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20 mai

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« Marine Le Pen est nationaliste et islamophobe », mon interview sur le site du Point

par

le_point.fr

Le Point.fr publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Le chef de file des socialistes français estime que face à la montée du FN, l’UMP est condamnée à sortir du « ni-ni ». Entretien.

 

Le Point : Lors de votre débat sur i>Télé face à Marine Le Pen, vous avez dit que le Front national ne serait pas en tête dimanche soir, à l’issue du scrutin européen. Combien êtes-vous prêt à miser sur cette assertion ?

Jean-Christophe Cambadélis : (Sourire)… Le FN n’est pas le premier parti de France, mais il peut le devenir. Il est moins implanté que le Parti communiste, l’UDI, les écologistes, et je ne parle même pas du Parti socialiste et de l’UMP. Le FN n’est fort que de l’abstention et, selon qu’elle sera forte ou basse lors des prochaines élections, il sera en bonne ou moins bonne position. Le paradoxe, c’est qu’on a voulu tout interpréter autour de la place du FN, alors que celle-ci n’aura aucun impact sur le plan européen ou national, mais elle abîmera significativement l’image de la France.

Vous n’avez pas répondu : combien misez-vous ?

(Rires) C’est bien connu, les hommes politiques ne répondent pas aux questions.

Vous écrivez dans votre livre, L’Europe sous la menace national-populiste (*), que le FN s’est transformé en parti nationaliste. Dans votre esprit, le nationalisme et la xénophobie sont-ils jumeaux ?

Tout à fait ! Le nationalisme est une très, très vieille affaire. Déjà, Voltaire disait : « La grandeur de mon pays, c’est de souhaiter du mal à mon voisin. » Le nationalisme, c’est cela. C’est hypertrophier le génie d’un peuple vis-à-vis des autres. Mais au FN, cela se combine avec la glorification des « Français de souche » contre les « Français de papier ». Lundi, dans le débat, Marine Le Pen a lâché à propos de l’immigration : « Promenez-vous dans les rues et vous verrez. » Dans cette assertion, il y a l’idée que les Noirs, les Maghrébins, que sais-je, ne sont pas à leur place dans le paysage du bocage français.

Le FN se nourrit aussi de la montée en France des communautarismes. Pourquoi, alors que c’était dans son programme, François Hollande n’a-t-il pas renforcé la laïcité dans la Constitution ? Pourquoi s’est-il privé de cette arme puissante ?

Je ne pense pas que le communautarisme règne en France. Les lois de la République sont respectées par tous et particulièrement par les musulmans. Puisqu’il s’agit d’appeler un chat un chat, derrière l’orientation du Front national, il y a l’islamophobie. Quant à la laïcité, elle peut ici ou là être remise en cause, mais pas seulement par les musulmans. S’il faut la faire respecter, elle ne doit pas devenir une religion exigeant que chacun abdique la sienne. Si François Hollande n’a pas jugé bon de modifier la Constitution sur ce point, c’est parce qu’il a estimé que rallumer les tensions sur cette question n’était pas opportun.

Si le FN est en tête dimanche soir, pensez-vous que l’UMP sortira alors de sa position du « ni-ni » ?

De toute façon, l’UMP est condamnée à sortir du « ni-ni ». Soit le FN est un parti comme les autres et on ne voit pas pourquoi l’UMP ne s’allie pas avec lui, d’autant que ses militants le réclament. Soit le FN n’est pas un parti comme les autres et donc l’UMP ne peut s’allier avec lui. Mais, dans ce cas, dire que le PS et le FN sont sur le même plan est une thèse qui mérite pour le moins d’être étayée…

Puisque l’Europe n’avance que par compromis, avec quels hommes de droite ou du centre le PS européen est-il prêt à réformer l’Union européenne ?

J’espère d’abord que les sociaux-démocrates européens seront majoritaires au Parlement de Strasbourg. Ils pourront s’allier avec les écologistes et après, sur la base du programme adopté par les 28 partis sociaux-démocrates, nous pourrons nous allier sur l’union bancaire, le smic européen, l’harmonisation sociale avec le parti de la gauche européenne de Tsipras. Ensuite, nous pourrons approfondir la construction européenne avec les amis de Guy Verhofstadt (ce qui correspond en France aux centristes de l’UDI, NDLR).

Le Parti socialiste est-il encore crédible quand il parle de changer l’Europe, alors qu’il a, au Parlement, voté le traité de stabilité négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sans en changer une ligne ?

Deux réponses. Le PS estime que le traité de stabilité a été augmenté par des dispositions qui en ont modifié la nature, comme la garantie jeunesse, le début des investissements européens et le comportement de la Banque centrale européenne dans le rachat de la dette des États. Mais je concède que ce n’est pas suffisant. Si le Conseil européen est un lieu de compromis entre les gouvernements souvent de droite, le Parlement européen est le lieu politique pour faire évoluer la lecture des traités. Les traités disent « stabilité » et « croissance », mais cela s’est transformé en austérité et rien, ou si peu, n’a été fait pour la croissance…

Que sont devenus, par exemple, les 120 milliards d’euros pour la croissance en Europe dont parlait François Hollande l’an dernier ?

On a l’impression qu’il suffit de vouloir pour pouvoir en Europe. Nous ne sommes pas seuls. Tout est obligatoirement négocié avec des Anglais qui refusent toute évolution économique et des Allemands sourcilleux sur les déficits. Sans compter toute une série de pays qui ont d’autres opinions… Donc, en Europe, on avance à pas de tortue. C’est le principal problème de la Constitution européenne. Le Parlement est la seule instance de nature à pouvoir secouer les lourdeurs de Bruxelles et à accélérer l’Europe des peuples.

