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27 nov

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Un séisme parlementaire

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120 parlementaires avec François Fillon, si cette nouvelle était confirmée dans les jours qui viennent, elle marquerait une rupture majeure dans l’opposition.  Elle est d’une violence inouïe car elle vise à demander une réélection et donc paralyse l’UMP. Elle met une pression forte sur Jean-François Copé qui, s’il acceptait s’abimerait encore plus. Elle oblige les non alignés, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Baroin, Bruno Lemaire etc. à choisir leur camp qui n’est plus seulement François Fillon/ Jean-François Copé mais pour ou contre la réélection.

C’EST LE CHOC DE DEFIANCE A L’UMP ! Il  donne du temps à François Fillon, avec le vrai faux semblant de l’union via la réélection, pour installer sa dissidence. Cette décomposition en direct de la droite a une apparence François Fillon/ Jean-François Copé. Mais elle a une réalité le désaccord latent sur le bilan du sarkozysme. Gageons que les deux camps y pensent. Mais ils se sont mis dans l’impossibilité de peser. Il reste maintenant la fracture ouverte conduisant au désamour de l’électorat de la droite classique. Le Front National surfant sur la double crise économique et politique à droite, va être en position de force. Car ce que personne ne voit c’est qu’un centre UMP affaiblit laisse libres les alliances à la base lors du 2e tour des prochaines élections municipales. En l’état on va tout droit vers un choc national populiste aux prochaines municipales.

 

25 nov

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75 000 signatures: initiative unitaire vite !

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75 000 signatures pour le droit de vote des étrangers aux élections locales, une initiative unitaire vite !

La pétition pour le droit de vote rencontre un grand succès. Elle a pour but d’aider à un rapport de force pour gagner sur cette belle cause. Mais seule elle ne peut que témoigner. Voilà pourquoi j’ai engagé des discussions avec tous ceux qui ont pris des initiatives en ce sens. Il faut trouver les moyens pour une initiative unitaire en janvier. Le mieux serait que la coordination de la gauche que va fonder Harlem Désir s’en empare. Mais à défaut, partis, associations, syndicats devraient créer une coordination. Voilà ce que je propose à chacun et à chacune pour faire de l’année 2013 une année de lutte et d’initiatives pour faire triompher ce nouveau droit !

23 nov

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Une situation préoccupante

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L’implosion de l’UMP en trois tronçons est préoccupante au-delà des sourires passagers. Il y a de fait une « UMP Copé » sorte de reconstitution d’un RPR dur, une UMP de style Balladurien et une UMP « Borlooïsée ». Ce qui fait du Front National une force relativement équivalente de chaque fraction de droites. Évidemment ceci donne de l’air au président Hollande et à son gouvernement Ayrault. Si ce n’était ce désamour sondagier, injuste mais réel, pour ces derniers. Les écologistes sans réelles prises, l’extrême gauche divisée, les syndicats accaparés par leur succession. Et tout ceci dans une situation où le chômage monte dangereusement. Voilà qui me dit rien qui vaille. La France est mûre pour une vague nationale-populiste au moment où l’Europe refuse de se donner les moyens de rebondir. C’est très préoccupant…

 

22 nov

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UMP: L’odeur de la scission

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La culture bonapartiste s’accorde mal avec la démocratie partidaire. Les procurations, les tripatouillages de toutes sortes ont eu raison de l’imitation des primaires citoyennes du Parti socialiste. Aujourd’hui tout indique que nous sommes au bord de la scission à l’UMP. Il y a fracture morale évidemment mais aussi stratégique entre les deux droites. Après les péripéties du jour où la commission (COCOE) avait oublié 3 fédérations, rien que cela ! Et en présence des deux camps autour de la table en plus. Quand on pense que les mêmes nous traitent d’amateurs… Bref, Jean-François Copé a présenté une fin de non recevoir à François Fillon. Et son « Monsieur Fillon » sonnait comme un « tu ne fais plus partie des nôtres ». François Fillon de son côté exigeait une médiation ou le contentieux, ce qui voulait dire « Copé démission ! » qui avait peu de chance d’être entendu. Donc François Fillon n’ayant pas gain de cause, il ira au contentieux ou une nouvelle élection sera proposée. On imagine l’ambiance. En attendant, le plus probable c’est la lente autonomie des 140 députés. Donc ce soir ce conflit a une odeur de scission.

catégorie Ecrits, Expressions

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20 nov

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Nationalisation des agences de notation !

