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05 sept

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Débat sur le traité européen

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Je voterais oui au traité européen parce que je ne dirais pas non à la taxation des transactions financières, parce que je ne dirais pas non à la régulation bancaire, je ne dirais pas non au plan de relance de la croissance. Je ne me priverais pas de cela comme premier pas dans la rupture avec les années libérales.

Enfin, je ne dirais pas non au Président de la république qui est le responsable de la négociation. Ce n’est ni juste, ni accessoirement le moment où tout le monde se déchaîne contre lui.

05 sept

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Tribune dans Le Monde: Le Premier secrétaire du PS doit être le premier militant

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Jean-Christophe Cambadélis publie dans le quotidien « Le Monde » une tribune que vous pouvez retrouver ci-dessous:

De grands pouvoirs appellent de grandes responsabilités.

A la tête du pays, François Hollande et Jean-Marc Ayrault agissent avec constance et courage. Les retards auxquels ils sont confrontés – et la France tout entière avec eux – n’ont jamais été aussi lourds ni aussi nombreux depuis la Libération : retard de compétitivité, de protection des salariés, de services publics dans les territoires, d’Europe pour innover et protéger face au libre-échange sans règles, retard d’imagination aussi quand tout commande de bâtir un monde d’après-crise, plus soucieux de l’humain, de son environnement, du temps long. Retard dans la formation, l’éducation et la culture. Ces retards cumulés c’est la situation laissée par les prédécesseurs, elle est accablante.

Dans ce contexte qui n’a rien d’un lit de roses, car la crise systémique du capitalisme écrase tout. Dans une situation où tout le monde a sous estimé la facture Sarkozy qui est tout autant économique et sociale que morale. Le Président de la République et le Gouvernement mesurent les impatiences populaires. Ils veulent redonner confiance à la France. Cette confiance tellement nécessaire à la croissance.

Historique, le défi l’est aussi pour le Parti socialiste. Depuis 1981, il a gouverné régulièrement, mais pas continument.

Lorsque le Parti socialiste fut au pouvoir, il fut parfois un parti contraint, comme si une fois l’alternance advenue, il rentrait les épaules et perdait de vue, peu à peu, ce qui l’avait rendue possible, à l’exception de sa formidable puissance de feu électorale. C’est ce danger que Martine Aubry, dans son discours de la Rochelle le 26 août, a voulu anticiper pour le conjurer : « Ma conviction, nous dit-elle, est que les ressorts qui ont permis au changement d’advenir en 2012 sont les mêmes qui le feront réussir dans la durée ». Je partage cette conviction et c’est pourquoi je m’engage devant les socialistes.

A la mi-octobre, nous tiendrons notre congrès à Toulouse. Les militants socialistes auront voté et donc tranché. Il doit être utile à la gauche dans la durée, utile à la France et à l’Europe.

Utile, notre Congrès le sera s’il est celui de l’unité. Sans elle, rien n’est possible, à commencer par les victoires : ne l’oublions jamais. L’unité n’est pas l’unanimisme. Il n’est pas souhaitable d’être tous d’accord tout de suite, pas plus qu’il n’est vivable de vouloir tout réinventer tous les jours.

Le débat est indispensable, la cacophonie ne l’est pas. La décision se construit et pas sur la discipline exclusivement, la responsabilité et la solidarité doivent prévaloir une fois les choix délibérés. Faute de quoi, la gauche est desservie et la droite ravie.

Utile, Toulouse le sera surtout si s’ouvre une nouvelle page du Parti socialiste. Celle-ci doit moderniser la France, révivifier la République. Pour ce faire, il faudra réaliser deux quinquennats de progrès après deux présidences UMP de régressions. Pour y parvenir, au-delà du soutien à l’action menée par le Président et le Premier ministre, notre famille politique doit se fixer cinq exigences.

La réflexion est l’exigence primordiale. Dans notre confrontation avec la droite, en France et sur le continent, nous devons nous fixer pour objectif d’imposer l’hégémonie culturelle, de faire partager nos idées, de diffuser nos analyses, nos solutions, voire nos mots comme la « social-écologie » ou le juste échange.

