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02 Mai

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux – Lundi 2 mai 2016

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2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-20 2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-4 2016-05-02 - Conférence de presse Jean-Christophe Cambadélis- Bruno Le Roux-11

 

Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux, Président du groupe SRC à l’Assemblée nationale ont lancé ce lundi 2 mai leur grande campagne d’explication avec les Français sur le sens et la cohérence de la législature 2012-2017.

A cette occasion ils ont présenté la campagne « Du progrès en plus » #duprogresenplus ainsi que les « Fiches de la réussite« #1jour1réussite

Retrouvez ci-dessous la vidéo de la conférence de presse:


Revivez l’intégralité de la conférence de… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

24 Nov

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Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à l’issue de la réunion avec le Premier ministre et les têtes de liste aux élections régionales

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Jean-Christophe Cambadélis a convié ce mardi 24 novembre 2015 au siège du Parti socialiste,  les têtes de listes socialistes aux élections régionales en présence du Premier ministre, Manuel Valls, pour définir les orientations de la campagne.

Retrouvez ci-dessous  sa déclaration:


Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis à l… par PartiSocialiste

« Nous avons discuté de la situation et avons convenu que nous reprendrions la campagne officielle du Parti socialiste après l’hommage de la nation à nos compatriotes qui ont été assassinés le 13 novembre dernier.

Le thème sera: « Faire vivre le pacte de sécurité pour faire vivre nos valeurs ».

C’est autour de ces questions là que les socialistes agiront en région avec dignité et respect parce que nous estimons que dans le moment présent, la concorde nationale est même plus importante que les élections ».

 

25 Mar

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L’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique en partenariat avec LCI

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RAdio Classique 25032015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Guillaume Durand dans la matinale de Radio Classique et LCI.

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:


Jean-Christophe Cambadélis, invité de Guillaume… by radioclassique

09 Mai

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Relevons la tête !

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Cher-e ami-e , cher-e camarade,

Relevons la tête !

A peine terminées les élections municipales qui nous ont fortement ébranlés, voilà les élections européennes qui s’annoncent devant nous.

J’ai une pensée pour nos amis battus et pour leurs équipes. Elles ont droit à notre solidarité. J’imagine les difficultés dans lesquelles elles se débattent aujourd’hui.

Nous n’avons pas été épargnés depuis près de deux ans. Le pays en ruine économique et morale au bord de l’implosion devait être redressé avant tout autre chose. La gauche est souvent appelée par le peuple de France lorsque la droite a sinistré notre nation. Ce fut le cas une fois de plus en 2012.

Cette contrainte du passif est combinée au procès en illégitimité de la gauche instruit par la droite et l’extrême-droite. Lui-même démultiplié par notre volonté d’étendre les libertés via le mariage pour tous. Tout cela fut le petit bois de la mobilisation des droites. La colère de voir les dividendes du redressement moins rapides que la France ne l’espérait, l’exaspération de nos propres contradictions ont achevé de convaincre le peuple de gauche de s’abstenir.

Le résultat est là ! Les fondations du socialisme municipal ont été touchées par une véritable grève du vote de notre électorat.

Il ne sert à rien de dire que c’est injuste au regard du travail local et de l’impulsion nationale, le résultat est là !

Devons-nous pour autant baisser les bras ? Personne au fond ne le pense. Il nous faut tous reprendre notre « bâton de pèlerin ». Nous devons convaincre notre peuple que derrière les nuages il y a toujours du bleu.

Ce que nous avons entrepris portera ses fruits. Le changement prend du temps! Même si le peuple, à juste raison, est impatient.

Nous avons jugulé le déclin. Il faut maintenant bâtir le renouveau de la France et redonner une identité au Parti socialiste.

Nous avons donné les impulsions nécessaires. Nous discutons maintenant des meilleures façons d’accélérer la croissance et de réduire le chômage. Nous avons une feuille de route jusqu’à notre prochain congrès où les militants vont s’exprimer et notre identité va être réaffirmée, notre combat pour l’union rehaussé.

C’est dans ce moment que les élections européennes interviennent. Des élections qui sont généralement défavorables aux partis institutionnels car elles sont le lieu de tous les défouloirs.

Et pourtant ! Nous avons la possibilité de souligner l’enjeu qui est pour le moins historique. Pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, les peuples peuvent tout à la fois choisir leur candidat à la présidence de la Commission européenne et l’orientation de la majorité qui le soutiendra.

L’Europe est aujourd’hui de droite, une droite conservatrice et autoritaire. Sa politique motive un légitime mécontentement dans toute l’Europe. Les nationaux populistes et les populistes de toute sorte tentent de capter ce mécontentement au profit de leur volonté de sortir de l’Europe.

Si les Français sont mécontents, ils ne le sont ni de l’Europe, ni de l’euro. Mais de la droite qui gouverne l’Europe depuis dix ans. Ils ne veulent pas – dans leur immense majorité – sortir de l’Europe. Ils cherchent une alternative à la droite et l’extrême-droite.

Il serait paradoxal que, blessés par les élections municipales, inquiets pour les élections européennes, voire interrogatifs sur la suite, nous laissions les nationaux populistes saisir le moment. Ce qui voudrait dire – au bout – laisser les conservateurs continuer leur œuvre ordo-libérale. C’est-à-dire une lecture hémiplégique des traités – pour l’austérité contre la croissance – qui pousse l’Europe à sa perte et les Européens à la haine. Face à la droite qui veut continuer l’Europe telle qu’elle est et l’extrême-droite qui veut sortir de l’Europe, les sociaux-démocrates européens veulent changer de politique européenne.

Pour changer de politique, il faut changer de majorité : une majorité progressiste est possible ! Elle se joue à une poignée de sièges. Chaque voix compte !

Notre candidat à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz, a toutes les chances de l’emporter. La majorité sur laquelle il s’appuiera aura un quintuple mandat.

D’abord une nouvelle croissance et un nouveau traité social européen. Ensuite la lutte contre la bureaucratisation européenne. Puis l’Europe de l’énergie. Enfin celle de la défense.

Tout le monde comprend qu’une majorité progressiste tournera le dos à l’austérité de Bruxelles.

La lecture des traités autour de la stabilité transformée en austérité ne sera plus en cours ni à Bruxelles ni à Strasbourg. La croissance, tout aussi présente dans le traité, aura droit de cité.

Martin Schulz a ouvert une autre lecture des 3% du déficit estimant « que les dépenses d’investissement ne doivent pas être comptabilisées dans le calcul des déficits ».

Bref, une autre majorité au Parlement européen, un autre président de la commission, une autre politique européenne c’est modifier les conditions de notre débat en France. C’est accélérer le renouveau de notre pays.