Quelles sont, de ce point de vue, les trois principales propositions de votre candidat, Martin Schulz, à la présidence de la Commission ?

D’abord, rompre avec l’ordo-libéralisme qui consiste à appliquer les traités sans prendre en compte la situation des peuples. La règle des 3 % a été élaborée avant la crise de 2008. On ne peut appliquer ces 3 % tels quels dans la crise. S’il faut un ou deux ans de plus pour que la France rentre dans les clous, avec Martin Schulz à la Commission, elle les aura. La dotation française au budget de l’Europe, de l’ordre de 20 milliards d’euros, pourrait être déduite des 3 %. Enfin, pour relancer la croissance, l’Europe dépenserait dans l’énergie, les infrastructures numériques et la recherche. Ces investissements d’avenir seraient financés par la montée en charge de la taxe sur les transactions financières. Enfin, pour lutter contre le dumping social et fiscal entre les États européens, un traité social serait élaboré de manière à intégrer un smic européen. On éviterait ainsi cette concurrence vers le moins-disant social.

François Hollande a changé trois fois de ministre des Affaires européennes en moins de deux ans. Une telle désinvolture, est-ce bien sérieux au regard de l’enjeu de cette élection ?

Historiquement, le ministre des Affaires européennes français est subordonné au domaine régalien du chef de l’État, à l’action du Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères. Ce n’est pas un ministre majeur, même s’il a un rôle important de liaison avec d’autres capitales. Je le regrette. J’ai défendu l’idée que le deuxième rang protocolaire du gouvernement, avec le Premier ministre, devait être le ministre des Affaires européennes. Je n’ai pas été entendu.

 

Propos recueillis par Emmanuel Berretta

19 mai

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MERCI !

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JCC MLP débat 19052014 ter

 

Je ne peux tous vous remercier tellement vous êtes nombreux.  Vous avez visiblement aimé ce débat.

Marine Le Pen ne sachant comment se sortir du nationalisme d’extrême droite. Sans voix sur l’immigration ou aphone sur la sortie de l’Europe. Voire sans arguments quant à la masse critique européenne pour peser dans la mondialisation face aux défis de la finance folle, de l’écologie, de l’immigration ou du terrorisme.

Un point a unanimement attiré votre attention : celui du retrait de la France de la ligue des champions au prétexte qu’on perdrait des matchs. Et la capitulation voir le renoncement vis-à-vis de l’Allemagne. Sans oublier l’essentiel combat entre le PPE qui est sortant et le PSE qui veut réorienter l’Europe. Les nationalistes n’ayant pas les moyens de leur démagogie.

Si ce débat a pu démontrer que les socialistes doivent relever la tête, que le Front National n’est fort que de l’abstention, Qu’il peut, qu’il doit être combattu quels que soient ses scores, eh bien nous avons marqué un point.

Merci donc pour votre enthousiasme. Votre engouement fait plaisir à voir. Vous étiez donc nombreux à regarder. Vous devez être nombreux à militer. Chaque heure compte. Amitiés.

 

19 mai

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Le face à face Cambadélis / Le Pen sur l’Europe , débat sur Europe 1 et I>Télé

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JCC MLP débat 19052014.jpg

Jean-Christophe Cambadélis et Marine Le Pen ont débattu ce jour sur l’antenne d’Europe 1 et d’I <Télé.

 

Vous pouvez retrouver ci-dessous la vidéo de ce face à face:

 

19 mai

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« Ne pas se tromper de colère », mon interview au Télégramme

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le télégrammeLe Télégramme publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ci-après: ITW JCC Télégramme 19052014 ou lire ci-dessous:

 

Jean-Christophe Cambadélis a remplacé, il y a un mois, Harlem Désir à direction du Parti socialiste. Au poste de premier secrétaire qu’il guignait depuis longtemps, il s’est imposé avec autorité. Sa tâche n’est pourtant pas facile. Après des municipales perdues, il doit redresser un PS qui a tout à redouter de l’élection européenne.

 

Après le tremblement de terre des élections municipales, craignez-vous une réplique à l’occasion de l’élection européenne ?

 Je pense que les Français ne se tromperont pas de colère. Ce n’est pas Paris et la France qui sont en jeu, mais Bruxelles, et, à Bruxelles, c’est l’UMP qui est majoritaire, et nous qui sommes dans l’opposition.

 

Dans vos rangs, tous les socialistes sont-ils sur la même conception de l’Europe ?

 Cela a été un problème . Sur cette question, nous avons connu de longues et grandes divisions. Elles remontent à la fondation de la construction européenne. La gauche a toujours été divisée sur ce sujet. Mais ceci s’est estompé pour deux raisons. D’abord avec la pratique du pouvoir. Ensuite parce que le texte adopté par les socialistes européens est très proche de la « position française » comme on dit à Bruxelles.

 

Dans cette campagne on parle peu du traité transatlantique de libre échange avec les Etats-Unis. N’est-il pas urgent de prendre position sur cette question ?

 Il y aura une prise de position claire qui sera confirmée par toutes nos têtes de liste. Elle tourne autour d’une idée simple, celle du juste échange.

 

Les socialistes ne souffrent-ils pas du manque de notoriété de vos têtes de listes ?

 C’est effectivement un problème. Mais il fallait choisir. Soit nous ne représentions pas ceux qui travaillent à Bruxelles et à Strasbourg, et qui l’ont fait avec une très grande efficacité. Soit nous présentions des personnalités connues des Français, mais qui n’auraient pas le temps de siéger. Nous avons donc privilégier l’efficacité à Bruxelles et à Strasbourg.

