Vous êtes dans: Au PSE

17 Jan

Commentaires fermés sur Élection du président du Parlement européen : bravo Gianni, travaillons maintenant à une nouvelle alliance des forces de progrès

Élection du président du Parlement européen : bravo Gianni, travaillons maintenant à une nouvelle alliance des forces de progrès

par

 

Le Parti socialiste salue la belle bataille menée par Gianni Pittella pour la présidence du Parlement européen.
Pour la première fois depuis trente ans, l’issue du vote était incertaine car, prenant acte que la droite européenne avait changé, les députés du Groupe socialiste et démocrate ont mis un terme à la coalition avec le PPE.
Depuis que le Parlement européen est élu, son président conservateur, Antonio Tajani, aura été le plus mal élu à cette fonction. La droite européenne qui rassemble dans un même parti les amis de François Fillon, ceux de Viktor Orban et ceux Silvio Berlusconi, a choisi un compagnon de route de ce dernier pour présider le Parlement européen. Désormais, les conservateurs dirigent tous les organes de l’Union européenne alors qu’ils sont grandement responsables de la situation actuelle.
Ce vote marque la fin du compromis historique entre les conservateurs pro européen et les sociaux-démocrates. Cet équilibre, rompu au lendemain même du Brexit, de la déclaration de guerre de Trump à l’Europe et des pressions répétées de Poutine, est la démonstration que le PPE (conservateur) veut tous les leviers pour ne rien changer. L’Europe est en grand danger.
Maintenant, le temps est venu de travailler à la convergence des forces de progrès, comme cela existe au pouvoir au Portugal et comme cela commence à être le cas en Grèce afin de bâtir une Europe qui ne soit ni celle de la droite ni celle de l’extrême droite, mais celle de la solidarité et de la prospérité partagée.

13 Juil

Commentaires fermés sur L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union, tribune dans Libération

L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union, tribune dans Libération

par

Logo Libération

Libération publie ce jour une tribune signée par Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS, Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais) ou que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

 

L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union

Un demi-siècle d’unification économique n’est toujours pas synonyme de progrès social pour tous. Cette promesse, près de 60 ans après la signature du Traité de Rome, l’Europe n’a pas réussi à la tenir. Le résultat du référendum sur le Brexit le prouve. Des écarts importants subsistent entre les États membres en matières de salaire, de sécurité au travail, de durée de travail, de cotisations de sécurité sociale et de droits à la sécurité sociale. Ces écarts créent une concurrence déloyale entre les entreprises et les pays au sein de l’UE, concurrence qui augmente la pression sur nos modèles de sécurité sociale, sur nos conditions salariales et de travail, et qui est néfaste pour nos travailleurs.

La directive sur le détachement – ironie du sort, une exception à la libre circulation des personnes pour pallier les erreurs du système – réduit l’Europe sociale à un vœu pieu. Ainsi, les travailleurs étrangers employés durant moins de deux ans dans un autre pays de l’UE peuvent bénéficier d’un salaire belge, néerlandais ou français, mais les cotisations à la sécurité sociale sont payées dans le pays d’origine et au taux de ce pays. Ce marché européen « social » imparfait ouvre dès lors tout grand la porte aux abus. Face aux entreprises qui utilisent la législation européenne pour éluder les cotisations sociales et ne pas payer des salaires décents, nos propres entreprises souffrent. Ainsi, elles sont souvent contraintes de réduire sérieusement leur taille ou de déménager à l’étranger, sous peine de faillite. Les secteurs les plus touchés sont le transport, la construction, le nettoyage et les soins. Qui plus est, leurs travailleurs perdent leur emploi ou sont mis sous pression pour travailler à des conditions moins favorables, souvent pour des salaires bien inférieurs aux salaires minimums. Il s’agit alors de dumping, car dans bien des cas ils ne gagnent pas plus de 3 à 4 euros de l’heure. Ce poison du dumping tue la protection sociale et nuit gravement à notre économie. Personne ne veut voir son salaire baisser, personne ne veut payer plus lorsqu’il se rend chez le médecin. C’est pourquoi nous devons extirper ce mal : exit le dumping social.

Tous les Européens réclament des solutions à ces problèmes transfrontaliers. Nous vivons en effet dans une réalité de circulation transfrontalière et de coopération intensive depuis 60 ans. Il s’agit d’une réalisation considérable, mais à condition toutefois que cette mobilité transfrontalière se déroule de manière équitable, honnête et sociale. Tant que l’Europe ne proposera pas de solutions efficaces à ce problème, les États membres devront eux-mêmes lutter contre les abus et la concurrence déloyale. C’est précisément pour maintenir nos États providence dans l’Union que nous devons réagir avec force. L’époque de la « débrouille » est révolue. Nous exigeons donc la fin du dumping social, sans pour autant abandonner la libre circulation des personnes, et nous sommes engagés pour changer la législation européenne. A défaut, le système s’écroulera et nous aurons encore plus envie de nous cacher derrière nos propres frontières et de prendre la direction de la sortie de l’UE. En ce sens, le Brexit pourrait être un électrochoc pour les institutions et les pousser à organiser en Europe une course à l’excellence sociale où s’appliquerait le principe : « à travail égal, salaire égal». L’Europe offrirait alors une perspective et de l’espoir, tout en rassurant et en protégeant ses citoyens.

Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS (France) Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais)

08 Juil

Commentaires fermés sur Conférence « Réfugiés: notre réponse progressiste », discours de clôture de Jean-Christophe Cambadelis – 8 juillet 2016

Conférence « Réfugiés: notre réponse progressiste », discours de clôture de Jean-Christophe Cambadelis – 8 juillet 2016

par

2016-07-08 - Conférence _réfugiés nos réponses progressistes_-101

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Vice président du PSE

Réunion des dirigeants du PSE

Paris, le 8 juillet 2016

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Nous avons discuté d’un sujet essentiel à un moment essentiel de notre histoire. Un sujet grave se pose à nous à un moment où, pour l’Europe, pour la social-démocratie, oui, l’heure est grave.

