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28 Oct

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On ne peut regarder l’Espagne les bras ballants !

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Mais elle est où la gauche?

Ils sont où les Insoumis, les socialistes, les communistes, les écologistes dans ce qui en Espagne s’apparente au début de la crise yougoslave?

Car ne nous y trompons pas, un début de double pouvoir se met en place entre les élections à la constituante. Cela ne rappelle rien aux Insoumis? Et les élections constitutionnelles voulues par Madrid, la droite et le gouvernement?

On peut comprendre que le Président Macron renvoie l’ascenseur à Mariano Rajoy pour son soutien sur les travailleurs détachés mais ça ne fait pas une politique européenne. Et Jean-Claude Juncker en ballade avec Emmanuel Macron ne devrait-il pas rentrer pour traiter ce sujet qui va s’envenimer? Au nom de la non intervention dans les affaires de l’Etat d’un pays voisin on applique le « démerdez-vous! ». Et puis comme toujours,  on va constater les dégâts. C’est une honte pour l’Europe et une faute pour la France.

L’intransigeance des conservateurs à Madrid et celle des nationalistes à Barcelone a conduit à un dialogue de sourds. Les indépendantistes catalans sont suffisamment nombreux: 2 millions pour croire en l’indépendance mais pas assez pour l’imposer. Ils vont donc aller jusqu’au bout pour créer les conditions d’un avenir possible. Madrid a la Constitution, la légalité mais la crise politique mine l’autorité du gouvernement. Chaque parti a compris que cette crise lui permettait de se refaire face à Ciudadanos et Podemos. Mais jusqu’où?

On parle d’élections mais on va assister aux confrontations de manifestations. Seront-elles toujours pacifiques car les unionistes sont fort nombreux mais pas suffisamment pour contraindre les activistes. La Constitution espagnole n’a pas d’article 16 donc la presse et le Parlement seront toujours aux mains des indépendantistes qui ont en tête de gagner ou de faire un précédent.

Notre classe politique est à ce point jacobine pour ne pas voir qu’il y a travers cette crise une volonté de maîtriser son destin dans la mondialisation? L’Europe ne comprend pas qu’elle démontre ainsi qu’elle est politiquement inutile. Les deux partis ont besoin de la France et de l’Europe. Il est indispensable d’intervenir diplomatiquement, politiquement. Nous avons déjà trop tardé. L’Europe a déjà été confrontée à la crise belge avec les velléités séparatistes flamandes, à la situation italienne avec les récents votes dans les régions du Nord qui n’ont pas été insensibles à la situation espagnole. Bientôt il sera trop tard car le feu couve au Pays basque et dans d’autres régions et Madrid est politiquement faible.

Le PSOE est le seul parti à proposer depuis longtemps une voie praticable et d’ailleurs il a refait son unité sur cette question.

La solution est une deuxième révolution démocratique après la chute de Franco, une souveraineté revisitée avec un statut d’association. Mais cela rendrait l’Espagne divisible. Dans tous les cas la France doit être au minimum garante de la paix civile et du refus de l’engrenage vers la violence.

Il est temps que la question espagnole devienne une question européenne et française.

17 Jan

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Élection du président du Parlement européen : bravo Gianni, travaillons maintenant à une nouvelle alliance des forces de progrès

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Le Parti socialiste salue la belle bataille menée par Gianni Pittella pour la présidence du Parlement européen.
Pour la première fois depuis trente ans, l’issue du vote était incertaine car, prenant acte que la droite européenne avait changé, les députés du Groupe socialiste et démocrate ont mis un terme à la coalition avec le PPE.
Depuis que le Parlement européen est élu, son président conservateur, Antonio Tajani, aura été le plus mal élu à cette fonction. La droite européenne qui rassemble dans un même parti les amis de François Fillon, ceux de Viktor Orban et ceux Silvio Berlusconi, a choisi un compagnon de route de ce dernier pour présider le Parlement européen. Désormais, les conservateurs dirigent tous les organes de l’Union européenne alors qu’ils sont grandement responsables de la situation actuelle.
Ce vote marque la fin du compromis historique entre les conservateurs pro européen et les sociaux-démocrates. Cet équilibre, rompu au lendemain même du Brexit, de la déclaration de guerre de Trump à l’Europe et des pressions répétées de Poutine, est la démonstration que le PPE (conservateur) veut tous les leviers pour ne rien changer. L’Europe est en grand danger.
Maintenant, le temps est venu de travailler à la convergence des forces de progrès, comme cela existe au pouvoir au Portugal et comme cela commence à être le cas en Grèce afin de bâtir une Europe qui ne soit ni celle de la droite ni celle de l’extrême droite, mais celle de la solidarité et de la prospérité partagée.