C’est donner les moyens à notre combat depuis l’élection de François Hollande d’une réorientation de la construction européenne. Comme vient de le déclarer le Président de la République « la France veut plus que le progrès de l’Europe, elle veut l’Europe du progrès ».

Contrairement aux mensonges que les uns et les autres essaient de faire courir médiatiquement, le Parti socialiste parle d’Europe ! Les 28 partis socialistes d’Europe ont un projet pour une nouvelle Europe, le Manifesto, étayé par un argumentaire de 74 questions et réponses pour changer notre Europe.

Depuis plusieurs mois, les équipes régionales de nos 8 circonscriptions européennes travaillent sur le terrain. Un site, www.choisirnotreeurope.fr, a été lancé depuis deux mois et a engagé plusieurs dizaines de milliers de militants pour cette « réorientation ». Cela démontre que notre électorat est disponible. Cela démontre que nous pouvons mobiliser. Cela démontre que le résultat dépend de nous.

Est-il utile de vous dire que dans le moment actuel, tordre le cou aux pronostics donnerait espoir à chacun ? Tout est possible dans cette élection – même le meilleur – pour que notre électorat en perçoive l’enjeu à l’échelle de l’Europe et ses conséquences nationales.

Le premier ministre Manuel Valls a déclaré vouloir mobiliser le gouvernement dans ce combat. A nous aussi de relever le défi.

Les quinze jours à venir seront intenses et déterminants.

Vous trouverez ici les outils de la mobilisation. N’hésitez pas à mobiliser vos amis, vos sympathisants, vos fichiers.

C’est très simple et ca peut rapporter gros pour la France. Un petit clic vaut mieux qu’une grande claque !

Je compte sur vous parce que le Parti socialiste a besoin de vous.

Jean-Christophe Cambadélis
Premier secrétaire du Parti socialiste

03 Mar

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Les européennes c’est parti !

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jcc conférence de presse européennes 03032014Pendant que Jean-François Copé faisait des ronds dans l’eau lors de sa conférence de presse  aggravant le malaise dans sa formation politique, le Parti socialiste lançait sa campagne pour les européennes.

Des listes bouclées, un candidat à la présidence de la commission désigné, un manifeste commun adopté, un slogan de campagne présenté.  Les socialistes des 28 partis socialistes européens sont prêts. La campagne sera citoyenne, interactive et européenne.

La campagne municipale occupant l’espace et laissant peu de temps, le PS a décidé de mener campagne sur le net. D’abord autour de Martin Schulz, candidat des sociaux démocrates. Ensuite avec un projet progressiste pour changer l’Europe autour de 3 thèmes : une Europe qui protège, une Europe performante, une Europe qui progresse. Nous voulons la simplification européenne, plus de solidarité, et plus de cohésion.

Enfin une plate-forme interactive (http://www.choisirnotreeurope.fr/elections) répondant concrètement aux questions que se posent les citoyens et en proposant qu’un million de sympathisants (c’est-à-dire 1 tiers de ceux qui ont participé aux primaires) s’adressent à Martin Schulz pour dire ce qu’ils veulent faire de la présidence européenne.

Au lendemain des municipales, premier grand meeting à Paris le 17 avril puis un dans chaque circonscription.

Les premiers sondages mettent les sociaux démocrates en tête. Rien n’est fait mais la dynamique est là, entre leur Europe, celle des sortants et la nôtre. C’est parti !

28 Oct

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Le haka de Sarkozy

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Le président sortant voulait se réhabiliter aux yeux des Français et impressionner ses adversaires. La démonstration est intéressante car elle expose son axe de campagne: frontiste en France, européiste en Europe. Le double axe de Nicolas Sarkozy: réduire le centre au 1er tour et favoriser le report du FN au second. Quasi fédéraliste et totalement national populiste, attention aux aducteurs, car le grand écart est source de déchirures. Voilà pour le positionnement ! Quant à la rhétorique elle est simple: j’ai un avenir parce que je n’ai pas de passé. Le seul passé qui compte c’est celui de mes prédécesseurs. La dramatisation avait pour but de faire oublier le dit passé calamiteux. C’est « Sarko année zéro ». Quant à l’impopularité elle est du au fait qu’il préside.

Enfin abordons le fond. Nicolas Sarkozy ne dit ni comment on va, ni où on va, ni comment on y va. La crise grecque est contenue mais les mesures de structure ne sont pas venues. Les trois plaies de la zone euro: un endettement massif, une faible croissance, un chômage élevé. Rien n’a été traité. Tout le monde sait qu’il faut 2000 milliards – c’est ce que Nicolas Sarkozy avait demandé pour faire face – tout le monde sait que sans croissance pas de solution durable. L’Allemagne prévoit moins d’1 % de croissance et aucune relance intérieure. Elle fait payer à l’europe sa vertu. Tout le monde sait que le chômage pèse sur les comptes publiques. Aucune mesure pour relancer l’emploi, rien donc ni pour crever l’abcès de la dette par le transfert de celle-ci via les euro bonds. Rien sur l’organisation de l’Europe simple, lisible et solide comme le demandait au delà de nous Valéry Giscard d’Estaing. Rien sur la relance de la croissance par le passage d’une politique synchrone d’austérité à une politique coordonnée. Donc rien sur le passé, rien sur l’avenir, un simple haka qui se veut impressionnant mais qui n’est pas une phase de jeux.

 

22 Juin

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Chat sur lemonde.fr

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Jean-Christophe Cambadélis a dialogué aujourd’hui avec les lecteurs du Monde lors d’un chat. Retrouvez l’integralité de l’échange ci-dessous ou sur le site du quotidien:

Jean-Christophe Cambadélis se place pour succéder à Martine Aubry

Amélie P : Quels sont les éléments qui vous ont décidé à rejoindre Martine Aubry ? La promesse d’un sous-secrétariat d’Etat ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai déjà dit, à l’époque où Dominique Strauss-Kahn était possiblement candidat, que je ne serais pas ministre. Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn, Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry, cela a toujours été ma position. A partir du moment où l’un des deux n’était pas candidat, l’autre allait de soi.

Je crois que Martine Aubry, par le travail qu’elle a effectué, tant à Lille qu’au Parti socialiste, voire au gouvernement de Lionel Jospin, est une personnalité de gauche capable de rassembler, d’innover, voire de bousculer une France qui en a bien besoin.

Fox : Si vous ne souhaitez pas être ministre, que ferez-vous en 2012 en cas de victoire de la gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai indiqué il y a de cela un an que je me sentais plus utile au Parti socialiste que dans un des ministères de la gauche. Je crois nécessaire que le parti majoritaire soit animé convenablement, qu’il joue son rôle de vigie, d’impulsion, de combat politique. Je crois que tout en soutenant la politique du président ou de la présidente de la République, il doit être en capacité de renouveler les idées politiques et de mener le combat contre ceux qui s’opposeront à la marche du changement.

