Vous êtes dans: Expressions

15 fév

6 Comments

Intervention de Jean-Christophe Cambadélis au Bureau National du PS sur la Grèce

par

« Nous allons vivre la 3ème phase de la crise. Après la crise financière, la crise des dettes souveraines, la nuit d’émeutes à Athènes annonce la crise sociale, tant il est vrai que le chômage de masse et la récession, en France nous y sommes, va tenailler maintenant l’Europe.

26% de chômeurs en Espagne, 18% en Grèce, plus de 10% en France, c’est dans toute l’Europe la même litanie. Si l’Allemagne voit son nombre de chômeurs régresser, le nombre de chômeurs pauvres a augmenté, 70% et la classe moyenne est passée de 64% en 1999 à 59% aujourd’hui. (…) La potion Merkel affaiblit l’économie et anémie le social. Et pourtant la droite Allemande continue et continue encore, agitant l’épouvantail de la sortie de l’euro pour la Grèce.

Comme une menace à peine voilée à qui refuserait de voter le nouveau traité européen. Philipp Rösler, ministre de l’économie, ou Guido Westerwelle des affaires étrangères ont sonné la charge contre les demi-mesures Grecques. Même le pro-européen Wolfgang Schäuble a déclaré « la Grèce c’est plus compliqué que la réunification allemande ». La droite allemande veut ramener la Grèce aux années 1950.(…) Mais il y a derrière, ou sous couvert d’équilibre des comptes publics une libéralisation, sous contrainte, des économies européennes. La rigueur est aussi le paravent rhétorique d’une offensive dérégulatrice. Et ceci sous l’égide des ministres des finances dans l’euro-groupe, en dehors de tout contrôle voir débat parlementaire.(…)

Dans quelques jours nous allons avoir nous mêmes à voter la première partie du traité Européen portant sur l’instauration du mécanisme européen de stabilité. Piège juridique puisque ce fond ne donnera droit de tirage qu’a ceux qui auront voté le deuxième volet, dont nous disons que nous voulons le renégocier. Tout du moins le compléter, parce que nous le croyons insuffisant en terme de croissance, peu applicable en terme de contrainte, et vraiment pas démocratique en terme de contrôle. Nicolas Sarkozy n’engage pas la France car le Conseil constitutionnel le dira sûrement: il faudra modifier la Constitution. Et de toute façon il faudra une ratification. Mais c’est un piège politique parce que Nicolas Sarkozy, s’appuyant sur l’intransigeance actuelle de Mme Merkel, veut un faire un argument dans l’élection présidentielle. Il me semble peu conforme à nos engagements de voter pour. Il faudra adopter une position qui réaffirme nos principes et qui permette une renégociation. Nous serons observés, bien-sûr en France, mais dans toute l’Europe et particulièrement en Grèce. »

13 fév

Commentaires fermés

Athènes en feu

par

Le peuple grec ne supporte plus l’austérité sans fin. Au moment où le parlement vote un énième plan d’austérité, les manifestations dégénèrent et des dizaines d’immeubles sont en feu. 100 000 personnes dans la rue dans une manifestation qui tourne à l’émeute. Évidemment on ne peut accepter ces exactions, mais elles sont le symptôme de l’exaspération d’un peuple humilié, sans espoirs. Tous les technocrates du monde devraient comprendre que les peuples ont des limites à l’acceptation. Et celles-ci dépassées les peuples deviennent déchaînés. Tout cela démontre que non seulement l’Europe est loin d’être sauvée par le traité Merkel, mais l’explosion sociale est au bout de l’austérité.

 

 

12 fév

1 Comment

Veillée d’armes !

par

Nicolas Sarkozy va se lancer avec les valeurs de Marine Le Pen pour la France et le traité de Mme Merkel pour l’Europe et la crise. Il ne s’agit plus seulement de battre Nicolas Sarkozy pour ce qu’il a fait, mais de le défaire pour ce qu’il se propose de faire. On l’a compris, en 2007, il triangulait, empruntant à la gauche nombre de thèmes car il voulait incarner la rupture avec Jacques Chirac. Il se proposait de réduire le FN en lui disputant l’électorat populaire.

