Vous êtes dans: Expressions

18 Oct

2 Comments

La France s’exaspère

par

mariannebusteOui la France s’exaspère elle-même. On se souvient de la formule de Viansson-Ponte ” la France s’ennuie ” écrite dans Le Monde à la veille de 1968. Et bien aujourd’hui elle s’exaspère. Tout la fait braire. Rien ne trouve grâce à ses yeux. Il s’en suit un débat sans axe. Une succession de polémiques ou l’anathème le dispute à la colère. Une guerre civile de mots ou l’excommunication est la règle et le raisonnement la perle. Les propos les plus fous sont tenus. Ceux de Jean-François Copé hier paraphrasant Marine Le Pen en parlant du FN-PS sont les illustrations du délire ambiant. Mais partout c’est l’aigreur ou la rancoeur. Ce climat ou rien ne tient, ou tout s’enflamme. Cet état de colère sur tout et sur rien ne présage rien de bon. La machine à abstention est en marche. Ce qui va faire les choux gras du Front national et son succès va enflammer la France et achever de la rendre totalement ingouvernable.

17 Oct

Commentaires fermés sur L’impossible inventaire !

L’impossible inventaire !

par

sarkozyA la fin des années Mitterrand dans un interview je demandais le « droit d’inventaire » sur le long règne du premier président de la gauche sous la 5e république. Nous sortions de l’affaire Bousquet, l’ancien chef de la police sous Vichy, devenu proche du Président et de la publication du livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand.

Cette expression je l’avais emprunté à Rosa Luxembourg qui en son temps avait demandé le droit d’inventaire dans la révolution française. C’est Lionel Jospin qui la rendit célèbre lors d’un meeting au parc Floral à Vincennes pendant la campagne présidentielle de 1995. Il me dit un jour : “c’était une réunion des élus. Ils étaient tous là devant moi. Et tout à coup la formule m’est revenu il faut faire l’inventaire”. Notons que suite à son quinquennat l’ancien Premier ministre infléchira sa position estimant qu’il fallait défendre comme un bloc le bilan. Sinon l’opposition affaiblissait la capacité d’alternative de la gauche. Tout le problème est là. Evaluer un bilan n’est pas le dévaluer. Et lorsque les principaux acteurs comme Sarkozy et Fillon sont candidats à la prochaine élection présidentielle, cela relève de la quadrature du cercle.

Jean Glavany avait jugé aimablement ma formule comme une politique de notaire: un inventaire après décès. C’est tout dire ! Il est impossible lorsque les protagonistes sont en place ou préparent leur retour, et n’intéressent personne lorsqu’ils sont politiquement morts. Et pourtant si l’UMP ne le fait pas, son candidat portera le boulet d’un bilan jugé négatif par les Français.

J’ai toujours pensé que Lionel Jospin n’avait pu revenir. Non seulement parce qu’il avait mis fin à sa carrière le 21 avril mais que ne s’attaquant pas à son bilan, il laissait à Ségolène Royal l’image d’un renouveau, d’autre chose, autrement. Il ne pouvait la stopper. Voilà pourquoi pour insipide et inaudible qu’elle soit, la convention de l’UMP sur l’évaluation de Sarkozy démontre en creux l’immense difficulté pour la formation de droite de présenter un visage nouveau lors de la prochaine présidentielle. Et comme le tripartisme ou campisme sera là, le risque est grand de le regretter le jour venu.

 

16 Oct

Commentaires fermés sur Le droit et l’indignation !

Le droit et l’indignation !

par

lucieaubracDans l’affaire Leonarda, Manuel Valls a raison de dire que ses services respectent le droit. Personne ne peut lui en tenir grief. La loi est la loi. Mais le Parti socialiste a raison de s’indigner de l’exécution de la loi. Nous sommes au coeur de la controverse où l’opinion est bringuebalée d’une position à l’autre. Une opinion à cran, qui peut tout à la fois s’emporter sur la réalité ou le fantasme du “trop plein” d’étrangers sur fond de xénophobie rampante en Europe, mais qui peut tout autant s’enflammer pour Lampedusa ou la jeune Leonarda.

Un ministre de l’Intérieur, surtout dans le moment que nous vivons, doit faire respecter la loi. Il n’est pas interdit cependant, surtout dans le moment électoral que nous traversons, de comprendre que les Français, particulièrement de gauche, sont indignés des morts en Méditerranée ou de la descente d’un bus d’enfants d’une adolescente intégrée.