07 Jan

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Décès de Mario Soares: un résistant face à la dictature, un promoteur de l’Europe, un acteur majeur du socialisme

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C’est avec une grande émotion que le Parti socialiste a appris la mort de Mario Soares à l’âge de 92 ans.
Aujourd’hui, c’est une des figures les plus importantes du Portugal mais aussi du socialisme européen qui s’est éteinte.
Mario Soares était un socialiste convaincu. Engagé dès ses plus jeunes années contre le régime autoritaire de « l’Estado Novo », il fonda l’action socialiste portugaise en 1964. Son engagement lui valu de nombreuses arrestations et il fut même déporté dans une colonie portugaise en 1968.
Contraint à l’exil, il s’installera alors en France où il enseignera à l’Université de la Sorbonne et de Vincennes, tout en continuant à porter l’opposition démocratique portugaise.
Il participera ainsi à la création du Parti socialiste portugais en 1973, dont il deviendra un an plus tard le secrétaire général.
Mario Soares était un militant de l’Europe. A la suite de la « Révolution des Œillets », il mettra ses convictions au service de son pays. Tout d’abord comme Ministre des Affaires étrangères où il engagera le processus d’indépendance des colonies portugaises. Puis, à la présidence du gouvernement de 1976 à 1978 et de 1983 à 1985 où il négociera avec énergie l’entrée de son pays dans le cercle européen et mènera avec succès les réformes nécessaires pour y arriver.
En 1986, il sera élu président de la République au moment même où le Portugal entre officiellement dans la Communauté Economique Européenne. Il effectuera deux mandats de Chef d’Etat.
Par la suite, Mario Soares multipliera les initiatives pour défendre son « pari européen » en prenant la présidence du Mouvement européen International ou encore en siégeant au Parlement européen en 1999.
Tout au long de sa vie, Mario Soares fut un avocat incontournable des libertés, un compagnon majeur du Parti socialiste, une personnalité essentielle de l’histoire de la construction européenne. Il fut un ami intime de François Mitterrand, avec qui il incarna ce lien fraternel entre socialistes portugais et français dans le combat pour la démocratie comme dans l’exercice du pouvoir.
Le Parti socialiste adresse ses sincères condoléances à l’ensemble du mouvement socialiste européen aujourd’hui en deuil. Il exprime, dans ce triste moment, toute son amitié aux camarades socialistes portugais ainsi qu’à la famille et aux proches de Mario Soares.

30 Août

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Apple condamné, un acte fort pour une justice fiscale européenne

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Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste 
Philip Cordery, Secrétaire national à l’Europe
 
 
 
Apple condamné, un acte fort pour une justice fiscale européenne
La sanction infligée à l’entreprise Apple par la Commission européenne, qui l’oblige à rembourser 13 milliards d’impôts non versés à l’Irlande, constitue un acte fort dans la lutte contre le dumping fiscal en Europe.
En jugeant illégal le dispositif fiscal mis en place par l’Irlande en faveur d’Apple, la Commission européenne ouvre la voie à une réflexion plus large sur la concurrence fiscale à laquelle se livrent certains pays de l’Union.
Le Parti socialiste se félicite de cette décision et rappelle son engagement pour une harmonisation de l’impôt des sociétés en Europe, préalable indispensable à une plus large convergence fiscale et à un budget européen.

