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02 Jan

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Faisons de 2017 l’année du recul des précarités !

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Retrouvez la tribune de Jean-Christophe Cambadélis publiée dans le Huffington Post :

 

Faisons de 2017 l’année du recul des précarités !

J’aimerais qu’il y ait un réveil, un sursaut, j’aimerais que nous soyons en pensée avec celles et ceux qui sont sans: sans logement, sans protections, sans projets, sans espoir.

Je sais que le moment est un peu particulier pour parler d’une question aussi sérieuse que les précarités. Nous nous remettons à peine du réveillon que nous avons passé auprès des nôtres, en famille, entre amis, à faire la fête et à refaire le monde, à repasser en revue cette odieuse année 2016 et à faire des plans sur la comète pour 2017.

Je formule d’ailleurs ici des vœux chaleureux pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers. Je vous souhaite plein de réussite dans vos projets, plein de joies et plein d’espoir aussi pour 2017. Vous pouvez en avoir car vous habitez un beau pays, la France, avec une histoire magnifique et un avenir qu’il nous reste encore à écrire.

En évoquant les précarités, je ne veux pas gâcher l’esprit de fête, encore moins donner mauvaise conscience. Je veux simplement parler de nos compatriotes qui n’ont justement pas pu participer pleinement à la joie générale du réveillon alors même que nous vivons dans le même pays, que nous partageons le même destin moral et politique.

Ainsi, après le réveillon, j’aimerais qu’il y ait un réveil, un sursaut, j’aimerais que nous soyons en pensée avec celles et ceux qui sont sans: sans logement, sans protections, sans projets, sans espoir. J’aimerais que nous pensions à ces vies brisées et surtout que nous agissions pour que tous les précaires reprennent peu à peu la maîtrise de leur propre existence, ce droit humain inaliénable.

Car on peut agir, la précarité n’est ni une maladie, ni une fatalité: c’est un terrible enchaînement mais que l’on peut enrayer, c’est une mise à l’écart effroyable mais qui n’est pas irrémédiable, c’est une perte de dignité insupportable mais que l’on peut réparer. Oui, on peut agir, des associations formidables en font la démonstration au quotidien sur le terrain, en matière de logement, de santé, d’emploi et de culture. Ces associations font un travail remarquable et difficile. Elles doivent lutter contre l’indifférence et parfois contre les préjugés entretenus à l’endroit des pauvres. Les municipalités du Front national en ont fait une spécialité, démontrant qu’elles sont non seulement xénophobes mais aussi pauvrophobes.

J’ai voulu donner la parole à certaines associations dans mon dernier ouvrage consacré précisément au précariat (Brissy-sous-Bois ou les oubliés de la République ; Éditions de la Fondation Jean-Jaurès). J’ai voulu qu’elles nous parlent de leur engagement, de leurs actions, de leurs idées aussi pour faire reculer les injustices et les misères de tous ordres.

Contre les précarités on peut agir, le gouvernement l’a aussi démontré depuis 2012. Insuffisamment, c’est une évidence et je n’ai pas écrit cet ouvrage comme un fascicule de propagande électoral. Oui, il devra faire plus, beaucoup plus, mais il a fait de nombreuses choses, personne ne peut le nier: plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, Prime d’activité, Garantie jeunes, revalorisations des minima sociaux, amélioration de l’accès aux soins grâce à la généralisation progressive du tiers payant, renforcement de la couverture complémentaire santé pour les ménages les plus modestes, développement de places d’hébergement d’urgence…

Il faudra faire plus. Il faut aller plus loin et reconsidérer nos priorités. Je propose de faire de la question du précariat, la question centrale du prochain quinquennat. Certains, comme monsieur Fillon, ont d’autres plans : ils veulent mettre l’État social au régime sec, réduire drastiquement les aides, réduire considérablement le nombre de fonctionnaires, alors même que c’est le cœur de notre modèle français et que les plus faibles n’ont que les services publics comme patrimoine et que les aides sociales comme revenu.

Certes, on pourrait se dire que tout cela ce n’est que de « l’assistanat » car les précaires seraient tout de même un peu responsables de leur sort. Certes, on pourrait dire que la France ne peut pas réduire toute la pauvreté de la France. Oui, on pourrait. Mais, on peut aussi s’indigner, se révolter, se dire que la situation ne peut plus durer, que des millions de nos concitoyens – 20% pour être exact – sont touchés par au moins une forme de précarité, soit de revenu soit de conditions de vie (logement insalubre, alimentation pas équilibrée, incapacité à se soigner…). Il y a beaucoup d’autres statistiques qui témoignent de cette montée de la précarité – j’en cite dans mon ouvrage pour introduire chaque entretien avec les dirigeants des associations – des statistiques discutables par nature, mais qui dressent un très triste tableau.

