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24 Nov

Commentaires fermés sur L’invité de « Face aux chrétiens » sur KTO en partenariat avec La Croix, RCF et Radio Notre Dame

L’invité de « Face aux chrétiens » sur KTO en partenariat avec La Croix, RCF et Radio Notre Dame

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Face aux Chrétiens sur KTO en partenariat avec La Croix, RCF et Radio Notre Dame.

 

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

Primaire de la droite

François Fillon est un candidat très identifié et très identifiant.
François Fillon c’est « la révolution conservatrice » pour reprendre les propos de Patrick Buisson
C’est un candidat ultra: ultra conservateur, ultra libéral on ne peut pas dire que l’offre soit flou!
La position de François Fillon c’est le libéralisme à la hache.
L’intuition d’Emmanuel Macron de se placer entre les 2 blocs droite/gauche va se retrouver réduite.

François Fillon ne réduit pas le FN mais sa posture extrême droitière bloque son déploiement.
François Fillon est très à droite et bloque d’une certaine manière la dynamique du FN. Mais au 2e tour il rend compliqué le mouvement de la gauche vers la droite.

Primaire de la Belle Alliance Populaire
Sur une éventuelle candidature de François Hollande : le Président doit réfléchir à la possibilité de se représenter et de répondre à la question « un nouveau quinquennat pourquoi faire » ?
Avant de dire « je suis candidat », il faut avoir quelque chose à dire au pays, un enjeu à présenter au pays.

On aura ce qu’il faut pour faire campagne.

Je voudrai lancer un appel à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon pour qu’ils participent à la primaire. C’est nécessaire au regard des enjeux : la révolution conservatrice portée par Fillon et la montée du FN.
J’observe qu’Emmanuel Macron se veut un peu de gauche sans être tout à fait à droite. Par contre, tous ceux qui soutiennent Macron sont socialistes. Alors pourquoi refuser la primaire ?
Je dis la même chose à Jean-Luc Mélenchon : son seul objectif est de passer devant le PS. La belle affaire quand la révolution conservatrice est là.
Si nous continuons comme cela nous serons éliminés. Fixons le périmètre. Il n’est pas trop tard! Je lance donc un appel solennel à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. C’est le destin de la France et de la République qui est en jeu. Participez à une compétition loyale!

Je suis très inquiet car avec un FN qui tutoie les 30%, même si sa dynamique peut être bloquée, s’il y avait un candidat de gauche qualifié je ne vois pas la droite appeler à voter pour. Et vu le programme de la droite, la gauche aurait du mal à soutenir le candidat de droite. La bonne solution c’est qu’il y ait un candidat de gauche et un candidat de droite qui s’affronte. C’est pour cela que j’appelle au rassemblement.
Le moteur du FN c’est la xénophobie.

Prochain quinquennat
Nous avons traité dans les cahiers de la présidentielle toutes les sujets pour répondre à la question « un nouveau quinquennat pourquoi faire ? » et pour ouvrir le chemin vers une France nouvelle.

Le bilan économique et social est meilleur qu’on ne le Dit. Mais cela n’est toujours pas perçu comme positif car il y a beaucoup d’inégalités. Beaucoup d’exclusions. Le prochain quinquennat devra répondre à la question « qu’est ce qui va mieux pour moi? »

Il n’est pas question pour nous de baisser ou de recomposer les minima sociaux contrairement à nos adversaires. C’est un choix de société. Société inclusive ou relégation ?

Sur la situation des migrants
Nous avons lancé des le départ un mouvement avec des maires socialistes pour décréter l’accueil.
On a fait notre part de travail pour accueillir les réfugiés et les migrants ce qui n’est pas le cas de tout le monde

Situation internationale

François Fillon est plutôt russophile dans son analyse géopolitique. Il partage avec M. Poutine une certaine analyse du monde.
La Russie est un grand pays et M. Poutine pense que la Russie est une civilisation. Et en fonction de cela il avance ses pièces.
L’Europe aujourd’hui est dans un état politique économique et diplomatique désastreux. Poutine dans cette situation avance ses pions.
Le monde est apolaire et dans ce monde la France a une place considérable mais n’a pas de rapport de force pour maintenir seule les équilibres. Nous avons besoin de l’Europe.
Le Front national nous placerait dans une situation de quitter l’Europe et donc de nous affaiblir. François Fillon nous placerait dans l’espace de Poutine.

Il faut être ni atlantiste, ni poutinien pour rassembler l’Europe. Alain Juppé considère que François Fillon est trop dans l’espace poutinien.

La France a un rôle à jouer. Elle ne peut pas être dans l’espace politique de Poutine ou de Trump. La seule manière de parler à tous, c’est d’être indépendant.

Ce qui se passe en Turquie est inadmissible. Ce régime s’éloigne de la démocratie. C’est un Régime autoritaire, qui s’en prend aux libertés et aux individus.

Chrétiens d’orient « La coalition internationale participe dans sa lutte contre l’EI a leur protection.
C’est une bataille majeure dont personne ne parle. On pourrait plus efficacement défendre les Chrétiens d’orient si on en finissait avec l’EI. »

Changement du nom du PS?
Lors du congrès de Poitiers j’ai défendu une motion dans laquelle il y avait la thèse du dépassement du PS. Ce que nous avons fait avec la Belle Alliance populaire.

 

 

18 Nov

Commentaires fermés sur L’invité d’Arlette Chabot dans « Politiquement Show » sur LCI

L’invité d’Arlette Chabot dans « Politiquement Show » sur LCI

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Jean-Christophe Cambadélis était hier l’invité de Politiquement Show sur LCI.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission:

Primaire de la droite
La primaire de la droite m’étonne dans la forme mais pas sur le fond.

La primaire de la droite ne réglera pas la question stratégique qui oppose ceux qui veulent rassembler la droite et le centre et ceux qui veulent chercher les voix de l’extrême droite.

