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08 Juil

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« Il y a la place pour une opposition de gauche et responsable », interview au Monde

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Le Monde publie ce  jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Demain vous mettez en place la direction collégiale. Quelle va être son architecture ?

Le Parti socialiste doit se réorganiser avant de se refonder et pour cela il doit construire une nouvelle gouvernance avec une direction provisoire de 14 membres sur une centaine de candidatures. Parmi ces membres, six rapporteurs, trois hommes et trois femmes. Il y aura aussi quelques membres de droits (présidents de groupe, Fédération nationale des élus socialistes et républicains ou autre porte-parole…). Donc c’est une direction extrêmement resserrée. La feuille de route sera élaborée dans l’été et présentée devant un séminaire des directions (parlementaires, Bureau national et Premiers fédéraux) dans le dernier week-end d’août.

Un congrès suivra ?

Cette feuille de route sera votée par les militants la deuxième semaine de septembre et à partir de là, la direction provisoire collégiale sera légitimée. Il est vraisemblable que la question du congrès soit réglée à cette occasion. Je préconise qu’il se tienne au mois de février 2018, ni trop tôt ni trop tard. Cela permettra de trancher les problèmes importants: d’abord la question politique, c’est-à-dire notre rapport avec le pouvoir d’une part et Jean-Luc Mélenchon de l’autre. Il faudra aussi se pencher sur la question européenne, ainsi que sur les questions organisationnelles parce que la forme partidaire est datée. Elle remonte à 1905 pour le PS et il faut vraisemblablement muter…

Parmi la direction collégiale, y aura-t-il des partisans de Benoît Hamon ?

C’était prévu jusqu’au moment où Benoît Hamon a décidé de quitter le Parti socialiste. Mais comme on est dans un moment incertain où quelques uns ont décidé de le suivre et d’autres pas, je préfère que cette question ne soit pas posée dans la direction.

Il ne peut pas y avoir de double appartenance au mouvement du 1er juillet ?

Ce sont les statuts du parti. Il faut être clair. Pas de double appartenance vis-à-vis de La République en marche, ni du mouvement du 1er juillet.

Vous n’avez pas un sentiment de solitude après les départs de MM. Valls et Hamon ?

Il faut respecter les choix de chacun. Mais il faut clarifier.

Benoît Hamon dit qu’il n’a pas été soutenu par le PS pendant la campagne présidentielle et que c’est lui qui clarifie…

Ce n’est pas vrai. Le PS a apporté 12 millions d’euros à sa campagne. Ce n’est pas un soutien ça ? Et les 2039 parrainages c’est du sabotage ? Il est vrai que sa campagne a créé de l’abstentionnisme ou de l’hostilité, mais le PS, en tant que structure, a suivi. Par contre, je n’ai jamais vu un candidat à l’élection présidentielle refuser de venir devant le Bureau national avant et au lendemain de l’élection.

Je crois en outre que le double départ de Manuel Valls et de Benoît Hamon clôt le débat. Les deux dirigeants de la droite et de la gauche du parti ont décidé de ne plus être dans le PS. Ce qui donne, par cette clarification par le vide, une chance inattendue de ne pas être dépendant de leurs demandes.

L’avenir idéologique du PS, c’est ce qu’il y a entre Manuel Valls et Benoît Hamon ?

Je ne le présenterai pas comme cela ! Je dis que ça nous offre une opportunité de définir une ligne claire de ce que nous voulons être. La refondation idéologique est nécessaire. Cette question recouvre des aspects français mais aussi la grande crise du courant progressiste à l’échelle internationale. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie et en Angleterre. Partout nous avons un débat entre les tenants du centre et ceux de la gauche. Entre l’adaptation et la résistance.

C’est toujours possible, quand on est socialiste, de discuter avec Jean-Luc Mélenchon ?

C’est de plus en plus difficile. Il m’a l’air de filer vers le gauchisme autoritaire et le populisme le plus échevelé.  Nous sommes en désaccord avec ce qu’il préconise sur  l’Europe et sur le plan économique. Mais le cœur de son dispositif, qui est la démocratie plébiscitaire, est pour nous une ligne de fracture majeure.

Est-ce plus envisageable de se tourner vers Emmanuel Macron ?

C’est aussi difficile. Mais entre l’opposition frontale de la France insoumise et la subordination totale à La République en marche, il y a la place pour une opposition de gauche et responsable. Emmanuel Macron a dit dans son discours au Congrès lundi que la France “n’était pas réformable”. Cela explique sa verticalité et son centralisme technocratique. C’est une erreur par rapport à la demande profonde du pays. Plus les décisions seront centralisées, tomberont d’en haut, plus on s’attaquera aux corps intermédiaires, plus le pays va se cabrer. L’hypercentralisation débouchera sur l’hypercontestation.

Ce “ni Macron ni Mélenchon”, n’est-ce pas aussi la ligne de Benoît Hamon ?

C’est pour cela qu’il ne fallait pas qu’il quitte le PS. A partir du moment où celui-ci reste une formation avec quatre présidents de région, des présidents de conseils départementaux, 1000 maires de villes de plus de 10 000 habitants et qu’aucun ne le suive… Son chemin, c’est une partie de la jeunesse et l’alliance avec Yannick Jadot et Cécile Duflot. Mais ça ne fait pas un Parti socialiste refondé, c’est un gros PSU [parti socialiste unifié]. Il est en train de refonder EELV.