La précarité touche de plus en plus de personnes et atteint de plus en plus de domaines de l’existence. Les précarités enchaînent et s’enchaînent : les individus sont rongés de l’intérieur par le stigmate social et le sentiment d’inutilité et se retrouvent entraînés en marge de la société. Ces femmes, ces hommes et ces enfants ont pourtant droit à la dignité, ils ont le droit de penser et de diriger leurs vies, de développer des projets et non pas simplement des angoisses, de penser à l’avenir et non plus simplement au prochain repas.

Je vous le dis, les précarités sont un énorme gâchis, un gâchis de vie et un gâchis pour notre pays. Dans le monde qui est le nôtre, où la créativité est le moteur de l’économie, où les idées sont le carburant de l’avenir, la France a besoin de tous les siens. Et donc tous les siens doivent pouvoir compter sur la France.

C’est pourquoi j’en appelle aussi dans ce livre à un « nouveau nous Français », à un nouveau sentiment d’appartenance collectif et inclusif. Riches ou pauvres, nous partageons le même destin. Alors, prenons conscience de ce lien qui nous unit au-delà de nos conditions. Toutes et tous, nous sommes la France. Et si nous en sommes conscients et en sommes fiers, 2017 sera à nous et les années qui suivront seront nos obligées. Alors, bonne année 2017, faite de vos beaux projets et de nos belles luttes contre les précarités !

31 Déc

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François Hollande s’est adressé à la France pour lui parler d’elle, de son identité et de son avenir

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Ce soir, le Président de la République, François Hollande s’est adressé à la France pour lui parler d’elle, de son identité et de son avenir.

Lors de ses derniers vœux du quinquennat, il a ainsi adressé un message de confiance à notre pays qui a été capable de faire face au fléau du terrorisme en restant fort, solidaire et uni. Debout face aux épreuves, la France a aussi assuré un rôle décisif dans la défense des valeurs fondamentales dans le monde, et en le faisant avancer sur des questions majeures comme cela a été le cas avec l’accord historique de Paris pour le climat.

Cette confiance en l’avenir peut s’appuyer sur les réformes qui ont été menées depuis 2012. Les comptes publics ont été redressés, de nouveaux droits ont été conquis, l’investissement repart et le nombre des demandeurs d’emploi est en baisse depuis un an.

Fort de son expérience à la tête de l’Etat, François Hollande a donc appelé les Français à ne pas douter mais au contraire à porter nos valeurs, à préserver notre modèle social et à croire en son avenir. Le Parti socialiste rejoint cet appel du Président de la République qui devra être entendu lors des prochaines échéances électorales de 2017 dans une période où, comme il l’a rappelé « ce que nous croyons acquis parfois pour toujours – la démocratie, la liberté, les droits sociaux, l’Europe et même la paix – tout cela devient vulnérable, réversible ».

Le Parti socialiste salue ces vœux présidentiels qui sont l’occasion de rappeler que, lors de son quinquennat, François Hollande a su concilier le redressement économique du pays à la restauration de la place de la France en Europe et dans le monde, tout en répondant aux attentes de nouvelles conquêtes progressistes.

31 Déc

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Voeux 2017 de Jean-Christophe Cambadélis

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Cette année 2017 sera une année historique, une année importante pour notre bien commun c’est-à-dire la République sociale et bien commun c’est-à-dire la République tout court. Bonne année à vous !

 


« 2017 doit être pour la gauche, l’année de son… par PartiSocialiste

23 Déc

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« Il faut reconstruire une gauche moderne, fidèle à ses valeurs et rassemblant autour d’elle », interview à Paris Match

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Paris Match publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver dans son intégralité en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

Paris Match. Quelles leçons tirez-vous des élections régionales ?

Jean-Christophe Cambadélis. Le tripartisme interpelle l’ensemble de la gauche. Jusqu’à présent, au premier tour on se combattait pour, au second, se rassembler précipitamment et artificiellement. Désormais, nos divisions peuvent nous éliminer du second tour. C’est la jurisprudence Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Alsace-Lorraine Champagne-Ardenne. Face au bloc réactionnaire doté d’une colonne vertébrale frontiste en voie de construction, il faut constituer un bloc démocrate, républicain, avec une colonne vertébrale socialiste pour être présent au second tour. L’avenir de la gauche n’est pas d’être les supplétifs d’une droite hésitante face au FN.

Que proposez vous ?