Alain Juppé fait course en tête et au fur et à mesure où l’on approche du vote, c’est le retour en force du premier Ministre de Nicolas Sarkozy: Francois Fillon.

Cela tient beaucoup à la manière dont ils se sont comportés les uns et les autres. L’un était sur l’énergie, la droite de la droite, l’autre plus balladurien, se comportant comme s’il était déjà président de la Republique et le troisième comme outsider

J’ai toujours pensé qu’Alain Juppé était friable. Je pense que je ne me suis pas trompé.

J’attends les conséquences de cette primaire. Elle ne va pas clore le débat à droite.

Vote des électeurs de gauche à la primaire de la droite ?
Je ne pense pas que l’électorat de gauche fera un mouvement vers Alain Juppé qui a un programme économique extrêmement libéral.

La stratégie de Nicolas Sarkozy est de faire en sorte qu’Alain Juppé ne soit pas en tête au 1er tour.

Chaque candidat à ses forces et ses faiblesses: Alain Juppé est friable, Nicolas Sarkozy a fait une campagne très clivante et très à droite. François Fillon est très conservateur.

Sarkozy revient avec son premier Ministre !

Candidature d’Emmanuel Macron

Sa candidature disqualifie la gauche sans la qualifier. Car avec Jean-LucMélenchon d’un côté et Emmanuel Macron de l’autre, la gauche n’a aucune chance de l’emporter. S’il va jusqu’au bout, il fera une campagne du type de celle de Jean-Pierre Chevènement contre Lionel Jospin.

Cette élection est beaucoup plus ouverte qu’elle en a l’air car nous passerons du casting au projet.

Emmanuel Macron est un banquier: il fait de l’investissement. Il regarde l’échiquier politique en se disant qu’il est possible que Alain Juppé ne soit pas candidat et ainsi récupérer l’électorat centre droit ou que Francois Hollande ne soit pas candidat et récupérer l’électorat de gauche.

Emmanuel Macron attend tout en bonifiant sa candidature.

Election présidentielle de 2017

Marine Le Pen a quelques atouts à faire valoir dans la situation politique pour elle l’emporter. Ce qui m’inquiète aujourd’hui dans la situation politique française c’est que je ne vois pas comment la droite, si la gauche arrivait en tête au premier tour, pourrait appeler à voter à gauche face à Marine Le Pen quand on voit ce qui est dit et ce qui est fait et comment on créerait une dynamique pour le candidat de la droite face à Marine Le Pen lorsqu’on voit le programme ultra libéral que sont en train de sélectionner les candidats de la droite.
Je dis attention, on est figés sur les candidatures mais on ne voit pas la dynamique et le paysage se mettre en place qui est redoutable parce que la remise en cause des représentations politiques, à laquelle participe Macron avec une certaine efficacité, affaisse, décompose le paysage politique. Et à la fin qui est ce qui en profite ? C’est celui qui a le plus gros capital et c’est Marine Le Pen. Et moi je pense qu’aujourd’hui la porte est ouverte.

Candidature de François Hollande a la primaire ? J’essaie de ne pas faire parler les gens. Je lui conseille de réfléchir à la situation. La question qui lui est posée c’est un nouveau quinquennat pour quoi faire ?

Je pensais qu’Emmanuel Macron pouvait élargir l’espace politique à gauche. Cet espace aurait été compétitif, hors cet espace désormais se fragmente.

16 Nov

Commentaires fermés sur L’invité d’Anne-Sophie Lapix dans « C à Vous » sur France 5

L’invité d’Anne-Sophie Lapix dans « C à Vous » sur France 5

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité d’Anne-Sophie Lapix dans « C à Vous » sur France 5.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 


Gauche, La guerre est déclarée ? C à vous – 15… par C-a-vous

Candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle ?

Cela fait plusieurs fois qu’Emmanuel Macron tente d’annoncer sa candidature.

Annoncer cela depuis un centre d’apprentissage je trouve cela un peu… étonnant. S’il l’annonce vraiment demain, je lui propose de changer de lieu.

Cette candidature d’Emmanuel Macron c’est très embêtant. Parce que la gauche est dans un rapport aujourd’hui de 60-40 si vous mettez l’extrême droite et la droite vis-à-vis de la gauche. Si on morcelle, si un jour il y a un candidat qui est Macron, un candidat désigné par la primaire de la BAP,  un candidat qui est Mélenchon, un candidat du parti communiste, un candidat des écologistes, je vous donne le résultat: aucun de ceux que je viens de nommer ne seront au deuxième tour de la présidentielle.

On peut s’en laver les mains, moi je pense que c’est très dangereux, parce que la droite dérive à droite, parce que l’extrême droite peut toujours y arriver. Maintenant on a l’exemple de Donald Trump.

Le jour où il y aura un candidat socialiste après la primaire  il faudra choisir. Il pouvait participer à la primaire. Je suis obligé de constater qu’Emmanuel Macron n’a pas envie de participer à la primaire

Primaire de la Belle Alliance Populaire

Nos statuts disent que nous nous rassemblerons derrière le candidat issu de la primaire.

La primaire permettra de faire le rassemblement de la gauche.

Élection présidentielle de 2017

Candidature de François Hollande ? « C’est au Président de dire ce qu’il veut faire. Il y réfléchit. »

Manuel Valls qui pense à la Présidentielle ? « Cela ne m’a pas échappé »

Quand vous avez le tripartisme, aucun des candidats ne peut faire 50%.

Élection américaine

L’élection de Trump est due à la crise du monde occidental, de l’efficacité des politiques publiques et de la panne récit progressiste.

Parti socialiste

Au congrès de Poitiers j’ai préconisé le dépassement du Parti socialiste.

Primaire de la droite

A ceux de gauche qui voudraient voter à la primaire de la droite je dis: regardez le programme de la droite!

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se rassemblent sur le fond. Ils divergent sur la forme.

06 Nov

Commentaires fermés sur L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J.