L’Etat est un monstre froid mais le peuple est passionné. Voilà pourquoi s’il faut toujours respecter la loi, la politique est un art d’exécution. Il n’est pas interdit d’être humain ou de comprendre qu’un excès de zèle va enflammer la plaine. En l’occurrence le préfet et le maire de la ville, car dans cette affaire Manuel Valls n’en peut mais… . D’autant qu’il semblerait que le cas était en voie de résolution. En même temps, il n’est pas interdit de s’interroger sur ce que permet la loi. Quand on pense que la jeune Kosovar a été arrêtée sur le parking du collège Lucie Aubrac. Cela laisse pensif…

 

15 Oct

Commentaires fermés sur Entretien sur Lemonde.fr: “Un tripartisme se met en place entre l’UMP, le PS et le FN”

Entretien sur Lemonde.fr: “Un tripartisme se met en place entre l’UMP, le PS et le FN”

par

logolemondeVous trouverez ci-dessous l’interview accordée (lien vers le site du Monde) par Jean-Christophe Cambadélis au Monde.

Primaire socialiste pour les municipales à Marseille, cantonale partielle à Brignoles, Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, revient sur ces deux épisodes électoraux embarrassants pour le pouvoir socialiste.

L’élimination de Marie-Arlette Carlotti de la primaire socialiste à Marseille ne constitue-t-elle pas un désaveu pour l’exécutif ?

Jean-Christophe Cambadélis : Cela va bien au-delà de la sanction gouvernementale. Marie-Arlette Carlotti [ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion] n’est pas non plus particulièrement emblématique de ce gouvernement. Elle a mené une campagne de notoriété, passant par dessus la primaire comme si c’était une formalité. Elle a joué tout de suite le combat contre Jean-Claude Gaudin [maire UMP de Marseille], sans se préoccuper du travail de terrain. Or, Patrick Mennucci et Samia Ghali ont mené, eux, une véritable campagne de terrain, notamment dans les quartiers Nord. L’angle anti-parisien a fait le reste : Mme Carlotti apparaissait comme parachutée.

Marseille et Brignoles, une double gifle pour la gauche au pouvoir ?

Le grand problème pour la gauche et le président, ce sont ces deux France qui se font face. L’une, fermée, fait de l’étranger la cause de sa situation et de sa colère ; l’autre, ouverte voire cosmopolite, veut être représentée. D’un côté, le coup de semonce de Brignoles ; de l’autre, la percée inattendue de Samia Ghali. Ce sont deux France qui n’ont pas la même vision de ce que doit être le pays. Comment rassurer l’une sans décevoir l’autre ? Pour le président et toutes les représentations politiques, c’est l’équation irrésoluble.

Quelle leçon stratégique, sur fond d’impopularité record, tirer de ces deux résultats ?

Le problème de François Hollande n’est pas que son gouvernement n’est pas très populaire. C’est qu’un tripartisme se met en place entre l’UMP, le PS et le FN. Le Front national, fort d’un abstentionnisme important au premier tour, s’est installé au centre de la vie politique française. Il constituera l’enjeu des prochaines élections. Cela pose un problème nouveau à tous les états-majors : que fait-on dans ce tripartisme ? En ce qui concerne les socialistes, faut-il assécher la montée frontiste ou mobiliser la gauche ? Les deux, répondra François Hollande. Il faut désormais que le spécialiste de la synthèse s’y attache.

11 Oct

1 Comment

Encore un effort Monsieur Copé !

par

copefrance2Voilà une prestation sur France 2 qui ne restera pas dans les annales, tant le président intérimaire de l’UMP était hyper préparé, totalement crispé et surtout policé voir recentré.

Bref, la politique comme on l’aime aujourd’hui light, sans odeur ni saveur. Alors sur ce chemin de croix où Jean-François Copé surjoue faussement le modeste, on finit par avoir mal pour lui : un petit peu !

Le passage sur l’extrême droite et Marine Le Pen. On imagine le temps passé pour trouver une réponse politiquement correcte – qui ne choque pas l’UMP – mais qui se démarque – tout en n’insultant pas l’avenir. La trouvaille : « Le FN est une organisation extrémiste, je ne sais pas si c’est de droite ou de gauche ». Bon il y a du progrès, c’est déjà cela, le FN est un parti extrémiste. Cela appelle deux réactions.

D’abord la culture politique de M. Copé serait-elle à ce point limitée ? Étonnant pour un présidentiable de ne pas être capable de percevoir la filiation frontiste. J’ai donc décidé d’envoyer au député-maire de Meaux, « La France blafarde » mon livre sur l’extrême-droite avec une petite dédicace, et une liste de livres à lire. Ce serait dommage de laisser un si grand talent dans l’ignorance d’une partie de l’histoire politique de la France.