Disons-le : La question des réfugiés est une question cruciale. La manière dont nous allons y répondre dira beaucoup sur ce que nous sommes vraiment, en tant qu’européens, en tant que sociaux-démocrates. Répondre au défi migratoire nous permettra de répondre à la question de notre propre identité, du sens de notre engagement politique, de notre rapport à l’histoire, mieux : de notre contribution à l’histoire.

Je suis fier et heureux de partager ce questionnement avec vous, ici, à Paris. Merci à vous d’avoir fait le déplacement, merci d’avoir consacré votre précieux temps à cette question, à ce défi, à notre avenir.

 

*           *           *

 

  1. Le monde est un volcan

 

Mes chers amis,

Oui, nous nous tenons à un moment essentiel. Le monde est devenu un immense volcan. On ne sait plus bien par quel bout prendre le réel. On craint de l’agripper, de peur d’ajouter du chaos à l’incertitude. Une formule résume bien cet état de fait : le monde est apolaire. Tout se conjugue et tout se brouille. C’est ainsi : L’espace se rétrécit et le temps s’accélère. De cette double équation fondamentale naissent les déséquilibres, les bouleversements et les guerres. La fin des empires marque le début de l’empire des inconnus : que penser et que faire ? Comment agir et interagir ?

Le monde subit de multiples crises : climatique, terroriste, diplomatique, géopolitique. Mais la crise la plus profonde est sans doute la crise de l’interprétation. L’oligarchie prolifère dans ce règne de l’inconnu et de l’éphémère, et si le siècle sera peut-être religieux, il est à coup sûr financiarisé. Dans ce siècle étrange, notre planète se meure et les Hommes s’entretuent. La planète menace de devenir une terre sans peuple et des peuples cherchent de nouvelles terres pour échapper à la guerre et à la misère. Dans ce monde-volcan, une question interpelle plus qu’une autre, c’est la question des réfugiés. Bien entendu que la question climatique est déterminante. Bien sûr que la question de la justice sociale est centrale.

Bien évidemment que la question des guerres est cruciale. Mais, quand nous parlons de la question des réfugiés nous parlons de l’essentiel, nous parlons des effets de ces crises multiples sur nos frères humains, nous parlons de l’humanité.

Voilà la réalité : Nous sommes entrés dans l’ère du nomadisme généralisé. Il n’y a pas que les marchandises, les devises et les mégaoctets des ordinateurs qui traversent le monde, les Hommes aussi. Les hommes, les femmes et les enfants. Il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis plus de soixante ans. Et la tendance s’accélère. Il s’agit d’un phénomène mondial, nord-sud mais aussi sud-sud et ouest-est. Sur tous les continents. Je ne veux pas vous assommer de chiffre mais tout de même : en 2005, on comptait 20 millions de réfugiés dans le monde. Dix ans plus tard, en 2015, environ 65 millions de personnes ont dû quitter leur foyer ou leur pays en raison des guerres et des persécutions.

17 millions de réfugiés peuplent les camps du monde entier. La grande reporter Anne Poiret y a consacré un documentaire. Elle a fait le calcul : Les camps, en population, composent virtuellement le soixantième pays du monde. Son nom ? Le réfugistan.

90 % de la population réfugiée dans le monde se trouve dans les pays du Sud, qui font déjà face à des difficultés de développement. En 2015, 1 million de réfugiés sont arrivés en Europe, dont 800.000 en Grèce. D’après le HCR, 211.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis le début de l’année 2016. 3000 se sont noyées ou ont été portées disparues. Oui, beaucoup ont perdu leur vie, beaucoup trop.

Les causes de ces migrations sont multiples, nous les connaissons. Au Moyen-Orient, la dérive sectaire de l’islam radical est le plus grand facteur de désordre provoquant ruines et désolation. La Syrie, l’Irak, la Libye, l’Afrique subsaharienne en paie le prix fort. Il y a bien entendu la famine, au cœur de l’Afrique. Et il y a aussi les réfugiés climatiques. On estime aujourd’hui que les inondations, les tempêtes et les sécheresses poussent chaque année 26 millions de personnes à quitter le territoire où elles vivent.

L’ampleur mondiale du phénomène et les causes profondes elles aussi mondialement réparties font que la communauté internationale est l’échelon des solutions. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a annoncé l’organisation d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la gestion des déplacements de réfugiés et de migrants, le 19 septembre prochain. Le parti socialiste et le parti socialiste européen s’en félicitent car ils avaient demandé une telle conférence.

 

  1. Dans un monde apolaire, l’Europe ne peut pas être amorphe

Mes chers camarades, le constat est là : Le monde est apolaire. Mais, il faut compléter ce constat : dans ce monde apolaire, l’Europe semble sans repères. Les Européens le sentent bien et doutent de la capacité du politique à produire des effets et même des récits, de la capacité de la démocratie à répondre aux défis, de la capacité de l’Europe à défendre nos intérêts. Voilà le drame et voilà le défi pour nous: dans ce monde apolaire, l’Europe ne peut pas être apolitique, amorphe et amorale.

Oui, l’Europe est sans repères. Le débat public est couvert par le bruit de l’euphorie des europhobes. L’Europe se cherche, on le constate doublement, dans les actions de l’Union européenne, qui agit toujours trop tard et toujours trop peu et au sein des États membres, qui agissent beaucoup trop seul. En Grande-Bretagne, les dirigeants politiques conservateurs semblent avoir perdu pied, dépassés par leurs propres calculs, avalés par les idées nationalistes qu’ils ont tenté d’instrumentaliser. Oui, notre ennemi est redoutable : inconséquent, incompétent mais violent et dangereux. Courage mon cher Jeremy, nous pensons à Jo Cox et nous sommes avec toi ! Nous sommes avec toi ! En Espagne, il n’y a toujours pas de gouvernement. En Autriche, les élections ont été annulées, il faudra revoter. Là encore, la xénophobie rôde. En Europe du nord, les pays modèles de la social-démocratie se tournent de plus en plus vers le mouvement national-populiste. En Europe centrale, l’interrogation nationale pave le chemin aux gouvernements nationalistes, en Pologne et en Hongrie. En Hongrie, où un autre référendum se tiendra le 2 octobre. La question sera la suivante : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? ». Après l’Europe, après les immigrés, sur quoi portera donc le prochain référendum des conservateurs et des identitaires ? Sur l’interdiction de l’Islam ? Nous sommes vraiment entrés dans une forte zone de turbulences. En France aussi, bien évidemment, où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. En Italie, la situation est incertaine. En Grèce, la situation reste complexe.

