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06 Mai

Commentaires fermés sur Appel à l’initiative de France terre d’asile

Appel à l’initiative de France terre d’asile

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La France doit apporter une réponse digne et responsable à la question tunisienne.

Depuis janvier 2011, plus de 20 000 Tunisiens sont arrivés sur les côtes italiennes et quelques milliers, qui se sont vus délivrer par Rome une autorisation provisoire de séjour à titre humanitaire, se sont dirigés vers la France. Certains errent aujourd’hui dans les rues et les squares des grandes villes, Marseille, Nantes et surtout Paris. Ils bénéficient du soutien d’urgence que leur apportent les associations, certaines municipalités et d’une importante entraide communautaire et citoyenne. Cela ne suffit évidemment pas.

Face à cette situation chaque jour plus dramatique, le gouvernement français, guidé par des considérations de politiques internes, a déployé une série de réponses totalement inadaptées : multiplication d’interventions policières, placement en garde à vue, en centre de rétention, blocage de la frontière franco-italienne et réadmission de Tunisiens vers l’Italie. La France manque à sa réputation de patrie des droits de l’Homme et déroge aux principes qu’elle a toujours défendus. Nous sommes en droit d’attendre de notre pays une autre réponse, digne et responsable, qui porte nos valeurs.

Les personnalités et organisations signataires refusent l’instrumentalisation idéologique et politique de cette situation et en appellent au gouvernement français pour qu’il adopte des solutions à la hauteur des enjeux.

Nous demandons pour cela que le gouvernement :

Cesse les interventions policières sur les lieux de rassemblement des Tunisiens : ces interventions sont discriminatoires, agressives et inutiles.

Propose un dispositif d’accueil temporaire.

Mette en place un dispositif spécifique d’aide au retour volontaire pour les Tunisiens qui souhaitent retourner dans leur pays : cette mesure permettrait d’organiser des retours de manière digne et humaine à un coût qui ne serait pas plus élevé que le coût de la politique actuelle.

Considère la situation des Tunisiens qui pourraient entrer dans des dispositifs d’accès au séjour ou de formation professionnelle, notamment dans le cadre des accords migratoires franco-tunisiens.

Contribue, y compris dans le cadre européen, à une aide significative au développement économique et social de la nouvelle démocratie tunisienne.

Encourage la solidarité européenne en matière d’accueil des migrants.

Prendre ces mesures simples et humaines c’est bien peu quand on sait que la Tunisie a accueilli 300 000 déplacés de la crise libyenne en faisant preuve d’un élan de solidarité exceptionnel. En entendant notre appel, la France s’honorerait de renouer avec des principes qui ont inspiré les différents mouvements de ce printemps arabe tant salué et de la révolution du Jasmin en particulier.

Le lien vers le site de France terre d’asile.

Avec le soutien des organisations et associations suivantes :

