Tag déflation

26 Nov

Commentaires fermés sur Le plan d’investissement européen de Monsieur Juncker : un premier pas, mais insuffisant dans la lutte contre la déflation.

Le plan d’investissement européen de Monsieur Juncker : un premier pas, mais insuffisant dans la lutte contre la déflation.

par

logops160

 

 

 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a donné ce matin du contenu au plan de 300 Milliards d’euros qu’il avait annoncé lors de sa prise de fonction.

Le Parti socialiste se félicite que la relance par l’investissement soit enfin à l’ordre du jour de l’Union européenne. Depuis des mois, la France et l’ensemble des socialistes européens soulignent les menaces de déflation en Europe et demandent que soit mise en œuvre rapidement un plan d’investissement européen de la crise.

Le Parti socialiste note avec satisfaction un certain nombre des propositions de la Commission qui rejoignent celles qu’il avait formulées, à savoir la définition de chantiers prioritaires comme la transition énergétique, le numérique ou la recherche et l’utilisation de la Banque européenne d’investissement comme principal outil de financement. Il se réjouit également que pour la première fois la Commission européenne accepte d’exclure une partie des dépenses des États membres du calcul des déficits publics nationaux.

Pour autant, ce plan ne peut être considéré que comme un premier pas.  Il devra être précisé et complété, pour être à la hauteur des défis économiques auxquels doit faire face l’UE.

Le nouveau Fonds européens pour les investissements stratégiques (FEIS) ne sera doté que de 21 milliards d’euros de capital, venant principalement d’un redéploiement du budget européen (16 milliards d’euros), le reste venant de la Banque européenne d’investissement (BEI, 5 milliards d’euros). Ce n’est pas suffisant. Nous devons faire appel aux disponibilités existantes, supérieures, dans le cadre du mécanisme européen de stabilité. La BEI pourrait en outre réinvestir une partie plus importante de ses bénéfices, prendre davantage de risques et assouplir ses conditions de financement afin de participer plus directement à la relance de l’investissement. Enfin, bien que certaines flexibilités dans le calcul des déficits et des dettes publiques soient envisagées quand à la participation des États à la capitalisation du FEIS, elles devraient plutôt l’être dans le cadre de leurs engagements aux projets d’investissement eux-mêmes.

Le Parti socialiste accueille donc positivement cette première étape de la Commission européenne, mais il lui demande de se hisser au niveau du défi historique de la déflation.

21 Nov

Commentaires fermés sur Le dérapage incontrôlé du commissaire Oettinger mérite une démission.

Le dérapage incontrôlé du commissaire Oettinger mérite une démission.

par

logops160
Monsieur Oettinger s’est lancé dans une diatribe hors de propos contre la France alors que la Commission a accepté son budget en déclarant que la France est un « pays déficitaire récidiviste » et en appelant Bruxelles à le traiter avec « rigueur ».

Si Monsieur Oettinger n’a pas de mots assez durs pour la France, il est muet sur les déficits excessifs de l’Allemagne, sa croissance atone et la déflation qui vient en Europe.

Mais cette agression outrepasse ses prérogatives et surtout la nécessaire réserve d’un commissaire.

Cette attitude renforce ceux qui en France militent pour la sortie de l’Europe. Elle devrait être sanctionnée.

15 Nov

Commentaires fermés sur Tribune dans Le Monde: Gare à la pente déflationniste !

Tribune dans Le Monde: Gare à la pente déflationniste !

par

logolemonde

Le Monde publie ce jour une tribune de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous ou en cliquant ici:

 

Nous l’avions redouté, j’avais alerté au mois d’août, nous y voilà exposés : la déflation est là. Et sans doute pour longtemps. C’est en effet une décennie de prix bas, de croissance très faible, de chômage durable qui s’annoncent si tous les Gouvernements d’Europe ne prennent pas l’exacte mesure de la spirale déflationniste qui vient. Il ne s’agit plus d’en discuter l’éventualité mais d’y répondre de manière urgente.

