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07 Juin

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Discours de clôture du 77e congrès du Parti socialiste – dimanche 7 juin 2015

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Discours de Jean-Christophe Cambadélis au… par PartiSocialiste

La Gauche des solutions, la Gauche d’un horizon

 

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

77ème Congrès du Parti Socialiste

Poitiers, dimanche 7 juin 2015

(Seul le prononcé fait foi)

 

 

Cher-e-s ami-e-s ! Cher-e-s camarades ! Peuple de gauche !

 

Le Président de la République, François Hollande, vient de nous délivrer un message essentiel : « nous devons réussir ». Oui, nous avons 18 mois pour réussir. Permettez-moi, en notre nom à tous, de lui dire un mot à mon tour. Un mot amical et respectueux.

 

Cher François, Monsieur le Président,

La France a de la chance que vous mettiez en oeuvre son redressement sans remettre en cause son modèle social. La République peut s’enorgueillir que vous ayez à chaque instant choisi la France unie. Quant au Parti socialiste, il est fier que vous soyez l’un des siens.

Oui, mes chers amis, mes chers camarades, nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait pour le redressement de notre pays avec le Président Hollande, jour après jour, malgré les contraintes, en dépit des attaques, dans l’intérêt général. Le Président sait qu’il peut compter sur vous, qu’il peut compter sur nous. Il mérite notre respect le plus total, notre soutien le plus entier et, oui, Socialistes, le Président mérite tous nos applaudissements !

 

Mes camarades,

 

Pourquoi ne pas le dire ? Je suis heureux de pouvoir prendre la parole devant vous aujourd’hui! Heureux, d’être ici à Poitiers, chez Alain Claeys que je salue, parmi les Socialistes réunis en congrès. Toutes et tous, quelle que soit votre fédération, quelle que soit votre fonction, vous êtes le Parti socialiste. Vous êtes les continuateurs d’une grande idée, d’une grande histoire. Toutes et tous, vous avez en partage l’amour de la gauche, donc de la République et, je le sais, l’amour de la France.

 

*          *          *

La France.

La France, le monde entier la regarde, surtout quand les temps changent. La France, c’est à l’étranger que l’on en parle le mieux, de sa culture, de ses atouts, de ses réalisations, de son esprit rebelle. Le monde entier reconnait à la France cette capacité de dépassement dans les rendez-vous de l’Histoire. Le 11 janvier, la France a marché dans la rue, pour la liberté d’expression et pour la démocratie, faisant défiler le monde entier derrière elle, avec elle. Oui, la France est universelle, la France est éternelle lorsqu’elle fait vivre la République.

 

La France est unique mais elle n’est pas uniforme. Elle est unique et multiple. Elle l’a toujours été. De cette dialectique, elle tire son âme et sa force. La France ne renonce jamais. Elle résiste toujours. La France, ce n’est pas seulement des paysages, des villes, une culture, c’est une histoire dans l’Histoire. Pour certains, la France est née en 500 avec Clovis. Pour d’autres, elle n’apparaît qu’au 12e siècle avec Philippe Auguste. Pour les Socialistes, la France finit de naître au 18e siècle avec la Révolution française.

 

La France, certains veulent en faire un monolithe, une statue blafarde, crispée, figée, rabougrie. Mais, de quelle France parlent-ils? Celle de l’absolutisme royal? De la Saint Barthélemy ? Des Dragonnades contre les Protestants ? La France de Thiers écrasant la Commune sous la mitraille? Celle de l’antisémitisme antidreyfusard ? Celle de Barrès sur une « colline inspirée » ? La France de Pétain ? La France du colonialisme ? Celle de l’OAS?

 

Cette France allergique au changement, rétive à la transformation sociale, cette France univoque et uniforme, le bloc réactionnaire veut la ressusciter ! Vous le sentez comme moi, nous sommes en plein conflit de définition de ce qu’est la France, de ce que sont ses valeurs, de ce que doit être son avenir. Nous avons tardé à comprendre que nous n’avions plus le monopole des cœurs et des esprits. C’est ainsi, nous avons perdu la bataille culturelle. Mais la droite ne l’a pas encore emporté pour autant.

 

Les droites ont distillé un message, qui a irrigué les débats et s’est immiscé dans de nombreux esprits. Elles disent: « la France est sur le déclin ». Cette problématique structure aujourd’hui le débat public. Oui, la France a viré de bord. Jamais depuis la Libération, la Droite n’a été aussi forte dans notre pays et sur le continent européen et jamais la Gauche n’y a été aussi faible. Aujourd’hui, nous devons redonner à la gauche toute sa place, son hégémonie, sa capacité à paver le chemin de l’espoir dans un monde meilleur. Voici donc notre plus grand défi: la reconquête culturelle de la France.