13 Juil

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L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union, tribune dans Libération

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Libération publie ce jour une tribune signée par Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS, Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais) ou que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

 

L’Europe sociale, une urgence pour sauver l’Union

Un demi-siècle d’unification économique n’est toujours pas synonyme de progrès social pour tous. Cette promesse, près de 60 ans après la signature du Traité de Rome, l’Europe n’a pas réussi à la tenir. Le résultat du référendum sur le Brexit le prouve. Des écarts importants subsistent entre les États membres en matières de salaire, de sécurité au travail, de durée de travail, de cotisations de sécurité sociale et de droits à la sécurité sociale. Ces écarts créent une concurrence déloyale entre les entreprises et les pays au sein de l’UE, concurrence qui augmente la pression sur nos modèles de sécurité sociale, sur nos conditions salariales et de travail, et qui est néfaste pour nos travailleurs.

La directive sur le détachement – ironie du sort, une exception à la libre circulation des personnes pour pallier les erreurs du système – réduit l’Europe sociale à un vœu pieu. Ainsi, les travailleurs étrangers employés durant moins de deux ans dans un autre pays de l’UE peuvent bénéficier d’un salaire belge, néerlandais ou français, mais les cotisations à la sécurité sociale sont payées dans le pays d’origine et au taux de ce pays. Ce marché européen « social » imparfait ouvre dès lors tout grand la porte aux abus. Face aux entreprises qui utilisent la législation européenne pour éluder les cotisations sociales et ne pas payer des salaires décents, nos propres entreprises souffrent. Ainsi, elles sont souvent contraintes de réduire sérieusement leur taille ou de déménager à l’étranger, sous peine de faillite. Les secteurs les plus touchés sont le transport, la construction, le nettoyage et les soins. Qui plus est, leurs travailleurs perdent leur emploi ou sont mis sous pression pour travailler à des conditions moins favorables, souvent pour des salaires bien inférieurs aux salaires minimums. Il s’agit alors de dumping, car dans bien des cas ils ne gagnent pas plus de 3 à 4 euros de l’heure. Ce poison du dumping tue la protection sociale et nuit gravement à notre économie. Personne ne veut voir son salaire baisser, personne ne veut payer plus lorsqu’il se rend chez le médecin. C’est pourquoi nous devons extirper ce mal : exit le dumping social.

Tous les Européens réclament des solutions à ces problèmes transfrontaliers. Nous vivons en effet dans une réalité de circulation transfrontalière et de coopération intensive depuis 60 ans. Il s’agit d’une réalisation considérable, mais à condition toutefois que cette mobilité transfrontalière se déroule de manière équitable, honnête et sociale. Tant que l’Europe ne proposera pas de solutions efficaces à ce problème, les États membres devront eux-mêmes lutter contre les abus et la concurrence déloyale. C’est précisément pour maintenir nos États providence dans l’Union que nous devons réagir avec force. L’époque de la « débrouille » est révolue. Nous exigeons donc la fin du dumping social, sans pour autant abandonner la libre circulation des personnes, et nous sommes engagés pour changer la législation européenne. A défaut, le système s’écroulera et nous aurons encore plus envie de nous cacher derrière nos propres frontières et de prendre la direction de la sortie de l’UE. En ce sens, le Brexit pourrait être un électrochoc pour les institutions et les pousser à organiser en Europe une course à l’excellence sociale où s’appliquerait le principe : « à travail égal, salaire égal». L’Europe offrirait alors une perspective et de l’espoir, tout en rassurant et en protégeant ses citoyens.

Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du PS (France) Vice Président du PSE, Elio Di Rupo, Président du PS Belge francophone, John Crombez, Président du sp.a (Parti Socialiste Belge Flamand), Diederik Samsom, Leader du PvdA (Parti Travailliste Néerlandais)

08 Juil

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Conférence « Réfugiés: notre réponse progressiste », discours de clôture de Jean-Christophe Cambadelis – 8 juillet 2016

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2016-07-08 - Conférence _réfugiés nos réponses progressistes_-101

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Vice président du PSE

Réunion des dirigeants du PSE

Paris, le 8 juillet 2016

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s camarades, cher-e-s ami-e-s,

Nous avons discuté d’un sujet essentiel à un moment essentiel de notre histoire. Un sujet grave se pose à nous à un moment où, pour l’Europe, pour la social-démocratie, oui, l’heure est grave.

