du monde s’est rassemblé en France, parce que nous avions pris cette responsabilité, et a décidé d’assumer ensemble le destin de l’humanité. Nous avons pris des mesures fortes et historiques contre le réchauffement climatique. Disons-le, quand même, ce succès n’allait pas de soi. On le doit à la diplomatie française, au secrétariat général de l’ONU et à l’action du Président de la République.

Et enfin, nous avons été confrontés, nous socialistes, à une conjoncture politique particulière, qui n’a certes pas la gravité historique des évènements que nous venons d’évoquer – encore que… le souverainisme hante l’Europe – mais qui marque et matrice le moment politique que nous traversons. Ainsi, environ 30 % des électeurs ont fait le choix, dans les élections départementales puis régionales, de voter sans honte, en l’assumant, pour une organisation qui ne cache pas son souverainisme xénophobe. Ce moment-là, il est doublement historique. Tout d’abord, sur le plan électoral, parce qu’il marque l’émergence d’une force politique structurée, enracinée au cœur du champ politique, d’une organisation d’extrême droite, en passe d’être la plus puissante du continent. Il l’est aussi parce que, pour bloquer son arrivée aux responsabilités, pour freiner cette ascension, nous avons dû prendre des décisions radicales et douloureuses. Permettez-moi ici de saluer le courage et l’honneur de nos camarades du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, de la région PACA et de ceux qui, dans l’Est de la France, ont suivi le chemin de l’honneur.

 

Mes chers amis,

Si la toile de fond de cette nouvelle année sera le prolongement de celle que nous venons de vivre, 2016 sera aussi une année de transition, comme nous l’ont dit Christophe Borgel et Guillaume Bachelay. Une année de transition vers l’élection présidentielle qui me paraît être un élément déterminant. 2016 sera une année de transition plus profonde encore, car ce qui se jouera, c’est la restructuration du champ politique, c’est le visage de la France, c’est l’avenir de la République, telle que nous la concevons.

Au fond, rappeler notre responsabilité évidente et partagée vis-à-vis de notre expérience au pouvoir, c’est rappeler notre responsabilité par rapport aux événements que nous venons de vivre. Vous savez, dans les années 1970, François Mitterrand était parti avec une petite cohorte de militants pionniers, ayant en tête qu’ils ne pouvaient pas accepter le Général de Gaulle et les institutions de la Ve République. Il avait parfaitement compris que dans le système tel qu’il était organisé, c’est-à-dire des élections à scrutin majoritaire, uninominal à deux tours, la seule possibilité pour que la gauche accède au pouvoir, c’était le rassemblement de la gauche au deuxième tour. Mais il fallait pour cela que la gauche ne soit pas inféodée à l’extrême gauche de l’époque, c’est-à-dire au parti communiste. Donc, il a bâti une stratégie pour faire en sorte que se construise un grand Parti socialiste qui soit capable au premier tour de dominer le parti communiste électoralement, et peut-être même politiquement, et pour permettre par l’alliance, au second tour, de gagner des élections locales puis nationales. Ce sont donc les élections municipales de 1977 qui ont ouvert le cycle que nous avons connu jusqu’aux dernières élections municipales. Ce cycle est bel et bien achevé. Pourquoi ? Parce que nous avons bien sûr perdu de nombreuses villes, et que le parti a été touché dans ses fondations, dans son socialisme municipal. Mais pas simplement. C’est aussi parce nous sommes définitivement entrés dans le tripartisme avec : l’extrême droite, le Parti Les Républicains, qui s’allient avec l’UDI et le Parti socialiste qui s’allie parfois, et pas assez souvent, avec d’autres formations politiques de gauche. Au final, la question qui est posée, ce n’est pas l’alliance au second tour, c’est d’être au second tour.

