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16 Sep

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L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

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Capture d’écran 2016-09-16 à 10.35.36

Jean-Christophe Cambadélis à répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie, Fabienne Sintes, Guy Birenbaum et Gilles Bornstein sur France Info.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Cambadélis sur Hinkley Point : « Je suis depuis… par franceinfo

Retour sur la prestation de Nicolas Sarkozy dans L’Emission politique

Sur la rétention des fichés S : « Ce qui est discutable, c’est la formule sur les fichés S. Nicolas Sarkozy la redéploie à chaque émission alors qu’il sait que le Conseil d’Etat nous a indiqué qu’il n’était pas possible sur la base d’un simple renseignement d’interner les personnes inscrites sur ces fichiers »
Sur le terrorisme, nous voulons maintenir l’Etat de droit. Nicolas Sarkozy veut s’émanciper de l’Etat de droit

Alain Juppé est sur tous les thèmes le frère siamois de Nicolas Sarkozy. Il ne se distingue de Nicolas Sarkozy que sur l’identité, qu’il souhaite « heureuse ». Pour le reste, le regroupement familial, les fichiers S, toute une série de choses, il avait pensé et dit avant Nicolas Sarkozy ce que ce dernier dit. C’est une question de posture, pas de fond

Présidentielle 2017
On est dans une phase particulière avec un pays en colère. Dans les sondages on choisit, dans les élections on élimine.
Je trouve que François Hollande au pouvoir s’est bonifié: il a toujours son sang-froid mais il a une gravité qu’il n’avait pas auparavant.

Alstom

Il y a à la fois une attention et une action du gouvernement pour trouver des marchés pour l’entreprise. Il faut trouver une solution viable. Je ne crois pas que la nationalisation soit une réponse.

Evacuation de la ZAD de Notre-Dame des Landes

La situation à Nantes est explosive. M. Retailleau pousse au crime si je puis dire. De toute façon il faudra appliquer ce qui a été voulu par nos concitoyens. On évacue dans les conditions où cela peut se faire.

Situation des migrants
Je note que Marion Marechal Le Pen emploie les mêmes termes que M.Wauquiez sur ce sujet.

Les associations sur place le disent : la situation n’est pas viable. On traite le problème.

Démission d’Emmanuel Macron
Une partie de la droite se porte sur Emmanuel Macron car elle n’est pas satisfaite de l’offre politique à droite. C’est Emmanuel Macron qui a décidé de partir. Il y avait un désaccord politique ? Non. Il est parti car il y avait un espace politique à occuper. Mais ça il ne l’a pas dit. C’est lui qui s’est coupé de nous pour servir une ambition personnelle. La politique gouvernementale, y compris ses aspects les plus contestables, il en est co-auteur.

Primaire citoyenne
Dans la primaire de la Belle Alliance Populaire il y aura toutes les couleurs de la gauche. Tout le monde pourra juger et à la fin tout le monde se rassemblera derrière le gagnant.

09 Avr

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue du Conseil national – 9 avril 2016

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2016-04-09 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis

 

Jean-Christophe Cambadelis a tenu une conférence de presse à l’issue du Conseil national du 9 avril.

 

Retrouvez la vidéo ci-dessous:


Conférence de presse de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

 

 

 

Crédits photo: Mathieu Delmestre

07 Avr

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L’invité du Talk du Figaro

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Le Talk 07042016

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité d’Yves Thréard dans Le Talk du Figaro.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

 

Lancement du mouvement « En Marche » par Emmanuel Macron :

Je ne suis pas surpris du lancement de « En Marche ». Je ne suis pas un supporter de premier rang de M.Macron mais il faut que les Cent fleurs de la re-politisation fleurissent.

Je suis pour le débat d’idées, les échanges. Personne à gauche n’a de monopole.

Emmanuel Macron peut élargir la majorité présidentielle, c’est une bonne chose »

Emmanuel Macron est un social libéral assumé.

Je suis résolument de gauche. Je ne rentre pas dans le champ de recrutement de ce mouvement gratuit.

Emmanuel Macron a dit que « En Marche » ce n’était pas contre le PS. Il a fait attention au Premier secrétaire que je suis et je l’en remercie.

Nous voulons une primaire sans préalable, sans préjugé. Il faut s’engager à soutenir la personne désignée.

Emmanuel Macron premier ministre d’Alain Juppé? «Ça n’est pas une position majoritaire à droite! Jean-Pierre Raffarin souligne une contradiction stratégique à droite ».

Dans ma vie politique des modernes qui n’ont pas fini comme ils l’imaginaient j’en ai vu légions.

Alliance populaire :
Nous lancerons le 13/04 l’alliance populaire. L’alliance populaire c’est une confédération de partis qui se dépassent par l’alliance avec des citoyens, les associatifs, les syndicalistes.

04 Avr

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L’invité de L’Opinion

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Opinion 04042016

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de Nicolas Beytout pour le site de L’Opinion.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis : « Je suis pour… par Lopinionfr

 

 

Nuit debout

« Il y a une bonne nouvelle: c’est le printemps la re-politisation. Ce sont des formes de débats, de prises de paroles. C’est plus Hyde Park que la Puerta del Sol dans le moment présent.

C’est moins sectaire que notre débat politique, toutes les idées sont admises. Il y a de l’opposition à la loi El Khomri mais ce n’est pas aussi global que le souhaiteraient certains.

Prolongement de l’occupation place de la République « Il y a un problème qu’il faut mesurer. À partir du moment où il y a des rassemblements répétitifs il peut y avoir danger. C’est la situation que nous connaissons aujourd’hui. «

Loi Travail

« Il y a deux positions à la loi El Khomri, il y a ceux qui veulent améliorer et ceux qui veulent retirer. Moi je fais parti de ceux qui veulent améliorer. J’ai été l’un des premiers à dire que la première loi El Khomri ne me satisfaisait pas, qu’elle était trop déséquilibrée. Cette nouvelle mouture est un nouveau départ.
L’article 30 bis va faire parti des discussions (…) Licencier plus facilement pour embaucher plus massivement ce n’est pas la panacée qu’il faut aujourd’hui.

On a fait les efforts qu’il fallait avec le CICE et le pacte de responsabilité…

Il faut inventer quelque chose de nouveau et je crois que cette réforme d’un certain point de vue invente quelque chose de nouveau c’est à dire un juste équilibre entre une certaine flexibilité et la protection des salariés. »


Primaire à gauche

« Ce n’est pas parce qu’on est pour François Hollande, que l’on est contre les primaires.

Je suis pour François Hollande et la primaire. Il y a des formes de re-politisation, d’interpellation, de réflexions, il ne faut pas les tuer.
Il faut prendre en compte la spontanéité qui vient de nos citoyens. Il faut l’organiser. C’est le sens de ce que nous ferons le 13/04 prochain avec l’alliance populaire qui dépassera les partis politiques et qui permettra à des citoyens de s’engager.
Nous sommes dans un moment de contestation. Nous serons demain dans un moment de constatation entre différentes offres politiques.

Les Français constateront les projets ultra libéraux du candidat de la droite à la présidentielle. »

Candidature d’Emmanuel Macron en 2017 ?
« Il a clos la séquence. Il a évoqué il y a quelques jours que si le Président de la République était candidat, il ne le serait pas.

Il doit dire ce qu’il a dire et nous dirons ce que nous pensons de ce qu’il dit.

Son équation est plutôt son ministère qu’une future candidature à la présidentielle. »

Interview de Jean-Jacques Urvoas au JDD :
« Jean-Jacques Urvoas n’a pas dit que la Justice ne fonctionnait pas mais qu’elle avait du mal à payer ses factures.

Il faut voir comment augmenter le budget et rationaliser certaines dépenses. »

06 Fév

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue du Conseil national – samedi 6 février 2016

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2016-02-06 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis-5

Jean-Christophe Cambadélis a tenu une conférence de presse à l’issue du Conseil national du 6 février 2016.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence:

 


Conférence de presse de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

 

 

Crédit photo: Mathieu Delmestre

31 Jan

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Discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis – 21e rassemblement des secrétaires de section

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Retrouvez ci-dessous la vidéo du discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis à l’occasion du 21e rassemblement des secrétaires de section:

 


Discours de JC Cambadélis lors du 21e… par PartiSocialiste

Retranscription du discours de Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

Rassemblement des Secrétaires de section

Paris, dimanche 31 janvier 2016

Avant de commencer, je voudrais vous remercier toutes et tous d’être venus si nombreux. Nous sommes fiers de pouvoir vous annoncer que du point de vue de la participation, c’est la plus importante réunion des secrétaires de section de ces dix dernières années. Un grand succès donc !