Disons-le : La question des réfugiés est une question cruciale. La manière dont nous allons y répondre dira beaucoup sur ce que nous sommes vraiment, en tant qu’européens, en tant que sociaux-démocrates. Répondre au défi migratoire nous permettra de répondre à la question de notre propre identité, du sens de notre engagement politique, de notre rapport à l’histoire, mieux : de notre contribution à l’histoire.

Je suis fier et heureux de partager ce questionnement avec vous, ici, à Paris. Merci à vous d’avoir fait le déplacement, merci d’avoir consacré votre précieux temps à cette question, à ce défi, à notre avenir.

 

*           *           *

 

  1. Le monde est un volcan

 

Mes chers amis,

Oui, nous nous tenons à un moment essentiel. Le monde est devenu un immense volcan. On ne sait plus bien par quel bout prendre le réel. On craint de l’agripper, de peur d’ajouter du chaos à l’incertitude. Une formule résume bien cet état de fait : le monde est apolaire. Tout se conjugue et tout se brouille. C’est ainsi : L’espace se rétrécit et le temps s’accélère. De cette double équation fondamentale naissent les déséquilibres, les bouleversements et les guerres. La fin des empires marque le début de l’empire des inconnus : que penser et que faire ? Comment agir et interagir ?

Le monde subit de multiples crises : climatique, terroriste, diplomatique, géopolitique. Mais la crise la plus profonde est sans doute la crise de l’interprétation. L’oligarchie prolifère dans ce règne de l’inconnu et de l’éphémère, et si le siècle sera peut-être religieux, il est à coup sûr financiarisé. Dans ce siècle étrange, notre planète se meure et les Hommes s’entretuent. La planète menace de devenir une terre sans peuple et des peuples cherchent de nouvelles terres pour échapper à la guerre et à la misère. Dans ce monde-volcan, une question interpelle plus qu’une autre, c’est la question des réfugiés. Bien entendu que la question climatique est déterminante. Bien sûr que la question de la justice sociale est centrale.

Bien évidemment que la question des guerres est cruciale. Mais, quand nous parlons de la question des réfugiés nous parlons de l’essentiel, nous parlons des effets de ces crises multiples sur nos frères humains, nous parlons de l’humanité.

Voilà la réalité : Nous sommes entrés dans l’ère du nomadisme généralisé. Il n’y a pas que les marchandises, les devises et les mégaoctets des ordinateurs qui traversent le monde, les Hommes aussi. Les hommes, les femmes et les enfants. Il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis plus de soixante ans. Et la tendance s’accélère. Il s’agit d’un phénomène mondial, nord-sud mais aussi sud-sud et ouest-est. Sur tous les continents. Je ne veux pas vous assommer de chiffre mais tout de même : en 2005, on comptait 20 millions de réfugiés dans le monde. Dix ans plus tard, en 2015, environ 65 millions de personnes ont dû quitter leur foyer ou leur pays en raison des guerres et des persécutions.

17 millions de réfugiés peuplent les camps du monde entier. La grande reporter Anne Poiret y a consacré un documentaire. Elle a fait le calcul : Les camps, en population, composent virtuellement le soixantième pays du monde. Son nom ? Le réfugistan.

90 % de la population réfugiée dans le monde se trouve dans les pays du Sud, qui font déjà face à des difficultés de développement. En 2015, 1 million de réfugiés sont arrivés en Europe, dont 800.000 en Grèce. D’après le HCR, 211.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis le début de l’année 2016. 3000 se sont noyées ou ont été portées disparues. Oui, beaucoup ont perdu leur vie, beaucoup trop.