 

Le décret Montebourg, destiné à barrer la route de General Electric dans son projet de reprise d’une partie des activités Alstom est-il pertinent ?

 Tout à fait. Tous les grands pays protègent leurs intérêts stratégiques. IL aurait été anormal que la France ne le fasse pas.

 

Ségolène Royal parle des « boules puantes » qui lui seraient adressées. Est-ce le retour des couacs qui ont affecté si longtemps le gouvernement et votre majorité ?

 Je ne le pense pas. D’ailleurs elle est rapidement revenue sur les propos qui lui ont été prêtés par un hebdomadaire. Je crois que les ministres doivent parler dans leur domaine de compétence. Ils doivent mesurer leurs propos, parce que ceux-ci sont immédiatement instrumentalisés.

 

Propos recueillis par Philippe Reinhard

18 mai

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L’invité de Caroline Roux dans C’Politique sur France 5

par

JCC Cpolitique 18052014Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Caroline Roux ce dimanche dans l’émission C’Politique sur France 5 que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

 


C politique du 18-05 | Saison 5 par francetvinfo

17 mai

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Jean-Christophe Cambadélis : « Les sociaux-démocrates peuvent l’emporter en Europe »

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PQR groupe EBRA

Vous pouvez retrouver ci-dessous une interview de Jean-Christophe Cambadélis publiée ce jour dans les journaux du groupe Ebra (Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Vaucluse Matin, Le Journal de Saône et Loire, Le Bien Public, L’Est Républicain, Vosges Matin, Le Républicain Lorrain, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’Alsace).

 

Quel est pour vous l’enjeu des élections européennes ?

Le scrutin du 25 mai sera la première véritable élection continentale en Europe. C’est historique. Pour la première fois, les électeurs vont décider, en choisissant une majorité de gauche ou de droite au Parlement de Strasbourg, qui sera le président de la Commission européenne. Voilà dix ans que l’Europe est à droite, sous la direction de Jose-Manuel Barroso, qui appartient au même parti européen que Jean-François Copé, le Parti populaire européen (PPE). Nous avons cette fois-ci l’occasion d’élire un social-démocrate, Martin Schulz.

 

Jusqu’à présent le PPE et le Parti socialiste européen (PSE), dont vous êtes le premier vice-président, se sont toujours partagé équitablement la présidence du Parlement européen : deux ans et demi par mandat pour l’un, deux ans et demi pour l’autre. Qu’est-ce qui les différencie ?

D’abord la politique économique, pour laquelle les deux partis n’ont pas la même lecture des traités de Maastricht et de Lisbonne. Les conservateurs donnent priorité absolue à la stabilité, ce qui les entraîne dans les politiques d’austérité que nous vivons depuis plusieurs années. Barroso, c’est le dogmatisme des traités. Martin Schulz instaurera un autre climat. Le PSE veut mettre l’accent sur la croissance, qui selon nous, ne remet pas en cause la stabilité. Nous réclamons l’instauration d’un smic européen, refusé par la droite, et une harmonisation fiscale dans laquelle le premier principe sera que les grandes firmes paient leurs impôts là où elles réalisent leurs profits. Le PSE est également favorable à des « europrojects » permettant de financer des projets d’investissements.

 

Il ne s’agit pas d’eurobonds permettant de mutualiser la dette…

Les europrojects permettraient d’aller ensemble vers l’avenir. Ce serait décisif pour la croissance et un premier pas vers une mutualisation plus large de nos finances, que nous, socialistes français, appelons de nos vœux.

 

Le Parti socialiste vient de subir en France une lourde défaite aux élections municipales. Peut-il se rétablir en l’espace de quelques semaines ?

Il faut souligner que les sociaux-démocrates peuvent l’emporter en Europe, où le PSE et le PPE sont au coude-à-coude. Le nombre d’élus socialistes en France sera donc décisif. Surtout, l’objet de l’élection ne se situe pas au niveau national : ce n’est pas Paris qu’il faut gagner mais Bruxelles. Les électeurs mécontents gagneront à diriger leur colère vers les sortants plutôt que vers les challengers que nous sommes !

Chez les socialistes français l’Europe divise plus qu’elle ne rassemble. On se souvient du référendum de 2005 mais aussi du vote de plusieurs députés PS contre le dernier traité européen et des saillies contre l’euro fort ou encore les piques d’Arnaud Montebourg contre la politique de « Bismark » attribuée à Angela Merkel.

Le traumatisme du traité européen, rejeté en 2005, a été surmonté. Les socialistes qui se sont déchirés à l’époque figurent aujourd’hui sur les mêmes listes aux européennes, en compagnie de candidats issus de la société civile, comme Edouard Martin, dans le Grand Est. Il reste certes une interrogation chez certains d’entre nous, sur ce que veulent vraiment les dirigeants allemands : souhaitent-ils que la France se redresse ou qu’elle reste entre deux eaux ? Personnellement je penche pour la première hypothèse et l’entrée des sociaux-démocrates dans la coalition gouvernementale à Berlin nous rassure tous. L’inflexion de la politique allemande est palpable.

 

Craignez-vous la montée des eurosceptiques et des populistes aux élections du 25 mai ?

Compte tenu des politiques d’austérité initiées par la droite en Europe, une partie des peuples est dans l’europhobie. Marine Le Pen en France et bien d’autres ailleurs, cherchent à instrumentaliser ce rejet. Ils utilisent la campagne européenne pour se construire dans leur propre nation contre l’Europe ! Nous allons tout faire pour qu’ils n’y réussissent pas. Cela dit, ils sont et seront au Parlement européen des éléments perturbateurs, mais je ne pense pas qu’ils pourront faire ou défaire une majorité.