Donc c’est pour moi un rôle essentiel, et je vais vous faire une confidence : je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan.

Louis : Quelles sont les qualités pour être un bon premier secrétaire du PS ?

Jean-Christophe Cambadélis : La patience, la conviction, l’écoute, et la capacité à rassembler. Il faut aussi, je crois, avoir une bonne capacité d’analyse politique d’anticipation. Toutes qualités que je crois modestement avoir.

DSK : Vous dites : « Je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan. » Vous estimez donc que la politique du gouvernement sera conduite par et pour le parti et les militants de gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis: Comme toujours sous la Ve République, le président doit rassembler au-delà de son propre camp. C’est la clé de voûte de nos institutions. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Nous ne sommes pas sous un régime parlementaire mais présidentiel. Il n’en reste pas moins qu’il y aura une majorité parlementaire, tout du moins je le souhaite. Et dans celle-ci, le Parti socialiste aura un rôle non négligeable, il devra défendre le programme qui est le sien.

Donc si le président de la République ne peut se réduire au programme des socialistes, les socialistes ne peuvent pas abdiquer leur programme, même sous une présidence d’origine socialiste.

Guest : Un échec du Parti socialiste à la présidentielle de 2012 le fera-t-il éclater ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous comprendrez que c’est une perspective que je ne souhaite pas. Mais je ne crois pas à l’éclatement. Il y aura des départs, des querelles, de la contestation, de la colère, de l’amertume, tout ce que vous voulez, mais pas d’explosion. Parce que le Parti socialiste est très implanté dans les collectivités locales, conseils généraux, régionaux, municipalités. Ce sont les cerceaux qui tiennent le tonneau socialiste, si vous me permettez l’expression.

Et eux, ils tiendront, ne serait-ce que pour continuer à diriger lesdites collectivités locales. Par contre, je crois que, lentement, sûrement, comme nous pouvons le voir en Allemagne en ce moment avec les Verts, vis-à-vis du SPD, comme nous l’avons vu avant-hier entre le Parti radical et la force montante socialiste, un processus de substitution se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne, écologique, frondeuse, audacieuse, viendra petit à petit se substituer dans les collectivités locales au Parti socialiste. Cela peut durer un moment, mais le danger sera là.

DSK : Vous dites que « se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne » : le PS manque de modernité selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Sur un certain nombre d’aspects, oui. Le Parti socialiste s’est beaucoup modernisé, mais il est en retard sur la société dans le domaine d’un autre modèle de consommation, d’une autre manière d’être, plus frugale, plus écologique. N’oublions pas que le Parti socialiste est fils du productivisme, de la société industrielle, et il a encore du mal à s’adapter au monde tel qu’il est en train de muter.

Arno K : Pourquoi les strauss-kahniens ne sont-ils pas parvenus à donner d’une seule voix leur soutien à l’un des candidats socialistes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Les strauss-kahniens sont pluriels depuis le congrès de Reims, qui a vu certains d’entre eux choisir Bertrand Delanoë et sa motion dans le congrès, et d’autres Martine Aubry. Ils s’étaient à nouveau rapprochés dans la perspective de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, et il faut bien dire que son éviction les a pris de court.

Certains réfléchissent, d’autres s’engagent, comme moi, auprès de Martine Aubry, mais tous veulent continuer à défendre ce qui faisait le succès de Dominique Strauss-Kahn, c’est-à-dire son réformisme moderne.

Romaindu26 : Qui a la carrure pour reprendre le flambeau des strauss-kahniens après DSK, Manuel Valls ?

Jean-Christophe Cambadélis : : Je ne pense pas que le strauss-kahnisme, s’il existe, puisse être porté par une des personnalités actuelles du Parti socialiste. Chacun aura à se définir ou à définir ce qu’il estime nécessaire pour la gauche et la France. Chacun peut puiser dans l’arsenal idéologique et politique de Dominique Strauss-Kahn. Mais malheureusement, ce dernier, parce qu’il n’a pas gagné l’élection présidentielle, n’aura pu fonder un courant politique à l’aune d’un François Mitterrand.

Il reste que dans son entourage il y a des personnalités de valeur qui toutes joueront un rôle dans les années à venir : Manuel Valls, Pierre Moscovici, Marisol Touraine, Sandrine Mazetier, Jean-Marie Le Guen, Vincent Peillon. Pourquoi pas moi-même ?

Guest : Pourquoi vous allier avec Martine Aubry et Laurent Fabius, qui représentent l’inverse de ce que voulait défendre DSK – l’audace, l’avenir, la démolition des dogmes… – Quelqu’un comme Hollande ou Royal ne serait pas plus en phase avec votre courant ?

Jean-Christophe Cambadélis : François Hollande était à ce point en phase avec Dominique Strauss-Kahn qu’il se proposait de l’affronter jusqu’au bout, lors des primaires du Parti socialiste, indiquant que lui, contrairement à DSK, n’avait pas de problème avec la gauche. Sous-entendu, à l’époque : la gauche du Parti socialiste et celle de Jean-Luc Mélenchon. Martine Aubry était à ce point éloignée de Dominique Strauss-Kahn qu’elle se proposait de le soutenir dès le premier tour des primaires.

J’ajoute que le programme du Parti socialiste, qui avait été jugé strauss-kahno compatible, s’est construit sous la houlette de Martine Aubry et a été voté à l’unanimité. Enfin, permettez-moi un petit mot : il m’aurait semblé particulièrement déloyal de dire à Martine Aubry : « Choisissons celui qui est le mieux placé. », c’est-à-dire, à l’époque, Dominique Strauss-Kahn, et aujourd’hui qu’il est empêché, lui dire : « Ecoute, cela ne valait que pour Dominique Strauss-Kahn. »

Ce n’est pas ma conception de la loyauté en politique. Donc ni dans le fond ni dans la forme je me devais de faire un autre choix.

DSK : Vous vous êtes prononcé en faveur d’une candidature de Martine Aubry. Qui ferait un bon premier ministre selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous allez vite en besogne. Elle ne s’est pas encore déclarée, elle n’a pas encore été désignée, elle n’a pas gagné, et vous me demandez qui serait son premier ministre. Eh bien je n’en sais rien à cette étape. Je crois que si nous l’emportons, il se révélera dans la campagne par ses qualités, ou elle se révélera dans la campagne par sa combativité.

AFFRONTER LA DÉMONDIALISATION

Ro : Peut-on envisager un retour à la politique française de DSK dans l’hypothèse où il serait acquitté en janvier 2012 ?

