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04 Avr

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La première année du changement pour les Français

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Vous trouverez ci-dessous les mesures décidées dans la première année de la présidence de François Hollande. Le changement c’est maintenant !

1/ Entre le 6 mai 2012 (second tour de l’élection présidentielle) et le 29 juin 2012 (fin de la session ordinaire du Parlement)

Une autre façon de présider et de gouverner

– Réduction de la rémunération du chef de l’Etat et des membres du Gouvernement de 30% – décret signé lors du premier Conseil des Ministres

– Signature d’une charte de déontologie et publication des déclarations d’intérêt par les membres du Gouvernement et circulaire du Premier Ministre étendant ces exigences aux membres des cabinets et plafonnant leurs effectifs – lors du premier Conseil des Ministres

Redonner du pouvoir d’achat aux Français et améliorer leur vie quotidienne

– Augmentation de l’allocation de rentrée scolaire de 25% – décret sur la base de l’article D543-1 du Code de sécurité sociale après consultation du conseil d’administration de la CNAF.

– Blocage des prix des carburants pour 3 mois – décret sur la base de l’article L. 410-2 du code de commerce après consultation du Conseil national de la consommation

– Caution solidaire mise en place pour permettre aux jeunes d’accéder à la location – décret pris après concertation avec les partenaires sociaux

– Garantie pour l’épargne défiscalisée (livret A et livret d’épargne industrie, successeur du Livret de développement durable) d’une rémunération supérieure à l’inflation et doublement du plafond de ces livrets, pour mieux financer le logement social, le développement des PME et l’innovation

Faire entendre la voix de la France dans le monde

– Transmission à nos partenaires européens d’un mémorandum détaillé proposant un Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance pour modifier et compléter le Traité de stabilité et réorienter la construction européenne vers la croissance – dès fin mai, en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin

– Annonce à nos partenaires au sein de l’OTAN du retrait de nos troupes d’Afghanistan d’ici fin 2012 – G8 à Camp David 18-19 mai puis Sommet de l’OTAN à Chicago, 20-21 mai

– Abrogation de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers

Combattre les injustices

– Droit de partir en retraite à 60 ans pour les personnes qui ont commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités – décret sur la base de l’article L351-1-1 du Code de la sécurité sociale après consultation du conseil d’administration de la CNAV

– Fixation d’un éventail maximal de 1 à 20 pour les rémunérations dans les entreprises publiques – décret fin mai

– Circulaire sur la lutte contre les « délits de faciès » lors des contrôles d’identité

Une gestion responsable de l’Etat

– Dans l’attente de la publication par la Cour des comptes du Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques (publication au cours de la semaine du 24 juin), gel conservatoire d’une partie des dépenses

– Arrêt de la RGPP et lancement du Projet de refondation et de modernisation de l’action publique (première étape : établissement par chaque ministre avant fin septembre 2012 d’un projet pluriannuel de modernisation et de simplification des services et des opérateurs sous sa tutelle)

2/ Entre le 3 juillet et le 2 août 2012 (session extraordinaire du Parlement)

Redresser le pays dans la justice

– Présentation au Parlement du programme de stabilité (avant transmission à Bruxelles) et du projet de loi de programmation pluriannuelle des finances publiques, fixant la trajectoire de retour à l’équilibre budgétaire en 2017

– Réforme fiscale dans le cadre d’une loi de finances rectificative : plafonnement et suppression de niches fiscales, modulation de l’impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, surtaxe sur les banques et les sociétés pétrolières, retour au barème de l’ISF, suppression de l’exonération sur les grosses successions, taxation des revenus du travail comme ceux du capital, tranche d’imposition à 75% au dessus de 1 million d’euros

– Suppression de la « TVA Sarkozy » dans le cadre d’une loi de financement de la sécurité sociale rectificative.

Remettre la finance au service de l’économie réelle

– Loi d’assainissement des activités bancaires : séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives, lutte contre les produits toxiques et les paradis fiscaux

S’appuyer sur les partenaires sociaux et la société civile pour retrouver le chemin de la croissance durable et de l’emploi

– Lancement des principaux chantiers sociaux du quinquennat lors de la Conférence nationale pour la croissance et l’emploi de mi-juillet : politique de l’emploi et de la formation (priorités : emploi des jeunes et des seniors, encadrement des licenciements boursiers, sécurisation des parcours, lutte contre la précarité, égalité salariale et professionnelle), qualité de vie au travail, pouvoir d’achat et politique salariale, sécurisation des retraites.