Si les Verts sont en partie avec Hamon, que Mélenchon ne veut pas parler avec vous, avec qui le PS va s’allier ?

La gauche s’est majoritairement abstenue aux élections législatives. Mais il faut sortir de cela, c’est la vieille politique telle que nous l’avons connue au congrès d’Epinay, quand le champ politique était structuré par les partis dominants à gauche. Chacun contrôlait son petit espace politique et l’alliance de tous faisait une dynamique et la majorité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Diriez-vous que votre bilan à la tête du PS est globalement positif ?

Je ne vais pas dire cela, à partir du moment où le candidat du PS a fait 6,4 % des voix à la présidentielle…

Globalement négatif alors ?

Je ne dirais pas cela non plus. C’est un bilan entravé.

Entravé par quoi ?

Par l’état du pays à notre arrivée, par les pesanteurs de l’appareil, par la compétition pour la future présidentielle, par un individualisme qui a pris des proportions rarement vues dans le mouvement socialiste. Et puis les socialistes avaient tendance à se faire la leçon et à faire la leçon.

Vous parlez, sans les nommer de Manuel Valls et Benoît Hamon…

J’ai fait preuve de respect vis-à-vis des deux, parfois au-delà du nécessaire.

Mais ils sont à l’image de ce qu’il nous est collectivement arrivé : des démarches individualistes et des stratégies personnelles.

Vous ne citez pas le quinquennat de François Hollande comme une entrave…

Cela viendra. On fera le bilan en temps voulu. Il y a des éléments critiquables et je le dirai. Ils tiennent plus de la méthode que de la réalisation. Mais n’oublions pas que François Hollande a dû faire face au terrorisme, à des crises internationales. Il faut toujours être honnête si on veut faire de bons bilans.

ll y a  bien d’autres entraves comme le retard pris dans la reformulation des socialistes qui se sont endormis sur leurs lauriers puis se sont affaissés et divisés. En 2012, nous avions tous les pouvoirs. Cinq ans plus tard, nous n’en avons plus aucun. A un moment donné, il faudra se confronter à cette réalité.

Qu’allez vous faire dans les prochains mois ?

Je partirai en septembre après le vote des militants. Il faut laisser la place à une nouvelle génération. J’essaierai d’être un des sages du Parti socialiste, j’aiderai à la refondation. Je continuerai à peser dans la vie politique française. Je serai une voix des socialistes et ne refuserai rien de ce qu’il me sera présenté.

Comment se porte financièrement le PS ? Vous allez vendre le siège ?

C’est une question qui se pose mais elle est plus politique que financière. On pourrait vendre des locaux de fédérations, nous avons un patrimoine très important. Mais la question que je poserai, c’est plutôt : « Peut-on peut penser que l’on peut construire le nouveau Parti socialiste à Solférino, dans le 7e arrondissement de Paris ? ». Symboliquement, je suis davantage pour quitter Solférino que de quitter le terme « socialiste ».

Justement, le PS doit-il changer de nom ?

Cela sera sur la table. J’ai tendance à penser : le problème est moins “socialiste” que “parti”.

Il y aura un plan social ?

Nous n’avons pas de dettes, on peut emprunter justement en gageant Solférino. S’il y a un plan social, il n’est pas annoncé pour l’instant. Le PS doit réorganiser son appareil permanent en investissant par exemple dans le numérique. Il vaut mieux des portails Internet dans chaque section que des locaux.

Donc il faut vendre les locaux pour faire des sites web ?

Je ne peux pas résumer ainsi, parce que je vais me faire appeler Arthur. Mais il faut muter. Donc il y a un gros travail de reformulation, de réorganisation, d’offre politique et de constitution d’un nouveau leadership.

Y-a-t-il une hémorragie de militants ?

Personne n’en sait rien. Vu les remontées des fédérations, on tourne autour de 80 000 militants.

C’est un chiffre qui semble énorme…

Les gens étaient prêts à partir. Ils nous laissent une dernière chance.

Le PS n’est donc pas mort ?

En fin de compte, le PS s’est affaissé après sa déroute parlementaire mais il ne s’est pas disloqué. Le climat a changé. Les adhérents voient qu’il n’est pas mort. Fortement affaibli certes, mais pas effondré.

Le PS joue un quitte ou double ?

Je crois que c’est cela. Si on retombe dans les errements des deux dernières années, je crois que les militants et les électeurs se diront que nous sommes incorrigibles.

Le PS éclaterait ?

Si la refondation ne fonctionne pas, oui. Pour l’instant, tout le monde retient son souffle. Les grands élus n’ont pas décidé de partir, les militants nous ont donné une dernière chance. Les parlementaires veulent faire du bon travail. Les dirigeants affectent de vouloir travailler ensemble. Cela donne un peu d’espoir.

