Tag Affaires étrangères

16 Août

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Famine, il faut agir vite !

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M. Jean-Christophe Cambadélis alerte M. le ministre d’État, ministre des affaires étrangères et européennes, sur la situation tragique dans la Corne de l’Afrique. Depuis le début de l’été, la Corne de l’Afrique connaît une famine tragique qui frappe des milliers de familles en Somalie, mais aussi au Kenya, en Éthiopie et en Ouganda. C’est la famine la plus grave depuis 60 ans. Plusieurs nations, ONG et institutions internationales ont lancé un cri d’alarme et nombre d’entre elles ont commencé des actions d’acheminement de nourriture dans ces pays. Il a bien noté que le gouvernement avait pris la décision d’envoyer un avion de fret humanitaire à Djibouti mercredi 10 août et que le Président de la République avait aussi décidé de tripler l’aide de la France, la portant à 30 millions d’euros d’aide d’urgence au profit des pays touchés par la crise alimentaire dans la corne de l’Afrique. Un tiers de cette aide a d’ores et déjà été allouée à des organisations internationales et à des ONG actives dans ces pays. Toutefois ces envois ne sont pas suffisants pour le moment par rapport à l’ampleur des besoins. Au niveau mondial en effet, seule une aide d’un demi-milliard a été débloquée alors qu’il en faudrait 1,2 milliards pour sauver 12 millions de personnes. Au-delà de l’aide humanitaire d’urgence, seul un plan de développement solidaire durable permettra d’assurer la sécurité alimentaire de ces pays notamment en luttant contre la spéculation sur les matières premières agricoles et en encourageant la production agricole locale. La France s’honorerait à réclamer une réunion internationale pour augmenter et coordonner l’action contre la famine, ainsi que préparer ce plan de développement solidaire. Il souhaiterait donc savoir quelle est l’intention de M. le Ministre d’état sur cette demande de réunion internationale et quelles autres décisions concrètes il envisage de proposer en urgence et pour empêcher qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

05 Avr

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Audition de Messieurs Alain Juppé et Gérard Longuet par la Commission des Affaires étrangères

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Intervention de Jean-Christophe Cambadélis

Messieurs les ministres,

Laurent Gbagbo devait s’en aller, Lire la suite…

26 Jan

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Pour le PS, « c’est aux Egyptiens de dire si Moubarak doit partir »

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Après avoir déclenché une polémique sur la Tunisie, Michèle Alliot-Marie s’est montrée plus prudente, mercredi 26 janvier concernant la situation en Egypte : « Je ne peux que déplorer qu’il y ait des morts », a déclaré la ministre des affaires étrangères sur RTL.

Alors qu’elle avait proposé de faire profiter la Tunisie du savoir-faire français en matière de maintien de l’ordre, elle a affiché cette fois-ci une position plus équilibrée. Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, chargé des relations internationales, se félicite de ce changement de ton, tout en insistant sur les progrès à faire.

Michèle Alliot-Marie a-t-elle eu sur l’Egypte la bonne attitude ?

En tout cas, l’attitude de Michèle Alliot-Marie montre qu’une autre attitude était possible sur la Tunisie. Pour le reste, la révolution tunisienne ferme un cycle ouvert avec la révolution iranienne et ouvre un nouveau cycle dans le monde arabe : celui des aspirations à la démocratie, dans lequel on n’est pas obligé d’utiliser des mouvements religieux pour tenter d’obtenir plus de liberté.

C’est pour cela que le monde occidental doit être attentif à ce qui se passe en Egypte, mais aussi en Jordanie, au Liban… Ce qui est marquant, pour l’instant, c’est que c’est un processus laïc et citoyen qui est à l’œuvre.

Alliot-Marie a appelé à plus de démocratie tout en refusant de faire de « l’ingérence » : iriez-vous plus loin ?

Pas forcément. Le ton de la France sur l’Egypte est plus juste que celui employé sur la Tunisie. On s’est un peu grillés aux yeux de la rue arabe avec ce qu’on a fait… Et il reste des questions sur l’attitude de la France par rapport à la Tunisie, comme l’ont rappelé hier les députés socialistes Gaëtan Gorce et Bruno Le Roux : ils ont demandé à François Fillon des éclaircissements sur l’avion affrété de France vers la Tunisie avec à son bord du matériel de maintien de l’ordre.

