Vous êtes dans: Dans les médias

17 Sep

Commentaires fermés sur « À Rouen, Jean-Christophe Cambadélis veut engager « la belle alliance » pour 2017 », interview à Paris Normandie

« À Rouen, Jean-Christophe Cambadélis veut engager « la belle alliance » pour 2017 », interview à Paris Normandie

par

logo paris normandie

Paris Normandie publie une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant ici:

 

Vous présiderez ce dimanche à Rouen la deuxième des dix universités de l’engagement du PS. Mais de quel engagement parle-t-on? Celui des militants pour le parti socialiste, ou celui du PS pour la France?

Jean-Christophe Cambadélis : Eh bien les deux : il s’agit de s’engager pour défendre une certaine vision de la France qui soit tout à la fois fraternelle, laïque, égalitaire et bien sûr garante des libertés, mais aussi de s’engager dans la Belle Alliance Populaire, c’est-à-dire le rassemblement de toutes les forces progressistes, écologistes, réformistes de notre pays.

Sur quelles bases construire la « convergence à la présidentielle et aux législatives» que vous appelez de vos vœux?

Je crois qu’il y aura tout d’abord un rejet de ce que propose la droite tant sur le plan des libertés et de la remise en cause de notre état de droit, que du programme inégalitaire qu’elle veut soumettre au pays. C’est-à-dire, en fin de compte, un programme commun entre une droite extrémisée et l’extrême droite. Ensuite il y aura ce nouveau quinquennat, donc de nouvelles propositions et de nouvelles possibilités de converger non pas sur la critique de ce qui a été fait, mais sur ce qui doit être fait.

Selon vous, le PS a perdu énormément de temps à s’efforcer d’organiser une primaire de toute la gauche. Vous le regrettez? N’était-ce pas une tentative nécessaire?

C’était une tentative nécessaire. Nous avons constaté que pour des raisons que je respecte mais qui sont pour moi sectaires, on n’a pas voulu que les socialistes et en tout état de cause le président de la République, participe à cette primaire au prétexte qu’il était critiqué par une partie radicale de la gauche. Nous en avons beaucoup débattu de janvier à juin où les congrès des partis communiste et écologiste ont fermé la porte à ces primaires de toute la gauche. Donc maintenant, il faut construire une primaire de la Belle Alliance Populaire dans laquelle, de toute façon, les idées défendues par la gauche de la gauche et les positions écologistes seront représentées, ainsi que celles de la majorité du parti socialiste et sa social-écologie.

Quel regard portez-vous sur la primaire de la droite?

C’est une primaire en trompe-l’œil dans laquelle Nicolas Sarkozy a imposé ses thèmes et son calendrier. Aujourd’hui il y a un programme de la droite qui a été adopté en juillet. C’est la colonne vertébrale de ce que les candidats défendront dans la campagne présidentielle. Certes, il y a des différences d’attitude entre les candidats mais, pour les deux principaux, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ce sont les frères siamois d’une même politique.

Mais n’est-ce pas cette primaire qui, implicitement, règle le calendrier du PS et celui du presque candidat François Hollande?

La droite a son calendrier. Elle désignera son candidat mais j’ai toujours pensé que cette primaire ne réglera pas son problème stratégique, à savoir faut-il être dans une position classique de centre droit ou faut-il aller plus à droite sur les terres du Front National ? Les questions resteront pendantes, même si son représentant sera désigné et donc, il y aura un deuxième candidat de droite. Pour sa part, le Parti socialiste fera sa primaire au mois de janvier. Donc la désignation de notre candidat ne dépendra pas de la primaire de la droite…

Non mais la position de François Hollande peut-être?

La position de François Hollande, je crois, se déterminera par rapport au pays, pas par l’espace politique qui serait offert par l’un ou par l’autre candidat de la droite.

C’est compliqué aujourd’hui d’être le chef d’une famille aussi divisée alors que le chef de l’État développe l’idée d’une France fraternelle?

Eh bien nous essayons d’être fraternels au sein du PS, en respectant les personnes, les idées… Cela demande de la patience, de l’attention et c’est ce que je tente de faire tant au bureau national que dans les universités de l’engagement que nous organisons dans toutes les régions de France.

Cela demande de la sévérité aussi: on vous sait très remonté contre l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron, au point d’envisager d’exclure d’éventuels soutiens. C‘est une position difficile à tenir?

Non, je ne fais que redire les règles du Parti socialiste parce que nous ne pouvons pas vivre ensemble si nous ne respectons pas les statuts que nous nous sommes donnés. C’est très simple, et valable pour ceux qui seraient amenés à soutenir Emmanuel Macron s’il était candidat, ou toute autre personne, contre le candidat désigné par la primaire et soutenu le PS.

Pour la première fois, si l’on en croit les sondages, la gauche court le risque de ne pas être présente au second tour de l’élection présidentielle. Vous y croyez?

C’est une possibilité, comme celle que Les Républicains n’y soient pas ou le Front National. Aujourd’hui, les Français ne connaissent ni les candidats, ni les programmes pour la présidentielle. Donc je crois que les sondages sont hors sol. Ils ne seront sérieux et intéressants qu’au mois de février, où tout sera sur la table.

