Tag capitalisme

18 Jan

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Voir loin, agir juste.

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La question qui est posée au delà du type de société que nous voulons construire, c’est la sortie de crise. Car, cette dernière écrase tout. Et il serait illusoire de penser imposer une société juste sans régler la crise. Mais, il serait tout aussi faux de penser sortir de la crise sans justice. Il faut donc un diagnostic, une méthode et enfin, un cap.

Il y a une interdépendance entre la méthode et le cap si le but est un société plus juste. Il y a incompatibilité entre la stabilité et la justice avec l’ordre spontané de la domination du capitalisme financier. On ne peut régler les problèmes en les niant mais on ne peut les surmonter en les reproduisant.

C’est une nouvelle direction qui est posée. C’est une domestication écologique et sociale de l’économie de marché qui doit être le fil à plomb de la sortie de crise. Ni fuite en avant dans la mondialisation libérale, ni faux paravent d’une ligne Maginot du retour de l’état nation d’avant guerre. La bataille est continentale même si son arène est d’abord nationale.

Voilà pourquoi, si l’Europe n’est plus en Europe, il faut la refonder. Elle est, cependant, le cadre indispensable à une bataille de civilisation. Alors, évidemment, il va falloir du sang froid, de la détermination et de la clairvoyance pour les années à venir. Et Nicolas Sarkozy n’est pas le mieux placé pour conjurer la catastrophe à venir. Lui, qui n’a, ni cap, ni boussole et dont la méthode consiste à re-écrire l’histoire pour en être le hérault. La dernière en date fut de critiquer la fébrilité de son opposition de gauche après la dégradation du triple A par Standard and Poor’s. Lui, qui a invité son Premier ministre a réagir dès le lendemain de peur d’être emporté par la critique alors que François Hollande s’abstenait de réaction à chaud et déclarait que ce n’était pas la France mais une politique qui était jugée.

Nicolas Sarkozy avance en braille dans la crise parce qu’il ne la comprend pas et ne sait pas où il va. Si on traite la crise avec pour seul drapeau, le pragmatisme et l’éléctoralisme, elle se venge. C’est la 3e leçon.

Relire les billets précédents « DE LA CRISE »

16 Jan

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De la crise

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Le déclassement de la France par une agence privée de notation est tout à la fois la conséquence d’une politique et le révélateur de la situation. Allons au coeur du problème.

Dans le moment actuel du capitalisme, il y a plus de capital de travail mais des masses énormes de capitaux fictifs dans le sens où, ils n’ont pas de contrepartie travail dans le sens de la production. L’hypertrophie de ce qu’on appelle le capital financier fait que celui-ci cherche toujours plus, avec toujours plus de moyens à spéculer sur tout ce qui bouge. Pour cela, les marchés ont besoin de visibilité pour une rentabilité maximale, d’où les agences de notation à la crédibilité douteuse.

Les états se sont, quant à eux, endettés pour financer un état providence que la croissance ne permettait plus de financer. La dérive de la mondialisation libérale, c’est à dire, l’extension du marché, le démantèlement de l’Etat, la délocalisation sauvage, le travail comme un coût dans la compétition, la tendance à la désindustrialisation dans les pays dit industriels…

Cette contrepartie à l’extension de la sphère financière en pleine révolution de l’immatérielle a accentué les tensions dans le système. Les politiques, dépassés, se sont vu pris en sandwich entre l’exigence des marchés ainsi structurés et l’acceptabilité par les peuples d’une remise en cause des acquis. C’est la phase 1 de la crise.

catégorie Ecrits, Expressions

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13 Juil

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Faire de la défense de l’Euro le renouveau de l’Europe

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On se souvient du ricanement de Monsieur Alan Greenspan lors de la création de l’euro. L’homme, a qui l’on doit en partie une crise financière sans précédent, exprimait l’état d’esprit du capitalisme financier anglo-saxon. L’euro allait concurrencer le dollar, supplanter le franc suisse et le yen.

Il ouvrait la voie à une économie intégrée et un marché supplantant la puissance anglo-saxonne. Il ne pouvait en être question pour New -York et la city déjà pris en sandwich par les émergents et les chinois. Malheureusement, les politiques libérales ont entravé cette marche et fragilisé la zone euro. La spéculation de New -York et Londres en a profité. Galéjade ?

Pourquoi l’Angleterre qui affiche un déficit de 10% du PIB donc supérieur à la zone euro n’est-elle pas attaquée ? L’offensive a pour but de disloquer la zone euro pour « tenir » les marchés nationaux dans des normes qui soient celles du capitalisme financier bref du Sarkozy – Merkel renforcé !

