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25 Avr

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L’invité d’Elizabeth Martichoux sur RTL

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Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 25 avril l’invité politique d’Elizabeth Martichoux sur RTL.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de RTL par rtl-fr

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle

On a un deuxième tour et une extrême droite qui menace. Dans une majorité de localités, Marine Le Pen est arrivée en tête.

Le score de Benoît Hamon ? « Extrêmement décevant, déroutant, cruel pour les socialistes.  Nous aurons à discuter. Le temps des explications aura lieu. Mais pas maintenant ».

C’est la fin d’un cycle politique, la fin d’une histoire. C’est la fin d’Epinay. C’est ce que je dis depuis maintenant 3 ans. (…) Le Parti socialiste doit s’interroger sur sa nature, sur son organisation, sur ce qu’il est. Est-ce qu’il est un parti social-démocrate ou est-ce qu’il est un parti à vocation macroniste ou mélenchoniste ? Pour moi, c’est un parti social-démocrate à colonne vertébrale social-écologique.

Score du Front national

Je trouve que l’on a eu pendant 48h une sous-estimation du résultat de Marine Le Pen. Aujourd’hui on nous annonce dans les sondages qu’elle est à 40 %, quand on pense au pourcentage que faisait son père à l’époque de Jacques Chirac, c’est quand même une progression d’un million de votants. Elle est en marche, si je puis dire, Marine Le Pen. Donc il faut peut-être s’en occuper. Et je n’ai pas trouvé que les 48h du candidat républicain étaient à un niveau tel qu’il repoussait l’attaque.

Je pense que Jacques Chirac avait une certaine gravité face à Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie Le Pen était évidemment qualifié, les Français étaient surpris, saisis, on va dire. A cette époque là on était instruit, et pourtant, elle est au second tour, malgré une campagne dont tout le monde a dit – à juste raison – qu’elle n’était pas terrible. Donc cela veut dire quand même que le nationalisme en France reçoit des soutiens de plus en plus importants.

Il y avait un certain manque de gravité dans le discours du candidat républicain dimanche. Il était satisfait, il pensait à tort que c’était fait, ce n’est pas fait. Y compris pour Emmanuel Macron, que Marine Le Pen soit en-deçà ou au-delà de 40%, c’est un élément d’importance pour l’ensemble de son quinquennat. Il a mis à côté de la plaque comme avait dit le Général de Gaulle.

Marine Le Pen construit briques par briques. C’est à chaque fois un peu plus. Elle réduit l’écart à chaque élection.

Il faut caractériser et se mobiliser contre le Front National, son danger pour la France et pour la République.

Je crois que Jean-Luc Mélenchon commet une faute politique. Quand on est de gauche, on n’hésite pas face à l’extrême droite, et il faut d’emblée dire que ce combat-là, c’est le nôtre, et on fait barrage. Je ne pense que ça ne remettait pas en cause Jean-Luc Mélenchon et son score.

Entre deux tours et élections législatives

Je vote Emmanuel Macron parce que c’est le dernier candidat républicain en lice face à l’extrême droite.

Le score du Parti socialiste sera beaucoup plus haut aux législatives et il sera très utile pour rassembler tous les progressistes.

Pourquoi voulez-vous qu’on propose un accord législatif à Emmanuel Macron qui le refuse ? Il le refuse. Il a dit qu’il présenterait 577 candidats dans 577 circonscriptions exactement comme Jean-Luc Mélenchon, se préparant ainsi à une situation du quitte ou double. Soit il a la majorité absolue tout seul, soit c’est une cohabitation, soit, il sera obligé ou contraint à une coalition.

 

24 Avr

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Résultat du premier tour de l’élection présidentielle – Déclaration du Premier secrétaire – lundi 24 avril 2017

par

Déclaration de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Lundi 24 avril 2017

Seul le prononcé fait foi

 

 

Mes chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,

 

Hier, le peuple français s’est exprimé de manière souveraine. Ce vote doit être respecté. Mais il n’est pas interdit de l’expliquer. La participation – plus forte que celle qu’annonçaient les sondages – indique de manière claire que les Français ne se sont pas laissés impressionner par les attentats qui visaient à bousculer notre démocratie.

Au moment où je vous parle, l’extrême droite a mis un pied dans la porte du pouvoir en progressant de plus d’un million de voix. J’en mesure la portée pour notre pays et l’immense responsabilité qui revient désormais à notre parti.

Chacun va chercher à caractériser ce premier tour de cette élection un peu hors-sol. Car il faut le dire d’emblée : la France n’a pas réussi son grand rendez-vous avec elle-même. Ce vote insaisissable est le fruit d’une présidentielle anxieuse, nerveuse, fiévreuse et pour finir, douloureuse. Une campagne sans fond visible, où les sujets n’ont pas dominé, dont tout le monde souhaitait qu’elle se termine enfin, alors qu’elle n’aura jamais véritablement démarré. Une campagne dont une majorité de Françaises et de Français n’a jamais pu se saisir malgré le spectacle des meetings et des débats.

Dans cette étrange campagne, il y aura eu beaucoup de colère et de calculs mais très peu de propositions faisant débat sur les attentes politiques et les demandes programmatiques. Ce premier tour fut réduit à une seule injonction : Qui pour battre Madame Le Pen ? Tant il est vrai qu’aux lendemains du Brexit, de l’élection de Trump et sur fond de montée générale du nationalisme en Europe, chacun se demande si le tour de la France n’est pas venu.

Mais cette donnée a pesé au-delà du raisonnable dans l’avant-premier tour.

Le vote utile contre le Front national a littéralement mutilé le débat, qui se sera limité à une série d’engouements pour des personnalités plutôt que pour des projets.

Aucun d’entre eux ne dessinait d’ailleurs une France majoritaire, mais seulement un engagement éphémère dont le ressort était la qualification au second tour, signe d’une victoire assurée – ce qui reste à démontrer – face à la candidate de l’extrême droite. Avec un brouillage des clivages et un brouillard des affaires qui auront empêché le grand débat auquel les Français aspiraient pourtant ardemment et légitimement. Avec enfin, la terrible piqûre de rappel du réel des attaques terroristes qui ont fini d’aggraver le désarroi.