Quel est votre plan d’action, d’ici là?

Trois choses. Tout d’abord défendre le bilan du gouvernement qui est bien meilleur que ce que l’on dit. Ensuite indiquer l’enjeu de la présidentielle – qui est quasiment un enjeu de société – et dire dans quelle République nous voulons vivre. Enfin explorer ce que serait un prochain quinquennat. Il existe les cahiers de la présidentielle, présentés et animés par Guillaume Bachelay, et il y aura des propositions faites à l’ensemble des Français le moment venu. Dans ces universités de l’engagement, nous ébauchons des discussions sur ce que pourrait être une école refondée, une fraternité républicaine, une justice territoriale à laquelle nous tenons beaucoup…

Comprenez-vous le désarroi des Français face à des mœurs et manœuvres politiques qui offrent parfois un spectacle assez peu reluisant?

Tout à fait : nous sommes en voie de déstructuration de l’espace politique avec une multiplication des candidatures à l’élection présidentielle. Tout le monde se lève le matin en se disant : pourquoi pas moi ? Une phase de décantation est nécessaire, car les Français méritent un débat digne sur les problèmes et enjeux auxquels nous sommes confrontés.

On parle beaucoup d’un besoin de clarification, y compris parmi les militants du PS qui peinent parfois à s’y retrouver dans les déclarations des uns et des autres. Comment faire?

La primaire de la Belle Alliance sera là pour ça : les thèses des uns et des autres seront présentées, il y aura des débats et, à partir de là, les citoyens de gauche voteront. Ensuite, tout le monde pourra se rassembler.

Pour construire l’avenir, avez-vous déjà des pistes?

En cette étape, je ne voudrais pas rajouter au brouhaha ambiant. Il faut construire un paysage politique, donner aux Français des points de repère. C’est ce que nous faisons dans les universités de l’engagement. C’est aussi ce que fait le président de la République qui ne s’est pas jeté dans la mêlée mais éclaire les enjeux pour le pays.

 

Propos recueillis par Franck Boitelle

17 Sep

Commentaires fermés sur « Les idées qui existent dans la gauche s’exprimeront dans les primaires de la Belle alliance populaire », interview à La Voix du Nord

« Les idées qui existent dans la gauche s’exprimeront dans les primaires de la Belle alliance populaire », interview à La Voix du Nord

par

La Voix du Nord

La Voix du Nord publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Les “universités de l’engagement” qui commencent à Lomme sont-elles une façon de faire campagne sans candidat?

Un peu. C’est une manière de réfléchir ensemble aux enjeux. C’est une façon agréable de ne pas peopliser la pré campagne présidentielle. C’est une façon efficace de fixer les repères de l’élection.

Et de faire campagne pour François Hollande?

D’abord de faire campagne pour les idées progressistes dans ce pays, avant de trouver un candidat, à travers la primaire. D’indiquer que la présidentielle sera fortement marquée par un débat autour de la nature de la République que nous voulons, par la nécessité ou pas de continuer l’oeuvre européenne et enfin quelles solidarités nous voulons construire dans un monde ouvert. Après que ces enjeux soient fixés, il s’agira de trouver le candidat le mieux à même de diriger la France dans les années à venir.

Est-ce que le PS a les moyens humains et financiers pour organiser une primaire aussi large qu’en 2011?

Il a les moyens humains. Tenir entre 8000 et 10 000 bureaux de vote, c’est encore dans ses capacités. Il a les moyens financiers. C’est peut-être le parti qui a les finances les plus saines. Nous n’avons pas été obligés de déposer le bilan comme Les Républicains, après l’affaire Bygmalion. Nous n’avons pas les difficultés financières comme les communistes ou les Verts. Nous n’avons pas la nécessité de nous financer dans les banques russes comme le FN. Nous avons une gestion saine et les économies fortes.

Cette primaire est-elle une façon de relégitimer Hollande ou est-elle vraiment une compétition équitable?

C’est une manière de légitimer le candidat qui sortira de la primaire, dans une situation où il y a beaucoup de fragmentations dans notre pays, particulièrement à gauche. Le peuple de gauche s’interroge sur le sens, les compromis à faire, la manière d’aborder les problèmes. Le débat permettra d’y voir plus clair et de trancher sur la couleur du candidat de la gauche à l’élection présidentielle.

Et de trancher entre le gouvernement et les frondeurs?

Il y aura encore des congrès pour le faire. Il ne faut pas confondre une élection présidentielle et un congrès. Une présidentielle c’est tout à la fois un passé pour les candidats, une pratique, une présidentiabilité et des propositions faites aux Français, ce n’est pas un débat de congrès.

Le périmètre peut-il évoluer pour aller au-delà du PS et des écologistes réformistes?

Nous l’avions souhaité dès le mois de janvier. J’avais osé cette formule: une primaire de Macron à Mélenchon. Emmanuel Macron s’en est allé sur d’autres rives. Jean-Luc Mélenchon a refusé de sauter dans le bain. Le Parti communiste et les Verts ont décliné l’offre en congrès. Nous faisons une primaire de la Belle alliance populaire, qui dépasse le Parti socialiste. Nous ouvrons à des syndicalistes, des associatifs, des écologistes, des républicains et des militants du terrain. Nous espérons que ce sera le plus large possible. Les idées qui existent dans la gauche s’exprimeront dans les primaires de la Belle alliance populaire.