– Lancement du Débat national sur la transition énergétique préalable à la loi de programmation : préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, sécurisation de nos filières énergétiques et développement des filières industrielles des énergies nouvelles, plan massif de rénovation thermique des logements.

Répondre à l’urgence pour l’éducation nationale et la culture

– Réexamen des conditions concrètes de la rentrée scolaire, notamment les RASED ; recrutement (dans le cadre de l’enveloppe quinquennale de 60 000 postes) d’assistants d’éducation, de personnels d’encadrement ; mesures d’urgence pour compléter la formation pratique des professeurs néo-titulaires

– Mise en place de la Commission de préparation de l’Acte II de l’exception culturelle

3/ Entre août 2012 et juin 2013

Après la réforme fiscale et la réforme bancaire, poursuivre les réformes de structure pour moderniser le pays

– Nouvel acte de décentralisation pour donner plus de responsabilités aux Régions en matière de développement économique, d’emploi et de formation et renforcer la cohésion territoriale ; supprimer les doublons Etat/Collectivités ; supprimer le conseiller territorial et démocratiser les élections locales

– Loi de développement économique et social : création de la Banque publique d’investissement pour financer les entreprises, notamment les TPE et PME dans les quartiers, et favoriser l’innovation, la production en France et l’export ; lutte contre les licenciements boursiers et les restructurations « sauvages » ; mise en place des « contrats de relocalisation » ; participation des salariés aux conseils d’administration et aux comités de rémunération des grandes entreprises ; notation sociale des entreprises

Faire de la jeunesse une priorité nationale

– Loi d’orientation et de programmation pour l’éducation nationale (réforme de la formation des enseignants, réforme des rythmes scolaires, programmation du recrutement de 60 000 postes dans l’Education nationale et l’enseignement supérieur, création de l’Ecole nationale supérieure de formation pratique des maîtres…)

– Création des emplois d’avenir –150 000, dont100 000 dans l’année qui suit l’entrée en vigueur de la loi- et du contrat de génération, dans une loi pour l’emploi et la cohésion sociale, afin de permettre aux jeunes d’accéder au marché du travail, en particulier dans les quartiers

Répondre aux préoccupations quotidiennes des Français

– Création de 1000 postes (dans le cadre de l’enveloppe quinquennale de 5000 postes) pour la sécurité et pour la justice – loi de finances pour 2013

– Fin de la convergence tarifaire public-privé à l’hôpital – loi de financement de la sécurité sociale pour 2013

– Lancement du Plan de lutte contre le cancer 2013-2016

– Négociation avec les partenaires sociaux sur la réforme globale des retraites : âge de départ, pénibilité, carrières fractionnées, financement durable

– Loi sur l’accès au logement : encadrement des loyers à la location et à la relocation, renforcement des sanctions prévues par la loi SRU, réforme du régime de cession du foncier de l’Etat pour faciliter la construction de logements par les collectivités territoriales

– Dès l’achèvement de la préparation technique, loi sur la tarification progressive de l’eau, de l’électricité et du gaz

Garantir les droits de chacun

– Droit au mariage et à l’adoption pour tous les couples

– Droit de finir sa vie dans la dignité

Renforcer notre démocratie et défendre les principes de la République

– Constitutionnalisation des principes de la loi de 1905 sur la laïcité, réforme du Conseil supérieur de la Magistrature pour garantir l’indépendance de la justice, réforme du statut pénal du Chef de l’Etat pour le rendre responsable des actes commis sans rapport avec sa fonction, suppression de la Cour de Justice de la République pour que les Ministres soient jugés comme des citoyens ordinaires, droit de vote, loi électorale, suppression du cumul des mandats, inscription dans la Constitution du respect de la démocratie sociale.