Nous voici devant le résultat. Beaucoup vont vouloir y lire l’émergence d’un nouvel ordre électoral alors que nous sommes uniquement dans un grand désordre politique. Beaucoup vont vouloir y déceler une recomposition là où il faut plutôt voir une certaine décomposition amorcée il y a bien longtemps. Je mets en garde contre les analyses hâtives définitives et les certitudes des nouveaux cours.

La marque de ce premier tour est l’accession du Front national au second tour. Et une victoire sur ce rejet ne fait pas une majorité de projet. Restons prudents.

La présence du Front national au second tour est un choc de forte magnitude pour notre pays, malgré le fait que, contrairement à 2002, les Français étaient prévenus du risque lepéniste. Ainsi, ce premier tour marque tout autant un tournant qu’un tourment.

Ce vote va indéniablement marquer la décennie à venir, qui sera tout entièrement articulée autour de la lutte entre la démocratie et le nationalisme. Entre une démocratie affaiblie et un nationalisme plus ou moins xénophobe mais profondément raffermi, hantant l’Europe mais aussi le reste du monde dit occidental.

C’est dans ce contexte, avec ces éléments en tête, qu’il faut analyser le résultat décevant, déroutant et inquiétant du candidat de la Belle alliance populaire, Benoît Hamon. Ce résultat est dû à un enchaînement d’attitudes dans une conjoncture redoutable, marquée par une laborieuse sortie de crise et le retour du tragique, qui combinés, auraient nécessité l’unité. Que nous ayons été au milieu de la tranchée gouvernementale ou au cœur de la campagne.

C’est une lourde défaite, nous l’assumons, due tout autant à un contexte qu’à l’essoufflement d’un projet politique. Les socialistes n’ont pas été jugés sur leur bilan, ni sur leur projet mais sur la capacité à affronter le 2e tour. Cette élection présidentielle n’est ni un début ni une fin, mais un moment d’une séquence politique, moment cruel pour des socialistes trop divisés. Ces résultats marquent la fin d’une époque et appellent un profond renouvellement tout en gardant la spécificité du Parti socialiste : Gouverner à gauche pour transformer.

L’introspection viendra. L’analyse de cette défaite prendra du temps, car elle vient de loin. Mais pas maintenant. Car le temps de l’explication n’est pas venu. Aujourd’hui, il faut se situer dans le temps de l’action. Et la séquence politique va jusqu’au 18 juin et la fin des élections législatives.

Dans cette période troublée, la main des socialistes ne peut pas trembler. Dans ce grand désarroi, le Parti socialiste assume ses responsabilités et fait un choix de clarté: Marine Le Pen Présidente ? Ça jamais ! Il faut faire barrage à l’extrême droite et voter pour la République.

En conséquence, le 7 mai prochain je voterai, nous voterons pour Emmanuel Macron. Je le ferai sans hésiter, sans détour et surtout sans condition, comme nous l’avions fait pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.

Le Premier Ministre s’est exprimé avec la même clarté. Benoît Hamon est allé dans le même sens. Et je ne doute pas que le Président de la République, qui a été constant dans sa dénonciation de l’extrémisme national-populiste enverra un message fort à la Nation.

Il est de notre responsabilité de mettre en échec l’extrême droite. Tout nous y oblige : nos principes, le poids de notre histoire et l’imminence du danger. Oui, le danger est imminent. Comment ne pas le voir ? Mais, quand nous disons que le Front national est un péril, ce n’est pas uniquement par rapport à son passé, ou à ce qu’il fait au présent dans les collectivités, c’est aussi et surtout par rapport à l’avenir qu’il nous promet.

Le Front national est un danger pour la République et pour la France et donc bien entendu pour les Français. Madame Le Pen va ruiner les Français en organisant le repli aux frontières. La sortie de l’Euro et de l’Europe ? C’est la ruine des petits épargnants et de tous les ménages, l’augmentation des prix et le surendettement national. Madame Le Pen va trier les Français en les obligeant à prouver leur « francité ». Elle remettra en cause la protection sociale et les conventions collectives, au seul profit de « qui on est » et de « qui on n’est pas ». Elle fragilisera la protection de l’Etat en organisant la chasse aux « faux Français » dans l’administration, l’armée, la police, l’école, les hôpitaux.

Ainsi, le programme de Madame Le Pen ne se limite pas à la sortie de l’Europe : Elle veut aussi mettre en œuvre la sortie de la République. En effet, Madame Le Pen s’apprête à piétiner notre devise républicaine.

Il faut se le dire : le Front national ne rendra aucun service à la France. Alors même que Madame Le Pen veut nous faire croire que tous les défis d’aujourd’hui peuvent être résolus au niveau national. Son parti n’apportera aucune solution à la crise économique ou au défi écologique. Encore moins à la menace terroriste. La France est attaquée par le djihadisme de l’EI et confrontée à une multitude de défis. La France a besoin de l’esprit de concorde qui est sa meilleure ligne de défense. Or, le Front national incarne tout l’inverse. C’est le désordre assuré, la crise sociale et la tension entre les Français. C’est un saut, non pas dans l’inconnu, mais dans l’instabilité et dans la division, dans la marginalisation politique et historique de notre grand et beau pays. Le 7 mai au soir, si le plafond de verre s’écroule, il laissera la place à une chape de plomb. Si Madame Le Pen l’emporte, nous ne serons pas « chez nous » mais sans « nous » français.

Ainsi, face à ce danger, j’appelle tous les Français, quel que soit leur engagement partisan, à faire obstacle à la marche de l’extrême droite vers le pouvoir présidentiel.

Ainsi, face à ce danger, j’appelle tous les électeurs de gauche à nous rejoindre dans ce combat : Électeurs socialistes qui ont voulu faire barrage à Marine Le Pen en votant Emmanuel Macron ; Électeurs socialistes qui ont voulu soutenir la démarche originale et courageuse, que je salue, de Benoît Hamon ; Électeurs socialistes enfin qui ont espéré mettre un candidat se réclamant de la gauche au deuxième tour en soutenant Jean-Luc Mélenchon. A tous, je leur dis : aucun choix politique à gauche ne sera possible si Marine Le Pen gagne la présidentielle.

