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20 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de « Décideurs politiques » avec le JDD.fr

L’invité de « Décideurs politiques » avec le JDD.fr

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jdddecideurs

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aujourd’hui aux questions de Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service Politique du Journal du Dimanche, et de Caroline Vigoureux du JDD.fr. La vidéo ci-dessous:

 
Décideurs politiques – L’interview du JDD avec… par lejdd

 

20 Sep

Commentaires fermés sur François Fillon ou le syndrôme « Depardieu »

François Fillon ou le syndrôme « Depardieu »

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fillonpoutineL’ancien Premier ministre a rompu avec une tradition qui veut que l’on ne critique pas la France depuis l’étranger. Invité à un colloque pérorant à côté de Vladimir Poutine visiblement ravi, M. Fillon aurait-il choisi entre François Hollande et Vladimir Poutine le plus sectaire ?

Il est vrai que le candidat à l’élection présidentielle pour l’UMP se déclare l’ami de Poutine. Lui qui, avant les vacances, avait tenu à rencontrer le Hezbollah au Liban, et nous avait asséné une leçon géopolitique majeure déclarant qu’en Syrie il n’y avait pas « les gentils d’un côté et les méchants de l’autre ». On est toujours pas revenu de la profondeur de l’analyse. François Fillon fait donc la leçon à la France. Il eu été nécessaire d’impliquer la Russie dans la solution diplomatique du conflit Syrien. Le député de Paris oublie de dire que la France a proposé plusieurs résolutions au Conseil de Sécurité que la Russie a refusé protégeant le dictateur sanguinaire Bachar-El-Assad. Il aura fallu la menace d’intervenir sans les Nations Unies pour que Poutine bouge de peur que son allié tombe et que son droit de véto aux Nations Unies soit obsolète. Mais tout le monde a compris que François Fillon critique tout autant François Hollande / Laurent Fabius que Nicolas Sarkozy / Alain Juppé qui avaient emprunté la même voie. Comme quoi on peut prendre de la hauteur tout en restant politicien. Fillon marginalisé dans sa formation politique a été touché par le syndrôme « Depardieu », demander l’asile à Poutine pour faire parler de lui. Et si il était un jour Président, n’en déplaise à Dieu, Poutine lui rappellerait cette génuflexion devant la diplomatie russe.

 

19 Sep

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IRAN: un pas dans la bonne direction

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hassan-rohaniElu contre les candidats de l’aile dure du régime, le 14 juin, investi le 3 août, le nouveau président iranien Hassan Rouhani surprend plus d’un observateurs pour la rapidité du changement qu’il insuffle en Iran, aussi bien sur le plan extérieur que sur le plan intérieur. Sa disposition à relancer les négociations sur son dossier nucléaire avec le groupe 5+1 en leur donnant des garanties attendues sur la nature du programme iranien, sa modération sur le conflit syrien, annonçant sa disposition à aider à trouver une solution politique et même dénonçant, par la voix des personnalités comme l’ancien président Rafsandjani, la répression exercée par le régime syrien, l’échange de lettres entre Hassan Rouhani et Barack Obama et même la déclaration du Guide (le dur parmi les durs) de ne pas être opposé au dialogue avec Washington …. étaient plus ou moins connus.

La surprise vient, ce mercredi 18 septembre, de la politique intérieure. Conformément à ses promesses électorales, un grand pas, qui devrait être suivi par d’autres, a été franchi avec la libération des prisonniers politiques. La libération de l’avocate et militante des droits de l’homme, Nasrin Sotodeh, mondialement connue, ainsi que celle de plusieurs dirigeants réformateurs comme Arab Sorkhi, ex-vice ministre du gouvernement Khatami, Mohssen Aminzadeh, ancien vice-ministre des Affaires Etrangères et l’un des dirigeants du parti d’opposition Front Mosharekat et plusieurs autres opposants est à souligner.

Je me suis engagé aussi bien comme responsable politique au Parti socialiste que comme député et citoyen pour la libération des prisonniers politiques en Iran. Je ne peux que me réjouir de ces libérations. Cet heureux événement ne peut être total que si les autres prisonniers sont libérés rapidement, notamment les anciens candidats contre Ahmadinejad, Mir Hussein Moussavi et son épouse Zahra Rahnaward et Mehdi Karoubi.