 

Propos recueillis par Enora Ollivier et Abel Mestre

 

 

20 Avr

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L’invité de « C à Vous » sur France 5

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité d’Anne-Sophie Lapix dans l’émission « C à Vous » sur France  5.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Le patron du PS s’exprime sur Benoit Hamon – C… par C-a-vous

 

Rassemblement « Notre République » en soutient à Benoît Hamon

« Je reviens de la place de la République et il y a énormément de monde. C’est à la fois sympathique et militant. »

Mauvais sondages pour Benoît Hamon? « La plupart du temps, les sondages se trompent. Regardez Trump, le Brexit. (…) C’est le sport électoral, c’est comme ça ! Mais vous savez, on est jugés par les sondages, on n’est pas jugés par la réalité ! Donc quand on sait que dans la plupart des cas, les sondages se trompent, on s’accroche. »

Campagne présidentielle

On a très peu parlé des programmes dans cette campagne.

On a vu qu’il était difficile de poser le débat. Pourtant Benoît Hamon était très bien parti au lendemain de la primaire.

Benoît Hamon a fait un choix stratégique de campagne qui était de dire qu’il avait été élu dans la primaire, pas obligatoirement avec le Parti socialiste pour le Parti socialiste, qu’il avait réussi à drainer – ce qui était vrai – des jeunes, des nouveaux militants, des responsables associatifs et qu’il voulait garder cette veine-là dans la campagne. Donc ne pas être étouffé par un certain nombre de personnes

Meeting de Bercy: Benoît Hamon ne m’a pas proposé de prendre la parole lors de ce meeting, comme il ne l’a pas proposé à différents dirigeants du Parti socialiste ! C’est un choix que moi, je respecte ! Mais je crois que j’ai fait plus de médias que je n’en avais jamais faits dans cette campagne ! Donc j’y ai participé très fortement ! Et je suis en meeting demain à Goussainville.

J’ai fait beaucoup de médias dans cette campagne pour défendre la candidature de Benoît Hamon.

Ceux qui ont parrainé Emmanuel Macron sont en dehors du Parti socialiste. Ceux qui appellent à voter pour lui sont devant  la Commission nationale des conflits

Accord EELV : « Je ne comprends Danielle Auroi ! C’est un accord qu’on a passé avec les écologistes, il a été signé par monsieur Jadot et Cécile Duflot. Donc qu’elle s’en prenne aux responsables écologistes ! Pas à nous ! Nous, nous n’y pouvons rien ! Nous avons fait cette proposition, ils l’ont acceptée, je ne vais pas revenir sur une proposition acceptée par les écologistes ! (…) Ils ont trouvé ça très intéressant pour eux parce qu’ils penseraient qu’ils feraient plus de voix dans ces circonscriptions puisqu’ils seraient soutenus par le Parti socialiste, et que les autres seraient avec Emmanuel Macron. Je ne comprends pas cette polémique !

Cette présidentielle  est tellement atypique qu’on ne peut en tirer de leçon politique. Pour une raison toute simple: parce que, fondamentalement, ça se couplera avec les élections législatives. Et c’est aux élections législatives que l’on reparlera de Jean-Luc Mélenchon et du nombre de députés qu’il aura.

J’essaie de rassembler, bon an mal an, tout le monde parce que je ne veux pas de cohabitation avec la droite, je ne veux pas que ces élections se terminent en fin de compte par la victoire posthume de Monsieur Fillon, même s’il a été battu au premier tour.

Percée de Jean-Luc Mélenchon : « Jean-Luc Mélenchon était plutôt pour le peuple contre la gauche. Aujourd’hui il réintroduit la gauche dans son discours. (…) Le mouvement de Mélenchon c’est Mélenchon. Il n’y a pas de courant. Son mouvement s’incarne dans une seule personne. »

Front national :  » Je sonne l’alarme sur le danger Front national. Je suis clairement contre la droite et l’extrême droite.

Tous ceux qui sont sur l’orientation de rompre avec l’Europe seront à terme dans une situation difficile parce que les Français ne veulent pas sortir de l’Europe et ne veulent pas sortir de l’euro et ils ont raison. Aujourd’hui dans la mondialisation, c’est une nécessité avec une réorientation évidente de l’Europe, c’est une nécessité de garder l’Europe et l’euro.

L’identité, l’insécurité, l’immigration les 3 i. C’est le grand classique de l’extrême droite française comme de l’extrême droite de l’Europe. Marine Le Pen revient à ses fondamentaux car elle sent que la situation n’est pas aussi simple qu’elle le pensait. Elle est obligée de revenir à Jean-Marie. »

 

09 Avr

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Interview à La Provence

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La Provence publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Le Président américain, Donald Trump a fait bombarder une base aérienne en Syrie, a-t-il eu raison ?

François Hollande avait déjà proposé de le faire en 2013 quand Bachar Al Assad avait gazé son propre peuple pour la première fois. Si on l’avait écouté il n’y aurait pas eu 300 000 morts et la situation serait toute autre. Aujourd’hui il semble nécessaire de répliquer, mais il faut le faire dans le cadre de l’ONU ou bien d’une coalition.

Vladimir Poutine dénonce une « agression » contre « un Etat souverain » ?

Tous ceux qui soutiennent Poutine, et ils sont fort nombreux en France, doivent regarder le bout de leurs chaussures. Il serait important qu’ils nous disent ce qu’ils pensent des réactions de M. Poutine qui soutient un dictateur qui gaze son propre peuple.

Pour la présidentielle, vous avez décidé de vous en remettre à la Commission Nationale des conflits pour décider du sort de ceux qui appellent à voter pour Emmanuel Macron. Est-ce un aveu de faiblesse ?