Les socialistes répondent toujours présents quand la France est alarmée, déboussolée et bousculée, quand le tourbillon tragique de l’Histoire s’enclenche à nouveau.

Le Parti socialiste a toujours été l’ardent défenseur de la République. Il l’a maintes fois démontré, jusque dans le cœur de la nuit de l’Occupation. Le Parti socialiste a toujours défendu le principe du barrage républicain. Nous sommes inconditionnellement pour la défaite du Front national, parce que nous sommes inconditionnellement pour la sauvegarde de la République.

Disant cela, j’appelle tous les militants socialistes, dont je salue l’engagement courageux dans cette campagne présidentielle, à redoubler d’efforts, partout, sur tous les territoires, sans relâche ni arrière-pensée, pour repousser le Front national et défendre ensemble les valeurs qui nous unissent indéfectiblement à la République.

Il ne s’agit pas ici simplement d’un appel solennel ou d’une déclaration sans lendemain. Il nous revient de porter ce message sur le terrain, auprès de tous nos concitoyens au moment même où de nombreuses forces politiques seront dans l’incertitude ou le retrait, voire la précaution.

Ainsi, nous allons nous lancer pour faire triompher la République le 7 mai prochain. Dans quelques heures, un tract sera publié à 4 millions d’exemplaires, plusieurs centaines de milliers d’affiches seront imprimées et placardées partout en France, des milliers de porte à porte et des centaines de réunions seront organisées par nos élus et militants tout au long des deux prochaines semaines.

Car il est hors de question de laisser la France perdre son âme. Car, c’est de cela qu’il s’agit : de l’âme de notre pays, du sens de la France.

Puis, viendront d’autres échéances. Nous refusons de les évoquer à présent tant que ne sera pas écarté le danger imminent.

Dans l’époque qui vient, l’avenir appartient à ceux qui sauront conjuguer la cohérence, la cohésion et la confrontation avec les nationalistes. C’est ainsi, la bataille de France vient de débuter. Elle sera longue. Le Parti socialiste y jouera tout son rôle et il sera à sa place : la première.

 


Jean-Christophe Cambadélis : « Il est hors de… par PartiSocialiste

20 Avr

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L’invité de « C à Vous » sur France 5

par

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité d’Anne-Sophie Lapix dans l’émission « C à Vous » sur France  5.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Le patron du PS s’exprime sur Benoit Hamon – C… par C-a-vous

 

Rassemblement « Notre République » en soutient à Benoît Hamon

« Je reviens de la place de la République et il y a énormément de monde. C’est à la fois sympathique et militant. »

Mauvais sondages pour Benoît Hamon? « La plupart du temps, les sondages se trompent. Regardez Trump, le Brexit. (…) C’est le sport électoral, c’est comme ça ! Mais vous savez, on est jugés par les sondages, on n’est pas jugés par la réalité ! Donc quand on sait que dans la plupart des cas, les sondages se trompent, on s’accroche. »

Campagne présidentielle

On a très peu parlé des programmes dans cette campagne.

On a vu qu’il était difficile de poser le débat. Pourtant Benoît Hamon était très bien parti au lendemain de la primaire.

Benoît Hamon a fait un choix stratégique de campagne qui était de dire qu’il avait été élu dans la primaire, pas obligatoirement avec le Parti socialiste pour le Parti socialiste, qu’il avait réussi à drainer – ce qui était vrai – des jeunes, des nouveaux militants, des responsables associatifs et qu’il voulait garder cette veine-là dans la campagne. Donc ne pas être étouffé par un certain nombre de personnes

Meeting de Bercy: Benoît Hamon ne m’a pas proposé de prendre la parole lors de ce meeting, comme il ne l’a pas proposé à différents dirigeants du Parti socialiste ! C’est un choix que moi, je respecte ! Mais je crois que j’ai fait plus de médias que je n’en avais jamais faits dans cette campagne ! Donc j’y ai participé très fortement ! Et je suis en meeting demain à Goussainville.

J’ai fait beaucoup de médias dans cette campagne pour défendre la candidature de Benoît Hamon.

Ceux qui ont parrainé Emmanuel Macron sont en dehors du Parti socialiste. Ceux qui appellent à voter pour lui sont devant  la Commission nationale des conflits

Accord EELV : « Je ne comprends Danielle Auroi ! C’est un accord qu’on a passé avec les écologistes, il a été signé par monsieur Jadot et Cécile Duflot. Donc qu’elle s’en prenne aux responsables écologistes ! Pas à nous ! Nous, nous n’y pouvons rien ! Nous avons fait cette proposition, ils l’ont acceptée, je ne vais pas revenir sur une proposition acceptée par les écologistes ! (…) Ils ont trouvé ça très intéressant pour eux parce qu’ils penseraient qu’ils feraient plus de voix dans ces circonscriptions puisqu’ils seraient soutenus par le Parti socialiste, et que les autres seraient avec Emmanuel Macron. Je ne comprends pas cette polémique !

Cette présidentielle  est tellement atypique qu’on ne peut en tirer de leçon politique. Pour une raison toute simple: parce que, fondamentalement, ça se couplera avec les élections législatives. Et c’est aux élections législatives que l’on reparlera de Jean-Luc Mélenchon et du nombre de députés qu’il aura.

J’essaie de rassembler, bon an mal an, tout le monde parce que je ne veux pas de cohabitation avec la droite, je ne veux pas que ces élections se terminent en fin de compte par la victoire posthume de Monsieur Fillon, même s’il a été battu au premier tour.

Percée de Jean-Luc Mélenchon : « Jean-Luc Mélenchon était plutôt pour le peuple contre la gauche. Aujourd’hui il réintroduit la gauche dans son discours. (…) Le mouvement de Mélenchon c’est Mélenchon. Il n’y a pas de courant. Son mouvement s’incarne dans une seule personne. »

Front national :  » Je sonne l’alarme sur le danger Front national. Je suis clairement contre la droite et l’extrême droite.

Tous ceux qui sont sur l’orientation de rompre avec l’Europe seront à terme dans une situation difficile parce que les Français ne veulent pas sortir de l’Europe et ne veulent pas sortir de l’euro et ils ont raison. Aujourd’hui dans la mondialisation, c’est une nécessité avec une réorientation évidente de l’Europe, c’est une nécessité de garder l’Europe et l’euro.