22 Juin

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Jean-Christophe Cambadélis a dialogué aujourd’hui avec les lecteurs du Monde lors d’un chat. Retrouvez l’integralité de l’échange ci-dessous ou sur le site du quotidien:

Jean-Christophe Cambadélis se place pour succéder à Martine Aubry

Amélie P : Quels sont les éléments qui vous ont décidé à rejoindre Martine Aubry ? La promesse d’un sous-secrétariat d’Etat ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai déjà dit, à l’époque où Dominique Strauss-Kahn était possiblement candidat, que je ne serais pas ministre. Martine Aubry ou Dominique Strauss-Kahn, Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry, cela a toujours été ma position. A partir du moment où l’un des deux n’était pas candidat, l’autre allait de soi.

Je crois que Martine Aubry, par le travail qu’elle a effectué, tant à Lille qu’au Parti socialiste, voire au gouvernement de Lionel Jospin, est une personnalité de gauche capable de rassembler, d’innover, voire de bousculer une France qui en a bien besoin.

Fox : Si vous ne souhaitez pas être ministre, que ferez-vous en 2012 en cas de victoire de la gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis : J’ai indiqué il y a de cela un an que je me sentais plus utile au Parti socialiste que dans un des ministères de la gauche. Je crois nécessaire que le parti majoritaire soit animé convenablement, qu’il joue son rôle de vigie, d’impulsion, de combat politique. Je crois que tout en soutenant la politique du président ou de la présidente de la République, il doit être en capacité de renouveler les idées politiques et de mener le combat contre ceux qui s’opposeront à la marche du changement.

Donc c’est pour moi un rôle essentiel, et je vais vous faire une confidence : je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan.

Louis : Quelles sont les qualités pour être un bon premier secrétaire du PS ?

Jean-Christophe Cambadélis : La patience, la conviction, l’écoute, et la capacité à rassembler. Il faut aussi, je crois, avoir une bonne capacité d’analyse politique d’anticipation. Toutes qualités que je crois modestement avoir.

DSK : Vous dites : « Je crois qu’après le premier ministre, en cas de victoire de la gauche, ce sera une responsabilité de premier plan. » Vous estimez donc que la politique du gouvernement sera conduite par et pour le parti et les militants de gauche ?

Jean-Christophe Cambadélis: Comme toujours sous la Ve République, le président doit rassembler au-delà de son propre camp. C’est la clé de voûte de nos institutions. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Nous ne sommes pas sous un régime parlementaire mais présidentiel. Il n’en reste pas moins qu’il y aura une majorité parlementaire, tout du moins je le souhaite. Et dans celle-ci, le Parti socialiste aura un rôle non négligeable, il devra défendre le programme qui est le sien.

Donc si le président de la République ne peut se réduire au programme des socialistes, les socialistes ne peuvent pas abdiquer leur programme, même sous une présidence d’origine socialiste.

Guest : Un échec du Parti socialiste à la présidentielle de 2012 le fera-t-il éclater ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous comprendrez que c’est une perspective que je ne souhaite pas. Mais je ne crois pas à l’éclatement. Il y aura des départs, des querelles, de la contestation, de la colère, de l’amertume, tout ce que vous voulez, mais pas d’explosion. Parce que le Parti socialiste est très implanté dans les collectivités locales, conseils généraux, régionaux, municipalités. Ce sont les cerceaux qui tiennent le tonneau socialiste, si vous me permettez l’expression.

Et eux, ils tiendront, ne serait-ce que pour continuer à diriger lesdites collectivités locales. Par contre, je crois que, lentement, sûrement, comme nous pouvons le voir en Allemagne en ce moment avec les Verts, vis-à-vis du SPD, comme nous l’avons vu avant-hier entre le Parti radical et la force montante socialiste, un processus de substitution se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne, écologique, frondeuse, audacieuse, viendra petit à petit se substituer dans les collectivités locales au Parti socialiste. Cela peut durer un moment, mais le danger sera là.

DSK : Vous dites que « se mettra en place, une nouvelle gauche, moderne » : le PS manque de modernité selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Sur un certain nombre d’aspects, oui. Le Parti socialiste s’est beaucoup modernisé, mais il est en retard sur la société dans le domaine d’un autre modèle de consommation, d’une autre manière d’être, plus frugale, plus écologique. N’oublions pas que le Parti socialiste est fils du productivisme, de la société industrielle, et il a encore du mal à s’adapter au monde tel qu’il est en train de muter.