Lors du bureau national nous avons réaffirmé notre soutien à Benoît Hamon. Nous avons décidé que les parlementaires socialistes qui soutiennent Emmanuel Macron devront passer devant la Commission des conflits.  Quant à ceux qui le parrainent, ils devront être sanctionnés. On ne peut pas à la fois, jouer pour l’OM et l’OGC Nice.

En ne prenant pas de décision vous cherchez à obtenir le maximum d’élus députés socialistes aux législatives qu’ils aient voté Hamon ou Macron ?

Je veux, oui, obtenir le maximum de députés 100% socialistes et non pas des députés hybrides macrono-socialistes ou socialo-mélenchonistes qui se feraient élire sous l’étiquette PS mais qui une fois élus, siègeraient autre part. Donc, je leur demande de s’engager à siéger au groupe socialiste. C’est une question de clarté pour les électeurs.

Pour une majorité de Français Jean-Luc Mélenchon incarne la gauche, n’est-ce pas à lui de la fédérer ?

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas incarner la gauche mais le peuple contre la gauche. Sinon il aurait accepté en début de campagne l’alliance avec Benoît Hamon qui de tous les socialistes, lui est le plus proche. Il a tiré un trait sur l’union des gauches et des écologistes à la grande satisfaction des libéraux et conservateurs de notre pays.

Emmanuel Macron n’a-t-il pas raison de dire que le PS est devenu une coalition de gens qui ne sont plus d’accord sur rien ?

Sa coalition à lui réunit à la fois, le très libéral Mr Madelin, le très communisant, Mr Robert Hue, 11 anciens ministres de Jacques Chirac et 2 ou 3 ministres actuels ou anciens de François Hollande. Il s’agit plutôt d’une coalition des contraires que d’une formation unie sur une perspective politique.

Dans l’hypothèse d’une victoire d’Emmanuel Macron, comment pourriez-vous empêcher votre aile droite de le rejoindre et votre l’aile gauche de rejoindre Jean-Luc Mélenchon ?

« Mon aile droite » comme vous dites, n’aurait aucun intérêt à le faire puisque la place est occupée par Emmanuel Macron. « Mon aile gauche » n’y aura pas non plus intérêt puisque la place est occupée par Jean-Luc Mélenchon. L’une et l’autre n’auront qu’une seule solution : se regrouper au sein d’un PS puissamment rénové pour qu’à terme, il retrouve sa place centrale au sein de la gauche.

Le PS paye-t-il aujourd’hui l’attitude des frondeurs ?

Oui. Dans cette histoire tout le monde à sa part de responsabilité. Ils ont contesté parce qu’ils avaient des convictions. Ils n’ont pas respecté les décisions du Congrès. Ils ont mené jusqu’au bout cette contestation au point de vouloir déposer une motion de censure contre leur gouvernement. Aujourd’hui évidemment, fort de ce précédent, d’autres contestent la campagne de Benoît Hamon. Ce qui veut dire qu’il faut refaire l’unité du PS sur un socle solide, où chacun partage les mêmes droits, les mêmes devoirs.

 Regrettez-vous que François Hollande ne se manifeste pas pour soutenir la candidature de Benoît Hamon ?

Le seul candidat qu’il ait reçu est Benoît Hamon, il a donc donné une indication. Je crois qu’il parlera entre les deux tours de l’élection présidentielle et ce sera bien suffisant.

Vous envisagez un PS métamorphosé, cela veut-il dire que vous tirez un trait sur le parti fondé en 71 à Epinay par François Mitterrand ?

Je tire un trait sur le PS d’Epinay qui voulait l’union de la gauche. Cette union est maintenant refusée par Jean-Luc Mélenchon. Il y a un centre qui s’est distingué de la droite ce qui est nouveau. Le paysage politique a changé. On peut maintenant évoquer une alliance des électeurs de Macron à Mélenchon. A nouvelle époque, il y a nécessité à proposer une nouvelle offre politique.

Envisagez-vous de changer le nom du PS ?

Spontanément non. Mais toutes les questions peuvent être posées.

Quelle serait la ligne politique de ce PS rénové ?

Il serait autonome, à la remorque de personne mais rassemblant les électorats progressistes. Social écologiste dans la société. Social démocrate en économie et pro-européen parce qu’antinationaliste.

Ça ne change rien, puisque c’est déjà le cas ?

Pas tout à fait. Il est nécessaire d’opérer une vraie rupture avec le socialisme à la papa.

Quand ce nouveau parti verra-t-il le jour ?

D’abord il faut aller jusqu’au bout dans la campagne présidentielle avec Benoît Hamon. Ensuite, réaliser le meilleur score possible aux législatives. Enfin, se laisser un peu de temps pour organiser de nouvelles assises du PS et installer une nouvelle direction.

Ce PS rénové pourrait-il entrer dans la majorité parlementaire du – peut-être président Emmanuel Macron ? 

Emmanuel Macron n’est pas élu et il est clair qu’il a envie de gouverner seul. Nous, nous sommes toujours disponibles pour faire avancer le progrès en France. C’est le sens de la candidature de Benoît Hamon.