 

Et les amis de Jean-Luc Mélenchon, qui ne perdent pas une occasion de critiquer l’euro fort?

Les critiques de l’euro fort et la nécessité d’un juste échange sur lesquelles s’appuie le Front de gauche figurent dans notre programme ! Quand Jean-Luc Mélenchon ne se montre pas excessif et caricatural, il nous arrive de partager nombre de ses analyses. Mais au Parlement européen comme à Paris il n’y a pas d’alternative possible avec le Front de gauche, qui est voué à rester dans la dénonciation, alors que nous sommes dans la réorientation. Il n’y a donc qu’un seul vote utile possible, celui qui permet de faire basculer l’Europe de droite à gauche.

Si vous étiez Erasmus de Rotterdam, aujourd’hui, dans quel pays iriez-vous faire vos études ?

Ce serait en Grèce, à Athènes, ou en Italie, à Florence. A Athènes parce que c’est le berceau de la démocratie. A Florence parce que c’est le berceau de la politique. A bien réfléchir, je choisirais plutôt Florence…

 

Propos recueillis par Patrick FLUCKIGER

 

15 mai

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Mon discours lors du grand meeting européen de Lille – Jeudi 15 mai 2014

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Retrouvez ci-dessous le discours prononcé par Jean-Christophe Cambadélis, lors du grand meeting européen de Lille.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Chers amis, chers camarades,

 

Chère Martine ! Merci pour ton accueil chaleureux, ici dans ta ville, à Lille, où il fait si bon vivre et où l’on aime tant venir, une ville tournée vers l’Europe et donc vers l’avenir. Je tiens aussi à saluer Manuel Valls. Cher Manuel ! Qu’il est bon d’avoir un Premier Ministre en première ligne dans ce combat historique et fondamental des européennes. Je tiens également à saluer Gilles Pargnaux, à saluer sa pugnacité. Tu fais une campagne remarquable, épaulé par des colistiers eux aussi – tout est lié – remarquables : Claude Roiron et Jean-Louis Cottigny. Gilles, Claude, Jean-Louis, vous faites plaisir à voir, sûrs de nos valeurs, forts de nos propositions. Ne changez rien, continuez à vous battre de la sorte. Nous avons besoin de toutes les énergies pour faire chuter la droite de son trône bruxellois et pour faire trébucher l’extrême droite aux portes du Parlement européen. Il y a un homme dont je sais qu’il aurait aimé être de ce combat. Je sais aussi combien il nous manque. Oui, j’ai une pensée émue pour Pierre Mauroy.

 

Mes chers amis, la politique souffre d’être faite de trop de paroles. De paroles peu claires. De paroles peu tenues. Je vais donc essayer de dire les choses aussi clairement et distinctement que possible pour que les Français puissent nous entendre et qu’ils sachent à quoi s’attendre. Je vais tenter d’éclairer les faits pour éclairer leurs choix.

Les faits parlent une langue limpide et claire. Ils disent que l’Europe est en danger.

Grèce : 27% de chômage. L’Europe est en danger.

Espagne : 25% de chômage. L’Europe est en danger.

Croatie : 18% de chômage. L’Europe est en danger

Italie 13% de chômage. L’Europe est en danger

Allemagne : 8 millions de travailleurs pauvres. L’Europe est en danger.

Sur notre continent, un quart des jeunes sont sans emploi. L’Europe est en danger.

Sur notre continent, la pauvreté guette plus de 125 millions de personnes.

L’Europe est en danger.

L’Europe est abimée.

L’Europe est au bord de l’abîme. Et, elle ne s’y est pas rendue d’elle-même. Les Conservateurs l’ont aidé à s’y presser.

Depuis 10 ans, ils n’ont eu de cesse de propager leur austérité et de produire de la précarité. Année après année, ils ont créé un fossé sans cesse grandissant entre l’Europe et les Européens, un fossé qui s’est transformé, je le redis, en abîme, dans laquelle l’Europe est prête de s’engloutir. Au final, ils ont fait de Bruxelles l’homme malade de l’Europe. En fin de compte, ils ont fait des institutions de Bruxelles une machine à produire de l’austérité et donc de l’euroscepticisme. Voilà leur bilan. Oui, il faut le dire et le redire : ce sont les Conservateurs qui ont fait le lit du populisme. A force de négliger le peuple, à force de ne favoriser que les forces du marché ils ont réveillé les forces obscures de la haine. Qui jamais ne dorment, qui toujours attendent leur heure. Les Conservateurs ne pensent qu’à faire de l’Europe un marché, mais l’Europe comme projet ils s’en moquent. Ils ne pensent qu’à sauver les banques, mais l’Europe, elle peut crever !

Ils ont de toute façon un problème de fond avec l’idée même d’Europe politique. L’Europe pour eux n’est une zone économique, un acteur commercial. Cette élection historique, cette élection continentale, mes chers amis, au fond, ils n’en veulent pas !

Les Conservateurs n’ont que faire d’élections continentales puisque tout est, pour eux, affaire de négociations commerciales. Pour eux, les discussions de couloirs valent plus que les décisions des isoloirs. L’abstention qui s’annonce n’est pas pour eux un problème c’est une aubaine, pour affaiblir encore un peu plus la politique. Ces élections ils n’en veulent pas vraiment. D’ailleurs cette campagne, ils ne savent pas vraiment comment la faire.