Chers amis, puisque c’est le dernier jour du mois de janvier, la tradition m’autorise encore à vous souhaiter mes meilleurs vœux pour 2016. Que cette année vous donne l’occasion de continuer à aimer la vie. Enfin, permettez-moi de saluer l’ensemble des permanents du parti qui ont organisé, sous la responsabilité de Rachid Temal, ce beau rassemblement et rendu possible le succès que j’évoquais à l’instant. J’adresse enfin un salut chaleureux à tous les participants à nos tables rondes.

Les secrétaires de section, comme les premiers fédéraux, voire comme le Premier secrétaire, ont un travail souvent compliqué. Ils doivent tout à la fois animer politiquement leur section, faire passer dans l’opinion les propositions et les actions des socialistes, et bien entendu essayer de rassembler tous les socialistes. Il leur arrive souvent d’y parvenir. C’est un travail de tous les jours, un travail très prenant. Cela ne veut pas dire que nous, les cadres, nous n’avons pas le temps de réfléchir, mais disons que nous sommes contraints par le travail qui est le nôtre, qui consiste à faire vivre l’intérêt général de notre parti.

Notre parti reste une très grande formation politique. Il est capable d’embrasser les difficultés et les nombreux défis de notre époque, il est capable de faire face à des événements historiques, je vais les évoquer dans un instant. Oui, le Parti socialiste est à la hauteur, malgré les difficultés, malgré les défaites. Je tiens d’ailleurs ici à saluer celles et ceux qui, l’année dernière, ont connu des revers électoraux. Oui, le Parti socialise est un grand parti, et si nous avançons, c’est grâce à l’ensemble des secrétaires de section qui ne comptent pas leur temps, qui sont toujours présents pour distribuer des tracts, pour organiser des collages et faire en sorte de réunir l’ensemble des socialistes. Alors, permettez-moi d’exprimer ici tout mon respect et toute ma gratitude : merci à vous.

 

Chers amis,

Chaque génération de socialistes a été confrontée à un problème central et structurant. C’est ainsi : chaque événement historique a matricé les débats qui agitaient nos rangs. Il y a eu des débats à la naissance de la section française de l’internationale ouvrière. Il y eut des débats – extrêmement violents – à l’intérieur de cette même SFIO, quand il a fallu aborder la Première guerre mondiale. Il a aussi fallu faire face à l’éruption de la révolution russe. Combien de débats importants sur l’émergence du Front populaire et la nécessité de s’allier avec le Parti communiste ? Combien de débats essentiels sur la manière de se comporter dans la Seconde guerre mondiale, et, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans la décolonisation ? Le Parti socialiste a toujours été un parti de débats, de réflexions, de confrontations, mais surtout et avant tout un parti d’amitié. Je le dis, cette camaraderie fraternelle, je veux que ce parti, notre parti, la garde et la nourrisse.

Aujourd’hui, l’Histoire nous mord la nuque. Aujourd’hui, nous sommes confrontés non pas à une crise comme nos devanciers, mais à des crises conjointes. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’année 2015. Quelle année incroyable, quel rendez-vous avec l’Histoire ! Cette année a commencé par quelque chose auquel nous ne nous attendions pas : un attentat, en France. Certes, il y en avait déjà eu, commis par le GIA. Mais là, ce fut un attentat contre des journalistes, des caricaturistes, et puis il y a eu le ciblage, sur notre sol, d’hommes et de femmes parce qu’ils étaient juifs, dans l’Hypercacher. Ces attaques abjectes ont donné lieu à un moment extraordinaire qui n’allait pas de soi, vu le contexte politique général. Ce moment, c’est le 11 janvier. Un moment qui restera dans nos mémoires. Pas simplement parce que le Parti socialiste a joué son rôle, modestement, pour l’organiser, mais parce que nous avons vu un peuple se lever, dans toutes les villes, parfois plus nombreux qu’au moment de la Libération. Nous avons vu un peuple descendre dans la rue, manifester en silence, applaudissant sa propre manifestation. Il s’agissait simplement de défendre la République.

Il y a deux voies possibles qui s’ouvrent à nous dans la période que nous traversons : le rassemblement ou la décomposition. Pour l’instant, rien n’est dénoué, la République est en jeu. Oui, dans cette année, il y eu ce premier événement, cette confrontation avec le terrorisme, avec la guerre asymétrique, menée aujourd’hui contre Daech, avec des conséquences dans tout le bassin méditerranéen. Et il y a eu le 13 novembre. Ce jour-là, des hommes ont tiré dans le tas, assassinant aux terrasses des cafés, dans des lieux où la jeunesse avaient pris ses quartiers pour s’amuser. Ce jour-là, les guerriers n’ont pas choisi une cible, ils ont choisi la France. À la suite de ce moment terrifiant, le moment du rassemblement fut le discours du Président de la République devant la représentation nationale réunie en Congrès, à Versailles. Dans ce lieu chargé d’histoire, reliant la royauté à la République. Dans ce moment, le Président a su trouver les mots, il a su nommer les choses, permettant d’incarner la Nation dans l’épreuve. Il a su rassembler tous les Français pour dire cette vérité, elle aussi historique : le peuple de France ne cèdera pas face à la barbarie.

Et si dans le bilan du Président qui nécessairement interviendra, il n’y avait qu’un seul geste qui devait résumer son époque, ce serait celui-là. L’année 2015 ne fut pas seulement l’année de la confrontation avec l’horreur. Elle a pris d’autres formes. Comme ces immenses cortèges qui se sont mis en mouvement, fuyant la Syrie et l’Irak, prenant la direction de l’Europe, avec l’aide consentante de la Turquie. Nous n’avions pas connu un tel exode depuis la deuxième guerre mondiale, avec des images fortes qui ont bouleversé l’humanité, celles de ces gens mourant en Méditerranée, marchant pour essayer de trouver un havre de paix, un bout de terre offrant une situation moins précaire que celle qu’ils connaissaient.

Ce mouvement, il faut le maîtriser, l’organiser et analyser ses conséquences. Elles sont doubles. Il y a d’un côté la solidarité, dont ont fait preuve des municipalités, souvent socialistes, et ce dès l’arrivée des premiers réfugiés. Oui, il y a la volonté de faire face à cette situation, de trouver une solution européenne, de détruire Daech pour réduire les flux. et puis, malheureusement, à côté de l’ouverture, il y a la fermeture, la haine de celui qui vient, la haine de celui qui n’est pas semblable, qui n’a pas la même couleur, qui n’a pas la même religion. Notre pays est confronté à cela. Non seulement, j’y reviendrai, à des problèmes économiques et sociaux, mais à cette question qui va être de plus en plus importante. Aujourd’hui, 34 hommes et femmes sont morts en passant de la Turquie à l’île de Lesbos. Mais, dès que le printemps va revenir, le mouvement va se remettre en marche. Et ceux qui font le commerce politique de la haine vont aussi se remettre en marche. Vous le savez ils sont très loin d’une France apaisée.

Vous savez, mes camarades, ce qui empêche la République de sombrer dans le désordre, c’est notre attitude. Celle que nous avons eue en répondant aux problèmes, en étant capables de faire face tout en gardant nos principes. Grâce à cette attitude, nous avons évité que se multiplie ce que nous avons malheureusement connu il y a quelques semaines à Ajaccio. Ayez en mémoire qu’à tout moment, tenaillés par la haine, confrontés aux difficultés et à la grande pauvreté, des individus peuvent être animés des pires idées, des pires volontés, d’un esprit de Ratonade ou de Pogroms. Il faut avoir conscience que tout cela peut très mal tourner, que la France est exposée à ce qui s’est passé cette semaine à Stockholm, où les fameux « démocrates suédois », c’est-à-dire l’extrême droite, ont ratonné tout ce qui était basané.

Il y a d’autres questions qui peuvent passer inaperçues et qui pourtant sont majeures. D’abord, le fait que l’Europe n’a pas été capable d’avoir une réponse commune au défi migratoire. Il y a les prises de position du gouvernement polonais, celles du gouvernement hongrois, fermant ses frontières, refusant de faire face et d’organiser la moindre solidarité. Celle de l’Allemagne généreuse sans retenue, mais aujourd’hui bien dépourvue.

L’année 2015 aura également été celle du débat, incroyable, inimaginable, concernant, et parfois exigeant, la sortie de la Grèce de la zone euro. Et là encore, si les socio-démocrates en général et le Parti socialiste en particulier, si le président de la République n’avaient pas été présents, la Grèce aurait été chassée de la zone euro. Le problème n’est toujours pas réglé et la grande question qui est posée en Europe et que nous posons à l’Europe depuis longtemps, demeure : à savoir la croissance durable et non pas l’austérité à perpétuité. Ces questions-là, comme d’autres, se poseront à nouveau en 2016.