 

Propos recueillis par Farida Setiti

07 Avr

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L’invité de Fabien Namias sur Europe 1

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Fabien Namias sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Syrie, Emmanuel Macron, PS: Jean-Christophe… par Europe1fr

 

Syrie

Le monde dangereux s’invite dans la présidentielle. On s’aperçoit que ce n’est pas simplement une partie de plaisir pour désigner le plus sympathique et que nous sommes dans une situation mondiale pour le moins déséquilibrée. Je pense qu’on aurait dû écouter François Hollande en son temps, quand il avait proposé à la communauté internationale de frapper le régime de Bachar el-ASSAD lors de la première fois où il avait gazé son peuple

Il faut frapper mais dans un cadre multilatéral. La communauté internationale doit faire bloc mais dans un cadre de droit.

Emmanuel Macron

Il a été longtemps le conseiller de François Hollande, il a été le ministre de l’Economie. Il n’y a pas de honte à avoir été dans ce gouvernement de Manuel Valls et d’avoir été un des soutiens et un des concepteurs de la politique de François Hollande sur le plan économique.

Parti socialiste et campagne présidentielle

Au Parti socialiste contrairement à En Marche! nous avons des procédures qui sont des procédures collectives, des procédures où il y a des gens qui sont non pas désignés mais élus par les militants, et puis il y a un certain nombre de statuts qu’il faut respecter.

Les élus socialistes qui soutiennent M. Macron sont renvoyés devant la commission des conflits. e ne peux pas décider moi tout seul que les gens sont virés ou pas.

Il n’y a pas de double appartenance. Ceux qui adhèrent ou parrainent Emmanuel Macron n’auront pas l’investiture  du Parti socialiste et s’ils se maintiennent ils seront exclus, parce qu’on ne peut pas être membre de deux clubs. On ne peut pas jouer à la fois avec le PSG et Monaco. Ce n’est pas possible. Au Parti socialiste, c’est la même chose. On ne peut pas être au PS et à En Marche! Il n’y a pas de double appartenance. J’ajoute une chose, parce que j’en ai fait la proposition hier soir au bureau national. C’est que tout candidat à l’élection législative signera un engagement comme quoi il siègera, s’il est élu, au groupe socialiste. On ne peut pas siéger à la fois au groupe socialiste et à En Marche !

Exclusion de Manuel Valls? « Jusqu’à preuve du contraire, ce que la commission nationale des conflits va démontrer, c’est est-ce qu’il adhère ou pas à En Marche! Est-ce qu’il est adhérent de En Marche! ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’il a décidé de quitter le Parti socialiste ? Je ne le pense pas. Est-ce qu’il a parrainé monsieur Macron ? Je ne le pense pas. Vous voyez que nous ne sommes pas des gens qui coupons les têtes comme cela. Il y a une instruction et on discute avec ceux qui sont déférés devant la commission nationale des conflits ».

Je vous ferai remarquer que nous sommes le seul parti qui n’a pas de dettes. Le seul.

La campagne de Benoît Hamon a été obstruée par le brouhaha autour des affaires et la ritournelle sur « Qui peut battre Marine Le Pen ? »

Benoît Hamon fera un bon Président. Je le soutiens, j’ai lancé un appel d’une centaine de personnalités pour être derrière lui, j’ai organisé une convention nationale. Je crois qu’il est nécessaire d’avoir l’unité du Parti socialiste. Nous sommes derrière lui.

François Fillon – Cabinet noir

François Fillon c’est le retour du refoulé, ils se souvient peut être de l’époque où il était au pouvoir avec Nicolas Sarkozy. ps cabinets noirs quand il était PM avec Sarkozy

06 Avr

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Bureau national 6 avril 2017 – Décisions du Premier secrétaire

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Vous trouverez ci-dessous les décisions du Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, lors du Bureau national du jeudi 6 avril 2017 :

« 1. J’appelle à l’unité des socialistes derrière le candidat issu de la Primaire et validé par la convention nationale : Benoît Hamon ;

2. Je retire le statut de membre du Bureau national à tous ceux qui ont soutenu ou appellent à voter Emmanuel Macron. Ils seront remplacés ;

3. J’interdis toute double appartenance conformément aux statuts. Aux élections législatives, une signature d’engagement d’affiliation au groupe socialiste sera requise. En cas de refus, un candidat socialiste sera désigné ;

4. Je retire l’investiture à ceux qui ont adhéré à en « En Marche » ou parrainé un autre candidat que Benoît Hamon et, s’ils se maintenaient face aux candidats soutenus par le Parti socialiste, ils seraient exclus ;

5. Je demande à la Commission Nationale des Conflits (CNC) de se saisir des cas de ceux qui appellent à voter pour un autre candidat que celui issu de la Primaire. »

01 Avr

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Interview à Ouest France

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Ouest France publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

 

Vous avez dit votre tristesse après le choix de Manuel Valls ou de Jean-Yves Le Drian… Y a-t-il de la colère ?

La tristesse passée, c’est une position que je combats. Car on ne peut pas faire de chèque en blanc à Emmanuel Macron. Je peux comprendre que, à tort les électeurs pensent que c’est un moyen d’empêcher François Fillon de revenir et de battre Marine Le Pen, mais ceci aura des conséquences politiques. Car derrière un candidat avenant, il y a des propositions discutables et d’autres qu’il faut  repousser.

Valls doit-il être exclu ?