Ce n’est pas une question simplement électorale pour nous, où le but de notre combat serait simplement d’empiler les victoires électorales et les conquêtes de collectivités locales. Encore que ! Nous sommes en train d’en faire l’expérience, quand la gauche gère les collectivités locales, les gens sont plus protégés que quand la droite dirige. Le combat que nous avons à mener aujourd’hui dans l’espace public français n’est pas neutre. Il ne se limite pas à nos querelles internes. Il n’est pas exclusivement articulé sur ce que pense ou ne pense pas le Parti socialiste. Dans le moment politique présent, il y a non seulement le Front national qui est en dynamique, mais il y a aussi, face ou à côté de cette extrême droite, une droite extrême qui se constitue. Regardez bien le débat qui est en train d’être mené à l’intérieur des Républicains pour leurs primaires. Il n’y a pas de divergences. Ils sont d’accord sur ce qu’il faut faire. Là où, non sans difficultés, nous voulons réformer et rendre efficace notre modèle social, ils veulent purement et simplement le liquider. Et ne nous trompons pas, le bloc réactionnaire n’est pas seul : nombreuses sont les forces sociales et économiques qui sont derrière la droite et l’extrême droite, nombreuses sont ces forces qui considèrent que le Parti socialiste ainsi que l’ensemble de la gauche les gênent et qu’il serait donc bon qu’ils dégagent du chemin.

Une période politique épouvantable peut s’ouvrir, la gauche n’ayant pas pu assurer son rassemblement. La gauche n’ayant pas su organiser la conjonction de ses forces dès le premier tour. La gauche serait marginalisée non pas dans une élection, mais dans toutes les élections. Ainsi, s’installerait un nouveau bipartisme, à l’américaine, à l’anglo-saxonne, entre une extrême droite recentrée dans les mots et une droite décentrée dans les faits. Un nouvel espace public dans lequel notre rôle se limiterait à protester, à combattre par le mouvement social. La gauche serait toujours là ! Mais elle ne serait plus en capacité de gouverner pour peser sur les événements. Elle ne serait plus en mesure de changer concrètement notre société. Elle ne serait plus un acteur central de la vie politique et elle dépérirait.

Voilà, le contexte politique et le risque politique. Pour ma part, je ne m’y résous pas. Je ne me résous pas à voir la droite arriver au pouvoir. Non, je ne fais pas l’impasse sur l’élection présidentielle. Ceci au nom d’un calcul politique pour une hypothétique recomposition demain. Cette élection, je crois qu’il est nécessaire de la gagner. A la fois pour nous, évidemment, mais surtout pour toutes celles et tous ceux dont nous venons de parler, dont nous avons évoqués les souffrances et les espérances. Si j’ai cette analyse, si je regarde le champ stratégique, je me dis qu’il faut que le Parti socialiste soit en capacité d’être dans toutes les élections au second tour. Et donc j’essaie de rassembler et de dépasser le Parti socialiste. C’est le sens de l’Alliance populaire.

Un mot ici sur un contre-sens, qu’il faut lever. Quand on parle de l’Alliance populaire, on a l’impression que l’on parle de la gauche plurielle, de l’union de la gauche, du front populaire. L’Alliance populaire, ce n’est pas cela. Il s’agit de la proposition faite à des formations politiques mais aussi à des responsables associatifs, à des syndicalistes, à des acteurs de terrain, à nos sympathisants et qui consiste à dire : ensemble, relevons le défi de cette époque historique. Nous avons besoin de vous, le Parti socialiste sans vous, sans votre intelligence, vos capacités, votre volonté, ne peut pas y arriver. Nous ne voulons pas de la droite et de l’extrême droite dans notre pays. Nous voulons relever ensemble les crises de notre époque pour les surmonter. C’est possible si nous le faisons ensemble. Et nous vous disons : faisons chemin ensemble ! La constitution de l’Alliance populaire se fera très simplement : Un texte discuté, adopté par ceux qui veulent le porter, décliné dans l’ensemble des départements, dans des comités pour l’Alliance populaire, et puis un grand rassemblement au mois d’octobre ou de novembre. Tiens, pourquoi pas le jour même du deuxième tour de la primaire de la droite ! Et comme ça, nous serons face à face.

Ça n’épuise pas, évidemment, le débat sur l’alliance de la gauche avec l’ensemble de nos partenaires, nous ne sommes jamais satisfaits quand des amis nous quittent ou se mettent de côté dans le combat politique que l’on mène. Et à mon tour, je voudrais faire un petit signe à Christiane Taubira. Mes chers camarades, quel exemple, Christiane Taubira ! Elle part en souriant sur un désaccord politique et revient en colère en disant qu’elle restera fidèle au président. Quel exemple !