Les causes de ces migrations sont multiples, nous les connaissons. Au Moyen-Orient, la dérive sectaire de l’islam radical est le plus grand facteur de désordre provoquant ruines et désolation. La Syrie, l’Irak, la Libye, l’Afrique subsaharienne en paie le prix fort. Il y a bien entendu la famine, au cœur de l’Afrique. Et il y a aussi les réfugiés climatiques. On estime aujourd’hui que les inondations, les tempêtes et les sécheresses poussent chaque année 26 millions de personnes à quitter le territoire où elles vivent.

L’ampleur mondiale du phénomène et les causes profondes elles aussi mondialement réparties font que la communauté internationale est l’échelon des solutions. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a annoncé l’organisation d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la gestion des déplacements de réfugiés et de migrants, le 19 septembre prochain. Le parti socialiste et le parti socialiste européen s’en félicitent car ils avaient demandé une telle conférence.

 

  1. Dans un monde apolaire, l’Europe ne peut pas être amorphe

Mes chers camarades, le constat est là : Le monde est apolaire. Mais, il faut compléter ce constat : dans ce monde apolaire, l’Europe semble sans repères. Les Européens le sentent bien et doutent de la capacité du politique à produire des effets et même des récits, de la capacité de la démocratie à répondre aux défis, de la capacité de l’Europe à défendre nos intérêts. Voilà le drame et voilà le défi pour nous: dans ce monde apolaire, l’Europe ne peut pas être apolitique, amorphe et amorale.

Oui, l’Europe est sans repères. Le débat public est couvert par le bruit de l’euphorie des europhobes. L’Europe se cherche, on le constate doublement, dans les actions de l’Union européenne, qui agit toujours trop tard et toujours trop peu et au sein des États membres, qui agissent beaucoup trop seul. En Grande-Bretagne, les dirigeants politiques conservateurs semblent avoir perdu pied, dépassés par leurs propres calculs, avalés par les idées nationalistes qu’ils ont tenté d’instrumentaliser. Oui, notre ennemi est redoutable : inconséquent, incompétent mais violent et dangereux. Courage mon cher Jeremy, nous pensons à Jo Cox et nous sommes avec toi ! Nous sommes avec toi ! En Espagne, il n’y a toujours pas de gouvernement. En Autriche, les élections ont été annulées, il faudra revoter. Là encore, la xénophobie rôde. En Europe du nord, les pays modèles de la social-démocratie se tournent de plus en plus vers le mouvement national-populiste. En Europe centrale, l’interrogation nationale pave le chemin aux gouvernements nationalistes, en Pologne et en Hongrie. En Hongrie, où un autre référendum se tiendra le 2 octobre. La question sera la suivante : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? ». Après l’Europe, après les immigrés, sur quoi portera donc le prochain référendum des conservateurs et des identitaires ? Sur l’interdiction de l’Islam ? Nous sommes vraiment entrés dans une forte zone de turbulences. En France aussi, bien évidemment, où l’extrême droite est aux portes du pouvoir. En Italie, la situation est incertaine. En Grèce, la situation reste complexe.

 

Les pays européens doutent de l’Europe et ils doutent surtout d’eux-mêmes. Pays du bloc occidental, ils sentent bien que l’histoire avance de plus en plus vite mais de moins en moins avec eux. Ils ont le sentiment d’être marginalisés par les blocs émergents, voire même qu’ils vont être remplacés dans l’organisation de la marche du monde. Qui plus est, les 30 Glorieuses et la croissance continue sont bien loin, la révolution de l’immatériel est riche en disruptions mais pauvres en emplois. Tout cela nourrit une menace immense : le péril du repli.

 

  • Les sociaux-démocrates au rendez-vous de l’histoire

 

Mes cher-es ami-es,

Les européens de cœur et de raison que nous sommes vivent une sorte de cauchemar éveillés. Mais, au même moment, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants veulent à tout prix participer au rêve européen, parfois au prix de leur vie. Il faut être à la hauteur de cet espoir car cet espoir est une chance pour l’Europe. En répondant à ce rêve, nous rayonnerons, nous créerons des alliés pour répondre aux défis futurs, nous créerons des solidarités aux quatre coins du monde, nous attirerons des talents et des savoir-faire. Oui, en relevant ce défi migratoire nous contribuerons à faire de l’Europe un continent-puissance, un continent-pivot.