Arno K : Pourquoi les strauss-kahniens ne sont-ils pas parvenus à donner d’une seule voix leur soutien à l’un des candidats socialistes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Les strauss-kahniens sont pluriels depuis le congrès de Reims, qui a vu certains d’entre eux choisir Bertrand Delanoë et sa motion dans le congrès, et d’autres Martine Aubry. Ils s’étaient à nouveau rapprochés dans la perspective de la candidature de Dominique Strauss-Kahn, et il faut bien dire que son éviction les a pris de court.

Certains réfléchissent, d’autres s’engagent, comme moi, auprès de Martine Aubry, mais tous veulent continuer à défendre ce qui faisait le succès de Dominique Strauss-Kahn, c’est-à-dire son réformisme moderne.

Romaindu26 : Qui a la carrure pour reprendre le flambeau des strauss-kahniens après DSK, Manuel Valls ?

Jean-Christophe Cambadélis : : Je ne pense pas que le strauss-kahnisme, s’il existe, puisse être porté par une des personnalités actuelles du Parti socialiste. Chacun aura à se définir ou à définir ce qu’il estime nécessaire pour la gauche et la France. Chacun peut puiser dans l’arsenal idéologique et politique de Dominique Strauss-Kahn. Mais malheureusement, ce dernier, parce qu’il n’a pas gagné l’élection présidentielle, n’aura pu fonder un courant politique à l’aune d’un François Mitterrand.

Il reste que dans son entourage il y a des personnalités de valeur qui toutes joueront un rôle dans les années à venir : Manuel Valls, Pierre Moscovici, Marisol Touraine, Sandrine Mazetier, Jean-Marie Le Guen, Vincent Peillon. Pourquoi pas moi-même ?

Guest : Pourquoi vous allier avec Martine Aubry et Laurent Fabius, qui représentent l’inverse de ce que voulait défendre DSK – l’audace, l’avenir, la démolition des dogmes… – Quelqu’un comme Hollande ou Royal ne serait pas plus en phase avec votre courant ?

Jean-Christophe Cambadélis : François Hollande était à ce point en phase avec Dominique Strauss-Kahn qu’il se proposait de l’affronter jusqu’au bout, lors des primaires du Parti socialiste, indiquant que lui, contrairement à DSK, n’avait pas de problème avec la gauche. Sous-entendu, à l’époque : la gauche du Parti socialiste et celle de Jean-Luc Mélenchon. Martine Aubry était à ce point éloignée de Dominique Strauss-Kahn qu’elle se proposait de le soutenir dès le premier tour des primaires.

J’ajoute que le programme du Parti socialiste, qui avait été jugé strauss-kahno compatible, s’est construit sous la houlette de Martine Aubry et a été voté à l’unanimité. Enfin, permettez-moi un petit mot : il m’aurait semblé particulièrement déloyal de dire à Martine Aubry : « Choisissons celui qui est le mieux placé. », c’est-à-dire, à l’époque, Dominique Strauss-Kahn, et aujourd’hui qu’il est empêché, lui dire : « Ecoute, cela ne valait que pour Dominique Strauss-Kahn. »

Ce n’est pas ma conception de la loyauté en politique. Donc ni dans le fond ni dans la forme je me devais de faire un autre choix.

DSK : Vous vous êtes prononcé en faveur d’une candidature de Martine Aubry. Qui ferait un bon premier ministre selon vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous allez vite en besogne. Elle ne s’est pas encore déclarée, elle n’a pas encore été désignée, elle n’a pas gagné, et vous me demandez qui serait son premier ministre. Eh bien je n’en sais rien à cette étape. Je crois que si nous l’emportons, il se révélera dans la campagne par ses qualités, ou elle se révélera dans la campagne par sa combativité.

AFFRONTER LA DÉMONDIALISATION

Ro : Peut-on envisager un retour à la politique française de DSK dans l’hypothèse où il serait acquitté en janvier 2012 ?