Je lance la belle alliance ou l’alliance populaire. Nous devons créer un élargissement qui conduira au dépassement du Parti socialiste car, désormais, il ne peut plus seul atteindre le second tour des élections. Ma stratégie est celle des poupées russes. Il faut reconstruire une gauche moderne, fidèle à ses valeurs et rassemblant autour d’elle. Une ouverture tous azimuts sans inféodation à personne. Je propose donc la création d’une formation politique qui se substituera à terme au vieux Parti socialiste pour rassembler tous ceux qui se reconnaissent dans ce bloc démocrate et républicain.

Vous appelez donc à la fin du Parti socialiste?

La question du nom n’est pour l’instant pas ouverte. Et c’est le combat pour le dépassement qui déterminera son issue.

Les socialistes, depuis 2012, n’ont connu que des défaites électorales. Comment attirer?

Il y a une envie de Parti socialiste, mais pas d’un Parti socialiste sclérosé, conservateur, notabilisé, enfermé dans un vieux débat sur la ligne économique. J’appelle à trois ruptures. D’abord sur la forme de notre organisation : le Parti socialiste d’Epinay est mort. Il faut un changement complet du Parti. Ensuite une rupture de l’ensemble de la gauche : le rassemblement dès le premier tour doit être la règle, car être divisé, c’est être éliminé. J’en appelle à la responsabilité des forces de gauche. Enfin, j’appelle à la rupture le peuple de gauche : il doit rester impliqué même en dehors des échéances électorales, jouer un rôle central dans la vie politique en coproduisant avec les élus, les associations, les citoyens notre projet pour demain.

Que répondez vous à la main tendue de Cécile Duflot?

S’agit-il d’une ouverture ou d’une mise au pied du mur? Est-elle sincère dans sa demande d’union ou est-ce en fait pour mieux affirmer la construction d’un nouveau mouvement qui se substituerait à EELV et au Front de gauche, loin du PS? Je ne le souhaite pas! Mais si c’était le cas, ce nouveau mouvement sera-t-il hostile à l’alliance à gauche dès le premier tour? J’attends la réponse à ces questions en espérant que Cécile Duflot ne soit pas juste dans une opération de stratégie électorale.

L’exécutif donne, lui aussi, des gages en faveur d’une recomposition mais… vers la droite et le centre!

Personne n’est pour une recomposition vers le centre! Pourquoi voulez-vous que François Hollande ou Manuel Valls se subordonne au centre? Quant à la droite c’est la lente fragmentation! Mais qu’une partie de la droite républicaine souhaite se rapprocher de la gauche pour des causes nationales, qui pourrait le critiquer? En revanche, je n’imagine pas ni le Premier ministre, ni le Président dans une stratégie de recomposition sans la gauche.

Pourtant, en Bretagne, Jean-Yves Le Drian gagne sans les écologistes et en Ile-de-France, Claude Bartolone perd avec!

Cela n’est pas comparable. Ni EELV, ni le PCF n’ont l’importance en Bretagne qu’ils ont en Ile-de-France. Et Jean-Yves Le Drian, ministre de la France en guerre, est intouchable. Claude Bartolone a été percuté par l’épisode en Seine-Saint-Denis des attaques terroristes du 13 novembre. Madame Pécresse a immédiatement tapé sur l’ex-président du Conseil général pour dire «pas de ça en Ile-de-France!». Elle a obtenu gain de cause. Le Front national sans perspective de victoire a voulu faire barrage à Claude Bartolone en votant Valérie Pécresse.

Au soir du second tour des régionales, vous avez demandé à l’exécutif une «inflexion» en faveur des plus démunis. On l’attend toujours!

Vous vous trompez. Le Premier ministre a été clair devant le groupe parlementaire : il a annoncé qu’il allait prendre des mesures pour lutter contre le précariat. Le rôle de la gauche est de maintenir de la cohésion nationale. Il faut remailler le filet social qui laisse passer trop de monde. C’est l’honneur des socialistes que de ne pas baisser les bras devant la pauvreté, la relégation, l’exclusion.

Jusqu’à présent, ces dossiers avaient été oubliés par le gouvernement!

Il fallait faire repartir la machine économique, assainir les finances et défendre la République. Désormais, nous pouvons nous attaquer au deuxième temps du quinquennat : plus de justice sociale et plus d’écologie! L’exécutif a parfaitement compris où sont les blessures des Français. Le gouvernement doit infléchir sa politique en faveur des plus démunis. Il ne doit laisser personne au bord du chemin de la nouvelle France.

