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29 Avr

Commentaires fermés sur « Les députés PS ne veulent pas provoquer de crise », Interview dans le Nouvel Observateur

« Les députés PS ne veulent pas provoquer de crise », Interview dans le Nouvel Observateur

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nouvelobsLe Nouvel Observateur publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

A quelques heures d’un vote à haut risque, à l’Assemblée, sur le plan d’économies du gouvernement, le premier secrétaire du PS se veut confiant. A la veille d’un vote qui s’annonce périlleux pour Manuel Valls, le Parti socialiste, réuni en Bureau national extraordinaire, a adopté, lundi 28 avril au soir, une résolution de soutien au programme de stabilité gouvernemental. Ce mardi, son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, se rend devant les députés du groupe, nombreux à avoir fait part de leur mécontentement face à ce plan d’économies de 50 milliards d’euros. Hier matin, le Premier ministre a concédé des inflexions, en direction des plus modestes. Ce qui n’a pas empêché certains « frondeurs » de persister. « Les dernières difficultés vont être levées », veut toutefois croire Jean-Christophe Cambadélis. Interview.

 

Des députés ont confirmé qu’ils ne voteraient pas le programme de stabilité demain, à l’issue des modifications annoncées par Manuel Valls ce matin. Dans quelle ambiance s’est déroulé ce Bureau national ?

– Plus de 20 intervenants se sont succédé, ce qui est rarissime pour un Bureau national du PS. Le tout s’est déroulé dans une ambiance d’écoute, malgré quelques petits moments de tension et des formules développées par les uns qui ont pu ne pas plaire aux autres. Un sentiment de solennité s’est dégagé, et avec lui l’impression que le parti était dans la boucle, qu’il jouait pleinement son rôle, avec la capacité de peser sur l’action du gouvernement. Au bout du compte, le vote est sans appel : la résolution a été adoptée à 31 voix contre 15.

Certains députés évoquent jusqu’à 80 « frondeurs » susceptibles de s’abstenir dans les rangs socialistes. Comment envisagez-vous le vote de ce mardi ?

– Les députés socialistes sont responsables et n’ont pas l’intention de provoquer une crise mais d’y répondre. Ils ont entendu les ajouts annoncés par le Premier ministre et mesurent ce qu’ils représentent en termes de décisions budgétaires. Les dernières difficultés vont être levées, même si quelques-uns maintiennent un désaccord avec la logique globale.

Vous avez déclaré qu’il fallait « savoir terminer une fronde ». Bruno le Roux a, lui, estimé qu’il n’y avait « pas de vote sans conséquence ». Pour les députés qui ne respecteraient pas la position officielle du parti, que pourrait-il se passer ?

– J’attends de voir, nous ne fonctionnons pas à la menace. Mais si, vote après vote, certains s’enferment dans un vote d’opposition « à priori », il faudra envisager de se réunir pour réfléchir à la manière de lever cette posture. Il y a aujourd’hui un besoin de converger. S’il n’y a pas cette possibilité, cela finira par poser problème au groupe.

Vous intervenez ce matin devant le groupe socialiste à l’Assemblée. De quelle manière entendez-vous convaincre les récalcitrants ?

– En expliquant notamment que ce plan d’économies ne représente que 4% de la dépense publique. Le dispositif qu’il prévoit va permettre d’investir et surtout d’embaucher plus. C’est autour de cela qu’il faut juger la trajectoire budgétaire. Le gouvernement s’est inscrit dans une logique de dialogue avec le parti socialiste et les parlementaires, et a intégré à son plan d’économies des avancées que tout le monde juge importantes.

Malgré les aménagements annoncés du plan d’économies, son montant reste inchangé : 50 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques. Se situe-t-on à un tournant pour la gauche ?

– Le tournant, pas seulement pour la gauche, mais pour l’ensemble des Français, serait qu’on ne réduise pas le chômage. Nous ne nous situons pas sur un simple débat entre droite et gauche. Il s’agit de stimuler la croissance et les embauches.

Quel rôle entendez-vous impulser au parti, en lien avec l’exécutif et les parlementaires ?

– Le Parti socialiste doit être utile dans le débat autour de la politique gouvernementale et en capacité de présenter une vision, des valeurs et une identité propre. Ses Etats généraux, qui se tiendront à l’automne, seront pour les militants, au sein des sections, le moment de réfléchir aux réponses que l’on peut apporter aux questionnements des Français. Ils seront l’occasion d’une reformulation de ce qu’est le Parti socialiste, pour, ensuite, préparer en temps et en heure notre prochain congrès. En ce qui concerne l’exécutif, nous nous situons dans ce que j’ai qualifié de « solidarité exigeante ». Je n’imagine pas que le parti fasse défaut à l’exécutif, mais je n’imagine pas non plus qu’il ne soit pas écouté.

Rafika Rezgui, accusée de conflits d’intérêts par « Le Point », a démissionné de ses fonctions de porte-parole. Craigniez-vous l’impact de cette décision sur l’image du parti ?

– Non, puisqu’elle n’est effectivement plus en fonction. Rafika Rezgui m’a fait part, dans sa lettre de démission, de sa décision de vouloir se défendre contre une campagne injuste et de répondre à une polémique alimentée, notamment via les réseaux sociaux, par l’extrême droite.

 

Recueilli par Audrey Salor