Je ne crois pas qu’une Saint-Barthélemy des socialistes soit le meilleur service à rendre à notre candidat à moins de trois semaines du premier tour. Benoît Hamon a lancé un bienvenue à ceux « qui se sont trompés ». Moi, j’appelle les socialistes à se ressaisir et à se concentrer sur la campagne de Benoît Hamon, à indiquer en quoi celle-ci est utile pour la gauche et pour la France.

Y aura-t-il des exclusions ?

Les choses sont simples. Je veux respecter à la lettre nos statuts, car au PS il n’y a pas de fait du prince. Il ne peut pas y avoir de double appartenance. Donc, quand on adhère à En marche !, on quitte le PS. Quand on parraine Emmanuel Macron, on ne peut pas se présenter au nom du PS. Dans ces conditions, c’est un socialiste ou un écologiste qui aura l’investiture aux législatives. Ceux qui se présenteront contre un candidat soutenu par le PS seront exclus. Pour le reste, on peut condamner et combattre sans pour autant épurer.

Comment jugez-vous la campagne de Benoît Hamon ?

Il a eu un début de campagne entravé par les affaires, par la macronite aiguë qui s’est emparée d’une partie de l’opinion, et aujourd’hui par une petite mode mélenchoniste. Ce qui ne lui a pas permis de montrer qu’il représente tout à la fois des gens venus du Modem, comme Jean-Luc Bennahmias, des radicaux, comme Sylvia Pinel, toutes les nuances des écologistes et la majeure partie du PS. Ce qui l’a placé quand même en 2e position au niveau des parrainages.

Comment expliquez-vous que Mélenchon ait pris l’ascendant sur Hamon ? Qu’est-ce ça dit de l’état de la gauche ?

Ça ne met dit rien de l’état de la gauche, parce que pour Jean-Luc Mélenchon, il ne s’agit pas d’être au second tour, mais de battre Benoît Hamon. Ce n’est pas un choix stratégique des électeurs, mais une impression consécutive au débat télévisé, où Jean-Luc Mélenchon a fait le job. C’est totalement conjoncturel à condition que les socialistes soient capables de défendre une solution politique, refusant une gauche qui ne pense qu’aux pavés et un centre qui ne pense qu’aux palais.

Benoît Hamon est-il suffisamment respectueux du bilan de François Hollande ?

Le PS soutient François Hollande d’autant que les résultats économiques semblent nous donner raison, mais l’objet de la présidentielle n’est pas de juger le passé, mais d’éclairer l’avenir. Or, les quatre transitions sur l’écologie, le travail, l’Europe et la démocratie proposées par Benoît Hamon sont les seules réponses d’espoir dans une présidentielle où on cherche à activer le désespoir.

Vous joignez-vous à l’appel au rassemblement lancé par Hamon en direction de Mélenchon ?

Le même jour nous avons vu Emmanuel Macron indiquer que les ralliements n’étaient pas désirables et Jean-Luc Mélenchon répéter qu’il était contre l’unité, puisqu’il veut seulement une insurrection citoyenne. Lancer les appels à des candidats qui refusent d’être partenaires ne me semble malheureusement pas d’une grande efficacité à cette étape.

Les primaires sont-elles condamnées ?

Les primaires peuvent être utiles, on l’a démontré en 2011 avec François Hollande dans un débat très coriace entre lui et Martine Aubry. Elles avaient permis de surmonter les divergences dans la gauche. Cette fois, elles ont permis à un candidat de surgir. Je rappelle que dans les premiers sondages, il était à 18 %. La situation confuse et cotonneuse n’a pas permis pour l’instant de confirmer. Je n’enterre pas les primaires, car c’est un vecteur de rassemblement quand les partis sont affaiblis

Avez-vous encore l’espoir de sauver le Parti socialiste ?

Le PS est un grand parti et une élection ne fait pas son devenir, sinon nous aurions disparu après 2002. Quant aux divisions, elles sont inhérentes à cette formation politique. Souvenons-nous de ce qu’on disait au lendemain du congrès de Rennes ou le jour où Michel Rocard est devenu premier secrétaire, lorsque 20 fédérations ont fait sécession… La disparition du PS est un marronnier politique.

Le prochain congrès sera-t-il le congrès de la clarification ?

Le prochain congrès marquera la fin définitive du cycle d’Épinay ouvert par Mitterrand en 1971. Nous sommes dans une nouvelle époque politique. La gauche de la gauche refuse l’unité au PS. Le centre a pris ses distances vis-à-vis de la droite. Les partis verticaux sont concurrencés par des rassemblements horizontaux. La question sociale n’est plus le seul élément du progressisme, l’écologie et le bien être humain deviennent ses nouveaux vecteurs. Nous assistons à la décomposition de la Ve République et nous resterons confrontés à une montée du nationalisme dans le monde occidental. C’est une toute nouvelle époque qui commence. Je proposerai un nouveau projet progressiste, un vrai renouveau, un vrai dépassement du PS que nous avions tenté avec la Belle Alliance Populaire. Le temps des partis imposants est terminé. Il faut se mettre en capacité de construire des coalitions de citoyens et des regroupements de partis.

Benoît Hamon sera-t-il appelé à jouer les premiers rôles ?

Tout le monde sera appelé à jouer un rôle. On ne peut pas commencer les débats par des excommunications. Le PS a toujours su surmonter ses affrontements internes, entre Mitterrand et Rocard, Jospin et Fabius, Royal et Aubry.

