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29 Mai

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Cambadélis: Bien placé pour garder la 16ème circonscription

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Jean Christophe Cambadélis député sortant de la 16e circonscription en campagne pour sa réélection, place des Fêtes, dans le 19e.

Jean Christophe Cambadélis, député PS est candidat à sa réélection dans la 16e circonscription lors des élections législatives de juin 2012. Implanté dans le 19e arrondissement depuis près de 25 ans, il défend son bilan et sa manière, qu’il estime moderne, de faire de la politique.

La première fois que Jean-Christophe Cambadélis est élu député dans le 19e arrondissement, c’est en 1988. Il est entré en politique par la porte du syndicalisme étudiant vingt ans plus tôt. Après un passage par l’extrême gauche, il a adhéré au PS en 1986. Le président de la République François Mitterrand conseille à ce jeune homme ambitieux, qui dirigé l’UNEF de 1980 à 1984, d’avoir « de la terre à ses semelles ». Autrement dit, qu’il doit viser un mandat local. À l’époque, le 19e est tenu par « la droite populaire » et ne semble « pas gagnable ». Le Président pousse Jean-Christophe Cambadélis à se présenter dans la Somme, d’où sa grand-mère est originaire, mais il préfère tenter sa chance plus près de chez lui. Il habite alors rue Rebeval, dans 19e arrondissement à Paris.

Roger Madec se présente à ses côtés comme suppléant et, en mai 1988, ils parviennent à faire basculer l’arrondissement à gauche : « On ne connaissait personne, aujourd’hui, qu’on m’aime ou qu’on ne m’aime pas, je suis connu comme le loup blanc », raconte Jean Christophe Cambadélis. Avec Roger Madec à la mairie depuis 1995, ils forment un duo inoxydable. S’il est réélu lors des législatives 2012, celui qu’on surnomme « Camba » aura passé plus de 25 ans dans le 19e arrondissement. Au risque de lasser les habitants ? Il n’y croit pas, d’autant plus que, selon lui, les électeurs votent « davantage pour une étiquette que pour une personnalité ». Cette année, après l’élection de François Hollande, l’enjeux des législatives est de donner une large majorité à la gauche à l’Assemblée.

Jean Christophe Cambadélis veut montrer qu’il sait occuper le terrain.

Une campagne normale

Dans la 16e circonscription, François Hollande a remporté 67% des suffrages au second tour de l’élection présidentielle. Jean-Christophe Cambadélis a de nombreuses raisons de croire qu’il emportera un 3e mandat consécutif de député. Mais il se garde bien d’afficher son assurance : « Le danger, c’est la certitude d’être réélu. » Alors il mène sa campagne normalement : avec ses équipes, ils font quotidiennement du porte à porte pour distribuer des tracts et sillonnent la circonscription pour rappeler aux habitants que la partie n’est pas encore gagnée. Quelques mots glissés ça et là laissent cependant transparaitre un certain aplomb : « Il y a 5 ans Bernard Jomier (EELV) et Jean-Jacques Giannesini(UMP) ont fait une campagne sur mes absences à l’Assemblée et dans le 19e, ça n’a pas marché. » Et encore : « On pourrait critiquer mes idées politiques, les questions que je pose, mais on ne le fait pas car on sait que sur ce terrain là j’ai de quoi me défendre », glisse-t-il, énigmatique.

Les critiques concernant son manque de présence sur le terrain dans le 19e arrondissement, il s’en moque. Pour lui, c’est le rôle d’un maire. Il explique qu’à partir du moment où l’on ne veut pas cumuler les mandats de député et de maire, il faut bien distinguer les deux fonctions : « Si on est pour le non-cumul des mandats, on ne peut pas demander à un député de fonctionner comme un maire. » Il estime que le rôle du parlementaire n’est pas d’un être un « notable ». Cela correspond à une vision dépassée : « À l’époque d’Internet, dire qu’il faut être présent sur le marché c’est ridicule. » Il préfère revendiquer sa « modernité », qui consiste à inventer une « complémentarité » avec l’exécutif municipal. « J’ai toujours été un précurseur, dès 1988 j’avais imaginé un numéro de téléphone où les gens pouvaient nous faire part de leurs problèmes », ajoute-t-il fièrement. « Je suis présent d’une autre manière : avec ma permanence, les cafés politiques et mes assistants, avance-t-il. Il faut savoir que je traite de 400 à 500 dossiers par an d’habitants du 19e. »

Satisfait du travail accompli

Délaisser le local pour se concentrer sur l’action nationale qui revient au député, l’idée semble cohérente. Mais là où le bât blesse, c’est que les statistiques (déjà relevées par dixneufinfo.com), trahissent aussi un manque de présence à l’Assemblée. Jean Christophe Cambadélis conteste ces chiffres et s’estime « dans la moyenne ». Il ajoute qu’en tant que membre de la commission des affaires étrangères, il est logiquement moins sollicité que les commissions des lois ou des finances. Aux interventions orales « qui ne servent pas toujours à grand chose », il oppose les questions écrites qui « obligent le ministre à répondre ». Dans ce domaine, il est vrai qu’il se place parmi les plus prolifiques du Parlement. « Toutes mes questions écrites sont en relation avec des problèmes du 19e arrondissement, explique-t-il. Quand j’ai une réponse du ministre, je peux l’envoyer aux personnes concernées du 19e. »

Après dix ans d’action ininterrompue dans le 19e arrondissement, le député sortant est plutôt satisfait du travail accompli avec son suppléant François Dagnaud et le maire Roger Madec. D’abord, sur le plan de la sécurité, de gros efforts ont été réalisés, même s’ils sont encore perfectibles. Ensuite, sur le terrain associatif : « On a obtenu de nombreuses subventions et on a même réussi à obtenir le soutien de l’Assemblée et l’Union Européenne pour certaines associations ». Autre réussite : l’invention dès 1996 des Conseils de quartiers. S’ils ont encore une « efficacité discutable » reconnait-t-il, c’est parce qu’il est impossible de leurs allouer un budget conséquent, mais ils permettent de « faire remonter les problèmes » aux oreilles des élus. C’est ainsi qu’ils ont pu s’emparer de la question de la saleté des rues, par exemple. À l’avenir, en cas de réélection, Jean-Christophe Cambadélis souhaite « aller au bout de la requalification du 19e », en implantant de nouveaux lieux culturels, des hôtels et des restaurants. Ils s’agit là des objectifs pour la circonscription, car sur le plan personnel “Camba” a d’autres projets : il espère prendre la tête du PS lors du congrès qui aura lieu à l’automne 2012.