En 2012, il se veut campiste. Bilan calamiteux oblige, il tente de faire revivre un droite-gauche. Et il dresse une nouvelle frontière entre les Français en jouant avec l’extrême droite – la communauté de destin – persuadé qu’il est que la France est de droite. Ce faisant il annonce un quinquennat épouvantable pour la France. Ce « MERKPEN » serait non seulement une épreuve pour les Français, les plongeant dans la division et la récession. Mais ce serait inadapté pour la France. Il ferait perdre à celle-ci la bataille de la décennie qui vient. Nicolas Sarkozy vient de donner un sens inattendu à l’antisarkozysme dominant. Celui-ci se nourrissait du bilan des promesses non tenues et du style. Il vient par la captation des valeurs frontistes et l’adoption du traité de Mme Merkel d’ouvrir un « jamais ça » dans la campagne !

La présidentielle monte d’un ton. Elle devient le théâtre d’une controverse réelle sur l’avenir. François Hollande va non seulement être le vote qui bat Nicolas Sarkozy, mais celui qui fait barrage à la catastrophe annoncée par l’orientation proposée par le sortant. Nicolas Sarkozy voulait renverser la table en rentrant en campagne. Il renverse la France. Et de fait se jetant sur une ligne de droite dure dans l’arène, Nicolas Sarkozy divise et François Hollande rassemble.

10 fév

Commentaires fermés

Le « merpen » de Nicolas Sarkozy

par

Angela Merkel en Europe et Marine Le Pen en France. Voilà la stratégie de Nicolas Sarkozy. Depuis des mois, il prépare le terrain de son offensive du têt. Dans les cordes, conspué voir détesté, Nicolas Sarkozy n’a de cesse que de déplacer la controverse, pour lui sans espoir, à son sujet. Il a donc construit deux pommes de discorde censées se substituer au vote sanction: le traité européen censé sauver l’Europe et rassurer le centre et la résonance Lepéniste censée préserver l’identité nationale et polariser l’électorat Lepéniste. La cohérence de sa campagne n’est pas le destin de la France, mais une double béquille censée faire sens et rabattre des voix.
Cette martingale est un double abandon, celui de la France et celui de la République. De la France en Europe, où Nicolas Sarkozy aura signé SEUL, à marche forcée, un traité aux couleurs d’Angela Merkel, car enfin ce traité engagerait la France si elle l’avait adoptée. Et Nicolas Sarkozy, à quatre vingt jours de l’élection présidentielle, n’est pas la France. En plus il est la codification juridique des obsessions austéritaires de Mme Merkel qui ne règle rien et conduit l’Europe à se défaire et à la récession. La République ensuite, qui se voit bafouer dans ses principes d’égalité et de fraternité. La justice, depuis le bouclier fiscal, c’est déjà fait, empruntant là les obsessions anti-républicaines de Madame Le Pen.
Une double faute, une double provocation, pour tenter de renverser la table et conjurer un échec qui d’abord est celui de son quinquennat. Si Nicolas Sarkozy accélère c’est que son camp se désespère, c’est qu’il ne peut se présenter seul devant les Français, car son bilan plombe son présent.

 

09 fév

Commentaires fermés

Retour sur l’émission Expliquez-vous: « ne pas commenter toutes les guéaneries »

par

> Cambadélis : « ne pas commenter toutes les guéaneries » (E1)

Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris, est revenu sur la polémique à l’Assemblée nationale après les propos de Serge Letchimy, le député du groupe socialiste, qui faisait le lien entre les déclarations de Claude Guéant sur les civilisations et le nazisme.

« Les propos de M. Letchimy sont les propos d’un homme blessé par des propos blessants. Je suggère dans la situation actuelle de ne pas commenter toutes les ‘guéaneries’ qui circulent à chaque fois que le ministre de l’Intérieur s’exprime parce qu’il s’agit de provocations. Il y a beaucoup de choses qu’il pense et qui sont partagées par des hommes de droite et de l’extrême droite. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut polémiquer, arriver à des situations complexes à l’Assemblée nationale », a déclaré mercredi Jean-Christophe Cambadélis, dans l’émission Expliquez-vous, diffusée simultanément sur Europe 1 et i>Télé.

