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26 oct

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Copé, Fillon: Un débat à trois !

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Le débat entre le Secrétaire général de l’UMP et l’ancien Premier ministre pour le poste de président de l’UMP  fut un débat à trois. Tant l’ancien Président fut présent dans le ton, le souffle, les postures de Jean-François Copé. Tant il fut la référence de François Fillon. Bien sûr il s’agira de marginaliser Sarkozy une fois élu. Mais ce faisant, Sarkozy s’est relégitimé via les deux compétiteurs. Échappant ainsi au destin de Valéry Giscard d’Estaing, le voilà troisième homme du duel, plaçant ses hommes dans chaque camp.

C’est le premier enseignement: la droite est « sarkodépendante ». Cela veut dire qu’elle ne peut exercer un droit d’inventaire du sarkozysme et de sa pratique du pouvoir. En même temps il y a une divergence stratégique entre les deux hommes qui recouvre le problème de la droite. L’alliance conflictuelle certes, mais l’alliance des idées d’abord avant celle des urnes avec le FN chez Copé. La tentation du « et/et » chez Fillon: et le FN et l’UDI. Ce fut éclairant ! Mais pour l’un comme pour l’autre est-ce praticable ? La droite UMP est dans un pat stratégique. C’est le deuxième enseignement de la soirée. Voilà la vraie raison de son agressivité vis-à-vis du gouvernement de gauche. Bref une compétition en trompe l’œil.

25 oct

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Interview dans Le Monde: « Le socialiste ne se résume pas à la lutte contre les déficits »

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Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions du Monde. L’interview ci-dessous ou sur le site du Monde.

Avant le congrès socialiste de Toulouse (du 26 au 28 octobre), le député parisien et vice-président du Parti socialiste européen, Jean-Christophe Cambadélis, publie La Troisième Gauche (Ed. du Moment, 258 p., 17,95 euros). Il y plaide pour « un socialisme nouveau, juste et durable » contre la simple gestion d' »une gauche « pépère » ».

Le score de la motion majoritaire (68 %) n’est-il pas décevant vu le nombre de poids lourds du PS qui l’ont signée ?

C’est évidemment décevant. Mais la responsabilité n’en incombe pas à Harlem Désir, plutôt à la manière dont nous organisons nos congrès depuis soixante ans ! Il faut tout changer. Je préconise qu’à l’avenir, nous ayons un congrès ordinaire au lendemain de la présidentielle, où les militants voteraient sur les trois ou quatre questions qui sont à trancher. Et un congrès extraordinaire à la veille de celle-ci, qui fixerait la stratégie et le programme.

Le congrès de Toulouse serait-il un congrès pour rien ?

Un congrès sert toujours à quelque chose, notamment à désigner des instances. Mais il va un peu perdre en dramaturgie puisque tout est connu à l’avance.

Vous estimez n’avoir pas été désigné premier secrétaire parce qu' »encombrant ». C’est-à-dire ?

Harlem Désir a été choisi car il est plus consensuel que moi. J’avoue avoir une haute exigence pour le PS. Il doit être au coeur du dispositif présidentiel et pas se subordonner au gouvernement ou aux groupes parlementaires. Tout ceci dérangeait peut-être le dispositif mis en place.

Des ministres en font-ils trop dans ce congrès ?

Il n’était pas anormal que plusieurs ministres s’allient pour me faire obstruction. Ce qui l’est moins, c’était de faire croire qu’ils ont pour cela tordu le bras du président ou ont fait barrage au premier ministre. Ce type d’alliance sans contenu nous fait courir le risque d’un bureau politique clandestin face au premier ministre et au bureau national du PS.

Comment jugez-vous le débat sur les couacs gouvernementaux ?

Je ne connais aucun gouvernement sans couacs ! Il y en a toujours eu, il y en aura toujours. Le premier ministre a de l’autorité, du doigté, de la combativité et de l’imagination. Il fallait juste un peu de temps pour que l’on s’en aperçoive. Je suis très heureux de voir le président de la République le soutenir pleinement.