L’identité, l’insécurité, l’immigration les 3 i. C’est le grand classique de l’extrême droite française comme de l’extrême droite de l’Europe. Marine Le Pen revient à ses fondamentaux car elle sent que la situation n’est pas aussi simple qu’elle le pensait. Elle est obligée de revenir à Jean-Marie. »

 

09 Avr

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Interview à La Provence

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La Provence publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Le Président américain, Donald Trump a fait bombarder une base aérienne en Syrie, a-t-il eu raison ?

François Hollande avait déjà proposé de le faire en 2013 quand Bachar Al Assad avait gazé son propre peuple pour la première fois. Si on l’avait écouté il n’y aurait pas eu 300 000 morts et la situation serait toute autre. Aujourd’hui il semble nécessaire de répliquer, mais il faut le faire dans le cadre de l’ONU ou bien d’une coalition.

Vladimir Poutine dénonce une « agression » contre « un Etat souverain » ?

Tous ceux qui soutiennent Poutine, et ils sont fort nombreux en France, doivent regarder le bout de leurs chaussures. Il serait important qu’ils nous disent ce qu’ils pensent des réactions de M. Poutine qui soutient un dictateur qui gaze son propre peuple.

Pour la présidentielle, vous avez décidé de vous en remettre à la Commission Nationale des conflits pour décider du sort de ceux qui appellent à voter pour Emmanuel Macron. Est-ce un aveu de faiblesse ?

Lors du bureau national nous avons réaffirmé notre soutien à Benoît Hamon. Nous avons décidé que les parlementaires socialistes qui soutiennent Emmanuel Macron devront passer devant la Commission des conflits.  Quant à ceux qui le parrainent, ils devront être sanctionnés. On ne peut pas à la fois, jouer pour l’OM et l’OGC Nice.

En ne prenant pas de décision vous cherchez à obtenir le maximum d’élus députés socialistes aux législatives qu’ils aient voté Hamon ou Macron ?

Je veux, oui, obtenir le maximum de députés 100% socialistes et non pas des députés hybrides macrono-socialistes ou socialo-mélenchonistes qui se feraient élire sous l’étiquette PS mais qui une fois élus, siègeraient autre part. Donc, je leur demande de s’engager à siéger au groupe socialiste. C’est une question de clarté pour les électeurs.

Pour une majorité de Français Jean-Luc Mélenchon incarne la gauche, n’est-ce pas à lui de la fédérer ?

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas incarner la gauche mais le peuple contre la gauche. Sinon il aurait accepté en début de campagne l’alliance avec Benoît Hamon qui de tous les socialistes, lui est le plus proche. Il a tiré un trait sur l’union des gauches et des écologistes à la grande satisfaction des libéraux et conservateurs de notre pays.

Emmanuel Macron n’a-t-il pas raison de dire que le PS est devenu une coalition de gens qui ne sont plus d’accord sur rien ?

Sa coalition à lui réunit à la fois, le très libéral Mr Madelin, le très communisant, Mr Robert Hue, 11 anciens ministres de Jacques Chirac et 2 ou 3 ministres actuels ou anciens de François Hollande. Il s’agit plutôt d’une coalition des contraires que d’une formation unie sur une perspective politique.

Dans l’hypothèse d’une victoire d’Emmanuel Macron, comment pourriez-vous empêcher votre aile droite de le rejoindre et votre l’aile gauche de rejoindre Jean-Luc Mélenchon ?

« Mon aile droite » comme vous dites, n’aurait aucun intérêt à le faire puisque la place est occupée par Emmanuel Macron. « Mon aile gauche » n’y aura pas non plus intérêt puisque la place est occupée par Jean-Luc Mélenchon. L’une et l’autre n’auront qu’une seule solution : se regrouper au sein d’un PS puissamment rénové pour qu’à terme, il retrouve sa place centrale au sein de la gauche.

Le PS paye-t-il aujourd’hui l’attitude des frondeurs ?

Oui. Dans cette histoire tout le monde à sa part de responsabilité. Ils ont contesté parce qu’ils avaient des convictions. Ils n’ont pas respecté les décisions du Congrès. Ils ont mené jusqu’au bout cette contestation au point de vouloir déposer une motion de censure contre leur gouvernement. Aujourd’hui évidemment, fort de ce précédent, d’autres contestent la campagne de Benoît Hamon. Ce qui veut dire qu’il faut refaire l’unité du PS sur un socle solide, où chacun partage les mêmes droits, les mêmes devoirs.

 Regrettez-vous que François Hollande ne se manifeste pas pour soutenir la candidature de Benoît Hamon ?

Le seul candidat qu’il ait reçu est Benoît Hamon, il a donc donné une indication. Je crois qu’il parlera entre les deux tours de l’élection présidentielle et ce sera bien suffisant.

Vous envisagez un PS métamorphosé, cela veut-il dire que vous tirez un trait sur le parti fondé en 71 à Epinay par François Mitterrand ?

Je tire un trait sur le PS d’Epinay qui voulait l’union de la gauche. Cette union est maintenant refusée par Jean-Luc Mélenchon. Il y a un centre qui s’est distingué de la droite ce qui est nouveau. Le paysage politique a changé. On peut maintenant évoquer une alliance des électeurs de Macron à Mélenchon. A nouvelle époque, il y a nécessité à proposer une nouvelle offre politique.

Envisagez-vous de changer le nom du PS ?

Spontanément non. Mais toutes les questions peuvent être posées.

Quelle serait la ligne politique de ce PS rénové ?

Il serait autonome, à la remorque de personne mais rassemblant les électorats progressistes. Social écologiste dans la société. Social démocrate en économie et pro-européen parce qu’antinationaliste.

Ça ne change rien, puisque c’est déjà le cas ?

Pas tout à fait. Il est nécessaire d’opérer une vraie rupture avec le socialisme à la papa.

Quand ce nouveau parti verra-t-il le jour ?

D’abord il faut aller jusqu’au bout dans la campagne présidentielle avec Benoît Hamon. Ensuite, réaliser le meilleur score possible aux législatives. Enfin, se laisser un peu de temps pour organiser de nouvelles assises du PS et installer une nouvelle direction.