Retrouvez ses principales déclarations ci-dessous.

Pour réécouter l’émission cliquez ici.

 

Élections américaines

J’attends que M. Trump soit battu sinon nous rentrerons dans une zone de turbulences. Une victoire de Trump est synonyme de tensions internationales, de tensions avec la France et de tension dans son propre pays car l’application de son programme populiste, renfermerait le pays sur lui-même. (…) Sa victoire est possible. Nous avons vu des mouvements de ce type dans l’Europe occidentale avec le Brexit et la montée du national populisme.

Marine Le Pen se nourrit de tout. Elle est en tenue de camouflage, elle ne dit pas grand chose et profite de la décomposition de la vie politique française.

Primaire de la droite et du centre

Il n’y a pas un sujet qui soit traité en terme de droite gaullienne. Tout est traité en terme de droite extrême. C’est un concours Lépine de l’homme le plus à droite dans cette primaire.

Vote des militants de gauche à la primaire LR? « On a tort de faire des scénarios à partir de ce que disent les sondages »

Alain Juppé est une illusion, un mirage: il a une tête de présidentiable mais un programme qui ne lui permettra pas d’être élu. Son programme est libéral avec un gouvernement autoritaire et cela ne passera pas. Cela sera repoussé soit dans les élections, soit par la rue.

On fait un calcul politique sur « Qui peut battre Nicolas Sarkozy ou Marine le Pen? » mais ça ne fait pas un destin et un dessein pour la France

Nicolas Sarkozy est allé sur le terrain du Front National et une partie de la droite a pris peur et s’est réfugiée derrière Alain Juppé

Point de vue programme, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé c’est bonnet blanc et blanc bonnet

Marine Le Pen se tait car son objectif c’est que Nicolas Sarkozy soit battu pour récupérer ses voix.

Le rempart au FN c’est la gauche.

Gauche

La gauche est fragmentée et personne ne fait l’unanimité. Il faut donc une démarche pour une candidature de rassemblement: les primaires.

Les bavardages ça suffit, rendez-vous dans les primaires !

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont 2 candidats auto-proclamés et qui ne peuvent rassembler. Ils sont les champions du petit bain car il n’y a pas encore le candidat de la gauche de désigné !

Jean-Luc Mélenchon veut réveiller le peuple. Moi, je veux le faire gagner. Et pour cela il faut se rassembler.

Cette présidentielle  n’est jouable que si nous avons un candidat central

Conférence nationale du PCF : « Je ne commente pas les prises de positions internes du PCF.

Pierre Laurent avait une stratégie: ni Mélenchon, ni Hollande. Aujourd’hui il se retrouve au milieu du gué. »

Jean-Luc Mélenchon veut faire battre le PS aux législatives. Ce n’est pas le bon chemin pour l’ensemble de la gauche.

Accord avec le PCF aux législatives? : »J’aurai la main tendue jusqu’au bout »

Élection présidentielle 

Début décembre nous saurons qui sera candidat. Je n’ai pas entendu une parole du président disant qu’il ne sera pas candidat

Manuel Valls a parlé durement du livre « Un Président ne devrait pas dire ça », pas de l’action du président.

Le président de la République doit se déterminer par rapport à la situation de la France et rien d’autre.

Ni le candidat de la droite, ni de la gauche,  ni le candidat écologiste, ni le candidat communiste… on ne connaît rien des programmes et on nous dit déjà le résultat.

L’élection présidentielle commencera début février. Avant on ne sait rien.

François Hollande dès le premier jour de son arrivée a été matraqué, attaqué, vilipendé. A droite on voulait se débarrasser de Sarkozy et on ne voulait ni de du programme, ni des propositions, ni de l’action de la gauche.

L’objectif d’Emmanuel Macron est que le Président ne se représente pas. Il n’a pas construit tout cela pour à la fin ne rien faire.

Face aux enjeux du pays, nous avons la gauche la plus irresponsable du monde: elle est dans les chamailleries, elle ne veut pas voir les problèmes. Elle veut juste être devant le petit voisin.

Aucun candidat de gauche n’est en capacité de l’emporter. C’est pour cela qu’il faut échanger et rassembler. Il faut battre une droite qui s’est extrémisée et une extrême droite qui s’est camouflée

Nous sommes en pleine illusion: le programme de la droite ne passera pas.

Manifestation des policiers

Les revendications des policiers sont légitimes. Le Président et le Ministre de l’intérieur ont donné des réponses.

J’observe que la police ne manifeste pas contre le gouvernement. Mais ils ont l’impression qu’ils attrapent des « racailles » et que le lendemain ces derniers les narguent. Je comprends cette revendication principale. Il faudrait peut être revoir nos procédures. C’est un grand débat de société.

Salafisme 

On ne combat pas le salafisme si on n’est pas intraitable sur l’antisémitisme et l’arabophobie.

Laïcité

La laïcité est une question essentielle. Nous devons la défendre et combattre pour l’émancipation car cela permet le vivre-ensemble.

Résolution de l’UNESCO sur Jérusalem

Il n’est pas normal qu’une institution regroupant les diplomates du monde s’érigent en donneur de leçons d’histoire.

 

29 Oct

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« Cette présidentielle n’est pas jouée », interview à Sud Ouest

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Sud Ouest publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Est-ce que les militants socialistes y croient encore pour l’an prochain ?

Ils veulent y croire, parce qu’ils ne veulent pas du projet de la droite et de l’extrême-droite. Ils constatent avec effarement que ce projet autoritaire et inégalitaire, défaisant ce que nous avons fait et refaisant ce qu’ils avaient fait entraineraient quelques méfaits.

Est-ce que vous comprenez ces électeurs de gauche qui veulent aller voter à la primaire de droite ?