Il y avait une tolérance de la France envers Ben Ali, pour ne pas dire un soutien, il ne faut pas désormais rester sans voix.

Diriez-vous que Moubarak doit partir ?

Ce n’est pas à nous de le dire, mais aux Egyptiens. Nous pouvons dire : « Il faut plus de démocratie, il faut respecter son peuple… » A l’évidence, il y a une désespérance dans certains pays, pour reprendre un terme utilisé récemment, après coup, par Nicolas Sarkozy.

La montée de l’islamisme a souvent été citée comme mauvais prétexte à un soutien du régime de Ben Ali : est-ce différent en Egypte ?

Là encore, on ne voit pas en Egypte, pas plus qu’en Tunisie, de présence massive des mouvements islamistes radicaux dans les manifestations. On pourrait dire que Twitter a pris la place des prêches.

Le potentiel révolutionnaire des manifestations en Egypte n’est-il pas amplifié par les médias et les politiques, en compensation de leur myopie sur la Tunisie ?

Tout à fait. Il ne faut pas passer d’une posture à l’autre. Il y a une résonance qui s’exprime par rapport à la Tunisie, mais de là à voir un embrasement de toute la région, il y a un pas que je ne franchirai pas. Pourtant, la revendication politique pour plus de démocratie est là. Elle s’était d’ailleurs exprimée en Iran, avant d’être réprimée.

Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous : de simples communiqués appelant à plus de démocratie ?

En tant qu’Etat français, nos liens avec Moubarak sont assez forts pour pouvoir parler. Pour plaider en faveur d’élections libres, pour dire que la répression n’est pas la solution. Ce n’est pas du ressort d’un Etat d’appeler à la démission du chef d’un autre Etat, mais on peut indiquer le bon chemin à suivre.

Propos recueillis par Alexandre Piquard

08 Oct

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Chat sur lemonde.fr

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Dans un chat sur LeMonde.fr, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, juge que l’actuel ministre des affaires étrangères « a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux. »

Raymond : Comment jugez-vous le passage de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Décevant, très décevant, au regard de ce que Bernard Kouchner avait prétendu faire du Quai d’Orsay : « le ministère de la mondialisation ».

Bernard Kouchner fut tout à la fois absent des grandes initiatives portant sur la mondialisation, discret sur les droits de l’homme, va-t-en guerre sur l’Iran et il assista sans rechigner à la réduction drastique du budget de son ministère.

Léon : Bernard Kouchner est-il un vrai ministre des affaires étrangères ?

Il aurait voulu l’être. Il n’était pas le moins outillé pour le faire. Mais l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy a tout centralisé à l’Elysée et l’a laissé totalement dépourvu dans son palais d’Orsay.

Zigotte : Le rôle de ministre des affaires étrangères s’est-il trouvé déprécié depuis 2007 ?

Nos institutions donnent peu de place à l’autonomie des ministres des affaires étrangères. Mais Nicolas Sarkozy en a fait un domaine personnel. Comme ce dernier voulait tout à la fois être président et premier ministre, il n’a pu s’occuper à plein temps des affaires étrangères mais, dans le même temps, n’a pas voulu que le ministre des affaires étrangères se substituat à lui. Il s’en est suivi une « speed » diplomatie, faite de coups, de deals, d’allers-retours, sans cohérence, que Bernard Kouchner a eu de la peine à suivre.

Guest : « Les défauts de l’esprit sont comme ceux du visage : ils grandissent en vieillissant ! » Cet aphorisme de La Bruyère ne résume-t-il pas le parcours de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Qu’aurait-on dû voir sur ce visage ? De l’inquiétude, elle était justifiée au regard des problèmes du monde ; de la perplexité, vraisemblablement, au regard de la politique de Nicolas Sarkozy ; et enfin de la tristesse, de ne pas avoir pu marquer son ministère et d’avoir raté sa sortie.

Raoul : Puisqu’on parle de son départ, qui serait, à droite, selon vous, le plus à même pour le remplacer ?

Je crois, si l’on veut être dans la lignée de ce que j’ai évoqué tout à l’heure, qu’il ne faut ni un stratège, ni un visionnaire, ni un porteur de paroles, mais quelqu’un capable de donner de la cohérence et de la conviction à la parole de la France. C’est ce que souhaite Nicolas Sarkozy et, franchement, je n’en vois pas beaucoup, à part peut-être Monsieur Guéant.