Etes-vous favorable aux préconisations du rapport Gallois sur la compétitivité ?

C’est le soixantième rapport sur le sujet, dont trente d’inspiration gouvernementale… Il me semble paradoxal de présenter un rapport préconisant l’augmentation, même limitée, de la TVA tout en sachant que le président a été élu contre cette idée. Que veut-on ? Que le président mange son chapeau au nom d’un rapport ?

L’objectif de réduction des déficits publics à 3 % du PIB en 2013 est-il souhaitable ?

La tendance à l’assainissement de nos finances est juste. En revanche, je m’interroge sur le rythme. Le PS doit exercer son droit d’inventaire. Il ne faudrait pas que l’objectif intermédiaire des 3 % ruine l’objectif stratégique de 0 % en 2017.

Que faire face à la chute du couple exécutif dans les sondages ?

Il y a l’urgence et il y a le sens. L’urgence, c’est la lutte contre les déficits, le retour à la croissance, le redressement de notre école… Tout ceci est très bien fait. Mais il y a aussi le sens. Le socialisme ne se réduit pas à la lutte contre les déficits : il doit se fixer une perspective. Notre action ne saurait se résumer à une succession de mesures technocratiques. On ne peut pas redresser la France que sur des normes comptables.

Ne craignez-vous pas un parti godillot ?

Je ne crois pas que ce soit l’état d’esprit d’Harlem Désir, mais c’est dans la pratique qu’on le saura. Il ne s’agit pas de créer sans cesse des bisbilles avec le gouvernement, mais d’éclairer l’avenir.

Le PS doit-il discuter avec Jean-Luc Mélenchon et Jean-Louis Borloo ou choisir ?

A titre personnel, je souhaiterais que l’on s’entende avec Jean-Luc Mélenchon et le PCF. Mais je doute qu’ils aient fait ce choix. Quant à l’UDI de Jean-Louis Borloo, je note le petit « i » de « indépendant ». Soit c’est l’indépendance vis-à-vis de l’UMP. Soit la subordination, comme toujours, du centre vis-à-vis de la droite. La question est posée à Jean-Louis Borloo.

Votre livre est-il une manière d’exister malgré votre insuccès face à Harlem Désir ?

Moi, je veux être utile au PS pour réussir le quinquennat. Je pense qu’il est possible de gouverner sur dix ans, mais pour cela, il faut bien gérer et ne pas désespérer. Tous les jours, on semble s’excuser de ce que l’on décide ! Il faut un socialisme qui s’assume. Le temps de la contre-offensive a sonné. Je serai le propagandiste de cette nouvelle gauche.

25 oct

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L’express publie les bonnes feuilles de la troisième gauche

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L’express publie dans son édition de cette semaine les bonnes feuilles du dernier livre de Jean-Christophe Cambadélis « La troisième gauche ». Christophe Barbier publie en introduction à ces bonnes feuilles un article que vous pouvez retrouver ci-dessous:

Jean-Christophe Cambadélis a toujours combattu deux adversaires: le Front national, dont il annonce désormais l’inévitable alliance avec l’UMP, et l’aphasie de la gauche, qu’il combat d’ouvrage en ouvrage, inlassablement. « Camba » n’a pas son pareil, à chaud, pour éclairer le filigrane tactique des événements; à froid, il ne le cède en rien aux plus doctes quand il s’agit d’écrire l’histoire intellectuelle du socialisme. D’autant qu’il ne se contente pas d’analyser la passé, il s’efforce d’écrire le chapitre suivant, alors que la plume de la réalité plonge à peine dans l’encrier.