Je n’y crois pas. D’abord parce qu’Alain Juppé serait d’après les sondages élu dans un fauteuil et les électeurs de gauche n’ont pas besoin de se parjurer en allant signer une déclaration d’adhésion aux valeurs de droite. D’autre part, le débat à droite n’a pas été si passionnant pour qu’il soulève les électeurs de gauche. Si ces électeurs allaient quand même voter en croyant participer au choix du prochain président (parce que la gauche serait éliminée du second tour), ils auraient tort parce que la droite va quand même choisir un candidat trop centriste (Juppé) par rapport au bloc identitaire de droite et trop libéral pour la gauche : il sera donc très friable pendant la campagne. Et si c’est Nicolas Sarkozy, qui a extrémisé la droite, il libérerait des électeurs centristes déçus. Donc cette présidentielle n’est pas jouée.

François Hollande peut-il encore se représenter ?

Il le peut toujours, puisque c’est à lui – et non aux sondages – de le décider. Et je suis à peu près persuadé que s’il est candidat, presque toute sa famille politique se retrouvera derrière lui et qu’il l’emporterait à la primaire. S’il décidait de ne pas se représenter, de nombreuses personnalités socialistes peuvent relever le gant et gagner la primaire car la gauche du parti socialiste n’est pas en état de gagner. Je crois à un candidat social-écologiste, c’est-à-dire réformiste, qui aura toutes les chances de participer à l’élection présidentielle, voire de l’emporter.

J’ai porté, contre vents et marées, l’idée d’une primaire, parce qu’elle permet de trancher et de rassembler. Le PS a sa feuille de route : les cahiers de la présidentielle pour proposer, la primaire pour trancher, la Belle-Alliance pour rassembler et la convention du 3 décembre (au lendemain de la primaire à droite) pour s’opposer.

On a récemment senti un mouvement de votre part vers Manuel Valls…

Manuel Valls est Premier ministre. Après on parle dans ce cas d’autres candidats. Nous verrons bien. Mais je veux que nous soyons rassemblés et capables d’unir notre camp.

Ne serait-ce pas au premier secrétaire du PS de prendre position ?

Je l’ai fait très tôt ! Dès le mois de mars, pour François Hollande. Je ne regrette pas de l’avoir fait, mais aujourd’hui je dois me consacrer au rassemblement de tous.

Et d’être lui-même candidat ?

Certains le susurrent, mais je les rassure : mon objectif n’est pas de compliquer une situation déjà difficile, mais de rassembler.

Et votre inquiétude porte sur les élections législatives…

En effet. La présidentielle, c’est très important : il faut tenter de la gagner, ou de la perdre dans des conditions qui permettent à la gauche de préparer la suite. Et la suite, ce sont les élections législatives. Or la gauche court le risque de se présenter émiettée, incapable de se rassembler et de finir quasiment marginalisée à l’Assemblée nationale : plus de parti communiste, ni d’écologistes, un PS faible à un moment où le Front national sera en dynamique. J’appelle donc l’ensemble de la gauche à la responsabilité et je propose pour les législatives à une alliance à la base : que dans chaque département, les responsables des différentes formations se réunissent et essaient de trouver la meilleure solution pour faire élire le maximum de députés de gauche. Puisque l’unité n’est plus possible au sommet, ce que je regrette, faisons-là à la base.

Qu’est-ce qui pourrait remobiliser la gauche d’ici six mois ?

Trois choses. D’abord la perception claire d’un bilan qui n’est pas mauvais et même excellent dans plusieurs domaines. Ensuite, le programme de la droite qui n’a jamais été aussi libéral et autant à droite. Enfin, il faut que la gauche balise l’avenir. Il faut, après un quinquennat de redressement, un quinquennat rose : reconstruction de l’Europe, une France pour tous, une croissance verte, une sécurité collective et la priorité à la lutte contre la fracture sociale. Autour de ces cinq questions, il y a un rassemblement majoritaire possible.

 

Propos recueillis par Bruno Dive

27 Oct

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L’invité de Questions d’info sur LCP avec AFP, Le Monde et France Info

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Jean-Christophe Cambadélis était ce mercredi 26 octobre l’invité de Questions d’info sur LCP en partenariat avec AFP, Le Monde et France Info.

 

Il répondait aux questions de Frédéric Haziza, Frédéric Dumoulin, Françoise Fressoz et Julien Langlet.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’émission:

 

Sur les chiffres du chômage

Cette baisse est constante depuis plus de 6 mois avec des hauts et des bas. Oui c’est une bouffée d’air pour la France.

Il n’est jamais trop tard pour réduire le chômage.

Sur le livre « Un président ne devrait pas dire ça »

Nous sommes dans un paradoxe: Le Président vit un moment sondagier et médiatique le plus difficile de son quinquennat et il a les résultats les plus probants de son quinquennat!

Candidature de François Hollande ? « François Hollande doit apprécier la situation, la balle est dans son camp. »

Les Français verront-ils les propositions autoritaires et inégalitaires de la droite et les décisions gouvernementales positives ?

Centenaire de la naissance de François Mitterrand

« Là où il a une volonté il y a un chemin », cette formule résume bien François Mitterrand. Il n’a jamais plié.

Cette élection est plus ouverte qu’on ne le dit! Le FN n’a pas été capable de réunir sa convention sur l’économie faute d’accord. C’est donc une crise. A droite, il y a deux positions: celle de Sarkozy qui veut l’emmener très à droite et celle de Juppé qui la tire au centre. Cela provoquera des craquements. Le PCF est dans une situation difficile: trouver un candidat ou soutenir Jean-Luc Mélenchon? Et Jean-Luc Mélenchon oscille entre Beppe Grillo ou une position de substitution au PS.
Cette présidentielle commencera en février quand on connaîtra l’ensemble des candidats

Le problème d’incarnation sous la Ve République est le produit d’une situation, pas d’un caractère.

Il faut dialoguer avec les Français, en indiquant les résultats obtenus, en disant où l’on va.

S’il fallait fixer la politique de la France à l’aune des sondages et des humeurs des journalistes on ne ferait rien.