Ce PS rénové pourrait-il entrer dans la majorité parlementaire du – peut-être président Emmanuel Macron ? 

Emmanuel Macron n’est pas élu et il est clair qu’il a envie de gouverner seul. Nous, nous sommes toujours disponibles pour faire avancer le progrès en France. C’est le sens de la candidature de Benoît Hamon.

 

Propos recueillis par Farida Setiti

07 Avr

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Stockholm : le Parti socialiste condamne l’attentat au camion fou

par

Cet après-midi, un camion fou a renversé des passants à Stockholm. Devant cet acte délibéré, les autorités suédoises évoquent un « attentat ». Des morts et des blessés sont à déplorer.

Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté ce nouvel acte barbare qui, après Nice, Berlin et Londres, nous rappelle tristement que la lutte contre le terrorisme se poursuit chaque jour.

Il présente ses condoléances aux familles des victimes, aux habitant-e-s de Stockholm et apporte tout son soutien aux autorités suédoises qui ne manqueront pas de traduire en justice les auteurs de cette ignominie.

07 Avr

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L’invité de Fabien Namias sur Europe 1

par

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Fabien Namias sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Syrie, Emmanuel Macron, PS: Jean-Christophe… par Europe1fr

 

Syrie

Le monde dangereux s’invite dans la présidentielle. On s’aperçoit que ce n’est pas simplement une partie de plaisir pour désigner le plus sympathique et que nous sommes dans une situation mondiale pour le moins déséquilibrée. Je pense qu’on aurait dû écouter François Hollande en son temps, quand il avait proposé à la communauté internationale de frapper le régime de Bachar el-ASSAD lors de la première fois où il avait gazé son peuple

Il faut frapper mais dans un cadre multilatéral. La communauté internationale doit faire bloc mais dans un cadre de droit.

Emmanuel Macron

Il a été longtemps le conseiller de François Hollande, il a été le ministre de l’Economie. Il n’y a pas de honte à avoir été dans ce gouvernement de Manuel Valls et d’avoir été un des soutiens et un des concepteurs de la politique de François Hollande sur le plan économique.

Parti socialiste et campagne présidentielle

Au Parti socialiste contrairement à En Marche! nous avons des procédures qui sont des procédures collectives, des procédures où il y a des gens qui sont non pas désignés mais élus par les militants, et puis il y a un certain nombre de statuts qu’il faut respecter.

Les élus socialistes qui soutiennent M. Macron sont renvoyés devant la commission des conflits. e ne peux pas décider moi tout seul que les gens sont virés ou pas.

Il n’y a pas de double appartenance. Ceux qui adhèrent ou parrainent Emmanuel Macron n’auront pas l’investiture  du Parti socialiste et s’ils se maintiennent ils seront exclus, parce qu’on ne peut pas être membre de deux clubs. On ne peut pas jouer à la fois avec le PSG et Monaco. Ce n’est pas possible. Au Parti socialiste, c’est la même chose. On ne peut pas être au PS et à En Marche! Il n’y a pas de double appartenance. J’ajoute une chose, parce que j’en ai fait la proposition hier soir au bureau national. C’est que tout candidat à l’élection législative signera un engagement comme quoi il siègera, s’il est élu, au groupe socialiste. On ne peut pas siéger à la fois au groupe socialiste et à En Marche !

Exclusion de Manuel Valls? « Jusqu’à preuve du contraire, ce que la commission nationale des conflits va démontrer, c’est est-ce qu’il adhère ou pas à En Marche! Est-ce qu’il est adhérent de En Marche! ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’il a décidé de quitter le Parti socialiste ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’il a parrainé monsieur Macron ? Je ne le pense pas. Vous voyez que nous ne sommes pas des gens qui coupons les têtes comme cela. Il y a une instruction et on discute avec ceux qui sont déférés devant la commission nationale des conflits ».

Je vous ferai remarquer que nous sommes le seul parti qui n’a pas de dettes. Le seul.

La campagne de Benoît Hamon a été obstruée par le brouhaha autour des affaires et la ritournelle sur « Qui peut battre Marine Le Pen ? »

Benoît Hamon fera un bon Président. Je le soutiens, j’ai lancé un appel d’une centaine de personnalités pour être derrière lui, j’ai organisé une convention nationale. Je crois qu’il est nécessaire d’avoir l’unité du Parti socialiste. Nous sommes derrière lui.

François Fillon – Cabinet noir

François Fillon c’est le retour du refoulé, ils se souvient peut être de l’époque où il était au pouvoir avec Nicolas Sarkozy. ps cabinets noirs quand il était PM avec Sarkozy

01 Avr

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Interview à Ouest France

par

Ouest France publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

 

Vous avez dit votre tristesse après le choix de Manuel Valls ou de Jean-Yves Le Drian… Y a-t-il de la colère ?

La tristesse passée, c’est une position que je combats. Car on ne peut pas faire de chèque en blanc à Emmanuel Macron. Je peux comprendre que, à tort les électeurs pensent que c’est un moyen d’empêcher François Fillon de revenir et de battre Marine Le Pen, mais ceci aura des conséquences politiques. Car derrière un candidat avenant, il y a des propositions discutables et d’autres qu’il faut  repousser.

Valls doit-il être exclu ?

Je ne crois pas qu’une Saint-Barthélemy des socialistes soit le meilleur service à rendre à notre candidat à moins de trois semaines du premier tour. Benoît Hamon a lancé un bienvenue à ceux « qui se sont trompés ». Moi, j’appelle les socialistes à se ressaisir et à se concentrer sur la campagne de Benoît Hamon, à indiquer en quoi celle-ci est utile pour la gauche et pour la France.

Y aura-t-il des exclusions ?

Les choses sont simples. Je veux respecter à la lettre nos statuts, car au PS il n’y a pas de fait du prince. Il ne peut pas y avoir de double appartenance. Donc, quand on adhère à En marche !, on quitte le PS. Quand on parraine Emmanuel Macron, on ne peut pas se présenter au nom du PS. Dans ces conditions, c’est un socialiste ou un écologiste qui aura l’investiture aux législatives. Ceux qui se présenteront contre un candidat soutenu par le PS seront exclus. Pour le reste, on peut condamner et combattre sans pour autant épurer.