18 Sep

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L’Europe solidaire des régions

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logoliberation160Lorsqu’on leur parle d’Europe, les citoyens disent mal la connaître : elle leur apparaît lointaine, confuse. François Hollande a pourtant contribué à réorienter le débat vers un nécessaire soutien à la croissance et poussé à plus de coopération. Mais pour aller plus loin, nous avons besoin d’une majorité de gauche au Parlement européen. Et pour y parvenir, nous avons besoin de montrer ce qu’apporte l’Europe à nos concitoyens. Car l’Europe apporte des choses concrètes, en Ile-de-France comme ailleurs. L’Union mène une politique de soutien à l’emploi, à la formation, au développement des entreprises et à l’innovation, dans tous les territoires. C’est la politique de cohésion. L’ambition que s’est donnée l’Europe à travers elle est de réduire les inégalités territoriales. De plus le président de la République a souhaité que l’usage de ces fonds soit défini par les régions, au plus près des défis que doivent surmonter les territoires.

Pour l’Ile-de-France, c’est un enjeu crucial. La région capitale produit certes 30% de la richesse française, ce qui fait d’elle l’un des moteurs de la croissance du pays. Mais elle doit aussi faire face aux inégalités les plus fortes. La crise les a redoublées : elle a fragilisé des poches entières de son territoire, comme l’illustre la fermeture du site PSA d’Aulnay. C’est pourquoi nous avons souhaité travailler tous ensemble pour identifier les trois grandes priorités vers lesquelles nous mobiliserons ces fonds : emploi et jeunesse, développement économique et innovation, transition énergétique. L’objectif que nous poursuivons est le même que l’Union. Nous voulons faire cohésion, c’est-à-dire lutter contre les fractures territoriales, en prenant en compte l’Ile-de-France dans toute sa diversité : le fait métropolitain, les territoires périurbains et ruraux. Il nous faut avant tout encourager le dynamisme en faveur de l’emploi durable. C’est près d’un milliard d’euros que nous espérons pour la prochaine programmation de la politique de cohésion, en janvier.

Ce dynamisme ne profitera pas qu’à l’Ile-de-France : ses effets seront aussi positifs pour les autres régions françaises, vers lesquelles elle transfère déjà 10 % de son PIB. L’Ile-de-France est une région solidaire des autres. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault le sait : par-delà l’urgence, c’est aussi ce qui a motivé l’effort que consacre l’Etat au Nouveau Grand Paris. A l’heure où se décide en France la répartition des fonds européens entre les régions, nous ne doutons pas que le Premier ministre aura ce même souci de cohérence et de cohésion. 2014 sera une année de cristallisation en Europe. Nos concitoyens sont en attente de preuves concrètes de ce que leur apporte l’UE. Si nous ne voulons pas laisser le champ libre à l’extrême droite, qui prône la sortie de l’Union, nous devons assumer notre responsabilité. La réussite de la gauche, nécessaire pour construire une Europe plus solidaire, passe aussi par la réussite des territoires. L’Ile-de-France, première région d’Europe, y prendra toute sa place.

Jean-Christophe CAMBADELIS Député de Paris, Bertrand DELANOË Maire de Paris, Catherine TASCA Sénatrice des Yvelines, Stéphane TROUSSEL Président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Jean-Paul HUCHON Président du conseil régional d’Ile-de-France et Vincent EBLÉ Sénateur et président du conseil général de Seine-et-Marne (PS)

15 Sep

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Un accord prometteur

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onuL’accord conclu entre les USA et la Russie est prometteur car il met sous séquestre l’armement chimique du dictateur syrien. Personne ne peut s’en plaindre. Le recours aux frappes a été évité mais la menace a fait bouger. Juger cette détermination inefficace parce que elle n’a pas débouché est un peu particulier. C’est confondre le moyen et la fin. La fin c’était de sanctionner Bachar-Al-Assad en lui interdisant l’utilisation de l’arme chimique. Cela va être le cas. L’Histoire retiendra que cela fut possible parce que la France fut dès le début intraitable. Et que Barak Obama a donné du temps à la négociation en passant par le congrès. Evitant ainsi d’humilier Poutine au G20 et d’utiliser les frappes. Pendant que les Etats-Unis et la Russie s’occupaient des armes chimiques de la Syrie, la France s’occupait de l’opposition modérée recevant les ambassadeurs arabes pour qu’ils intensifient le soutien au camp de la rébellion. Car si la route de la prolifération a été coupée, la paix n’est pas au rendez vous. D’ailleurs les médias, pas à un revirement près, s’offusquent maintenant de la barbarie du régime sur le terrain. Et tout indique que le rapport de l’ONU va être accablant. Donc cet accord en étant contraignant fait de fait de Bachar-al-Assad l’homme à contraindre. Et cela légitime l’action de la France. Notons que à aucun moment les terroristes d’Al Nostra ne sont évoqués par les Russes dans l’accord. Ce qui est une autre indication. S’ouvre la route pour un Genève 2 qui devra déboucher sur un gouvernement provisoire de transition doté de tous les moyens exécutifs. On en est pas là, mais un premier pas est là.

