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13 Déc

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Élection présidentielle: le trop plein !

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La décantation n’a pas encore fait son œuvre et nous sommes dans le trop plein. Jugez un peu: Corine Lepage, Christine Boutin, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Marine Le Pen, Hervé Morin, Dominique de Villepin, Frédéric Nihous et Nicolas Sarkozy à droite. A gauche, Jean-Pierre Chevènement, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud: 15 candidats ! Combien seront-ils après la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy en février ? Pour l’instant tout le monde est « reine d’un jour ». Mais il faut plus qu’un TF1 pour aller de l’annonce à la confirmation officielle. Mais pour l’instant, cet état des choses rend la campagne confuse. D’autant que l’anecdotisation des événements est de mise. Comme Nicolas Sarkozy ne se déclare pas mais joue de son surplomb présidentiel, cela pourrait l’avantager en décourageant voire en éparpillant l’anti Sarkozysme. Voilà pourquoi la clarté de l’alternative à Sarkozy doit être posée avec netteté. Tout ce qui perturbe, obscurcit, détourne du combat Sarkozy / Hollande est néfaste à la campagne. En période de crise les français ont besoin de choix clairs.

22 Juin

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Jean-Christophe Cambadélis a dialogué aujourd’hui avec les lecteurs du Monde lors d’un chat. Retrouvez l’integralité de l’échange ci-dessous ou sur le site du quotidien:

Jean-Christophe Cambadélis se place pour succéder à Martine Aubry

Amélie P : Quels sont les éléments qui vous ont décidé à rejoindre Martine Aubry ? La promesse d’un sous-secrétariat d’Etat ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai déjà dit, à l’époque où Dominique Strauss-Kahn était possiblement candidat, que je ne serais pas ministre. Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn, Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry, cela a toujours été ma position. A partir du moment où l’un des deux n’était pas candidat, l’autre allait de soi.

Je crois que Martine Aubry, par le travail qu’elle a effectué, tant à Lille qu’au Parti socialiste, voire au gouvernement de Lionel Jospin, est une personnalité de gauche capable de rassembler, d’innover, voire de bousculer une France qui en a bien besoin.

Fox : Si vous ne souhaitez pas être ministre, que ferez-vous en 2012 en cas de victoire de la gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai indiqué il y a de cela un an que je me sentais plus utile au Parti socialiste que dans un des ministères de la gauche. Je crois nécessaire que le parti majoritaire soit animé convenablement, qu’il joue son rôle de vigie, d’impulsion, de combat politique. Je crois que tout en soutenant la politique du président ou de la présidente de la République, il doit être en capacité de renouveler les idées politiques et de mener le combat contre ceux qui s’opposeront à la marche du changement.

Donc c’est pour moi un rôle essentiel, et je vais vous faire une confidence : je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan.

Louis : Quelles sont les qualités pour être un bon premier secrétaire du PS ?

Jean-Christophe Cambadélis : La patience, la conviction, l’écoute, et la capacité à rassembler. Il faut aussi, je crois, avoir une bonne capacité d’analyse politique d’anticipation. Toutes qualités que je crois modestement avoir.

DSK : Vous dites : « Je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan. » Vous estimez donc que la politique du gouvernement sera conduite par et pour le parti et les militants de gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis: Comme toujours sous la Ve République, le président doit rassembler au-delà de son propre camp. C’est la clé de voûte de nos institutions. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Nous ne sommes pas sous un régime parlementaire mais présidentiel. Il n’en reste pas moins qu’il y aura une majorité parlementaire, tout du moins je le souhaite. Et dans celle-ci, le Parti socialiste aura un rôle non négligeable, il devra défendre le programme qui est le sien.

Donc si le président de la République ne peut se réduire au programme des socialistes, les socialistes ne peuvent pas abdiquer leur programme, même sous une présidence d’origine socialiste.

Guest : Un échec du Parti socialiste à la présidentielle de 2012 le fera-t-il éclater ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous comprendrez que c’est une perspective que je ne souhaite pas. Mais je ne crois pas à l’éclatement. Il y aura des départs, des querelles, de la contestation, de la colère, de l’amertume, tout ce que vous voulez, mais pas d’explosion. Parce que le Parti socialiste est très implanté dans les collectivités locales, conseils généraux, régionaux, municipalités. Ce sont les cerceaux qui tiennent le tonneau socialiste, si vous me permettez l’expression.

Et eux, ils tiendront, ne serait-ce que pour continuer à diriger lesdites collectivités locales. Par contre, je crois que, lentement, sûrement, comme nous pouvons le voir en Allemagne en ce moment avec les Verts, vis-à-vis du SPD, comme nous l’avons vu avant-hier entre le Parti radical et la force montante socialiste, un processus de substitution se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne, écologique, frondeuse, audacieuse, viendra petit à petit se substituer dans les collectivités locales au Parti socialiste. Cela peut durer un moment, mais le danger sera là.

DSK : Vous dites que « se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne » : le PS manque de modernité selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Sur un certain nombre d’aspects, oui. Le Parti socialiste s’est beaucoup modernisé, mais il est en retard sur la société dans le domaine d’un autre modèle de consommation, d’une autre manière d’être, plus frugale, plus écologique. N’oublions pas que le Parti socialiste est fils du productivisme, de la société industrielle, et il a encore du mal à s’adapter au monde tel qu’il est en train de muter.

Arno K : Pourquoi les strauss-kahniens ne sont-ils pas parvenus à donner d’une seule voix leur soutien à l’un des candidats socialistes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Les strauss-kahniens sont pluriels depuis le congrès de Reims, qui a vu certains d’entre eux choisir Bertrand Delanoë et sa motion dans le congrès, et d’autres Martine Aubry. Ils s’étaient à nouveau rapprochés dans la perspective de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, et il faut bien dire que son éviction les a pris de court.

Certains réfléchissent, d’autres s’engagent, comme moi, auprès de Martine Aubry, mais tous veulent continuer à défendre ce qui faisait le succès de Dominique Strauss-Kahn, c’est-à-dire son réformisme moderne.

Romaindu26 : Qui a la carrure pour reprendre le flambeau des strauss-kahniens après DSK, Manuel Valls ?

Jean-Christophe Cambadélis : : Je ne pense pas que le strauss-kahnisme, s’il existe, puisse être porté par une des personnalités actuelles du Parti socialiste. Chacun aura à se définir ou à définir ce qu’il estime nécessaire pour la gauche et la France. Chacun peut puiser dans l’arsenal idéologique et politique de Dominique Strauss-Kahn. Mais malheureusement, ce dernier, parce qu’il n’a pas gagné l’élection présidentielle, n’aura pu fonder un courant politique à l’aune d’un François Mitterrand.