En France, les sortants de l’UMP sont, on le sent, extrêmement gênés aux entournures. Alors ils font dans l’entourloupe. Ils essayent de cacher un bilan lamentable derrière le slogan pitoyable d’une « autre Europe ». Tout cela prend une tournure un peu surréaliste. La semaine dernière, je suis tombé sur les propos proprement ahurissants de Monsieur Lamassoure, tête de liste UMP en Ile-de-France, mais si, vous savez, celui pour lequel Monsieur Guaino ne votera pas. Donc, je suis tombé sur ces propos et je suis tombé des nues. Je vous livre en particulier une phrase magnifique. Accrochez vous et essayer de ne pas trop rire… Je cite : « Le pouvoir est à prendre en Europe, le 25 mai, face aux technocrates de la Commission européenne ».

Mais…

Personne ne lui a dit?

Monsieur Lamassoure, vous avez la majorité à Bruxelles et à Strasbourg, vous êtes aux responsabilités en Europe. La droite dirige le Parlement européen depuis 10 ans. La Présidence de la Commission européenne est entre les mains des Conservateurs depuis 1995, une Commission où ne siègent aujourd’hui que 5 sociaux-démocrates. Il n’y a que 7 chefs d’État sociaux-démocrates sur 28 en Europe…

Face à ce dédoublement de la personnalité avéré, je pense qu’il faut en appeler directement au Président de l’UMP. Que ce dernier se saisisse du peu d’autorité qui lui reste et qu’il fasse appel à ses amis communicants, pour une prestation sans doute un peu chère mais effective cette fois.

Je dis « un peu chère », en fait je ne fais que me référer aux propos du chef de Cabinet de Monsieur Copé, Monsieur Lavrillleux, que tu connais bien Gilles, puisqu’il est tête de liste UMP aux européennes dans le grand Nord-Ouest. Je cite Monsieur Lavrilleux donc – encore une phrase complètement hallucinante : « L’UMP peut administrer ses comptes comme bon lui semble. Si l’on veut payer 4 à 5 fois le prix, rien en nous empêche ».

Payer peu pour moins de travail. Et après étonnez-vous qu’ils nous aient laissé une dette colossale.

A l’UMP, la diversion est devenu un art. Il font ainsi diversion avec des supposées divisions sur l’Europe entre Messieurs Juppé et Wauquiez, Guaino et Lamassoure, j’en oublie. Mais, ne nous laissons pas avoir. Leur ligne européenne, mes chers amis, on la connaît par cœur : une politique austéritaire aux effets sociaux délétères sur lesquels les populistes prospèrent.

Leur ligne, on la connaît donc parfaitement. Leur stratégie, on la devine aisément. Ils veulent à tout prix rester dans une campagne franco-française. Ils veulent tout ramener à Paris, car ils veulent à tout prix détourner l’attention loin de Bruxelles et de Strasbourg, où ils ont la majorité. Mais en France ce n’est pas mieux. Cette politique qu’ils défendent à Bruxelles, ils veulent l’appliquer en France. Regardez le programme de l’UMP. Ils veulent l’austérité en pire. 130 milliards de coupes sombres en plus. Un million de fonctionnaires en moins.

A l’UMP ils sont dans le refoulé complet. Ils fuient le débat, parce qu’ils ont honte de leur bilan, honte de leur Europe. Ils ont même honte de leur candidat, Jean-Claude Juncker. Pauvre Monsieur Juncker… Monsieur Wauquiez veut le priver d’Europe, puisqu’il propose, une « Europe des 6 » sans le Luxembourg. Juncker, l’homme du paradis fiscal, vit avec ses amis français un véritable enfer. Mais, ne versons pas trop de larmes pour Monsieur Juncker, lui qui a tant versé aux banques. Non, ne nous apitoyons pas sur cet homme qui incarne cette politique austéritaire sans pitié avec ceux qui vivent de peu.

Oui, mes chers amis, ne tombons pas dans le piège de la diversion. Cet écran de fumée ne sert qu’à dissimuler leur échec. Cet échec il va falloir le rappeler très clairement le 25 mai prochain et il va falloir le sanctionner très fortement. Mes chers camarades, les sortants ne doivent pas s’en sortir pas avec des pirouettes. Dans 10 jours, les sortants, il va falloir les sortir !

Oui, il faut les sortir, si on veut sortir l’Europe de l’ornière, si l’on veut casser la logique austéritaire, si l’on veut créer les conditions d’une nouvelle croissance, si l’on veut, en somme, recréer de l’espoir en Europe et dans l’Europe. Nos concitoyens ont mille fois raison d’être en colère face à cette politique. Mais, que faire de cette colère ? Le Front National, comme à son habitude, veut récupérer cette révolte et en faire sa récolte. Le Front National, n’est que le réceptacle stérile de cette colère légitime. Car, le Front National ne fera rien de cette colère. Il ne peut rien résoudre, il ne veut que dissoudre. Le Front National n’est jamais dans le registre des solutions, mais toujours dans celui des boucs émissaires. Avec Marine Le Pen, il y a un bouc émissaire pour tous les problèmes.

Madame Le Pen dit non à Bruxelles ? Mais, elle a toujours dit oui aux indemnités de Bruxelles ! Madame Le Pen se dit patriote ? Mais, au Front National, ils ne sont pas patriotes, ils sont nationalistes. Oui, ils sont nationalistes et d’extrême droite. Ils ne veulent pas l’entendre. Ils ne veulent pas qu’on le dise. Alors, je le répète : ils sont nationalistes et d’extrême droite.