Quel rôle doit jouer Martine Aubry dans cette primaire?

Elle est une grande voix de la gauche, un repère pour de nombreux citoyens. Elle dira le temps venu ce qu’elle pense. Elle le fera à sa façon, qui est comme toujours exigeante. Ce que je peux souhaiter c’est que Martine Aubry, quand elle l’estimera nécessaire, éclaire les enjeux.

Vous ne lui dites pas qu’il faut soutenir celui que surnommiez en 2009, quand vous souteniez Martine Aubry, “pervers pépère”?

Je n’intime d’ordre à personne. Pas plus à Martine Aubry qu’à Christiane Taubira. Chacun doit se prononcer en fonction de ce qu’il estime nécessaire pour la France.

Christian Paul veut lancer un nouveau parti en 2017 avec le PCF et EELV. Vous même avez lancé la Belle alliance populaire. Le PS passera-t-il l’hiver?

Je le crois. Parce que nous soutiendrons tous le même candidat à la présidentielle. Parce que nous nous présenterons tous sous les mêmes étiquettes aux législatives. Et que nous savons qu’il ne peut pas y avoir de recomposition de la gauche sans que le PS en soit le vecteur. Il y a beaucoup de moulinets pour la primaire, mais nous serons tous dans le même bateau après la présidentielle.

Vous parlez d’investiture. Peut-il y avoir un accord avec les communistes s’ils ne participent pas à la primaire?

Les communistes ne sont pas disposés à passer un accord. Les écologistes encore moins. Mais, vu la violence de l’attaque de la droite contre la République et notre modèle social, la raison l’emportera. Il faut, face au bloc réactionnaire, un front des progressistes.

La droite est votre meilleur argument.

Dans une élection, il y a la droite, la gauche, l’extrême droite et l’extrême gauche. Il faut choisir son camp. Dans les sondages, on fait état de ses sympathies, dans une élection, on élimine.

Vous espérez l’élection d’un président par défaut?

On est toujours un peu élu par défaut. Depuis la naissance de la Ve République, c’est la difficulté de nos institutions. Mais je ne crois pas qu’il y ait un candidat qui épuise tous les débats. Il n’y a pas d’homme providentiel. Donc les électeurs seront contraints de faire des choix: “j’ai des désaccords avec untel, mais je ne peux pas accepter que la France tombe dans les mains de tel autre.

 

Propos recueillis par Matthieu Verrier

16 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

par

Capture d’écran 2016-09-16 à 10.35.36

Jean-Christophe Cambadélis à répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie, Fabienne Sintes, Guy Birenbaum et Gilles Bornstein sur France Info.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Cambadélis sur Hinkley Point : « Je suis depuis… par franceinfo

Retour sur la prestation de Nicolas Sarkozy dans L’Emission politique

Sur la rétention des fichés S : « Ce qui est discutable, c’est la formule sur les fichés S. Nicolas Sarkozy la redéploie à chaque émission alors qu’il sait que le Conseil d’Etat nous a indiqué qu’il n’était pas possible sur la base d’un simple renseignement d’interner les personnes inscrites sur ces fichiers »
Sur le terrorisme, nous voulons maintenir l’Etat de droit. Nicolas Sarkozy veut s’émanciper de l’Etat de droit

Alain Juppé est sur tous les thèmes le frère siamois de Nicolas Sarkozy. Il ne se distingue de Nicolas Sarkozy que sur l’identité, qu’il souhaite « heureuse ». Pour le reste, le regroupement familial, les fichiers S, toute une série de choses, il avait pensé et dit avant Nicolas Sarkozy ce que ce dernier dit. C’est une question de posture, pas de fond

Présidentielle 2017
On est dans une phase particulière avec un pays en colère. Dans les sondages on choisit, dans les élections on élimine.
Je trouve que François Hollande au pouvoir s’est bonifié: il a toujours son sang-froid mais il a une gravité qu’il n’avait pas auparavant.

Alstom

Il y a à la fois une attention et une action du gouvernement pour trouver des marchés pour l’entreprise. Il faut trouver une solution viable. Je ne crois pas que la nationalisation soit une réponse.

Evacuation de la ZAD de Notre-Dame des Landes

La situation à Nantes est explosive. M. Retailleau pousse au crime si je puis dire. De toute façon il faudra appliquer ce qui a été voulu par nos concitoyens. On évacue dans les conditions où cela peut se faire.

Situation des migrants
Je note que Marion Marechal Le Pen emploie les mêmes termes que M.Wauquiez sur ce sujet.

Les associations sur place le disent : la situation n’est pas viable. On traite le problème.

Démission d’Emmanuel Macron
Une partie de la droite se porte sur Emmanuel Macron car elle n’est pas satisfaite de l’offre politique à droite. C’est Emmanuel Macron qui a décidé de partir. Il y avait un désaccord politique ? Non. Il est parti car il y avait un espace politique à occuper. Mais ça il ne l’a pas dit. C’est lui qui s’est coupé de nous pour servir une ambition personnelle. La politique gouvernementale, y compris ses aspects les plus contestables, il en est co-auteur.