 

Les pays européens doutent de l’Europe et ils doutent surtout d’eux-mêmes. Pays du bloc occidental, ils sentent bien que l’histoire avance de plus en plus vite mais de moins en moins avec eux. Ils ont le sentiment d’être marginalisés par les blocs émergents, voire même qu’ils vont être remplacés dans l’organisation de la marche du monde. Qui plus est, les 30 Glorieuses et la croissance continue sont bien loin, la révolution de l’immatériel est riche en disruptions mais pauvres en emplois. Tout cela nourrit une menace immense : le péril du repli.

 

  • Les sociaux-démocrates au rendez-vous de l’histoire

 

Mes cher-es ami-es,

Les européens de cœur et de raison que nous sommes vivent une sorte de cauchemar éveillés. Mais, au même moment, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants veulent à tout prix participer au rêve européen, parfois au prix de leur vie. Il faut être à la hauteur de cet espoir car cet espoir est une chance pour l’Europe. En répondant à ce rêve, nous rayonnerons, nous créerons des alliés pour répondre aux défis futurs, nous créerons des solidarités aux quatre coins du monde, nous attirerons des talents et des savoir-faire. Oui, en relevant ce défi migratoire nous contribuerons à faire de l’Europe un continent-puissance, un continent-pivot.

C’est ainsi, les sociaux-démocrates ont une grande responsabilité. Pour défendre un modèle économique juste et viable, performant et écologique en appliquant un keynésianisme vert. Pour donner un nouveau sens et une nouvelle force à la démocratie dans leur pays respectif. Un mot ici sur la France. Dans mon pays, il n’y a pas que l’extrême droite qui souhaite en découdre, l’ultragauche a aussi la social-démocratie dans le viseur. Ils attaquent nos permanences et nos militants, ils nous empêchent de nous réunir. Voilà la réalité. Leurs partisans disent qu’ils ne voient pas d’alternative possible dans la démocratie. Les casseurs que vous voyez à la télévision, ils cassent des abris-bus mais ils veulent aussi casser la social-démocratie, ils veulent surtout casser la démocratie. C’est un défi supplémentaire pour nous.

La démocratie est en danger sur notre continent. L’Europe aussi. Les sociaux-démocrates doivent maintenir le lien précieux qu’est l’Europe. Dans ce monde apolaire, dans ce contexte contestataire, les forces centrifuges populistes, de droite comme de gauche, vont vouloir mettre en œuvre une véritable déconstruction européenne. Pour sauver l’Europe, mes camarades, il faut une nouvelle Europe. Oui, il faut recommencer l’Europe. En favorisant la modernisation de notre industrie, avec un new deal écologique, en se concentrant sur les sujets où la coopération est indispensable comme la défense. Et puis, puisque nous parlons de défense, il faudra aussi défendre nos intérêts commerciaux et aussi nos frontières. Oui, on peut à la fois protéger et les frontières et les droits humains. Mais, disons-le, nous sauverons l’Europe si nous répondons au défi migratoire.

Hier, lors du dîner des leaders, j’ai fait des propositions pour relancer l’Europe.

D’abord une méthode : passer de l’Europe des contenants à l’Europe des contenus. Nous pouvons avancer rapidement à traités constants. C’est une question de politique et de volonté.

Ensuite mettre au cœur quatre objectifs :

  • L’harmonisation fiscale et sociale
  • Un New Deal green et des nouvelles technologies
  • La sécurité
  • Défendre l’identité culturelle

Mais surtout mettre au centre la jeunesse avec un nouveau plan pour les jeunes, particulièrement les apprentis.

Cette question, c’est évident, on ne peut y répondre seul. La réponse ne peut être qu’une « réponse commune », « une réponse forte » comme le dit notre résolution. C’est une bonne résolution car elle prône la bonne approche : intégrée, cohérente et coordonnée. Elle prône un partage équitable des responsabilités et appelle au respect de nos obligations internationales en matière de droit d’asile. Elle insiste sur la nécessaire coopération avec les pays d’origine et de transit des migrants. Cette résolution est une prise de parole forte et disons-le attendue.

Bravo, mes chers camarades, d’avoir contribué à ce que la voix des sociaux-démocrates soit entendue. Dans un monde apolaire et une Europe affolée, la social-démocratie ne pouvait pas rester aphone et amorphe.

Je crois que notre position peut se résumer en 4 points :

  • Contenir
  • Soutenir
  • Répartir
  • Accueillir

Nous avons une feuille de route pour peser sur la conférence des Nations Unies et combattre les nationalistes xénophobes.

 

*           *           *

 

Mes chers camarades, Mes chers amis,

Un dernier mot pour conclure. J’ai commencé par un constat. Un constat dur, froid, réaliste. C’est ainsi que tout acte politique doit commencer, en disant ce qui est. Mais, je dois aller au bout de ce constat.

Je vous ai écouté, j’ai noté vos idées, j’ai ressenti la force de votre engagement pour nos valeurs. Mes chers camarades, j’ai vu le vrai visage de la social-démocratie. C’est ce que l’Europe peut offrir de plus fort, de plus beau : la fraternité, la solidarité. Je vous regarde et je constate : l’Europe c’est nous ! L’espoir c’est nous !

Mes chers amis, le monde a besoin de l’Europe. L’Europe a besoin de la social-démocratie. La social-démocratie a besoin de sociaux-démocrates. Le constat est évident : Sans nous, ce monde perdrait plus que des Européens ou des sociaux-démocrates, il perdrait en humanité. Alors, debout !

 

Vive l’Europe et vive la social-démocratie !