Vu l’état de la gauche, gagner en 2017 semble être mission impossible…

Je ne suis pas d’accord. Nous avons fait 14% des voix aux élections européennes, 21% aux départementales et 23% aux régionales. Et qui nous dit qu’il n’y aura qu’un seul candidat à droite? On voit très bien que si monsieur Juppé n’y va pas, monsieur Bayrou a déjà des fourmis qui le démangent. Et si c’est monsieur Juppé qui y va, alors messieurs Villiers ou Dupont-Aignan semblent être intéressés à concourir… La droite doit surmonter sa crise stratégique entre ceux qui veulent être en résonance avec le FN et ce qui ne le veulent pas. Le ni-ni de Nicolas Sarkozy ne peut convenir à nombre de parlementaires de son camp qui risquent bientôt de se retrouver dans la position d’un Xavier Bertrand ou d’un Christian Estrosi.

Ce n’est pas très glorieux de miser sur l’affaiblissement de l’adversaire!

Mais tout le monde est affaibli. Nous, la droite, et même le FN qui vient de prendre un coup de bambou sur la tête. Laquelle de ces trois formations parviendra à recomposer une offre efficace d’ici à la présidentielle? Seules celles qui y arriveront pourront prétendre au second tour.

Pourquoi le Parti socialiste, qui a déjà connu 2002, n’a-t-il pas encore recomposé son offre?

Mais nous l’avons fait! A l’époque on disait que nous allions disparaître et pourtant nous avons gagné toutes les élections intermédiaires et même la présidentielles en 2012! Depuis 2002, nous sommes en état d’urgence. Le Parti socialiste a déjà fait deux révolutions majeures. Il a intégré que l’on ne pouvait pas distribuer ce que l’on n’avait pas produit, que l’Etat providence devait se réformer. Ensuite il a hissé l’écologie au niveau de la question sociale. Il est en train de faire sa troisième révolution majeure en comprenant qu’il doit aujourd’hui défendre la République. Mais le temps médiatique n’est pas le temps politique.

Nous entrons dans la saison des vœux. Quel est le vôtre pour le Parti socialiste?
Qu’il arrive à se dépasser, à se renouveler et à rassembler.

Propos recueillis par Caroline Fontaine.

 

29 Mai

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« Il faut changer les têtes et dans les têtes », interview au Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Vous avez été élu avec un score assez large. Est-ce un soutien des militants à l’action du gouvernement ?
Ce résultat traduit un profond besoin de renouveau de l’offre politique et du socialisme. C’est aussi un vote de sortie de crise. Le PS était confronté depuis plusieurs mois à une tension interne, caractérisée par ce qu’on a appelé la fronde, et une crise politique externe avec le résultat des élections locales.

Cela signe-t-il la fin de la fronde parlementaire ?
L’alliance des frondeurs et de la gauche du parti a voulu faire de ce congrès un moment de clarification politique. Elle est intervenue. Le PS à travers ce vote s’est entièrement converti à la culture de gouvernement. C’est une mutation importante dans l’histoire des socialistes. Auparavant, le pouvoir était toujours une « parenthèse » ou un « moment ». Là on a assumé la culture de gouvernement, avec en même temps une demande d’inflexion de la fin du quinquennat par l’égalité. Les militants ont dit très clairement « oui » aux discussions, mais « non » à tout ce qui handicape l’action gouvernementale.

Comment comptez-vous faire respecter par le gouvernement les engagements de votre motion ?

Je n’ai pas l’habitude de me payer de mots et je fais ce que je dis, dans la confiance et le dialogue. Tout ce qui est dans la motion doit être engagé.

La réforme fiscale et la réorientation du crédit d’impôt compétitivité emploi seront donc mises en route ?
La réforme fiscale va commencer dès septembre, avec 9 millions de Français qui vont payer moins d’impôts. Ensuite, on va travailler sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. On nous dit que sur le papier c’est une très bonne chose, mais que cela se heurte à des difficultés techniques. J’ai donc demandé aux groupes parlementaires de faire des propositions. On ne comprendrait pas que le PS et le gouvernement ne soient pas allants sur le sujet. Sur la redistribution du CICE, il y a un rapport qui va être rendu dans quelques semaines, je ne souhaite pas qu’il soit étouffé ou relativisé. Il faudra en tirer un certain nombre de conclusions. Il y a des aides qu’il faut garder et d’autres qu’il faut mieux cibler.

Le gouvernement a en revanche déjà enterré l’encadrement des loyers et la généralisation du CV anonyme…

Nous allons pousser ces deux thèmes. Je regrette la décision prise par le gouvernement sur le CV anonyme, même si je comprends qu’il veut lui substituer la possibilité de faire des class action. Sur l’encadrement des loyers, il y a eu un certain nombre de demandes faites par des villes, nous demandons qu’elles soient étudiées et appliquées.