14 Sep

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Quand Barroso démontre lui-même qu’il doit partir

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drapeaueurope160Le discours de José Manuel Barroso sur l’Etat de l’Union, européenne, fut prononcé le 11 septembre dernier lors de la séance plénière du Parlement européen à Strasbourg.

Cet exercice qui passe trop inaperçu dans les médias nationaux, est pourtant important : c’est l’occasion pour le président de la Commission de présenter sa vision de l’Europe. Au delà de l’exercice formel du bilan et des perspectives, il y a là l’opportunité de délivrer un projet politique, de démontrer que les préoccupations des citoyens sont prises en compte.

Dans cet exercice, Barroso a raté son oral alors qu’il s’agissait de la dernière fois qu’il prononçait un tel discours. Il n’y aura donc pas d’oral de rattrapage.

Tout au long de la quinzaine de pages d’un discours prononcé sans inspiration, le président conservateur de la Commission européenne est apparu comme un homme seul. Pas un seul commissaire n’est cité, comme s’il ne s’agissait que de figurants.

Pas un mot sur la place de l’Europe dans le monde face à des émergents qui entrent en crise et des Etats-Unis qui veulent que l’UE s’engage plus.

Pas un mot sur la situation des printemps arabes, à part une brève allusion à la Syrie, qui aurait permis de savoir ce que l’Europe a à dire aux peuples des deux rives de la Méditerranée – notamment à ceux qui croient que l’Union européenne peut jouer un rôle déterminant dans la résolution du conflit israélo-palestinien.

Pas un mot sur la situation sociale de l’Europe, les tensions au sein d’Etats-membres qui, sous le coup de la crise sont menacés de dislocation… Et pour cause, pour Monsieur Barroso, la crise est finie. La plupart des indicateurs pour lui, sont au vert. Reste qu’à ses yeux, la montée des populismes, la question des Roms ou les situations d’injustice que vivent les travailleurs détachés par exemple, tout cela n’existe pas.

Pour lui, les marchés ne sont pas un problème, donc la question de leur régulation ne se pose pas et l’Accord de libre échange avec les Etats-Unis ne représente que des opportunités !

Le mot « marché » revient tellement souvent dans le texte, qu’on a l’impression que Barroso veut rayer Delors de l’Histoire. L’Europe politique et sociale est pour lui inexistante. C’est parce que sous sa présidence, elle a été inopérante.

Barroso n’a jamais pu s’imposer à Merkel et Sarkozy et à part tancer la France, après l’élection de François Hollande, il n’a jamais défendu la Commission et en faire un véritable exécutif articulé avec le Parlement européen.

Monsieur Barroso est le maillon faible des dirigeants européens, mais il demeure indéfectiblement soutenu par le PPE.

En 2014, il faudra plus qu’une alternance en Europe. Il faudra une véritable alternative aussi bien en termes de ligne politique car le bilan des conservateurs est leur boulet, et en termes de leadership avec un président de la Commission déterminé et doté d’une vision de l’Europe dont les peuples ont besoin.

13 Sep

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François Fillon est condamné soit à l’alliance soit au front républicain

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fillonsarkozyL’ancien premier ministre met un parti xénophobe, anti républicain sur le même plan que le Parti Socialiste. C’est peu glorieux mais surtout intenable. Car demain l’UMP sera confrontée à un choix incontournable. Soit le front républicain, soit l’alliance. Et mettre le PS sur le même plan que le FN c’est banaliser un parti anti républicain et donc préparer les esprits à l’alliance.

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13 Sep

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Front national: la grande peur

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lepenLes sondages confirment ce que nous évoquions sur ce blog depuis juin. Les élections de l’Oise et du Lot ont révélé au grand jour ce que la campagne présidentielle de Sarkozy avait permis. En coupant le cordon sanitaire, le diable est sorti de sa boîte. Maintenant il n’est pas prêt d’y rentrer.