« M. Raffarin a raison, M. Guéant est ministre de l’Intérieur et pas anthropologue », a-t-il ajouté.

> Cambadélis/TVA sociale : « les prix » augmenteront

Le Conseil des ministres a approuvé mercredi le projet de loi des finances rectificative, qui reprend les mesures annoncées le 29 janvier par Nicolas Sarkozy, dont l’augmentation de la TVA qui passe de 19,6% à 21,2%. Une mesure vivement contestée par la gauche.

« Quant à l’augmentation des prix, je ne voudrais pas être cruel. Je prendrais l’exemple qu’a choisi l’UFC-Que Choisir. L’augmentation sera de 300 à 360 euros par foyer. Ou tout simplement ce qui est mieux c’est de reprendre l’ancien rapport de Mme Lagarde au Premier ministre. Elle disait qu’une augmentation de la TVA augmenterait les prix », a déclaré mercredi Jean-Christophe Cambadélis, dans l’émission Expliquez-vous, diffusée simultanément sur Europe 1 et i>Télé. Avant d’ajouter qu’en Allemagne, « il y avait eu une augmentation des prix ».

Christian Jacob, le patron des députés UMP, a défendu cette mesure indiquant que « l’incidence sera faible ». « Ça nous permet d’avoir un coup de production qui est moins élevé puisque les charges sur salaires baissent. Je pense qu’on est sur une assiette fiscale qui est beaucoup plus dynamique sur la protection sociale. Ajoutons aussi qu’on taxe les importations », a-t-il insisté.

> Cambadélis/Renault : « arriver aux salaires chinois »

Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris a déploré, mercredi, l’inauguration jeudi d’une usine Renault à Tanger, au Maroc.

« Au moins, on (le président de la République) ne dit pas qu’on va relocaliser, au moment où on va ouvrir une entreprise Renault au Maroc, dans lequel l’Etat français à un capital non-négligeable (…) Si on suit ce raisonnement, il faudra arriver aux salaires chinois ou indien, on ne peut ne pas s’en sortir. C’est triste que le président de la république nous ait tenu le discours sur les délocalisations, les relocalisations, la production en France. Honnêtement, on ne peut pas dire que l’augmentation de la TVA et la baisse des charges dans l’entreprise n’aurait pas conduit Renault à délocaliser », a déclaré mercredi Jean-Christophe Cambadélis, dans l’émission Expliquez-vous, diffusée simultanément sur Europe 1 et i>Télé.

09 fév

Commentaires fermés

Hold up à la Cour des comptes

par

La Cour des comptes juge les comptes du gouvernement, pas de l’opposition. Franchement, il faut être gonflé pour transformer un rapport qui pointe une augmentation de la dette, la nécessité de réduire les niches fiscales, etc. en une admonestation vis-à-vis du programme de François Hollande. Comme si le sortant ce n’était pas Nicolas Sarkozy. Comme si la Cour des comptes ne jugeait pas la politique gouvernementale en cours. On a compris que la Cour des comptes indique que la poursuite actuelle de la politique budgétaire minerait un peu plus notre indépendance budgétaire. L’UMP bondit, éléments de langage en bandoulière, c’est une critique du projet Hollande. C’est un peu gros !

08 fév

Commentaires fermés

Charonne : la tuerie du 8 février 1962

par

Il y a pas si longtemps, manifester pour la paix débouchait sur des violences policières d’une sauvagerie telle qu’on pouvait en mourir.

Ainsi la tragique manifestation de Charonne où, le 8 février 1962, la guerre d’Algérie aura une fois de plus ensanglanté le pavé parisien, quelques semaines seulement après les Algériens matraqués le 17 octobre 1961.

Cette manifestation avait été une initiative du Parti communiste et de la CGT, rejoints par la plupart des organisations syndicales comme la CFTC, l’Unef, le Sgen ou la FEN et également le PSU.

Cette manifestation fut interdite par le préfet de police, l’ancien collaborateur Maurice Papon, malgré la médiation tentée, notamment pour l’Unef par Tony Dreyfus, aujourd’hui député du 10e arrondissement.

Le dispositif policier fut plus important pour cette manifestation que pour celle du 17 octobre précédent.

