De quoi s’agit-il ? De l’élection du Président de la quatrième puissance mondiale, membre du Conseil de sécurité, moteur de l’Europe dans un monde dur, dangereux et complexe.
De quoi s’agit-il ? D’imposer un nouveau souffle pour la France, un nouveau modèle pour la gauche dans la mondialisation. Une référence pour l’Europe, gage d’un nouvel équilibre dans le monde.
De quoi s’agit-il ? De battre durablement une droite conservatrice relayant les thèmes du FN et tentant de liquider notre modèle social. Il s’agit donc de la rencontre de la gauche et de l’histoire comme en 1958 ou en 1981, une gauche moderne, continuatrice de nos principes, mais des temps nouveaux, c’est-à-dire sociale et démocrate. Lire la suite…
La gauche se fera piéger si elle concède à Sarkozy et Le Pen que l’enjeu essentiel est sécuritaire.
Parce qu’il voit en Ségolène Royal « la seule candidate socialiste en mesure de battre Sarkozy », Arnaud Montebourg a récemment invité les socialistes qui ne partageraient pas cette évidence à taire toute critique et à se rassembler derrière celle qu’il appelle déjà « la candidate » (Libération, 19 septembre).
S’appuyant sur quelques formules générales extraites de récents discours, il s’est, sans plus tarder, adressé aux autres composantes de l’ex-gauche plurielle pour les inviter à y reconnaître la nouvelle «synthèse » dont celle-ci lui semble porteuse.
Passons ici sur cet empressement un peu péremptoire à trancher le débat sur les chances électorales comparées des uns et des autres même si on pourrait attendre d’un responsable politique aguerri comme Arnaud Montebourg qu’il accueille tout de même avec un peu plus de prudence des mouvements d’opinion dont l’expérience a pourtant maintes fois montré la faible valeur prédictive aussi loin du vote. Lire la suite…
Rarement le moment n’a été autant propice à l’émergence d’une nouvelle sociale-démocratie, une sociale-démocratie « à la française ». Même si elles sont recouvertes par un nouveau populisme, les conditions rêvées par les précurseurs et les tenants d’un socialisme démocratique et d’un réformisme assumé, Léon Blum, Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Jacques Delors, Lionel Jospin… sont réunies. Je n’évoque pas ici forcément la social-démocratie nordique ou allemande, mais, d’abord, un état d’esprit, une vision philosophique et politique qui croit au rôle de la volonté et de la raison dans l’Histoire, qui réactualise le projet des Lumières et de la République en faisant aujourd’hui du social la priorité, de l’extension de la démocratie le levier, et de l’efficacité économique la condition sine qua none. Lire la suite…
Monsieur le président,
Je vous écris une lettre que vous ne lirez jamais et pourtant. Si je prends la plume en pensant à vous, si je trace quelques mots pour vous, ce n’est pas pour célébrer votre règne, je suis tenant du « droit d’inventaire ». Ce n’est pas par goût du spiritisme que, parait-il, vous avez. Ce n’est pas non plus pour un dialogue d’outre tombe, le flambeau à la main, comme Chateaubriand que vous aimez bien. Encore que c’est bien de lumière dont nous avons besoin. Cette lumière qui sied au politique tellement nécessaire dans les ténèbres de l’impressionnisme dominant.
Monsieur le Président, ils sont tous devenus « raides dingues » !
Dans un pays qui a porté au deuxième tour de la présidentielle un candidat national populiste aux références racistes et aux thèses d’extrême droite. Dans un pays qui a administré deux ans plus tard une magistrale fessée au gouvernement en les virant de tous les conseils régionaux. Dans un pays qui a dit « non » au traité constitutionnel européen provoquant une gigantesque panne Européenne. Dans un pays où un Français sur trois estime l’extrême droite globalement positive. On nous dit à nouveau, sondages à l’appui, que tout est joué, que la gauche a déjà battue la droite. Lire la suite…
Le quinquennat de Jacques Chirac sera celui du malentendu voir du mal entendant. Le Président de la République fut mal élu. On ne vit que sa victoire mais elle cachait sa faiblesse. Miraculé d’un 1er tour qui doit tout à Charles Pasqua et à la division de la gauche. Il ne pouvait compter sur ses propres forces, tant celles-ci après un septennat chaotique, étaient réduites. Il s’empressa de créer l’UMP comme on se donne de l’air. Donna Raffarin à la France et parti visiter le monde. On vécu sur une illusion, celle d’un état-UMP détenant tous les pouvoirs. La réalité était tout autre. La France n’avait pas réinvestit la Chiraquie mais éliminer Le Pen. La différence est de taille, le régime n’avait pas d’assise, le quinquennat n’avait pas de mandat. Pourtant Chirac/Raffarin adoptèrent un profil haut, celui d’un libéralisme patelin, s’attaquant aux retraites, à la Sécurité Sociale, au Code du travail, revenant sur les 35 heures, bloquant les salaires des fonctionnaires, supprimant les emplois jeunes. Chirac agissait comme si il fallait gommer sa cohabitation avec Lionel Jospin, défaisant la gauche plutôt que refaisant la France. Hormis un bref moment d’Union nationale à propos de l’Irak. La France se cabrait contre une potion aussi amère que peu amène. La déroute des Régionales, la banqueroute des Européennes, manifestaient le peu de prise de Jacques Chirac sur la France. Lire la suite…
Le 19 juillet 2005 après avoir « contester » la « Garden Party » du Président de la République, Nicolas Sarkozy s’épanche dans Libération : « le modèle social français n’est plus une question taboue ». Le ministre de l’Intérieur, Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, Président de l’UMP et candidat à la présidentielle, vient de trouver son emblème sur le champ de bataille idéologique de la droite, déjà passablement jonché de concepts, « ordre et profit ». Il fixe ensuite la feuille de route à ses troupes réunies, dans une station balnéaire huppée, sorte de « Neuilly sur Mer » : à La Baule, l’indexe pointé et l’air martial, il déclare « la rupture avec le modèle social français », avec des accents qui rappellent un vieux maréchal le 11 octobre 1940 qui fustigeait « les faiblesses et les tares de l’ancien régime politique ». Il évoque au mot près les paroles de Pétain, la nécessité de « repousser l’idée fausse de l’égalité » et la « nécessaire égalité des chances données à tous les Français ». Lire la suite…
Au Congrès du Mans, le Parti socialiste a délivré un message simple : les socialistes sont désormais tous rassemblés pour bâtir ensemble le projet pour la France. La synthèse n’allait pas forcément de soi, elle était pourtant à la fois utile et nécessaire. Utile d’abord au pays, face à une droite qui échoue, les Français voulaient une gauche qui se rassemble pour crédibiliser un nouveau chemin à la France.