Jean-Christophe Cambadélis : Evidemment, on peut souhaiter que Dominique Strauss-Kahn soit blanchi des accusations épouvantables portées contre lui. Si c’était le cas, à l’évidence, sa parole aurait de l’importance dans la campagne électorale.

Mais je me demande si on aura le temps de voir ce souhait réalisé. Enfin, il semble difficile de penser qu’après ce qui vient d’arriver, ce dernier ait envie de se relancer dans la campagne présidentielle. Donc une parole forte, oui ; une candidature, certainement pas.

Mohand : Quelle est la position de Dominique Strauss-Kahn actuellement. Soutient-il un candidat ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous n’êtes pas sans savoir que Dominique Strauss-Kahn est plus occupé à organiser sa défense qu’à participer au débat interne du Parti socialiste. Il serait quand même malvenu, après avoir défrayé la chronique de la planète, qu’il vienne là dire aux socialistes, en les tirant par la manche : « Au fait, il faut voter pour tel ou tel. »

Vidocq : Christine Lagarde va probablement succéder à DSK à la tête du FMI. N’est-ce pas symptomatique d’un clivage droite/gauche de moins en moins marqué, du moins sur le plan économique ?

Jean-Christophe Cambadélis: Pas tout à fait. Si vous voulez dire que la gauche et la droite placent leur action dans l’économie de marché sans s’en extraire, c’est évident. Mais les uns sont régulateurs, et les autres pour le laisser-faire. On peut être directeur du FMI comme Dominique Strauss-Kahn et imposer un nouveau cours à l’institution, rompant avec le consensus de Washington, c’est-à-dire les thérapies de choc libérales ; et l’on peut être directeur ou directrice du FMI et tenter d’appliquer au monde ce que l’on préconisait pour la France.

Voilà deux directeurs qui président aux destinées de la même institution, mais ne font pas la même politique.

Tetsuya : De partout on entend parler de « démondialisation » et de sortie de l’euro. En tant que secrétaire national du PS chargé de l’Europe et des relations internationales, quelles sont vos positions là-dessus ?

Jean-Christophe Cambadélis : On peut partager l’idée d’une démondialisation, par exemple dans le domaine de l’agriculture. Importer des gigots d’agneau de Nouvelle-Zélande ne semble pas tout à fait opérationnel quand nous en produisons nous-mêmes de très bonne qualité. Mais je suis gêné par ce terme, il donne l’impression que nous voulons nous retirer du monde, qu’il y aurait une ligne Maginot, frontière économique, qui nous permettrait de consommer, de vivre en vase clos en France.

Il ne faut pas se dérober à la mondialisation, il faut l’affronter. Je suis favorable à la révolution silencieuse, celle de la norme. Je suis favorable à une domestication écologique et sociale de l’économie de marché. C’est l’exemple que nos prédécesseurs ont donné. Au début du capitalisme sauvage, qui détruisait des vies, des enfants, ils remettaient en cause le mode de production précédent qui bouleversait les campagnes, et il a fallu un combat acharné pour le rendre moins dur, obtenir des acquis, introduire le social dans la production. Eh bien c’est un peu ce travail qui recommence.

J’ajoute qu’il faut un espace efficace ou efficient pour mener cette bataille de la norme. Et cet espace, c’est l’Europe. Regardez comment le débat avance. Il y a quelques années, on regardait les socialistes français comme des hurluberlus parce qu’ils étaient pour la taxation des mouvements de capitaux, pour une gouvernance économique, ou pour le juste échange, c’est-à-dire introduire des normes de réciprocité dans les échanges.

Eh bien aujourd’hui, c’est le programme du Parti socialiste européen. Hier, Sigmar Gabriel, le leader du SPD allemand, est venu au côté de Martine Aubry dire qu’il partageait cette vision et ce combat.

Voilà le vrai chemin dans la mondialisation.

Randy : Que doit faire le Parti socialiste pour contrer la montée des populismes en France et en Europe ?

Jean-Christophe Cambadélis: Commençons par la France. Il faut réenchanter la politique, montrer et démontrer, voire proposer, un autre chemin que les chemins battus et rebattus par la droite depuis dix-sept ans. Ce que l’on appelle une « alternative » à la droite.

Plus nous serons dans l’innovation, la rupture, l’audace, plus l’espoir sera au rendez-vous. Et le meilleur moyen de réduire le populisme, c’est de construire l’espoir. En un mot, plus vous avez de votants, moins le national-populisme pèse. Je crois que la victoire de la gauche en France peut constituer un déclic en Europe. Vous aurez les élections l’année suivante en Allemagne, vraisemblablement en Angleterre, surtout en Italie et dans l’Europe du Nord. Nous pouvons avoir à nouveau un moment social démocrate, mais une social-démocratie de type nouveau qui a tiré le bilan de son échec à accompagner le système libéral et qui pense et porte un nouveau modèle de développement.

Annie K : On vous qualifie depuis des années, sans que vous démentiez, comme le premier lieutenant de DSK. Pouvez-vous encore affirmer que jamais vous n’avez constaté que l’ancien patron du FMI avait une attitude condamnable vis-à-vis des femmes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je peux le constater, je peux vous l’affirmer, je n’ai jamais remarqué d’attitude condamnable, comme vous dites, en ma présence, auprès des femmes.

L.O. : Que pensez-vous du supposé revirement de position de François Hollande vis-à-vis de Tristane Banon, qui dit avoir reçu son soutien pendant la période qui a suivi l’affaire alors qu’il nie aujourd’hui avoir été au courant des faits ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je ne connais rien de cette affaire, encore moins des relations de François Hollande et de Mme Banon, et je me garderai bien de tout commentaire en ce domaine.

Nadine M : Ne pensez-vous pas que la révélation de l’affaire Tron a permis au PS d’échapper au pire concernant son image auprès des Français puisque finalement chaque camp à ses cas pathologiques…

Jean-Christophe Cambadélis : Vous faites peu de cas de la présomption d’innocence, pour l’un comme pour l’autre. Une révélation vaut pour vous condamnation. Je ne crois pas que les Français l’aient vu de cette façon. J’en veux pour preuve l’extrême popularité, pour l’instant jamais démentie, du Parti socialiste et de ses candidats à la présidentielle qui – pour les principaux d’entre eux – battent à plate couture le président sortant.

Hélène B : Jacques Mahéas a été condamné pour harcèlement sexuel, en appel et en cassation, depuis plus d’un an. Le PS a envisagé de statuer sur son cas après la publicité de l’affaire DSK… N’est-ce pas tard ? le PS ne doit-il pas exclure Jacques Mahéas ?