La Banque Centrale Européenne (BCE) dont la mission principale, il faut le rappeler, est de maintenir la stabilité des prix aux alentours de 2% d’inflation, doit elle aussi admettre cette nouvelle réalité. Les prix continuent de chuter depuis deux ans, l’inflation atteignant 0,4% seulement pour l’année 2014. La déflation est sur notre continent. Paul Krugman, prix Nobel d’économie, vient de s’en alarmer. Il ne s’agit pas d’un scénario, d’une menace, mais d’un fait, brut et têtu, déjà observable en Espagne, en Slovénie, en Bulgarie, en Hongrie, en Grèce, en Italie aussi, économie majeure du continent, où les prix ont atteint en août dernier leur plus bas niveau depuis 1959.

Le danger pour l’économie européenne est évident si on ajoute à ce constat un taux de croissance anémié qui devrait plafonner à 0,8% pour cette même année. A cela nous devons bien entendu associer les terribles chiffres du chômage qui s’élève à 11,5 % dans la zone euro, avec des pointes plus qu’alarmantes en Grèce (26,4 %), en Espagne (24 %) et au Portugal (13,6 %). Aux prix trop bas, à la croissance trop faible et au chômage trop élevé, il faut ajouter la modération salariale et les politiques budgétaires parfois trop restrictives.

Et puis, comment ne pas citer le vieillissement de notre continent, qui pousse à l’épargne et qui accentue une tendance lourde de rétraction de l’activité. Au final, l’Europe tourne au ralenti et menace de stopper pour longtemps son développement, risquant donc de sombrer dans une petite crise permanente et auto-entretenue. Face à ce danger l’Europe semble comme tétanisée voire paralysée. Ce manque de réaction politique serait une funeste erreur comme le cas japonais en a fait la malheureuse démonstration depuis les années 1990.

Les Européens ne doivent pas seulement regarder en direction du Japon, ils peuvent également se retourner vers leur histoire. Vers l’Allemagne des années 1930 dont la chute de l’activité accéléra la montée du nazisme. Vers la France et la politique décidée par Laval aussi, qui à partir de 1935 ne manqua pas de fragiliser notre pays dans un moment pourtant crucial. Ne sous-estimons pas les conséquences et donc les enjeux. Plus nous tardons à répondre à la déflation, plus elle s’installera durablement sur notre continent, plus la misère s’étendra, plus l’euroscepticisme prospèrera et au final plus le populisme s’enracinera.

Des pamphlets se multiplient au nom du déclin des nations remettant au goût du jour un nationalisme ethnique. La déconstruction républicaine est déjà dans de nombreuses têtes. Le déclinisme a pignon sur rue, le pessimisme militant règne en maître et le dénigrement est à la mode chez nos élites. Quant à l’islamophobie, le phénomène est continental, ce n’est pas le terrorisme des enragés du Djihad qui va le faire baisser. Les peuples s’installent dans une spirale dépressive que rien n’arrête. Les défis qu’il faut affronter sont perçus comme une remise en cause.

Pendant qu’à un autre pôle, la société de marché veut liquider l’état social. L’intérêt général est vécu comme un carcan insupportable et le développement durable une servitude. Les vieilles nations européennes percluses de dettes et revenues de tout, se rêvent comme un ensemble de Suisses renonçant à l’Histoire, n’exigeant que protection du métissage et sanctuarisation des retraites. La jeunesse s’en désespère. Elle s’en va, s’enrôle ou se désole ce qui ne présage rien de bon. La déflation va accélérer tout cela ruinant encore un peu plus l’idée du progrès qui fut les lumières de l’Europe.

On sait lorsqu’une déflation débute mais on ne sait jamais quand elle s’achève. C’est précisément cela qui en fait une redoutable menace. Il ne s’agit cependant pas de sauver uniquement le niveau des prix en Europe mais l’idée d’Europe elle-même et d’une certaine conception de la démocratie. L’Europe ne doit pas être synonyme de lent dépérissement et d’appauvrissement généralisé. Sans tarder, il s’agit donc de s’opposer à la pente déflationniste. Car, n’en doutons pas : la volonté politique pour la relance et la nouvelle croissance, avec comme maître mot l’investissement et le juste échange est l’antidote à l’austérité, le vaccin contre la déflation et le remède au populisme. En un mot, nous avons besoin d’une prise de conscience, d’un sursaut continental.