Dans cette rétrospective, il faut évoquer un autre moment, un moment magnifique, un peu étouffé par les événements : la COP21. L’ensemble des nations du monde s’est rassemblé en France, parce que nous avions pris cette responsabilité, et a décidé d’assumer ensemble le destin de l’humanité. Nous avons pris des mesures fortes et historiques contre le réchauffement climatique. Disons-le, quand même, ce succès n’allait pas de soi. On le doit à la diplomatie française, au secrétariat général de l’ONU et à l’action du Président de la République.

Et enfin, nous avons été confrontés, nous socialistes, à une conjoncture politique particulière, qui n’a certes pas la gravité historique des évènements que nous venons d’évoquer – encore que… le souverainisme hante l’Europe – mais qui marque et matrice le moment politique que nous traversons. Ainsi, environ 30 % des électeurs ont fait le choix, dans les élections départementales puis régionales, de voter sans honte, en l’assumant, pour une organisation qui ne cache pas son souverainisme xénophobe. Ce moment-là, il est doublement historique. Tout d’abord, sur le plan électoral, parce qu’il marque l’émergence d’une force politique structurée, enracinée au cœur du champ politique, d’une organisation d’extrême droite, en passe d’être la plus puissante du continent. Il l’est aussi parce que, pour bloquer son arrivée aux responsabilités, pour freiner cette ascension, nous avons dû prendre des décisions radicales et douloureuses. Permettez-moi ici de saluer le courage et l’honneur de nos camarades du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, de la région PACA et de ceux qui, dans l’Est de la France, ont suivi le chemin de l’honneur.

 

Mes chers amis,

Si la toile de fond de cette nouvelle année sera le prolongement de celle que nous venons de vivre, 2016 sera aussi une année de transition, comme nous l’ont dit Christophe Borgel et Guillaume Bachelay. Une année de transition vers l’élection présidentielle qui me paraît être un élément déterminant. 2016 sera une année de transition plus profonde encore, car ce qui se jouera, c’est la restructuration du champ politique, c’est le visage de la France, c’est l’avenir de la République, telle que nous la concevons.

Au fond, rappeler notre responsabilité évidente et partagée vis-à-vis de notre expérience au pouvoir, c’est rappeler notre responsabilité par rapport aux événements que nous venons de vivre. Vous savez, dans les années 1970, François Mitterrand était parti avec une petite cohorte de militants pionniers, ayant en tête qu’ils ne pouvaient pas accepter le Général de Gaulle et les institutions de la Ve République. Il avait parfaitement compris que dans le système tel qu’il était organisé, c’est-à-dire des élections à scrutin majoritaire, uninominal à deux tours, la seule possibilité pour que la gauche accède au pouvoir, c’était le rassemblement de la gauche au deuxième tour. Mais il fallait pour cela que la gauche ne soit pas inféodée à l’extrême gauche de l’époque, c’est-à-dire au parti communiste. Donc, il a bâti une stratégie pour faire en sorte que se construise un grand Parti socialiste qui soit capable au premier tour de dominer le parti communiste électoralement, et peut-être même politiquement, et pour permettre par l’alliance, au second tour, de gagner des élections locales puis nationales. Ce sont donc les élections municipales de 1977 qui ont ouvert le cycle que nous avons connu jusqu’aux dernières élections municipales. Ce cycle est bel et bien achevé. Pourquoi ? Parce que nous avons bien sûr perdu de nombreuses villes, et que le parti a été touché dans ses fondations, dans son socialisme municipal. Mais pas simplement. C’est aussi parce nous sommes définitivement entrés dans le tripartisme avec : l’extrême droite, le Parti Les Républicains, qui s’allient avec l’UDI et le Parti socialiste qui s’allie parfois, et pas assez souvent, avec d’autres formations politiques de gauche. Au final, la question qui est posée, ce n’est pas l’alliance au second tour, c’est d’être au second tour.

Ce n’est pas une question simplement électorale pour nous, où le but de notre combat serait simplement d’empiler les victoires électorales et les conquêtes de collectivités locales. Encore que ! Nous sommes en train d’en faire l’expérience, quand la gauche gère les collectivités locales, les gens sont plus protégés que quand la droite dirige. Le combat que nous avons à mener aujourd’hui dans l’espace public français n’est pas neutre. Il ne se limite pas à nos querelles internes. Il n’est pas exclusivement articulé sur ce que pense ou ne pense pas le Parti socialiste. Dans le moment politique présent, il y a non seulement le Front national qui est en dynamique, mais il y a aussi, face ou à côté de cette extrême droite, une droite extrême qui se constitue. Regardez bien le débat qui est en train d’être mené à l’intérieur des Républicains pour leurs primaires. Il n’y a pas de divergences. Ils sont d’accord sur ce qu’il faut faire. Là où, non sans difficultés, nous voulons réformer et rendre efficace notre modèle social, ils veulent purement et simplement le liquider. Et ne nous trompons pas, le bloc réactionnaire n’est pas seul : nombreuses sont les forces sociales et économiques qui sont derrière la droite et l’extrême droite, nombreuses sont ces forces qui considèrent que le Parti socialiste ainsi que l’ensemble de la gauche les gênent et qu’il serait donc bon qu’ils dégagent du chemin.

Une période politique épouvantable peut s’ouvrir, la gauche n’ayant pas pu assurer son rassemblement. La gauche n’ayant pas su organiser la conjonction de ses forces dès le premier tour. La gauche serait marginalisée non pas dans une élection, mais dans toutes les élections. Ainsi, s’installerait un nouveau bipartisme, à l’américaine, à l’anglo-saxonne, entre une extrême droite recentrée dans les mots et une droite décentrée dans les faits. Un nouvel espace public dans lequel notre rôle se limiterait à protester, à combattre par le mouvement social. La gauche serait toujours là ! Mais elle ne serait plus en capacité de gouverner pour peser sur les événements. Elle ne serait plus en mesure de changer concrètement notre société. Elle ne serait plus un acteur central de la vie politique et elle dépérirait.

Voilà, le contexte politique et le risque politique. Pour ma part, je ne m’y résous pas. Je ne me résous pas à voir la droite arriver au pouvoir. Non, je ne fais pas l’impasse sur l’élection présidentielle. Ceci au nom d’un calcul politique pour une hypothétique recomposition demain. Cette élection, je crois qu’il est nécessaire de la gagner. A la fois pour nous, évidemment, mais surtout pour toutes celles et tous ceux dont nous venons de parler, dont nous avons évoqués les souffrances et les espérances. Si j’ai cette analyse, si je regarde le champ stratégique, je me dis qu’il faut que le Parti socialiste soit en capacité d’être dans toutes les élections au second tour. Et donc j’essaie de rassembler et de dépasser le Parti socialiste. C’est le sens de l’Alliance populaire.

Un mot ici sur un contre-sens, qu’il faut lever. Quand on parle de l’Alliance populaire, on a l’impression que l’on parle de la gauche plurielle, de l’union de la gauche, du front populaire. L’Alliance populaire, ce n’est pas cela. Il s’agit de la proposition faite à des formations politiques mais aussi à des responsables associatifs, à des syndicalistes, à des acteurs de terrain, à nos sympathisants et qui consiste à dire : ensemble, relevons le défi de cette époque historique. Nous avons besoin de vous, le Parti socialiste sans vous, sans votre intelligence, vos capacités, votre volonté, ne peut pas y arriver. Nous ne voulons pas de la droite et de l’extrême droite dans notre pays. Nous voulons relever ensemble les crises de notre époque pour les surmonter. C’est possible si nous le faisons ensemble. Et nous vous disons : faisons chemin ensemble ! La constitution de l’Alliance populaire se fera très simplement : Un texte discuté, adopté par ceux qui veulent le porter, décliné dans l’ensemble des départements, dans des comités pour l’Alliance populaire, et puis un grand rassemblement au mois d’octobre ou de novembre. Tiens, pourquoi pas le jour même du deuxième tour de la primaire de la droite ! Et comme ça, nous serons face à face.

Ça n’épuise pas, évidemment, le débat sur l’alliance de la gauche avec l’ensemble de nos partenaires, nous ne sommes jamais satisfaits quand des amis nous quittent ou se mettent de côté dans le combat politique que l’on mène. Et à mon tour, je voudrais faire un petit signe à Christiane Taubira. Mes chers camarades, quel exemple, Christiane Taubira ! Elle part en souriant sur un désaccord politique et revient en colère en disant qu’elle restera fidèle au président. Quel exemple !