Bertrand Delanoë, maire de Paris ; Patricia Adam, députée du Finistère ; Pouria Amirshahi, secrétaire national du Parti socialiste ; Guy Arcizet, grand maître, président du Conseil de l’ordre du Grand Orient de France ; Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste ; Jean-Pierre Bayoumeu, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Frédérik Bernard, maire de Poissy ; Francine Blanche, membre de la direction confédérale de la CGT ; Jean Blocquaux, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris ; Stéphane Bonifassi, avocat ; Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ; Jean-Bernard Bros, délégué général du Parti radical de gauche ; Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris ; Jean Christophe Cambadélis, député du 19e arrondissement de Paris ; Jean-Baptiste Cessac, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; Victor Colombani, président de l’Union nationale lycéenne ; Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherche au CNRS ; Sylvain Cuzent, directeur général du CASP ; Georges Dagher, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Alain Deleu, président honoraire de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) ; Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des jeunes socialistes ; Emilie Dequenne, comédienne ; Harlem Désir, député européen et secrétaire national du Parti socialiste ; François-Xavier Desjardins, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Olivier Favier, journaliste ; Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement de Paris ; Olivier Ferrand, président de Terra Nova ; Patrice Finel, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Pierre Fournel, directeur général de la LICRA ; Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Razzy Hammadi, secrétaire national du Parti socialiste ; Benoît Hamon, porte parole du Parti socialiste ; Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile ; Stéphane Hessel ; Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ; Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France ; Alain Jakubowicz, président de la LICRA ; Christian Laruelle, directeur de l’ASSFAM ; Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français ; Alain Le Cleac’h, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député européen ; Patrick Lozès, président du Cran ; Luc Mainguy, président de l’association Solidarité Bretagne Cambodge ; Jacky Mamou, président du collectif Urgence Darfour ; Nicole Maestracci, présidente de la FNARS ; Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT ; Samia Maktouf, avocat ; Sandrine Mazetier, députée de Paris, secrétaire nationale du Parti socialiste ; Didier Paillard, maire de Saint-Denis ; Michelle Pauco, présidente de l’association Accueil travail emploi (ATE) ; Etienne Pinte, député des Yvelines ; Eric Pliez, directeur général de l’association Aurore ; Jean-François Ploquin, directeur général de Forum réfugiés ; Serge Portelli, magistrat ; Marc Prévot, président de l’association Emmaüs ; Nicole Questiaux, membre du conseil d’administration de France terre d’asile ; Jacques Ribs, président de France terre d’asile ; Gilbert Roger, maire de Bondy ; Christophe Robert, directeur Fondation Abbé Pierre ; Jacques Salvator, maire d’Aubervilliers ; Bernard Schalscha, secrétaire général du collectif Urgence Darfour ; Françoise Seligmann, présidente d’honneur de la Ligue des droits de l’homme ; Dominique Sopo, président de SOS Racisme ; Gisèle Stievenard, adjointe au maire de Paris ; Christiane Taubira, députée de Guyane ; Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT ; Olga Trostiansky, adjointe au maire de Paris ; Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement de Paris ; Dominique Versini, ancienne défenseure des enfants ; Philippe Waquet, magistrat honoraire ; Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS ; Richard Yung, sénateur représentant les Français établis hors de France ; Iradj Ziai, membre du bureau de France terre d’asile ; Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF ; Mohsen Zemni, président de l’Association des tunisiens de France (ATDF) ; Roger Madec, maire du 19e arrondissement de Paris

 

 

30 Avr

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Le Millénaire: le shopping au bord de l’eau

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Inauguration du nouveau centre commercial situé au coeur du quartier de la Porte d’Aubervilliers : Le Millénaire : le shopping au bord de l’eau.

Espace de 56000 mètres carrés dédiés au shopping (140 magasins et restaurants), restauration, enseignes de services, 12000 mètres carrés d’espaces verts, 2800 places de parking… « Le Millénaire » est un projet d’envergure situé au coeur du quartier populaire de la Porte d’Aubervilliers où Paris et Aubervilliers se mêlent depuis plus de 100 ans.

Occupé au 19ème siècle par les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (EMGP), véritable poumon economico-commercial pour la ville de Paris, ce lieu longtemps désaffecté après la désindustrialisation, voit, dans un premier temps, sa renaissance avec l’arrivée de 300 entreprises et 12 000 salariés en moins de 10 ans. Avec l’ouverture du site « Le Millénaire », une nouvelle tendance est néée mêlant activités commerciales et service accessibles à tous.

L’accès peut se faire par toutes et tous en transport ou navettes fluviales sur le canal, c’est aussi un formidable complexe d’une architecture rare où espaces verts et lumière solaire se mêlent.

Projet d’envergure, « Le Millénaire » accueillera également bureaux, parkings et espaces verts et jouera un rôle important dans la création d’emplois et contribue au développement du tissu économique local grâce à une politique active de recrutement au sein des communes avoisinantes ( à terme, le site permettra la création de quelques 1 700 emplois).