 

Mes chers amis, mes chers camarades,

Oui, évidemment, il faut rassembler l’ensemble de la gauche et ce dès le premier tour, cela vaudrait mieux. Dans cette perspective, un nouveau sujet s’est invité dans nos discussions. Et quand les sujets arrivent au Parti socialiste, ils sont immédiatement sujets à la polémique, on aime tellement ça. Mais là, j’ai beau me gratter, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher dans les formulations des uns et des autres, je suis très ennuyé. Je vous le dis. Je suis très embêté. Je ne vois pas de désaccord. J’ai dit aux camarades : cherchez-moi le désaccord. Non, il n’y a pas de désaccord. Car tout le monde est d’accord pour une primaire de toute la gauche. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’une primaire de toute la gauche permettrait à celle-ci de se réunir derrière celui qui l’emporterait, et la gauche unie est devant la droite et l’extrême droite, alors que chaque parti de la gauche, seul, n’est pas au deuxième tour. Tout le monde est d’accord. Moi qui ai travaillé avec Lionel Jospin pour permettre la gauche plurielle, je vais reprendre mon bâton de pèlerin, pour essayer de convaincre, avec François Lamy, Julien Dray, et quelques autres. A ce titre, j’appelle d’ailleurs ceux qui ont d’autres relations que moi avec Jean-Luc Mélenchon, à essayer de le convaincre aussi. N’hésitez pas, camarades. Essayez de le convaincre. Et aussi de convaincre Pierre Laurent du Parti communiste, qui dans son rapport introductif pour leur prochain congrès, a indiqué qu’il était pour une primaire mais qu’il ne pouvait pas y avoir de socialistes, encore moins le Président de la République.

Les autres attendent de voir. Je crois qu’ils sont nombreux, ceux qui attendent de voir. Pour ma part, je ne veux pas jouer à ce petit jeu-là. Il faut être clair et dire que les partis, les intellectuels, les organisations, doivent s’engager ensemble dans une primaire loyale, celle de toute la gauche. Au bout, je suis sûr du succès de la primaire et du candidat que nous socialistes, nous sélectionnerons. Mais, j’entends déjà des camarades faire leur inventaire dans les personnalités intéressantes, mais qui ne sont pas au Parti socialiste. C’est un peu bizarre de choisir un candidat même critique, à l’extérieur du Parti socialiste. C’est à la fois vouloir un candidat de témoignage et avoir peu de foi dans les socialistes même s’ils sont critiqués. Non… S’il y a une primaire de toute la gauche, il y a un forcément un représentant qui sera soutenu par le Parti socialiste ou l’Alliance populaire. Et dans ce cas-là, la primaire est un levier pour rassembler la gauche. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi faire preuve de pugnacité sur le contenu, certains n’en manquent pas. La primaire, c’est la sélection d’une personnalité, certes, mais c’est aussi la question de l’orientation. Il faut discuter sur ce que va être le prochain quinquennat. Qu’est-ce qu’il va être ? Nous disons, nous – et les éléments qui indiquent que la croissance revient nous le démontrent – nous disons que nous avons commencé à assainir la France. Et donc la question qui doit être posée lors de la prochaine présidentielle, c’est : quelle est cette France après l’assainissement, quelle Europe aussi après l’austérité ? La question qui doit guider l’orientation est simple : Qu’est-ce que la nouvelle France ? Qu’est-ce qu’elle doit être ? Comment doit-elle répondre à l’ensemble des défis ?

L’orientation doit nous guider. C’est la raison pour laquelle, avec Guillaume Bachelay, nous avons lancé les Cahiers de la présidentielle. Les cahiers de la présidentielle, ce n’est pas un programme achevé pour un candidat qui ne le lira pas. Vous nous connaissez ! Les socialistes ont ce chic à chaque élection. Nous sortons un document, écrit à chaque fois par à peu près les mêmes. Nous passons des heures dans nos sections à nous empailler, des mots d’oiseaux fusent ; en plus, nous sommes à l’heure du buzz, donc je ne vous dis pas… Nous faisons une Convention où nous terminons au petit matin en ayant changé deux mots et trois virgules, et tout le monde crie « victoire ». Nous remettons ce document la main tremblante au candidat à l’élection présidentielle qui nous fait un grand sourire et le classe verticalement pour appliquer le sien. Donc, je ne crois pas que ce soit la bonne méthode. La bonne méthode, c’est d’éclairer les enjeux, de donner du sens, des repères, d’être capable de dire là où nous voulons aller, pas simplement dans l’élection présidentielle, mais demain et après-demain, où nous voulons guider notre pays. Quelles sont les questions essentielles auxquelles nous voulons répondre, non pas avec les idées d’hier, mais avec celles d’aujourd’hui ? Et oui, Jérôme, toujours avec les mêmes valeurs, parce qu’à gauche, tout commence par les valeurs.