La crise économique, la xénophobie ambiante et le bougé lexical de Marine Le Pen ont fait le reste. On est pas contre les arabes mais contre l’Islam. On est pas xénophobes mais laïques voire féministes. On est pas contre l’Europe mais contre l’Euro. On déplace le clivage gauche/droite vers un clivage haut/bas. La triangulation servie par l’image de Marine Le Pen a pour but de faciliter l’adhésion à la xénophobie. Il s’agit de rendre la haine de l’autre et singulièrement des musulmans, assumable. Pour toute personne qui fait du porte à porte, on ne peut qu’être frappé par la réhabilitation du vieux discours de Stirbois à Dreux: la xénophobie et la stigmatisation de la communauté musulmane voir des Roms. Tous les maux de la société française ont pour 30% de l’électorat ce viatique. L’insécurité vient des quartiers, les hausses d’impôts qu’il faut payer et le chômage parce qu’ils sont là. Marine Le Pen y a ajouté une touche anti-euro. Ce national poujadisme va trouver son débouché électoral. Les médias vont l’installer comme François-Henri de Virieu installa Jean-Marie Le Pen en 1983 avec « l’heure de vérité ». Nous sommes entrés dans une séquence longue de tripartisme et de dynamique frontiste. Cela nécessite pour la gauche de s’unir et de tenir le front républicain et pour l’UMP de trancher sur sa stratégie de sursaut républicain. Car ce que ne montrent pas les sondages c’est que l’UMP va être pris entre la dynamique du Front et le remembrement du centre orchestré par Jean-Louis Borloo. Les élections municipales avec une abstention probable seront une nouvelle semonce. Les élections européennes offriront à Marine Le Pen une tribune et une marge de progression.

Mais l’objectif stratégique du Front national dans la marche à la présidentielle ce sont les régionales. Elles seront le rendez-vous des droites. Quant à la gauche il faut l’union nous l’avons dit. Dire « où va la France ? » mais aussi tout à la fois assécher le Front – chômage, insécurité, relance européenne – et mobiliser la gauche – inégalités, pouvoir d’achat, écologie. Ceci dans une bataille pour la croissance sans qui rien n’est possible. Autant dire que le Président, le Gouvernement, la gauche en général et le PS en particulier sont à la croisée des chemins. Car la résistible ascension du Front national ne sera pas sans conséquence pour la France.

12 Sep

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Budget: la trajectoire est bonne

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budgetComme tous les budgets celui-ci est perfectible mais la trajectoire est bonne. D’abord l’ampleur à opérer pour les finances est considérable. Mais il n’est juste que s’il est partagé. L’Etat réduit son train de vie en terme de masse salariale. Les collectivités voient leur dotation se réduire. Les dépenses de l’Etat sont réduites. Ce coup de frein sur la dépense publique n’est pas une doctrine mais une urgente nécessité.

Ensuite la hausse des prélèvements obligatoires sera contenue. La décote permettant aux plus modestes d’être exonérés d’impôts sur 2014 va dans le bon sens. La fiscalité des entreprises ainsi que le coût du travail, seront allégés grâce au C.I.C.E, mais les entreprises seront mises à contribution avec un nouveau prélèvement assis sur l’excédent brut d’exploitation. Nous avons donc un budget en période de disette de croissance et de fort déficit orienté vers la croissance et l’emploi. Et dans ce budget sont sanctuarisées la refondation de l’école, la justice, la sécurité. Pas de quoi pavoiser, mais pas de quoi trépigner de colère. La trajectoire est bonne dans un univers contraint.

Restent trois questions: quid de l’assurance maladie ? Certes ce sera pour le PLFSS mais ce n’est pas neutre. Les mesures pour le soutien au pouvoir d’achat des plus démunis: il ne s’agit pas d’une mesure globale mais ciblée. Enfin la fiscalité écologique qui, pour qu’elle soit durable, doit être fiable et ne saurait se réduire au symbole du diesel !

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11 Sep

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Salvador Allende, presente ahora y siempre

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allendeCe 11 septembre toute la gauche se souvient de ce jour où il pleuvait sur Santiago, ce jour où « Valparaiso ne répond plus ». Il y a quarante ans, le gouvernement d’Unité populaire (UP) de Salvador Allende était renversé par un coup d’Etat militaire, soutenu par les Etats-Unis.