J’essaie d’incarner l’intérêt général de la gauche et du PS.

C’est au Président de décider d’y aller ou pas. S’il n’y va pas il y a d’autres personnalités dont le premier ministre. Mais il ne m’a pas échappé que l’on évoque d’autres noms : Ségolène Royal, Christiane Taubira… Moi je me déterminerai le cas échéant en fonction du rassemblement.

Il faut laisser au Président le choix des armes, ne pas s’émietter, se rassembler.

Je ne suis pas dans la sur réaction. Je pense qu’il faut construire une offre politique qui batte la droite et l’extrême droite.

NDDL / Ségolène Royal
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement se retrouve confronté à un ministre qui dit qu’il n’est pas d’accord. (…) Il n’est pas anormal que Ségolène Royal à la veille de la COP22 réagisse ainsi.

Sur les primaires EELV

Cécile Duflot a payé une erreur d’analyse sur ce qu’est l’électorat écologiste. Par l’orientation qu’elle a déployée, elle a donné une connotation « extrême gauche » à sa campagne.

Les écologistes sont plus proches d’un François de Rugy, d’un Jean-Vincent Placé ou d’une Emmanuelle Cosse qui gouvernent avec nous.

Unité de la gauche

Si le PCF et les écologistes n’ont pas d’accord avec le PS ils ne seront pas présents à l’Assemblée en 2017. La question est veulent-ils être sur l’unité ou dans leur propre couloir ? Ça sert à quoi d’être devant les socialistes dans les sondages si on se retrouve avec une poignée de parlementaires ?

Moi je trouve  qu’il y a une très grande irresponsabilité partout dans la gauche. On ne veut pas voir ce qui vient, on fait comme si le national populisme n’existait pas en Europe, on fait comme si le Front national n’était pas en train de progresser, on fait comme s’ils n’étaient pas à 30 %. Alors évidemment, on se dit : « ils ne seront pas gagnants lors de l’élection présidentielle », mais dans les élections législatives, comment ça va se passer ? La radicalisation de la droite leur a ouvert un champ politique comme jamais à l’extrême droite. Et donc on est face à ce problème-là, et les historiens seront extrêmement sévères par rapport à tous les dirigeants de gauche qui aujourd’hui ne voient pas le danger qui s’ouvre.

Voilà pourquoi je me bats du matin jusqu’au soir en disant à l’ensemble de mes camarades : « nous avons une méthode, nous avons les primaires pour trancher, nous avons la belle alliance populaire pour rassembler, nous avons les cahiers de la présidentielle pour proposer, et nous avons le 3 décembre pour nous opposer », pourquoi je leur dis : « ne vous précipitez pas, laissez le président trancher et après rassemblez-vous » ? Parce que ce qui m’importe, c’est bien sûr de gagner la présidentielle, mais qu’à la fin des fins, ce ne soit pas le Front national qui tire les marrons du feu d’une droite trop à droite sur une ligne trop libérale et d’une gauche émiettée.

Aujourd’hui il ne s’agit pas de rassembler au 2e tour mais d’ y être. Il faut se rassembler dès le 1er tour. Si vous affaiblissez le rôle central du Parti socialiste, vous affaiblissez l’ensemble de la gauche. J’appelle à la responsabilité, au rassemblement.

Sur la primaire LR

Je n’y crois pas! Les électeurs de gauche n’iront pas voter à la primaire de la droite

Si François Hollande n’est pas capable, si c’est foutu pour la gauche pourquoi on s’acharne contre lui ?

Nicolas Sarkozy je l’ai attaqué dès le mois d’août: il a commis une faute en entraînant la droite vers l’extrême droite. Il a perdu sa présidentiabilité et sa position gaulliste.

Alain Juppé est trop centriste par rapport à une droite identitaire et trop libéral face à une gauche sociale. Donc il n’est pas en capacité de rassembler le pays. Alain Juppé, l’homme qui marche sur l’eau des sondages, est totalement friable

Il y a une aveuglément collectif : On ne juge pas les candidats sur ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils ont dit mais sur ce qu’ils pourraient faire dans une élection.

Situation des policiers

Je comprends la grogne des policiers avec la masse de travail à faire, l’exaspération face à ceux qui veulent tuer des flics , les conditions de travail. Je suis solidaire. Je vois aussi qu’il y avait Rodolphe Schwartz (présent sur la liste du FN en 2014 à Paris) qui prenait la parole dès le premier soir au Trocadéro.

Sur le Front national

Les représentations politiques, sondagières et journalistique sont tétanisées par rapport au FN. Personne ne veut dire quelque chose. On baisse les bras…Et bien pas moi !

Je dis chaque week-end dans les universités de l’engagement que nous sommes entrés dans une décennie de montée du national-populisme dans le monde occidental

Démantèlement du camp de Calais

C’est une victoire de la France. C’est tout à son honneur d’être capable de démanteler le camp de Calais de manière humanitaire.

A titre personnel je pense qu’il serait bon de revisiter les accords du Touquet

Mouvement de grève à I Télé

Il faut que le CSA intervienne et règle la situation au mieux car l’entêtement de la direction abîme la chaîne.

On a décidé stratégiquement de faire venir certaines personnes pour donner une certaine tonalité à la chaîne qui ne passe pas.

Je suis surpris de la 5e UNE de l’Express sur Emmanuel Macron! Pourquoi cet engouement pour Macron à chaque fois qu’il chute dans les sondages, c’est étonnant !

11 Oct

Commentaires fermés sur L’invité de Mardi politique sur RFI et France 24

L’invité de Mardi politique sur RFI et France 24

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Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 10 octobre 2016 l’invité de Roselyne Febvre et Frédéric Rivière dans Mardi Politique sur RFI et France 24.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

 

Attaque de policiers à Viry-Châtillon

Sur les propos de Bernard Cazeneuve : « On cherche querelle sur des mots qui n’ont pas vocation à absoudre les faits. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un acte inqualifiable et qu’il y avait une intention du tuer ».