Jean-Christophe Cambadélis : Evidemment, on peut souhaiter que Dominique Strauss-Kahn soit blanchi des accusations épouvantables portées contre lui. Si c’était le cas, à l’évidence, sa parole aurait de l’importance dans la campagne électorale.

Mais je me demande si on aura le temps de voir ce souhait réalisé. Enfin, il semble difficile de penser qu’après ce qui vient d’arriver, ce dernier ait envie de se relancer dans la campagne présidentielle. Donc une parole forte, oui ; une candidature, certainement pas.

Mohand : Quelle est la position de Dominique Strauss-Kahn actuellement. Soutient-il un candidat ?

Jean-Christophe Cambadélis : Vous n’êtes pas sans savoir que Dominique Strauss-Kahn est plus occupé à organiser sa défense qu’à participer au débat interne du Parti socialiste. Il serait quand même malvenu, après avoir défrayé la chronique de la planète, qu’il vienne là dire aux socialistes, en les tirant par la manche : « Au fait, il faut voter pour tel ou tel. »

Vidocq : Christine Lagarde va probablement succéder à DSK à la tête du FMI. N’est-ce pas symptomatique d’un clivage droite/gauche de moins en moins marqué, du moins sur le plan économique ?

Jean-Christophe Cambadélis: Pas tout à fait. Si vous voulez dire que la gauche et la droite placent leur action dans l’économie de marché sans s’en extraire, c’est évident. Mais les uns sont régulateurs, et les autres pour le laisser-faire. On peut être directeur du FMI comme Dominique Strauss-Kahn et imposer un nouveau cours à l’institution, rompant avec le consensus de Washington, c’est-à-dire les thérapies de choc libérales ; et l’on peut être directeur ou directrice du FMI et tenter d’appliquer au monde ce que l’on préconisait pour la France.

Voilà deux directeurs qui président aux destinées de la même institution, mais ne font pas la même politique.

Tetsuya : De partout on entend parler de « démondialisation » et de sortie de l’euro. En tant que secrétaire national du PS chargé de l’Europe et des relations internationales, quelles sont vos positions là-dessus ?

Jean-Christophe Cambadélis : On peut partager l’idée d’une démondialisation, par exemple dans le domaine de l’agriculture. Importer des gigots d’agneau de Nouvelle-Zélande ne semble pas tout à fait opérationnel quand nous en produisons nous-mêmes de très bonne qualité. Mais je suis gêné par ce terme, il donne l’impression que nous voulons nous retirer du monde, qu’il y aurait une ligne Maginot, frontière économique, qui nous permettrait de consommer, de vivre en vase clos en France.

Il ne faut pas se dérober à la mondialisation, il faut l’affronter. Je suis favorable à la révolution silencieuse, celle de la norme. Je suis favorable à une domestication écologique et sociale de l’économie de marché. C’est l’exemple que nos prédécesseurs ont donné. Au début du capitalisme sauvage, qui détruisait des vies, des enfants, ils remettaient en cause le mode de production précédent qui bouleversait les campagnes, et il a fallu un combat acharné pour le rendre moins dur, obtenir des acquis, introduire le social dans la production. Eh bien c’est un peu ce travail qui recommence.

J’ajoute qu’il faut un espace efficace ou efficient pour mener cette bataille de la norme. Et cet espace, c’est l’Europe. Regardez comment le débat avance. Il y a quelques années, on regardait les socialistes français comme des hurluberlus parce qu’ils étaient pour la taxation des mouvements de capitaux, pour une gouvernance économique, ou pour le juste échange, c’est-à-dire introduire des normes de réciprocité dans les échanges.

Eh bien aujourd’hui, c’est le programme du Parti socialiste européen. Hier, Sigmar Gabriel, le leader du SPD allemand, est venu au côté de Martine Aubry dire qu’il partageait cette vision et ce combat.

Voilà le vrai chemin dans la mondialisation.

Randy : Que doit faire le Parti socialiste pour contrer la montée des populismes en France et en Europe ?

Jean-Christophe Cambadélis: Commençons par la France. Il faut réenchanter la politique, montrer et démontrer, voire proposer, un autre chemin que les chemins battus et rebattus par la droite depuis dix-sept ans. Ce que l’on appelle une « alternative » à la droite.