Jean-Christophe Cambadélis : Le PS avait été saisi dans le cadre de sa commission des conflits, avant ce que vous appelez l’affaire DSK, et celle-ci devait statuer le 8 juillet. C’est toujours le cas. Il y a des procédures internes au Parti socialiste. Il faut simplement les respecter comme on doit respecter les procédures judiciaires.

NICOLAS SARKOZY EST DANS UN « CORNER »

Henry : Entre Bayrou, Borloo, Villepin ou encore Hulot, le centre ne risque-t-il pas d’être embouteillé en 2012 ? Le PS n’aurait-il pas à gagner à désigner un candidat vraiment ancré à gauche, et non un social-libéral comme l’était DSK ?

Jean-Christophe Cambadélis : La question ne se pose plus tout à fait. Mais je crois que Dominique Strauss-Kahn, tout en étant de gauche, attirait à lui des franges non négligeables du centre, comme Mitterrand avait pu le faire en 1988.

Mais aujourd’hui, nous n’avons pas de candidat comme Dominique Strauss-Kahn, capable de dominer le centre. Donc notre intérêt, c’est d’avoir un candidat ou une candidate qui « sécurise notre couloir » de socialistes, démocrates et écologistes. Car mon avis est que tout se jouera au premier tour. Si vous allez au centre et que vous perdez à gauche, dans une situation où vous ne dominez pas le centre, vous perdez de tous les côtés. Et vous pouvez vous retrouver derrière Marine Le Pen, et donc être éliminés au premier tour. Tout cela fait un peu cuisine ou tactique électorale, mais au-delà de la réponse aux problèmes des Français, le positionnement d’une campagne a son importance.

DSK : Pensez-vous que l’UMP joue la carte de la séduction de l’électorat frontiste ou drague-t-il le centre de Borloo et Bayrou ? Comment lisez-vous la stratégie de Nicolas Sarkozy ?

Jean-Christophe Cambadélis : La stratégie de Nicolas Sarkozy est la balkanisation du centre et l’OPA amicale sur le Front national. Il pense qu’il sera au deuxième tour et qu’il lui restera à ramener à lui les deux composantes d’une majorité. C’est plus facile à dire qu’à faire. Car la grande faiblesse de cette stratégie, c’est qu’elle s’est accompagnée d’une droitisation et d’une opposition frontale des Français à cette droitisation.

Nicolas Sarkozy est dans un « corner », il a pensé au deuxième tour faire venir à lui l’électorat frontiste avant le premier, avoir une surface suffisante entre l’électorat de l’UMP et l’électorat du centre.

Donc au-delà de son échec, qui sera patent lors de l’élection présidentielle, il devra tout à la fois séduire une partie de la droite qui ne supporte pas le national-populisme de Marine Le Pen et une partie de l’extrême droite qui vomit littéralement le centrisme européiste d’un Borloo ou d’un Bayrou. Rude tâche…

Bernard : En cas de victoire du parti socialiste, un gouvernement pluriel avec Europe Ecologie est-il envisageable ?

Jean-Christophe Cambadélis : Tout à fait. Je crois qu’il est nécessaire que l’ensemble des gauches et des écologistes se retrouvent au pouvoir pour changer vraiment la France. Ne nous trompons pas : la droite, qui occupe la présidence de la France depuis dix-sept ans, va nous laisser une situation épouvantable dans le domaine de la dette, de la crise industrielle, du retard social et économique, voire de l’avancée européenne.

Il faudra être unis et soudés si nous voulons passer toutes ces difficultés. Sinon, les querelles reprendront, les gens se décourageront, et nous serons sanctionnés avant d’avoir pu agir.

Chat modéré par Eric Nunès

10 Juin

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Interview dans le JDD.fr: « Il faut sortir du traumatisme »

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La droite s’est réunie mercredi pour parler justice sociale. Que pensez-vous de sa proposition  sur le RSA?

Cela résume bien la philosophie de l’UMP : Punir les pauvres! C’est toujours à cette catégorie de la population que la droite s’en prend. Vous n’entendez jamais le gouvernement dire que la priorité c’est la redistribution ou les salaires. Le discours est toujours le même : ceux qui sont en difficulté ont trop davantages.

Que proposez-vous?

Nous proposons un vaste plan pour relancer la croissance. Sans la croissance, pas d’emplois et donc des déficits sociaux. Nous proposons également une vraie réforme fiscale pour soutenir cette croissance et un modèle de société. Une société écologique, sociale et juste. Nous mettrons en place une politique ciblant les catégories de population les plus en difficulté, comme les jeunes –avec 300.000 emplois créés. Nous nous attaquerons également à la question du logement qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Notre stratégie est celle des trois tiers :  un tiers pour la justice sociale, un tiers pour l’avenir, un tiers pour réduire nos déficits. C’est le cercle vertueux du redressement.

François Hollande a avancé des chiffres très ambitieux : un million de logements nouveaux. Est-ce la proposition du PS?

Nous sommes radicaux non? (rires) C’est en effet dans la ligne du PS, même si notre priorité reste le blocage des loyers. Mais oui, nous nous lancerons dans un vaste plan de construction de logements neufs.

Le PS n’a cependant pas été audible sur la question du RSA. C’est pourtant un sujet où vous êtes attendus.

Nous n’avions pas besoin de parler, puisque la droite elle-même se déchire sur le sujet! Un ministre est recadré par le Premier ministre, mais le secrétaire général de l’UMP soutient le dit ministre. Ça ressemble à une belle cacophonie, non? Pourquoi voulez-vous que le PS mette son grain de sel? On les laisse faire car de toute façon, nous aurions été inaudibles. Nous ferons des propositions concrètes en temps et en heure.

Pour améliorer l’exécution des peines,  Eric Ciotti a repris à son compte l’idée d’un encadrement militaire proposée par Ségolène Royal en 2007. Est-ce envisageable?

Là encore, on peut souligner les différences radicales entre le discours de Claude Guéant à Sevran et celui d’Eric Ciotti ! Je propose que l’on se calme dans la surenchère sécuritaire. L’insécurité, c’est aussi un problème d’aménagement du territoire. Quant à la police, on a concentré les forces de police dans les centres ville. En banlieue, on a mis en place, avec la Brigade anti-criminalité (BAC), une politique du coup de poing. Cette politique, qui tourne le dos au maillage policier, a échoué. Il faut donc revoir tout cela et mettre en place une politique de sécurité qui mixe la police locale et une présence de la gendarmerie, mais uniquement quand cela est nécessaire. L’UMP ayant échoué, le ministère de l’Intérieur pousse la surenchère des mots, alors qu’il faut l’efficacité des fait.

François Hollande a  annoncé qu’il souhaiterait augmenter les impôts. Etes-vous sur la même ligne?