« La police est présente partout où il y a nécessité. Les policiers faisaient leur travail et cela visiblement gênait.

Je ne crois pas que la légalisation du cannabis soit la clé magique à l’arrêt des problèmes dans les quartiers.

Notre société est devenue de plus en plus violente. Le passage à l’acte est de plus en plus clair.

Cette violence dans notre société est verbale, symbolique et réelle ».

Report de la visite de Vladimir Poutine / Syrie

« François Hollande a dit que si le président Poutine venait en France, il le recevrait mais pas lors de l’inauguration initialement prévue.

Pour François Fillon la question de la Russie est réglée : il faut être dans le camp de la Russie. (…) Quand on discute avec Poutine faut-il être de son avis ou dire qu’il faut cesser les bombardements d’Alep? Je suis de ceux qui veulent faire cesser les bombardements. »

Montée des nationalismes

« Le niveau de popularité de Trump est inquiétant. Malgré toutes ses déclarations, une partie des américains partage sa vision. (…) C’est une des manifestations de la montée du nationalisme xénophobe dans le monde occidental et de la peur du « Grand remplacement » ».

Primaire de la Belle alliance populaire

« Je ne fais que rappeler les statuts du Parti socialiste: les socialistes ne peuvent soutenir que le candidat issu des primaires de la Belle alliance populaire. Sinon ils seront exclus du PS.

Aujourd’hui la stratégie de Monsieur Macron est que François Hollande ne se représente pas.

Primaire de la droite

« Je suis dans le « ni-ni »: ni Sarkozy, ni Juppé! J’ai attaqué Nicolas Sarkozy en août à la sortie de son livre et maintenant Alain Juppé. On ne choisit pas son adversaire. On les cogne tous les deux.

Je constate que Marine Le Pen n’attaque jamais Alain Juppé, elle le pense trop centriste. Mais elle attaque Nicolas Sarkozy car ils sont sur les mêmes thèses.

On ne peut pas combattre le Front national en étant sur ses thèses sur l’identité et en étant très libéral sur le social.

En pavant le chemin à Marine Le Pen en la dédiabolisant, en étant plus à droite quelle sur certains sujets, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy lui ramènent des électeurs.

Election présidentielle de 2017

Candidature de François Hollande « Le bilan ne peut à lui seul fonder une candidature pour un nouveau quinquennat. C’est par rapport à la France et aux Français qu’il doit se déterminer. »

Arnaud Montebourg a reconnu qu’il avait commis une erreur.

En février nous aurons le paysage réel de la présidentielle. Aujourd’hui les sondages sont hors-sol. Car il n’y a que des inconnues.

Les gens ne seront plus dans la supputation mais dans le choix.

11 Oct

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« La France a besoin d’un chemin équilibré », interview à Nice Matin

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Nice Matin publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

Arnaud Montebourg a décidé de participer à la primaire socialiste. C’est un soulagement pour vous ?
Oui, parce que cette primaire peut démarrer. Elle sera je pense un grand succès populaire et permettra de dégager le représentant ou la représentante de la gauche de gouvernement.

En 2011, 2,7 millions de Français y avaient pris part. L’objectif est d’en avoir autant en janvier ?
Si c’est possible, évidemment. Mais nous partons tardivement. Même si nous mettons les bouchées doubles. Il nous avait fallu plus d’un an pour préparer la précédente, là nous n’avons que trois mois. Mais nous ferons tout pour qu’elle soit attractive, transparente et représentative.

Il vous reste à convaincre Emmanuel Macron d’y participer…
C’est à lui de décider. Mais je conçois que ce soit pour lui compliqué, à partir du moment où il estime n’être ni de droite ni de gauche. Donc participer à une primaire de la gauche, même de gouvernement, lui posera un problème.

En même temps, un premier tour de la présidentielle mettant aux prises François Hollande, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon serait un suicide collectif pour la gauche…
Tout à fait. C’est pour cela que j’appelle au rassemblement de l’ensemble de la gauche, car le programme de la droite est très à droite sur les questions d’identité et très libéral sur les questions sociales. Si demain la gauche était par malheur éliminée, nous aurions un pays très à droite avec des conséquences sociales incalculables.

Vous avez déclaré que l’avenir du PS était en jeu. N’est-il pas déjà mort, écartelé entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ?
Non. Pour l’instant, il y a un effet d’optique, dans la mesure où le candidat de la gauche de gouvernement n’est pas encore connu. Le jour où nous aurons désigné notre candidat, tout le monde le soutiendra, toutes les nuances de rose seront là et ça changera le paysage.

La raison ne commande-t-elle pas à François Hollande, très impopulaire, de renoncer, pour le bien du PS justement ?
La question du désamour sera posée à tout gouvernement. Aujourd’hui, vous avez environ 30 % de citoyens pour le Front national, 35 % pour les Républicains et 10 à 12 % pour l’extrême gauche. Dans ces conditions, la popularité est très difficile à obtenir. Ceci étant, le débat doit porter non pas sur la popularité, mais sur la personne qui doit diriger la France dans les cinq années à venir et pour quoi faire. Et ça changera complètement la réflexion des Français lorsqu’ils auront devant eux un choix clair.

Si vous deviez exercer un droit d’inventaire, qu’est-ce qui a été raté et réussi durant ce quinquennat ?
Ce qui a marché, c’est le redressement du pays, sans être sanctionné par les marchés ni par une explosion sociale. La France a besoin d’un chemin équilibré pour se redresser, pas des oukases, des anathèmes et de l’exclusion. Cette touche-là, cette Hollande touch, qui est un sens de la mesure sur toutes les questions, a été mal perçue, mais elle est le seul moyen pour sortir la France de l’ornière.