Ci- joint quelques photos :

30 Mar

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Pour une mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement

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L’ Assemblée Nationale vient de rejeter par 307 voix CONTRE la proposition de résolution proposée par les députés du groupe SRC au titre de l’article 34-1 de la Constitution, sur le climat tendant à mettre en oeuvre les engagements du Grenelle et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Lire la suite…

21 Fév

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Association Débrouille Compagnie – l’art de la récup’

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Chaque fois que je le peux, je profite de mon blog pour mettre à l’honneur des associations de ma circonscription qui, tout au long de l’année, proposent des activités, actions et évènements qui participent du lien social des quartiers et des habitants.

Je souhaiterais mettre à l’honneur une association domiciliée dans le quartier Danube Solidarité : l’Association Débrouille Compagnie – l’art de la récup’ :

Née en 2002, et d’un constat qu’à l’étranger, le déchet est perçu comme une ressource, l’Association Débrouille Compagnie part à la rencontre d’artistes et artisans du monde entier qui créent, à partir de déchets, des oeuvres utilitaires ou décoratives.

Sous l’égide de trois grands thèmes : la défense du développement durable et local, la promotion des artistes et artisans récupérateurs du monde entier et le transfert de techniques et de compétences, l’Association Débrouille Compagnie organise des « récup’ créative » visant à modifier les habitudes de consommation et de mise au rebut de tous les déchets des habitants pour recréer, grâce à leur savoir faire, des objets de seconde vie : paniers fabriquée à l’aide de tickets PMU, bijoux ou coffrets fabriqués grâce à des bouteilles plastiques, objets de décorations et sacs, cabas uniquement composés de morceaux de canettes de sodas….

Ce sont autant d’objets décoratifs et utilitaires crées grâce à la disponibilité, la compétence et le sens artistique des artistes par les enfants et adultes dans un seul but : développer la créativité de chacun tout en réduisant le volume des poubelles.

Pour tout contact :

http://www.debrouille.com/

Pour en savoir plus cliquez ici

06 Fév

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Au Forum Social Mondial de Dakar

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Depuis hier, je suis à Dakar pour la dixième édition du Forum social mondial qui se déroulera du 6 au 10 février à Dakar. Après le forum de Bamako et surtout celui de Nairobi, ce troisième Forum qui se tient en Afrique est pleinement en phase avec le contexte politique et économique. La flambée des cours des matières premières fait craindre une aggravation de la crise alimentaire. Cette crise n’a pas disparu de la réalité même si elle n’est plus à la « une » des journaux. D’ailleurs c’est un des éléments déclencheurs des mouvements qui on enflammé le Maghreb où les Tunisiens, les Algériens et les Tunisiens veut combiner développement démocratique, développement économique et justice sociale.

Voilà pour la toile de fond.

Ce sera l’occasion de rencontrer l’ensemble du mouvement altermondialiste, en particulier les ONG, les syndicats et les partis progressistes d’Afrique et d’ailleurs.

Le PS, fortement représenté avec Martine Aubry, Henri Weber, Harlem Désir, Pouria Amirshahi, Laurianne Deniaud sans compter les nombreux élus locaux participera à plusieurs débats. Ca commence ce matin avec la traditionnelle Marche du FSM dans les rues de Dakar. C’est l’autre diplomatie celle d’en bas. Indispensable de nos jours source d’information et d’expérimentations locale.

Quelques photos:

03 Fév

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Jean-Christophe était l’invité de BEUR TV

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« Tout ce qui se passe à Tunis et au Caire est la meilleure antidote à l’islamophobie en Europe (…) Il était temps que le pouvoir algérien lève l’état d’urgence. 17 années cela fait beaucoup. (…) On peut décider l’état d’urgence pour des raisons ponctuelles, le terrorisme par exemple mais 17 ans c’est un système de pouvoir. (…) L’Algérie n’est pas la Tunisie. Le multipartisme est balbutiant mais il existe, il y a une presse indépendante. Mais je ne sais pas ce que eut donner la marche du 13 février. (…) En 2012 nous fêterons les 50 ans de l’indépendance. Je forme le voeux que nous soyons capables d’un traité de l’Elysée comme la France le fit pour l’Allemagne. (…) Il faut avoir la force morale de reconnaître nos erreurs. Il faut dire ce que la France fit en Algérie, de Sétif à Alger. Il faut ouvrir une nouvelle époque entre la France et l’Algérie. (…)