La troisième gauche pensée par Cambadélis n’est pas le blairisme, ni même ce social-libéralisme qui perdit ses illusions et son champion au Sofitel, à New York; elle n’est pas plus la moyenne des deux autres gauches, celle de Mitterrand et des nationalisations mélangée à celle de Rocard et du pacte sociétal. Elle est un vrai aboutissement du socialisme, résolvant la crise de la social-démocratie. Attention: cet essai est un pavé jeté dans la mare du hollandisme, à la veille du congrès de Toulouse, un manifeste contre cette gauche « 1,5 » qui se cache peut-être sous le masque un rien béat du pragmatisme affiché. Pour son auteur, la gauche passera la troisième ou calera…

Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry: le destin n’a pas choisi les chevaux sur lesquels Cambadélis avait parié. Il n’a pu, à l’audace, s’emparer du PS pour accompagner et contrebalancer le hollandisme. Le voici donc libre, et ambitieux. Donc dangereux.

Pour vous procurer le livre à la Fnac ou sur Amazon à partir du 31 octobre.

20 oct

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Intervention au colloque « Barack Obama » de la fondation Jean Jaures

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L’espoir s’est-il évanouis depuis l’élection de Barack Obama ? L’espoir d’un changement radical, peut-être ! Barack Obama a agi dans un univers contraint par la crise, les crises économique, financière, climatique, géopolitique mais aussi politique avec la droitisation du Parti Républicain au Congrès, l’émergence puis l’installation du Tea party et la critique des libéraux sur la tiers mondialisation de l’Amérique. La vie politique est aussi plus difficile à cause de la puissance du monde financier et entièrement dominée par les 3G « god, guys et gun ». Tout cela pèse sur le bilan de Barack Obama. Il n’en reste pas moins qu’il a évité une grande récession. Il a encadré la spéculation bancaire. Il a inventé le début d’un état social avec l’assurance maladie et exercé dans le domaine international un leadership apaisant. Un bilan globalement positif alors que l’élection de Mitt Romney annonce un retour aux années bush père.

18 oct

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Une lueur dans la nuit noire

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Octobre 2012 marquera une petite révolution dans la mémoire agitée de la Guerre d’Algérie. François Hollande vient de reconnaître la tragédie du 17 octobre. C’est un acte décisif essentiel pour installer une mémoire apaisée d’une guerre qui fut longtemps sans nom. Dans le pays des Droits de l’Homme qui avait appris au monde qu’on devait se battre pour la liberté, des Algériens qui manifestaient pacifiquement pour l’indépendance de leur pays avaient été matraqués et massacrés.

Pire, cette mémoire avait été effacée, niée par la Nation, même si la flamme était entretenue par une gauche militante toujours vigilante. 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, la France regarde son histoire en face.

Dans le climat actuel, où l’hystérie est grande contre une certaine histoire, contre certains Français, c’est l’honneur du Président de la République d’avoir proposé de réconcilier la Nation avec son Histoire, même douloureuse comme avant lui Jacques Chirac à propos du Vel d’Hiv ou Lionel Jospin au sujet de l’esclavage.

La France ne se réduit pas à ses crimes, mais elle se juge à ses victoires y compris sur elle-même. Le nationalisme c’est la guerre disait François Mitterrand. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde » écrivait Césaire…

Notre tâche est de maintenir étroit ce lien entre la République et ses principes quoiqu’il arrive.

Mouloud Aounit, parti trop tôt n’aura pas vu de son vivant cette victoire, mais il savait que la gauche, une fois revenue au pouvoir, n’oublierait pas que son devoir était d’éclairer les pages sombres de notre Histoire.