Plus nous serons dans l’innovation, la rupture, l’audace, plus l’espoir sera au rendez-vous. Et le meilleur moyen de réduire le populisme, c’est de construire l’espoir. En un mot, plus vous avez de votants, moins le national-populisme pèse. Je crois que la victoire de la gauche en France peut constituer un déclic en Europe. Vous aurez les élections l’année suivante en Allemagne, vraisemblablement en Angleterre, surtout en Italie et dans l’Europe du Nord. Nous pouvons avoir à nouveau un moment social démocrate, mais une social-démocratie de type nouveau qui a tiré le bilan de son échec à accompagner le système libéral et qui pense et porte un nouveau modèle de développement.

Annie K : On vous qualifie depuis des années, sans que vous démentiez, comme le premier lieutenant de DSK. Pouvez-vous encore affirmer que jamais vous n’avez constaté que l’ancien patron du FMI avait une attitude condamnable vis-à-vis des femmes ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je peux le constater, je peux vous l’affirmer, je n’ai jamais remarqué d’attitude condamnable, comme vous dites, en ma présence, auprès des femmes.

L.O. : Que pensez-vous du supposé revirement de position de François Hollande vis-à-vis de Tristane Banon, qui dit avoir reçu son soutien pendant la période qui a suivi l’affaire alors qu’il nie aujourd’hui avoir été au courant des faits ?

Jean-Christophe Cambadélis : Je ne connais rien de cette affaire, encore moins des relations de François Hollande et de Mme Banon, et je me garderai bien de tout commentaire en ce domaine.

Nadine M : Ne pensez-vous pas que la révélation de l’affaire Tron a permis au PS d’échapper au pire concernant son image auprès des Français puisque finalement chaque camp à ses cas pathologiques…

Jean-Christophe Cambadélis : Vous faites peu de cas de la présomption d’innocence, pour l’un comme pour l’autre. Une révélation vaut pour vous condamnation. Je ne crois pas que les Français l’aient vu de cette façon. J’en veux pour preuve l’extrême popularité, pour l’instant jamais démentie, du Parti socialiste et de ses candidats à la présidentielle qui – pour les principaux d’entre eux – battent à plate couture le président sortant.

Hélène B : Jacques Mahéas a été condamné pour harcèlement sexuel, en appel et en cassation, depuis plus d’un an. Le PS a envisagé de statuer sur son cas après la publicité de l’affaire DSK… N’est-ce pas tard ? le PS ne doit-il pas exclure Jacques Mahéas ?

Jean-Christophe Cambadélis : Le PS avait été saisi dans le cadre de sa commission des conflits, avant ce que vous appelez l’affaire DSK, et celle-ci devait statuer le 8 juillet. C’est toujours le cas. Il y a des procédures internes au Parti socialiste. Il faut simplement les respecter comme on doit respecter les procédures judiciaires.

NICOLAS SARKOZY EST DANS UN « CORNER »

Henry : Entre Bayrou, Borloo, Villepin ou encore Hulot, le centre ne risque-t-il pas d’être embouteillé en 2012 ? Le PS n’aurait-il pas à gagner à désigner un candidat vraiment ancré à gauche, et non un social-libéral comme l’était DSK ?

Jean-Christophe Cambadélis : La question ne se pose plus tout à fait. Mais je crois que Dominique Strauss-Kahn, tout en étant de gauche, attirait à lui des franges non négligeables du centre, comme Mitterrand avait pu le faire en 1988.

Mais aujourd’hui, nous n’avons pas de candidat comme Dominique Strauss-Kahn, capable de dominer le centre. Donc notre intérêt, c’est d’avoir un candidat ou une candidate qui « sécurise notre couloir » de socialistes, démocrates et écologistes. Car mon avis est que tout se jouera au premier tour. Si vous allez au centre et que vous perdez à gauche, dans une situation où vous ne dominez pas le centre, vous perdez de tous les côtés. Et vous pouvez vous retrouver derrière Marine Le Pen, et donc être éliminés au premier tour. Tout cela fait un peu cuisine ou tactique électorale, mais au-delà de la réponse aux problèmes des Français, le positionnement d’une campagne a son importance.