2013 sera une année sans élection. Elle devra permettre de nouvelles rénovations. D’abord moderniser notre rapport à l’entreprise et à la démocratie sociale, ensuite notre vision de la République face à la montée du consumérisme, du libéralisme et du religieux. Les nouvelles questions, sanitaire, alimentaire, le vieillissement, devront être étudiées ainsi que notre projet européen. Et ceci dans quatre conventions permettant aux socialistes de trancher et de préparer les échéances électorales.

Autre exigence : la rénovation de la vie publique. Le PS en est, depuis de nombreuses années, le fer de lance : parité, limitation du cumul des mandats, organisation des primaires citoyennes, puis une fois au pouvoir, formation du premier gouvernement de la République où siègent autant de femmes que d’hommes, baisse de la rémunération du président et des ministres, réduction du nombre de conseillers au sein des cabinets ministériels. C’est beaucoup, mais il reste du chemin à accomplir. Dans le parti comme à l’extérieur. En donnant sa chance, dans la direction nationale comme dans les collectivités locales, à une nouvelle génération de responsables, diverse, compétente, le plus souvent issue du militantisme de terrain, qu’il soit politique, syndical, associatif ou humanitaire. En limitant le cumul des mandats et des fonctions – en nombre et dans le temps – et, c’est indissociable, en instaurant un véritable statut de l’élu. Dans le même temps la parité s’installera partout jusqu’aux instances nationales.

Troisième exigence : associer les territoires au changement. C’est indispensable et c’est d’abord à l’Etat qu’il incombe de nouer un contrat de confiance, de croissance et de solidarité avec les collectivités territoriales. Mais le Parti socialiste est le premier de France par le nombre de ses élus, et d’abord dans les Régions et les Départements, les métropoles, agglomérations, villes et villages. Qui mieux qu’un élu de terrain pour expliquer, relayer, évaluer, concrétiser ? Le socialisme français s’est forgé à partir de la carte administrative de la République. C’est notre histoire, c’est notre identité. Nous sommes – c’est une exception en Europe – une social-démocratie d’élus et de militants qui aspirent souvent à exercer des fonctions électives afin d’agir pour leurs concitoyens : ne nous en excusons surtout pas !

L’Europe – quatrième exigence – doit être une priorité d’action de la prochaine direction du PS. Pas pour se déchirer, mais pour la faire avancer. Ni eurobéats, ni eurosceptiques, il nous faut faire fructifier l’influence nouvelle du Parti socialiste français dans le Parti socialiste européen. Affirmons nos positions : une BCE qui intervient pour stopper la spéculation et apaiser le fardeau des dettes souveraines ; une monnaie unique qui se soucie d’emploi et pas exclusivement d’inflation, et qui se fasse respecter face au dollar et au yuan chinois ; la convergence fiscale et sociale contre les dumpings ; la réciprocité commerciale dans les échanges pour défendre nos intérêts et nos produits, notre industrie et notre agriculture, face à la concurrence de tous contre tous ; l’Europe à géométrie variable, celle des coopérations renforcées, dont les objectifs, le fonctionnement et les frontières soient clairement établis. Telles sont les conquêtes que se fixe la France au sein de l’Union et que le PS français doit porter plus fortement que jamais au sein du PSE. Le débat que j’ai mené avec le SPD a porté ses fruits, rapproché les points de vue. Il devra être amplifié. Comme le sera le combat des rénovateurs de l’Internationale socialiste en organisant à Paris un Sommet des progressistes ouvert aux syndicats, au mouvement social, aux ONG, car il ne faut pas simplement dialoguer avec le mouvement social, mais se fixer ensemble des objectifs communs de transformation sociale.

La dernière exigence, c’est la gauche et le besoin de dialogue permanent en son sein. Le Parti socialiste, parce qu’il est le plus puissant des acteurs de la majorité, doit écouter ses partenaires sans esprit hégémonique. En retour, il attend cohérence et solidarité : c’est bien le moins entre alliés d’une coalition pour changer durablement la société française. C’est pourquoi je propose de mettre en œuvre, sitôt achevé notre Congrès, un comité de liaison des partenaires qui participent au changement. Il permettrait aux partis qui constituent la majorité présidentielle d’échanger, d’anticiper, d’éclairer. La gauche gagnera à être diverse, elle perdrait à devenir adverse.