Il reste que dans son entourage il y a des personnalités de valeur qui toutes joueront un rôle dans les années à venir : Manuel Valls, Pierre Moscovici, Marisol Touraine, Sandrine Mazetier, Jean-Marie Le Guen, Vincent Peillon. Pourquoi pas moi-même ?

Guest : Pourquoi vous allier avec Martine Aubry et Laurent Fabius, qui représentent l’inverse de ce que voulait défendre DSK – l’audace, l’avenir, la démolition des dogmes… – Quelqu’un comme Hollande ou Royal ne serait pas plus en phase avec votre courant ?

Jean-Christophe Cambadélis : François Hollande était à ce point en phase avec Dominique Strauss-Kahn qu’il se proposait de l’affronter jusqu’au bout, lors des primaires du Parti socialiste, indiquant que lui, contrairement à DSK, n’avait pas de problème avec la gauche. Sous-entendu, à l’époque : la gauche du Parti socialiste et celle de Jean-Luc Mélenchon. Martine Aubry était à ce point éloignée de Dominique Strauss-Kahn qu’elle se proposait de le soutenir dès le premier tour des primaires.

J’ajoute que le programme du Parti socialiste, qui avait été jugé strauss-kahno compatible, s’est construit sous la houlette de Martine Aubry et a été voté à l’unanimité. Enfin, permettez-moi un petit mot : il m’aurait semblé particulièrement déloyal de dire à Martine Aubry : « Choisissons celui qui est le mieux placé. », c’est-à-dire, à l’époque, Dominique Strauss-Kahn, et aujourd’hui qu’il est empêché, lui dire : « Ecoute, cela ne valait que pour Dominique Strauss-Kahn. »

Ce n’est pas ma conception de la loyauté en politique. Donc ni dans le fond ni dans la forme je me devais de faire un autre choix.

DSK : Vous vous êtes prononcé en faveur d’une candidature de Martine Aubry. Qui ferait un bon premier ministre selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous allez vite en besogne. Elle ne s’est pas encore déclarée, elle n’a pas encore été désignée, elle n’a pas gagné, et vous me demandez qui serait son premier ministre. Eh bien je n’en sais rien à cette étape. Je crois que si nous l’emportons, il se révélera dans la campagne par ses qualités, ou elle se révélera dans la campagne par sa combativité.

AFFRONTER LA DÉMONDIALISATION

Ro : Peut-on envisager un retour à la politique française de DSK dans l’hypothèse où il serait acquitté en janvier 2012 ?

Jean-Christophe Cambadélis : Evidemment, on peut souhaiter que Dominique Strauss-Kahn soit blanchi des accusations épouvantables portées contre lui. Si c’était le cas, à l’évidence, sa parole aurait de l’importance dans la campagne électorale.

Mais je me demande si on aura le temps de voir ce souhait réalisé. Enfin, il semble difficile de penser qu’après ce qui vient d’arriver, ce dernier ait envie de se relancer dans la campagne présidentielle. Donc une parole forte, oui ; une candidature, certainement pas.

Mohand : Quelle est la position de Dominique Strauss-Kahn actuellement. Soutient-il un candidat ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous n’êtes pas sans savoir que Dominique Strauss-Kahn est plus occupé à organiser sa défense qu’à participer au débat interne du Parti socialiste. Il serait quand même malvenu, après avoir défrayé la chronique de la planète, qu’il vienne là dire aux socialistes, en les tirant par la manche : « Au fait, il faut voter pour tel ou tel. »

Vidocq : Christine Lagarde va probablement succéder à DSK à la tête du FMI. N’est-ce pas symptomatique d’un clivage droite/gauche de moins en moins marqué, du moins sur le plan économique ?

Jean-Christophe Cambadélis: Pas tout à fait. Si vous voulez dire que la gauche et la droite placent leur action dans l’économie de marché sans s’en extraire, c’est évident. Mais les uns sont régulateurs, et les autres pour le laisser-faire. On peut être directeur du FMI comme Dominique Strauss-Kahn et imposer un nouveau cours à l’institution, rompant avec le consensus de Washington, c’est-à-dire les thérapies de choc libérales ; et l’on peut être directeur ou directrice du FMI et tenter d’appliquer au monde ce que l’on préconisait pour la France.

Voilà deux directeurs qui président aux destinées de la même institution, mais ne font pas la même politique.

Tetsuya : De partout on entend parler de « démondialisation » et de sortie de l’euro. En tant que secrétaire national du PS chargé de l’Europe et des relations internationales, quelles sont vos positions là-dessus ?

Jean-Christophe Cambadélis : On peut partager l’idée d’une démondialisation, par exemple dans le domaine de l’agriculture. Importer des gigots d’agneau de Nouvelle-Zélande ne semble pas tout à fait opérationnel quand nous en produisons nous-mêmes de très bonne qualité. Mais je suis gêné par ce terme, il donne l’impression que nous voulons nous retirer du monde, qu’il y aurait une ligne Maginot, frontière économique, qui nous permettrait de consommer, de vivre en vase clos en France.

Il ne faut pas se dérober à la mondialisation, il faut l’affronter. Je suis favorable à la révolution silencieuse, celle de la norme. Je suis favorable à une domestication écologique et sociale de l’économie de marché. C’est l’exemple que nos prédécesseurs ont donné. Au début du capitalisme sauvage, qui détruisait des vies, des enfants, ils remettaient en cause le mode de production précédent qui bouleversait les campagnes, et il a fallu un combat acharné pour le rendre moins dur, obtenir des acquis, introduire le social dans la production. Eh bien c’est un peu ce travail qui recommence.

J’ajoute qu’il faut un espace efficace ou efficient pour mener cette bataille de la norme. Et cet espace, c’est l’Europe. Regardez comment le débat avance. Il y a quelques années, on regardait les socialistes français comme des hurluberlus parce qu’ils étaient pour la taxation des mouvements de capitaux, pour une gouvernance économique, ou pour le juste échange, c’est-à-dire introduire des normes de réciprocité dans les échanges.

Eh bien aujourd’hui, c’est le programme du Parti socialiste européen. Hier, Sigmar Gabriel, le leader du SPD allemand, est venu au côté de Martine Aubry dire qu’il partageait cette vision et ce combat.