C’est ainsi, les sociaux-démocrates ont une grande responsabilité. Pour défendre un modèle économique juste et viable, performant et écologique en appliquant un keynésianisme vert. Pour donner un nouveau sens et une nouvelle force à la démocratie dans leur pays respectif. Un mot ici sur la France. Dans mon pays, il n’y a pas que l’extrême droite qui souhaite en découdre, l’ultragauche a aussi la social-démocratie dans le viseur. Ils attaquent nos permanences et nos militants, ils nous empêchent de nous réunir. Voilà la réalité. Leurs partisans disent qu’ils ne voient pas d’alternative possible dans la démocratie. Les casseurs que vous voyez à la télévision, ils cassent des abris-bus mais ils veulent aussi casser la social-démocratie, ils veulent surtout casser la démocratie. C’est un défi supplémentaire pour nous.

La démocratie est en danger sur notre continent. L’Europe aussi. Les sociaux-démocrates doivent maintenir le lien précieux qu’est l’Europe. Dans ce monde apolaire, dans ce contexte contestataire, les forces centrifuges populistes, de droite comme de gauche, vont vouloir mettre en œuvre une véritable déconstruction européenne. Pour sauver l’Europe, mes camarades, il faut une nouvelle Europe. Oui, il faut recommencer l’Europe. En favorisant la modernisation de notre industrie, avec un new deal écologique, en se concentrant sur les sujets où la coopération est indispensable comme la défense. Et puis, puisque nous parlons de défense, il faudra aussi défendre nos intérêts commerciaux et aussi nos frontières. Oui, on peut à la fois protéger et les frontières et les droits humains. Mais, disons-le, nous sauverons l’Europe si nous répondons au défi migratoire.

Hier, lors du dîner des leaders, j’ai fait des propositions pour relancer l’Europe.

D’abord une méthode : passer de l’Europe des contenants à l’Europe des contenus. Nous pouvons avancer rapidement à traités constants. C’est une question de politique et de volonté.

Ensuite mettre au cœur quatre objectifs :

  • L’harmonisation fiscale et sociale
  • Un New Deal green et des nouvelles technologies
  • La sécurité
  • Défendre l’identité culturelle

Mais surtout mettre au centre la jeunesse avec un nouveau plan pour les jeunes, particulièrement les apprentis.

Cette question, c’est évident, on ne peut y répondre seul. La réponse ne peut être qu’une « réponse commune », « une réponse forte » comme le dit notre résolution. C’est une bonne résolution car elle prône la bonne approche : intégrée, cohérente et coordonnée. Elle prône un partage équitable des responsabilités et appelle au respect de nos obligations internationales en matière de droit d’asile. Elle insiste sur la nécessaire coopération avec les pays d’origine et de transit des migrants. Cette résolution est une prise de parole forte et disons-le attendue.

Bravo, mes chers camarades, d’avoir contribué à ce que la voix des sociaux-démocrates soit entendue. Dans un monde apolaire et une Europe affolée, la social-démocratie ne pouvait pas rester aphone et amorphe.

Je crois que notre position peut se résumer en 4 points :

  • Contenir
  • Soutenir
  • Répartir
  • Accueillir

Nous avons une feuille de route pour peser sur la conférence des Nations Unies et combattre les nationalistes xénophobes.

 

*           *           *

 

Mes chers camarades, Mes chers amis,

Un dernier mot pour conclure. J’ai commencé par un constat. Un constat dur, froid, réaliste. C’est ainsi que tout acte politique doit commencer, en disant ce qui est. Mais, je dois aller au bout de ce constat.

Je vous ai écouté, j’ai noté vos idées, j’ai ressenti la force de votre engagement pour nos valeurs. Mes chers camarades, j’ai vu le vrai visage de la social-démocratie. C’est ce que l’Europe peut offrir de plus fort, de plus beau : la fraternité, la solidarité. Je vous regarde et je constate : l’Europe c’est nous ! L’espoir c’est nous !