L’Europe réagit faiblement et en retard. Il serait utile, à l’instar de l’appel Delors, Sigmard Gabriel, Cohn-Bendit, Aubry, d’en appeler à la défense de l’euro, de promouvoir un patriotisme européen et relancer l’Europe sur des bases nouvelles.  Il faut faire de la défense de l’euro un point d’appui pour le renouveau : 1/ Coordination économique; 2/ Mutualisation des déficits (euro bond); 3/ Taxe sur les transaction, etc…

18 Déc

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Meeting dans le Pas de calais

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Malgré la neige, le verglas, les routes bloquées, le meeting de Béthune a pu se tenir. 200 présents sur les près de 500 qui avaient achetés leur dîner. En présence de la Voix du nord et de la presse locale, Catherine Génisson (Première secrétaire fédérale), Daniel Percheron (Président du Conseil Régional), Serge Janquin (Député du Pas-de-Calais) et Dominique Dupillet (Président du Conseil Général), bloqués par la neige n’ont pas pu participer au meeting. Dans une ambiance populaire et conviviale, Jacques Mellick précéda comme orateur Jean-Christophe Cambadélis qui s’adressa au banquet décrivant la crise des « années 10″, faite de convergence de crises dominées par la crise systémique du capitalisme financier. Puis il critiqua les vraies erreurs et faux semblant de Nicolas Sarkozy. « Sarkozy comprend mieux les riches que la France », « la farandole des échecs met le Président au plus bas. Au point qu’on s’interroge ici sur sa capacité à se présenter » stigmatisant « la politique du renoncement et de la subordination à la merkelisation de l’Europe », Jean-Christophe Cambadélis décrit l’année à venir comme celle de la transition vers la France nouvelle et la sortie de crise.

Appelant à l’union, « la désunion est la seule carte du pouvoir » soulignant « l’absence crasse de propositions. On nous propose de continuer une politique imperméable à la question sociale ». Dressant les premiers éléments de l’alternative construite grâce à Martine Aubry: « Un plan de sortie de crise autour de trois idées. Croissance durable par la relance européenne, la vie en mieux: logement, éducation, santé et la démocratie en mieux où les Français retrouveront la parole ».

Enfin, Jean-Christophe Cambadélis s’en ai pris au Front National « c’est Sarkozy en pire, le même programme, l’indignité nationale en prime ». En conclusion il appela à la mobilisation pour les élections cantonales « le débat est simple, les candidats qui vous protègent contre les candidats qui protègent Sarkozy » persuadé que le succès aux cantonales « sera bon pour la France et pour l’alternative » avant que les majorettes pénètrent dans la salle et qu’un couscous géant soit servi.

20 Nov

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J-L Mélenchon, en congrès, plaide pour le « néo-communisme »

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Jean Luc Mélenchon mérite beaucoup mieux que de jouer les « Chavez du Boulevard Saint Germain ». Je le connais depuis le début des années 70, où il était leader étudiant.

Il pense la politique qu’il pratique. Ce n’est pas seulement un bon orateur, c’est aussi un politique voir un idéologue et dans le monde impressionniste où nous vivons, ils ne sont pas légion.

Il a été poussé en dehors du PS, par un dédain énarchique. Tout autant parce qu’il pensait que Ségolène Royal allait s’imposer à la tête du PS.

Ce tournant était sa nuit du 4 août ( le jour ou la Social-démocratie vota la guerre en 1914) et lui donnant LE prétexte historique (la social-démocratie est passée avec armes et bagages du côté du social-libéralisme).

Il n’en a rien été. Mais le coup était parti. Alors il a créé son parti ! Avec un PCF finissant, un NPA n’y arrivant pas, Arlette Laguiller se retirant, Jean-Pierre Chevènement en pré-retraite , François Bayrou ayant raté son coup et Jean-Marie Le Pen passant la main.

Le delta protestataire était libre.

Jean-Luc a décidé de l’occuper via un OPA amicale sur le PCF. L’objectif était de tenter de fédérer l’ancien espace du « non » au traité constitutionnel européen. Jean-Luc Mélenchon avait déjà tenté de se porter candidat des comités pour le « non ». Ce qui déclencha le sourire du PCF et les éclats de rire de l’ex LCR. Ils vont le regretter car « Méluch » n’est pas du genre a pardonner les offenses.

Depuis Il a compris que l’appartenance au PS rendait sa tâche difficile. Et il s’est donc donné les moyens de sa rêverie. Restait la ligne, il a d’emblée choisi, en cette période de crise, le filon classique des protestataires. Cela tombe bien il le pense. Il a été ministre, sénateur, dirigeant du PS et a épuisé les affres de la fréquentation des puissants.