Voilà le vrai chemin dans la mondialisation.

Randy : Que doit faire le Parti socialiste pour contrer la montée des populismes en France et en Europe ?

Jean-Christophe Cambadélis: Commençons par la France. Il faut réenchanter la politique, montrer et démontrer, voire proposer, un autre chemin que les chemins battus et rebattus par la droite depuis dix-sept ans. Ce que l’on appelle une « alternative » à la droite.

Plus nous serons dans l’innovation, la rupture, l’audace, plus l’espoir sera au rendez-vous. Et le meilleur moyen de réduire le populisme, c’est de construire l’espoir. En un mot, plus vous avez de votants, moins le national-populisme pèse. Je crois que la victoire de la gauche en France peut constituer un déclic en Europe. Vous aurez les élections l’année suivante en Allemagne, vraisemblablement en Angleterre, surtout en Italie et dans l’Europe du Nord. Nous pouvons avoir à nouveau un moment social démocrate, mais une social-démocratie de type nouveau qui a tiré le bilan de son échec à accompagner le système libéral et qui pense et porte un nouveau modèle de développement.

Annie K : On vous qualifie depuis des années, sans que vous démentiez, comme le premier lieutenant de DSK. Pouvez-vous encore affirmer que jamais vous n’avez constaté que l’ancien patron du FMI avait une attitude condamnable vis-à-vis des femmes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je peux le constater, je peux vous l’affirmer, je n’ai jamais remarqué d’attitude condamnable, comme vous dites, en ma présence, auprès des femmes.

L.O. : Que pensez-vous du supposé revirement de position de François Hollande vis-à-vis de Tristane Banon, qui dit avoir reçu son soutien pendant la période qui a suivi l’affaire alors qu’il nie aujourd’hui avoir été au courant des faits ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je ne connais rien de cette affaire, encore moins des relations de François Hollande et de Mme Banon, et je me garderai bien de tout commentaire en ce domaine.

Nadine M : Ne pensez-vous pas que la révélation de l’affaire Tron a permis au PS d’échapper au pire concernant son image auprès des Français puisque finalement chaque camp à ses cas pathologiques…

Jean-Christophe Cambadélis : Vous faites peu de cas de la présomption d’innocence, pour l’un comme pour l’autre. Une révélation vaut pour vous condamnation. Je ne crois pas que les Français l’aient vu de cette façon. J’en veux pour preuve l’extrême popularité, pour l’instant jamais démentie, du Parti socialiste et de ses candidats à la présidentielle qui – pour les principaux d’entre eux – battent à plate couture le président sortant.

Hélène B : Jacques Mahéas a été condamné pour harcèlement sexuel, en appel et en cassation, depuis plus d’un an. Le PS a envisagé de statuer sur son cas après la publicité de l’affaire DSK… N’est-ce pas tard ? le PS ne doit-il pas exclure Jacques Mahéas ?

Jean-Christophe Cambadélis : Le PS avait été saisi dans le cadre de sa commission des conflits, avant ce que vous appelez l’affaire DSK, et celle-ci devait statuer le 8 juillet. C’est toujours le cas. Il y a des procédures internes au Parti socialiste. Il faut simplement les respecter comme on doit respecter les procédures judiciaires.

NICOLAS SARKOZY EST DANS UN « CORNER »

Henry : Entre Bayrou, Borloo, Villepin ou encore Hulot, le centre ne risque-t-il pas d’être embouteillé en 2012 ? Le PS n’aurait-il pas à gagner à désigner un candidat vraiment ancré à gauche, et non un social-libéral comme l’était DSK ?

Jean-Christophe Cambadélis : La question ne se pose plus tout à fait. Mais je crois que Dominique Strauss-Kahn, tout en étant de gauche, attirait à lui des franges non négligeables du centre, comme Mitterrand avait pu le faire en 1988.

Mais aujourd’hui, nous n’avons pas de candidat comme Dominique Strauss-Kahn, capable de dominer le centre. Donc notre intérêt, c’est d’avoir un candidat ou une candidate qui « sécurise notre couloir » de socialistes, démocrates et écologistes. Car mon avis est que tout se jouera au premier tour. Si vous allez au centre et que vous perdez à gauche, dans une situation où vous ne dominez pas le centre, vous perdez de tous les côtés. Et vous pouvez vous retrouver derrière Marine Le Pen, et donc être éliminés au premier tour. Tout cela fait un peu cuisine ou tactique électorale, mais au-delà de la réponse aux problèmes des Français, le positionnement d’une campagne a son importance.

DSK : Pensez-vous que l’UMP joue la carte de la séduction de l’électorat frontiste ou drague-t-il le centre de Borloo et Bayrou ? Comment lisez-vous la stratégie de Nicolas Sarkozy ?

Jean-Christophe Cambadélis : La stratégie de Nicolas Sarkozy est la balkanisation du centre et l’OPA amicale sur le Front national. Il pense qu’il sera au deuxième tour et qu’il lui restera à ramener à lui les deux composantes d’une majorité. C’est plus facile à dire qu’à faire. Car la grande faiblesse de cette stratégie, c’est qu’elle s’est accompagnée d’une droitisation et d’une opposition frontale des Français à cette droitisation.

Nicolas Sarkozy est dans un « corner », il a pensé au deuxième tour faire venir à lui l’électorat frontiste avant le premier, avoir une surface suffisante entre l’électorat de l’UMP et l’électorat du centre.

Donc au-delà de son échec, qui sera patent lors de l’élection présidentielle, il devra tout à la fois séduire une partie de la droite qui ne supporte pas le national-populisme de Marine Le Pen et une partie de l’extrême droite qui vomit littéralement le centrisme européiste d’un Borloo ou d’un Bayrou. Rude tâche…

Bernard : En cas de victoire du parti socialiste, un gouvernement pluriel avec Europe Ecologie est-il envisageable ?

Jean-Christophe Cambadélis : Tout à fait. Je crois qu’il est nécessaire que l’ensemble des gauches et des écologistes se retrouvent au pouvoir pour changer vraiment la France. Ne nous trompons pas : la droite, qui occupe la présidence de la France depuis dix-sept ans, va nous laisser une situation épouvantable dans le domaine de la dette, de la crise industrielle, du retard social et économique, voire de l’avancée européenne.

Il faudra être unis et soudés si nous voulons passer toutes ces difficultés. Sinon, les querelles reprendront, les gens se décourageront, et nous serons sanctionnés avant d’avoir pu agir.