Primaire citoyenne
Dans la primaire de la Belle Alliance Populaire il y aura toutes les couleurs de la gauche. Tout le monde pourra juger et à la fin tout le monde se rassemblera derrière le gagnant.

16 Sep

Commentaires fermés sur Sang-froid, détermination et conviction, interview à Cap Finistère

Sang-froid, détermination et conviction, interview à Cap Finistère

par

ITW Cap Finistère

Cap Finistère publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

A qui s’adresse l’université de l’engagement qui se tiendra le 24 septembre à Brest ?

A tous les militants bien sûr, sympathisants et électeurs de gauche qui refusent de voir notre pays tomber aux mains d’une droite extrême et d’une extrême droite.

Sur quels sujets plancheront les socialistes pendant cette journée ?

Sur les sujets qui préoccupent les Français : l’emploi d’abord et toujours, la sécurité collective de notre pays, l’Europe mal en point avec la montée des nationalistes xénophobes. Nous débattrons aussi de la Belle Alliance Populaire, cette stratégie qui pour la première fois cherche à unir hommes et femmes de gauche, écologistes, démocrates, républicains mais aussi syndicalistes, associatifs et bien sûr citoyens. Enfin, nous aborderons l’organisation concrète des primaires. Après les débats, ateliers et controverse tout au long de la journée, nous terminerons par un grand meeting qui nous permettra de fixer les enjeux face à la droite et l’extrême droite.

A ton avis, quelles devront être les principales qualités des militants socialistes durant les 6 mois qui viennent ?

Du sang-froid, de la détermination et de la conviction. Sang-froid car les milieux financiers veulent créer les conditions de l’éviction des socialistes du paysage politique des présidentielles. De la détermination à défendre le redressement de la France et à comparer ces premiers résultats aux programmes réels de la droite, qui a un véritable projet de société autoritaire et inégalitaire. La conviction enfin que les Français n’ont pas encore fait un choix alors qu’ils ne connaissent ni les candidats de la droite ou de la gauche et encore moins leur programme.

 

Propos recueillis par Jean-Yves Cabon

 

12 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2

L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2

par

Les 4 vérités 12092016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 12 septembre 2016 l’invité de Caroline Roux dans « Les 4 vérités » sur France 2.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 


Actu – Les 4 vérités, Jean-Christophe Cambadelis par telematin

 

 

Primaire de toute la gauche

« En janvier, j’ai déjà dit que j’étais personnellement pour une primaire de Macron à Mélenchon. Entre temps, Emmanuel Macron est parti vers d’autres rivages, Jean-Luc Mélenchon a refusé, le parti communiste veut une primaire des anti-gouvernementaux, les écologistes ont fait leur propre primaire donc il reste au Parti socialiste à organiser une primaire de la gauche de gouvernement, c’est ce que nous faisons.

Je tends la main à toute la gauche. Si elle n’est pas unie, elle ne sera pas présente au second tour de l’élection présidentielle. Nous serons éliminés et ça durera longtemps. La gauche doit se rassembler.

Primaire de toute la gauche ? C’est un peu tard mais pas désespéré. Cela ne doit pas être une formule pour cacher la division des frondeurs.

Nous avons bataillé, on a perdu beaucoup de temps pour faire en sorte qu’une partie qu’il y ait une primaire de toute la gauche (…) mais une partie de la gauche estimait ne pas pouvoir faire de primaire avec une autre partie de la gauche.

Election présidentielle

Il ne faut pas se fixer sur les sondages : on ne connaît ni les candidats ni les programmes.

« Marine Le Pen paraît tellement apaisée qu’elle pourrait participer à la primaire des Républicains! Et pendant ce temps là Nicolas Sarkozy surfe sur les thèmes du Front national ».

Gauche

Je crois que la gauche a besoin de toutes ses voix y compris de celle de Christiane Taubira.

Il faut essayer de créer une convergence à l’élection présidentielle et aux législatives. Il faut barrer la route à une droite qui s’extrémise et à une extrême droite qui se banalise. Il ne faut pas désespérer. Il faut mener la bataille contre la droite.
C’est ce que nous allons faire au Parti socialiste à travers nos universités de l’engagement. Il faut dire ce qu’est le programme de la droite et se rassembler.

Quand on voit la minorité du PS s’émietter entre 4 candidats je dis « rassemblons nous »

Sécurité / Terrorisme

« Le gouvernement fait ce qu’il y a à faire. Je n’aime pas cette manière de stigmatiser l’action de nos forces de sécurité. Il faut raison garder. Nous sommes dans une société démocratique. L’action menée par nos forces de sécurité est efficace. Nous faisons tout ce qui est possible là bas et ici pour réduire les risques. Tout est perfectible mais nous avons les instruments pour lutter ».

