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18 Oct

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Une lueur dans la nuit noire

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Octobre 2012 marquera une petite révolution dans la mémoire agitée de la Guerre d’Algérie. François Hollande vient de reconnaître la tragédie du 17 octobre. C’est un acte décisif essentiel pour installer une mémoire apaisée d’une guerre qui fut longtemps sans nom. Dans le pays des Droits de l’Homme qui avait appris au monde qu’on devait se battre pour la liberté, des Algériens qui manifestaient pacifiquement pour l’indépendance de leur pays avaient été matraqués et massacrés.

Pire, cette mémoire avait été effacée, niée par la Nation, même si la flamme était entretenue par une gauche militante toujours vigilante. 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, la France regarde son histoire en face.

Dans le climat actuel, où l’hystérie est grande contre une certaine histoire, contre certains Français, c’est l’honneur du Président de la République d’avoir proposé de réconcilier la Nation avec son Histoire, même douloureuse comme avant lui Jacques Chirac à propos du Vel d’Hiv ou Lionel Jospin au sujet de l’esclavage.

La France ne se réduit pas à ses crimes, mais elle se juge à ses victoires y compris sur elle-même. Le nationalisme c’est la guerre disait François Mitterrand. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde » écrivait Césaire…

Notre tâche est de maintenir étroit ce lien entre la République et ses principes quoiqu’il arrive.

Mouloud Aounit, parti trop tôt n’aura pas vu de son vivant cette victoire, mais il savait que la gauche, une fois revenue au pouvoir, n’oublierait pas que son devoir était d’éclairer les pages sombres de notre Histoire.

17 Oct

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17 octobre 1961: une nuit parisienne bien sinistre

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Dans la mémoire de notre pays, les événements du 17 octobre 1961 resteront comme une marque sombre. D’abord parce que c’est un crime de la police, ensuite parce qu’il fut occulté – encore aujourd’hui par un accès difficile aux archives. Ces événements ne sont toujours reconnus officiellement par notre pays qui, a ce moment, fut le contraire de lui-même.

La guerre d’Algérie, longtemps une guerre sans nom, reste encore une blessure et un temps fort du clivage droite gauche. Les militants nés dans le combat pour l’Algérie française n’ont rien renié et leur héritage politique s’est transmis aussi bien au FN que dans certains rangs de l’UMP. Une de leurs dernières offensives fut ce fameux amendement sur le « bilan positif de la présence française outremer » en 2005, qui fut retiré au terme d’une campagne de mobilisation de la gauche lancée un soir par une proposition de Dominique Strauss-Kahn à Olivier Besancenot.

La nuit du 17 octobre fut une nouvelle Saint-Barthelemy dans laquelle se rejoindre toutes les heures sombres de notre histoire récente. Du préfet Papon aux policiers dont certains avaient connu l’Occupation, dans un pays en proie aux attentats, OAS ou FLN, la grande ratonnade résonna comme un exutoire symbolique pour cette partie minime de France qui, gavée par une actualité censurée et une propagande rêvait de « casser du fel ».

Toute une génération est née à la politique avec la contestation de la guerre d’Algérie et c’est pourquoi la réconciliation est une des tâches de notre temps. En 2012, cinquante ans après la fin de cette guerre, il faudra réconcilier la France et l’Algérie. Ce devrait même être un des premiers gestes du nouveau président.

Il faudra que le prochain gouvernement de gauche ouvre les archives pour qu’un jour, avec les historiens, toute la lumière puisse être faite sur cette « nuit noire ».