Que va faire le PS dans les 18 mois qui restent avant la présidentielle?

Il faut changer les têtes et changer dans les têtes : il nous faudra une direction paritaire et au couleur de la France. Nous allons ensuite commencer un processus de rassemblement qui débutera par l’université d’été de La Rochelle en août. Nous proposerons à nos partenaires de la co-organiser. Puis nous organiserons des collectifs départementaux pour poursuivre le débat. L’objectif est de dépasser le PS et les partis par un mouvement de la base pour faire une grande alliance populaire. En novembre 2016, nous organiserons une convention de cette alliance populaire qui adoptera un schéma directeur, pour la prochaine présidentielle.

Ce sera un programme pour le futur candidat ?
Ce seront des axes programmatiques. A partir de début 2016, nous allons publier des « cahiers mensuels » de la présidentielle. Une personnalité sera à chaque fois chargée d’une grande question et nous n’éviterons aucun thème : le terrorisme, l’Islam et la République, la compétitivité, l’école, le logement… Mois après mois se construira l’avis du parti sur le quinquennat à venir.

Votre alliance populaire s’étend-elle aux centristes ?

Si certains s’y trouvent bien, je ne vais pas les repousser à coup de pied. Mais mon objectif n’est pas celui là. C’est de rassembler la famille progressiste. Eux se caractérisent comme centristes.
Il est possible de construire un mouvement progressiste assez large. Aujourd’hui, le débat est en train de se concentrer entre les républicains conservateurs de Nicolas Sarkozy et les républicains progressistes que nous représentons. Notre modèle, c’est la modernisation économique, l’écologie sociale et la protection des minorités. C’est autour de cela que nous allons construire notre union populaire. Et nous laisserons aux républicains conservateurs leur dérive à droite, qui les amène à tutoyer le FN.

Avez-vous abandonnez l’idée d’une primaire à travers cette alliance populaire ?
Elle ne figure pas dans la motion, mais elle reste une possibilité. Nous avons les mains libres, il y aura un conseil national à l’automne 2016 pour trancher cette décision. Nous devons nous demander ce qui est le plus efficace pour notre candidat. Est-ce de passer ou non par une primaire si c’est le président de la République qui se présente, ce que j’appelle de mes vœux ?

Vous voulez ouvrir le PS, mais vous partez d’une base très faible avec seulement 70 000 votants…
Les partis républicains en France sont malheureusement des formations qui n’ont jamais réussi à être des partis de masse comme le SPD en Allemagne ou les travaillistes au Royaume-Uni. Ils se gonflent à la veille des élections présidentielles et se dégonflent après, quelque soit le résultat. Le manque de cohésion du PS a également fait fuir un certain nombre de militants. L’âpreté du redressement de la France, la nécessité de prendre des décisions touchant à la compétitivité alors que ce n’est pas la culture du PS, qui est plutôt dans la redistribution, a provoqué interpellation et interrogation.

Vos partenaires ne semblent pas prêts à une stratégie d’alliance avec vous…

Un cycle est en train de se refermer. L’alternative politique d’une nouvelle gauche qui devait se substituer au PS a échoué. Jean-Luc Mélenchon est le seul à tenir ferme sur cette orientation. La polémique entre lui et Cécile Duflot, le recentrage des écologistes, l’interrogation du PCF par rapport à son existence électorale, les prochaines élections régionales… tout cela interpelle : comment les formations politiques de gauche vont-elles gérer la période qui s’ouvre ? Les résultats économiques que nous enregistrons amènent tout le monde à prendre en compte cette nouvelle donne. Le président de la République a ouvert dans son discours de Carcassonne le 19 mai la perspective de la redistribution. Quelque chose change dans la période. Nous entrons dans la présidentielle et dans une phase de recomposition des formations politiques.

Pensez-vous pouvoir conclure des accords aux élections régionales ?
Je milite pour. Il faut avoir une vision offensive vis-à-vis du FN et défensive vis-à-vis d’une droite qui peut espérer faire un grand chelem. Mon objectif n’est pas que le PS se retrouve avec une implantation régionale minimale, que le Parti communiste disparaisse et que les écologistes n’en soient pas loin. Je fais tout pour que l’union se fasse au premier tour, ou au minimum au deuxième. Nos désaccords peuvent être surmontés avec les Verts. Avec le PCF, il faut les assumer. Il n’y a pas une gauche qui puisse faire la leçon à une autre. Mais il faut séparer nos divergences sur la politique nationale et la gestion locale des régions. Je suis même pour faire un programme régional qui soit discuté entre les formations.