Chat modéré par Eric Nunès

20 Juin

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Martine Aubry: la dame du FAIRE

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis.

Voilà 17 ans que la droite et l’UMP président la France, il est temps qu’une nouvelle logique s’installe à la tête de la France. (…) C’est possible tant Nicolas Sarkozy est repoussée, rejetée. (…) Tout se joue au premier tour de l’élection présidentielle. (…) j’encourage Martine Aubry à se présenter et si c’était le cas, je la soutiendrais.

D’abord parce qu’elle assure à gauche et rassure les Français. Ensuite elle combine les valeurs républicaines et la passion de l’innovation. Enfin, Martine c’est la dame du FAIRE tant à Lille qu’au Parti Socialiste, là où de nombreux hommes et femmes politiques sont dans la parole émolliente. (…) Je connaissais l’inclinaison de Dominique Strauss-Kahn. Il était soit pour sa propre candidature, soit pour celle de Martine Aubry. Comme il est dans l’impossibilité de se présenter, c’est Martine Aubry. (…) L’axe gagnant c’est celui qui fera l’alliance de la démocratie, de l’écologie, et du social.

10 Juin

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Interview dans le JDD.fr: « Il faut sortir du traumatisme »

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La droite s’est réunie mercredi pour parler justice sociale. Que pensez-vous de sa proposition  sur le RSA?

Cela résume bien la philosophie de l’UMP : Punir les pauvres! C’est toujours à cette catégorie de la population que la droite s’en prend. Vous n’entendez jamais le gouvernement dire que la priorité c’est la redistribution ou les salaires. Le discours est toujours le même : ceux qui sont en difficulté ont trop davantages.

Que proposez-vous?

Nous proposons un vaste plan pour relancer la croissance. Sans la croissance, pas d’emplois et donc des déficits sociaux. Nous proposons également une vraie réforme fiscale pour soutenir cette croissance et un modèle de société. Une société écologique, sociale et juste. Nous mettrons en place une politique ciblant les catégories de population les plus en difficulté, comme les jeunes –avec 300.000 emplois créés. Nous nous attaquerons également à la question du logement qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Notre stratégie est celle des trois tiers :  un tiers pour la justice sociale, un tiers pour l’avenir, un tiers pour réduire nos déficits. C’est le cercle vertueux du redressement.

François Hollande a avancé des chiffres très ambitieux : un million de logements nouveaux. Est-ce la proposition du PS?

Nous sommes radicaux non? (rires) C’est en effet dans la ligne du PS, même si notre priorité reste le blocage des loyers. Mais oui, nous nous lancerons dans un vaste plan de construction de logements neufs.

Le PS n’a cependant pas été audible sur la question du RSA. C’est pourtant un sujet où vous êtes attendus.

Nous n’avions pas besoin de parler, puisque la droite elle-même se déchire sur le sujet! Un ministre est recadré par le Premier ministre, mais le secrétaire général de l’UMP soutient le dit ministre. Ça ressemble à une belle cacophonie, non? Pourquoi voulez-vous que le PS mette son grain de sel? On les laisse faire car de toute façon, nous aurions été inaudibles. Nous ferons des propositions concrètes en temps et en heure.

Pour améliorer l’exécution des peines,  Eric Ciotti a repris à son compte l’idée d’un encadrement militaire proposée par Ségolène Royal en 2007. Est-ce envisageable?

Là encore, on peut souligner les différences radicales entre le discours de Claude Guéant à Sevran et celui d’Eric Ciotti ! Je propose que l’on se calme dans la surenchère sécuritaire. L’insécurité, c’est aussi un problème d’aménagement du territoire. Quant à la police, on a concentré les forces de police dans les centres ville. En banlieue, on a mis en place, avec la Brigade anti-criminalité (BAC), une politique du coup de poing. Cette politique, qui tourne le dos au maillage policier, a échoué. Il faut donc revoir tout cela et mettre en place une politique de sécurité qui mixe la police locale et une présence de la gendarmerie, mais uniquement quand cela est nécessaire. L’UMP ayant échoué, le ministère de l’Intérieur pousse la surenchère des mots, alors qu’il faut l’efficacité des fait.

François Hollande a  annoncé qu’il souhaiterait augmenter les impôts. Etes-vous sur la même ligne?

« Il faut une réforme fiscale ». Conduira-t-elle pour une certaine frange de la population à une hausse des impôts? Très certainement, car on supprimera des niches fiscales. Mais d’autres se trouveront dans une situation beaucoup plus favorable, avec un impôt progressif. Nous devons être transparents avec les Français et leur dire que nous ne pourrons pas faire face à notre déficit et à nos dépenses d’avenir avec une politique fiscale qui est un gruyère. Il faut chercher l’efficacité, pour la puissance publique. Mieux, la réforme fiscale est indispensable pour retrouver une souveraineté budgétaire.

François Hollande n’est-il pas, idéologiquement, le candidat le plus proche de votre famille social-démocrate?

Il en est tellement proche qu’il se proposait d’être candidat jusqu’au bout contre Dominique Strauss-Kahn ! (rires) C’est donc qu’il se pense différent, non ? Et Martine Aubry est tellement éloignée qu’elle se proposait de le soutenir ! Aubry et Hollande sont-ils si différents ? Comparons : Aubry et Hollande sont tous les deux énarques, ont tous les deux fondés le Club Témoins, ont tous les deux soutenu la candidature de Jacques Delors en 1995, puis celle de Jospin en 2002, avant de participer tous les deux à l’aventure de la gauche plurielle. Aubry et Hollande ont tous les deux voté oui au Traité constitutionnel, et adopté ensemble le programme de la prochaine élection présidentielle. Avec, certes, des caractères différents, ils ont tous les deux dirigé le PS de la même façon, avec des idées réformistes et européennes très ancrées. Donc, si je m’en tiens au cheminement de l’un et de l’autre, ils sont quand même très proches. Et si Hollande se réclame de la social-démocratie, il se préparait à affronter DSK en disant qu’il était plus à gauche que lui (rires). Il est donc, dans ce domaine difficile, de les départager. Si les strauss-kahniens parviennent à se rassembler, nous prendrons d’autres critères pour faire notre choix.

Comment se porte votre courant aujourd’hui?

Il est bousculé, humainement et politiquement. Il était pluriel, il le reste. Mais tous nous voulons faire vivre, dans un cadre nécessairement nouveau, les idées de DSK. Chacun l’affiche au travers de tribunes, d’appels ou de pétitions.  J’ai parlé de convergences parallèles. Elles se rejoignent normalement à l’infini, mais l’infini ici doit être la fin du mois.