Ici, dans le Nord, sur ce qu’ils pensent être une « terre de conquête » ils font les fiers mais ils ont honte au fond de ce qu’ils sont. Leur haine commence par la haine de soi. Ils doivent savoir que la greffe ne peut pas prendre ici ! La greffe ne peut pas prendre sur cette terre labourée par l’histoire, où l’on a fait la démonstration de la capacité d’intégration de tous par le travail ! La haine est étrangère à cette terre ! Le FN n’a ici aucun avenir !

Les populistes ne feront rien de la colère légitime provoquée par la politique des Conservateurs car ils n’ont pas réussi à trouver de candidat au niveau européen. Ils n’ont pas voulu accepter le saut historique que l’Europe politique peut faire grâce à cette élection. Ils ne veulent pas de l’Europe politique car ils ne veulent pas d’Europe tout court. Si l’UMP veut faire l’Europe-marché, une Europe sans le peuple, le FN veut, pour sa part, laisser le peuple sans l’Europe face aux forces du marché. L’Europe n’est pour eux qu’un marchepied politicien. S’ils n’ont pas jugé bon de proposer de candidat à la Présidence de la Commission européenne, ils n’ont pas non plus de véritable programme européen, à part la sortie de l’Europe. La colère de nos concitoyens, ils ne veulent pas y répondre, ils veulent l’entretenir. Cette colère ils ne peuvent pas y répondre, car leur sortie de l’Euro, leur prétendue issue de secours est en fait une sortie sans issue : ils ne pourront jamais la réaliser. Le vote FN est un vote stérile.

Stérile mais pas neutre : le vote FN est le vote utile de l’UMP.

Le vote FN est le vote béquille de l’UMP.

Voter FN c’est en effet empêcher la sanction des conservateurs sortants, voter FN c’est empêcher la réorientation de l’Europe. Le FN qui se targue de vouloir bouleverser la donne en Europe est en fait la garantie absolue que rien ne changera, que les Conservateurs de l’UMP pourront continuer leur travail de sape. Mais, sans doute, est-ce cela que le FN attend et souhaite : provoquer encore un peu plus le chaos en Europe pour pouvoir mettre l’Europe KO, faire tomber l’Europe dans l’abîme.

L’Europe mes chers amis, n’a pas besoin d’être encore plus affaiblie qu’elle ne l’est par des discours dépréciatifs. L’Europe a besoin de nous ! L’Europe a besoin des euroréformistes que nous sommes. L’UMP dit : « il n’y a pas d’alternative, notre avenir c’est notre présent ». Le FN dit : «  Il n’y a qu’une alternative, notre avenir c’est le passé ». Nous devons dire : « Nous sommes l’alternative de progrès, notre avenir est à construire ». Voilà notre programme : poser les bases d’une nouvelle croissance pour construire ensemble l’avenir de l’Europe, notre seconde patrie.
L’Europe, je le dis, a besoin de nous. L’Europe a besoin d’être réorientée. L’Europe a besoin de sortir de la lecture hémiplégique des traités : la stabilité ne doit plus se muter en austérité et la croissance ne doit plus être oubliée, au contraire : la croissance doit être notre priorité. L’Europe a besoin d’une politique industrielle pour recréer des bassins d’emploi durables. L’Europe a besoin de soutenir son tissu de PME. L’Europe a besoin d’un nouveau modèle d’indépendance énergétique. L’Europe a besoin d’une défense commune pour défendre ses principes et ses frontières. L’Europe a besoin de se recentrer sur l’essentiel : un smic européen ! Un traité social ! Un traité social vite ! Une garantie jeunesse ! Un meilleur contrôle des banques ! Voilà ce dont l’Europe a besoin, et voilà, surtout, ce que nous sommes les seuls à pouvoir lui offrir !

Mes camarades, l’Europe a besoin de tout cela, mais nous avons besoin, pour ce faire d’une majorité en Europe. Nous avons 10 jours pour convaincre nos concitoyens. 10 jours de campagne dynamique pour compenser 10 ans de politique catastrophique. Je sais, ce sera dur. Je sens l’incertitude du succès parmi les militants. J’entends les déceptions suite aux municipales. J’entends les doutes et les hésitations. Mais, ne nous laissons pas déconcentrer, ne nous laissons pas submerger par le bruissement continu des commentateurs et des sondeurs. Il y a un son plus important que nos oreilles doivent pouvoir saisir : c’est l’appel urgent, l’appel pressant des françaises et des Français pour plus de justice et plus d’égalité. C’est cela qu’il faut entendre ! C’est cet appel qui doit nous pousser à faire campagne et à nous battre. Le reste c’est de l’écume.

L’urgence sociale en Europe, voilà notre mandat ! La justice, voilà notre compas ! Redresser, dans un même mouvement historique, l’Europe et la France, voilà notre combat! Mes chers camarades, en avant !

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

15 mai

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« Les européennes après les municipales: la fin de la gauche ? », débat sur Médiapartlive

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JCC mediapartlive14052014

Jean-Christophe Cambadélis a participé hier soir au grand débat organisé par Médiapartlive avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuelle Cosse.