 

 

30 Nov

Commentaires fermés sur Combattre le changement climatique, combattre l’injustice : notre cause commune

Combattre le changement climatique, combattre l’injustice : notre cause commune

par

À l’occasion du lancement de la COP21, Jean-Christophe Cambadélis, Gianni Pittella, président du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Sergeï Stanishev, président du Parti socialiste européen, Elio di Rupo, président du PS belge, et John Crombez, président du SPA. A ont publié  une tribune que vous pouvez retrouver dans le Huffington Post ou bien ci-dessous:

 

Combattre le changement climatique,

combattre l’injustice : notre cause commune

 

Les leaders sociaux-démocrates pour un accord sur le climat ambitieux

 

Si la social-démocratie représente la solidarité et la réduction des inégalités, alors la lutte contre le changement climatique doit désormais être au cœur de notre agenda politique pour les années à venir. Les plus fragiles d’entre nous – tels que les enfants, les précaires, les personnes porteuses de handicap et les personnes âgées – sont ceux qui souffrent le plus des effets du changement climatique. Ces changements mettent leurs logements, leur santé, les moyens de subsistance et leur alimentation en danger. Les personnes vulnérables et les communautés de tous les pays et de tous les niveaux de développement paient le prix fort de ces risques climatiques. Et les populations des pays en voie de développement, encore plus.

En tant que socialistes et démocrates européens, la solidarité est pour nous un élément vital. Nous luttons pour l’égalité entre les nations, entre les peuples, entre les sexes et entre les générations. Rien ne remet plus cet engagement en cause que le changement climatique. En tant que dirigeants socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes européens, nous avons fait et nous continuerons de faire de la politique climatique, une partie intégrante de notre lutte contre les injustices sociales en Europe et dans le monde entier. Nous croyons sincèrement que cela peut constituer un objectif ambitieux et une forte incitation à innover dans le domaine des politiques publiques. Il n’y a qu’à regarder les nombreuses initiatives prises sur le terrain à tous les niveaux qui montrent que nos citoyens sont prêts à relever le défi. Il ne faut pas les décevoir !

En décembre, tous les yeux du monde seront tournés vers Paris. Diplomates, dirigeants politiques, ONG, institutions internationales, industries, citoyens engagés et beaucoup d’autres arriveront pour la réunion «COP 21» où les grands de ce monde devraient aboutir à un accord pour lutter contre le changement climatique mondial. Le sommet est organisé par le Président français, François Hollande. A Paris, à l’invitation du Premier ministre français, Manuel Valls, nous avons montré notre volonté de parvenir à un accord universel, juridiquement contraignant, ambitieux et dynamique, qui limite le réchauffement climatique à deux degrés au maximum. Nous croyons fermement que cette rencontre des chefs d’Etats et de gouvernements verra l’adoption de mesures appropriés et applicables à tous les pays.

Seul un accord solide montrera l’urgence de la crise climatique et pourra avoir un impact sur nos populations. Notre combat politique veut privilégier des emplois tout en assurant des systèmes de protection sociale solides.

Dans la transition vers une économie pauvre en carbone, la plupart des nouveaux emplois seront créés dans le secteur du bâtiment – pour ne citer qu’un exemple – un des secteurs les plus touchés par la crise économique. La rénovation de l’ensemble des bâtiments en Europe s’étendrait sur au moins trente ans et créerait des emplois, principalement pour les PME. Ils permettraient de rendre les bâtiments, notamment les écoles et les hôpitaux, plus économes en énergie et, ce faisant, réduiraient la consommation d’énergie des citoyens et allégeraient les factures de courant et les émissions de CO2 dans le secteur public. Il existe de nombreux autres secteurs d’activité pouvant bénéficier de cette transition si nous sommes assez courageux pour surmonter les considérations à court terme et pour miser sur une approche globale.

Les retombées seront positives: une meilleure santé pour tous et particulièrement pour les personnes âgées et les enfants souvent plus exposés aux difficultés respiratoires et aux températures extrêmes ; une amélioration de l’environnement, des possibilités de progrès social et réduction des inégalités.

Nous avons profité de l’industrialisation et du développement intensif en carbone. Mais cela n’a pas été sans conséquence pour la planète. Nous n’avons qu’une seule planète et nous ne pouvons pas nous permettre de la dégrader en continuant sur la même voie. Pendant que nous étions les premiers à bénéficier des progrès technologiques, les effets se faisaient sentir pour les pays en voie de développement. En conséquence, il est maintenant temps que nous reconnaissions ce déséquilibre et que nous offrions les capacités technologiques et financières pour leur permettre de s’adapter au changement climatique et de poursuivre sur la voie des faibles émissions de carbone.

Partout dans le monde, nous devons investir dans les technologies vertes, éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles et mettre un prix approprié sur le carbone. En échelonnant et de manière prévisible de nouveaux financements internationaux sur le climat, c’est-à-dire en mettant la main au portefeuille, nous pourrons joindre le geste à la parole. Des progrès tangibles en vue des négociations de Paris COP21 restent à faire sur ce plan du financement. Nous savons tous que cela constituera une condition sine qua non pour parvenir à un accord. Comme les outils, la volonté politique pour y arriver est toute aussi importe. L’Europe doit rester un leader mondial pour assurer la conclusion d’un accord et elle doit pousser ses partenaires à prendre des mesures ambitieuses sur le climat. Les récents pourparlers entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les programmes présentés par plus de 150 pays montrent jusqu’à présent une dynamique grandissante dans ce sens. Mais il reste beaucoup à faire si nous voulons maintenir la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

Le 21 octobre 2015, nous, dirigeants socialistes et démocrates européens avons fait 21 propositions pour réussir la COP21, pour que l’action internationale pour le climat soit sur la bonne voie et pour faire de l’Europe un acteur majeur en la matière. Cette volonté accompagne notre combat permanent contre les inégalités sociales. Nous invitons chacun à venir nous rejoindre, pour stopper le réchauffement climatique et éliminer les injustices qu’il provoque.