Mes chers amis, le monde a besoin de l’Europe. L’Europe a besoin de la social-démocratie. La social-démocratie a besoin de sociaux-démocrates. Le constat est évident : Sans nous, ce monde perdrait plus que des Européens ou des sociaux-démocrates, il perdrait en humanité. Alors, debout !

 

Vive l’Europe et vive la social-démocratie !

 

 

25 Juin

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue d’un entretien avec le Président de la République

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Jean-Christophe Cambadélis était reçu, avec Bruno Le Roux, Didier Guillaume et Pervenche Bérès, ce samedi 25 juin par le Président de la République.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations:

Le peuple de Grande-Bretagne a tranché. Il n’est plus temps de finasser.

Le divorce est consommé. Ce n’est plus à la Grande-Bretagne de fixer l’agenda.

Il nous répondre à l’urgence de l’Europe: la sécurité, la défense, la modernisation et la démocratie. Ce sont les positions du Président de la République, nous les soutenons. C’est à la gauche européenne de l’assumer car la droite est à terre.

Nous n’oublions pas que M.Cameron était membre de la droite européenne.

C’est à la gauche européenne de porter le renouveau.

L’Europe n’est pas à terre elle a besoin seulement d’un recommencement et de répondre concrètement aux demandes des peuples.

24 Juin

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à la suite du référendum britannique

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Déclaration de JC Cambadélis 24062016

Retrouvez la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, à la suite du référendum britannique:

 


Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis en… par PartiSocialiste

Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste à la suite du référendum britannique

Vendredi 24 juin 2016

(seul le prononcé fait foi)

 

 

 

Hier, le peuple du Royaume Uni a fait le choix de sortir de l’Union européenne.

Cette décision, pour regrettable qu’elle soit, ne met pas l’Europe à terre. Elle continue de fonctionner, et il n’y a aucune raison d’ajouter à ce divorce la panique boursière.

L’Europe concentre toujours le plus grand nombre de consommateurs au monde.

L’Europe reste toujours une puissance industrielle et financière inégalée, même sans la City.

L’Europe a un modèle, l’Etat social, que l’on peut critiquer, pays par pays, mais qui est le trait commun, la spécificité de la civilisation européenne.

L’Europe, c’est une culture, c’est une démocratie, c’est une histoire. Ce sont des peuples qui se sont combattus à mort et qui ont fait la paix. Et cela restera.

Nous voilà instruits, en revanche, de ce qui arrive lorsqu’on sème le vent du populisme : on récolte la tempête du nationalisme. Lorsqu’on agite l’immigration, on récolte la xénophobie. L’expérience des conservateurs britanniques devrait inspirer la droite française.

Du fait même des crises européennes – crise de légitimité, crise de solidarité, crise d’efficacité – nous sommes aujourd’hui confrontés à un débat entre le recommencement européen et la résurgence nationaliste.

Le recommencement européen, parce que nous avons bâti l’Union sur des contenants plutôt que des contenus. Nous sommes désormais arrivés au bout de la construction par la norme et de la soi-disant capacité intégrative du Marché. Cette Europe-là est une impasse. Elle produit la désintégration. Nous en avions vu les prémices, avec les élections danoises, puis les élections polonaises.

Les signaux n’ont pas manqué, avec les présidentielles en Autriche, les régionales en Allemagne et en France, les municipales en Italie. Au sein même du Parti populaire européen, cet esprit de revanche gagne du terrain, comme Victor Orban en Hongrie.

Derrière ces contestations souverainistes, le nationalisme avance masqué. Il finit toujours par lancer les peuples les uns contre les autres.

Marine Le Pen ne manque pas à l’appel : elle se précipite donc pour transformer la présidentielle en référendum pour ou contre l’Europe. C’est un peu court, mais la pauvreté de son programme l’explique aisément.

Les socialistes ne se déroberont pas. Ce que nous voulons, c’est recommencer l’Europe et faire barrage au nationalisme, en France comme en Europe.

Recommencer l’Europe, c’est concentrer son action sur les questions qui nécessitent la mutualisation des nations : la sécurité, la défense, face au terrorisme.