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Rien ne justifie que le monde de l’économie soit dirigé par ce que Monsieur Trichet dénonçait comme « une petite structure oligopolistique ». Rien ne justifie l’existence d’agences privées qui sont à la fois juge et parti. Elles n’ont pas les moyens humains de leur analyse. Lorsqu’on les comparent au FMI, elles sont des agents idéologiques. Les agences ne sont pas indépendantes. Fitch est controlée a 60% par la holding Fimalac, propriétaire de Vega finances. Et c’est le groupe Hearst corporation qui détient le reste. Moody’s a parmi ses actionnaires le fond Berkshere hathaway inc lui-même propriété de Warren Buffet. Standar and poor a été acquis par le groupe d’édition Mc Graw-Hill qui publie Business-Week. On imagine ce qui structure idéologiquement les agences. En plus, elles sont rémunérées par ceux qu’elles notent. Enfin, les gendarmes de la Bourse ont plusieurs fois pointé les conflits d’intérêt. Quant à leur fiabilité on peut en douter après le scandale Erron, la crise des subprimes, ou la notation de Lehman brother avant son effondrement. Pourquoi dans ces conditions laisser un oligopole ruiner un pays. La France est fiable dans ses statistiques via la Cour des comptes. Ses finances sont controlées par des commissions présidées par un membre de l’opposition. On nous dira vous cassez le thermomètre, non nous nous débarrassons du clystère libéralisme financier.

20 nov

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L’impossible rénovation de l’UMP

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Jean-François Copé l’emporte donc de 98 voix. Nous sommes loin des 2000 annoncées la veille. Fruit du recollement des votes ou d’une négociation ? L’avenir le dira. Mais Jean-François Copé gagne une moitié du parti. Il sera tributaire du bon vouloir de François Fillon qui a annoncé la crise politique et morale de l’UMP. Se drapant dans l’unité, l’ancien premier ministre prépare déjà sa candidature à la primaire de 2016. Le président de l’UMP doit maintenant faire face au Front National sur sa droite et à l’UDI sur le centre, en plus de l’opposition latente du camp filloniste. Il ne peut pas faire l’inventaire du Sarkozysme. D’abord parce qu’il a juré fidélité et que François Fillon s’en emparerait. Mais surtout parce que la motion Pelletier est trop forte. Alors l’UMP ne pourra ni tirer le bilan de Sarkozy, ni régler la contradiction droitisation / alliance centriste. Tout se jouera lors des élections municipales où Copé a fixé le graal de la reconquête. En attendant ne pouvant rien régler, il va tenter de maintenir l’unité par une opposition frontale. Nous voilà prévenus.

19 nov

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Interview pour le Nouvel Obs: « De la droite décomplexée à la droite décomposée »

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Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions du Nouvel Observateur. Retrouvez l’interview sur le site de l’hebdomadaire ici.

Jean-Christophe Cambadélis, le député PS de Paris, avait été l’un des acteurs du Congrès de Reims au Parti socialiste. Pour le « Nouvel observateur », il revient sur la confusion qui règne à l’UMP, au lendemain d’une journée d’élection du président. Au terme de laquelle les deux candidats ont proclamé leur victoire.

La Commission de contrôle des opérations électorales de l’UMP est incapable de donner le nom du gagnant lundi matin. Quel est l’effet de cet embrouillamini pour la droite ?

– On est passé du statut de la droite décomplexée à la droite décomposée ! Ce matin l’UMP se réveille sans leadership. Ils doivent tout reconstituer. Quel que soit le vainqueur, François Fillon ou Jean-François Copé, il se retrouvera face à un dilemme. Il sera à la tête d’un parti qui s’est fortement droitisé.

Vous avez vécu le Congrès de Reims en 2008 de près. Est-ce que l’UMP est dans une situation similaire ?

– C’est évident qu’il y a un parallèle dans la difficulté qu’ils éprouvent pour proclamer des résultats. On s’était retrouvé avec le même problème au Parti socialiste. La différence c’est qu’à Reims, nous n’avions pas mis de système de procuration en place. Or, c’est ce qui semble poser problème aujourd’hui à l’UMP.

Cette confusion pourrait profiter au FN…

– Ce qui se passe à l’UMP est une mauvaise nouvelle pour la démocratie en générale. Dans une période de crise très grave, le spectacle donné par la droite peut renforcer le sentiment anti-politique d’une partie de la population. L’UMP refuse toujours de faire le bilan de sa défaite et de la ligne très à droite du sarkozysme. Ils sont toujours dans une sarko-dépendance. En donnant un score aussi serré, les militants ont d’ailleurs donné une indication. Ils veulent garder une chance au retour de Sarkozy.

Stratégiquement, le PS peut-il se réjouir de voir l’opposition se déchirer ?