 

 

21 Oct

Commentaires fermés sur Sommet des Progressistes pour le Climat – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mardi 21 octobre 2015

Sommet des Progressistes pour le Climat – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mardi 21 octobre 2015

par

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,
Premier secrétaire du Parti socialiste
Premier Vice-président du PSE
Sommet des Progressistes pour le climat
Paris, mercredi 21 octobre 2015
(Seul le prononcé fait foi)

 

 

Mesdames et Messieurs,
Chers leaders sociaux-démocrates et progressistes,
Cher-es ami-es,

Dans six semaines, l’humanité a rendez-vous avec son destin. Les dirigeants du monde entier et leurs délégations vont se réunir ici même, à Paris, pour répondre au péril écologique, pour empêcher que la Terre ne devienne une planète sans vie et donc pour éviter que l’humanité devienne un peuple sans terre.

Il m’a semblé important, essentiel même, que les dirigeants sociaux-démocrates et les Progressistes européens se réunissent eux aussi, avant ce grand rendez-vous, pour faire entendre leur voix.
Je tiens à vous remercier, toutes et tous, d’avoir fait le déplacement en nombre et de témoigner ainsi, par votre présence, de l’importance de ce qui va se jouer au cours des semaines à venir. Merci aux éminences qui vont intervenir dans un instant : Pervenche Berès tout d’abord, européenne de cœur et de combat, Présidente de la délégation socialiste au Parlement européen, que je salue amicalement. Je remercie Anne Paugam, directrice de l’Agence française de développement, Teresa Ribera, Directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et, enfin, le professeur Michel Aglietta, conseiller scientifique du CEPII. Je salue également la présidente de YES et du MJS, ma chère Laura Slimani. Merci aussi aux deux modérateurs de talents, Gilles Finchelstein, de la Fondation Jean-Jaurès et Ernst Stetter, de la Fondation européenne d’études progressistes. Je remercie aussi Massimo D’Alema qui préside cette institution.

Je me permets de remercier par avance les illustres intervenants qui encadreront, en fin d’après-midi, la cérémonie de signature des 21 propositions des Progressistes : Un grand merci à Sergueï Stanichev, président du PSE, Gianni Pitella, président du groupe des socialistes et des démocrates européens et à Manuel Valls, Premier ministre de la France, pays hôte de ce sommet climat de la dernière chance, qui viendra à la fin de nos travaux. Je remercie également Henri Nallet, président de la Fondation Jean Jaurès.

* * *

La bataille de Paris c’est l’impossible échec.

Oui, la bataille de Paris a commencé, elle sera dure. Nos adversaires sont connus, ils sont coriaces, ce sont nos conservatismes et nos vieux tropismes. Le pire de ces adversaires, nous le savons, c’est le temps. Le danger, c’est que les dérèglements se transforment en un grand emballement, qui échapperait à tout contrôle, à toute contre-mesure et qui mènerait l’humanité toute entière à sa perte. Oui, à Paris, en décembre, l’échec est impossible.

En 2011, l’historien français Jean-François Mouhot notait dans une comparaison volontairement provocante que les générations futures, celles qui paieront le prix de nos hésitations et de nos renoncements face au péril climatique, nous jugeront très probablement aussi sévèrement que nous jugeons aujourd’hui les esclavagistes.
L’historien écrivait : « Nous nous représentons les propriétaires d’esclaves come des brutes cruelles, sadiques, inhumaines », mais à leur époque, « l’esclavage semblait tout à la fois normal et indispensable, tout comme le droit de posséder une voiture, d’avoir le chauffage central ou de prendre l’avion à notre guise ». Il terminait son propos ainsi : « Si nous ne repensons pas rapidement notre manière de vivre, les générations futures se demanderont dans quelques années comment notre civilisation a pu vivre dans un tel aveuglement moral ».

Il est donc temps d’ouvrir une nouvelle voie, d’emprunter ensemble le chemin du salut de notre planète. De fait, Paris Climat 2015 ne peut pas être un rendez-vous manqué, un nouveau Copenhague. Pourquoi avons-nous échoué en 2009 ? Mais parce que nous avons abouti à un accord sans ambition et sans contrainte. Nous connaissons les causes principales de cet échec. Tout d’abord, les positions de départ étaient trop éloignées pour permettre un accord final. C’est tout l’enjeu des discussions qui sont menées en amont. Ensuite, on le sait, les paroles n’ont pas été suivis d’effets, beaucoup se sont défilés, il n’y a pas eu d’engagement chiffré ni de calendrier. D’où l’importance actuelle de la nature juridique de l’accord qui sera signé en décembre à Paris. Enfin, dernière raison de l’échec, l’absence d’unité de vue entre pays développés et pays en développement. C’est la question centrale du financement, j’y reviendrai.

Mes cher-es ami-es, ne nous voilons pas la face : les principales raisons de cet échec demeurent et rodent encore autour de la négociation en cours. Mais, d’autres signes encourageants sont là, qui montrent que la situation a radicalement changé. On ne connait pas encore la portée exacte de l’accord de Paris, mais on peut le dire, il y a déjà un accord mondial sur le diagnostic : la planète se meurt, elle se dérobe sous nos pieds. Cette année, ce sont 195 Etats qui vont s’engager à leur niveau pour le climat. C’est inédit et cela doit être soulignée, la volonté politique est au rendez-vous.

A vrai dire, on ne voit pas bien quelle serait l’alternative, car l’échec de Paris c’est l’aggravation garantie. Oui, la transition écologique est en train d’avoir lieu. Oui, la planète est le théâtre de changements radicaux. Radicaux et irréversibles si nous ne réagissons pas à temps. La concentration de CO2 est la plus forte depuis… 800 000 ans. Notons ici que le CO2 a tendance à se dissoudre dans les eaux de surface, provoquant l’acidification des océans. Ce phénomène est inédit dans les 300 derniers millions d’années – oui, millions – et les scientifiques ignorent les effets de cette acidification pour les prochaines décennies.