Gabriel : Qu’attendiez-vous de Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères ?

Pas grand-chose, en fait. Car les divergences avec ce dernier étaient nées dans la guerre d’Irak où Bernard Kouchner avait soutenu l’intervention américaine. On aurait pu rêver d’une grande politique africaine mais, là aussi, nous avons été loin du « French doctor », encore que, ici ou là, Bernard Kouchner a pu intervenir sans que pour cela la politique française en fut bousculée.

Romain : A l’heure du bilan, il convient de faire la part des choses. Que retiendrez-vous comme la plus grande réussite de Bernard Kouchner ? Et son plus grand échec ?

J’ai envie de dire : « lui et lui ! » Lui parce qu’il a enfin été ministre de plein exercice dans un domaine régalien, lui parce qu’il a tant souhaité être l’un des patrons des Nations unies. Il avait là la possibilité d’en faire partie. Lui, enfin, parce que dans l’exercice du pouvoir, il s’est perdu, désarticulé, et, à ses yeux je crois, déconsidéré.

Jérôme : Pourquoi est-ce Jack Lang, et non Bernard Kouchner, qui a été en charge de l’ouverture diplomatique avec la Corée du Nord ?

C’est pour moi une énigme. Mais il fallait vraisemblablement un artiste pour tenter de dérider le régime nord-coréen.

René : Quelle rupture existe-t-il entre la politique de Kouchner-Sarkozy et celle menée auparavant ?

Excellente question ! Nicolas Sarkozy a d’emblée adopté les thèses des néoconservateurs américains d’où, d’ailleurs, la présence de Kouchner, de Glucksmann, voire de Lellouche. Il a estimé, comme ses amis outre-Atlantique, que la chute du Mur de Berlin marquait la victoire du monde occidental et qu’il ne s’agissait plus, comme l’avait fait De Gaulle, voire Mitterrand ou même Jacques Chirac, d’être indépendant des deux empires Etats-Unis et Union Soviétique, tout en étant solidaire du monde occidental, mais qu’il fallait être à l’avant-garde du monde occidental victorieux.

Nicolas Sarkozy a donc rompu avec la stratégie et avec la diplomatie de la France et endossé, dans un premier temps, toutes les erreurs de l’administration Bush, vis-à-vis de l’Afrique, de la Russie, de la Chine, voire de l’Amérique latine.

Guest : Que reste-t-il de la politique arabe de la France ?

Pas grand-chose, et en même temps, le Quai d’Orsay continue à développer cette stratégie. Pas grand-chose parce que Nicolas Sarkozy s’est d’emblée aligné sur le Likoud de Benyamin Netanyahou et, dans le même temps, le Quai d’Orsay a continué à multiplier les signes en direction du Maghreb et du Machrek, rendant au passage la politique française illisible.

Mélusine : Nicolas Sarkozy a plusieurs fois dénoncé la Françafrique. Y a-t-il un changement de politique envers le continent africain ?

Depuis le malheureux discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy estima que l’homme africain n’était pas assez entré dans l’Histoire, il ne s’est pas concentré sur le sujet africain, laissant à Claude Guéant le soin de le représenter sur ce continent. La politique française, par l’intermédiaire à l’époque d’Alain Joyandet, n’a pas été sans élément critique. Il y a donc une absence du président mais une continuité de la relation entre l’Elysée et l’Afrique.

Kiki : Quelle politique envers les pays en développement, l’Afrique en particulier, le Parti socialiste souhaiterait-il mettre en place ?

Avec nos partenaires européens, une grande politique vers le Sud. Il ne s’agit plus de panser les plaies de la décolonisation, mais d’aider à l’intégration régionale, de soutenir le développement en agissant avec des partenaires, plutôt qu’en donnant la leçon aux pays d’Afrique.

Guest : Quelle a été la stratégie du Quai d’Orsay vis-à-vis de la construction européenne ?

Le Quai d’Orsay n’a pas tellement son mot à dire sur la construction européenne. D’abord parce que c’est un domaine surrégalien, l’axe franco-allemand, les sommets européens, et ensuite parce qu’il y a un ministère dévolu à la question européenne.

Si vous regardez bien, Bernard Kouchner n’a, pour ainsi dire, rien dit dans ce domaine, supplanté bien souvent par le premier ministre, le ministre de l’économie, le ministre chargé de l’Europe, voire plus malheureusement, le ministre de l’intérieur ou celui de l’immigration.