 

Derrière cette bataille culturelle, il faut voir la bataille politique. Je le dis ici, cette bataille, c’est ma bataille, c’est votre bataille. C’est notre bataille, c’est celle d’une génération. De son issue dépend le visage de la France de demain, sa stabilité, sa vitalité, sa prospérité. Oui, mes chers camarades, la bataille de France a commencé. La France est à la croisée des chemins, et le Parti socialiste à un carrefour. L’Histoire nous souffle sur la nuque.

 

A vrai dire, la bataille de France a commencé le jour de notre victoire. Le 6 mai 2012. Les Droites n’ont jamais accepté notre légitimité à gouverner, jamais ! Pour elles, la gauche est forcément soit une parenthèse, soit une expérimentation et quand elle arrive au pouvoir par les élections, pour les conservateurs, ils le disent d’ailleurs, c’est toujours une « effraction ». En 2012, les droites ont d’emblée choisi la violence verbale, les outrages et l’irrespect. Cela n’est pas prêt de s’arrêter. La bataille politique connaitra de prochains pics: la bataille des régionales et la bataille présidentielle, cette mère des batailles.

 

Les forces réactionnaires – aujourd’hui bien nommées – sont d’ores et déjà en place. Ainsi, le Front national est en quête de respectabilité pour permettre à Madame Le Pen de gagner en présidentialité. Madame Le Pen n’a pas tué le père, elle a bâillonné le père. Elle l’a mis à la porte de son parti car les portes du pouvoir ont commencé à s’entrouvrir.

 

Marine Le Pen et le Front national pensent emporter des régions. La France elle, s’interrogera avant de lui ouvrir les portes du 2e tour de l’élection présidentielle. Mais sa présence ou pas, dépend de vous, de notre renouveau, de notre réussite, de notre rassemblement.

 

Monsieur Sarkozy est prêt lui aussi. Prêt à tout, évidemment. La « res publica », la chose publique, il veut en faire un pupitre, pire, un trépied pour servir son intérêt personnel. Car enfin, il faut le dire : ce qui intéresse Monsieur Sarkozy dans la République, c’est la Présidence de la République.

 

Non, il n’a pas changé. Quoique… si, peut-être. Il a un peu changé. Comme si ses tours marchaient moins bien. La semaine dernière, lors de son congrès soi-disant « fondateur », Monsieur Sarkozy a voulu un lancement en grande pompe, mais il a plutôt fait la démonstration qu’il souffrait d’un petit coup de pompe. Depuis que Nicolas Sarkozy est élu patron de l’UMP, il refuse de débattre. Je peux le comprendre, mais il refuse même de dire mon nom ou mon statut ! C’est un comportement infantile, puéril, inutile, typique de Monsieur Sarkozy pour qui seul compte ce qu’on désigne, ce qu’on nomme ou renomme. C’est comparable à l’apprentissage d’un enfant de deux ou trois ans, qui, se cachant derrière ses mains, croit qu’il est invisible. Ce qui est attendrissant chez un enfant de cet âge, est pathétique pour un adulte, et de surcroit préoccupant pour qui fut chef de l’État et veut le redevenir. Car l’attachement à la toute puissance infantile relève, à la maturité, d’un déni de réalité. Mais cela interroge aussi profondément sur les capacités et le sens des limites nécessaire pour accéder à la présidence. Pour présider, il faut savoir se présider. Mais ne nous attachons pas à la forme, même si chez Monsieur Sarkozy, le style, c’est l’homme, et la forme, le fond.

 

Le Parti républicain ne vise pas seulement à évacuer l’UMP… Il est vrai qu’il y a beaucoup à évacuer. Il y a derrière cette appellation non contrôlée, une référence évidente au Parti républicain américain, à George Bush et au Tea Party. Mais, il y a aussi un tour de passe-passe qu’il faut expliciter. Profitant de la crise familiale du Front national autour de Monsieur Philippot et de la dédiabolisation, observant que le Front national n’avait pas autant performé que les sondages le disaient lors des élections départementales, Monsieur Sarkozy a trouvé sa stratégie: reprendre les thèmes du Front national tout en se parant des atours de la République. Monsieur Sarkozy invente d’ailleurs à cette occasion la République « Canada Dry » : cela ressemble à la République, mais cela n’est pas la République. Il suffit de noter les propos qu’il approuve et applaudit.