 

05 Sep

Commentaires fermés sur L’invité du Talk du Figaro

L’invité du Talk du Figaro

par

Le Talk 05092016

Jean-Christophe Cambadélis était ce midi l’invité d’Yves Thréard dans Le Talk du Figaro.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Cambadélis : «Le moment présent est un moment… par lefigaro

Renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion

Il faut que justice se passe et se passe sereinement. Je n’imagine pas que Nicolas Sarkozy soit empêché de se présenter à la primaire. (…) Nicolas Sarkozy est le candidat le plus clair dans la droitisation.

C’est Nicolas Sarkozy qui donne le rythme de cette campagne de droitisation avec des incursions d’Alain Juppé et François Fillon.

Francois Fillon attaque assez violemment et Alain Juppé propose un code de bonne conduite. A gauche, on n’attaque pas les personnes.

Bilan du quinquennat

Dans le moment présent de décomposition et de déstructuration politique, le président doit parler clair et dire ce qu’est le cap de la France.

Le bilan est contrasté mais positif. Une nouvelle période s’ouvre: on va être dans la comparaison avec la droite.

Primaires citoyennes

La primaire sera transparente et représentative de l’électorat de gauche. (…)

Je suis persuadé que Arnaud Montebourg sera à la primaire. Emmanuel Macron, c’est plus compliqué.

Situation des migrants à Calais

La politique de Bernard Cazeneuve est une bonne politique. (…) Il agit sans peur, sans violence et avec patience en étant présent tous les mois à Calais.

Belle alliance populaire

La Belle Alliance populaire est en marche. Nous allons avoir une tournée dans toute la France des universités de l’engagement.

Election présidentielle de 2017

Je ne suis pas sûr que Marine Le Pen soit au second tour de la présidentielle.

Rien, à cet étape, n’est joué. L’opinion est à l’interpellation, pass encore à la conclusion.

Démission d’Emmanuel Macron

Visiblement Emmanuel Macron n’aime pas le compromis. C’est pour cela qu’il dit que le gouvernement fait tout à moitié. Ça doit être un problème d’âge, que de croire qu’il suffit de parler pour que ce soit appliqué.

05 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de Michaël Darmon sur I Télé

L’invité de Michaël Darmon sur I Télé

par

I télé 05092016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Michaël Darmon sur I Télé.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis : « Emmanuel Macron… par ITELE

 

Election régionale en Mecklembourg-Poméranie occidentale
« L’AfD est un parti xénophobe souverainiste. (…)Il était déjà en dynamique avant l’arrivée des réfugiés. Il y avait un mouvement qui s’appelait Pegida qui était déjà contre les musulmans, ils ont travaillé ensemble et on voit ce que cela donne aujourd’hui.

Marine Le Pen se dit apaisée et salue tous les partis xénophobes d’Europe. Personne n’a trahi ou modifié les déclarations de Marine Le Pen, c’est elle-même qui dit bravo à l’AfD qui est un parti xénophobe. On voit bien, elle fait la même chose pour les Pays-Bas ou pour d’autres formations politiques, on voit bien à quelle famille européenne elle se rallie. Sa racine est bien celle des partis souverainistes xénophobes d’Europe. »

Les électeurs socialistes, les électeurs de gauche voient la menace qui arrive », « une droitisation totale de la vie politique, une dérive autoritaire et inégalitaire, une xénophobie rampante ».

Discours de François Hollande le 8 septembre prochain

« Le président a un calendrier et le respectera. Je suis pour qu’il dise sa vérité aux Français ».

Université d’été des Républicains

« Ce qui était fascinant ce week-end c’était l’engouement de la droite pour Emmanuel Macron. Il est en train de devenir la deuxième droite. C’est dire le peu de désir pour la droite actuelle .

Emmanuel Macron a un espace politique dans le moment présent parce qu’il n’y a pas de candidat. Il n’y a pas le candidat de la droite et il n’y a pas le candidat de la gauche. Le jour où ces deux candidats seront présents, on se retrouvera dans les situations classiques sous la Vème République »

Election présidentielle de 2017

« Marine le Pen n’est pas qualifiée automatiquement. Ce sont les Français qui décident, pas les sondages.

Sur le bilan, la croissance est de retour, les déficits sont en recul, le chômage baisse quoi qu’on en dise, timidement mais il baisse. Donc le bilan est positif. Évidemment, il est contrasté mais il est positif. Et puis les Français vont voir petit à petit ce que proposent les autres c’est à dire pas simplement critiquer les socialistes, regarder ce que les autres proposent. »

 

30 Août

Commentaires fermés sur L’invité d’Yves Calvi sur LCI

L’invité d’Yves Calvi sur LCI

par

LCI 30082016

 

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique d’Yves Calvi dans 24 heures en questions sur LCI.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview (01:29:59)

 

Démission d’Emmanuel Macron

« C’est l’illustration de la déconstruction française, de la décomposition politique.

Il faut prendre en compte l’intérêt général : les français sont dans la rentrée scolaire et non pas dans la bataille présidentielle.