Avez-vous choisi votre camp?

Je ne vais pas dire maintenant où je me situe pour ne pas être un obstacle à notre rassemblement. Je pense qu’il faut sortir de ce traumatisme en arrêtant de penser à nous et en pensant aux autres. Il faut mettre à l’ordre du jour une réflexion moins sur ce que nous avons perdu que sur ce que nous voulons gagner, c’est à dire la défaite de Nicolas Sarkozy. Réfléchissons en termes d’efficacité, et pas en termes de témoignage.

Vous visez Pierre Moscovici qui entretient le doute sur sa candidature?

Je ne vais pas critiquer une initiative. Je dis qu’il ne faut pas être sectaire vis-à-vis de tout ce qui provient de la strauss-kahnie. On discutera, je ne suis pas sûr que ce soit la seule option que Pierre Moscovici a en tête.

Et Manuel Valls, qui lui est déjà candidat?

Il a posé sa candidature sur deux plans. D’abord il a 48 ans et ça personne ne peut le nier. Ensuite, il se dit capable d’entraîner l’ensemble de la gauche, ce qui est possible, mais est-il le seul ? J’attends qu’il définisse un peu plus son objectif. Quelles sont ses perspectives? Que propose-t-il au pays?

N’y-t-il pas un risque d’éparpillement des candidatures strauss-kahniennes, comme ce fut le cas au Congrès de Reims, en 2008?

A l’impossible nul n’est tenu. J’appelle au rassemblement,  car rien ne justifie l’éparpillement. Il  y aura d’autres moments pour faire entendre sa singularité.

Avez-vous eu l’occasion de parler à Dominique Strauss-Kahn?

Oui. Mais il ne passe pas son temps au téléphone à appeler Paris comme on peut le lire dans les gazettes. D’abord, parce qu’il ne peut pas le faire. Ensuite, je ne crois pas qu’il en a vraiment envie.  Je l’ai trouvé combatif, mais triste.

Pouvez-vous nous dire où il en est aujourd’hui ? Concentré sur le procès à venir, se repassant le film des événements… ?

Il ne s’exprime pas trop sur ce sujet. Vous comprenez aisément pourquoi. Si ses avocats ne communiquent pas sur les éléments de sa défense, ce n’est pas lui qui va le faire, même à ses amis.

Avez-vous parlé politique avec lui ?

Non. Il n’est pas en train de piloter depuis New York l’avenir de la strauss-kahnie. Ce n’est plus sa préoccupation.

Pensez-vous qu’il puisse, un jour, peser à nouveau sur le débat politique français?

S’il est reconnu, comme je le pense, innocent des faits qui lui sont reprochés, le regard que lui porteront les Français sera plutôt sympathique. S’il est condamné, la question de son retour ne se posera plus.

Vous avez travaillé pendant des années dans son ombre, avec un but : la présidentielle. Lui en voulez-vous?

L’issue du procès  le dira. Si un « not guilty » est prononcé, on sera malheureux car on sera passé à côté de quelque chose. Il faudra alors s’interroger sur les raisons pour lesquelles on en est arrivé là. S’il est condamné pour viol ou agression sexuelle, je ne placerais  pas l’amitié au-dessus de ça. Mais je ne le crois pas coupable. Je ne suis donc pas à l’heure actuelle dans le ressentiment. Je fais simplement le constat d’un immense gâchis si j’en juge la sympathie de l’opinion publique pour DSK. Les gens m’arrêtent dans la rue pour me faire passer des messages pour lui. Les Français l’attendaient. Ce qui revient le plus souvent dans leur bouche : « il était trop haut, donc ils l’ont descendu ». Je ne sais pas qui est ce « Ils » (rires).

Si les Français, d’après vous, soutiennent DSK, ce n’est pas le cas d’Arnaud Montebourg qui a explicitement pris ses distances.

Je suis étonné qu’un avocat soit dans le préjugé coupable. Il fait partie du courant justicialiste de la société française, je crois ? Il devrait savoir ce qu’est la présomption d’innocence. Je pense qu’il est parfois aveuglé par la présomption de reconnaissance.

Une boite de Pandore a été ouverte. On ne compte plus les élues se plaignant de l’attitude de leurs collègues masculins.

L’Assemblée est sexiste mais pas plus, pas moins, que ne l’est notre société. Des propos déplacés, des vannes entre mecs, du sexisme courant, cela existe oui, mais pas plus qu’ailleurs. Il faut arrêter de faire de l’Assemblée le lieu du machisme incarné. Ce n’est pas vrai. Les groupes politiques commencent d’ailleurs à s’imposer une parité, ce qu’il n’y a pas, par exemple, dans les médias.

On est encore très loin de la parité à l’Assemblée. Que faire pour y parvenir?

Vous avez raison, il n’y a pas assez de femmes. Mais il n’y a pas non plus assez de représentants des minorités visibles, de salariés, de gens issus des couches populaires. La représentation est déformée par rapport à la société, elle n’est pas simplement sexuée. Les partis doivent  promouvoir des hommes et des femmes issus de la diversité. Pour les législatives, le PS va faire un gros effort en ce sens. C’est une préoccupation constante de la première secrétaire.

Martine Aubry, comme François Hollande, sont vivement attaqués par Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qui leur reprochent d’être là depuis trop longtemps. Comprenez-vous ces critiques?

Je suis un archaïque : je ne pose pas les problèmes en termes de génération, mais en termes d’orientation politique. Ils sont presque jeunes, certes, mais ça fait très longtemps qu’ils font de la politique. On peut être jeune et avoir presque 30 ans de politique dans les jambes. Je ne pense pas qu’il soit bon de poser les problèmes comme cela, sinon il n’aurait pas fallu que Mitterrand soit candidat, lui qui avait déjà été ministre de la IVe République. Je me rappelle d’une phrase qu’il adressait souvent à Laurent Fabius, qui était jeune et conquérant : « Prenez votre place dans la file, là, un peu plus loin, votre tour viendra… « 

Un appel vient d’être lancé pour un retour de Lionel Jospin. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Je ne le crois pas dans cet état d’esprit. Mais cela montre que les socialistes avaient un candidat qui était en situation de l’emporter et qu’ils cherchent à reconstituer une offre politique. D’autres réclamaient également le retour de Laurent Fabius. Cela ne veut pas dire que les candidats en piste sont moins bons, cela veut juste dire qu’ils sont autrement bons.