Vous tapez beaucoup sur Alain Juppé en ce moment. Vous rêvez que Nicolas Sarkozy gagne la primaire ?
Moi je suis dans le ni-ni, ni Sarkozy ni Juppé. J’estime que Nicolas Sarkozy est trop à droite pour la France, tandis que Alain Juppé est nulle part et en même temps je le trouve trop à droite sur le social, mal préparé, daté et peu maîtrisé. Par rapport aux défis posés à la France, la droite n’a ni les réponses, ou quand elle les a, elles sont celles d’hier. Mais encore moins les hommes ou les femmes capables de s’inscrire dans ce juste équilibre qui est en revanche porté par François Hollande.

Vous avec vraiment le sentiment que plus on va approcher de la présidentielle, plus les Français vont prendre conscience de la radicalité des projets de la droite ?
Oui. On va passer du jugement sur le moment au jugement sur le prochain quinquennat. A ce moment-là, les Français vont comparer les programmes. Or, pour des raisons internes à sa primaire, la droite a été très violemment à droite sur l’identité, et plus encore de manière incroyable sur les questions sociales. C’est un programme autoritaire et d’exclusions, d’inégalités. D’un seul coup, les Français vont se dire « Qui ? Pour quoi faire ?». Cela va modifier totalement la donne de la présidentielle.

 

Propos recueillis par Thierry Prudhon

08 Oct

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«Pour une nouveau quinquennat rose», interview au Figaro

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Le Figaro publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Emmanuel Macron est de plus en plus candidat. Diriez-vous comme Nicolas Sarkozy qu’il est un «donneur de leçon» ?

Pourquoi voudriez-vous que je soutienne, ou que je m’intéresse à un candidat qui ne veut, ni du soutien de la gauche en général, ni de celui du PS en particulier et qui refuse la primaire… Emmanuel Macron a fait sa carrière à gauche et il se veut un avenir à droite. Un jour, il sera rattrapé par cette absence de choix. Mais je ne veux pas faire de caractérisation personnelle comme le fait Nicolas Sarkozy, car j’aurai dû le faire quand Emmanuel Macron était à gauche.

Pourquoi ne l’avez-vous pas fait à ce moment-là ?

Le problème avec Emmanuel Macron, n’est pas un problème personnel, il est éminemment politique. Qu’est ce qu’il
cherche à part lui? Nul ne le sait ? Au fond, il veut faire échouer la gauche, empêcher le président de la République, se substituer à Alain Juppé et à François Bayrou, battre Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, tout en renouvelant de fond en comble l’espace public. On doit appeler cela l’ambition, en tout cas le manque d’inhibition.

Son succès dans les sondages, n’est-il pas le signe d’un éclatement du PS, du rejet des appareils ?

Je ne le crois pas. Pour l’instant, Emmanuel Macron a plus de soutien dans l’électorat de droite qu’à gauche, même s’il y est soutenu par quelques parlementaires. Il profite d’un moment particulier où la gauche ne sait pas si François Hollande sera candidat et où la droite ne sait pas qui sera son candidat. Dans ce moment incertain, ambigu et flottant , il crée l’illusion d’être le substitut aux deux solutions. Quant au rejet des partis, il a toujours existé avant une présidentielle. François Bayrou a utilisé ce créneau jusqu’à la corde. C’est un grand classique de la vie politique française… Lecanuet, Servan-Schreiber, Tapie, Bayrou, ils ont tous joué de ce registre.

Vous êtes samedi à Lyon avec Gérard Collomb pour l’une de vos universités de l’engagement. Emmanuel Macron ne vous oppose-t-il pas désormais ?

Nous sommes assez amis et nous avons assez cheminé ensemble pour pouvoir nous retrouver dans un meeting contre la droite, et particulièrement contre Laurent Wauquiez. Le maire de Lyon estime que les sondages vont faire le travail : selon lui si Emmanuel Macron s’impose dans les sondages, les socialistes suivront. Mais il ne dit pas que si François Hollande s’imposait, il ne le suivrait pas…

Les cadres du PS viennent de lancer un appel à soutenir la candidature de François Hollande. Peut-il seulement se présenter au vu des sondages ? «Vous risquez pire que moi», n’est-ce pas déprimant ?

François Hollande, dans ce quinquennat, je l’ai vu tomber amoureux de la France et des Français. Un malentendu s’est installé. Il a compris que les Français sont intraitables mais qu’ils voulaient être traités, il a cherché à les rassembler, parfois au détriment de son propre camp. Ce sont les institutions de la Ve République qui veulent cela. On a voulu voir dans cette volonté de trouver un chemin de rassemblement, une indécision, alors qu’il faut beaucoup de sang-froid, une grande volonté, une capacité d’écoute.

Le problème posé à François Hollande s’il était candidat serait le suivant : un deuxième quinquennat, pour quoi faire ? Il ne s’agit pas de choisir le meilleur défenseur de la gauche, mais le meilleur à gauche pour défendre la France. Car je crois que les Français choisiront un président de temps de guerre. Cela présuppose une capacité à l’assumer. Pour le reste, je souhaite que le prochain quinquennat soit un quinquennat rose. Après avoir redressé la France, il doit reposer sur un socle de cinq idées simples : la reconstruction européenne, une France pour tous, une croissance verte, une sécurité collective et surtout, la lutte contre le précariat. Cela fait 20 ans que tous les politiques de gauche et de droite ont mis au cœur du débat la question nécessaire mais non suffisante de l’économie et de l’entreprise. Il est temps de revenir au débat sur la société, de s’attaquer à cette plaie française qui est une France à plusieurs vitesses. Cette fracture non traitée par le discours politique, est un impensé, elle mine la cohésion nationale et sociale. Elle est la source de la colère française.

Cette plaie est-elle vraiment impensée au FN ou chez Jean-Luc Mélenchon ?