 

Mes chers amis, mes chers camarades,

Oui, évidemment, il faut rassembler l’ensemble de la gauche et ce dès le premier tour, cela vaudrait mieux. Dans cette perspective, un nouveau sujet s’est invité dans nos discussions. Et quand les sujets arrivent au Parti socialiste, ils sont immédiatement sujets à la polémique, on aime tellement ça. Mais là, j’ai beau me gratter, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher dans les formulations des uns et des autres, je suis très ennuyé. Je vous le dis. Je suis très embêté. Je ne vois pas de désaccord. J’ai dit aux camarades : cherchez-moi le désaccord. Non, il n’y a pas de désaccord. Car tout le monde est d’accord pour une primaire de toute la gauche. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’une primaire de toute la gauche permettrait à celle-ci de se réunir derrière celui qui l’emporterait, et la gauche unie est devant la droite et l’extrême droite, alors que chaque parti de la gauche, seul, n’est pas au deuxième tour. Tout le monde est d’accord. Moi qui ai travaillé avec Lionel Jospin pour permettre la gauche plurielle, je vais reprendre mon bâton de pèlerin, pour essayer de convaincre, avec François Lamy, Julien Dray, et quelques autres. A ce titre, j’appelle d’ailleurs ceux qui ont d’autres relations que moi avec Jean-Luc Mélenchon, à essayer de le convaincre aussi. N’hésitez pas, camarades. Essayez de le convaincre. Et aussi de convaincre Pierre Laurent du Parti communiste, qui dans son rapport introductif pour leur prochain congrès, a indiqué qu’il était pour une primaire mais qu’il ne pouvait pas y avoir de socialistes, encore moins le Président de la République.

Les autres attendent de voir. Je crois qu’ils sont nombreux, ceux qui attendent de voir. Pour ma part, je ne veux pas jouer à ce petit jeu-là. Il faut être clair et dire que les partis, les intellectuels, les organisations, doivent s’engager ensemble dans une primaire loyale, celle de toute la gauche. Au bout, je suis sûr du succès de la primaire et du candidat que nous socialistes, nous sélectionnerons. Mais, j’entends déjà des camarades faire leur inventaire dans les personnalités intéressantes, mais qui ne sont pas au Parti socialiste. C’est un peu bizarre de choisir un candidat même critique, à l’extérieur du Parti socialiste. C’est à la fois vouloir un candidat de témoignage et avoir peu de foi dans les socialistes même s’ils sont critiqués. Non… S’il y a une primaire de toute la gauche, il y a un forcément un représentant qui sera soutenu par le Parti socialiste ou l’Alliance populaire. Et dans ce cas-là, la primaire est un levier pour rassembler la gauche. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi faire preuve de pugnacité sur le contenu, certains n’en manquent pas. La primaire, c’est la sélection d’une personnalité, certes, mais c’est aussi la question de l’orientation. Il faut discuter sur ce que va être le prochain quinquennat. Qu’est-ce qu’il va être ? Nous disons, nous – et les éléments qui indiquent que la croissance revient nous le démontrent – nous disons que nous avons commencé à assainir la France. Et donc la question qui doit être posée lors de la prochaine présidentielle, c’est : quelle est cette France après l’assainissement, quelle Europe aussi après l’austérité ? La question qui doit guider l’orientation est simple : Qu’est-ce que la nouvelle France ? Qu’est-ce qu’elle doit être ? Comment doit-elle répondre à l’ensemble des défis ?

L’orientation doit nous guider. C’est la raison pour laquelle, avec Guillaume Bachelay, nous avons lancé les Cahiers de la présidentielle. Les cahiers de la présidentielle, ce n’est pas un programme achevé pour un candidat qui ne le lira pas. Vous nous connaissez ! Les socialistes ont ce chic à chaque élection. Nous sortons un document, écrit à chaque fois par à peu près les mêmes. Nous passons des heures dans nos sections à nous empailler, des mots d’oiseaux fusent ; en plus, nous sommes à l’heure du buzz, donc je ne vous dis pas… Nous faisons une Convention où nous terminons au petit matin en ayant changé deux mots et trois virgules, et tout le monde crie « victoire ». Nous remettons ce document la main tremblante au candidat à l’élection présidentielle qui nous fait un grand sourire et le classe verticalement pour appliquer le sien. Donc, je ne crois pas que ce soit la bonne méthode. La bonne méthode, c’est d’éclairer les enjeux, de donner du sens, des repères, d’être capable de dire là où nous voulons aller, pas simplement dans l’élection présidentielle, mais demain et après-demain, où nous voulons guider notre pays. Quelles sont les questions essentielles auxquelles nous voulons répondre, non pas avec les idées d’hier, mais avec celles d’aujourd’hui ? Et oui, Jérôme, toujours avec les mêmes valeurs, parce qu’à gauche, tout commence par les valeurs.

Oui, mes amis, nous allons travailler, sur le fond. Et je terminerai en rappelant que lors des élections régionales, j’ai demandé une inflexion sur le précariat. Regardez comment nous en avons discuté, toute la journée. Je sais, ce n’est pas très amusant pour nos amis journalistes, qui ont cherché toute la journée à nous faire prononcer des phrases ou à nous arracher quelques mots sur les primaires. Mais comme nous sommes d’accord, les journalistes vont être obligés – enfin je l’espère – de parler de notre réunion et de dire que les socialistes se sont penchés sur la très grande pauvreté, sur la question du logement, de l’insertion, se sont tournés vers les exclus, vers les salariés pauvres, vers les étudiants qui ne peuvent pas suivre leurs études, vers les femmes seules avec enfants. Sur le terrain, nous sommes confrontés au quotidien à toutes ces situations précaires. Mais, dans le débat politique, petit à petit, élection après élection, polémique après polémique, la France s’est focalisée sur les couches moyennes, et généralement des couches moyennes supérieures, sur des problèmes extrêmement importants. Pour autant, nous avons eu tendance à ne pas débattre de la situation des 14 millions de Français qui sont les invisibles de la République. Alors, oui, le Parti socialiste doit débattre des solutions à apporter. En faisant de la question de la précarité, sa priorité, le Parti socialiste est fidèle à sa source.

Pour mener ce débat, pour trouver ces réponses, il faut de l’imagination, de l’intelligence, du dévouement, de la solidarité aussi avec tous les acteurs qui sont au contact au quotidien avec ces multiples fractures sociales. D’un certain point de vue, cela doit être aussi le débouché de l’Alliance populaire. Je n’oppose pas ceux qui galèrent tout en étant inclus à ceux qui sont précaires tout en étant exclus. Il faut se battre ensemble, dans une alliance commune. Cette alliance est nécessaire pour défendre notre conception d’une République solidaire et d’une France nouvelle surmontant sa crise essentielle. Oui, pendant une journée, vous avez fait la démonstration que la question essentielle n’était pas la question de l’identité, mais celle de la solidarité, de l’égalité. Dans cette journée, vous avez repris le combat idéologique contre ce qui domine en ce moment notre société et la taraude. Oui, défendre la solidarité ne veut pas dire ne pas être efficace sur le plan économique. Mais pour nous, socialistes, l’un ne va pas sans l’autre. L’efficacité économique est nécessaire à la vraie solidarité et la richesse économique n’a pas de sens sans solidarité. Alors nous continuons, nous n’allons pas nous arrêter là, nous allons publier les actes de cette journée, car ce qui s’est dit, a été fort intéressant, très éclairant et donc très utile, pour agir.

Voilà mes chers camarades, l’Alliance populaire, les cahiers de la présidentielle et la lutte contre la précarité. Cela n’exclut pas d’autres problèmes, ils sont présents dans nos consciences, ils devront être traités, qu’il s’agisse de la réforme constitutionnelle ou du débat sur notre action au gouvernement. Nous allons aborder tout cela dans l’ordre, avec une seule idée : surmonter les problèmes, offrir des solutions, rassembler les socialistes pour rassembler la gauche. Parce que nous le disons haut et fort : les socialistes ne font pas l’impasse sur la présidentielle ! Ils veulent la gagner ! Ils vont la gagner !

31 Jan

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Interview à l’Opinion: « Participer à une primaire qui fixe comme périmètre le “Tout sauf Hollande”, ça pose un problème ! »

par

 

 

L’Opinion publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant ici :

La gauche peut-elle figurer au second tour de la présidentielle de 2017 ?