Ce week-end, l’UMP de Nicolas Sarkozy va devenir « Les Républicains ». Ce nouveau nom vous choque-t-il ?
Dans « Les Républicains », il y a une double détente de la part de Nicolas Sarkozy : d’un côté, la référence au Parti républicain américain tendances Bush et Tea Party, de l’autre, un clin d’œil à peine dissimulé au Front national. Le défense de la République est le faux nez utile pour reprendre le discours du Front National. Il est un homme politique qui a tendance à diviser la France et à verrouiller sa formation politique. Il ne rassemble pas, est supplanté par Alain Juppé et jette l’anathème sur tout ce qui n’est pas lui. En réalité, Nicolas Sarkozy n’a pas changé, au contraire il s’est abîmé pour gagner la primaire à droite. C’est toute la contradiction de la droite : celle-ci risque de choisir pour 2017 un candidat castagneur, sans colonne vertébrale. Nicolas Sarkozy ne sera alors que le champion du petit bain de la droite.

François Hollande est-il plus rassembleur ? Ce n’est pas ce que semblent dire ses sondages de popularité à gauche.

François Hollande est plus en capacité de rassembler que Nicolas Sarkozy, ce sera sa force s’il est candidat en 2017. Il est un meilleur président pour gouverner en temps troublé que M. Sarkozy. Depuis 2012, François Hollande a dû faire face à des défis économiques, mais aussi politiques et éthiques considérables. Il a toujours tenté de trouver une voie qui ne mène ni à des mouvements sociaux, ni à la sanction des marchés financiers. C’est une voie de crête, protectrice et progressiste, qui est en train de porter ses fruits.

Est-il déjà en campagne ? N’est-ce pas trop tôt deux ans avant la présidentielle ?
Je ne cesse de dire depuis des mois qu’il est temps que le chef de l’Etat donne toute sa mesure et explique le sens de son combat depuis 2012, afin de tordre le cou à l’idée que son action n’aurait été jusqu’à présent que l’expression d’un empirisme non réfléchi. Depuis le début du quinquennat, il y a derrière l’action de François Hollande une force, une clairvoyance et une patience qui commencent enfin à payer.

Vous êtes un des premiers à avoir pointé le risque du tripartisme entre le PS, l’UMP et le FN. Le FN représente-t-il toujours un danger pour 2017 ?
Il est possible que le Front national gagne des régions en décembre prochain, mais je ne crois pas que Marine Le Pen sera pour autant au second tour de l’élection présidentielle. Des Français veulent bien protester avec elle, mais pas gouverner avec elle. Mais attention, ses idées seront au centre de la présidentielle. C’est pour cela qu’il faut construire un grand mouvement progressiste pour répondre aux questions que se posent beaucoup de Français.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous et Nicolas Chapuis

22 Mai

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L’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV

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BFM 22052015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV.

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

07 Déc

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« Hollande a beaucoup semé, la récolte viendra », interview au JDD

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Le JDD publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

François Hollande peut-il s’en sortir ?

Il s’en sort. Petit à petit, les réformes passent, s’installent, sous les lazzi, les critiques, les quolibets. Mais elles sont là. La réforme territoriale en est l’illustration. Et personne ne reviendra dessus. Le mariage pour tous, la politique de soutien à la compétitivité des entreprises, la BPI ne seront pas remis en cause. Donc, lentement, en évitant les chocs frontaux et même si cela a un coût électoral, le Président avance. A un moment donné, les Français choisiront entre ce changement à pas comptés mais assumés et assurés et le saut terrifiant dans l’inconnu du FN où la stratégie d’abrogation de ce que fit la gauche et d’un libéralisme thatchérien dévastateur de Nicolas Sarkozy ou un autre. François Hollande a beaucoup semé, on a beaucoup glosé sur la récolte mais elle viendra à point nommé.

 

Quelles cartes lui reste-t-il en main ?

Il est Président de la République, donc il a toutes les cartes institutionnelles en main.Il peut impulser de nouvelles lois, demander le soutien au gouvernement par le 49-3, organiser des référendums ou même dissoudre. Il est maître du temps. Il a devant lui deux années et demie. Mon souhait, et j’espère que ce sera le souhait du congrès du Parti Socialiste, est que le second temps du quinquennat soit celui de la guerre aux inégalités après une première partie consacrée à l’assainissement.

 

Comment se traduira cette guerre aux inégalités ?

Cela va de la sécurisation des parcours professionnels à l’intervention de l’Etat pour réduire les inégalités dans la formation, à l’école et les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Nous devons désormais marcher sur nos deux pieds : la lutte contre les inégalités et l’ éco-socialisme.

 

François Hollande doit-il être candidat à sa réélection en 2017 ?