Que conseillez-vous à Martine Aubry quant à l’annonce de sa probable candidature?

Il y a un temps de décence. Et puis peut-être le temps de la présence. Et elle a toujours dit qu’elle respecterait le calendrier. Elle était d’ailleurs en désaccord avec François Hollande, qui s’est déclaré candidat juste après les cantonales. Lui continue sur son offensive, Martine respecte ce qu’elle a dit avant. Si elle se précipitait, on lui reprocherait, c’est une évidence.

Et vous, quand allez-vous annoncer votre soutien à Martine Aubry?

Je vous le répète, il faut d’abord rassembler les strauss-kahniens et  nous aurons, je l’espère, une décision collective.

La primaire est-elle toujours le bon outil pour fédérer les socialistes?

Plus que jamais. Elle va booster notre candidat, le mettre en scelle et clore le doute et la comparaison. Je pense que l’un des candidats se détachera à la fin et ainsi, il sera hors de toutes critiques. Les sondages l’avaient fait pour DSK, mais là, c’est la primaire qui va le faire pour celui ou celle qui sera désigné.

Cela n’avait pas bien marché en 2007.

Non, car on avait raté la séquence suivante : comment se réunir. On avait fait une toute petite convention à la Mutualité. Ségolène n’avait pas fait venir à la tribune Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Au niveau du conseil politique, nous sommes en train d’y travailler. Nous ferons une grande convention du Parti socialiste qui permettrait un moment de rassemblement entre novembre et les vacances de Noël.

Sous cape, le parti présidentiel revendiquerait presque déjà la victoire.

On peut dire trois choses. D’abord, nous avons connu un rebondissement, il n’est pas impossible qu’il y en ait d’autres. Il ne faut jamais omettre l’aléa en politique. Deuxièmement, le rapport de Nicolas Sarkozy avec la France est détestable et pour l’instant il ne l’a pas inversé. Il n’y a pas de désir sarkozyste dans le pays. Il y a un rejet. A leur place, ce point me ferait douter. Le troisième est qu’il n’y a pas de projet sarkozyste, il n’y a que le bilan, et il est ô combien calamiteux. On sait ce que Sarkozy proposera à la France, la continuité de ce qu’il a fait. Ce qui le met dans une situation de campagne extrêmement difficile. Il va devoir défendre son bilan quand nous défendrons un projet alternatif. Il est donc en position de faiblesse. J’observe que Nicolas Sarkozy rassemble moins son camp aujourd’hui que le 14 janvier 2007 où il s’était lancé dans la course. L’UMP est divisé sur tous les sujets et les radicaux s’en sont allés. Tout ceci va peser sur la campagne. Nos adversaires devraient être beaucoup plus prudents qu’ils n’ont l’air de l’être.

Quels sont les thèmes de campagne sur lesquels il faut absolument appuyer pour l’emporter en 2012?

Il y en a énormément. Mais, d’abord, je crois, la question que portait DSK reste : la sortie de crise économique et sociale. C’est le grand échec de Sarkozy. La deuxième grande question, c’est l’intérêt général, la question républicaine. Le président n’a jamais porté l’intérêt général, il porte l’intérêt des plus riches et son intérêt particulier. Il peut dire qu’il est actif, mais c’est une action désordonnée. Ce n’est pas un homme de rassemblement. Il y a beaucoup d’interrogations sur le devenir des Français. Ils veulent savoir avec qui ils vont remonter et avec qui ils vont dévaler la pente. Le problème de Sarkozy, c’est qu’il est au bout de la chaîne d’une longue séquence où la droite est au pouvoir. Ça fait 12 ans que l’UMP gouverne la France et 12 ans c’est long. Souvenons-nous des « dix ans ça suffit » contre le Général de Gaulle. Et il n’est pas le Général de Gaulle.

Que pensez-vous de la « démondialisation » prônée par Arnaud Montebourg?

Elle a des aspects intéressants : en termes d’agriculture il vaut mieux produire là où on habite. Mais, je crois – dans un débat avec Arnaud j’ai employé cette image -, c’est un peu comme de faire brûler des pneus face à un nuage de sauterelles, ça ne règle pas le problème. Ça donne l’impression que l’on va se retirer du monde. On ne combat pas la mondialisation comme cela. On donne l’impression de la fuir, alors qu’il faut l’affronter en faisant la « révolution silencieuse », celle des normes. Il faut définir quel est l’espace efficace pour le faire. Et ça, c’est l’Europe. La « démondialisation » peut sembler sympathique, mais c’est un couteau sans lame.

Et le protectionnisme à la Le Pen?

C’est la ligne Maginot. On sort de l’euro, de nos accords internationaux, du commerce mondial et puis on dit « on commerce entre Français ». C’est la Corée du Nord, avec l’énergie nucléaire. Personne n’y croit, même pas Marine Le Pen.

Vous craignez qu’elle soit au second tour?

C’est tout à fait envisageable. La France est dans le doute par rapport au président de la République, à la façon de sortir du marasme dans lequel nous sommes. Et le doute produit de l’abstention et quand il y en a beaucoup, le FN est fort. Et là, personne n’est à l’abri, ni Nicolas Sarkozy, qui a perdu Jean-Louis Borloo, ni le PS qui doit recomposer son offre. Par contre, le FN recule quand il y a de l’espoir. Et celui-ci viendra de la gauche.

Ce ne serait pas une bonne nouvelle d’être au second tour face à Marine Le Pen?

On ne peut pas souhaiter ça. Après le 2ème tour Chirac – Le Pen en 2002, la France a été amputée du vrai débat et les cinq ans qui ont suivi ont été calamiteux.

 

03 Mai

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Mise au point: devant l’avalanche d’informations sur les primaires du PS

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1 – DSK n’a pas annoncé sa candidature.

2- Il n’y a donc pas de date de candidature.

3- Martine Aubry n’a pas décidé de ne pas être candidate.

4- DSK et Martine Aubry décideront ensemble le moment venu.

5- Nul ne peut donc parler en son nom.

6- Il n’y a ni opposition ni concurrence entre les amis de Dominique Strauss-Kahn, la preuve ils se coordonnent.

7- Chacun, comme c’était le cas depuis des mois, réunit ses amis.

8- La coordination du mardi soir qui réunit Vincent Peillon, Michel Destot, Claude Bartolone, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis et leurs amis n’est ni un nouveau courant, ni un comité politique de DSK, ni une défiance vis-à-vis de Martine Aubry, Ségolène Royal ou François Hollande. C’est simplement l’envie d’échanger entre pro-DSK.