Israël est une démocratie. Elle a tout intérêt à l’évolution démocratique du monde arabe, comme elle aurait intérêt à la démocratisation de l’Iran (…) pour la paix il faut le développement et la démocratie. (…)

L’Internationale Socialiste n’est pas un conglomérat de dictatures. Parfois il y a des partis de libération nationale qui ont été progressistes et ont muté en partis autoritaires. C’est pour cela que nous avons proposé une charte éthique pour construire notre droit d’inventaire. (…)

On doit dire en Côte d’Ivoire, Monsieur Ouattara a gagné les élections, le scrutin doit être respecté. Mais il faut aussi s’interroger sur pourquoi ce dernier a le soutien de l’Angola ou de l’Afrique du sud. (…) L’Internationale Socialiste ce n’est pas le Parti socialiste dit, les autres s’exécutent. C’est un peu plus compliqué. Maintenant je me félicite que les partis de Hosni Moubarak ou de Ben Ali aient été mis en marge de l’Internationale socialiste ».

18 Jan

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La guerre pacifique

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Le sommet Hu Jintao – Barack Obama marque un peu plus le tournant dans les relations internationales. Le binôme sino-américain vient de se substituer à l’hyper puissance américaine qui, elle même, était la conséquence de l’effondrement soviétique, suite à la guerre froide entre l’Union soviétique et les Etats-Unis. Rarement un processus de décomposition – substitution n’aura été aussi vite. La conséquence principale réside dans le fait que la croissance est à l’Est et la puissance aussi. Les Etats-Unis regardent vers le pacifique et la Chine est plus que jamais au « milieu ».

Evidemment l’hyper-épargne de l’un finance l’hyper consommation de l’autre. Mais ce n’est pas l’essentiel. Les Etats-Unis tentent d’impliquer la Chine, avec le double objectif de partager le fardeau du monde et de peser sur la contradiction entre le régime politique et le développement économique, certains, comme l’a expliqué Brejinski dans le grand échiquier que supporter une part du poids du monde à l’extérieur, tout en étendant le marché à l’intérieur, minera le régime politique et à terme sa puissance. Les USA, avec Ronald Reagan, avait utilisé la guerre des étoiles pour mettre l’Union soviétique dans le rouge, si l’on peut dire, et s’effondrer. Là il s’agit de la guerre de l’étoile. Celle de la suprématie du monde, en jouant sur le nationalisme chinois. Ces derniers font un tout autre pari, celui de la puissance asymétrique. Ils utilisent la crise d’hégémonie du monde occidental et de son moteur américain pour conquérir la zone asiatique où le Japon s’essouffle. Il s’agit d’abord de faire de l’Asie le coeur de la nouvelle puissance dont la Chine est le moteur. Dans le même temps les Chinois se substituent sans s’impliquer. En Europe, en Afrique, ils laissent l’Empire mercenaire du monde occidental utiliser son hyperpuissance militaire, certains que le financement de celle-ci entrave la réorganisation des Etats-Unis. La Chine tire les leçons des déclins des empires où la puissance militaire est insupportable. (P. Keagan) Et la Chine se concentre exclusivement sur la puissance commerciale, rachetant des parts de marché là où les pays du Golf ont dilapidé leur capacité à le faire. La Chine adepte de Sun Tzu utilise la force de l’adversaire pour miner sa puissance, alors que les Etats-Unis, adeptes de Clausewitz, utilisent le monopole de la force pour contraindre l’adversaire à combattre sur un terrain qu’il ne peut supporter. Nous sommes dans une guerre du pacifique et pacifique où se joue l’hégémonie du monde. Quand à l’Europe ? En attendant son stratège, elle laisse passer l’Histoire.