Je pense qu’aucune des gauches ne sera seule au deuxième tour de l’élection présidentielle. Donc soit on fait l’impasse sur l’élection présidentielle parce qu’on veut prendre date pour l’avenir – et l’avenir risque d’être très long! – soit on travaille à rassembler toute ou partie de la gauche. Pourquoi faut-il le faire dès le premier tour? Eh bien, parce que les données du pays ont changé. Jusqu’à présent, nous étions dans le bipartisme. Toute l’intelligence de Mitterrand a été l’union de la gauche au second tour, elle lui permettait de gagner les élections face à la droite. Pour ce faire, il lui fallait seulement dominer le Parti Communiste au premier tour. Dans le tripartisme, il ne s’agit pas seulement de s’unir au second tour, il s’agit d’y être ! Les élections régionales nous ont indiqué que si on n’y était pas, on ne pouvait que soutenir les Républicains contre l’extrême droite. Il faut donc tout faire pour dépasser politiquement et électoralement le Parti Socialiste, même s’il fait seul 23% aux élections régionales. Ce n’est pas suffisant pour se qualifier aux présidentielles et aux législatives. Soit nous sommes au second tour, soit nous ne sommes nulle part. Et la gauche qui était revenue au centre du jeu électoral à partir de 1977, redeviendra marginale. C’est la donnée stratégique. Donc je travaille au dépassement du PS, en faisant un regroupement autour du PS. C’est l’Alliance populaire.

Après quatre ans d’exercice du pouvoir, on constate au sein de chaque parti de gauche une mobilisation contre la politique menée par François Hollande. Une primaire ne serait-il pas nécessaire, pour clarifier la ligne et que l’on sache quelle gauche se présente à la présidentielle ?

Je ne crois pas que la gauche de gouvernement, dans toutes ses nuances, et la gauche radicale, dans toutes ses tendances, puissent plier le match définitivement et obtenir dans le même temps le soutien de l’autre. Donc je me fixe trois objectifs : le premier, c’est que nous nous parlions. Débattons. Moi, je n’ai pas de problème à justifier les choix, même si je peux avoir des regrets. Je n’ai pas l’impression que dans la gauche électorale, la gauche de gouvernement soit isolée, mais débattons. Le second, c’est la volonté de concorde. Si le préjugé d’une des deux gauches ou des deux gauches, ou des trois ou des quatre ou des cinq gauches, c’est “jamais l’autre”, alors autant dire nous faisons l’impasse sur la présidentielle. Donc, il n’y a pas d’abdication à avoir, il y a de la compréhension à construire et surtout un projet à bâtir. Nous avons assaini, il faudra bâtir la nouvelle France. Troisième objectif, la primaire. Cela peut être un moyen, si tout le monde participe, s’il n’y a pas d’oukase envers untel ou untel. Maintenant si c’est une primaire dans laquelle il ne peut pas y avoir le président de la République, autant dire que les socialistes auront du mal à y participer. Si c’est une primaire de toute la gauche, il faut simplement se mettre d’accord sur le fait que celui qui l’emporte verra les autres gauches se mettre derrière lui.

Jean-Luc Mélenchon la refuse…

Je crois que si toutes le gauches et les écologistes se mettaient d’accord pour prendre ce chemin, la contrainte serait forte sur Jean-Luc Mélenchon. Mais j’observe à cette étape que Pierre Laurent dit, dans son document de congrès, que cette primaire ne peut pas intégrer François Hollande, que Cécile Duflot est pas loin de penser la même chose, et que Mélenchon ne veut pas en être pour ne pas avoir à se mettre derrière le vainqueur. Je vois donc bien que la primaire de toute la gauche est mal engagée. Je dis rassemblons-nous, débattons, et surtout ne faisons pas du passé un obstacle pour l’avenir. Ce n’est pas parce que nous avons été en désaccord, qu’il y a eu des incompréhensions dans ce quinquennat, qu’on ne peut pas se mettre d’accord sur une nouvelle phase. Le président de la République ne semble demandeur de rien. Il a fait ses preuves d’homme d’Etat et a incarné la nation dans l’épreuve ce qui est loin d’être le cas de ses possibles challengers. Mais c’est un homme d’unité, de rassemblement. On lui reproche assez alors pourquoi pas si tout le monde en est ? Et puis on ne peut claironner sur les estrades “le danger c’est la droite extrême et l’extrême droite » et ne pas en tirer les conséquences.

S’il y a des primaires « à la gauche de la gauche », un ou des candidats du PS auraient-ils leur place, ou ce sera une façon de s’exclure du PS ?

C’est une question qui leur est posée. Qu’ils soient pour la primaire, cela peut se concevoir : nos statuts la prévoient. Mais participer à une primaire qui fixe comme périmètre le «Tout sauf Hollande», ça pose un problème! D’une certaine façon, c’est sauter le pas et participer à un regroupement hostile au Président et au Parti socialiste. Mais pour moi, le plus grave, c’est surtout graver dans le marbre la division des gauches. Imaginez une primaire qui dirait : “On va désigner un candidat, mais cela ne peut pas être un socialiste” cela veut dire que cette primaire codifie définitivement qu’il y a deux gauches, et qu’elles sont irréconciliables. Je ne peux m’y résoudre.

La déchéance de nationalité n’est-elle pas la goutte d’eau qui empêche le rassemblement de la gauche?

La déchéance de nationalité a été utilisée par une gauche qui avait pu être blessée du résultat des élections régionales. Cela a été un moyen pour elle, au delà d’une décision discutable, de revenir dans un jeu de contestation de la politique gouvernementale. Mais depuis, du chemin a été fait. Moi, je n’ai pas crié, je n’ai pas tempêté, je n’ai pas interpellé, j’ai voulu peser. J’ai fixé quatre principes et concentré ma bataille sur ce que j’estimais essentiel dans la situation donnée: je ne voulais pas l’inscription dans le marbre des binationaux. Je pense qu’on y est. A partir de là, il y a deux attitudes : soit dire que nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions, et ceci nous permet d’entrer plus facilement dans l’union nationale nécessaire. Soit faire à toute force la démonstration que rien n’est possible, que le PS ne peut rien faire. C’est le préjugé contre le gouvernement, quelles que soient ses attitudes et ses prises de position, une dérive sectaire alors que l’on devrait être unitaire. On ne veut plus percevoir le mouvement réel mais on s’enferme dans la dénonciation. C’est très dangereux pour notre collectivité.

La démission de Christiane Taubira acte la disparition de l’aile gauche au sein du gouvernement Valls. Dans le cadre du prochain remaniement, François Hollande doit-il ouvrir sa majorité à l’aile gauche du PS et aux écologistes ?

Je crois qu’il faut deux principes : d’abord, de la cohérence, vu les événements que l’on traverse. Il faut ensuite l’élargissement pour cette cohérence.  Regardez : Cécile Duflot, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Aurélie Filippeti n’ont pas démissionné lorsque le président de la République a décidé le pacte de responsabilité. Mieux, les trois derniers sont restés dans le gouvernement de Manuel Valls. Pourtant, comme Christiane Taubira, ils avaient des nuances, des divergences mais ils participaient d’un cadre commun. Et lorsque la cohérence ne fut plus possible, la séparation s’en suivit. La cohérence c’est un engagement. Après on est libre de la défaire. La cohérence n’est pas contradictoire avec un gouvernement qui vit et débat. Je rigole lorsque la droite s’en offusque. Nicolas Sarkozy en son temps ne contestait-il peut être pas le Premier ministre De Villepin et le Président Chirac ? Il faut seulement que la pluralité des voix ne vienne pas porter atteinte à la cohérence.

Emmanuel Macron, dont vous avez dit qu’il n’est pas socialiste, fait toujours parti du gouvernement. Pensez-vous qu’il y a un déséquilibre depuis le départ de Christiane Taubira ?

Je distingue les états d’âmes et les faits. Emmanuel Macron, est un esprit délié, une personnalité moins décriée qu’on ne le dit dans la gauche électorale. Il hérisse en revanche la gauche militante et une certaine gauche « tradi ». Il fait des sorties régulières : la dernière sur les 35 heures n’est pas nouvelle. Il l’avait déjà faite la veille de l’ouverture de nos universités d’été. Je constate qu’il n’a pas eu gain de cause, puisque Mme El Khomri a dit, devant l’Assemblée nationale, qu’il n’est pas question de revenir sur les 35 heures. On peut faire de l’exégèse sur telle ou telle formule, mais à partir du moment où le gouvernement n’endosse pas les sorties d’Emmanuel Macron, il n’y a aucune raison de construire des polémiques artificielles. Macron pense, le gouvernement est.

Donc, Emmanuel Macron parle mais ne pèse pas ?

Emmanuel Macron pèse autant sur le centre de gravité du gouvernement qu’Arnaud Montebourg en son temps. C’est un avis, mais ce n’est pas le centre de l’équilibre. C’est un avis qu’il faut prendre en compte, mais ses avis ne font pas la ligne politique du gouvernement et de la majorité.

Vous admettez cette critique, de nouveau formulée par les frondeurs, pour lesquels le PS pèse toujours aussi peu sur les choix du gouvernement ?