Une alliance avec Macron, s’il est élu, est-elle envisageable ?

D’abord il n’a pas gagné. Ensuite il ne le veut pas. Je ne vais pas me poser des problèmes qui ne se posent pas.

Propos recueillis par Thierry Richard

 

29 Mar

Commentaires fermés sur « Nous sommes socialistes ! », lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux militants socialistes

« Nous sommes socialistes ! », lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux militants socialistes

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Paris, le 29 mars 2017

 

 

« Nous sommes socialistes ! »

 

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

La presse lassée des affaires Fillon et désintéressée des affaires de Marine Le Pen a décidé de feuilletonner sur le Parti socialiste.

Ainsi, notre formation serait morte et enterrée vivante par une défaite annoncée, sondages à la main, par médias interposés. Au moment même où Martin Schulz pour le SPD apporte publiquement son soutien à Benoît Hamon et Angela Merkel le reçoit.

D’abord, cette élection n’est pas terminée. Elle n’a pour ainsi dire pas commencé, si on excepte un débat surréaliste au regard des canons de la Vème République.

Ensuite, cette élection reste brumeuse, cotonneuse et chaotique. Il y a certes un classement sondagier de candidats, mais pas de majorité. C’est à cette étape une élection présidentielle sans majorité. Le seul mot d’ordre apparent est « sus à toutes les représentations » au nom d’un peuple mirage. Cette ligne ne permet pas à celui-ci de trancher sur l’avenir du pays. Ne concluons pas trop vite au nom des sondages qui ont déjà démontré qu’ils pouvaient être démentis par la réalité.

En particulier dans un moment de montée des nationalismes, de l’isolationnisme américain et de pression de la Russie poutinienne. L’Europe déjà minée par l’austérité et le Brexit ne résistera pas à la crise française.

Enfin, une élection gagnée ou perdue ne détermine pas le devenir d’un parti.

Nous avons perdu en 2002, nous fûmes même éliminés dès le premier tour. Nous nous sommes remis rapidement.

Nous avons gagné en 2012, pourtant qui peut dire que le Parti socialiste avait réglé ses problèmes politiques ou stratégiques ?

Nous avons été balayés aux élections municipales et européennes, mais nous étions à plus de 23% aux élections départementales et 24% aux élections régionales qui ont suivi.

Une élection ne dissout pas une Histoire. Le parti gaulliste a connu maintes mutations après ses déroutes électorales.

On vous dit ou prédit « la saignée macroniste ». Il est vrai qu’une partie de notre électorat voit dans le vote Macron un moyen utile de faire barrage à François Fillon pour défaire Marine Le Pen. Pourtant, nous avons toujours pris nos responsabilités face à Marine Le Pen et nous le ferons encore.

Cette équation était d’ailleurs déjà en place lors de la primaire de la droite, ce qui a amené 800 000 électeurs de gauche à voter dans une grande majorité pour Alain Juppé.

Ce n’est pas une sanction des socialistes. C’est une urgence politique dans une panique démocratique. Mais ce réflexe est une profonde erreur. On ne fait pas barrage au nationalisme populiste en ne réglant pas le problème à la racine. Un barrage endigue un moment. Si on ne tarit pas la source, à la fin le flux emporte tout.

Pour autant, ce vote n’est pas un vote d’adhésion. Et il pourrait revenir à nous si nous étions collectivement capables de dire que notre candidat Benoît Hamon est plus réaliste que Jean-Luc Mélenchon et plus à gauche qu’Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon veut faire la révolution. Ce n’est pas la solution. Il ne veut pas changer l’Europe comme nous le proposons tous, il veut en sortir. Il a refusé l’unité au moment où elle était possible. Alors qu’il n’avait, lui, aucun désaccord avec le candidat de la Belle alliance populaire sur la lecture du quinquennat. Il a délibérément clos le chapitre de l’union de la gauche.

Emmanuel Macron veut être dans l’indéfinition pour mieux coaliser les contraires autour de sa personne. Chacun sait que c’est pour l’espace d’une élection. Et que dire des 11 anciens ministres de Jacques Chirac qui se sont engagés auprès de lui ? Cela fait sans doute beaucoup pour rénover la vie politique, sans parler de mener une politique « équilibrée ». Il cherche à constituer un centre qui veut s’émanciper et de la droite et de la gauche, des représentations partisanes comme des corps intermédiaires.

Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron rêvent, comme beaucoup, d’un paysage recomposé où le Parti socialiste serait émietté, éclaté, décimé.

On vous dit « les élu-e-s rejoignent Emmanuel Macron ». 13 membres du gouvernement se sont engagés en faveur de Benoît Hamon, 3 pour Emmanuel Macron. 22 députés ont parrainés Emmanuel Macron, 172 Benoît Hamon, et 18 sénateurs contre 53. Un seul Premier fédéral sur 100 a rejoint Emmanuel Macron. Et on compte à peine une dizaine de Secrétaires de section sur 3500 qui font sa campagne.

Le Parti socialiste fait bloc et a donné les moyens humains et financiers à notre candidat. Il a accompagné l’élargissement de la Belle alliance populaire aux partisans de Yannick Jadot. Il a facilité l’organisation de la campagne, n’a pas bougé lorsque le candidat a désiré voir ses représentants dans chaque département.