Caro : Existe-t-il un lien entre le tropisme atlantique de Bernard Kouchner et sa défense vigoureuse de l’intégration européenne ?

A priori, non. Chez Bernard Kouchner, le lien, c’est le monde occidental, chargé de faire prospérer l’Etat de droit, la démocratie et une certaine conception de la redistribution des richesses. Il est plutôt le baladin du monde occidental que le porteur d’une Europe intégrée.

Soyei : Dans quelle mesure rejoignez-vous les analyses de MM. Védrine, Juppé et Rufin selon lesquelles l’outil diplomatique français serait au bord de la rupture ?

Cela me paraît totalement juste. Le ministère des affaires étrangères est devenu la variable d’ajustement dans le budget de la nation. Nous avons énormément réduit notre voilure dans un moment où la mondialisation s’est approfondie. Kouchner aura présidé, sans pouvoir réagir, à l’effondrement de notre outil diplomatique.

Mik : Vous venez de sortir un livre sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy, intitulé Dis-moi où sont les fleurs (L’Encyclopédie du socialsime, 112 p., 12 euros) ? D’abord, pourquoi ce titre ? Et ensuite, comment traitez-vous la question « Kouchner » dans ce livre ?

Merci de la publicité ! Dis-moi où sont les fleurs, ce sont les premiers mots d’une chanson de Marlène Dietrich à propos de la guerre du Vietnam, mais, plus prosaïquement, il s’agit d’une critique du caractère anxiogène et incohérent de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. On sait toujours où sont les boucs émissaires, jamais où sont les fleurs.

Je parle très peu de Kouchner car il n’était pas le principal décideur.

Wei : Après Bernard Kouchner, Pierre Lellouche peut-il assurer sa succession au Quai d’Orsay ?

Il en rêve. Je crois qu’il n’a pas beaucoup de considération pour Bernard Kouchner. Il l’avait d’ailleurs vertement attaqué avant de devenir ministre. Mais Lellouche est un vrai atlantiste, l’un des premiers partisans du retour dans l’Otan. Un combattant de l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan et, dans un moment où Nicolas Sarkozy veut se distinguer de Barack Obama, il sera suspect aux yeux de l’Elysée, ce qui est un grand handicap.

Gabriel : Que pensez-vous de la pantomime autour de sa lettre de démission ?

Ce ne sera pas le plus grand moment dans la biographie de Bernard Kouchner. En fin de compte, il aura raté un rendez-vous avec son histoire, car il aurait démissionné, au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, stigmatisant une communauté, la criminalisant et marquant ainsi un tournant à droite, il se serait grandi, aurait pu plaider la cohérence et espérer rebondir. Là, il est tout à la fois déloyal à Nicolas Sarkozy et déloyal à son camp d’origine.

Kosovo : N’aurait-il pas été plus digne pour Bernard Kouchner de se retirer ?

A l’évidence, il avait une fenêtre pour le faire. Il a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux.

Hydro : Comment voyez-vous l’avenir politique de Bernard Kouchner ?

Son avenir est très sombre. Il en avait déjà peu au lendemain de l’intervention en Irak qu’il a soutenue, mais aujourd’hui, il n’en a plus du tout si ce n’est le coup pied de l’âne que semble inaugurer sa vraie-fausse lettre vis-à-vis de l’UMP ou l’acceptation d’un poste dans la République lui permettant une retraite dorée mais sans gloire, le jeune Kouchner n’imaginait pas terminer ainsi.

Nono : Qui, selon-vous, au PS, serait à même d’être le meilleur au Quai d’Orsay pour 2012 ?

Ils sont très nombreux. Je pense à Hubert Védrine, à Jean-Louis Bianco ou Pierre Moscovici, mais plus sûrement à Bertrand Delanoé, Ségolène Royal ou bien sûr Laurent Fabius. Je ne pense pas, malgré le travail que nous faisons ici à Solférino, pour reconstruire une politique socialiste à l’échelle internationale.

Pipo : Et vous-même ?

Je ne pense pas que l’on pense à moi.

Chat modéré par Olivier Biffaud

07 Oct

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[Interview – France Soir] C’est le grand bazar !

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Jean-Christophe Cambadélis répond à une interview dans France Soir à propos de la lettre de démission de Bernard Kouchner, rendue publique récemment.