La modernisation industrielle, la protection de la diversité culturelle. Tout cela porté par un New Deal écologique.

C’est ce que le Président de la République a ébauché ce matin. C’est ce que le Conseil européen devra adopter.

Depuis vingt ans, l’Union s’occupe de son élargissement. La voilà confrontée au rétrécissement. Le divorce avec le Royaume-Uni est là, il prendra le temps qu’il faudra, mais ce n’est plus à la Grande Bretagne d’en fixer l’agenda. En tout cas, il ne doit pas occuper notre énergie, ni entraver notre action. Nous devons nous tourner vers l’avenir. C’est ce que feront les socialistes. Les 7 et 8 juillet, je réunirai à Paris l’ensemble des partis sociaux-démocrates européens et je soumettrai ce plan d’action à nos partenaires.

Merci.

27 Mai

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Le Parti socialiste condamne les propos du Premier ministre slovaque sur l’islam

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Alors que la Slovaquie va prendre la présidence tournante de l’Union européenne le 1er juillet prochain, le Premier ministre de ce pays, Robert Fico, par ailleurs président du SMER-SD membre du Parti socialiste européen, a estimé dans une déclaration publique que l’islam n’avait pas sa place en Slovaquie.

Suspendu en 2005 du PSE et du groupe social-démocrate au Parlement européen pour s’être allié avec un parti national populiste, le SMER a récidivé malgré des mises en garde multiples.

Si la droite européenne s’accommode d’un Viktor Orban en son sein, la social-démocratie européenne qui a toujours lutté contre le national-populisme refuse toute compromission rhétorique ou politique avec les idées d’exclusion et de division qui sont l’essence de l’extrême droite. C’est aussi l’inverse de ce qu’est l’Europe que nous voulons construire.

Le Parti socialiste dénonce fermement les propos de Robert Fico et s’inquiète d’une telle orientation alors que la Slovaquie va présider l’Union européenne.

Après le vote autrichien où l’extrême droite a représenté près de 50 %, alors qu’en Pologne, en Hongrie ou en Croatie, et au Danemark la xénophobie, le révisionnisme historique et l’europhobie ont le vent en poupe, il nous faut dénoncer ces dangers où qu’ils se trouvent et renforcer une Europe sociale inclusive qui est la seule réponse.

Le Parti socialiste demande au Président du Parti socialiste européen et aux partis membres de la famille social-démocrate européenne de prendre les mesures qui s’imposent face à cette grave dérive.

23 Mar

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Le Parti socialiste salue la mémoire d’Anker Jørgensen, ancien Premier ministre social-démocrate du Danemark

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Nous avons appris le décès de l’ancien président du Parti social-démocrate et Premier ministre du Danemark Anker Jørgensen à l’âge de 93 ans.

Nous adressons nos condoléances au peuple danois et aux sociaux-démocrates.

Anker Jørgensen avait été plusieurs fois Premier ministre du Danemark entre 1972 et 1982, leader du parti social-démocrate jusqu’en 1987 et membre du Parlement jusqu’en 1994. Il a conduit son pays à l’adhésion à la Communauté économique européenne, luttant contre un fort courant eurosceptique.

De ses origines pauvres, il n’avait rien oublié, lui l’orphelin est le dernier ouvrier à être devenu Premier ministre. Membre du parti social-démocrate depuis 1939, ouvrier sans diplôme, puis syndicaliste, il incarnait par son parcours un exemple pour les classes populaires. Jørgensen n’avait jamais quitté son petit appartement d’un quartier populaire de Copenhague.

Ancien résistant au nazisme, il se situait à l’aile gauche de son parti, militant ouvertement comme Olof Palme contre la guerre du Vietnam ou luttant, contre son syndicat, pour l’adhésion à la C.E.E. Comme Premier ministre, il renforça l’Etat providence au Danemark.

Le Parti socialiste gardera de lui l’exemple de l’humilité en politique malgré les moqueries et la fermeté dans les convictions de solidarité entre les peuples et entre les travailleurs.