« Il faut une réforme fiscale ». Conduira-t-elle pour une certaine frange de la population à une hausse des impôts? Très certainement, car on supprimera des niches fiscales. Mais d’autres se trouveront dans une situation beaucoup plus favorable, avec un impôt progressif. Nous devons être transparents avec les Français et leur dire que nous ne pourrons pas faire face à notre déficit et à nos dépenses d’avenir avec une politique fiscale qui est un gruyère. Il faut chercher l’efficacité, pour la puissance publique. Mieux, la réforme fiscale est indispensable pour retrouver une souveraineté budgétaire.

François Hollande n’est-il pas, idéologiquement, le candidat le plus proche de votre famille social-démocrate?

Il en est tellement proche qu’il se proposait d’être candidat jusqu’au bout contre Dominique Strauss-Kahn ! (rires) C’est donc qu’il se pense différent, non ? Et Martine Aubry est tellement éloignée qu’elle se proposait de le soutenir ! Aubry et Hollande sont-ils si différents ? Comparons : Aubry et Hollande sont tous les deux énarques, ont tous les deux fondés le Club Témoins, ont tous les deux soutenu la candidature de Jacques Delors en 1995, puis celle de Jospin en 2002, avant de participer tous les deux à l’aventure de la gauche plurielle. Aubry et Hollande ont tous les deux voté oui au Traité constitutionnel, et adopté ensemble le programme de la prochaine élection présidentielle. Avec, certes, des caractères différents, ils ont tous les deux dirigé le PS de la même façon, avec des idées réformistes et européennes très ancrées. Donc, si je m’en tiens au cheminement de l’un et de l’autre, ils sont quand même très proches. Et si Hollande se réclame de la social-démocratie, il se préparait à affronter DSK en disant qu’il était plus à gauche que lui (rires). Il est donc, dans ce domaine difficile, de les départager. Si les strauss-kahniens parviennent à se rassembler, nous prendrons d’autres critères pour faire notre choix.

Comment se porte votre courant aujourd’hui?

Il est bousculé, humainement et politiquement. Il était pluriel, il le reste. Mais tous nous voulons faire vivre, dans un cadre nécessairement nouveau, les idées de DSK. Chacun l’affiche au travers de tribunes, d’appels ou de pétitions.  J’ai parlé de convergences parallèles. Elles se rejoignent normalement à l’infini, mais l’infini ici doit être la fin du mois.

Avez-vous choisi votre camp?

Je ne vais pas dire maintenant où je me situe pour ne pas être un obstacle à notre rassemblement. Je pense qu’il faut sortir de ce traumatisme en arrêtant de penser à nous et en pensant aux autres. Il faut mettre à l’ordre du jour une réflexion moins sur ce que nous avons perdu que sur ce que nous voulons gagner, c’est à dire la défaite de Nicolas Sarkozy. Réfléchissons en termes d’efficacité, et pas en termes de témoignage.

Vous visez Pierre Moscovici qui entretient le doute sur sa candidature?

Je ne vais pas critiquer une initiative. Je dis qu’il ne faut pas être sectaire vis-à-vis de tout ce qui provient de la strauss-kahnie. On discutera, je ne suis pas sûr que ce soit la seule option que Pierre Moscovici a en tête.

Et Manuel Valls, qui lui est déjà candidat?

Il a posé sa candidature sur deux plans. D’abord il a 48 ans et ça personne ne peut le nier. Ensuite, il se dit capable d’entraîner l’ensemble de la gauche, ce qui est possible, mais est-il le seul ? J’attends qu’il définisse un peu plus son objectif. Quelles sont ses perspectives? Que propose-t-il au pays?

N’y-t-il pas un risque d’éparpillement des candidatures strauss-kahniennes, comme ce fut le cas au Congrès de Reims, en 2008?

A l’impossible nul n’est tenu. J’appelle au rassemblement,  car rien ne justifie l’éparpillement. Il  y aura d’autres moments pour faire entendre sa singularité.

Avez-vous eu l’occasion de parler à Dominique Strauss-Kahn?

Oui. Mais il ne passe pas son temps au téléphone à appeler Paris comme on peut le lire dans les gazettes. D’abord, parce qu’il ne peut pas le faire. Ensuite, je ne crois pas qu’il en a vraiment envie.  Je l’ai trouvé combatif, mais triste.

Pouvez-vous nous dire où il en est aujourd’hui ? Concentré sur le procès à venir, se repassant le film des événements… ?

Il ne s’exprime pas trop sur ce sujet. Vous comprenez aisément pourquoi. Si ses avocats ne communiquent pas sur les éléments de sa défense, ce n’est pas lui qui va le faire, même à ses amis.

Avez-vous parlé politique avec lui ?

Non. Il n’est pas en train de piloter depuis New York l’avenir de la strauss-kahnie. Ce n’est plus sa préoccupation.

Pensez-vous qu’il puisse, un jour, peser à nouveau sur le débat politique français?

S’il est reconnu, comme je le pense, innocent des faits qui lui sont reprochés, le regard que lui porteront les Français sera plutôt sympathique. S’il est condamné, la question de son retour ne se posera plus.

Vous avez travaillé pendant des années dans son ombre, avec un but : la présidentielle. Lui en voulez-vous?

L’issue du procès  le dira. Si un « not guilty » est prononcé, on sera malheureux car on sera passé à côté de quelque chose. Il faudra alors s’interroger sur les raisons pour lesquelles on en est arrivé là. S’il est condamné pour viol ou agression sexuelle, je ne placerais  pas l’amitié au-dessus de ça. Mais je ne le crois pas coupable. Je ne suis donc pas à l’heure actuelle dans le ressentiment. Je fais simplement le constat d’un immense gâchis si j’en juge la sympathie de l’opinion publique pour DSK. Les gens m’arrêtent dans la rue pour me faire passer des messages pour lui. Les Français l’attendaient. Ce qui revient le plus souvent dans leur bouche : « il était trop haut, donc ils l’ont descendu ». Je ne sais pas qui est ce « Ils » (rires).

Si les Français, d’après vous, soutiennent DSK, ce n’est pas le cas d’Arnaud Montebourg qui a explicitement pris ses distances.

Je suis étonné qu’un avocat soit dans le préjugé coupable. Il fait partie du courant justicialiste de la société française, je crois ? Il devrait savoir ce qu’est la présomption d’innocence. Je pense qu’il est parfois aveuglé par la présomption de reconnaissance.

Une boite de Pandore a été ouverte. On ne compte plus les élues se plaignant de l’attitude de leurs collègues masculins.

L’Assemblée est sexiste mais pas plus, pas moins, que ne l’est notre société. Des propos déplacés, des vannes entre mecs, du sexisme courant, cela existe oui, mais pas plus qu’ailleurs. Il faut arrêter de faire de l’Assemblée le lieu du machisme incarné. Ce n’est pas vrai. Les groupes politiques commencent d’ailleurs à s’imposer une parité, ce qu’il n’y a pas, par exemple, dans les médias.