En 1938, le Chili avait été l’unique pays d’Amérique latine à expérimenter un front populaire comme en Espagne ou en France. Trente années durant, il avait été un exemple de stabilité démocratique dans un continent où on ne comptait plus les juntes. Cette exemplarité c’était encore vérifié avec la formation de la coalition de gauche « UP » qui gagna les élections de 1970.

La gauche latino-américaine avait eu avec Allende une voie démocratique vers le socialisme qui n’était ni la révolution armée de Castro ni le romantisme guevariste. Elle qui fut bercée par les ballades de Victor Jara et inspiré par les vers de Pablo Neruda. Elle qui dansa la cueca dans les usines, fut ainsi fusillée par une dictature militaire dont le caudillo mourut dans son lit, malgré le fait que la justice cherchât à lui faire rendre des comptes.

A l’instar de ce à quoi travaillait la gauche française en 1971-1972, les socialistes chiliens s’étaient alliés en 1968 aux communistes, à la gauche de la démocratie chrétienne et aux radicaux (parti social-démocrate). Leur victoire avait de quoi inquiéter les Etats-Unis engagés dans la Guerre froide.

Depuis le renversement de Jacobo Arbenz au Guatemala en 1952 et l’intervention en République dominicaine, si on mettait de côté l’échec de la Baie des Cochons, la démocratie sur le continent américain s’arrêtait là où commençaient les intérêts des Etats-Unis.

Henry Kissinger qui obtint le Prix Nobel de la Paix en 1973 pour avoir réussi à sortir son pays du bourbier de la Guerre du Vietnam avait donné très tôt des instructions pour que la CIA et les agents américains présents dans les firmes ITT aident à la déstabilisation du pays en sapant les bases de l’économie et en organisant la pénurie.

Les manifestations des classes moyennes savamment orchestrées par la droite et l’extrême droite se faisaient avec le bruit des casseroles –Ces cacerolazos importés des manifestations « Algérie française ».

La dictature de Pinochet a réussi parce qu’elle a bénéficié du soutien de l’Occident guerre froide oblige. Il valait mieux dans ces années, une dictature fascisante qu’une démocratie dans laquelle la gauche pouvait gagner les élections. De plus, c’est bien connu, le Chili des années 70-80 fut le laboratoire des Chicago boys, dont le frère de l’actuel président Piñera, les disciples de Milton Friedman, le pape du néo-libéralisme dont Thatcher et Reagan allaient devenir les missionnaires.

Le Chili a réussi sa transition démocratique. L’alternance fonctionne. La réconciliation du pays n’a pas effacé les blessures d’autant que la Constitution en vigueur est toujours celle que Pinochet fit adopter en 1980 et que la justice chilienne elle vient de le reconnaître – n’a pas aidé à établir la vérité sur les milliers de disparus, de personnes torturées et exécutées.

Il faut comprendre que le coup d’Etat au Chili a marqué durablement la gauche française. Il y avait quelques similitudes. Une union de la gauche, une dynamique de victoire. Une droite qui faisait tellement corps avec le pouvoir qu’elle était prête à tout pour le garder…

La victoire de l’UP avait démontré aux socialistes français que l’Union de la gauche pouvait l’emporter dans les élections et que le changement pouvait intervenir rapidement s’il existait un soutien populaire. Le premier voyage de François Mitterrand, premier secrétaire du PS d’Epinay est en novembre 1971 au Chili pour y rencontrer Allende.

En 1973, c’était les « années de plomb » en Europe de l’Ouest. La gauche française venait de proclamer le Programme commun. Dans l’après mai 68, face à une droite détenant tous les pouvoirs, allait-on, en cas de victoire aux élections, connaître un scénario à la chilienne ?

Ce fut l’honneur de la France et des socialistes d’aider les Chiliens. Avec les parlementaires et les diplomates, je pense à nos camarades Claude Estier, François Nicoulleaud ou encore Antoine Blanca.

Depuis, il n’y a pas une section socialiste en Ile-de-France, comme dans le 19e arrondissement, sans ses militants chiliens, dignes et engagés, qui transmettent intacte cette mémoire.

Personne dans la gauche française n’a oublié ces ultimes paroles d’Allende qui résonnent encore, si actuelles : « Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais nul ne retient les avancées sociales avec le crime et la force. L’Histoire est à nous, c’est le peuple qui la construit. »