Encore un mot, la bataille va être rude pour remettre la France sur le chemin du renouveau. La France dos au mur, saignée par les licenciements, entravée par les déficits, bousculée par les défis, devra se rassembler. Le Parti socialiste ne doit pas perturber ce rassemblement. Il doit en être l’âme pour que la sortie de crise ne soit plus jamais ce que nous vivons aujourd’hui.

Chacun l’aura compris : cette feuille de route s’inscrit pleinement dans l’action engagée par Martine Aubry depuis bientôt quatre ans à la tête du Parti socialiste. Celui qui lui succédera en sera le premier secrétaire. Il devra surtout en être le premier militant.

05 sept

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Québec : la victoire du Parti Québecois permet de tourner la page du conservatisme

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Après neuf ans passés dans l’opposition et une crise qui avait ébranlé le Parti québecois, le parti de Pauline Marois a remporté des élections législatives qui permettent à la belle province de tourner la page des années Charest qui ont rimé avec conservatisme. Comme toujours, le mouvement étudiant a donné le « la », permettant à la société québécoise d’exprimer son besoin de changement.

Cette victoire du Parti québécois au Québec fait écho au progrès de la gauche dans le reste du pays puisque depuis un an, le NPD, notre parti frère est devenu la principale force de l’opposition.

Nous saluons la victoire du PQ car quand les progressistes gagne quelque part c’est une bonne nouvelle pour les progressistes du monde entier.

 

03 sept

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Retour sur le Congrès de l’Internationale socialiste

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Le XXVIe congrès de l’IS se tenait pour la première fois en Afrique. En Afrique du sud plus précisément l’année du centenaire de l’ANC, une année ponctuée par une série de festivités qui se terminera par un congrès au cours duquel Jacob Zuma briguera l’investiture de son parti en vue de l’élection présidentielle.

C’est aussi le premier congrès de l’IS depuis les révolutions arabes, la crise ivoirienne, l’élection de Poutine et la libération d’Aung Sang Suu Kyi.

C’était donc l’occasion pour l’Internationale socialiste de tirer les conséquences de cette période là et de prendre la mesure des défis qui viennent.

Le Parti socialiste français n’a jamais tu ses critiques ou ses réserves car il a toujours cherché à renforcer une organisation internationale qui n’est plus exclusivement européenne. Nous devons apprendre les dures logiques du multilatéralisme y compris au sein du mouvement socialiste international et il est intéressant de constater combien les intérêts régionaux ou nationaux prennent facilement le pas sur les exigences de la solidarité internationale…

Lors du Conseil d’Athènes en 2011, un comité pour la Réforme avait été mis en place et le PS avait fait des propositions pour une « reformulation » de l’Internationale socialiste : le renforcement de son équipe dirigeante, la mise en place de campagnes politiques et de campagnes d’opinion, une coordination des progressistes pour travailler plus étroitement avec des formations non membres de l’IS comme les Démocrates américains, le PT brésilien ou encore le Parti du congrès, nous avons aussi proposé une coordination des think tanks progressistes.

Cela a pris forme par le soutien que le PS a apporté à la candidature de Mona Sahlin au poste de secrétaire générale pour succéder à Luis Ayala en poste depuis 24 ans. Bien qu’elle fut battue par le sortant, cela ouvre une nouvelle séquence avec l’existence d’un courant rénovateur au sein de l’IS qui dépasse le cadre des grands partis sociaux-démocrates européens.

Ségolène Royal, qui fut une des vice-présidentes les mieux réélues, a fait un discours dans lequel elle a été la seule à faire référence au massacre de Marikana où plus d’une trentaine de mineurs ont été tués par la police.

Georges Papandreou a été réélu président et il a pris la mesure de l’urgence d’une rénovation.

Le Parti socialiste contribuera à ce travail dans les mois qui viennent.