Alors il va tonner et se réclamer du peuple contre la trahison des élites, que ce soit économiquement, culturellement, ou le libéralisme sur les sujets de société .

Olivier Besançenot c’était le gavroche médiatique chouchouté comme le fut Arlette Laguiller en son temps par Alain Souchon. Jean-Luc Mélénchon joue les accusateurs publics.

« Qu’ils s’en aillent tous » et à commencer par les journalistes. La partie visible de l’iceberg qui nous gouverne. Très bien ! Le retour sur investissement est assuré.

Passons à la « popol » comme on disait dans notre jeunesse. Là c’est plus compliqué. Jean-Luc Mélenchon doit convaincre le PCF mais tout le PCF. La base ne demande que ça ! Mais les dirigeants dont les circonscriptions dépendent du PS ? Le « on s’en fout » est un peu court. Car Jean-Luc Mélenchon, par l’outrance, prends le risque du splendide isolement. Voire la création d’un axe PS-Europe-écologie / Les Verts flirtant avec quelques centristes rendant inopérante la protestation électorale. Quant au rêve de voir le PS s’installer au centre et le Front de gauche de prendre sa place, « que nenni » comme dirait Jean-Luc Mélenchon ! Le PS n’est pas suicidaire et ne passera jamais par dessus bord sa filiation historique, malgré quelques demandes. Donc impasse ou reniement ? Car il faudra bien au bout battre Nicolas Sarkozy.

Le peuple de gauche sera, tout le monde le sait, au second tour inconditionnellement pour la défaite de Nicolas Sarkozy. Si le PS gagne sans le soutien du PCF, c’est la fin d’une histoire comme me disait André Lajoinie. Et la base idéologique dans tout cela ?

Un néo-communisme plutôt conservateur tendance Jacques Duclos « blanc bonnet bonnet blanc », mais ni un eurocommunisme ou un communisme rénovateur, et la révolution républicaine ne changera rien à l’affaire. C’est le « défi démocratique » de Georges Marchais qui voulait dépasser le capitalisme par la démocratisation de la République avec le succès que l’on sait.

La France n’est ni Cuba ni le Vénézuela et la Grèce démontre que le mouvement social ne créé pas un mouvement électoral. Il y a certes une résistance sociale mais un réalisme électoral.

La droite c’est pire que tout et la protestation c’est le néant. Le pire et le néant offre à la social-démocratie un champ du possible pourvu qu’elle ait un projet de sortie de crise et non d’accompagnement de celle-ci. En fin de compte nous avons un talent au service d’un monde englouti. Le dernier rejeux des années 70. Lorsqu’on lit ou écoute Jean-Luc Mélenchon, on ne perçoit qu’une nostalgie. Il n’y ni renouveau de la radicalité que l’on trouve dans les mouvements anti-consommation ou écologiques radicaux. Ni stratégie de conquête du pouvoir, puisqu’il fait l’impasse sur l’alliance. Son néo-communisme n’est qu’une protestation contre la fin d’une époque. Même si les Français serrent les poings devant le Sarkozysme appuyé sur une oligarchie financière.

Espérons que ceci n’est que passager car nous aurons besoin de tous pour les battre !

09 Nov

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9 novembre 1989: le jour qui ébranla le monde

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Personne ne regrettera que les événements de 1989 à 1991 aient abouti à l’effondrement du Bloc soviétique. Pourtant, derrière l’hymne à la liberté entonné à l’unisson par les conservateurs européens à l’occasion de ce vingtième anniversaire, il y a une double ambiguïté. Le monde occidental a vu sa domination sans partage. Ce fut la base de la politique de Nicolas Sarkozy et les raisons de son alignement sur les USA. Et la victoire totale du libéralisme économique fut contrariée par une crise sans précédent depuis 1929.

Si la chute du Mur a consacré l’échec de l’économie planifiée, la crise a fortement prouvé l’échec de la toute puissance du capitalisme. Qu’on ne s’y trompe pas, il y aura une réécriture de l’Histoire, une ré-interprétation des faits et une récupération de l’événement.