DSK : Pensez-vous que l’UMP joue la carte de la séduction de l’électorat frontiste ou drague-t-il le centre de Borloo et Bayrou ? Comment lisez-vous la stratégie de Nicolas Sarkozy ?

Jean-Christophe Cambadélis : La stratégie de Nicolas Sarkozy est la balkanisation du centre et l’OPA amicale sur le Front national. Il pense qu’il sera au deuxième tour et qu’il lui restera à ramener à lui les deux composantes d’une majorité. C’est plus facile à dire qu’à faire. Car la grande faiblesse de cette stratégie, c’est qu’elle s’est accompagnée d’une droitisation et d’une opposition frontale des Français à cette droitisation.

Nicolas Sarkozy est dans un « corner », il a pensé au deuxième tour faire venir à lui l’électorat frontiste avant le premier, avoir une surface suffisante entre l’électorat de l’UMP et l’électorat du centre.

Donc au-delà de son échec, qui sera patent lors de l’élection présidentielle, il devra tout à la fois séduire une partie de la droite qui ne supporte pas le national-populisme de Marine Le Pen et une partie de l’extrême droite qui vomit littéralement le centrisme européiste d’un Borloo ou d’un Bayrou. Rude tâche…

Bernard : En cas de victoire du parti socialiste, un gouvernement pluriel avec Europe Ecologie est-il envisageable ?

Jean-Christophe Cambadélis : Tout à fait. Je crois qu’il est nécessaire que l’ensemble des gauches et des écologistes se retrouvent au pouvoir pour changer vraiment la France. Ne nous trompons pas : la droite, qui occupe la présidence de la France depuis dix-sept ans, va nous laisser une situation épouvantable dans le domaine de la dette, de la crise industrielle, du retard social et économique, voire de l’avancée européenne.

Il faudra être unis et soudés si nous voulons passer toutes ces difficultés. Sinon, les querelles reprendront, les gens se décourageront, et nous serons sanctionnés avant d’avoir pu agir.

Chat modéré par Eric Nunès

14 Nov

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Fillon reconduit: tout ça pour ça !

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Nicolas Sarkozy n’avait donc comme objectif ni le changement ni un nouveau commencement dans cet interminable calendrier de l’avent. Mais tout simplement démontrer qu’il était le seul à droite. Le seul chef, le seul capable de se succéder à lui-même. Bref tout ça pour ça: le gouvernement c’est moi !

18 Juin

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L’Europe ressemble à l’équipe de France: Un gros potentiel mais il ne se passe rien !

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Lorsque l’on suit le sommet européen, on se dit que cela ressemble à l’équipe de France. On suppute sur les combinaisons, on se dit que là franchement c’est gagnable. On stress en regardant les joueurs entrant sur le terrain tellement ils jouent faux. Et puis rien ! On perd toutes les occasions, on ne joue pas le ballon, aucun système de jeux, aucun esprit d’équipe…

Il reste Vincent Hervouët sur LCI qui est à l’Europe ce qu’est Jean-Michel Larqué sur TF1 au football. Avec eux dès la première minute, c’est toujours mieux en face. L’un analyse en différé c’est moins grave que ce Larqué, franchement la base de la reconquête c’est qu’il prenne sa retraite.

Pour l’Europe j’ai un faible pour le changement d’entraineur de la France mais on verra en 2012 !

29 Juil

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Une démarche partagée pour réussir le changement

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PRPS.jpgNous nous sommes réunis le mardi 22 juillet entre les contributions « Une vision pour espérer, une volonté pour transformer», « Besoin de gauche » et « Brèves de Campagnes » Nous avons fait plusieurs constats et envisagé une démarche partagée.

Nous aspirons à bâtir une alternative crédible pour les français et battre ainsi Nicolas Sarkozy et la droite libérale. Nous souhaitons renouer avec la victoire. Nous voulons entraîner la France sur le chemin de l’espoir.  Nous partageons le dessein d’un socialisme moderne, d’une Europe politique, du retour des valeurs de la gauche. Nous convergeons sur une idée simple. Le temps est venu de faire autre chose autrement. Car notre époque a changé et nous n’avons pas changé. Lire la suite…