03 sept

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Jean-Marc Ayrault, clair, net et sans bavure

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Après que le Président François Hollande ait souligné l’ampleur sans précédent de la crise, le Premier ministre a été clair sur la gravité de celle-ci, mais son gouvernement refuse de s’enfermer dans le pessimisme militant. L’agitation ne règle pas les problèmes. Les Français ne sont pas dans la critique gouvernementale. Ils sont dans le pessimisme sur l’avenir. Ils savent que dans l’exigence d’action, il y a la volonté d’imposer le démantèlement de l’Etat social au nom de la compétitivité. Le Premier ministre fut net pour stopper les polémiques inutiles. Et il souligna que notre présent c’est leur bilan, celui de la droite et de Nicolas Sarkozy. La France ne se redressera pas en s’agitant en tous sens mais en maintenant avec patience et détermination le cap de la maîtrise des déficits sans plonger dans la récession. La sortie de crise par le haut est la marque du gouvernement alors que la droite la souhaite par le bas: la récession et la régression.

catégorie Ecrits, Expressions

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27 août

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Sur RMC à propos du Nucléaire

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Jean-Christophe Cambadélis a réagi ce midi sur l’antenne de RMC à propos de la polémique autour de nucléaire. Vous pouvez (ré)écouter l’extrait de l’émission ci-dessous:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

25 août

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Interview dans Libération

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Député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis est potentiellement candidat à la succession de Martine Aubry, si elle décide de quitter la direction du PS en octobre, au congrès de Toulouse.

Etes-vous officiellement candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste ?

Nous n’en sommes pas encore à ce stade… La phase de congrès se poursuit. Nous n’avons pas de synthèse, et il faut y travailler. Martine Aubry a souligné que le débat avançait, qu’il était positif. Pour autant, elle n’a pas encore dit ce qu’elle souhaitait faire. Donc le premier principe, c’est le respect des règles, des instances, des rythmes et des militants.

Mais quels seraient vos atouts ?

Cette fois il ne s’agit pas d’avoir un premier secrétaire, potentiel candidat à la présidentielle. Ce sera donc un rôle nécessairement transitoire.

Comment le parti peut-il être une forme d’appui pour le gouvernement et non un simple écho des décisions de l’exécutif ?

Avec Martine Aubry, on a eu le retour de l’unité, la rénovation et les valeurs. C’est ce qu’il faut continuer, en sachant que la victoire de François Hollande ouvre un nouveau cycle politique. A nouvelle donne, nouveau brassage !

Le danger est surtout d’avoir un Parti socialiste qui s’endort sur ses lauriers…

L’architecture du changement, ce sont trois pôles : le Président, le gouvernement et un parti qui doit être intransigeant dans la défense de l’exécutif et insatiable dans sa volonté de justice.

Vous avez parlé de campagne de «boutons de veste», militant par militant, mais ce sont Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault qui décideront de qui sera le futur premier secrétaire du parti, non ?

Ils le décideront dans un ensemble ! Ils trouveront celui qui est le mieux à même de faire vivre une collectivité dans le moment présent.

Les militants plébiscitent la rénovation, quels sont vos engagements dans ce domaine ?

On ne va pas arrêter ce qui a fait notre succès ! Le non-cumul me paraît essentiel. Le PS, qui a tout gagné, joue à guichets fermés ; si nous voulons nous renouveler, ça passe par le non-cumul, sinon nous risquons la sclérose. Dans une phase de conquête, il était parfois utile que des élus soient candidats à plusieurs élections. Mais aujourd’hui, où nous avons tout, il faut que le PS soit à la hauteur du partage du pouvoir.

Le traité européen menace-t-il de fragmenter la gauche ?

Il faut appeler les gens à la responsabilité, mais il faut respecter les idées, donc il faut débattre et convaincre. François Hollande a lancé un engrenage, celui du changement de cap en Europe, mais ça n’est pas fini, cela ne fait que commencer.

La droite étant en pleine bataille de succession, ce sont les partenaires de la majorité qui semblent poser plus de problème à l’exécutif…

La gauche plurielle n’a jamais été un fleuve tranquille. Tout le monde connaît le tempérament de nos partenaires, mais ils ne sont pas dans les mêmes situations. Jean-Luc Mélenchon veut la réussite de la gauche et estime que ça passe par un certain nombre de ses positions. Les écologistes sont plus dans la responsabilité, puisqu’ils participent au gouvernement. Tout le monde est aujourd’hui condamné à gagner, personne ne pourra prospérer dans la défaite.

En tapant fort sur le gouvernement, pensez-vous que Mélenchon fait le pari de son échec ?

Je dirai à Jean-Luc, qui a été ministre de Lionel Jospin, que tout pas en avant vaut mieux que mille coups de gueule dans la transformation de la société.