Vous pouvez retrouver les vidéos du débat en cliquant ici ou bien ci-dessous:


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon : les… par Mediapart


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon : penser l… par Mediapart


Le débat Cambadélis-Cosse-Mélenchon… par Mediapart

12 mai

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Mon discours lors du meeting européen à Rezé – lundi 12 mai 2014

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Vous pouvez retrouver ci-dessous le discours prononcé par Jean-Christophe Cambadélis lors du grand meeting européen à Rezé.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Chers amis, chers camarades,

 

Je dois le confesser : ce soir, je suis en très bonne compagnie. Avec vous tous, mes chers amis. Avec Jean-Marc Ayrault aussi. Jean-Marc, quel plaisir de te voir, en pleine forme. J’en profite pour te remercier, d’avoir tant fait pour poser les bases du redressement dans notre pays. Merci et bravo à toi ! Je vous le dis, je suis très bien entouré, et ce jusque dans l’ordre de passage des intervenants: je parle juste après Isabelle Thomas et juste avant Martin Schulz. Isabelle, tu fais honneur à ton mandat de députée européenne et, en campagne, on vient de le voir, tu es redoutable ! Dans quelques minutes, je vais laisser la parole à Jean-Marc Ayrault et Martin Schulz. Cher Martin, ceux qui n’ont pas encore eu la chance de t’entendre, vont voir que tu es non seulement le candidat idéal mais également un orateur magistral.

Mais, avant cela, laissez-moi vous livrer quelques mots, pour Eric Plumer, ici à Rezé, au centre du Pays nantais, au cœur de cette campagne européenne historique.

La politique, mes chers camarades, consiste à partir des faits et débute avec un acte essentiel: « dire ce qui est ». Alors, je le dis: L’Europe va mal. L’Europe souffre de 10 ans de gestion lamentable à droite. En 10 ans, les Conservateurs ont presque réussi à défaire 60 ans de construction européenne. Ils ont abimé l’Europe. Pire, ils ont menée l’Europe à l’abîme, au bord d’un gouffre où elle est prête de s’engloutir. Car, non contents d’imposer partout l’austérité et de laisser la précarité s’enraciner, ils ont pavé le chemin des populistes.

Oui ! Le désamour dont souffre l’Europe aujourd’hui c’est à la droite qu’on le doit. Voilà les faits ! Voilà la vérité !

Si la force de la politique consiste à « dire ce qui est », la médiocrité politique consiste, elle, à taire et à camoufler ce qui est. Les Conservateurs ne veulent pas dire la gravité de la situation qu’ils ont créée. Alors je vais le dire pour eux : Bruxelles est l’homme malade de l’Europe.

Il faut le marteler : leur austérité est une erreur, leur Europe est un échec, leur bilan est la cause de la crise. Ce bilan catastrophique, ils ne pourront le cacher derrière aucun slogan, aussi gros soit-il. Cet échec pathétique, ils ne pourront le dissimuler derrière aucune diversion, aussi grossière soit-elle. Ils ne veulent pas voir le résultat de leur politique austéritaire en face. Ils sont dans le refoulé. En France, l’UMP fait semblant de souhaiter une « autre Europe » et de chercher une nouvelle ligne européenne, ce qui n’est pas chose facile. On voit ainsi Monsieur Copé jouer au pion dans cette immense cour de récré qu’est devenue l’UMP, tentant de séparer Juppé et Wauquiez et de réconcilier Lamassoure et Guaino. Mais, derrière ce cirque il faut bien voir que leur ligne européenne est toute trouvée : c’est l’austérité budgétaire et l’orthodoxie monétaire. Cette ligne antisociale, on sait où elle mène : c’est la ligne droite vers le dépérissement de l’Europe. Et cela nous ne pouvons l’accepter. Cela, nous ne l’accepterons pas.

L’UMP, on le sent, est extrêmement gênée aux entournures. Alors l’UMP fait dans l’entourloupe. Ils veulent à tout prix rester dans une campagne franco-française, ils veulent tout ramener à Paris, car ils veulent à tout prix détourner l’attention loin de Bruxelles et de Strasbourg, où ils ont la majorité, où ils sont aux responsabilités. Monsieur Copé, qui, on le sait, a vraiment besoin de réaffirmer sa position au sein de sa propre formation, veut coûte que coûte passer à la télé le 22 mai prochain. Pourquoi ? Pour se poser en chef de l’opposition en France. Mais Monsieur Copé, le 22 mai, vous serez le chef de la majorité sortante en Europe!

L’UMP mène vraiment une « drôle » de campagne. Ils ont peur de leur ombre. Ils ont peur du débat.

Pourquoi ? Mais, parce qu’ils ont honte de leur bilan, honte de leur Europe et même honte de leur candidat, Jean-Claude Juncker. Pauvre Monsieur Juncker… Monsieur Wauquiez propose, sans sourciller, une « Europe des 6 » sans le Luxembourg et Monsieur Copé l’interdit de télévision. Juncker. L’homme du paradis fiscal, vit avec ses amis français un véritable enfer. Mais, ne versons pas trop de larmes pour Monsieur Juncker, lui qui a tant versé aux banques et lui qui incarne comme aucun autre cette politique austéritaire, dure avec ceux qui vivent avec moins de 1 000 euros et tendre avec ceux qui jouent avec des milliards. L’échec de l’Europe aujourd’hui, c’est l’échec des Conservateurs et il va falloir le rappeler très clairement le 25 mai prochain. Mes chers camarades, les sortants ne doivent pas s’en sortir pas avec des pirouettes. Dans deux semaines, les sortants, il faut les sortir !

Il faut les sortir, si on veut sortir l’Europe de l’ornière, si l’on veut casser la logique austéritaire, si l’on veut libérer nos enfants du chômage, si l’on veut remettre les spéculateurs à leur place, si l’on veut, en somme, recréer de l’espoir en Europe et dans l’Europe.