01 Déc

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Sommet de Cancun : Préparer la voie d’un accord contraignant post-Kyoto

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Paris, le 30 novembre 2010
Communique du Bureau national

La seizième conférence des parties sur les changements climatiques s’est ouverte hier à Cancun. Dans la lutte contre le changement climatique, Copenhague n’a pas débouché sur le traité cadre permettant de prendre la suite du protocole de Kyoto. Celui-ci expirant en 2012, un accord est nécessaire afin d’éviter un vide juridique.

Si un accord global paraît hors d’atteinte, ce sommet ne doit cependant pas être celui du renoncement. Cancun doit préparer la suite du protocole de Kyoto à Johannesburg en 2011. Des décisions concernant des enjeux sectoriels majeurs comme les mécanismes de financement, la création d’un fonds de lutte contre la déforestation (Redd +), l’adaptation ou encore les transferts de technologie doivent êtres prises.

Deux sujets majeurs se joueront donc à Cancun.

Tout d’abord, l’enjeu technique du financement et de l’accompagnement des pays en voie de développement pour l’adaptation et l’atténuation aux effets du changement climatique, sur lequel un consensus a été trouvé à Copenhague. Il s’agit, sur le court terme, d’un fonds « Fast Start » abondé de 30 milliards annuels d’ici 2012 ; puis, pour la question du financement de long terme, d’un Fonds climat de 100 milliards annuels d’ici 2020. Les modalités de cet accord – nature des financements, fenêtres thématiques, autorité de gestion -, demeurent aujourd’hui vagues. Elles doivent être fixées à Cancun. Nous défendons la nécessité d’une taxe sur les transactions financières internationales pour abonder notamment le Fonds climat.

Ensuite, celui des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le monde a besoin de leadership et de volonté politique. L’Europe doit retrouver le rôle qu’elle avait à Kyoto : dynamique et exemplaire. Elle doit s’engager à renforcer son objectif de réduction de CO2 de -20 à -30% d’ici 2020. Nous sommes d’ores et déjà à -17%, davantage en raison de la crise économique et des délocalisations des industries les plus polluantes dans les pays du Sud que par l’effet d’une mutation de nos modes de production et de consommation. L’objectif des -30% a minima d’ici 2020 est donc souhaitable et largement atteignable.

Le passage d’un objectif de -20 à -30% à horizon 2020 ne débloquera pas les négociations. Mais l’Union Européenne, par cette exemplarité, peut restaurer la confiance des Pays en voie de Développement. L’Union Européenne, par ce nouvel objectif, peut se remettre sur les rails d’une trajectoire lui permettant d’atteindre son objectif de long terme d’au moins 80% de réduction des émissions d’ici 2050 décidé par le Conseil Européen en 2009. Enfin, le passage à 30% permettrait d’engager le virage vers une économie verte, de faire des économies sur nos importations d’énergie fossile et de créer de nombreux emplois dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Ce virage, déjà entamé notamment par les collectivités territoriales, est la condition pour que l’Europe ne rate pas le basculement dans la compétitivité internationale sur les technologies vertes et vers un nouveau modèle de développement.

Cancun doit être une marche à ne pas rater dans la voie difficile mais indispensable vers un accord contraignant, décidé dans l’enceinte des Nations Unies pour que le multilatéralisme sorte renforcé.

15 Nov

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Discours devant le Conseil de l’Internationale socialiste

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Cher George,
Chers Luis,
chers camarades et amis,

Cher Ricardo Lagos,

Je serais bref car tu n’as pas laissé beaucoup de place a l’exégèse, tant tu as été précis et complet.

Mes amis, Laissez-moi vous dire une fois encore le plaisir que nous avons d’accueillir ce Conseil de l’Internationale socialiste à Paris. Paris qui a une histoire intime avec le mouvement progressiste et le mouvement socialiste international. Au XIXe siècle, beaucoup d’événements fondateurs pour notre famille politique se sont déroulés dans cette ville. C’est par exemple ici que fut fondée la Deuxième internationale, l’ancêtre immédiate de l’Internationale socialiste. Il est donc juste que nous fondions une nouvelle étape de notre mouvement en lançant d’ici, un Appel, un Appel de Paris pour que la Conférence de Cancún sur le climat soit le point de départ d’une révolution verte qui conduira le monde sur la voie d’un développement durable partagé.