Comment jugez-vous la campagne de Benoît Hamon ?

Il a eu un début de campagne entravé par les affaires, par la macronite aiguë qui s’est emparée d’une partie de l’opinion, et aujourd’hui par une petite mode mélenchoniste. Ce qui ne lui a pas permis de montrer qu’il représente tout à la fois des gens venus du Modem, comme Jean-Luc Bennahmias, des radicaux, comme Sylvia Pinel, toutes les nuances des écologistes et la majeure partie du PS. Ce qui l’a placé quand même en 2e position au niveau des parrainages.

Comment expliquez-vous que Mélenchon ait pris l’ascendant sur Hamon ? Qu’est-ce ça dit de l’état de la gauche ?

Ça ne met dit rien de l’état de la gauche, parce que pour Jean-Luc Mélenchon, il ne s’agit pas d’être au second tour, mais de battre Benoît Hamon. Ce n’est pas un choix stratégique des électeurs, mais une impression consécutive au débat télévisé, où Jean-Luc Mélenchon a fait le job. C’est totalement conjoncturel à condition que les socialistes soient capables de défendre une solution politique, refusant une gauche qui ne pense qu’aux pavés et un centre qui ne pense qu’aux palais.

Benoît Hamon est-il suffisamment respectueux du bilan de François Hollande ?

Le PS soutient François Hollande d’autant que les résultats économiques semblent nous donner raison, mais l’objet de la présidentielle n’est pas de juger le passé, mais d’éclairer l’avenir. Or, les quatre transitions sur l’écologie, le travail, l’Europe et la démocratie proposées par Benoît Hamon sont les seules réponses d’espoir dans une présidentielle où on cherche à activer le désespoir.

Vous joignez-vous à l’appel au rassemblement lancé par Hamon en direction de Mélenchon ?

Le même jour nous avons vu Emmanuel Macron indiquer que les ralliements n’étaient pas désirables et Jean-Luc Mélenchon répéter qu’il était contre l’unité, puisqu’il veut seulement une insurrection citoyenne. Lancer les appels à des candidats qui refusent d’être partenaires ne me semble malheureusement pas d’une grande efficacité à cette étape.

Les primaires sont-elles condamnées ?

Les primaires peuvent être utiles, on l’a démontré en 2011 avec François Hollande dans un débat très coriace entre lui et Martine Aubry. Elles avaient permis de surmonter les divergences dans la gauche. Cette fois, elles ont permis à un candidat de surgir. Je rappelle que dans les premiers sondages, il était à 18 %. La situation confuse et cotonneuse n’a pas permis pour l’instant de confirmer. Je n’enterre pas les primaires, car c’est un vecteur de rassemblement quand les partis sont affaiblis

Avez-vous encore l’espoir de sauver le Parti socialiste ?

Le PS est un grand parti et une élection ne fait pas son devenir, sinon nous aurions disparu après 2002. Quant aux divisions, elles sont inhérentes à cette formation politique. Souvenons-nous de ce qu’on disait au lendemain du congrès de Rennes ou le jour où Michel Rocard est devenu premier secrétaire, lorsque 20 fédérations ont fait sécession… La disparition du PS est un marronnier politique.

Le prochain congrès sera-t-il le congrès de la clarification ?

Le prochain congrès marquera la fin définitive du cycle d’Épinay ouvert par Mitterrand en 1971. Nous sommes dans une nouvelle époque politique. La gauche de la gauche refuse l’unité au PS. Le centre a pris ses distances vis-à-vis de la droite. Les partis verticaux sont concurrencés par des rassemblements horizontaux. La question sociale n’est plus le seul élément du progressisme, l’écologie et le bien être humain deviennent ses nouveaux vecteurs. Nous assistons à la décomposition de la Ve République et nous resterons confrontés à une montée du nationalisme dans le monde occidental. C’est une toute nouvelle époque qui commence. Je proposerai un nouveau projet progressiste, un vrai renouveau, un vrai dépassement du PS que nous avions tenté avec la Belle Alliance Populaire. Le temps des partis imposants est terminé. Il faut se mettre en capacité de construire des coalitions de citoyens et des regroupements de partis.

Benoît Hamon sera-t-il appelé à jouer les premiers rôles ?

Tout le monde sera appelé à jouer un rôle. On ne peut pas commencer les débats par des excommunications. Le PS a toujours su surmonter ses affrontements internes, entre Mitterrand et Rocard, Jospin et Fabius, Royal et Aubry.

Une alliance avec Macron, s’il est élu, est-elle envisageable ?

D’abord il n’a pas gagné. Ensuite il ne le veut pas. Je ne vais pas me poser des problèmes qui ne se posent pas.

Propos recueillis par Thierry Richard

 

29 Mar

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Déclaration de Manuel Valls : réaction du Premier secrétaire

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Je suis triste de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls de ne pas soutenir Emmanuel Macron.

Je combats cette position. Notre candidat, après la primaire et la convention unanime des socialistes, est Benoît Hamon. Il doit représenter tous les socialistes, les radicaux et tous les écologistes.

Emmanuel Macron ne désire aucun ralliement. Avec une certaine fébrilité, il a précipité une conférence de presse définissant sa majorité présidentielle comme s’il était déjà élu président. Emmanuel Macron fait le tri dans ses futurs soutiens, ce qui est tout de même baroque à un mois de l’élection présidentielle et surtout dangereux dans la perspective éventuelle d’un deuxième tour face à Marine Le Pen.

Le Parti socialiste rappelle qu’il sera, comme toujours, au rendez-vous du combat contre le Front national.

Devant la fragmentation française, source d’une crise sans précédent de la Vème République, nous restons socialistes.

J’appelle tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence pour une gauche qui gouverne et qui transforme.

28 Mar

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L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

Disparition du Parti socialiste ?

Ce n’est pas une élection qui fait l’histoire d’un parti sinon nous aurions disparu en 2002

Les électeurs ne sont pas encore dans le choix mais dans le pronostic.

Déplacement de Benoît Hamon en Allemagne

Le soutien de Martin Schulz à Benoît Hamon est un renfort de poids.