Oui, mes amis, nous allons travailler, sur le fond. Et je terminerai en rappelant que lors des élections régionales, j’ai demandé une inflexion sur le précariat. Regardez comment nous en avons discuté, toute la journée. Je sais, ce n’est pas très amusant pour nos amis journalistes, qui ont cherché toute la journée à nous faire prononcer des phrases ou à nous arracher quelques mots sur les primaires. Mais comme nous sommes d’accord, les journalistes vont être obligés – enfin je l’espère – de parler de notre réunion et de dire que les socialistes se sont penchés sur la très grande pauvreté, sur la question du logement, de l’insertion, se sont tournés vers les exclus, vers les salariés pauvres, vers les étudiants qui ne peuvent pas suivre leurs études, vers les femmes seules avec enfants. Sur le terrain, nous sommes confrontés au quotidien à toutes ces situations précaires. Mais, dans le débat politique, petit à petit, élection après élection, polémique après polémique, la France s’est focalisée sur les couches moyennes, et généralement des couches moyennes supérieures, sur des problèmes extrêmement importants. Pour autant, nous avons eu tendance à ne pas débattre de la situation des 14 millions de Français qui sont les invisibles de la République. Alors, oui, le Parti socialiste doit débattre des solutions à apporter. En faisant de la question de la précarité, sa priorité, le Parti socialiste est fidèle à sa source.

Pour mener ce débat, pour trouver ces réponses, il faut de l’imagination, de l’intelligence, du dévouement, de la solidarité aussi avec tous les acteurs qui sont au contact au quotidien avec ces multiples fractures sociales. D’un certain point de vue, cela doit être aussi le débouché de l’Alliance populaire. Je n’oppose pas ceux qui galèrent tout en étant inclus à ceux qui sont précaires tout en étant exclus. Il faut se battre ensemble, dans une alliance commune. Cette alliance est nécessaire pour défendre notre conception d’une République solidaire et d’une France nouvelle surmontant sa crise essentielle. Oui, pendant une journée, vous avez fait la démonstration que la question essentielle n’était pas la question de l’identité, mais celle de la solidarité, de l’égalité. Dans cette journée, vous avez repris le combat idéologique contre ce qui domine en ce moment notre société et la taraude. Oui, défendre la solidarité ne veut pas dire ne pas être efficace sur le plan économique. Mais pour nous, socialistes, l’un ne va pas sans l’autre. L’efficacité économique est nécessaire à la vraie solidarité et la richesse économique n’a pas de sens sans solidarité. Alors nous continuons, nous n’allons pas nous arrêter là, nous allons publier les actes de cette journée, car ce qui s’est dit, a été fort intéressant, très éclairant et donc très utile, pour agir.

Voilà mes chers camarades, l’Alliance populaire, les cahiers de la présidentielle et la lutte contre la précarité. Cela n’exclut pas d’autres problèmes, ils sont présents dans nos consciences, ils devront être traités, qu’il s’agisse de la réforme constitutionnelle ou du débat sur notre action au gouvernement. Nous allons aborder tout cela dans l’ordre, avec une seule idée : surmonter les problèmes, offrir des solutions, rassembler les socialistes pour rassembler la gauche. Parce que nous le disons haut et fort : les socialistes ne font pas l’impasse sur la présidentielle ! Ils veulent la gagner ! Ils vont la gagner !

31 Jan

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Interview à l’Opinion: « Participer à une primaire qui fixe comme périmètre le “Tout sauf Hollande”, ça pose un problème ! »

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L’Opinion publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant ici :

La gauche peut-elle figurer au second tour de la présidentielle de 2017 ?