17 oct

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François Hollande et l’euroréalisme

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Le Président de la République a dessiné dans une interview au journal Le Monde l’Europe raisonnable qu’il appelle de ses vœux. Ni le bond institutionnel fédéraliste ni le refus d’avancer, mais l’intégration solidaire faite de croissance, de gouvernance de la zone euro et de coopération renforcée.
Le Président place la France au centre de la zone euro entre ceux qui veulent une gestion vertueuse et ceux qui souhaitent une solidarité. Il place la France entre ceux qui veulent avancer dans le cadre de la zone euro et ceux qui veulent garder l’Europe à 27. Tout en dotant l’Europe d’un budget financé sur la taxation des transactions financières. Une Europe recentrée sur ses fondamentaux. C’est une démarche à la fois constructive et réaliste. Il y a là une réponse pragmatique sous-tendue par l’objectif de sortir de l’ornière. C’est beaucoup plus praticable que le document Westerwelle agissant pour le compte de Madame Merkel. C’est l’euroréalisme de François Hollande, la France comme trait d’union de la zone euro et entre celle-ci et les 27 via l’intégration solidaire. Et c’est bien vu !

 

16 oct

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Le temps de la contre offensive

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En l’espace de deux jours, le Premier ministre a repris l’offensive, recadrant Vincent Peillon, tranchant sur la taxation des œuvres d’art ou sur la redevance télé pour les résidences secondaires, etc… Sans oublier l’aéroport de Nantes. En plus, le Premier ministre monte au front à l’Assemblée Nationale renvoyant la droite à son bilan, ses outrances et son populisme nationaliste.

Il faut soutenir cette contre offensive car à travers le « Ayrault bashing » c’est l’échec de la gauche que l’on recherche. Affaiblir Jean-Marc Ayrault c’est affaiblir le Président François Hollande, mais aussi la bataille décisive du redressement de la France dans la justice.

C’est maintenant que se joue le destin de cette majorité qui veut sortir de la crise et construire une nouvelle France !

 

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15 oct

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Triste Anvers !

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Dans la capitale des Flandres les séparatistes gagnent les municipales en battant les socialistes présent depuis 8o ans. Ce résultat n’est pas une simple alternance comme il en existe partout sur le continent européen. Mais résume tout à la fois le dilemme belge mais aussi les mouvements en cours en Europe. Une intégration solidaire via ce qui fait la puissance des nations: l’économie, l’écologie, l’éducation. Ou une désintégration nationale à cause d’un effondrement européen. Car derrière l’offensive anti-européen et sa désintégration il y a le séparatisme régional comme chez les catalans en Italie du nord, en Ecosse, en Hongrie, Roumanie, etc… C’est ce que ne comprennent pas les souverainistes. Le souverainisme pave le chemin du séparatisme. Et ce dernier se nourrit de l’austérité des conservateurs allemands, de l’incapacité de définir un dessein commun à l’Europe. Ce triste résultat exprime un désir d’identité sans limite qui ne trouve pas dans l’Europe le moyen de se rassasier. Mais derrière cette hystérie identitaire, il y a la haine délétère. Ne l’oublions jamais.

13 oct

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Et la présomption d’innocence…

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Et la présomption d’innocence?!!

Je ne connais pas Florence Lamblin, j’ignore tout de son affaire comme 99% de ceux qui en parlent. Malgré les dénégations de son avocat, on la juge. Mieux, de belles âmes lui demandent de démissionner de ses responsabilités. Comment s’arroge-t-on le droit de condamner une personne au prétexte qu’elle est mise en cause et sur la seule base d’une mise en examen…

Comment peut-on hurler avec les loups ? Participer au « Tous Pourris » que le Front National a aussitôt enfourché ? Ou alors la sévérité des propos est dû à la connaissance du dossier. Évidemment le blanchiment de la drogue est éminemment répréhensible. Mais là se poserait un autre problème.

De quel droit certains sont informés ? Et qui les a informé ? Alors, soit on ne sait rien et on respecte la présomption d’innocence. Nul ne peut être mis en cause pour ses fréquentations. Chacun devrait s’en souvenir. Soit, on a des informations permettant d’exiger une démission. Mais on s’expose au quoi ? Et au qui a informé ? En tout état de cause la présomption d’innocence est valable pour tous ! Question de morale assurément.

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