Je ne pense pas qu’on lutte contre le Front national en faisant des barrages. Il faut faire une politique qui doit permettre de tarir le FN.

Campagne présidentielle

Benoît Hamon est le 2e derrière François Fillon en terme de parrainages! 172 parlementaires socialistes, 13 ministres, ce n’est pas rien!

Benoît Hamon a plus de 400 parrainages de plus qu’Emmanuel Macron et plus de 1000 de plus que Jean-Luc Mélenchon.

En Ile-de-France plus de 300 élus socialistes soutiennent Benoît Hamon.

Benoît Hamon doit être le candidat de tous les socialistes et de tous les écologistes.

Au second tour nous serons tous derrière le candidat républicain face au Front National.

Soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron ? 

Manuel Valls parle demain sur BFM TV et Emmanuel Macron précipite une conférence de presse. Demain, président de la République, il va en déclencher tous les jours ? Parce que des événements comme ça, il y en aura tous les jours! Quelle fébrilité!

C’est une faute politique. Alors qu’il n’est pas encore élu, il définit sa majorité présidentielle ? Ce sont les sondages qui font la majorité ? Les Français n’ont pas encore voté… C’est un déni de démocratie.

C’est une faute politique car il exclut d’emblée des gens dont il aurait besoin au 2e tour face à Marine Le Pen s’il y était.

11 anciens ministres de Jacques Chirac rejoignent Macron, on est pas dans le renouveau mais dans la continuité de l’ancien régime.

27 Mar

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Hommage à Henri Emmanuelli – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – lundi 27 mars 2017

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Hommage à Henri Emmanuelli

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Le 27 mars 2016

(Seul le prononcé fait foi)

 

 

Mesdames et Messieurs les membres de la famille d’Henri Emmanuelli,

Cher Benoît, notre candidat,

Mesdames et Messieurs les secrétaires nationaux et membres du Bureau national du Parti socialiste,

Monsieur le premier secrétaire fédéral des Landes, cher Stéphane,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Chers amis, chers camarades,

 

Faire corps.

Corps avec le socialisme.

Corps avec les Landes.

Corps avec la gauche et son peuple.

Faire corps : si Henri Emmanuelli avait voulu une devise, j’aurais sans doute choisi celle-ci. Car il a épousé tous ses combats et n’en a abandonné aucun. Son dévouement à ses résolutions était entier. Jusqu’au sacrifice.

Ce corps noueux, ce corps tendu, mû par une vitalité puissante et porté par une rectitude hors du commun,

Ce corps qui ne renonçait jamais s’est éteint à jamais.

Mais sa mémoire demeure. Ce qu’il était demeure. Honorer sa mémoire, c’est honorer ses combats. Honorer ses combats, c’est les mener à bien. C’est le chemin que tu revendiques, cher Benoît. Celui que nous poursuivons ensemble, aujourd’hui, à tes côtés. La disparition d’Henri nous remplit de tristesse, mais nous appelle aussi, à notre tour, à ne jamais renoncer.

Faire corps avec soi, être fidèle à soi : c’est une vertu si rare. Henri Emmanuelli s’est tenu dans la vie parmi ceux qui refusent les faux-semblants. Parmi ceux qui ne cherchent pas à jouer d’autre partition que celle qu’ils se sont attribués – ou que la vie et ses vicissitudes leur ont attribuée. C’est pourquoi il n’aimait ni la séduction ni la lâcheté. L’une et l’autre font sortir du chemin.

Mitterrand disait de lui qu’il était fait de l’acier dont on forge les glaives. C’était un homme de volonté et de bonne volonté « l’extériorisation de la volonté comme volonté subjective ou morale est l’action » disait Hegel. Il était donc homme d’actions.

Ce n’est pas lui qui aurait dit « j’ai changé » : , cette idée n’avait aucun sens pour un homme resté loyal à ses valeurs – l’humanisme, la justice, l’égalité, l’Europe – jusqu’à son dernier souffle.

Il est exigent d’être fidèle à soi. L’exigence prend parfois l’apparence de la rugosité. Henri n’en était pas dépourvu. Je garderai toujours en mémoire, au Congrès de Rennes, l’une de ces saillies dont il avait le secret : « nous avons perdu deux jours et deux nuits, disait-il, à parler de procédure. Alors que nous aurions dû parler de politique ». Dans un combat, il savait être féroce. Mais dans la vie, d’une grande élégance.

Ceux qui l’ont connu président de l’Assemblée et présidant la Commission des finances pourront en témoigner. Avec ses amis, il pouvait être dur. Mais il était aussi d’une immense générosité – je dirais même d’une grande fraternité. Il ne refusait jamais le débat : il s’y jetait au contraire tout entier. Mais il fallait être à la hauteur. Savoir argumenter. L’exigence qu’il avait pour lui-même était une exigence forgée à l’épreuve de la raison.

Faire corps avec le socialisme, être fidèle à lui : Henri Emmanuelli s’y est appliqué avec constance, rigueur et loyauté. Entré en socialisme avec Epinay, il ne l’a jamais quitté. Jeté dans le chaudron électoral à l’âge de 27 ans, il a laissé derrière lui la carrière confortable qui l’attendait pour se donner tout entier à l’homme et à l’idée.

A l’homme : son attachement indéfectible à François Mitterrand, auquel il devait son engagement, était connu de tous. Il le revendiquait ; il l’a démontré. Dans les tempêtes que connut le président, il fut un rocher.

A l’idée : Henri plaçait le social au-dessus de tout. C’est pourquoi il plaidait pour une critique radicale du libéralisme, inquiet que ses deux piliers, l’économie de marché et le libre-échangisme, ne relèguent « le social en sous-produit éventuel de l’économie ». Certain que les invisibles et les inaudibles, les ouvriers, les employés, les plus modestes et les plus vulnérables, seraient les premiers à en payer le prix.

On a parfois dépeint cette fidélité à ses convictions comme un immobilisme. Un refus de voir que le monde avait changé. Dans les congrès socialistes, « archaïque » était un mot qui fusait. Il en était le destinataire. Non sans provocation, il l’assumait : « Archaïque, disait-il, et fier de l’être ! » Ce mot qui se voulait un trait blessant – petitesse humaine – était pour lui un motif de fierté. Car « l’archaïque » savait d’où il venait. Il se savait fils d’ouvrier communiste, renvoyé de son entreprise pour ses convictions, et mort électrocuté – en haut d’un clocher – alors que son fils n’avait que 11 ans. Son point d’ancrage intime fut un point d’ancrage pour plusieurs générations de socialistes.