Je pense qu’aucune des gauches ne sera seule au deuxième tour de l’élection présidentielle. Donc soit on fait l’impasse sur l’élection présidentielle parce qu’on veut prendre date pour l’avenir – et l’avenir risque d’être très long! – soit on travaille à rassembler toute ou partie de la gauche. Pourquoi faut-il le faire dès le premier tour? Eh bien, parce que les données du pays ont changé. Jusqu’à présent, nous étions dans le bipartisme. Toute l’intelligence de Mitterrand a été l’union de la gauche au second tour, elle lui permettait de gagner les élections face à la droite. Pour ce faire, il lui fallait seulement dominer le Parti Communiste au premier tour. Dans le tripartisme, il ne s’agit pas seulement de s’unir au second tour, il s’agit d’y être ! Les élections régionales nous ont indiqué que si on n’y était pas, on ne pouvait que soutenir les Républicains contre l’extrême droite. Il faut donc tout faire pour dépasser politiquement et électoralement le Parti Socialiste, même s’il fait seul 23% aux élections régionales. Ce n’est pas suffisant pour se qualifier aux présidentielles et aux législatives. Soit nous sommes au second tour, soit nous ne sommes nulle part. Et la gauche qui était revenue au centre du jeu électoral à partir de 1977, redeviendra marginale. C’est la donnée stratégique. Donc je travaille au dépassement du PS, en faisant un regroupement autour du PS. C’est l’Alliance populaire.

Après quatre ans d’exercice du pouvoir, on constate au sein de chaque parti de gauche une mobilisation contre la politique menée par François Hollande. Une primaire ne serait-il pas nécessaire, pour clarifier la ligne et que l’on sache quelle gauche se présente à la présidentielle ?

Je ne crois pas que la gauche de gouvernement, dans toutes ses nuances, et la gauche radicale, dans toutes ses tendances, puissent plier le match définitivement et obtenir dans le même temps le soutien de l’autre. Donc je me fixe trois objectifs : le premier, c’est que nous nous parlions. Débattons. Moi, je n’ai pas de problème à justifier les choix, même si je peux avoir des regrets. Je n’ai pas l’impression que dans la gauche électorale, la gauche de gouvernement soit isolée, mais débattons. Le second, c’est la volonté de concorde. Si le préjugé d’une des deux gauches ou des deux gauches, ou des trois ou des quatre ou des cinq gauches, c’est “jamais l’autre”, alors autant dire nous faisons l’impasse sur la présidentielle. Donc, il n’y a pas d’abdication à avoir, il y a de la compréhension à construire et surtout un projet à bâtir. Nous avons assaini, il faudra bâtir la nouvelle France. Troisième objectif, la primaire. Cela peut être un moyen, si tout le monde participe, s’il n’y a pas d’oukase envers untel ou untel. Maintenant si c’est une primaire dans laquelle il ne peut pas y avoir le président de la République, autant dire que les socialistes auront du mal à y participer. Si c’est une primaire de toute la gauche, il faut simplement se mettre d’accord sur le fait que celui qui l’emporte verra les autres gauches se mettre derrière lui.

Jean-Luc Mélenchon la refuse…

Je crois que si toutes le gauches et les écologistes se mettaient d’accord pour prendre ce chemin, la contrainte serait forte sur Jean-Luc Mélenchon. Mais j’observe à cette étape que Pierre Laurent dit, dans son document de congrès, que cette primaire ne peut pas intégrer François Hollande, que Cécile Duflot est pas loin de penser la même chose, et que Mélenchon ne veut pas en être pour ne pas avoir à se mettre derrière le vainqueur. Je vois donc bien que la primaire de toute la gauche est mal engagée. Je dis rassemblons-nous, débattons, et surtout ne faisons pas du passé un obstacle pour l’avenir. Ce n’est pas parce que nous avons été en désaccord, qu’il y a eu des incompréhensions dans ce quinquennat, qu’on ne peut pas se mettre d’accord sur une nouvelle phase. Le président de la République ne semble demandeur de rien. Il a fait ses preuves d’homme d’Etat et a incarné la nation dans l’épreuve ce qui est loin d’être le cas de ses possibles challengers. Mais c’est un homme d’unité, de rassemblement. On lui reproche assez alors pourquoi pas si tout le monde en est ? Et puis on ne peut claironner sur les estrades “le danger c’est la droite extrême et l’extrême droite » et ne pas en tirer les conséquences.

S’il y a des primaires « à la gauche de la gauche », un ou des candidats du PS auraient-ils leur place, ou ce sera une façon de s’exclure du PS ?