 

Monsieur Sarkozy applaudit quand Monsieur Wauquiez dit, je cite : « l’affaire Chloé confirme que la politique de désarmement pénal de Madame Taubira est une folie ». Dire cela, non, ce n’est pas républicain !

 

Monsieur Sarkozy applaudit lorsque Monsieur Estrosi déclare : « une carte d’identité ne suffit pas pour être Français ». Mais, reprendre mot à mot ce que disaient dans la ville de Nice Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret il y a vingt ans, non, ce n’est pas Républicain !

 

Monsieur Sarkozy applaudit encore lorsque Monsieur Estrosi juge que les musulmans sont la « cinquième colonne » du terrorisme en France. Mais, dire cela, parler comme le Front national d’un ennemi intérieur, non, ce n’est pas républicain !

 

Pendant son congrès, vous l’avez noté vous aussi, Monsieur Sarkozy a eu des mots très durs contre la gauche, disant que les socialistes seraient hors la République. En revanche, il n’a pas eu un mot pour le Front national. En 45 minutes de discours. Étrange ? Non, logique. C’est une tentative de re-bipolarisation en plaçant le Front national dans son jeu. Nicolas Sarkozy a lancé son OPA sur le Front national, non pour le réduire, non pour le détruire, mais pour le séduire. Nicolas Sarkozy ne souhaite pas s’allier, il veut le récupérer dans une croisade néo-conservatrice contre la gauche.

 

Certains nous disent : « mais, l’important, c’est que le FN recule » ! Ah bon ? En quoi le Front national recule s’il devient la référence du parti sarkozyste ? En quoi la République est sauvée si l’UMP-Parti-Républicain adhère à la préférence nationale et fait des musulmans des ennemis de la France ? En quoi la République est sauvée si l’idée de la fracture républicaine devenait majoritaire à l’issue de l’élection régionale et de l’élection présidentielle ?

 

La droite est maintenant prête. Elle a un programme d’abrogation de la gauche. Elle a ensuite un programme de régression : chômeurs, salariés, fonctionnaires, voilà les ennemis, puisqu’ils s’accrochent à leurs acquis. Elle a un programme pour la nation : la préférence nationale. Elle a une stratégie : siphonner le Front national et faire de la Gauche, l’ennemie de la République. Et qu’on ne nous dise pas qu’Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, c’est autre chose ! Ils sont la caution morale de cette droite sans rivages à droite. Faut-il leur rappeler que la devise de la République est « liberté, égalité, fraternité », ce n’est pas : « Fouquet’s, Rolex, Kärcher ».

 

Se servir de la République, unique et indivisible, pour diviser… Il fallait oser. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour oser un tel outrage! C’est ainsi, Monsieur Sarkozy reste Monsieur Sarkozy. Arrogant, segmentant et clivant.

 

Tous, nous le sentons, pour s’imposer à son clan, « l’homme qui n’aimait pas les Français » est prêt à fracturer le pays, il est prêt à dresser les Français les uns contre les autres pour assouvir sa revanche.

 

*          *          *

Les Français.

Aucune de leurs difficultés, aucune de leurs inquiétudes ne sont étrangères aux socialistes. Nous sommes tournés vers les Français. Vers leurs problèmes, leurs envies et leurs espoirs. Les Français sont fiers, parfois complexes, plein d’ambivalences. Dans leurs rapports à l’État, qu’ils aiment détester, mais qu’ils détestent voir absent face au chômage, face à la finance. Dans leurs rapports au libéralisme aussi, comme un récent sondage vient de le montrer. Politiquement aussi, ils sont ambivalents. C’est que leur choix n’est pas fait. Ils sont dans l’expectative et attendent du sens, un discours clair, des mesures concrètes, un chemin tracé. Oui, les Français sont ambivalents. Ils sont inquiets aussi, confrontés à de multiples défis.

 

Les Français sont d’abord inquiets de la menace réelle, durable du terrorisme. Le 11 janvier a marqué les esprits tout autant que les attaques barbares. En janvier, les Socialistes ont su être à la hauteur de l’Histoire, le Président incarnant la France dans l’épreuve, le gouvernement mettant en œuvre la riposte juridique et sécuritaire, en respectant l’état de droit et la nature de la menace. La France va vivre de nouveaux moments tragiques malgré le travail considérable de l’Etat. Le terrorisme nous percutera et provoquera de nombreux débats. Les Socialistes feront tout pour éviter que la haine et les amalgames l’emportent, ils feront tout pour rassembler.