Utile au Parti, qui devait, une fois son orientation clarifiée, se rassembler pour étendre la cohérence à tout le parti.
Cette orientation nécessitait pour nous doigté et clarté. Nous ne souhaitions ni l’humiliation, ni la dilution.
Tout au long des trois jours du Congrès, les délégués ont été informés de l’avancement des débats. Les négociations se sont tenues sur un mandat clair fixé par les délégués. Nous voulions la cohérence, elle est au rendez-vous. Lire la suite…
Intervention de JC Cambadélis lors du congrès PS du Mans de novembre 2005
La France va mal et la gauche n’est pas au mieux. La France va mal et la question n’est pas seulement, pas exclusivement, pas totalement sociale.
La France vit une crise d’identité et son modèle est miné, attaqué. Les Français sont bridés par le libéralisme dans leur désir d’entreprendre, de créer, d’innover. Les Français sont relégués par l’explosion des inégalités, où qu’ils se trouvent, ils butent sur le mur du marché, dubitatifs sur l’amélioration de leur quotidien mais aussi sur des lendemains qui changent.
La France et les Français doutent. Et le doute a envahi toutes les sphères de la société. Alors s’installe une forme de démocratie punitive où le ressentiment le dispute à l’amertume.
Jacques Chirac porte l’immense responsabilité de la dépression Française car il a trop promis et peu tenu. Il a promis de réduire la fracture sociale, il a imposé la facture libérale. Il a surfé sur l’insécurité, elle vient aujourd’hui tout ruiner. Et quand on voit comment M. Barroso ose traiter la France, on se dit que jamais sous De Gaulle ou Mitterrand, on en serait arrivé là. Non Monsieur Barroso la France n’a pas besoin de votre chèque mais d’une politique anti-libérale. Lire la suite…
Le Nouvel Economiste : Entrons immédiatement dans le vif du sujet : à votre avis, ce traité est-il libéral ?
Jean-Christophe Cambadélis : Non, c’est un préjugé. D’abord, l’Europe vit une période particulière de son histoire avec l’élargissement après la chute du mur de Berlin, la contestation de l’axe franco-allemand et l’après-crise européenne sur l’Irak. De surcroît, nous sommes dans un moment plus libéral que social-démocrate. Et pourtant nous n’avons pas un traité libéral mais d’un texte qui se situe au point d’équilibre de l’Europe.
Jean-Luc Mélenchon : Ce traité constitutionnalise l’ordre libéral. Depuis la création de l’Union soviétique, c’est la première fois qu’on mentionne dans une constitution des positions politiques comme le respect de la « concurrence libre et non faussée ». Tous les principes de régulation de l’économie un peu coercitifs comme le volontarisme politique sont explicitement bannis dans ce traité.
J-C. C. : Je conteste cette lecture. Alors qu’à Nice on évoquait l’économie de marché ouverte, de « l’emploi élevé », l’article I du Traité de Bruxelles se réfère à l’économie sociale de marché et du « plein emploi » ce qui n’est pas de conception libérale. Pourquoi Jean Luc soutenait Nice et ne soutiendrait pas ce traité qui est meilleur. Je suis par ailleurs très étonné de voir mon ami Jean-Luc demander l’instauration de la social-démocratie en Europe par la voie constitutionnelle. Lire la suite…
Il me revient donc de refaire le match. Pour les socialistes, l’année entière fut consacrée à la question européenne. Cette « grande controverse » n’est pas nouvelle. Elle provoqua dans notre formation bien des crises voire des scissions. Est-ce étonnant ? Le socialisme français, fils de la révolution anti-absolutiste et du jacobinisme républicain et laïque drapé dans l’Etat nation redistributeur est toujours secoué lorsque la France est en jeu.
Il suffit pour s’en convaincre d’évoquer la première guerre mondiale, la révolution russe, la deuxième guerre mondiale, la décolonisation ou les premiers pas de la CED. Mais ce n’est pas le primat de mon analyse, ce n’est pas l’essentiel. Il y a comme toile de fond à ce « re-jeu » autre chose de plus déterminant, ce que j’appellerais la question française. Lire la suite…