C’est une question qui leur est posée. Qu’ils soient pour la primaire, cela peut se concevoir : nos statuts la prévoient. Mais participer à une primaire qui fixe comme périmètre le «Tout sauf Hollande», ça pose un problème! D’une certaine façon, c’est sauter le pas et participer à un regroupement hostile au Président et au Parti socialiste. Mais pour moi, le plus grave, c’est surtout graver dans le marbre la division des gauches. Imaginez une primaire qui dirait : “On va désigner un candidat, mais cela ne peut pas être un socialiste” cela veut dire que cette primaire codifie définitivement qu’il y a deux gauches, et qu’elles sont irréconciliables. Je ne peux m’y résoudre.

La déchéance de nationalité n’est-elle pas la goutte d’eau qui empêche le rassemblement de la gauche?

La déchéance de nationalité a été utilisée par une gauche qui avait pu être blessée du résultat des élections régionales. Cela a été un moyen pour elle, au delà d’une décision discutable, de revenir dans un jeu de contestation de la politique gouvernementale. Mais depuis, du chemin a été fait. Moi, je n’ai pas crié, je n’ai pas tempêté, je n’ai pas interpellé, j’ai voulu peser. J’ai fixé quatre principes et concentré ma bataille sur ce que j’estimais essentiel dans la situation donnée: je ne voulais pas l’inscription dans le marbre des binationaux. Je pense qu’on y est. A partir de là, il y a deux attitudes : soit dire que nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions, et ceci nous permet d’entrer plus facilement dans l’union nationale nécessaire. Soit faire à toute force la démonstration que rien n’est possible, que le PS ne peut rien faire. C’est le préjugé contre le gouvernement, quelles que soient ses attitudes et ses prises de position, une dérive sectaire alors que l’on devrait être unitaire. On ne veut plus percevoir le mouvement réel mais on s’enferme dans la dénonciation. C’est très dangereux pour notre collectivité.

La démission de Christiane Taubira acte la disparition de l’aile gauche au sein du gouvernement Valls. Dans le cadre du prochain remaniement, François Hollande doit-il ouvrir sa majorité à l’aile gauche du PS et aux écologistes ?

Je crois qu’il faut deux principes : d’abord, de la cohérence, vu les événements que l’on traverse. Il faut ensuite l’élargissement pour cette cohérence.  Regardez : Cécile Duflot, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filippeti n’ont pas démissionné lorsque le président de la République a décidé le pacte de responsabilité. Mieux, les trois derniers sont restés dans le gouvernement de Manuel Valls. Pourtant, comme Christiane Taubira, ils avaient des nuances, des divergences mais ils participaient d’un cadre commun. Et lorsque la cohérence ne fut plus possible, la séparation s’en suivit. La cohérence c’est un engagement. Après on est libre de la défaire. La cohérence n’est pas contradictoire avec un gouvernement qui vit et débat. Je rigole lorsque la droite s’en offusque. Nicolas Sarkozy en son temps ne contestait-il peut être pas le Premier ministre De Villepin et le Président Chirac ? Il faut seulement que la pluralité des voix ne vienne pas porter atteinte à la cohérence.

Emmanuel Macron, dont vous avez dit qu’il n’est pas socialiste, fait toujours parti du gouvernement. Pensez-vous qu’il y a un déséquilibre depuis le départ de Christiane Taubira ?

Je distingue les états d’âmes et les faits. Emmanuel Macron, est un esprit délié, une personnalité moins décriée qu’on ne le dit dans la gauche électorale. Il hérisse en revanche la gauche militante et une certaine gauche « tradi ». Il fait des sorties régulières : la dernière sur les 35 heures n’est pas nouvelle. Il l’avait déjà faite la veille de l’ouverture de nos universités d’été. Je constate qu’il n’a pas eu gain de cause, puisque Mme El Khomri a dit, devant l’Assemblée nationale, qu’il n’est pas question de revenir sur les 35 heures. On peut faire de l’exégèse sur telle ou telle formule, mais à partir du moment où le gouvernement n’endosse pas les sorties d’Emmanuel Macron, il n’y a aucune raison de construire des polémiques artificielles. Macron pense, le gouvernement est.

Donc, Emmanuel Macron parle mais ne pèse pas ?