Alors, concentrons-nous sur un chiffre : 70 %. C’est la réduction nécessaire des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à leur niveau de 2010 pour maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2 °C. 2°, qu’est-ce que cela veut dire ? C’est très concret : C’est la limite pour éviter les inondations massives, les crises alimentaires et les désertifications, les réfugiés climatiques et les conflits. Je ne veux pas vous assommer de chiffre, mais je vous en livre encore un : 50%. Oui, une chute de plus de moitié des populations mondiales d’espèces sauvages en l’espace d’à peine quatre décennies : tel est le constat auquel aboutissent les calculs du Rapport Planète Vivante 2014 du WWF. Difficile dans ces conditions de parler d’empreinte écologique. Disons les choses clairement : nos pas ne laissent pas « d’empreinte », ils écrasent ! Ils écrasent la diversité et avec elle la viabilité de notre planète ! La question centrale est donc de savoir comment limiter rapidement et fortement l’impact de l’homme sur l’environnement.

* * *

Cher-es ami-es,

La vérité c’est que les changements climatiques, nous les avons provoqué mais nous ne savons pas les contrôler. Nous voulions être les « maîtres et les possesseurs » de la nature, elle nous rappelle – et de quelle manière – qu’elle est fragile, qu’elle ne se possède pas mais se respecte.

Face à la transition écologique, il faut donc répondre avec une transition de notre modèle de développement, de production et de consommation. Faire le choix de l’innovation permanente et de la circularité, voilà la perspective qu’il nous faut adopter. Disons le d’emblée et le plus nettement qui soit, car l’heure n’est plus aux chichis : il n’y a pas de travail, pas d’emplois, pas de richesses sur une planète morte. La question du changement climatique doit provoquer un intense débat économique et social, car ses racines et ses solutions sont aussi industrielles. Il s’agit de considérer les émissions de carbone comme un risque vital et d’accompagner fortement la transition énergétique mondiale: c’est le défi de la décarbonisation progressive de l’économie mondiale.

Il s’agit donc de mettre en œuvre la transformation industrielle nécessaire qui sera rendue possible grâce à des investissements durables et à un accès universel aux technologies de pointe. Le monde entier doit se désintoxiquer des combustibles fossiles. La France, à travers sa loi portée par Ségolène Royal sur la transition énergétique va renforcer son indépendance énergétique, réduire ses émissions de gaz à effets de serre et rendre possible une croissance verte. Les Progressistes français peuvent aller plus loin encore. Ainsi, un député de la République, Dominique Potier, se propose de créer un « devoir de vigilance » pour les multinationales, c’est-à-dire de renforcer la responsabilité des grandes entreprises à l’égard des risques humains, sociaux et environnementaux pouvant découler de leurs activités économiques. Cela va dans le bon sens, tous les Progressistes européens pourraient se retrouver d’ailleurs sur cette position.

Cher-es ami-es,
Comme souvent, le nerf de la guerre, ce sera la question du financement. 100 milliards de dollars, c’est ce que les pays riches se sont engagés à réunir chaque année à compter de 2020 pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique. Jusqu’à présent, les pays riches ont récolté près de 62 milliards de dollars. Il y aurait notamment 43 milliards issus d’institutions publiques, 16 milliards d’acteurs privés et 1,6 milliard de crédits à l’export. La Banque mondiale a annoncé qu’elle pourrait accroître d’un tiers son financement en faveur du climat, le faisant passer ainsi à 16 milliards de dollars par an. La Banque européenne d’investissement (BEI) a elle aussi annoncé une augmentation de ses financements liés au climat. On peut donc se rapprocher de la somme promise et donc de la possibilité d’un accord. Et s’il faut une taxe sur les transactions financières pour financer notamment le Fonds Vert des Nations Unies, nous la soutiendrons. Après tout, il n’est pas complètement absurde que la finance mondiale, qui pousse au profit et à l’exploitation sans limites des ressources limitées de notre planète, contribue un peu à son sauvetage.

* * *

Cher-es ami-es,
Nous le voyons, le dérèglement climatique nous pose aussi la question de la solidarité internationale. Et il faut voir aussi que les plus faibles sont les plus exposés aux déséquilibres écologiques. Au fond, je crois qu’avec cette question vitale du péril écologique nous touchons aussi du doigt la réponse à la crise de l’identité social-démocrate européenne.

Les Progressistes que nous sommes doivent changer pour faire face à un monde agité de changements multiples, dont le changement climatique est le plus crucial. A nous de compléter nos réflexions et nos propositions en combinant les facteurs capital, travail et nature pour permettre d’assurer le plus grand progrès possible pour le plus grand nombre possible dans un rapport de force qui soit favorable à la fois aux travailleurs et à la planète, permettant au Nord et au Sud de converger.

Il y a eut le temps le temps de la social-démocratie qui déboucha sur l’Etat-providence. Il faut aujourd’hui inventer la social-écologie qui débouchera sur la société décente et l’Etat de bien-être.

Oui, la social-écologie est la nouvelle étape de développement de la pensée progressiste. Lier exigence écologiste et défense de l’égalité, porter la question écologique au niveau de la question sociale, c’est le cœur de notre identité renouvelée. Les Progressistes doivent en somme mettre au cœur de leur action la domestication écologique et sociale de l’économie de marché et ils doivent se battre comme à l’aube de l’ère industrielle pour maitriser le capitalisme sauvage. Il s’agissait hier de conquérir des droits sociaux. Il s’agit aujourd’hui de conquérir les droits vitaux des générations futures de vivre dignement et pleinement sur notre planète. Sur leur planète.

Au moment même où nous nous réunissons, l’ultime session de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient à Bonn jusqu’à vendredi. Les discussions avancent, l’ébauche de texte se dessine, avec de nombreuses parenthèses et de multiples options. Ce lundi, 149 pays représentant près de 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont publié leur « contribution nationale », les objectifs de réduction de leurs émissions à l’horizon 2030. On avance, pas à pas. On se rapproche d’un accord.

Nous l’avons dit, l’heure des choix est venue.

Agir, c’est exploiter au maximum les rapports de forces politiques européens pour provoquer le Plan Juncker, comme les Progressistes européens ont su le faire. Agir, c’est s’engager aussi pour que ce plan finance en priorité la transition écologique, pour soutenir le développement d’une économie circulaire, sobre en carbone et riche en emplois. Agir, c’est mettre en place les bases d’un nouveau modèle industriel au niveau européen, avec des universités européennes et des champions européens.