La manifestation devait aller à Bastille. Il y eut plusieurs cortèges, mais pour éviter les barrages policiers, 4000 personnes convergent au carrefour Voltaire Charonne. L’ordre de « disperser énergiquement » la manifestation arrive à 19h37 et le cortège est pris en tenaille.

La charge des forces de l’ordre s’est poursuivie jusque dans le métro. On parle même de jets de grilles d’arbres par certains policiers sur les manifestants.

Ce 8 février, 8 militants, dont le plus jeune a 16 ans, membres de la CGT encartés au PCF meurent, et une neuvième succombera à ses blessures quelques mois plus tard.

Jean Daniel a écrit dans l’Express quelques jours plus tard : « Les 8 morts du 8 février auraient servi, assure-t-on au gouvernement, à démontrer à l’armée et à la droite conservatrice que le rempart contre le communisme était assez solidement maintenu par l’État et que la propagande anticommuniste de l’OAS était pure démagogie. »

Michel Debré alors premier ministre salue avec « admiration » le travail de la police…

Cette tragédie a marqué la gauche française et pendant des années jusqu’au début des années 80 les manifestations faisaient silence devant la station de métro.

La Guerre d’Algérie est finie depuis un demi siècle, mais toutes les plaies ne sont pas encore entièrement refermées. Il appartiendra au prochain président d’écrire avec nos amis algériens, au cœur d’un Maghreb en ébullition, une nouvelle page, plus heureuse de notre histoire commune.

06 fév

2 Comments

Angela Merkel veut garder son avantage sur la France

par

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été marqué par la main mise de la droite allemande sur le couple franco-allemand. Nicolas Sarkozy la cigale via le bouclier fiscal fut fort dépourvu quand la bise de la crise fut venue. Angela Merkel sans transcender avec un taux précaires sans précédent, une crise historique de sa démographie et ses déficits tire son épingle du jeu, imposant à l’Europe une cure d’austérité, autant pour rassurer son opinion que pour protéger sa position dominante. Elle impose au couple franco-allemand les couleurs de la CDU. Alors elle ne veut pas perdre sa position dominante. C’est la raison de son coup de pouce à Nicolas Sarkozy. Comme François Mitterrand avait pu le faire en son temps avec Helmut Kohl. Elle fait coup double, soit Nicolas Sarkozy gagne et elle renforce son rapport de force, soit il perd, elle se sera avancée, ce qui met la pression sur François Hollande.

Dans le Merkozy il ne reste que Merkel. Son parrainage de Nicolas Sarkozy est donc une instrumentalisation. Elle veut garder son avantage actuel.

 

catégorie Ecrits, Europe, Expressions

Tag ,

05 fév

1 Comment

Guéant: l’idéologue du régime Sarkozy

par

De tous temps, sous le Monsieur Guéant, aimable, affable, de commerce agréable, bout un idéologue d’une « droite dure décomplexée », comme dirait son ami Aznar. Arrêtons de dire qu’il drague les voix du FN. La conférence aujourd’hui décriée était privée. Il n’y avait pas l’intention de lancer un appel. C’est bien pire, c’est ce que Monsieur Guéant pense. Une supériorité du monde occidental mise à mal par la montée de l’Islam.

Toute la problématique tient dans le glissement. On évoque pas l’islamisme radical qui partage avec d’autres extrémismes la volonté de remodeler le monde à leur image ou à leurs fantasmes. Non il s’agit au travers d’un glissement sémantique, apparemment anodin, de stigmatiser sous le vocable « civilisation », l’Islam censée être inférieure… C’est le lointain échos du discours de Dakar. C’est le différentialisme culturel cher à la Nouvelle Droite et au GRECE.

Jean-Marie Le Pen a souvent joué sur cette fibre pour évoquer de manière implicite la supériorité de la race indo-européenne. Depuis le Figaro Magazine de Louis Pauwels jusqu’à Claude Guéant, une large partie de la droite partage cette hantise du métissage culturel et ethnique. Au bout il y a la protection de la civilisation de ses ennemis de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Et Monsieur Guéant estime que c’est le patrimoine commun de toutes les droites. En ce sens, c’est l’idéologue du régime Sarkozy qui n’a pas de rivage à droite. Venant du Ministre de l’Intérieur ce n’est pas rassurant.