9- Le problème de l’heure reste la popularisation du projet, parce que le Parti socialiste doit faire la démonstration qu’il n’a pas que des candidats mais aussi des idées.

03 Mai

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L’invité de la matinale Radio Classique/Itélé

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Pour regarder l’émission sur le site de Itélé cliquez ici.

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique de l’émission « En route vers la présidentielle », émission animée par Guillaume Durand avec Mickaël Darmon sur Radio Classique et Itélé.

Mort d’Oussama Ben Laden

« C’est l’histoire qui nous dira (…) et pourquoi il était là depuis le mois d’août comme l’a indiqué Barack Obama dans son intervention (…) on n’était pas dans une partie de campagne (…) la tyrannie de la transparence a ses limites (…) l’essentiel est la sécurité de tous. (…) (Nicolas Sarkozy avec les familles des victimes de l’attentat de Marrakech) Il est bien normal que le Président de la République soit présent dans ce moment de compassion (…) il est en retard sur Barack Obama sur ce terrain là (…).

DSK

« Il ne s’agit pas de faire une famille recomposée autour de DSK (…) il ne s’agit pas de reconstruire un courant « Strauss-khanien » (…) DSK a cette capacité de rassemblement et de dépassement d’un courant du PS. Je crois qu’aujourd’hui il consulte, il regarde, mais qu’il est encore très à sa tâche au FMI. Il prendra sa décision avec Martine Aubry. (…) Le PS doit dire aujourd’hui qu’il n’a pas que des candidats mais des idées. Nous devons être sur le projet et pas sur une campagne sur le « casting », « casting contre casting ». (…) Le jour où le paysage s’éclairera, chacun devra se poser la question « est-ce que je suis utile ? » (en maintenant ma candidature à la primaire NDLR). (…) Il y a des candidats et des candidates qui voudront aller jusqu’au bout. Les primaires sont faites pour confronter des points de vue. (…) Face à l’hyper-activité, il faut de la sérénité (…) soyons sereins et rassembleurs. (…) Tout est possible mais je pense qu’il n’y a que deux personnes qui peuvent empêcher DSK de gagner les primaires c’est Martine Aubry si elle décide d’être candidate et Dominique Strauss-Kahn lui-même s’il décidait de ne pas se présenter.

Interviewé par Mickaël DARMON:

« Le 10 mai 1981, il n’y avait pas non plus une majorité d’ouvriers qui votaient pour le PS (…) Les socialistes ont un petit penchant et c’est la 3ème fois, c’est de penser qu’on a gagné avant la bataille (…) Il n’est pas impossible qu’ici ou là, des hommes et des femmes prennent des initiatives pour que la gauche ne soit pas divisée. (…) Le premier déconnecté de la France c’est Nicolas Sarkozy qui s’est enfermé dans son chateau »

30 Mar

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Sarkozy en guerre !

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Nous apprenons par le journal Le Monde que Nicolas Sarkozy s’est interrogé sur sa candidature, tellement il était bas dans les sondages et isolé dans la droite classique, après les prises de distance de Jean-Louis Borloo, François Fillon et autres Dominique de Villepin. Pour que le doux, le mesuré Président du Parti Radical, André Rossinot, ait fixé un ultimatum d’un mois à l’UMP pour changer, cela en dit long sur l’exaspération au sein de l’UMP. Mais voilà le général Sarkozy a décidé d’y aller estimant « qu’une campagne laminerait DSK » et nous qui pensions que DSK était le candidat le moins dangereux pour la droite et que seul François Hollande leur faisait peur. On ne sait pas si DSK serait laminé, en tous cas Sarkozy, lui, l’est déjà avant de commencer. Et puis son conseiller spécial Patrick Buisson avance un argument massif: DSK serait devenu américain… Maintenant on sait d’où vient l’argumentaire. Mais il vaut mieux avoir pris des leçons chez Barack Obama que comme Nicolas Sarkozy chez Silvio Berlusconi. A chacun son style…

 

21 Mar

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Fillon-Borloo-Sarkozy-Copé: La crise de régime affleure !

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Nicolas Sarkozy espérait utiliser la crise libyenne pour se rétablir. Les élections cantonales viennent percuter sa chanson de geste d’une France enfin digne de son rang.

Nicolas Sarkozy tentait de droitiser le débat pour en profiter aux élections présidentielles. Mais cette stratégie combinée à son bilan catastrophique conduit à un affrontement avec le Premier ministre. Le Président de la République met sur le même plan le FN et le PS, mais cette position ne passe pas dans sa majorité.

Nicolas Sarkozy ne pense qu’au deuxième tour de la présidentielle. Mais c’est sa candidature à l’élection présidentielle qui est mise en cause dans la vraie fausse offensive de François Fillon et la vraie rupture de Jean-Louis Borloo. C’est bien la crise de régime qui affleure.

Dimanche prochain, soit le FN sauve l’UMP et c’est l’infamie et François Filon ne peut se maintenir, soit c’est la déroute de l’UMP et la crise est là !

12 Mar

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Interview dans Le Monde: les chamailleries des socialistes brouillent le message du PS

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La poussée du Front national dans les sondages a créé un choc. Quelle est votre réaction ?

Il faut raison garder. Nous ne sommes pas dans un épisode pré fasciste. Mme le Pen n’est pas une solution mais un symptôme, Elle n’est forte que de nos manques.

Vous avez décidé de minimiser ?

Soyons sérieux. Les Français ne pensent pas une seule seconde qu’elle sera présidente de la République. Ils savent que ce qu’elle propose conduirait à l’affrontement social et à l’impasse économique. Ils ont intégré la mondialisation mais ils sont exaspérés parce qu’ils ne voient pas le chemin de la sortie de crise. La droite ne cesse de leur répéter « vous coutez trop cher, vous n’êtes pas aux normes du monde. C’est mieux en Allemagne » Alors ils secouent le cocotier.

Pourquoi la gauche n’apparait elle pas comme un recours ?

On va y venir. Mais il faut d’abord bien comprendre ce qui se passe. La France vit une triple exaspération. C’est un pays très politique qui ressent avec beaucoup plus d’acuité que les autres le déclassement du monde occidental. Le silence de Nicolas Sarkozy en janvier lors des révolutions arabo musulmanes a été dévastateur. On ne voyait qu’Obama. La France n’avait plus de voix. Sur ce sentiment profond de relégation se greffent la crainte ou la réalité de déclassement social et une grande exigence à l’égard de l’intérêt général. Nicolas Sarkozy a de nouveau décroché dans les sondages après les révélations sur les vacances de Michèle Alliot- Marie en Tunisie et de François Fillon en Egypte. En pleine crise sociale, l’effet a été ravageur.