– Non, car la droitisation à l’excès crée une surenchère dans la démagogie pour le parti d’opposition. Une droite avec une orientation plus classique peut privilégier l’intérêt national sur certains sujets. A l’heure actuelle, il est très difficile pour l’UMP d’incarner une alternative crédible à la gauche.

 Propos recueillis par Nicolas Chapuis, lundi 19 novembre 2012 – Le Nouvel Observateur

 

18 nov

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Entretien dans le Journal du Dimanche

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C.A: Une partie de la gauche dans la rue contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, la majorité est-elle en train de se fissurer ?

JCC: Nul n’ignorait le nom du Premier Ministre et ses engagements sur ce dossier. Il n’y a pas de surprise. Mais Notre dame des Landes est un symptôme, il y a une faiblesse du point de vue du dialogue à gauche. Dans l’urgence du redressement de la France, nous n’avons pas pu, comme il aurait fallu, associer ni discuter avec les partis de la majorité gouvernementale et même de la gauche. Maintenant que le Président de la République s’est exprimé, que le cap est fixé, l’unité de la majorité est nécessaire. Il y a urgence à mettre en place un comité de liaison de la gauche et des écologistes. Pour dialoguer entre nous et répondre à une droite qui se radicalise.

C.A: Ce comité de liaison doit-il inclure le Front de gauche ?

JCC: Il doit aller au-delà de ceux qui soutiennent la politique gouvernementale. Il faut s’ouvrir aux citoyens dans les ateliers du changement et aux partis politiques qui ne sont pas dans la majorité gouvernementale mais qui étaient dans la majorité présidentielle.

C.A: Le pacte de compétitivité signe-t-il le tournant social-libéral de François Hollande ?

JCC: Ne théorisons pas trop tôt. Il s’agit d’un ajustement, de s’adapter sans se renier. On pourrait plaider la thése sociale-libérale avec les cadeaux aux entreprises et en même temps plaider celle de la régulation avec la création de la Banque Publique d’Investissement et l’entrée des salariés dans les Conseils d’Administration. On va trop vite en besogne.

C.A: François Hollande a amené avec lui, vendredi, en Pologne des grands patrons dont Henri Proglio, proche de Nicolas Sarkozy, surprenant ?

JCC: François Hollande est le président de la France, pas de la gauche. Dans mon livre, La Troisiéme Gauche, je préconise l’alliance des productifs et des progressistes. La France si elle veut construire la République des égaux doit refaire démarrer l’appareil productif. Je suis partisan du compromis historique avec le capital industriel, là où le capital financier reste l’adversaire.

C.A: Le changement, c’est maintenu ?

JCC: Non seulement maintenu mais accru. Il repose sur trois piliers : d’abord la réorientation de l’Europe, ensuite l’assainissement de nos finances et enfin la réindustrialisation de la France. Ils sont tous nécessaires. On ne peut pas faire une politique redistributive dans une situation de quasi récession et de déficits colossaux.

C.A: Le droit de vote des étrangers aux élections locales a semblé être enterré par le Président de la République….

JCC: Pour moi, ce n’est pas une promesse enterrée, c’est un rapport de force différé. Je partage l’idée du président de la république selon laquelle si on n’a pas la majorité des trois cinquiémes, il ne sert à rien de faire battre cette belle idée. Mais je suis satisfait qu’Harlem Désir ait repris dans son discours, hier au conseil national, mon idée d’une campagne pour le droit de vote. Ce combat ne doit pas cesser, l’élection ne peut pas tout, il faut convaincre.

C.A: Que pensez-vous de la Une de The Economist ?

JCC: L’Angleterre n’est pas dans une situation telle qu’elle puisse nous faire la leçon, elle a perdu l’ensemble de son industrie, sauf celle de la finance. Le pays est au bord de l’explosion, avec une fracture communautariste. Mais surtout, à partir du moment où un Président français socialiste avance à petit pas vers une réorientation de l’Europe, les anglosaxons mènent la guerre idéologique à cette France-là.

C.A: Et les Allemands ?

JCC: Je ne suis pas du tout étonné de voir Angela Merkel critiquer à petite touche la France. Elle a symbolisé avec Nicolas Sarkozy une certaine Europe. Le Parti Socialiste Européen va faire le bilan de l’hégémonie de Madame Merkel sur la construction européenne : une récession dans de nombreux pays, des millions de gens jetés dans les rues, des centaines d’entreprises fermées, une situation épouvantable du moral des européens. Bref, il n’y a pas de quoi là aussi faire la leçon à la France. Un grand pays comme l’Allemagne doit respecter les choix français.