Que peut-il se passer à Cancún ? Rien. Que doit-il se passer à Cancun ? Tout, tout ce qui permettra un changement de climat dans le combat sur le changement climatique. Tout ce qui permettra de passer des paroles aux actes.

La « déception de Copenhague » a été très durement ressentie alors que rarement la prise de conscience de l’urgence climatique n’avait été aussi forte, et ce malgré des tentatives de tordre le coup à l’idée de «réchauffement climatique ».

Il faut le dire ici, se préoccuper du climat ce n’est pas une question de « mode » c’est une question économique, sociale et politique, donc ça concerne l’ensemble du mouvement progressiste international. Il s’agit pour nous de construire ce que le philosophe Edgar Morin appelle le « New Deal de civilisation ». Ce paradigme vert dont parlait a l’instant Ricardo Lagos.

Au XIXe siècle, le mouvement socialiste s’est construit sur la prise de conscience des injustices sociales causées par la révolution industrielle et la manière dont la production était organisée. Il a proposé un autre monde, un autre modèle de développement économique et social adossé au développement de la démocratie politique. Il n’est pas trop ambitieux de dire qu’au XXIe siècle, le mouvement socialiste doit prendre conscience qu’entre les injustices sociales et l’urgence climatique, il y a un lien comme il doit désormais exister un lien entre l’économie et l’écologie. C’est une autre façon de parler de la fraternité. Nous avons déjà, partiellement opéré cette révolution intellectuelle. Nous avons rompu avec le productivisme. Il s’agit de produire et de consommer de manière responsable. L’émancipation des peuples c’est aussi le fait de garantir un avenir libéré des entraves nées de la pollution et des maladies qu’elle entraîne.

Malgré les déceptions provoquées par la conférence de Copenhague, l’humanité prend aujourd’hui conscience qu’elle s’est peut être engagée dans un processus lent, de suicide écologique, par l’épuisement des ressources naturelles sur lesquelles elle est assise. Parallèlement aux questions climatiques, elle doit affronter le problèmes de pollutions chimiques, de l’épuisement de la biodiversité, du manque de terre, de forêts, d’air respirable, d’eau potable, de sources d’énergie. Ce à quoi se rajoutent les questions démographiques et alimentaires.

Toutes ces questions élargissent la crise générale de la mondialisation dont nous avons parlé tout à l’heure. Et nous renvoient elles aussi aux enjeux d’un monde organisé, dépassant les égoïsmes à courte vue dans une coopération structurée et efficace.

Au delà de la justice sociale dans une croissance solide, le mouvement socialiste doit remettre en cause: l’accumulation compulsive et la soumission à des désirs voraces et insatiables, l’action permanente et l’urgence chronophage, l’ambition compétitive et le culte de l’instant, la religion du changement, du bougisme. Bref dépenser plutôt que penser comme le dénonce souvent Martine Aubry.

La réconciliation de l’homme avec l’homme ne passe plus par un changement de système mais par une attitude radicalement différente vis-à-vis de la nature, de l’égalité sociale et de la coopérations des nations

C’est pourquoi, Cancún ne doit pas être un échec. Les puissants de la planète qui savent trouver des accords commerciaux bénéfiques pour leurs entreprises doivent créer les conditions favorables pour trouver des accords politiques, notamment sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, bénéfiques pour l’ensemble des peuples de la planète.