Tout ceci n’est pas très fondé. Beaucoup de radicaux du PS fonctionnent à partir d’un préjugé. Le préjugé, c’est démasquer la nature libérale de l’expérience Hollande, et là, tout est bon. Le PS pèse intelligemment, même s’il ne gagne pas tous ses arbitrages. Dans l’esprit, des minoritaires l’important est de faire la démonstration que tout est épouvantable ! Le Président de la République a à peine terminé une allocution que les tweets partent en rafale. J’appelle cela le “préjugé radical”. Je crois que c’est préjudiciable à l’ensemble de la gauche.

Après le discours du 16 novembre de François Hollande devant le Congrès, n’avez-vous pas manqué une occasion de peser, en ne mettant pas en garde le Président contre l’insertion de la déchéance de nationalité pour les binationaux dans la Constitution?

Attention ! Nous ne sommes pas sous la IVème République, le gouvernement ne vient pas au bureau national, comme le faisait Guy Mollet, pour prendre ses ordres. Je n’ai pas été de ceux qui, sortant de l’hémicycle de Versailles, disaient dans un enthousiasme enamouré: “Je voterai la réforme constitutionnelle”. Je n’ai pas été de ceux qui sont montés à la tribune pour dire leur contentement absolu du discours du Président. Huit jours plus tard, j’ai même dit que la déchéance de nationalité n’était pas une idée de gauche. Quand je me suis exprimé, je n’ai pas entendu les camarades aujourd’hui vent debout dire : “Le premier secrétaire a raison !”. C’est ça le préjugé. C’est ça la délimitation avant tout autre chose !

Ensuite, j’ai dit ce que je pensais du sujet. J’ai vu François Hollande, comme les autres chefs de parti, où je lui ai redit que je ne souhaitais pas que soit gravée dans le marbre de la Constitution la déchéance pour les binationaux. Je souhaitais qu’il n’y ait pas d’apatride, qu’il y ait une sanction, une flétrissure pour ceux qui prennent les armes contre la Nation. Pourquoi voulez-vous, qu’en ayant fixé quatre principes et en les retrouvant devant la commission des Lois, je ne dise pas que cela va dans le bon sens? Par esprit de système ?! Il était hors de question d’affaiblir le Président, mais il n’était pas question que ce qui révulse les socialistes ne soit pas pris en compte. Je préfère peser sur les événements, parfois peut-être discrètement, que faire des grands moulinets pour finir par dire qu’il n’y a rien à obtenir. Mon obsession c’est toujours l’unité, ma seule préoccupation c’est le chemin de l’intérêt général de la gauche.

Propos recueillis par Stéphane Grand et Nathalie Segaunes

16 Jan

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« Je n’ai jamais fermé la porte aux primaires », interview à La Montagne

par

Lamontagne

 

La Montagne publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

 

Divisée au premier tour, la gauche a perdu la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cela vous conforte dans la nécessité de l’union des forces de gauche?

Dans le tripartisme actuel, face à la réelle dynamique du FN et le mécontentement, non moins réel, sur lequel surfe la droite, il ne s’agit pas de rassembler au second tour, il faut déjà y être. Et pour y être, oui, la gauche doit être unie au premier tour. Unie, la gauche est devant la droite et le FN. Quand elle est divisée entre gauche critique et gauche gouvernementale, elle ne l’est pas.

C’est que vous appelez « l’alliance populaire » à gauche?

C’est plus que ça. L’alliance populaire, c’est dépasser le Parti socialiste. Pour réaliser l’union, il faut impliquer les associations, les syndicats, les citoyens surtout.

Les responsables politiques de gauche ont besoin des citoyens car ils ne sont pas capables de s’entendre entre eux?

Tout à fait. La gestion des boutiques est plus forte que l’unité. C’est pour cela que nous avons besoin d’une démarche citoyenne d’union de la gauche.

Si la gauche s’unit, c’est autour de valeurs. Or le projet de déchéance de nationalité la divise profondément…

L’unité nationale est nécessaire contre le terrorisme et il faut réussir à faire converger les points de vue. C’est-à-dire faire rentrer l’édredon dans la valise : respecter les engagements du Président de la République devant le Parlement, les exigences de la droite et les inquiétudes de la gauche. On y travaille. La formule qui fait débat, c’est l’inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les binationaux.

La porte de sortie ne serait-elle pas de déplacer le curseur de la nationalité à une peine de déchéance des droits civiques?

Je ne veux pas donner ici qu’elle serait ma formule, car le débat médiatique actuel est si tendu sur ce sujet que toute proposition est immédiatement démontée. Sur le fond, il est normal que l’on ne souhaite pas voir dans la communauté nationale ceux qui l’attaque ainsi. Mais il ne faut ni discrimination entre Français, ni apatridie.

2016 est une année sans élection mais la Présidentielle est dans toutes les têtes. La primaire est inscrite dans les statuts du PS mais vous la jugez « peu probable ». Pourquoi?

Ce qui est dans les statuts c’est de discuter de la primaire, un an avant l’élection présidentielle. C’est ce que nous ferons, en mai. Ce qui est peu probable, à l’heure actuelle, c’est une primaire de toute la gauche, pour désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes. Et ce en raison des divergences et des ambitions des uns et des autres. Si c’est une primaire pour critiquer l’action du gouvernement que nous soutenons, il n’est pas évident que nous socialistes souhaitions y participer. Si l’objectif est le rassemblement, nous sommes prêts à l’étudier.

François Hollande est-il pour vous le « candidat naturel » de la gauche, comme le dit le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian?

Je n’ai jamais fermé la porte aux primaires, mais il est clair qu’un Président de la République sortant est en position de force, car si François Hollande décide de se représenter, il est peu probable que Manuel Valls, Martine Aubry ou encore Emmanuel Macron lui fassent obstacle. Qui s’y opposerait alors ? La minorité du PS ? Le résultat ne ferait pas de doute. Par contre, discuter de l’orientation du prochain quinquennat, organiser le dialogue avec les Français, analyser succès, échecs, oui. Mais si François Hollande n’est pas candidat, la primaire s’impose.

Une victoire de la gauche est-elle conditionnée à une baisse du chômage en 2016?

Les Français ne jugeront pas la politique gouvernementale sur un aspect mais dans sa globalité : chômage, réduction des inégalités, refondation de l’école, sécurité et lutte contre le terrorisme. Je n’ai personnellement jamais conditionné une réélection aux résultats sur le chômage car on ne peut oublier le contexte : une croissance “molle” même si elle est de retour, l’automatisation de la production industrielle, et une démographie inégale par rapport à d’autres pays, c’est-à-dire une France qui voit plus de jeunes arriver sur le marché du travail. Le pari du Président n’est pas facile, mais je souhaite bien sûr qu’il réussisse.

Vous êtes aujourd’hui dans l’Allier, quel message allez-vous adresser aux militants socialistes du département?

Je leur rappellerai d’abord que l’Allier est une terre de gauche, et d’union. Je sais que les socialistes de l’Allier ont traversé récemment des moments de division interne et je les invite à se rassembler, à dépasser ces divergences.

 

Propos recueillis par Julien Bigay

 

 

12 Jan

Commentaires fermés sur Vœux à la presse – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mardi 12 janvier 2016

Vœux à la presse – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mardi 12 janvier 2016

par

voeux presse JCC 12012016

 

Jean-Christophe Cambadélis présentait ce mardi 12 janvier 2016 ses vœux à la presse.

 

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours:


2016 – Voeux à la presse de Jean-Christophe… par PartiSocialiste

 

Vœux à la presse de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, mardi 12 janvier 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Commençons par le commencement : Permettez-moi de vous souhaiter une bonne année 2016, ainsi qu’à l’ensemble de votre profession. Au cours de l’année passée, certains de vos collègues sont morts en l’exerçant. Le Parti socialiste pense à eux, salue leur mémoire et n’oublie pas que la France est devenu le troisième pays le plus touché après l’Irak et la Syrie. Alors, je vous souhaite de pouvoir exercer votre beau métier dans les meilleures conditions, au service de vos lecteurs et de vos auditeurs, au service de la liberté et de la République.

L’année 2016 sera une année de transition. 2016, c’est la fin de l’insouciance et le début des années de sang. La fin des élections intermédiaires et le début de la présidentielle. La fin du débat sur le pacte de responsabilité et le début de celui sur la fléxisécurité. La fin de la COP21 et le début de sa mise en application. C’est aussi la fin du Parti socialiste à l’ancienne, à la papa et le début d’une nouvelle donne à gauche : un pôle à vocation majoritaire, renouvelant les contenus et les contenants, une gauche sociale, écologique et républicaine.