Emmanuel Macron pèse autant sur le centre de gravité du gouvernement qu’Arnaud Montebourg en son temps. C’est un avis, mais ce n’est pas le centre de l’équilibre. C’est un avis qu’il faut prendre en compte, mais ses avis ne font pas la ligne politique du gouvernement et de la majorité.

Vous admettez cette critique, de nouveau formulée par les frondeurs, pour lesquels le PS pèse toujours aussi peu sur les choix du gouvernement ?

Tout ceci n’est pas très fondé. Beaucoup de radicaux du PS fonctionnent à partir d’un préjugé. Le préjugé, c’est démasquer la nature libérale de l’expérience Hollande, et là, tout est bon. Le PS pèse intelligemment, même s’il ne gagne pas tous ses arbitrages. Dans l’esprit, des minoritaires l’important est de faire la démonstration que tout est épouvantable ! Le Président de la République a à peine terminé une allocution que les tweets partent en rafale. J’appelle cela le “préjugé radical”. Je crois que c’est préjudiciable à l’ensemble de la gauche.

Après le discours du 16 novembre de François Hollande devant le Congrès, n’avez-vous pas manqué une occasion de peser, en ne mettant pas en garde le Président contre l’insertion de la déchéance de nationalité pour les binationaux dans la Constitution?

Attention ! Nous ne sommes pas sous la IVème République, le gouvernement ne vient pas au bureau national, comme le faisait Guy Mollet, pour prendre ses ordres. Je n’ai pas été de ceux qui, sortant de l’hémicycle de Versailles, disaient dans un enthousiasme enamouré: “Je voterai la réforme constitutionnelle”. Je n’ai pas été de ceux qui sont montés à la tribune pour dire leur contentement absolu du discours du Président. Huit jours plus tard, j’ai même dit que la déchéance de nationalité n’était pas une idée de gauche. Quand je me suis exprimé, je n’ai pas entendu les camarades aujourd’hui vent debout dire : “Le premier secrétaire a raison !”. C’est ça le préjugé. C’est ça la délimitation avant tout autre chose !

Ensuite, j’ai dit ce que je pensais du sujet. J’ai vu François Hollande, comme les autres chefs de parti, où je lui ai redit que je ne souhaitais pas que soit gravée dans le marbre de la Constitution la déchéance pour les binationaux. Je souhaitais qu’il n’y ait pas d’apatride, qu’il y ait une sanction, une flétrissure pour ceux qui prennent les armes contre la Nation. Pourquoi voulez-vous, qu’en ayant fixé quatre principes et en les retrouvant devant la commission des Lois, je ne dise pas que cela va dans le bon sens? Par esprit de système ?! Il était hors de question d’affaiblir le Président, mais il n’était pas question que ce qui révulse les socialistes ne soit pas pris en compte. Je préfère peser sur les événements, parfois peut-être discrètement, que faire des grands moulinets pour finir par dire qu’il n’y a rien à obtenir. Mon obsession c’est toujours l’unité, ma seule préoccupation c’est le chemin de l’intérêt général de la gauche.

Propos recueillis par Stéphane Grand et Nathalie Segaunes

28 Jan

Commentaires fermés sur L’invité d’I24News

L’invité d’I24News

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JCC I24News 28012016

Jean-Christophe Cambadélis était jeudi 28 janvier 2016 l’invité politique de Paul Amar, Laurent Joffrin et Christophe Barbier dans l’émission « Paris/Jaffa » sur I24News.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire… par i24news-fr

 

Iran/ Visite de Rohani à Paris

On peut tourner la page sans détourner les yeux.

Dans ce domaine il faut manier la diplomatie, il ne faut pas humilier son partenaire, ni celui que l’on reçoit.
Soit on rencontre, soit on ne rencontre pas, mais si on rencontre on n’humilie pas. Mais ne pas humilier ne veut pas dire ne pas en parler en privé.
Il y a une visite, le Président a signé un certain nombre de contrats, je m’en félicite mais je trouve que la situation est extrêmement grave et j’ai des craintes pour l’avenir

Daesh
C’est un ennemi redoutable et il faut essayer de réduire cette influence sur les territoires qu’il a pu conquérir pour ensuite le détruire

Gauche
Le gouvernement est toujours de gauche évidemment. L’absence de Christiane Taubira ne modifie pas la nature du gouvernement.