« L’archaïque » savait où il allait. Technophile sans jamais être technocrate, il avait bien perçu les transformations à l’œuvre avec le numérique et la globalisation. Il percevait aussi les signaux faibles. Il s’en inquiétait parfois.

J’ai retrouvé ces mots prononcés il y a dix ans, au cours d’une université d’été du NPS. Des mots tristement lucides et cruellement visionnaires : « les opinions publiques, disait-il alors, se laissent gagner par une tentation populiste dangereuse dont l’inspiration se situe à l’extrême droite de l’échiquier des valeurs politiques, plutôt que dans le répertoire des valeurs de la gauche. » Cette drôle de campagne, comme on parle de drôle de guerre, en a le goût amer.

Cette fidélité au socialisme se conjuguait naturellement à une fidélité au Parti. Comme secrétaire national, trésorier, puis premier secrétaire, il l’a servi. Membre de la majorité ou membre de la minorité, il l’a servi. Entièrement. Totalement. Jusqu’au sacrifice.

Henri était un homme sur lequel on pouvait compter – et ce fut la force et l’honneur du Parti de le compter parmi les siens.

Henri était un homme qui savait passer le témoin – et c’est la force et l’honneur du Parti de voir encore vivante et flamboyante la tradition qu’il incarnait.

Henri était un homme qui nous exhortait à ne jamais nous perdre par peur de perdre – et c’est là que résidera toujours l’honneur du Parti socialiste.

Un parti palpite au rythme des désaccords et des rassemblements. C’est ainsi qu’on s’assure qu’il est un corps vivant. Henri le savait et ne croyait pas aux vertus du schisme. Henri le savait et ne croyait en rien aux aventures individuelles.

Pour lui, le Parti était central, sans avoir besoin d’être centriste. « Je vous mets tous en garde, nous a-t-il dit un jour : si vous voulez que le Parti socialiste prenne son envol (…), il lui faut deux ailes, avec le corps au centre, sinon, ça ne marche pas. » C’était en 2005, quelques semaines après le référendum sur la constitution européenne.

Le même Emmanuelli s’inquiétait alors de la multiplication des ailes gauches et pourfendait en même temps le Solphérinodactyle, étrange animal cloué au sol par une aile droite hypertrophiée.

C’est le même Emmanuelli, premier secrétaire du Parti qui avait appelé à la candidature de Jacques Delors à l’élection présidentielle.

C’est le même Emmanuelli, qui s’opposa à Lionel Jospin dans la première primaire interne de notre histoire, puis se rangea sans hésiter derrière le vainqueur. J’ai gardé la mémoire vive de ce geste car Lionel Jospin se qualifiant pour le second tour de l’élection présidentielle, il prépara avec méthode l’accession de ce dernier au poste de Premier secrétaire. Il n’en fut pas remercié.

Car Henri avait une certitude : on n’assure pas l’unité des socialistes en voulant faire leur uniformité.

On se rencontrait dans un bistrot pas loin d’ici où il déjeunait tous les mercredis avec son fils. Il m’avait dit « Ne touche jamais à la proportionnelle dans le Parti sinon je me fâcherai. Epinay, Mitterrand, c’est cela le libre jeu des courants permettant de vivre ensemble » dans le Parti socialiste.

Faire corps, donc. Avec soi. Avec le socialisme. Avec le Parti socialiste. Et faire corps avec les Landes. Ce fils de Corse, ascendant béarnais, cet homme de relief tout en relief, s’est choisi une terre où l’horizon n’est fermé que par les forêts de chêne-liège et de pin.

Cette terre réputée hostile et marécageuse, que les hommes ont patiemment et habilement transformée.

Cette terre, qui fut longtemps conservatrice, qu’un jeune homme de 37 ans arracha à la droite, après en avoir été élu député cinq ans plus tôt.

Cette terre promise à la gauche, où Napoléon III implanta un domaine impérial près du village de Solférino, et où François Mitterrand avait choisi une bergerie comme lieu de villégiature.

Cette terre et ces bords de l’Adour, Henri Emmanuelli les a passionnément aimés. Il leur a consacré sa vie, les transformant à son tour, les faisant vivre et les faisant produire. La solidarité, l’éducation, l’économie, l’écologie des Landes ont été changées par l’homme de la Chalosse. Il en connaissait les moindres parcelles, les moindres recoins, tous les habitants.

Ceux qui ont travaillé à ses côtés – je pense à Alain Vidalies, à Stéphane Delpeyrat, à Stéphane Cahen, à bien d’autres encore – racontent un homme parfois impulsif mais toujours impulsant. Projeté dans l’avenir, mais toujours ancré dans la réalité du présent. Un homme qui visait loin, mais ne prenait pas de haut. Un homme entier, un homme d’Etat, dont le visage se confond désormais avec le territoire qu’il a présidé, 35 ans durant.

Henri mettait ses idées à l’épreuve du concret.

Henri connaissait les difficultés de l’exercice du pouvoir : « la contrainte tous les matins et le compromis bien souvent tous les soirs » nous a-t-il dit un jour.

Mais Henri s’empressait d’ajouter : « cela ne peut pas constituer un horizon politique. L’horizon politique, ce sont les objectifs. Il ne peut y avoir de dynamique sans une certaine forme d’espérance. »

Merci, Henri, d’avoir autant fait corps avec la gauche, avec son histoire et son peuple.

Merci, Henri, d’avoir été la vigie, le point d’ancrage, de tant de socialistes.

Merci, Henri, de nous avoir si souvent rappelé l’essentiel : « être là pour répondre aux espérances du peuple de gauche, et non pas pour faire son bonheur malgré lui ou à côté de lui. »

Aujourd’hui, nous pleurons un homme, mais nous saluons un immortel.

 


Cérémonie d’hommage à Henri Emmanuelli par PartiSocialiste

 

Crédit photos: Parti socialiste – Mathieu Delmestre