Il y a dans sa démarche un calcul politique: quel était son désaccord avec la politique gouvernementale qu’il avait lui même initiée ? Le pays commence à se redresser et le ministre de l’économie s’en va? Quel était l’intérêt, l’urgence à démissionner?
C’est une tentative d’impeachment. Au fond, de quoi il s’agit ? Il s’agit d’empêcher le président de la République de se représenter. Il s’agit de faire en sorte que, par une campagne autour des idées de Macron, il ne puisse pas se représenter. C’est l’objectif de la campagne, c’est l’objectif de la démission, il ne s’agit pas de l’intérêt de la France, de l’intérêt des Français. (…) Ce n’est pas de la lâcheté mais du calcul.
François Hollande ne pense pas à l’élection présidentielle il pense aux Françaises et aux Français.  (…) Le président a essayé de faire émerger une nouvelle génération qui n’est pas à la hauteur de l’Histoire. Comment se fait-il que cette génération à peine assise pense déjà au siège suivant?
Notre société est faite de compromis. Quand on est social démocrate on est dans le compromis. Alors pourquoi critiquer le compromis? »
Primaire des Républicains 
Le programme de Nicolas Sarkozy est terrifiant: c’est un projet autoritaire et inégalitaire.
Arrêtés anti-burkinis
« Qu’il y ait un arrêté dans une ville qui a subi un traumatisme je peux le comprendre mais ce qui m’a surpris, c’est la multiplication des arrêtés. C’est leur multiplication qui a été facteur de désordre ».
Fondation pour l’islam de France
« Je n’étais pas favorable à la candidature de Jean-Pierre Chevènement. J’aurais préféré une homme ou une femme issu-e de la « communauté musulmane » – même si je n’aime pas ce terme – à la tête de la fondation ».

 

29 Août

Commentaires fermés sur « Nicolas Sarkozy choisit une République autoritaire », interview à La Dépêche du Midi

« Nicolas Sarkozy choisit une République autoritaire », interview à La Dépêche du Midi

par

logo dépêche du midi

La Dépêche du Midi publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez  retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous.

 

La CGT a annoncé qu’elle manifesterait contre le meeting des socialistes à Toulouse qu’elle considère comme une provocation dans la ville de Georges Séguy. Cela vous inquiète ?

Au vu des problèmes auxquels est confrontée la France, cela me paraît dérisoire. On peut être opposé à une loi, la combattre sans pour autant interdire aux partis politiques de se rassembler et de s’exprimer. Je n’ai jamais vu dans la carrière de Georges Séguy une campagne visant à empêcher l’expression d’un parti.

Ce meeting de Colomiers, c’est le premier meeting d’une campagne présidentielle du PS sans candidat ?

Non. L’objectif de cette réunion n’est pas d’apporter un soutien à la candidature de François Hollande qui n’est pas candidat, mais il est de fixer les enjeux de la campagne présidentielle. Quand nous avons décidé l’organisation de ce meeting, nous ne pensions pas que son thème « La République, c’est l’essentiel », serait à ce point confirmé par l’actualité, le livre et les déclarations de Nicolas Sarkozy qui a fait son choix, celui d’une République autoritaire et inégalitaire.

Vous considérez donc que l’enjeu de la campagne présidentielle sera celui de la République ?

Oui. Sarkozy a fixé les priorités de la droite. Il veut asséner sa vérité, nous voulons le débat. Il veut une identité restrictive, nous avons l’identité progressiste. Il veut la compétitivité, nous l’avons fait, nous voulons maintenant l’investissement. Il se veut autoritaire, nous sommes dans le respect. Il y a deux conceptions de société qui s’affrontent dans cette élection présidentielle.

Compte tenu de l’émiettement de la gauche, y compris au sein du PS, un rassemblement sera-t-il possible et crédible derrière un candidat à un moment ou à un autre ?

Ce rassemblement est nécessaire au-delà des divergences qui ont toujours existé au sein de la gauche. La présidentielle ce n’est pas pour les uns, la simple déclinaison d’un bilan qui ne cesse de s’améliorer, et pour les autres la condamnation de ce bilan. Les Français ne nous départagerons pas sur le passé mais sur l’avenir. Et sur l’avenir, face à la droite et l’extrême-droite, nous sommes plus proches qu’on veut bien le dire.

Les radicaux de gauche ont suspendu leur participation à la Belle alliance populaire. Le contact va-t-il être renoué ?

Le contact a été renoué. J’ai vu longuement Sylvia Pinel au mois de juillet. Elle m’a exprimé ses griefs sur le fonctionnement de la Belle alliance populaire et sur le fait qu’elle n’avait pas été informée de la décision du PS d’organiser une primaire. Dans ces conditions, elle a réservé sa position à l’après-congrès de son parti. Je l’ai rassuré en lui disant que les radicaux étaient membres de la majorité gouvernementale et décisionnaires au sein du collectif de la Belle alliance populaire, qu’il y avait eu sans doute une maladresse à leur encontre et que je m’en excusais, mais qu’en tout état de cause je souhaitais que nous travaillions ensemble pour la présidentielle et les législatives.

 

Propos recueillis par Jean-Pierre Bédéï

 

26 Août

1 Comment

« Sarkozy écrit un programme commun entre droite et extrême droite », interview au Monde

par

logolemonde

Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Quelle est votre position sur la polémique autour du burkini ?