France-soir: La lettre de démission de Bernard Kouchner à Nicolas Sarkozy vous surprend-t-elle ?

Jean-Christophe Cambadélis: Absolument pas. J’avais moi-même fait cette proposition à Bernard Kouchner à la fin de l’été pour qu’il puisse sauver son honneur d’homme de gauche, après le virage sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me frappe, c’est le climat de délinquance gouvernementale dans lequel s’inscrit la révélation de cette lettre.

F.-S: Que voulez vous dire ?

JCC: C’est le grand bazar au seine de l’exécutif ! On a un président qui a peur, un Premier ministre qui râle et n’en fini pas de faire ses adieux, des ministres gaffeurs qui sont obnubilés par la question de leur maintien au gouvernement… Et, pendant ce temps là, les français assistent, consternés, au bal des prétendants à Matignon. J’ai l’impression que rien ne peut surmonter la spirale dépressive du gouvernement: en annonçant six mois avent la date de son prochain remaniement, Sarkozy a contribué à en faire un non-évenement.

F.-S: Dans sa lettre, Kouchner dénonce « les humiliations » que les conseillers du Président lui ont, dit-il, infligées…

JCC: Bernard Kouchner est une victime collatérale de l’hyperprésidence. A partir du moment où Nicolas Sarkozy centralise la politique économique, la politique sociale, la politique culturelle, la politique éducative, la politique étrangère… il est évident que ses ministres sont réduits à être des porte-parole de son action. Mais qu’un ministre des Affaires étrangères puisse faire fuiter une telle lettre et rester au gouvernement en dit long sur l’absence d’autorité de l’Elysée et de Matignon !

F.-S: Kouchner dit aussi prendre « acte de la fin de l’ouverture à gauche »…

JCC: Mais il n’y a jamais eu d’ouverture à gauche, il y a eu des débauchages ! Je note que cela devrait être moins tendance lors du prochain remaniement: Les candidats n’étant pas certains que Sarkozy perdurera, ils n’auront pas envie de se compromettre.

F.-S: Kouchner peut-il revenir toquer à la porte du PS ?

JCC: Cette phase-là est terminée. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire et nous, nous avons continué notre chemin sans lui.

Propos recueillis par Gaëtane Morin

28 Sep

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Congrès du Labour : les militants ont élu un Miliband

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Une délégation française est présente au Congrès du Labour qui se tient depuis samedi à Manchester. En Grande-Bretagne, les conférences annuelles des partis sont des événements nationaux, à l’instar de nos universités d’été, à cette différence qu’il s’agit de moments politiques cruciaux puisque, au moins jusqu’à cette année, la vie politique britannique était structurée par le parti conservateurs et le parti travailliste.

Cette conférence a débuté par la fin du vote des militants pour désigner leur nouveau leader après la démission de Gordon Brown à la suite de la défaite aux élections législatives de mai dernier.

Des cinq candidats restés en lice, deux semblaient favoris, Ed, l’ancien ministre de l’énergie de Gordon Brown et surtout son frère aîné, David, l’ancienne bras droit de Tony Blair et ministre des Affaires étrangères de Gordon Brown.

La presse française a eu peu hâtivement résumé le duel de ces fils de marxistes polonais à une bagarre fratricide entre héritiers de Blair et héritiers de Brown avec une prime pour le cadet, Ed, qu’elle croyait voir « plus à gauche ».

Il est vrai que Blair lui-même considère que le Labour ne doit pas rompre avec le « New Labour » et qu’il ne faut pas délaisser le centre si les travaillistes veulent un jour reconquérir le pouvoir. Il est vrai aussi que beaucoup d’électeurs travaillistes ont voté pour les Libéraux-démocrates car ils défendaient des positions, notamment en matière de libertés et de questions de société que le Labour ne défendait plus prioritairement. Mais il est tout aussi vrai que, même si Ed Miliband avait la faveur des syndicats, ceux-ci ne lui ont accordé de majorité qu’au quatrième tour de scrutin – pour désigner le leader travailliste, il y avait trois collèges électoraux : les parlementaires, les militants et les affiliés comme les syndicats ou les clubs et think tanks. Cela explique la courte avance d’Ed Miliband sur son aîné qui, depuis des années était vu comme celui qui renverserait un jour Brown qui battait des records d’impopularité et qui avait eu, par trois fois, l’occasion de passer à l’action depuis 2007.