Vous analysez la poussée du FN comme une simple irruption de colère. Mais n’y a t il pas une banalisation de ce parti ?

Mme le Pen, c’est vrai, est dans une stratégie de dédiabolisation. Elle cultive son côté banal pour mieux catalyser les colères. Elle se distingue de son père en allant piocher dans l’appareil idéologique du GRECE et du club de l’horloge. Elle leur emprunte le « différencialisme culturel » qui permet de ne plus parler de race mais de culture. Elle développe leur stratégie, la différenciation maximale : la sortie de l’euro, le rejet des musulmans, l’islamophobie, ou autres, là où la droite classique ne peut pas aller. Pourtant, l’appareil FN est terriblement affaibli par la saignée de 2007 et la suite. C’est la nature de ce parti ; il est à éclipse, il se manifeste dans les sondages ou dans les urnes dans les moments de crise mais sans suite.

Comment réagir face à cette poussée du FN ?

D’abord restons dans le gauche-droite. Ensuite le passé nous a montré que la critique du FN ne porte pas. Nous avons décortiqué son programme. On a écrit des dizaines de livres formidables pour montrer les dangers. Cela n’a rien changé. Et suivre le FN, le construit. Enfin, il ne faut pas suréagir comme certains l’ont fait ces derniers jours. Nous assistons à une sorte de Munich des esprits. A chaque coup de boutoir du FN, c’est une volière. Tout le monde parle dans tous les sens, au lieu de se concentrer sur les réponses à apporter aux problèmes des Français. Et puis on oublie…

Pourquoi la gauche ne parvient pas à incarner une réelle alternative ?

Il faut relativiser. Dans les plus mauvais sondages nous sommes autour de 22%. Comme le disait François Mitterrand, entre 22 et 23%, c’est le score du PS. Nous ne tombons pas, nous ne capitalisons pas, c’est différent. Malgré le travail remarquable fait par Aubry sur le projet, nos réponses n’impriment pas. Pourquoi ? Parce que l’irresponsabilité domine, parce que les chamailleries des socialistes brouillent le message du PS. Dans la crise, il faut du sang froid, du discernement, de la dignité. Si le grand débat de la rue de Solférino, c’est de savoir si la candidature de François Hollande et la fatwa de Mélenchon vont interdire le retour de DSK, ou savoir si le retour de DSK va marginaliser le radicalisme bon teint de Benoît Hamon et si un troisième peut revenir du diable Vauvert pour imposer sa candidature et perturber l’ensemble du dispositif, bref si on substitue au récit national celui de Solférino 2012, on trouble la capacité de perception des réponses.

La plupart des socialistes avaient bien perçu ce danger et militaient pour une désignation moins tardive du candidat ? Or vous avez refusez cette option pour protéger votre champion !

Cela ne changerait rien. Le problème n’est plus tôt ou tard. La question, c’est de placer les socialistes devant leur responsabilité. On ne peut pas faire croire aux Français que nous sommes le parti de l’intérêt général, et collectionner les intérêts particuliers.

La privatisation de la réponse politique, le « moi-je-personnellement » l’emporte sur notre action collective. Chacun préfère pour être repéré, se singulariser. Et comme on ne peut pas se distinguer sur le fond car globalement tout le monde est conscient des marges de manœuvre limitées de la France, il faut se distinguer sur la forme.

Il y avait une temporalité fixée, le projet, le candidat, et le rassemblement de la gauche. D’emblée, on ne l’a pas respectée. Je ne jette la pierre à personne, c’est un problème collectif. Je rappelle seulement, que François Mitterrand a gagné parce qu’une génération a décidé non pas d’abdiquer mais de se ranger derrière lui. Et pourtant les talents n’étaient pas moindre que ceux d’aujourd’hui, mais aucun n’a dit, ça va passer par moi, ils se sont mis dans un dispositif collectif.

Mais DSK contrairement à François Mitterrand que vous citez, est un candidat fantôme. Sa propre responsabilité n’est-elle pas d’accélérer son calendrier ?

Non, je ne peux pas vous dire qu’il faut respecter les rythmes et les calendriers et demander à Dominique d’accélérer le sien. Dominique doit être patient dans ce monde impatient. Je ne connais pas ses intentions, mais il doit être l’homme qui ne se précipite pas. Bref s’il était candidat, il devrait être dans son attitude l’anti Sarkozy. Martine Aubry est dans la même logique que DSK, elle ne se laisse pas dicter son calendrier par les autres.

Les Strauss-kahniens s’interrogent sur la pertinence de la primaire. Faut-il la maintenir ?

Oui. Si un sondage nous conduit à changer le dispositif, c’est que l’extrême droite nous dicte le calendrier. Certes il faut entre nous un code de bonne conduite. Mais changer sans arrêt sur tous les sujets ne rassure pas les français, nous participons de l’affolement général.

Vous craignez une campagne antisémite ?

Non, la France ne le permettrait pas. Mais il est évident que l’UMP face au risque de tout perdre, présidence, assemblée, sénat, collectivités aura la tentation d’abimer l’adversaire. Nous aurons une campagne très dure. Elle a déjà commencé. La stratégie du terroir est une faute éthique mais aussi politique. C’est considérer que les Français n’entendent rien aux grandes questions et qu’il vaut mieux leur parler de leur périmètre. C’est tout ce que la France déteste.

27 Fév

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Remaniement et déclaration de Nicolas Sarkozy !

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Nicolas Sarkozy avoue ses échecs et y répond par sa candidature ! Cinq semaines après le début des évènements dans le monde arabe musulman. Le Président a parlé. Il était temps ! Il s’agit d’une déclaration internationale, mais tout ce « remue-ménage » n’est que de la poudre aux yeux. L’arrivée d’Alain Juppé est la sanction de l’exercice solitaire de la politique étrangère. Mais, elle vise aussi à contenir François Fillon. La venue de Gérard Longuet tend à émietter un peu plus les centristes et d’en fidéliser une part. L’exfiltration de Brice Hortefeux à l’Elysée, comme conseiller spécial, sanctionne l’échec de la politique sécuritaire mais confirme que Nicolas Sarkozy prépare de l’Elysée sa candidature. La seule vraie nouvelle ce soir est que Nicolas Sarkozy avoue ses échecs et y réponds par sa candidature.