Il faut raison garder. Tout le monde est d’accord pour dire que l’émancipation de la femme ne peut être remise en cause par une religion et pour refuser de mettre le religieux au dessus de la citoyenneté. Alors, où est le problème avec le burkini ? S’il y a trouble à l’ordre public, les arrêtés municipaux sont là et doivent être appliqués avec discernement, comme l’a dit le premier ministre. Mais s’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, ce sont les arrêtés qui troublent l’ordre public. Soit le burkini est une provocation d’une minorité et il ne faut pas tomber dans le piège, soit ce n’en est pas une et il ne faut pas construire un piège pour la République. La République doit être bienveillante avec nos compatriotes de culture ou de religion musulmane, mais ceux-ci doivent être eux aussi bienveillants avec la laïcité.

A titre personnel, les photos d’une femme musulmane voilée contrôlée par la police sur une plage de Nice vous ont-elles choqué ?

J’ai d’abord pensé que se présenter de cette façon sur la plage de Nice, quelques semaines après ce qu’il s’est passé le 14 juillet, risquait de poser des problèmes. Mais derrière cela, la décision de trente municipalités de reproduire cet arrêté d’interdiction du burkini est une récupération politique. J’observe le paradoxe : ce ne sont pas des municipalités Front national qui le font, mais des maires du parti Les Républicains.

Quelle est selon vous cette récupération politique ?

C’est celle décrite par Nicolas Sarkozy dans son livre. Ce livre est un tournant dans notre Histoire. Au-delà de la restauration sarkozyste, il s’agit d’un programme commun entre la droite décomplexée et l’extrême droite recentrée autour d’un projet de société autoritaire et inégalitaire. Nicolas Sarkozy a imposé à l’ensemble de la droite son calendrier, ses propositions, son terrain politique. Tous les autres candidats doivent se positionner par rapport à l’axe qu’il a défini, qui est de rompre les amarres pour aller le plus loin possible à droite. C’est une menace considérable pour le pays.

Sarkozy incarne le centre de gravité du bloc réactionnaire, il les a tous ficelés ! Soit il l’emporte en novembre et il appliquera son programme d’affrontements vis à vis de l’islam, des syndicats, du modèle social français, et même de la République. Soit il perd la primaire, mais Alain Juppé sera prisonnier de ce programme, il sera loin de l’identité heureuse ! Nicolas Sarkozy a prononcé son discours du Bourget avant l’heure. Il a pris une responsabilité terrible devant la France. Il avait abaissé les frontières avec son discours de Grenoble en 2010, il propose une nouvelle frontière aujourd’hui à la droite et à l’extrême droite.

Comment la gauche doit-elle répondre et éviter que la présidentielle ne tourne qu’autour des thèmes identitaires ?

Je note que Nicolas Sarkozy et ceux des leaders de droite qui ont été parmi les plus violents après l’attentat de Nice, sont aujourd’hui à la baisse dans les sondages. Je pense que les Français veulent de la fermeté, mais sans perdre leur âme. Nicolas Sarkozy propose un troc : moins de libertés pour plus de sécurité. Indépendamment du fait que cela ne fonctionnera pas, la France est un pays de libertés, mais de libertés ordonnées. Elle a tous les moyens pour les faire respecter.

C’est le discours de pré-campagne que doit tenir la majorité, notamment lundi lors du rassemblement à Colomiers ?

Je plaide pour cela depuis plusieurs semaines car je suis inquiet de voir comment l’électoralisme a envahi la droite classique et comment celle-ci ne tire pas les leçons de ses propres erreurs. Plus elle va à droite, plus le FN monte.

Un discours rationnel sur l’état de droit pourra-t-il être audible dans la tension de la campagne présidentielle ?

Je fais confiance à l’intelligence des Français et non pas à leurs réflexes. Pour l’instant, ultra majoritairement, ils sont pour le maintien de l’état de droit, malgré le discours tonitruant et médiatiquement bien portant de ses adversaires. Mais la gauche, dans la présidentielle qui vient, doit être attentive. Elle doit bien sûr porter son bilan, qui est contrasté mais positif. Au moment où la croissance redémarre et où le chômage baisse, il serait paradoxal de ne pas souligner que nous avons redressé le pays, malgré l’ardoise que nous avait laissée la droite en 2012. Mais plaider pour le redressement n’est pas suffisant. Il faut maintenant expliquer pourquoi un nouveau quinquennat à la gauche. La réponse, est qu’après avoir redressé, il faut maintenant progresser et protéger.

Cela peut-il suffire pour contrer le discours de la droite ?

Le programme de Nicolas Sarkozy et de la droite est ahurissant, en terme de dépense publique, de remise en cause des acquis sociaux. Il est même provocateur : mettre dans un texte qu’on va revenir totalement sur la hiérarchie des normes, alors qu’on sort de neuf semaines de grèves pour une exception sur ce sujet, cela veut dire que dès que le programme sera mis en application, il y aura des millions de gens dans la rue, y compris la CFDT. Et tout est comme ça : 300 000 fonctionnaires de moins, l’attaque contre les régimes spéciaux… C’est à la fois peu réaliste et ahurissant.

Cela veut-il dire que la gauche, lors de la campagne, doit s’adresser à son seul électorat ou aller au-delà ?