Cette politique détestable et délétère provoque à juste titre chez nos concitoyens une très vive colère. Et le Front national, comme à son habitude, veut récupérer cette révolte et en faire sa récolte. Mais, le Front national, n’est que le réceptacle stérile de cette colère légitime. Car, le Front National ne fera rien de cette colère. Il ne peut rien résoudre, il ne veut que dissoudre.
Le Front national n’est jamais dans le registre des solutions, mais toujours dans celui des émotions et dans celui de la manipulation. Madame Le Pen dit non à Bruxelles ? Mais, elle a toujours dit oui aux indemnités de Bruxelles ! Madame Le Pen se dit patriote ? Mais, au Front national, ils ne sont pas patriotes, ils sont nationalistes ! Oui, ils sont nationalistes et d’extrême droite. Ils ne veulent pas l’entendre. Ils ne veulent pas qu’on le dise. Alors, je le répète : ils sont nationalistes et d’extrême droite.

Les nationalistes sont aux anges. Après avoir trouvé l’ennemi intérieur, le musulman, ils ont trouvé leur ennemi extérieur : l’Europe ! Mais, ils n’ont pas réussi à trouver de candidat au niveau européen. Et ils n’ont pas de véritable programme européen, à part la sortie de l’Europe. La colère de nos concitoyens, ils ne veulent pas y répondre, ils veulent l’entretenir. Cette colère ils ne peuvent pas y répondre, car leur sortie de l’Euro, leur prétendue issue de secours est en fait une sortie sans issue : ils ne pourront jamais la réaliser. Le vote FN est un vote stérile. Stérile mais pas neutre : le vote FN est le vote utile de l’UMP. Voter FN c’est en effet empêcher la sanction des conservateurs sortants, voter FN c’est empêcher la réorientation de l’Europe. Le FN dans cette campagne est la béquille de l’UMP, leur seule chance de survie, leur seule chance de maintien à la tête de l’Europe.

Madame Le Pen veut transformer les isoloirs en simple défouloir. Nous voulons en faire le tremplin de l’espoir pour demain. Nous sommes dans la construction pas dans la destruction, nous sommes dans la recherche d’un grand dessein pas dans le registre du déclin. L’Europe n’a pas besoin de populistes, elle a besoin d’une alternative.

Alors, quelle alternative au vote UMP de rustine et au vote FN stérile ? L’alternative, c’est le vote progressiste. C’est le seul vote utile car c’est le seul vote qui peut offrir un débouché concret à la colère de nos concitoyens. Nous avons un candidat, Martin Schulz, et un programme de rupture, pour une nouvelle croissance. Il ne nous manque plus qu’une majorité. Nous ne pouvons plus attendre : il faut réformer l’Europe et corriger ses déficiences. Il nous faut sortir du totémisme des 3%, nous libérer du fétichisme monétaire. L’Europe, au fond, n’a pas besoin d’euroconservateurs ni d’eurodéclinistes, elle a besoin d’euroréformistes.

Nous sommes les euroréformistes de cette élection. Ni le conservatisme libéral, ni l’europhobie du Front National.

L’Europe, mes chers amis, a besoin de nous ! L’Europe a besoin d’être réorientée. L’Europe a besoin de sortir de la lecture hémiplégique des traités : la stabilité ne doit plus se muter en austérité et la croissance ne doit plus être oubliée, au contraire : la croissance doit être notre priorité. L’Europe a besoin d’un nouveau modèle d’indépendance énergétique. L’Europe a besoin d’une défense commune pour défendre ses principes et ses frontières. L’Europe a besoin aussi de se débureaucratiser. Car, c’est sans doute là le comble de l’histoire européenne récente : les conservateurs ont voulu tout déréguler, tout déréglementer  et résultat : ils ont tout bureaucratiser ! Imaginez, 17 000 textes publiés au journal officiel ! 100 000 pages ! L’Europe a besoin de se recentrer sur l’essentiel : un smic européen ! Un traité social ! Une garantie jeunesse ! Un meilleur contrôle des banques ! La croissance, la croissance, la croissance ! Voilà ce dont l’Europe a besoin, et voilà ce que nous sommes les seuls à pouvoir lui offrir !

Mes camarades, tout cela n’est possible que si nous donnons une nouvelle majorité à l’Europe. Et pour cela il faut mener campagne, pour cela il faut se battre. Alors, mes amis, mobilisez-vous! D’ici le 25 mai prochain, chaque minute comptera, chaque tract comptera, chaque tweet comptera, chaque mot comptera. Car, le 25 mai, chaque voix comptera pour sortir les conservateurs du Parlement européen et pour empêcher les nationalistes d’y entrer.

Un dernier mot, mes chers amis. Puisque nous sommes ici pour nous dire les choses : j’entends les commentateurs et les sondeurs, j’entends les regrets et les rancoeurs suite aux municipales. J’entends les interrogations, les doutes. J’entends cette incertitude du succès. Mais rien n’est écrit. Tous ces bruissements sont couverts par l’appel urgent des Françaises et des Français pour plus de justice et plus de croissance. Et c’est cela qu’il faut entendre et écouter, c’est cela qui doit nous motiver à agir et à faire campagne sans relâche.

Mes amis, c’est notre passion pour les idéaux d’égalité et de progrès qui nous a réuni ce soir à Rezé. C’est cette passion commune qui est la raison de notre engagement. Et c’est cette passion qui sera la raison de notre succès !

Jean-Christophe Cambadélis
Premier secrétaire du Parti socialiste

 

12 mai

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L’invité de Frédéric Rivière sur RFI

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JCC RFI 12052014 bisJean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Frédéric Rivière sur l’antenne de RFI.

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:


Jean-Christophe Cambadelis, premier secrétaire… par rfi