         Au cours de cette année 2016, nous serons confrontés à des crises conjointes, lourdes de potentialités dangereuses :

  • La crise du terrorisme tout d’abord. Daech recule là-bas mais frappe ici. Il faut le combattre là-bas avec la coalition internationale et ici avec notre cohésion nationale.
  • La crise du chômage ensuite. Le chômage ne recule pas encore assez, la précarité progresse trop. Les inégalités sont trop marquées, il faut persévérer et mieux cibler.
  • La crise écologique ensuite. La signature de la COP21 n’a pas mis un terme au saccage de notre planète mais à notre inconséquence coupable. Il faut désormais agir au quotidien pour éviter que notre planète se meure.
  • La crise des réfugiés. L’Europe est en première ligne et doit défendre à la fois ses frontières et ses racines humanistes. Le défi est immense.
  • La crise de l’Europe enfin, après le Grexit nous allons vivre le Brexit sur fond de tentation nationale populiste sur tout le continent.

Dans ce contexte complexe et périlleux, je demanderai au Parti socialiste de défendre la République réelle, la République jusqu’au bout, la République sociale et solidaire. Il ne s’agit pas de défendre la IIIème, la IVème République mais LA République moderne, celle de la liberté ordonnée, de l’égalité réelle et de la fraternité laïque. Il faut la défendre en assurant la sécurité de nos concitoyens en garantissant notre cohésion sociale en agissant pour la concorde nationale. Pour les socialistes, la France sans la République ce n’est plus la France. C’est ce contrat, ce contrat social qui doit être renouvelé, défendu et promu.

La réforme constitutionnelle doit s’inscrire dans cette bataille pour la République réelle. Elle constitutionnalise l’état d’urgence et va contenir une mesure sur la déchéance nationale qui doit respecter quatre critères essentiels :

  • Montrer la détermination de la nation face aux Français qui portent atteinte aux autres Français
  • Assurer la cohésion de la nation, ce qui est la meilleure mesure antiterroriste qui soit
  • Empêcher toute forme de stigmatisation, notamment vis-à-vis des binationaux
  • Empêcher que la Patrie des Droits de l’Homme crée des Hommes sans patrie, donc éviter l’apatridie

Je ne suis ni aveugle, ni sourd. Etant socialiste, je vois les hésitations des socialistes, j’entends des protestations de socialistes mais aussi ceux que cela ne choque pas et qui veulent aller vite. De fait, nous travaillons, avec des experts, pour trouver une position équilibrée qui s’appuie sur les principes évoqués à l’instant. Nous travaillons à une formulation qui respecte la parole présidentielle, qui tient compte aussi de la parole des socialistes et qui parle en outre à la droite dite républicaine afin que la réforme constitutionnelle puisse être votée par les deux Assemblées.

Le Parti socialiste a aussi travaillé sous l’égide de Laurent Azoulai à la refonte du service civique. Nous nous félicitons donc que le président de la République ait décidé de faire de cette question la pierre angulaire de l’engagement.

Nous ajoutons une nouvelle disposition politique : la création d’une garde nationale. Après les attentats du 13 novembre 2015 et l’urgence, il faudra trouver un moyen pour épauler nos forces de sécurité. Rappelons que le territoire est soumis à Vigipirate depuis vingt ans sans interruption. Les forces de sécurité ne peuvent être mobilisées sans arrêt. Il nous semble opportun de faire appel au civisme et à l’esprit patriotique de nos concitoyens. Et de renouer avec une tradition issue de la Révolution française jusqu’en 1870 : les gardes nationaux. Comment ? La garde nationale pourrait mobiliser toutes les réserves des forces armées, la gendarmerie nationale, la police nationale et les unifier dans un dispositif unique. C’est plusieurs dizaine de milliers de concitoyens mobilisables.

Au cours de cette année, le Parti socialiste doit également travailler à l’émergence de la société décente pour tous. Il n’y a pas de République réelle sans société décente. Société décente cela veut dire une société qui respecte la dignité de chacun, qui permet de maitriser des destins individuels, une société qui ne laisse personne sous la ligne de flottaison, qui refuse le précariat, la relégation et l’exclusion. Dans cette perspective, il faut continuer le combat frontal contre le chômage et entamer la lutte centrale contre la précarité. J’ai demandé une inflexion en ce sens et le Parti Socialiste a travaillé : vous allez avoir le pré-rapport d’Emeric Bréhier, intitulé « la Justice au cœur » et qui ouvre un certain nombre de pistes. Oui, en cette année 2016, je demanderai au Parti socialiste d’être fidèle à sa source, de retrouver le chemin de la lutte contre les inégalités et les exclusions. Contre la précarité, beaucoup reste à faire. Même si beaucoup a été fait malgré une marge de manœuvre budgétaire étriquée : le compte social universel, le compte pénibilité, le compte personnel d’activité, le plan pauvreté etc.

         Pour le Parti socialiste enfin, l’année 2016 sera l’année du dépassement. Avant d’aborder ce dépassement, il faut évoquer succinctement la situation politique dans lequel il se fera. Je ne parle pas ici des sondages mais des votes aux régionales. Le Front national a viré en tête mais il n’est pas parvenu à prendre la tête d’exécutifs régionaux. Le « ni-ni » de la droite a volé en éclat et les primaires sont entrées dans la phase de l’impeachment, voire de l’éviction de Monsieur Sarkozy. Enfin les gauches qui perçoivent la nécessité de s’unir dès le premier tour, explorent des chemins. Ils ont raison parce que le tripartisme nécessite non pas le rassemblement au deuxième tour mais d’être au deuxième tour. C’est le grand changement stratégique. Le Parti socialiste fait une lente remontée électorale, 14% aux élections européennes, 22% aux élections départementales, plus de 23% aux élections régionales malgré l’élimination dans des régions entières, ce que je n’oublie pas. La gauche est trop divisée. Elle est frappée par la cacophonie. Elle est plus dans la désignation du candidat à la prochaine présidentielle que dans le nouveau projet pour celle-ci. Paradoxal, lorsqu’on se réclame pour certains de la VIe République. Certains évoquent l’idée d’une primaire. Il faudrait quand même préciser de quel type de primaire on parle. Si c’est une primaire de la contestation, si elle se limite à la gauche de la gauche, le Parti socialiste ne se sent pas concerné. Si c’est une primaire de la refondation, si elle concerne toute la gauche pour la ressouder et la renforcer, si elle est ouverte sans exclusive, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, alors, oui, pourquoi pas. Mais, cette primaire devra être sincère et unitaire jusqu’au bout, c’est-à-dire qu’elle engagerait, une fois passée, tous les candidats malheureux à soutenir l’heureux élu. Il faudrait demander aux heureux candidats potentiels s’ils sont ouverts à cette option.

Indépendamment de cette hypothèse de la primaire, le Parti socialiste préparera cette échéance présidentielle sur le fond, avec notamment les « Cahiers de la Présidentielle » qu’animera Guillaume Bachelay. Il s’agira ici de redonner du sens et non de rédiger une somme, de faire le point sur nos actions mais surtout d’ouvrir un horizon.

Je l’ai dit, 2016 sera l’année du dépassement, donc l’année de la mise en place de l’Alliance Populaire, de la Belle Alliance. Il faut sans doute ici préciser les choses et lever un malentendu : il ne s’agit pas d’une gauche plurielle bis, ou de la seule union de la gauche. La stratégie mise en place est claire : il s’agit d’abord de rassembler autour du Parti socialiste toutes celles et tous ceux qui refusent le Front national et la droitisation de la droite dans les solutions économiques et sociales, ceux qui veulent prendre à bras le corps la question écologique et qui souhaitent enfin une renouveau européen. Nous le ferons sachant que sur notre gauche, des responsables et des individus ne sont pas d’accord pour nous accompagner dans cette première phase. C’est respectable. Le Parti socialiste refuse de les traiter en surplomb, mais puisqu’il règne la division et voire la confusion, nous entrons nous dans l’action. L’alliance populaire est tout à la fois une stratégie et un but. Elle commence par la fédération des écologistes, des socialistes, des démocrates, des radicaux et surtout de citoyens pour un rassemblement social, écologique et républicain. Elle s’achèvera quand toutes les forces de gauche seront rassemblées. Le Parti socialiste doit se dépasser pour répondre à cette équation nouvelle. Puisque la voie du haut est fermée, nous rassemblerons par le bas, puisque les appareils coincent, nous en appelons directement aux citoyens, aux associations et aux personnalités. Nous le ferons pour renforcer la grande alliance entre le peuple progressiste et les valeurs progressistes, ce sera aussi la meilleure manière pour créer le mouvement dès le premier tour de la présidentielle. Rendez-vous fin février, début mars pour l’appel et à l’automne pour la Convention sur la Belle Alliance-Alliance Populaire. Entre temps nous installerons dans chaque département des collectifs unitaires qui se coordonneront à l’automne dans la convention.