Je souhaite la réussite de François Hollande. Et s’il réussit, cela m’étonnerait qu’il ne soit pas candidat. Mais cette décision lui appartient. Je vais vous faire une confidence : à la fin, il y aura un candidat socialiste.

 

Et si ce n’est pas le Président ?

Rassurez-vous, on ne manquera sûrement pas de candidats socialistes à la candidature : Manuel Valls, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Claude Bartolone, Benoit Hamon et d’autres encore peuvent l’être. On ne peut que se féliciter d’avoir autant de candidats potentiels de hauts niveaux quand Nicolas Sarkozy ou d’autres ne le sont plus.

 

Le congrès du PS en juin 2015 s’annonce périlleux. Certains voudraient en faire un référendum anti-Valls…

Personne ne s’embarquera sur cette voix, celle d’un congrès débouchant sur une crise institutionnelle et cela à quelques mois des régionales. Je n’imagine pas un instant que des amis socialistes puissent enfourcher ce cheval fou. Le Congrès ne doit pas se réduire à des motions de censure mais à des motions justes, utiles. Pourquoi censurer un gouvernement Valls auquel tout le monde – ou presque – à participer ? Ce qu’il faut, c’est se tourner vers la réussite de la fin de ce quinquennat. Je veux un congrès utile, pas un congrès futile. Je proposerai le moment venu une contribution de tout le secrétariat national  visant à peser sur la fin du quinquennat. Ce sera aux militants de juger, pas aux courants de préjuger.

 

Quelle ligne permet aujourd’hui de rassembler le PS ?

Il faut souligner ce qui a fonctionné, corriger ce qui a dysfonctionné dans les aides aux entreprises ou la croissance, et proposer pour impulser la lutte contre les inégalités. Mon PS se veut ni godillot ni gaucho.

 

Où se déroulera le congrès ?

Il aura lieu à Poitiers. Alain Claeys son maire a toujours porté des valeurs éthiques à un très haut niveau et a su moderniser sa ville. Il incarne bien le modèle municipal de la gauche.

 

L’un des objectifs de la fin de ce quinquennat doit-il être de ressouder une majorité aujourd’hui très divisée ?

Oui, il faut retrouver le cercle vertueux de l’union de la gauche et des écologistes mais en évacuant les tentations l’hégémoniques. Pour cela, chacun doit faire des compromis. On peut avoir des majorités de projets qui préfigurent une majorité pour le premier tour de l’élection présidentielle. Le PC peut, par exemple, être amené à soutenir de futures lois de luttes contre les inégalités. Dans le tripartisme qui existe aujourd’hui, le risque est grand de voir la gauche éliminée. Après avoir été battus idéologiquement par l’hégémonie culturelle du bloc réactionnaire, ne finissons pas par être tous ensemble  marginalisés politiquement. Personne ne peut dire : c’est moi ou la fin de la gauche.

 

Les écologistes ne sont-ils pas plus tôt en train de s’éloigner de vous ?
Je ne le souhaite pas. Je veux maintenir le dialogue avec chacun. Je trouve dramatique que dans une gauche qui aujourd’hui même regroupée ne fait que 31 %, l’objectif soit d’en éliminer une partie comme certains semblent le souhaiter. Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis.

 

Le pacte de responsabilité est-il un échec, comme M. Macron l’a dit ?

L’échec est celui du Medef. Aucun gouvernement n’a à ce point intégré à sa politique le combat pour la compétitivité. Nous avons « rendu » 40 à 50 milliards d’euros aux entreprises. Le patronat annonçait que cette mesure permettrait la création d’ un million d’emplois. Aujourd’hui, non seulement le Medef ne respecte pas son engagement mais pire, il ouvre un nouveau front avec la pénibilité. Ils mettent en cause une avancée sociale touchant des gens qui durant toute leur carrière ont effectué des travaux pénibles et qui n’ont plus beaucoup de temps à vivre. On voudrait peindre l’égoïsme des rentiers, qu’on ne s’’y prendrait pas autrement.

 

Est-ce qu’il y a des avancés pour les salariés dans la loi Macron ?

Je souhaite qu’il y en ait. Au point de départ, cette loi devait lutter contre la rente. C’était une bonne idée de réforme structurelle de gauche. Mais au fur et à mesure, des sujets sont venus se glisser, donnant plus de flexibilité mais pas plus de protection pour les salariés. Exemple : la question du travail du dimanche. Le périmètre de l’extension du travail le dimanche reste à discuter mais il manque à cette heure dans la loi des contreparties à cette extension comme le repos compensateur et les hausses salariales. Cette loi nécessite une discussion plus importante.