Ed Miliband, 40 ans devient donc le leader de l’opposition travailliste qui est en train de remonter fortement dans les sondages. Il n’a pas été majoritaire chez les parlementaires dont le poids dans le parti est important puisque pour être candidat, il fallait le parrainage de 33 parlementaires, soit un huitième de l’ensemble des députés aux Communes et au Parlement européen. Elu député seulement en 2005, c’est lui qui a rédigé le Manifeste de campagne du Parti travailliste pour les dernières élections.

Les conservateurs pourraient lui reprocher d’être mal élu et d’être l’otage des syndicats – la presse de droite a tenté un « red Ed » – jadis malmenés par Blair au sein du parti, le message qui a dominé en ce début de congrès, c’est celui de l’unité des travaillistes alors qu’un mouvement social se prépare contre les mesures du gouvernement Cameron-Clegg de réduction drastique des dépenses publiques et des aides sociales.

Quand à nous, notre ambition est de renouer le travail avec le Labour, comme avec d’autres partis socialistes européens, afin de préparer ensemble, l’alternative dans nos pays.

14 Sep

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[Parti Socialiste] Rencontre avec les partis socialistes belges

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Ce lundi 13 septembre 2010, une délégation conduite par Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l’Europe et à l’International et François Loncle, député et membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale ont rencontré à Bruxelles les deux partis socialistes belges, SP.a et PS, pour mesurer sur place les enjeux et les risques de la crise institutionnelle qui touche la Belgique depuis plusieurs mois.

Le SP.a était représenté par Bruno Tobback, Président du groupe sp.a à la Chambre des députés, Saïd El Khadraoui, député européen et secrétaire à l’International ainsi que Jan Cornillie, directeur des études du SP.a. Lire la suite…

08 Sep

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[Parti Socialiste] Le conflit du Haut-Karabakh

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Le Parti socialiste s’inquiète de l’évolution de la situation dans le Haut-Karabakh où les violations du cessez-le-feu sur la ligne de contact entre Arméniens et Azerbaïdjanais ont provoqué, ces deux derniers mois, plus de 10 morts des deux côtés.

Le Parti socialiste, qui suit attentivement l’évolution de ce conflit depuis la chute de l’URSS, rappelle qu’il n’y a pas d’alternative à un règlement politique du problème. À cette fin, il exprime son soutien au Groupe de Minsk, co-présidé par la France, les États-Unis et la Russie, créé par l’OSCE et chargé de rétablir la paix dans la région, pour faire respecter les Principes de Madrid, clé de voûte de la paix régionale fondée sur le droit international : autodétermination des peuples et intégrité territoriale.

07 Mar

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Séminaire de Paris: « 1990-2010: la fin du bloc soviétique 20 ans après Bilan et perspectives »

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Vendredi dernier, à l’initiative du secteur Europe/international du Parti Socialiste, s’est tenu à Paris un séminaire dont l’objet était le bilan et les perspectives après la fin du bloc soviétique. La journée était partagée en deux tables rondes.

La première « Un jour qui ébranla le monde : Bilan, conditions et conséquences de la chute du Mur et de l’effondrement du bloc soviétique » où l’on a pu écouter les témoignages de Ilon Iliescu, ancien Président de la Roumanie et de Laszlo Rajk, ancien chef de l’Opposition démocratique hongroise et ancien député. Ainsi que les analyses de Lionel Jospin et Alexandre Adler.

La deuxième table ronde « Le Monde d’après : Après la fin de la coexistence pacifique : unilatéralisme ou multilatéralisme ? » avec  Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Rocard et  Adam Michnik, journaliste, rédacteur en chef de Gazeta Wyborcza.

Ecouter ma conclusion des débats:

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

  – Permalien de la conclusion: http://www.cambadelis.net/audio/050310Conclurencontrejcc.mp3

Je vous propose un diaporama de cette journée:

20 Nov

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Présidence de l’Europe et Haut conseil aux Affaires étrangères

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drapeuropeLa main de Sarkozy et Merkel dans la désignation de Van Rompuy et Ashton a atteint son but : Banaliser la Présidence de l’Europe et le Haut Conseil aux Affaires Etrangères. En effet, ces deux personnalités ne devraient pas faire trop de mal à l’intergouvernemental. Il n’est pas certain que l’Europe en sorte grandie ou gagne en efficacité, voire en visibilité. On ne peut en être que désolé.