La chute du mur fut une formidable victoire de la démocratie et l’aboutissement d’un combat des socialistes car, n’en déplaise aux partisans de la confusion, le socialisme, le vrai, s’est toujours conjugué avec la liberté et la démocratie. La social-démocratie, dès les origines, n’a jamais ignoré la véritable nature du système soviétique. Il suffit de lire les textes du théoricien allemand Karl Kautsky, ceux de Rosa Luxemburg, et le discours de Léon Blum au congrès de Tours. À gauche, « on a toujours su ». C’est la raison pour laquelle, les sociaux-démocrates n’ont cessé de tendre la main tout en gardant les yeux ouverts car ils croyaient dans la prophétie de Léon Blum. D’ailleurs, dans les racines lointaines du grand bouleversement de 1989, on trouve le choix de l’Ostpolitik du chancelier social-démocrate Willy Brandt. Les révoltes populaires de 1953, de 1956, de 1968, de 1971 ou de 1980 en RDA, dans les chantiers navals de Gdansk, de Szceczin, dans les rues de Budapest ou de Prague ont démontré que même derrière le rideau de fer, la résistance existait, obstinément malgré la répression. Lire la suite…

10 Avr

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La radicalisation du père de famille de quarante ans

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CHRONIQUE POLITIQUE

Un phénomène n’est pas assez analysé dans la radicalisation actuelle. Si elle prend la forme de séquestration, elle n’est menée par aucune force d’extrême gauche. Tant sur le plan politique que syndicaliste, la radicalité est hors la radicalité organisée. C’est le père de famille, syndiqué ou pas, qui est exaspéré. Il ne voit pas d’autres possibilités pour obtenir la négociation que la séquestration. Cette forme de lutte, qui a comme équivalent dans les facultés l’occupation, en dit long sur la tension sociale rampante. Le fait que le 18 avril tous les personnels des hôpitaux, des patrons aux infirmières, descendent dans la rue à la veille du 1er mai en dit tout autant. C’est la montée des eaux ! Personne ne voit la colère grandir car tout le monde est hypnotisé par les gesticulations de Sarkozy.

Mais le mouvement d’en bas est irrésistible. Il monte par vague. Sur ce blog, nous indiquions, il y a trois mois, les éléments d’une radicalisation. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans « la colère de masse ». Et elle ne touche pas une avant-garde politisée mais monsieur tout le monde et tous les secteurs de la société.

Elle est alimentée par l’inquiétude et la réalité des plans sociaux, par l’avalanche des révélations sur les salaires, stocks options, bonus des dirigeants, par l’impuissance gouvernementale et son discours satisfait. Lire la suite…

04 Avr

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Rencontre avec Howard Dean

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terranovaJ’ai rencontré aujourd’hui Howard Dean à Paris au cours d’une conférence entre l’ex-président du Parti démocrate lors de la campagne de Barack Obama et le Parti socialiste.

J’ai plaidé pour un nouveau modèle de développement, un « keynesianisme vert », une réglementation des marchés, la nécessité de stopper la déflation salariale, le combat contre la crise de la justice redistributive et la coexistence pacifique des civilisations au-delà de la crise actuelle.

Howard Dean a présenté la campagne de Barack Obama et explicité l’importance des primaires dans la sélection de Barack Obama. Il a expliqué que l’Europe ne s’est pas encore rendue compte que les Etats-Unis étaient forts, mais aussi dominant et il a plaidé pour une régulation tout en acceptant le capitalisme qui correspond à la nature humaine. Il a insisté sur le développement durable pour le Sud.

08 Oct

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Face à La grande crise des capitaux fictifs

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bloc_note_copieV2.jpgLa bourse de Tokyo vient de connaître un quasi krach avec un recul de 9,38%. Les bourses européennes subissent une forte baisse. A Moscou, Bucarest ou encore à Prague, les cotations ont été suspendues temporairement. Le Président de la République Française, Président de l’Europe parle d’une « crise de confiance ». Sans blague ! Après 700 milliards de Dollars votés par le Congrès la machine ne repart pas, c’est l’affolement. Car comme le disent en chœur Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry nous sommes dans une crise systémique. C’est le système même du capitalisme financier avec sa voracité spéculative, fictive qui est en crise.   C’est ce système qui tirait les bourses mondiales avec sa rotation capitaliste flamboyante. C’est ce système qui s’effondre. Pire, le système connaît l’ampleur de ses créances douteuses dégaze puisque l’Etat c’est déclaré, à juste raison, en quelque sorte garant.

A crise de système – réponse de système. Il ne faut pas seulement une autre politique, mais une autre organisation du système économique mondial. Nous avons vu que les organisations de contrôle, de notation avaient failli pour la simple raison qu’elles étaient rouages de la spéculation. Nos avons vu la fameuse main invisible du marché ne plus savoir où la mettre. Nous avons vu l’autorégulation du marché explosée sous le poids de la fictivité de ce dernier. Lire la suite…