Le Front national tente de substituer à cette question éminemment sociale une question identitaire, censée expliquer les raisons sociales de cette précarité. S’il y a fracture sociale, elle serait due à l’immigration voire aux français de culture musulmane. Or les exclure, les reléguer ou les raccompagner aggraverait la crise nationale sans régler la crise sociale. Jean-Luc Mélenchon a saisi cette faille dans notre société mais il en a tiré d’autres conclusions: il faut opposer la France d’en bas à celle d’en haut pour qu’enfin ce problème soit résolu. Ce faisant, il ouvre une nouvelle fracture dans notre cohésion nationale, qui n’est pas de même nature que celle du FN.

Vous souhaitez des primaires apaisées mais la haute autorité est déjà saisie pour absence d’impartialité de la direction du PS.

Je ne dirais pas cela. La gauche est fragmentée, divisée, émiettée et elle ne se rend pas compte du danger. Ce danger n’est pas spécifique à la France. Il parcourt toutes les démocraties occidentales. Elles s’interrogent sur la fin de l’hégémonie de leur civilisation, elles ont peur du «grand remplacement», ce qui provoque un courant de plus en plus massif souverainiste, nationaliste, xénophobe. Quand on voit les États-Unis, l’Angleterre, l’Autriche, la France, l’Allemagne, la Hongrie, on voit bien que c’est le sujet du jour. C’est face à cela qu’il faut se rassembler. Pour ce qui est du cas du PS, il ne faut pas confondre le rassemblement nécessaire et la liberté de chacun d’appeler au soutien de son candidat préféré. Que l’on n’utilise pas l’appareil du PS pour tel ou tel candidat, je l’accepte. Mais que l’on interdise à des dirigeants de souhaiter un candidat, c’est de l’intolérance.

François Hollande ne va-t-il pas avoir besoin de toutes les voix dès le premier tour ?

Les candidatures sont libres et doivent permettre d’animer le débat. Avec un candidat venant du MoDem comme Jean-Luc Bennahmias ou des écologistes comme François de Rugy, c’est une manière de montrer que cette primaire va au-delà du PS. Et honnêtement, je n’ai pas l’impression que le président de la République, s’il est candidat, soit menacé par qui que ce soit. Dans les sondages sur les primaires, de droite ou de Gauche, on fait intervenir soit un vote de gauche dans la droite, soit un vote de droite dans la gauche.

Certains appellent pourtant à voter aux deux primaires pour empêcher un nouveau duel Hollande-Sarkozy. Vous n’y croyez pas ?

Alain Juppé n’est pas à ce point menacé qu’il déclenche une avalanche de parjures abjurant les valeurs de la gauche pour le sauver. Et puis Alain Juppé aux primaires, c’est Marine Le Pen aux législatives… Car si Nicolas Sarkozy est trop à droite pour la France, Alain Juppé est nulle part. Trop centriste sur l’identité pour la droite, trop ultra-libéral sur le social pour la gauche. Et je comprends que Marine Le Pen, dans ces conditions, l’épargne. Quant aux électeurs de droite et d’extrême droite, je ne les vois pas venir arbitrer un débat dans une gauche dont on dit dans les sondages qu’elle ne sera même pas au second tour. Pas plus que je ne vois les mélenchonistes ou les duflotistes soutenir un candidat qui serait obstacle au leur. Donc tout cela est construction.

 

Propos recueillis par Sophie de Ravinel

23 Sep

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Juppé/Sarkozy ça va mal finir !

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Qui croire ? Il y a le Alain Juppé du Monde qui flatte son monde, et puis le Juppé de Valeurs actuelles qui flatte l’extrême droite. Côté cour, il s’agit de se présenter comme le rempart au Front national. Coté jardin il s’agit de montrer à la droite extrême ce qu’il avait dit avant Nicolas Sarkozy. Ce que Nicolas Sarkozy veut faire en deux temps, Alain Juppé veut le faire en même temps.

Il s’agit bien du problème stratégique de la droite : occuper le centre sans laisser d’espace à Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy avec violence et constance a étiré la droite à droite. Il a piégé cette dernière et emporté avec, la nappe droitière et la vaisselle centriste. Le calcul pour probant qu’il fut – il remonte dans les sondages – affole Alain Juppé. Cette stratégie a des conséquences incalculables pour la France.

Si Nicolas Sarkozy échoue, il ouvre un espace sans précédent à la présidentielle pour Marine Le Pen. Cette dernière pariant sur l’échec de Nicolas Sarkozy se met en situation d’une OPA amical sur l’électorat sarkozyste. Elle rit sous cap des propos tenus dans les primaires des Républicains, il va être difficile à la droite de la diaboliser ! Elle va dans ces conditions atteindre dans les sondages des niveaux insensés.

Si Nicolas Sarkozy l’emporte, il sera prisonnier de ses déclarations et pourra difficilement se présenter comme le bouclier face au FN. Dans les deux cas si les candidats de droite remportaient la présidentielle, l’électorat de droite électrisé par la primaire, se réassurera aux législatives votant Front national pour être sûr que la droite classique applique son programme. C’est peu de dire que la droite classique, trop sûre de l’emporter, s’est piégée. Lorsqu’on voit Laurent Wauquiez manifester sur les mêmes thèmes que Steeve Briois à propos du démantèlement de la jungle de Calais, on imagine sans peine ce qui se prépare dans ce pays.

Voilà pour la tactique électorale. Mais pour le fond, l’ultra libéralisme thatchérien qui s’est emparé des Républicains sous l’impulsion de François Fillon et Bruno Le Maire, rend la droite incapable de combattre le Front national et surtout de rassembler le pays. D’autant que le phénomène n’est pas franco-français. Un tsunami national populiste plus ou moins xénophobe se prépare dans le monde occidental : de Trump au Brexit, des régionales en Allemagne à la présidentielle en Autriche. Partout la tendance est à un mélange de xénophobie autoritariste et au souverainisme nationaliste. Ce n’est pas le réveil des nations mais le nationalisme d’un occident éberlué de ne plus dominer la planète comme depuis le XIVème siècle. Il serait temps que la gauche sorte de son aigreur pour certains et de sa torpeur pour d’autres.