Pour que Cancún soit un succès, il faut populariser l’Appel de Paris. Nous ne devons pas nous en tenir à une intention ou une proclamation. Ce appel doit dans les deux semaine qui nous séparent de l’ouverture de la Conférence, être porté et relayé par chacun de nos partis. Nous devons le publier dans nos médias nationaux, organiser avec les ONG, les syndicats et les citoyens qui le veulent et en faire une

revendication populaire. Si tous les membres de l’International socialiste répondent positivement. Si les groupes parlementaires se font l’écho de nos propos alors nous serons une force ou matérielle. Et la conférence de Mexico sera un point d’appui, le point de départ d’une « organisation mondiale climat ».

Ce n’est pas grand chose pour chacun de reprendre cet appel mais si de l’Argentine au Canada, de l’Australie à l’Europe, de l’Afrique au Moyen-Orient et à l’Asie nous reprenons l’Appel de Paris, nous pèserons sur la conférence de Cancun et notre collectivité socialiste aura été utile, comme elle a été utile il y a un siècle !

26 Oct

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Une loi de finances accablant les salariés et protégeant les riches

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L’Assemblée Nationale vient de voter le projet de loi de finances pour 2011 et plus précisément, l’ensemble des articles de la première partie.

Signe évident d’austérité, le projet de loi de finances 2011 présenté par le gouvernement est une conséquence directe d’une politique irresponsable, catastrophique et totalement inégalitaire sur l’économie qui présage des conséquences dramatiques dans la vie des plus modestes.

Alors que l’on veut nous faire croire que la crise dont le pays se sort à peine est le leitmotiv de ce budget d’austérité, le projet de loi décrypté explique encore une fois la volonté du gouvernement de faire profiter les plus riches des avantages fiscaux pour mieux taxer les autres, c’est-à-dire les plus modestes.

Ce sont donc les classes populaires et moyennes qui vont être frappées par la compression de 7 milliards d’Euros des dépenses essentielles en matière de soutien économique, de service public et de protection sociale, et elles seront aussi et surtout touchées de plein de fouet par une hausse des impôts qui se monte à 10 milliard d’Euros.

Et ce n’est pas terminé :

Ce sont encore les classes populaires et moyennes qui vont subir toutes les conséquences des gels de salaires dans la fonction publique, des suppressions de postes et de moyens dans des secteurs comme l’Education Nationale, de l’augmentation de la TVA de 5,5% à 19,6% appliqué aux offres « triple play » organisant une hausse directe des tarifs annuels, des diminutions d’exonérations pour les HLM qui seront immédiatement répercutées par des augmentations de loyers, des suppressions des avantages fiscaux pour les nouveaux mariés et/ou pacsés, des taxes sur les contrats d’assurance maladie entraînant de ce fait la hausse des tarifs des complémentaires de santé, des diminutions des contrats aidés, aides à l’apprentissage et dispositifs d’insertion des chômeurs, abandon du Grenelle de l’environnement avec la réduction des avantages fiscaux pour le développement durable…

En parallèle, les plus fortunés, les rentiers, les héritiers seront bien évidemment épargnés de ces alourdissements fiscaux et avantagés par la défiscalisation des heures supplémentaires ou la TVA à 5,5% sur la restauration

De même, la proposition du gouvernement de supprimer dans le même temps le bouclier fiscal et l’ISF n’est qu’un leurre, une duperie pour permettre aux plus riches de bénéficier d’un cadeau supplémentaire.

Avec cette politique, la dette atteindra un record de 87,4 % du PIB en 2012 et deviendra dès lors, la première dépense de l’État, devant les crédits alloués à l’Education !

Avec mes collègues députés SRC, c’est une toute autre réforme que nous défendons, une réforme permettant la mise en place d’une nouvelle stratégie de croissance, basée sur le rétablissement de la compétitivité économique et la cohésion sociale du pays, en organisant une vraie politique de contribution des revenus du capital, en mettant en place des dispositifs de relance de la consommation des ménages, de l’emploi, et en encourageant l’investissement des entreprises et des collectivités locales.

Pour toutes ces raisons, avec mes collègues députés du groupe SRC, j’ai voté CONTRE le projet de loi de finances présenté ce jour, mardi 26 octobre 2010 à l’Assemblée Nationale.