 

Ferez-vous aussi campagne aussi pour le droit de vote des étrangers ?

Nous devons participer à l’élaboration d’un rapport de force pour permettre le droit de vote des étrangers. Le PS ne doit pas seulement être dans la critique ou le soutien. Le PS doit participer de la constitution du rapport de force pour faire gagner des idées de gauche. Il faut donc faire campagne. J’ai donc écrit à mes partenaires de gauche et nous sommes en train d’essayer de construire un comité national pour le droit de vote. Et, s’ils en sont d’accord, nous ferons campagne ensemble.

 

Propos recueillis par Cécile Amar et Arthur Nazaret

08 Sep

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L’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique en partenariat avec LCI

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Guillaume Durand sur Radio Classique  en partenariat avec LCI.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:

20 Août

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A l’UMP, c’est le trop plein à la présidentielle et la fin annoncée

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logoump

 

Alain Juppé précipite sa candidature de peur que Nicolas Sarkozy n’impose la sienne. Les dirigeants de la droite sont tous candidats directement à la prochaine élection présidentielle sans passer par la case UMP. Et Nicolas Sarkozy va être candidat à la présidence de l’UMP pour dissoudre celle-ci. C’est donc le trop plein pour la présidentielle et la fin annoncée pour l’UMP.

07 Août

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« Il ne faut pas mépriser l’adversaire », interview dans Le Figaro

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Le Figaro

 

Le Figaro publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, la gauche « ne doit pas se déterminer par rapport à Sarkozy ».

LE FIGARO.- Que pensez-vous du retour de Nicolas Sarkozy ?
Jean-Christophe CAMBADÉLIS.- La France est traversée par la plus grande crise de l’après-guerre et l’ex-président éconduit par le peuple croit pouvoir tenir en haleine la France autour de son retour ! Il n’y a pas d’appel dans le pays pour Sarkozy. Tout juste un appel dans l’UMP, qui veut s’en sortir. Mais Sarkozy refuse tout bilan. Il n’a comme programme que son retour. Il minaude : « J’y vais, j’y vais pas, appelez-moi et je verrai… » Il espère être un recours. Mais pour ce faire, il faut une conjoncture, un appel du peuple et un passé glorieux. N’ayant rien de tout cela, il veut revenir par la petite porte en utilisant son retour à l’UMP pour faire taire les affaires.

Nicolas Sarkozy est-il un adversaire dangereux pour François Hollande et le PS ? Redoutez-vous ce retour ?
Il ne faut jamais mépriser l’adversaire. On peut le maîtriser, mais pas le mépriser. Cela dit, tous les futurs candidats de droite pour 2017 seront dangereux, au son du tambour thatchérien. Mais il ne faut pas se déterminer par rapport à Sarkozy ; ce n’est pas lui qui doit donner le tempo. Il faut rester concentré sur l’intérêt du pays et le rassemblement de la gauche.

Comment Hollande envisage-t-il ce match retour ?
Il n’a pas peur. La défaite de Sarkozy est dans la tête de Sarkozy. Ce dernier revient non pas par goût du pays, mais par vengeance de ce qu’on lui fit.

Selon l’Ifop, Hollande ne se qualifierait pas au second tour d’une présidentielle. Faut-il organiser une primaire à gauche pour choisir le meilleur candidat ?
C’est trop tôt pour le dire. Nous ne connaissons pas l’état d’esprit du pays, la volonté des dirigeants de gauche et le choix du président. J’ajoute que ce sondage est à relativiser : j’ai connu Balladur et Jospin élus deux ans avant l’élection ! Mais ce sondage doit être mesuré à l’aune de ce qu’il indique : dans le tripartisme, il faut être au deuxième tour. Or, pour l’instant, personne ne l’est (ni Hollande, ni Valls, NDLR). François Hollande accélère le redressement du pays. Manuel Valls met de la cohérence et de la détermination dans l’action du gouvernement. Mais les Français sont en colère et ne voient pas, à cette étape, en quoi la voie que nous leur offrons est la plus juste et la plus équilibrée.

Le PS doit-il changer de stratégie pour affronter Nicolas Sarkozy ?
Le PS a entamé un processus de rénovation et de reconstruction après sa défaite historique aux municipales. La distance d’une partie de notre électorat ne date pas du pacte de responsabilité, mais a commencé dès le lendemain de la présidentielle. Il faut donc que le PS se remette en cause et change du sous-sol au grenier. Le retour de Nicolas Sarkozy donnera une visibilité à l’UMP et redonnera au débat politique sa coloration gauche-droite. Nous quitterons la période du « PS bashing » et du « tous contre Hollande ».

Propos recueillis par Solenn de Royer