On est encore très loin de la parité à l’Assemblée. Que faire pour y parvenir?

Vous avez raison, il n’y a pas assez de femmes. Mais il n’y a pas non plus assez de représentants des minorités visibles, de salariés, de gens issus des couches populaires. La représentation est déformée par rapport à la société, elle n’est pas simplement sexuée. Les partis doivent  promouvoir des hommes et des femmes issus de la diversité. Pour les législatives, le PS va faire un gros effort en ce sens. C’est une préoccupation constante de la première secrétaire.

Martine Aubry, comme François Hollande, sont vivement attaqués par Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qui leur reprochent d’être là depuis trop longtemps. Comprenez-vous ces critiques?

Je suis un archaïque : je ne pose pas les problèmes en termes de génération, mais en termes d’orientation politique. Ils sont presque jeunes, certes, mais ça fait très longtemps qu’ils font de la politique. On peut être jeune et avoir presque 30 ans de politique dans les jambes. Je ne pense pas qu’il soit bon de poser les problèmes comme cela, sinon il n’aurait pas fallu que Mitterrand soit candidat, lui qui avait déjà été ministre de la IVe République. Je me rappelle d’une phrase qu’il adressait souvent à Laurent Fabius, qui était jeune et conquérant : « Prenez votre place dans la file, là, un peu plus loin, votre tour viendra… « 

Un appel vient d’être lancé pour un retour de Lionel Jospin. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Je ne le crois pas dans cet état d’esprit. Mais cela montre que les socialistes avaient un candidat qui était en situation de l’emporter et qu’ils cherchent à reconstituer une offre politique. D’autres réclamaient également le retour de Laurent Fabius. Cela ne veut pas dire que les candidats en piste sont moins bons, cela veut juste dire qu’ils sont autrement bons.

Que conseillez-vous à Martine Aubry quant à l’annonce de sa probable candidature?

Il y a un temps de décence. Et puis peut-être le temps de la présence. Et elle a toujours dit qu’elle respecterait le calendrier. Elle était d’ailleurs en désaccord avec François Hollande, qui s’est déclaré candidat juste après les cantonales. Lui continue sur son offensive, Martine respecte ce qu’elle a dit avant. Si elle se précipitait, on lui reprocherait, c’est une évidence.

Et vous, quand allez-vous annoncer votre soutien à Martine Aubry?

Je vous le répète, il faut d’abord rassembler les strauss-kahniens et  nous aurons, je l’espère, une décision collective.

La primaire est-elle toujours le bon outil pour fédérer les socialistes?

Plus que jamais. Elle va booster notre candidat, le mettre en scelle et clore le doute et la comparaison. Je pense que l’un des candidats se détachera à la fin et ainsi, il sera hors de toutes critiques. Les sondages l’avaient fait pour DSK, mais là, c’est la primaire qui va le faire pour celui ou celle qui sera désigné.

Cela n’avait pas bien marché en 2007.

Non, car on avait raté la séquence suivante : comment se réunir. On avait fait une toute petite convention à la Mutualité. Ségolène n’avait pas fait venir à la tribune Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Au niveau du conseil politique, nous sommes en train d’y travailler. Nous ferons une grande convention du Parti socialiste qui permettrait un moment de rassemblement entre novembre et les vacances de Noël.

Sous cape, le parti présidentiel revendiquerait presque déjà la victoire.

On peut dire trois choses. D’abord, nous avons connu un rebondissement, il n’est pas impossible qu’il y en ait d’autres. Il ne faut jamais omettre l’aléa en politique. Deuxièmement, le rapport de Nicolas Sarkozy avec la France est détestable et pour l’instant il ne l’a pas inversé. Il n’y a pas de désir sarkozyste dans le pays. Il y a un rejet. A leur place, ce point me ferait douter. Le troisième est qu’il n’y a pas de projet sarkozyste, il n’y a que le bilan, et il est ô combien calamiteux. On sait ce que Sarkozy proposera à la France, la continuité de ce qu’il a fait. Ce qui le met dans une situation de campagne extrêmement difficile. Il va devoir défendre son bilan quand nous défendrons un projet alternatif. Il est donc en position de faiblesse. J’observe que Nicolas Sarkozy rassemble moins son camp aujourd’hui que le 14 janvier 2007 où il s’était lancé dans la course. L’UMP est divisé sur tous les sujets et les radicaux s’en sont allés. Tout ceci va peser sur la campagne. Nos adversaires devraient être beaucoup plus prudents qu’ils n’ont l’air de l’être.

Quels sont les thèmes de campagne sur lesquels il faut absolument appuyer pour l’emporter en 2012?

Il y en a énormément. Mais, d’abord, je crois, la question que portait DSK reste : la sortie de crise économique et sociale. C’est le grand échec de Sarkozy. La deuxième grande question, c’est l’intérêt général, la question républicaine. Le président n’a jamais porté l’intérêt général, il porte l’intérêt des plus riches et son intérêt particulier. Il peut dire qu’il est actif, mais c’est une action désordonnée. Ce n’est pas un homme de rassemblement. Il y a beaucoup d’interrogations sur le devenir des Français. Ils veulent savoir avec qui ils vont remonter et avec qui ils vont dévaler la pente. Le problème de Sarkozy, c’est qu’il est au bout de la chaîne d’une longue séquence où la droite est au pouvoir. Ça fait 12 ans que l’UMP gouverne la France et 12 ans c’est long. Souvenons-nous des « dix ans ça suffit » contre le Général de Gaulle. Et il n’est pas le Général de Gaulle.

Que pensez-vous de la « démondialisation » prônée par Arnaud Montebourg?

Elle a des aspects intéressants : en termes d’agriculture il vaut mieux produire là où on habite. Mais, je crois – dans un débat avec Arnaud j’ai employé cette image -, c’est un peu comme de faire brûler des pneus face à un nuage de sauterelles, ça ne règle pas le problème. Ça donne l’impression que l’on va se retirer du monde. On ne combat pas la mondialisation comme cela. On donne l’impression de la fuir, alors qu’il faut l’affronter en faisant la « révolution silencieuse », celle des normes. Il faut définir quel est l’espace efficace pour le faire. Et ça, c’est l’Europe. La « démondialisation » peut sembler sympathique, mais c’est un couteau sans lame.

Et le protectionnisme à la Le Pen?

C’est la ligne Maginot. On sort de l’euro, de nos accords internationaux, du commerce mondial et puis on dit « on commerce entre Français ». C’est la Corée du Nord, avec l’énergie nucléaire. Personne n’y croit, même pas Marine Le Pen.