Il y a plusieurs sortes de gauche et la gauche ce n’est pas seulement la radicalité.
L’ensemble des gauches est majoritaire face à la droite et l’extrême droite mais quand nous sommes divisés, nous sommes éliminés.
On ne peut se satisfaire de la fragmentation de la gauche. Je mènerai le combat dans les 18 mois qui viennent pour rassembler tout ou partie des gauches.

Réforme constitutionnelle
Sur la déchéance de nationalité : J’ai dit dès le départ que ce n’était pas une idée de gauche.

J’ai incarné ce qui me semblait nécessaire pour la gauche dans cette discussion.

J’avais fixé un certain nombre de critères et j’ai obtenu ce que je souhaitais mais je ne suis pas totalement satisfait.

Démission de Christiane Taubira
Christiane Taubira est une personnalité extrêmement forte. Elle représentait une tonalité de la gauche. Je regrette son départ mais nous ce n’est pas la même situation qu’avec Arnaud Montebourg

Etat d’urgence

Il n’y a pas d’Etat d’urgence à perpétuité mais il y a la nécessité de continuer.

Plus vous prolongez l’état d’urgence, plus vous compliquez l’action des terroristes si il y en a.

35 heures

On ne touchera pas aux 35h. J’ai été très satisfait de la réponse de Myriam El Khomri devant le parlement.
Alliance populaire
Oui je pense que le parti socialiste est dépassé. Aujourd’hui il faut s’affirmer, se renouveler, se dépasser pour rassembler et être présent au 2e tour.

Grogne sociale

Sur les agriculteurs : Stéphane Le Foll est un excellent ministre. Il monte au front, il reçoit et discute beaucoup. Il y a un incompris dans ce conflit, tout le monde sait que ce n’est pas le gouvernement qui fixe les prix. (…) L’embargo sur la Russie pèse sur l’agriculture française.

Sur les chauffeurs de taxis : Pour les chauffeurs de taxis la situation est épouvantable. L’effondrement du prix des plaques et la concurrence menée est un vrai problème. Organisons et faisons en sorte que chacun s’y retrouve.

Emploi
Nous avons un patronat frileux, un patronat pas inventif, pas prospectif. Le patronat a l’image de la modernité mais il n’est pas moderne dans son fonctionnement. Il ne veut pas prendre de risques.
Je préfère le traitement social du chômage, qu’un chômage qui serait encore plus fort.

Virus Zika/ recommandation Marisol Touraine
Je préfère que nous soyons précautionneux plutôt qu’aventureux dans ce domaine.

28 Jan

Commentaires fermés sur Cérémonie de la journée de la Mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’Humanité

Cérémonie de la journée de la Mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’Humanité

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Ce mercredi 27 janvier 2016 s’est tenue une cérémonie émouvante dans l’arrondissement à l’occasion de la journée internationale de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité.

Nous n’oublierons jamais.

Je tiens à saluer la présence remarquée des écoliers du groupe scolaire Lucien de Hirsch ainsi que les prestations de la chorale « Chœur de l’Hôtel de Ville. »

27 Jan

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Révision constitutionnelle : Réaction du Premier secrétaire

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Le Premier Ministre, Manuel Valls, a présenté ce matin devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale, ses réflexions suite au débat sur la révision constitutionnelle.

Lors des consultations engagées par le Président de la République, le Parti socialiste a pu exprimer ses quatre attentes essentielles sur cette révision : D’abord qu’elle permette une véritable union nationale si nécessaire contre le terrorisme, comme l’a demandé le Président de la République lors de son discours devant le Congrès ; Ensuite qu’elle marque la détermination de la nation face aux Français qui portent atteinte aux autres Français ; Enfin qu’elle n’amène à inscrire dans le marbre de la Constitution ni les binationaux, ni l’apatridie.

Le Premier Ministre a fait de nombreuses propositions de nouvelle rédaction. Il a, en particulier, indiqué qu’il n’y aurait pas de référence aux binationaux ni dans la Constitution ni dans la loi. Il n’y aurait pas plus de risque nouveau d’apatridie. Manuel Valls a enfin souligné que ce serait, changement majeur, le juge qui déciderait en dernier ressort.

L’Exécutif, qui a pris aussi en compte les demandes de la droite de voir élargie la déchéance aux crimes et délits les plus graves, tente par là-même de trouver un chemin honorable pour tous, au rassemblement. Le débat parlementaire devra travailler en ce sens.