Agir, mes cher-es ami-es, c’est aussi signer l’accord de ce soir avec 21 propositions claires et précises pour préparer le terrain à un accord à Paris en décembre prochain. C’est envoyer un signal on ne peut plus clair aux délégations du monde entier, pour dire que l’Europe veut et peut assumer ses responsabilités écologiques et historiques. Je ne veux pas empiéter sur la présentation de ces 21 propositions, juste vous dire que je suis fier des Progressistes européens. Fier que nous puissions, sur un sujet essentiel, parler d’une voie unie, d’une voie forte, d’une voie utile.

Mes cher-es ami-es, la COP21 peut être un tournant, mais cela ne sera pas un achèvement. Il faudra poursuivre l’effort, sans doute actualiser en continu l’accord qui sera obtenu de haute lutte. Mais, si accord il y a, alors, oui, nous pourrons dire : un petit pas pour l’humanité mais un grand pas pour la planète.

Oui, les Progressistes doivent se battre pour la planète. Et j’en suis convaincu, la meilleure façon pour les Progressistes de faire baisser le thermomètre de la planète, c’est de relever la tête, de porter fièrement nos valeurs et de les transformer en actes.

Je vous remercie.

Jean-Christophe Cambadélis


#COP21 Sommet des progressistes pour le climat… par PartiSocialiste

13 Juin

Commentaires fermés sur Jean-Christophe Cambadélis réélu Premier vice-président du PSE lors du congrès de Budapest

Jean-Christophe Cambadélis réélu Premier vice-président du PSE lors du congrès de Budapest

par

Le Premier secrétaire du Parti socialiste qui assiste au 10e congrès du Parti socialiste européen, a été reconduit comme Premier vice-président du PSE.

Dans son discours à la tribune du Congrès, il a plaidé pour un PSE « ouvert et curieux » qui incarne moins l’institution et plus la société.

Le congrès du PSE se tient à Budapest et une trentaine de français y représentent le Parti socialiste.

03 Mar

Commentaires fermés sur Les européennes c’est parti !

Les européennes c’est parti !

par

jcc conférence de presse européennes 03032014Pendant que Jean-François Copé faisait des ronds dans l’eau lors de sa conférence de presse  aggravant le malaise dans sa formation politique, le Parti socialiste lançait sa campagne pour les européennes.

Des listes bouclées, un candidat à la présidence de la commission désigné, un manifeste commun adopté, un slogan de campagne présenté.  Les socialistes des 28 partis socialistes européens sont prêts. La campagne sera citoyenne, interactive et européenne.

La campagne municipale occupant l’espace et laissant peu de temps, le PS a décidé de mener campagne sur le net. D’abord autour de Martin Schulz, candidat des sociaux démocrates. Ensuite avec un projet progressiste pour changer l’Europe autour de 3 thèmes : une Europe qui protège, une Europe performante, une Europe qui progresse. Nous voulons la simplification européenne, plus de solidarité, et plus de cohésion.

Enfin une plate-forme interactive (http://www.choisirnotreeurope.fr/elections) répondant concrètement aux questions que se posent les citoyens et en proposant qu’un million de sympathisants (c’est-à-dire 1 tiers de ceux qui ont participé aux primaires) s’adressent à Martin Schulz pour dire ce qu’ils veulent faire de la présidence européenne.

Au lendemain des municipales, premier grand meeting à Paris le 17 avril puis un dans chaque circonscription.

Les premiers sondages mettent les sociaux démocrates en tête. Rien n’est fait mais la dynamique est là, entre leur Europe, celle des sortants et la nôtre. C’est parti !

20 Fév

Commentaires fermés sur Elections européennes : une victoire socialiste en Europe est à portée de main

Elections européennes : une victoire socialiste en Europe est à portée de main

par

logopseUn sondage ne fait pas une élection, mais il donne toujours une indication. Il est l’expression d’une intention à un moment donné.

Ainsi, les récents sondages, depuis celui publié par El Pais en novembre dernier à celui de Pollwatch publié aujourd’hui, indiquent une majorité sociale-démocrate au Parlement européen.

Pollwatch compile des sondages fait dans tous les Etats-membres et cela donne l’image d’une majorité de gauche à portée de main au Parlement européen. Le PPE passerait des 271 actuels à 202 sièges et le PSE lui passerait devant en gagnant 31 sièges pour atteindre 221 députés.

Vers une bipolarisation parlementaire ? C’est la confirmation d’une tendance que l’on observe à travers plusieurs signes.

D’abord, le choix de Martin Schulz pour incarner les propositions des sociaux-démocrates européens a donné un visage à un projet. Cela donne chair à l’idée que l’Europe peut changer. Voilà pourquoi Angela Merkel traîne des pieds et pourquoi elle rechigne à laisser le PPE se donner un candidat car elle sait que pour les conservateurs la bipolarisation serait fatale. Leur bilan sera un boulet et alors qu’ils avaient tous les pouvoirs – étant majoritaires dans toutes les instances européennes, y compris les gouvernements – ils n’ont fait qu’aggraver la crise et durcir le divorce entre les Européens et l’Europe.

C’en est fini depuis longtemps du « compromis historique » entre démocratie-chrétienne et social-démocratie. Le temps est venu d’assumer une bipolarisation jusqu’au sein du Parlement européen et un affrontement démocratique entre un projet de droite et un projet de gauche.

Il faut aussi s’attendre à une percée de la gauche radicale qui ne pourra rien faire seule. Les centristes et les écologistes font les frais de cette bipolarisation du champ européen qui voit s’affronter la gauche et la droite.

Quant aux europhobes  qu’il faut cesser de qualifier d’eurosceptiques, voter pour eux est un acte stérile. Ils ne peuvent ni bloquer, ni empêcher, ni même détruire l’outil européen.

La campagne ne bat pas encore son plein, mais en se mobilisant sans relâche, avec une détermination sans faille et une motivation sans limite, nous pouvons convaincre les électeurs que l’Europe peut changer et que nous pouvons la changer avec une nouvelle majorité.