Mais n’en restons pas là ! Le second souci est le suivant : Comment dans ces conditions – si le FN est un parti extrémiste – pratiquer le ni-ni aux deuxième tour d’une élection ? Soit c’est un parti extrémiste, soit il est à mettre sur le même plan que le PS. Que de contorsions pour ne pas dire la vérité. L’extrême droite est un danger. Allez Monsieur Copé encore un petit effort !

10 Oct

2 Comments

La grêle nationaliste

par

unenouvelobs101013Sondages après votes inexorablement les nationaux-populistes de toutes natures progressent dans l’espace public européen. C’est la tendance lourde de l’Europe, rançon de la récession, de la dégénérescence du projet de solidarité communautaire et du moment xénophobe. Oui l’islamophobie renforcée par les soubresauts des révolutions du Maghreb et du Machrek traverse l’Europe. Même si la phobie de l’étranger ou de ce qui vient de l’étranger, la hantise du métissage, voire l’identification de la relégation à l’immigration peut prendre des visages différents suivant les pays. Une véritable grêle nationaliste s’abat sur l’Europe. François Mitterrand disait dans une célèbre formule : “Le nationalisme c’est la guerre”. Nous n’en sommes pas là mais il y a déjà l’idée qui s’installe : il faut se séparer. Il faut repousser l’invasion, ceux réels ou fantasmés qui viennent nous dénaturer.

C’était hier les juifs, c’est aujourd’hui l’islam. Arrêtons nous un instant et réfléchissons aux stéréotypes qui se font jour. Le caractère inassimilable de l’islam, une religion voulant dominer le monde par l’arraisonnement des femmes, le communautarisme rampant, tout cela semble un truisme. Comme hier les traits distinctifs des juifs les rendaient d’abord inassimilables avant de devenir des sous-hommes. La démocratie d’opinion est incapable de lutter contre ce phénomène, car majoritairement elle doit de façon plus ou moins édulcorée, être en raisonnance avec les tendances lourdes de l’opinion. Et il y a à cette étape beaucoup d’insouciance et peu d’hommes et de femmes capables de dire NON. Comme les représentations politiques se fragmentent et les citoyens boudent les urnes face à la crise systémique du libéralisme économique dominé par le capitalisme financier.

Regardez en France mais aussi en Italie, Grèce, Espagne mais aussi bientôt en Allemagne ou en Grande-Bretagne, l’émiettement de l’offre politique et son individualisation. Elle se présente sous la forme d’une “pipolisation”, avec la domination de la figure de l’indignation individuelle mis en scène médiatiquement. La vie politique n’a plus de ligne directrice. C’est une série de soubresauts, de colères ou d’indignations, d’amertumes sociales où le politique est par exemple tout à la fois interpellé par la colère de voir non maîtrisés les flux migratoires et la colère de ne pas les accueillir lorsqu’ils sombrent tragiquement en Méditerranée. Alors la force va à la force. Le Front National ayant identifié l’ennemi: “l’étrange étranger”, et comme la posture tribunitienne triomphe car elle domine y compris dans les partis traditionnels, le terrain est sec et mûr pour s’enflammer. Et d’ailleurs comme dans les années 1930 la montée de l’extrême droite fascine tout autant qu’elle est rejetée. Tout cela explique la montée du Front National en France et indique ce que je répète depuis les élections dans l’Oise: l’émergence du tripartisme. Le choc avec les nationaux-populistes est devant nous. Les conséquences sont incalculables. Cela ne va pas être une soirée de gala. Il est encore tant d’en atténuer les effets. Il faut rompre avec l’électoralisme à droite et la fébrilité pusillanime à gauche. Il faut mesurer le mal et cesser de penser que c’est le républicain d’en face qui en payera le prix. Il faut cesser de vouloir le dompter tout en reprenant la part “assumable”. Il faut urgemment rétablir l’espoir en soulignant que le politique peut maitriser le destin. Il faut vite une autre politique européenne. Il faut assécher les raisons économiques et sociales de la montée du Front et l’endiguer par le front républicain d’une part, et le bloc de gauche de l’autre. Car il grêle et la France a froid.

08 Oct

2 Comments

Mardi Politique sur RFI avec l’AFP et Libération

par

logoRFI

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de RFI, Libération et l’AFP. Vos pouvez écouter ou réécouter l’émission ci-dessous:

Mardi politique – 08/10/2013 – 1ère partie

(19:29)

Mardi politique – 08/10/2013 – 2ème partie

(19:29)