Enfin, l’année 2016 sera marquée par un certain nombre de commémorations. Il y aura le centenaire de la naissance de François Mitterrand. Il y aura aussi le 1er mai qui sera l’occasion de saluer la mémoire de Léon Blum, comme je le fais chaque année depuis mon entrée en fonction, mais aussi, cette année, de commémorer le Front Populaire (1936-2016). Le Front Populaire ce n’est pas seulement la référence d’une gauche unie, c’est aussi celle d’une gauche qui agit, un esprit auquel il nous faut être fidèle aujourd’hui.

Voilà, j’en ai finis pour le tableau de cette année dont les contours exacts dépendront avant tout de nous.

Je vous souhaite à nouveau une bonne année 2016, une année qui vous donne l’occasion d’aimer la vie, une année bien évidemment pleine de questions pointues et de relances précises. Je suis donc tout ouïe.

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

23 Déc

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« Il faut reconstruire une gauche moderne, fidèle à ses valeurs et rassemblant autour d’elle », interview à Paris Match

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Paris Match publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver dans son intégralité en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

Paris Match. Quelles leçons tirez-vous des élections régionales ?

Jean-Christophe Cambadélis. Le tripartisme interpelle l’ensemble de la gauche. Jusqu’à présent, au premier tour on se combattait pour, au second, se rassembler précipitamment et artificiellement. Désormais, nos divisions peuvent nous éliminer du second tour. C’est la jurisprudence Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Alsace-Lorraine Champagne-Ardenne. Face au bloc réactionnaire doté d’une colonne vertébrale frontiste en voie de construction, il faut constituer un bloc démocrate, républicain, avec une colonne vertébrale socialiste pour être présent au second tour. L’avenir de la gauche n’est pas d’être les supplétifs d’une droite hésitante face au FN.

Que proposez vous ?

Je lance la belle alliance ou l’alliance populaire. Nous devons créer un élargissement qui conduira au dépassement du Parti socialiste car, désormais, il ne peut plus seul atteindre le second tour des élections. Ma stratégie est celle des poupées russes. Il faut reconstruire une gauche moderne, fidèle à ses valeurs et rassemblant autour d’elle. Une ouverture tous azimuts sans inféodation à personne. Je propose donc la création d’une formation politique qui se substituera à terme au vieux Parti socialiste pour rassembler tous ceux qui se reconnaissent dans ce bloc démocrate et républicain.

Vous appelez donc à la fin du Parti socialiste?

La question du nom n’est pour l’instant pas ouverte. Et c’est le combat pour le dépassement qui déterminera son issue.

Les socialistes, depuis 2012, n’ont connu que des défaites électorales. Comment attirer?

Il y a une envie de Parti socialiste, mais pas d’un Parti socialiste sclérosé, conservateur, notabilisé, enfermé dans un vieux débat sur la ligne économique. J’appelle à trois ruptures. D’abord sur la forme de notre organisation : le Parti socialiste d’Epinay est mort. Il faut un changement complet du Parti. Ensuite une rupture de l’ensemble de la gauche : le rassemblement dès le premier tour doit être la règle, car être divisé, c’est être éliminé. J’en appelle à la responsabilité des forces de gauche. Enfin, j’appelle à la rupture le peuple de gauche : il doit rester impliqué même en dehors des échéances électorales, jouer un rôle central dans la vie politique en coproduisant avec les élus, les associations, les citoyens notre projet pour demain.

Que répondez vous à la main tendue de Cécile Duflot?

S’agit-il d’une ouverture ou d’une mise au pied du mur? Est-elle sincère dans sa demande d’union ou est-ce en fait pour mieux affirmer la construction d’un nouveau mouvement qui se substituerait à EELV et au Front de gauche, loin du PS? Je ne le souhaite pas! Mais si c’était le cas, ce nouveau mouvement sera-t-il hostile à l’alliance à gauche dès le premier tour? J’attends la réponse à ces questions en espérant que Cécile Duflot ne soit pas juste dans une opération de stratégie électorale.

L’exécutif donne, lui aussi, des gages en faveur d’une recomposition mais… vers la droite et le centre!

Personne n’est pour une recomposition vers le centre! Pourquoi voulez-vous que François Hollande ou Manuel Valls se subordonne au centre? Quant à la droite c’est la lente fragmentation! Mais qu’une partie de la droite républicaine souhaite se rapprocher de la gauche pour des causes nationales, qui pourrait le critiquer? En revanche, je n’imagine pas ni le Premier ministre, ni le Président dans une stratégie de recomposition sans la gauche.

Pourtant, en Bretagne, Jean-Yves Le Drian gagne sans les écologistes et en Ile-de-France, Claude Bartolone perd avec!

Cela n’est pas comparable. Ni EELV, ni le PCF n’ont l’importance en Bretagne qu’ils ont en Ile-de-France. Et Jean-Yves Le Drian, ministre de la France en guerre, est intouchable. Claude Bartolone a été percuté par l’épisode en Seine-Saint-Denis des attaques terroristes du 13 novembre. Madame Pécresse a immédiatement tapé sur l’ex-président du Conseil général pour dire «pas de ça en Ile-de-France!». Elle a obtenu gain de cause. Le Front national sans perspective de victoire a voulu faire barrage à Claude Bartolone en votant Valérie Pécresse.

Au soir du second tour des régionales, vous avez demandé à l’exécutif une «inflexion» en faveur des plus démunis. On l’attend toujours!

Vous vous trompez. Le Premier ministre a été clair devant le groupe parlementaire : il a annoncé qu’il allait prendre des mesures pour lutter contre le précariat. Le rôle de la gauche est de maintenir de la cohésion nationale. Il faut remailler le filet social qui laisse passer trop de monde. C’est l’honneur des socialistes que de ne pas baisser les bras devant la pauvreté, la relégation, l’exclusion.

Jusqu’à présent, ces dossiers avaient été oubliés par le gouvernement!

Il fallait faire repartir la machine économique, assainir les finances et défendre la République. Désormais, nous pouvons nous attaquer au deuxième temps du quinquennat : plus de justice sociale et plus d’écologie! L’exécutif a parfaitement compris où sont les blessures des Français. Le gouvernement doit infléchir sa politique en faveur des plus démunis. Il ne doit laisser personne au bord du chemin de la nouvelle France.

Vu l’état de la gauche, gagner en 2017 semble être mission impossible…

Je ne suis pas d’accord. Nous avons fait 14% des voix aux élections européennes, 21% aux départementales et 23% aux régionales. Et qui nous dit qu’il n’y aura qu’un seul candidat à droite? On voit très bien que si monsieur Juppé n’y va pas, monsieur Bayrou a déjà des fourmis qui le démangent. Et si c’est monsieur Juppé qui y va, alors messieurs Villiers ou Dupont-Aignan semblent être intéressés à concourir… La droite doit surmonter sa crise stratégique entre ceux qui veulent être en résonance avec le FN et ce qui ne le veulent pas. Le ni-ni de Nicolas Sarkozy ne peut convenir à nombre de parlementaires de son camp qui risquent bientôt de se retrouver dans la position d’un Xavier Bertrand ou d’un Christian Estrosi.

Ce n’est pas très glorieux de miser sur l’affaiblissement de l’adversaire!

Mais tout le monde est affaibli. Nous, la droite, et même le FN qui vient de prendre un coup de bambou sur la tête. Laquelle de ces trois formations parviendra à recomposer une offre efficace d’ici à la présidentielle? Seules celles qui y arriveront pourront prétendre au second tour.

Pourquoi le Parti socialiste, qui a déjà connu 2002, n’a-t-il pas encore recomposé son offre?

Mais nous l’avons fait! A l’époque on disait que nous allions disparaître et pourtant nous avons gagné toutes les élections intermédiaires et même la présidentielles en 2012! Depuis 2002, nous sommes en état d’urgence. Le Parti socialiste a déjà fait deux révolutions majeures. Il a intégré que l’on ne pouvait pas distribuer ce que l’on n’avait pas produit, que l’Etat providence devait se réformer. Ensuite il a hissé l’écologie au niveau de la question sociale. Il est en train de faire sa troisième révolution majeure en comprenant qu’il doit aujourd’hui défendre la République. Mais le temps médiatique n’est pas le temps politique.

Nous entrons dans la saison des vœux. Quel est le vôtre pour le Parti socialiste?
Qu’il arrive à se dépasser, à se renouveler et à rassembler.

Propos recueillis par Caroline Fontaine.