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15 Fév

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Vote sur le projet de loi bioéthique

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L’Assemblée Nationale vient d’adopter en première lecture le projet de loi sur la bioéthique à 272 voix contre 216. Ce projet de loi a été, depuis le début des discussions et des auditions, le théâtre de bien des échanges, de bien des doutes des uns et des autres tellement les thématiques évoquées se sont révélées passionnées et propres à chacun des député(e)s présent(e)s issues souvent de son propre parcours ou de ses convictions personnelles. Sur chacun des bancs, les positions et les débats ont été riches d’enseignements ce qui vaut, pour ce vote, une véritable prise en compte de chacun des arguments soulevés et débattus.En dépit de positions parfois partagées concernant notamment celles liées au respect de la dignité humaine, à la non-marchandisation des corps, ou encore concernant l’arbitrage sur l’anonymat dans le cadre des dons de gamettes, les députés du groupe SRC ont sû ouvrir, sur un sujet parfois très technique, un débat sociétal notamment sur des questions comme l’AMP ou la GPA.

Malheureusement, les membres de la majorité présidentielle ont choisi le maintien de l’interdiction de principe avec dérogation concernant la recherche sur les cellules souches. Ce maintient constitue, à notre sens, la formule de tous les dangers ! Formule de tous les dangers puisqu’elle ne permet pas de garantir la place de la recherche française dans ce domaine. Et c’est là où le bât blesse.

Dans une période où la science est quelquefois regardée avec méfiance, il est décisif que la France réaffirme sa confiance dans le travail des chercheurs, porteur de progrès. Et ceci sans laisser planer de suspicion sur la légitimité et l’intérêt de leur travail, tout en l’encadrant par des règles éthiques. C’est donner de meilleures chances à la recherche, à la science et à la médecine d’agir au service de tous. De nombreuses avancées scientifiques dont nous profitons n’auraient pas été possibles dans le cadre restrictif actuel et que le gouvernement propose de maintenir. La recherche doit donc être soutenue, même s’il faut rester attentif aux dérives possibles liées à l’usage abusif de tests génétiques, à l’évolution de l’imagerie médicale dans le domaine des neurosciences ou encore aux possibilités ouvertes par les nanosciences. Les recherches sur les cellules souches embryonnaires à partir d’embryons surnuméraires sont porteuses de promesses importantes pour la thérapie et pour la connaissance.Dans ces domaines, il fallait donc passer d’un régime d’interdiction avec dérogations à un régime d’autorisation encadré, dont le critère est l’utilité scientifique et médicale.De même, les amendements proposés par la droite populaire jetant le doute sur la qualité des contrôles et le respect des principes éthiques des recherches ne sauraient nous satisfaire. Pour toutes ces raisons, avec mes collègues députés du groupe SRC, nous nous sommes exprimés CONTRE le projet de loi sur la Bioéthique.