Vous craignez qu’elle soit au second tour?

C’est tout à fait envisageable. La France est dans le doute par rapport au président de la République, à la façon de sortir du marasme dans lequel nous sommes. Et le doute produit de l’abstention et quand il y en a beaucoup, le FN est fort. Et là, personne n’est à l’abri, ni Nicolas Sarkozy, qui a perdu Jean-Louis Borloo, ni le PS qui doit recomposer son offre. Par contre, le FN recule quand il y a de l’espoir. Et celui-ci viendra de la gauche.

Ce ne serait pas une bonne nouvelle d’être au second tour face à Marine Le Pen?

On ne peut pas souhaiter ça. Après le 2ème tour Chirac – Le Pen en 2002, la France a été amputée du vrai débat et les cinq ans qui ont suivi ont été calamiteux.

 

14 Mai

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Un tournant: Jean-Louis Borloo s’en va

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Après la percée de Marine Le Pen à l’extrême droite, la sécession de Jean-Louis Borloo est un tournant majeur dans la pré-campagne présidentielle.  Non que Jean-Louis Borloo devancerait Nicolas Sarkozy. Et si l’ancien ministre était candidat, il y a fort à parier qu’il retirerait sa candidature si Sarkozy risquait d’être éliminé. Mais, il s’agit là de la sanction symbolique d’une perte de leadership. Un perte de confiance dans l’avenir du président sortant. C’est d’ailleurs la raison du raidissement des sarkozystes contre la gauche. Évidemment dans l’entourage présidentiel, on tente de faire de ce revers un atout : le double élargissement le FN et le centre pour le second tour. Mais l’épisode du RSA montre que cela ne marche pas. Parce que le ressentiment anti – sarkozy est à son comble et le bilan ne passe pas. Et provoquer l’union par le rejet des socialistes ne passe pas plus. Alors, la droite se fragmente.

10 Mai

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Appel aux forces de la gauche et de l’écologie

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Jean-Christophe Cambadélis a signé un appel, publié aujourd’hui dans Libération, pour « un accord de rassemblement de la gauche » en vue des élections présidentielles de 2012:

A l’occasion du 30ème anniversaire de l’élection du premier, et à ce jour seul, président de gauche sous la Vème République, la nostalgie n’est pas de mise. La gauche, parce que c’est sa vocation historique, a le devoir de se projeter dans l’avenir, donc de remporter l’élection de 2012. Une société de plus en plus injuste, à qui l’on prétend faire croire que c’est une fatalité, une jeunesse en panne d’avenir, des classes moyennes et populaires désemparées, la précarité qui s’accroît, la laïcité républicaine menacée, une France controversée. Aujourd’hui comme il y a trente ans, la France a besoin d’espérance, et de profonds changements.

Pour l’emporter, la gauche doit compter sur la vigueur de ses propositions et fédérer toutes celles et tous ceux qui veulent changer de politique pour changer la société. En ce 10 mai 2011, nous invitons donc toutes les forces de la gauche et de l’écologie à souscrire publiquement un «accord de rassemblement de la gauche» en vue de la prochaine élection présidentielle. Cet accord doit concerner le principe du rassemblement, la méthode de travail et la définition d’un «socle commun». Au-delà, il reviendra aux formations et aux partis politiques envisageant d’exercer ensemble le pouvoir de discuter d’un programme et d’un accord législatif.

Sans préjuger le choix des différents partis de présenter ou non une candidature, nous insistons pour que la campagne présidentielle se déroule à gauche dans cette perspective et avec cet esprit de rassemblement. Nous sommes convaincus que c’est la condition de la victoire en 2012, mais aussi celle d’un véritable changement en faveur du développement durable, de la justice sociale et de l’émancipation humaine. C’est pourquoi nous lançons un appel solennel aux responsables de la gauche et de l’écologie pour qu’ils s’engagent, dès à présent, sur le principe puis l’élaboration et la mise en œuvre de cet accord de rassemblement de toute la gauche qui, à partir d’un socle commun, doit déboucher sur un accord de gouvernement. Pour notre part, nous nous engageons à porter ce message partout où nos responsabilités et nos activités le permettront.

«Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à la condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut.» (François Mitterrand, 18 novembre 1994).»

Les signataires de l’Appel du 10 mai :

Laure Adler, écrivaine et éditrice, Jean-Jacques Augier, éditeur, Jean Auroux, ancien ministre, Jean-Paul Bacgy, président de la région Champagne-Ardenne, Guillaume Balas, président du groupe socialiste au Conseil régional d’Ile-de-France, Gérard Bapt, député, Maurice Benassayag, conseiller d’Etat, Pierre Bergé, président de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent, Etienne Butzbach, maire de Belfort, Jean-Christophe Cambadélis, député, Gilles Candar, historien, Michel Cantal-Dupart, architecte, Patrick Champagne, sociologue, Michel Champredon, maire d’Evreux, Gérard Charasse, député, Michekl Charzat, ancien député, Noëlle Châtelet, écrivaine, Maxime Dumont, dirigeant syndical CFDT, Najwa el-Haite, conseillère municipale du Havre, Anne Ferreira, vice-présidente de la région Picardie, Jacques Fleury, ancien député, Aurélie Filippetti, députée, Daniel Fontaine, maire d’Aubagne, Gérard Gaumé, ancien dirigeant syndical CGT, Louis Gautier, président d’Orion, Guy Georges, ancien responsable syndical, Daniel Goldberg, député, Benoît Hamon, conseiller régional d’Ile-de-France, Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et vice-président du Conseil régional de Haute-Normandie, Pierre Juquin, ancien député, David Kessler, directeur des Inrockuptibles, Bariza Khiari, sénatrice de Paris, André Laignel; secrétaire général de l’AMF, Christian Larose, militant CGT, ancien président de la section du travail au CESE, Rémi Lefèbvre, universitaire, Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre, Alain Lipietz, ancien député européen Europe Ecologie-Les Verts, Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, Philippe Marlière, professeur de Science politique, université de Londres, Emmanuel Maurel, vice-président de la région Ile-de-France, Jean Michel, député, Jean-Pierre Mignard, avocat, Jean Musitelli, ancien porte-parole de François Mitterrand, Monique Nemer, éditrice, Stéphane Peu, maire adjoint de Saint-Denis, Thomas Piketty, professeur à l’Ecole d’économie de Paris, Jean-Baptiste Prévost, membre du CESE, ancien président de l’UNEF, Franck Pupunat, mouvement Utopia, Paul Quilès, ancien ministre, Georges Saunier, historien, maître de conférences, Michel Wieviorka, sociologue, Emile Zuccarelli, ancien ministre.