Vieux débat ! Nous devons commencer par nous adresser aux nôtres. Ensuite, il faut parler à l’ensemble de la gauche, en leur disant : « ne vous trompez pas de colère ». L’enjeu de la présidentielle n’est pas de punir une gauche qui a fait ou de punir une gauche qui a refusé de faire. Ni de juger un bilan, même s’il est bon. L’objectif, c’est de ne pas laisser la droite et l’extrême droite face à face, parce que sinon elles termineront au coude à coude. Le candidat de la gauche devra donc s’adresser à l’ensemble du camp républicain.

Compte tenu de cette radicalisation imposée par M. Sarkozy, laisser la gauche se diviser lors de la primaire est-il opportun ?

Cette primaire doit être celle du débat mais aussi de l’unité. Elle est utile parce qu’elle permet de sélectionner celui ou celle qui sera le mieux à même de porter les principes républicains et d’être crédible dans le combat contre la droite. Sans elle, c’était la multiplication des candidatures, et il y en a déjà trop. Cette primaire met un garrot sur l’hémorragie de candidatures. Parce qu’à la fin, tout le monde devra se retrouver derrière le gagnant.

Arnaud Montebourg laisse planer le flou sur sa participation à la primaire, cela vous inquiète ?

Il conduira la campagne qu’il souhaite conduire. S’il reste dans le flou, c’est parce qu’il ne peut pas dire à cette étape qu’il soutiendra le gagnant. Montebourg a besoin de laisser planer le doute, pour à la fois capter un électorat réformiste, celui de François Hollande, et canaliser un électorat radical, celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est une tactique pour l’heure mais je suis totalement persuadé qu’il participera à la primaire.

Pouvez-vous lui apporter les garanties qu’il réclame quant au nombre de bureaux de vote ?

Je pourrais lui donner jusqu’au 15 décembre toutes les garanties possibles, elles ne seront jamais suffisantes et toujours sujettes à caution pour des raisons politiques que je viens d’indiquer. Pour faire taire tout cela, il faut être au plus près des conditions de la primaire de 2011, qu’il avait lui-même adoubée. Ce sera le cas.

Si Montebourg ne participait pas à la primaire, le tiendriez-vous pour responsable de l’élimination de la gauche au premier tour ?

C’est une question qui lui est posée. Je ne le vois absolument pas partir seul. Jean-Luc Mélenchon a capté toute la radicalité, Cécile Duflot ou un autre le fera sur les écologistes. Je ne lui vois aucun espace politique dans ces conditions.

Pour autant, la primaire garantit-elle que la gauche sera présente au second tour ?

Depuis le début, nous avons milité pour une primaire de toute la gauche. Les écologistes et les communistes l’ont refusée. Ils en portent la responsabilité. Nous allons essayer de faire la primaire de l’unité autant que possible.

L’enjeu est plus grave que le 21 avril 2002 ?

Oui. Nous sortions alors d’une cohabitation où Jacques Chirac avait été poli par sa confrontation avec Lionel Jospin. Il était en situation de pouvoir rassembler. Là, il n’y a que la gauche qui peut le faire parce que Nicolas Sarkozy vient de fracturer la droite classique. C’est beaucoup plus grave car ce n’est pas qu’une question électorale. Le ver est dans le fruit, les programmes sont interchangeables entre droite et extrême droite. Quand Eric Ciotti explique que François Hollande a été élu par l’islam politique, on a l’impression d’une volonté d’instrumentalisation, d’un rejet de l’islam pour gagner la primaire qu’elle qu’en soient les conséquences pour la cohésion nationale. Il n’y a plus aucune retenue.

Le Président veut-il y aller, peut-il y aller, va-t-il y aller ?

Il peut y aller, car nous sortons des brumes de la contestation absolue de tout ce qu’ont fait les socialistes. On va s’apercevoir qu’il a fait un choix stratégique : sacrifier sa popularité pour obtenir le début d’un redressement qui arrive. En plus, il a maintenant l’expérience de la guerre, des relations internationales, de l’Europe. Et il incarne cette République bienveillante. Il peut terminer le travail. Le veut-il ? Je n’en sais rien. J’ai dit depuis longtemps que je l’espérais. Je respecte la totalité des candidats. Mais François Hollande reste la carte maîtresse de la gauche.

Pas très neutre pour le premier secrétaire du PS, non ?

Je me suis prononcé et je resterai sur cette orientation. Si on veut me transformer en béni-oui-oui du paysage politique, on s’est trompé de personne. Je n’attaquerai pas les candidats, ni ne distribuerai les bons points. Il faut respecter les personnalités, garantir l’impartialité de la primaire et agir pour le rassemblement. Mais je fixerai les enjeux.

Concernant Emmanuel Macron, son entreprise politique est-elle allée au bout ? Est-elle un bénéfice ou un coût pour François Hollande ?

La situation politique a changé depuis l’accélération et la radicalisation absolue de Nicolas Sarkozy. Chacun doit se déterminer par rapport à cela, Emmanuel Macron compris. S’il veut dialoguer avec nous, il est utile. S’il veut dialoguer avec Philippe De Villiers, il l’est moins.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga et David Revault d’Allonnes