C’est manifeste, le PSE a le vent en poupe car il capte ceux qui croient en une alternative crédible à l’austérité. Et François Hollande en est le point d’appui. Voilà ce que personne ne vous dira. Une majorité de gauche en Europe est possible.

18 Déc

Commentaires fermés sur Pourquoi Edouard Martin ?

Pourquoi Edouard Martin ?

par

edouard martin 2La venue d’Edouard Martin sur les listes socialistes aux élections européennes provoque à droite trépignements et indignation. On les comprend, c’est quand même mieux que Nadine Morano comme dirait Bernard Accoyer.

Quel mépris pour les ouvriers quand même ! Laissons cela ! Le fait qu’un syndicaliste qui a ferraillé et durement contre le Parti socialiste vienne sur ses listes est la manifestation que l’enjeu n’est pas national mais européen. Edouard Martin garde ses colères, ses engagements, mais il veut les porter là où cela se décide : au Parlement Européen.

Pour la première fois le Parlement Européen va décider qui sera président de la Commission. Pour la première fois les citoyens d’Europe ne vont pas être spoliés de leur vote. Pour la première fois la majorité parlementaire va peser sur le destin de l’Europe.

Edouard Martin veut en être avec le PS, parce qu’il sait que seul le PSE a une chance d’être suffisamment fort pour propulser l’un des siens à la présidence de la Commission et mettre fin à dix ans de règne conservateur. Il n’abandonne ni ses colères, ni ses combats. Il cherche à les poursuivre par d’autres moyens.

Pour le PS, c’est au-delà du symbole le moyen de faire saisir l’enjeu de cette élection.  Il ne s’agit pas d’un débat national mais d’un enjeu continental, européen. Cette venue est une arme anti abstention.  Elle veut dire ne vous laissez pas faire, votre destin va se jouer dans cette élections ! On a des désaccords, mais on a un intérêt commun, une majorité progressiste au Parlement Européen qui en finisse avec les conservateurs qui ont ruiné l’Europe et précariser les peuples.

13 Déc

Commentaires fermés sur Elections européennes: Etat des lieux

Elections européennes: Etat des lieux

par

logopseLors de la réunion de la présidence du PSE, nous avons évoqué le futur Manifeste du Parti socialiste européen pour les élections de mai prochain, mais aussi l’état des lieux des candidats à la Présidence de la Commission.

 Le PSE a pris un temps d’avance en ayant choisi un processus démocratique innovant pour se doter d’un candidat en la personne de Martin Schulz.

Martin Schulz, depuis qu’il est président du Parlement européen, a constamment mis le pied dans la porte, défendant la seule institution élue par les peuples – dans une « tension amicale » pourrions-nous dire avec la Commission.

Le choix du PSE a fait éclater au grand jour les contradictions du PPE. En effet, les conservateurs rechignent à choisir un chef de file de manière aussi démocratique, préférant s’arranger entre chefs de gouvernements – signe que pour eux l’intergouvernemental doit être la règle pour la direction des affaires de l’Europe.

Les conservateurs ne tiendront leur congrès qu’en mars, à Dublin. Joseph Daul est devenu le nouveau président du PPE le 12 novembre dernier, mais sa volonté d’avoir un candidat commun a été bloquée par Angela Merkel et Herman Van Rompuy. Tout est dit !

Alors qu’en France, l’UMP rechigne à soutenir Michel Barnier, que Viviane Reding s’avance sans que Jean-Claude Juncker ait perdu ses soutiens, que les Polonais rêvent de Donald Tusk, on imagine que le candidat conservateur ne sera pas le résultat d’une volonté, mais plutôt d’une contrainte. Dans les noms qui circulent, il y a tellement de premiers ministres en exercice qu’on se demande s’il y a pas un vent de panique dans certains Etats membres comme par exemple la Suède où il y aura en septembre 2014 des élections législatives.

Signe de la droitisation du PPE, les conservateurs britanniques pourraient devenir membre du groupe parlementaire.

A l’extrême-droite du champ politique, le morcellement des nationaux populistes à l’échelle européenne ne bloquera pas leur poussée aux élections. L’Alliance libre européenne (ALE), créé en 2010 s’est réunie à Vienne, pas pour un bal néo-nazie, mais cette fois pour envisager la marche sur Strasbourg et Bruxelles lors des élections. Il s’agit du Front national, du FPÖ (l’ancien parti de Jorg Haider), du Vlaams Belang de Belgique, des Démocrates de Suède, de la Ligue du Nord et du Parti national slovaque. L’axe des nationalistes français et néerlandais est scellé et il sera renforcé par le Parti du peuple danois et certains membres de UKIP, les eurosceptiques britanniques. Pas de nom de candidat commun, mais une entente entre nationaux-populistes qui vont des eurosceptiques aux ultranationalistes.

Les libéraux, quant à eux, ont déjà adopté leur manifeste lors de leur congrès à Londres à la fin du mois de novembre. Ils choisiront leur candidat début février.

Deux candidats possibles. Olli Rehn, actuel commissaire aux affaires économiques et monétaires. C’est l’homme qui est responsable de la confiscation aux yeux du Parlement de tout ce qui concerne une gestion démocratique de la crise de l’euro. L’autre nom qui circule, sans surprise est l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt dont le profil fédéraliste et social est le meilleur atout des centristes européens.

Du côté des écologistes, le choix fut d’organiser des primaires pour choisir le candidat. Leur manifeste sera adopté une semaine avant le congrès du PSE. Quatre candidats se sont démarqués qu’il faudra départager. José Bové, soutenu par les Belges, les Luxembourgeois, les Espagnols, les Hongrois, les Ecossais et les Chypriotes, l’Allemande Rebecca Harms, la co-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, sa compatriote Franziska Keller et l’Italienne Monica Frassoni, la co-présidente des Verts européens. C’est en boitant que les Verts européens entreront de plain pied dans l’ère post Cohn-Bendit.

Enfin, la gauche européenne qui tient son congrès ce week-end à Madrid. Elle devrait choisir Alexis Tsipras, le leader de Syriza. Mais expérience gouvernementale, la gauche radicale est condamnée à rester dans un corner protestataire…