Le Bureau national du Parti socialiste soutient la campagne du candidat qui décide librement de ses choix, comme à chaque présidentielle. Le Secrétariat national et le Bureau national ont engagé le dialogue sur le programme du candidat – nul ne conteste le résultat – et un Bureau national extraordinaire, en présence du Premier ministre, a été organisé pour mobiliser toutes les forces.

On vous dit « que fait le Parti socialiste vis-à-vis de ceux qui vont chez Emmanuel Macron » ?

D’abord les tenants de la Saint-Barthélémy socialiste sont toujours de très mauvais conseillers. Il faudrait stigmatiser, exclure, couper. Qui peut croire que ce nouveau feuilleton servirait notre candidat ? Qui peut penser que ces purges favoriseraient les élections législatives ?

Ce n’est pas au Parti socialiste d’agir pour régler les problèmes internes de courants qui voient certains des leurs se partager entre Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Ce n’est pas au Parti socialiste d’être comptable des manques individuels de certaines de ses personnalités.

Notre position est simple : Benoît Hamon est le candidat issu de la primaire, légitimé par une convention unanime du Parti socialiste. Ceux qui ont rejoint En Marche ne sont donc plus au Parti socialiste. Il n’y a pas de double appartenance. Ceux qui parrainent ne peuvent plus s’en réclamer. Et il faut condamner les manquements. Pour le reste, nos statuts – qui ont été adoptés à l’unanimité du Congrès de Toulouse – indiquent que chaque fédération est en droit de faire appel à la commission fédérale des conflits pour tout manquement à la discipline. Il n’y a chez nous – au contraire d’autres organisations – aucun fait du prince.

Dans ces affaires, il faut être ferme et proportionné et ne pas rendre central ce qui relève à cette étape de décisions individuelles que je combats.

Voilà cher-es ami-es, cher-es camarades, la réponse aux problèmes qui nous sont posés.

Le Parti socialiste est et demeurera. Je veux le défendre, nous devons le défendre car une République sans les Socialistes est une démocratie amputée.

L’élection présidentielle n’est pas faite. Tout est encore possible, le meilleur comme le pire. Les sondages ne sont jamais une « assurance vie » politique. Devant la fragmentation française, source d’une crise sans précédent de la Vème République, nous restons socialistes.

Je rappelle que notre pays n’est à l’abri de rien. Il faut un peu de retenue. J’appelle tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence pour une gauche qui gouverne et qui transforme.

 

Amitiés socialistes,

 

 

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

29 Mar

3 Comments

Déclaration de Manuel Valls : réaction du Premier secrétaire

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Je suis triste de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls de ne pas soutenir Emmanuel Macron.

Je combats cette position. Notre candidat, après la primaire et la convention unanime des socialistes, est Benoît Hamon. Il doit représenter tous les socialistes, les radicaux et tous les écologistes.

Emmanuel Macron ne désire aucun ralliement. Avec une certaine fébrilité, il a précipité une conférence de presse définissant sa majorité présidentielle comme s’il était déjà élu président. Emmanuel Macron fait le tri dans ses futurs soutiens, ce qui est tout de même baroque à un mois de l’élection présidentielle et surtout dangereux dans la perspective éventuelle d’un deuxième tour face à Marine Le Pen.

Le Parti socialiste rappelle qu’il sera, comme toujours, au rendez-vous du combat contre le Front national.

Devant la fragmentation française, source d’une crise sans précédent de la Vème République, nous restons socialistes.

J’appelle tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence pour une gauche qui gouverne et qui transforme.

28 Mar

Commentaires fermés sur L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

Disparition du Parti socialiste ?

Ce n’est pas une élection qui fait l’histoire d’un parti sinon nous aurions disparu en 2002

Les électeurs ne sont pas encore dans le choix mais dans le pronostic.

Déplacement de Benoît Hamon en Allemagne

Le soutien de Martin Schulz à Benoît Hamon est un renfort de poids.

Je ne pense pas qu’on lutte contre le Front national en faisant des barrages. Il faut faire une politique qui doit permettre de tarir le FN.

Campagne présidentielle

Benoît Hamon est le 2e derrière François Fillon en terme de parrainages! 172 parlementaires socialistes, 13 ministres, ce n’est pas rien!

Benoît Hamon a plus de 400 parrainages de plus qu’Emmanuel Macron et plus de 1000 de plus que Jean-Luc Mélenchon.

En Ile-de-France plus de 300 élus socialistes soutiennent Benoît Hamon.

Benoît Hamon doit être le candidat de tous les socialistes et de tous les écologistes.

Au second tour nous serons tous derrière le candidat républicain face au Front National.

Soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron ? 

Manuel Valls parle demain sur BFM TV et Emmanuel Macron précipite une conférence de presse. Demain, président de la République, il va en déclencher tous les jours ? Parce que des événements comme ça, il y en aura tous les jours! Quelle fébrilité!

C’est une faute politique. Alors qu’il n’est pas encore élu, il définit sa majorité présidentielle ? Ce sont les sondages qui font la majorité ? Les Français n’ont pas encore voté… C’est un déni de démocratie.

C’est une faute politique car il exclut d’emblée des gens dont il aurait besoin au 2e tour face à Marine Le Pen s’il y était.

11 anciens ministres de Jacques Chirac rejoignent Macron, on est pas dans le renouveau mais dans la continuité de l’ancien régime.