la gauche de demain sera girondine 1

Novembre 2014. Nous nous réunissons au Parti socialiste pour discuter des derniers amendements à apporter à notre nouvelle charte d’identité.

Marie-Noëlle Lienemann, représentante de l’aile dite gauche, prend la parole : « Nous ne pouvons pas voter cette charte car la formule “parti progressiste” nous renvoie à Tony Blair».

J’indique qu’ainsi nous n’irons pas au bout de notre Bad Godesberg. Je propose que nous affirmions au moins que nous incarnons la social-écologie. Je lui demande : « Si nous retirons cette formule, voterez-vous cette charte ? – Oui. »

Résolution votée à l’unanimité. Révolution manquée à l’unanimité.

Premier secrétaire, je me suis ainsi trompé. J’ai stérilisé les idées qui étaient les miennes au nom de la stabilité interne, estimant qu’au pouvoir il fallait minimiser les tensions et maximiser l’unité. J’ai donc fait le choix de l’appareil et j’ai eu tort. François Mitterrand m’avait pourtant prévenu en aparté : « La vie est plus forte que les partis.» J’ai fait fausse route. Mais il n’est jamais trop tard. Alors place à la vie, place aux idées.

Si à gauche tout commence par les valeurs, les idées irriguent les coeurs et les têtes. Nous les prenons au sérieux car elles dirigent le monde. Elles permettent la vie en commun, de nommer les choses, d’appréhender le réel. Alors, sans surprise, la crise de notre monde, à la fois crise du commun, crise de l’humain et crise du certain, est avant tout une crise des idées.

La crise d’une idée en particulier : l’idée socialiste. Il s’agit d’une belle et grande idée. À quoi reconnaît-on une grande idée ?

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