 

Partout dans le Maghreb et le Machrek, des forces sont à l’œuvre, désordonnées politiquement, convergeant cultuellement. Dévoyant l’Islam, les terroristes d’un Islam fanatisé, ont déclaré la guerre aux mécréants. La progression de la horde Daesh en Irak et en Syrie, l’allégeance de groupes comme Boko Haram, mais aussi en Libye, au Sahel, la concurrence entre les groupes terroristes cherchant par la violence spectaculaire à recruter. Tout nous amène à dire que ce n’est pas fini. La France tente donc de réévaluer la stratégie vis-à-vis de Daesh. Et je salue, la Commandante Asya Abdullah, qui a fait le voyage jusqu’à Poitiers depuis Kobané et qui a eu hier des paroles puissantes autant qu’émouvantes.

On ne dira jamais le prix que nous payons de ne pas avoir suivi la France dans le bombardement de Bachar el-Assad après qu’il a gazé son peuple. L’amélioration est possible, elle passe par la constitution d’un gouvernement syrien de transition, sans Bachar el-Assad, armé par l’Europe, et par la reconstitution de l’armée irakienne, obéissant à un Etat multiconfessionnel. La question syro-irakienne est trop peu évoquée en France. L’état politique de la Méditerranée est trop absent du débat. Il y a urgence et le Parti socialiste en fera donc l’un de ses thèmes principaux pour les mois et les années à venir.

 

Les Français sont également confrontés à un problème vital : l’emploi. Et pour cause : sans emploi, pas de société pensable, une vie précaire, mais pas une existence pleine et entière. Toute l’action des Socialistes aux responsabilités est structurée autour de l’emploi. Oh, non, bien sûr, tout n’a pas été parfait dans notre action. Elle a parfois manqué de clarté, d’efficacité aussi. Il faut dire que le lègue sarkozyste était bien lourd. C’est ainsi, quand on arrive aux responsabilités, il y a un passé à assumer. Et quand ce passé s’appelle Nicolas Sarkozy, oui, c’est un passif. Le passif, il faut l’assumer. La serpillière, il faut la passer. Ce n’est pas chercher des excuses que de le dire, c’est prendre en compte les réalités.

 

Nous nous sommes ainsi heurtés à la crise de l’industrie française. Elle était historique. Nous avons été confrontés à la faiblesse des syndicats, une faiblesse que nous déplorons. Nous avons été confrontés à l’intransigeance patronale, une intransigeance que nous combattons. Le Parti socialiste n’est pas tenant de l’économie administrée, il ne l’a d’ailleurs jamais été, mais franchement, à écouter le patronat, on se demande si le MEDEF n’est pas devenu le parti de l’économie subventionnée. Nous avons ainsi été profondément choqués de voir le patronat faire campagne au lendemain de l’adoption du pacte de responsabilité contre une avancée sociale que les socialistes ont imposée pour les salariés : « La pénibilité ». Le Gouvernement simplifie le système pour le rendre viable, l’encre est à peine sèche, que ce sont maintenant les retraites complémentaires qui posent problème. Et pendant ce temps là, non seulement la proposition d’un million d’emplois a disparu, mais anticipant la croissance que les Français ont payée de leurs efforts, le patronat dégraisse selon la vulgaire formule.

 

Oui, l’emploi, est le sujet central qui permet de pointer la différence essentielle entre les Socialistes et le bloc réactionnaire. Les Conservateurs pensent qu’il faut détruire le code du travail pour créer de l’emploi. Les Socialistes pensent qu’il faut innover si l’on veut préserver notre modèle social et investir fortement pour créer des emplois.

 

Chers amis, chers camarades,

Pour les socialistes, une nouvelle époque s’ouvre. Nous entrons dans un nouveau moment car la croissance revient. Moins rapidement que nous le souhaitions, moins forte en emplois que nous le voulions, mais elle est là. La Droite ne peut pas le contester. Alors elle relativise. Pour le Parti républicain conservateur, « quand la France va mal », c’est à cause de nous, mais quand elle va un peu mieux, c’est grâce aux autres.

 

Peu importe. Il y a un indéniable frémissement économique qui s’amorce. Il faut en tenir compte et le Parti socialiste a trois exigences pour faire face à cette nouvelle donne, qu’il faut conforter et bonifier, en emplois, en pouvoir d’achat, en nouveaux droits. D’abord, il faut poursuivre les réformes de fond. Ce n’est pas le moment de renverser la vapeur, ni celui de changer de conducteur. Hier, l’urgence écrasait tout. Aujourd’hui, on peut infléchir grâce à des reformes courageuses. Et en prenant en compte la nouvelle donne, que ce soit sur le CICE mieux ciblé, le pacte de responsabilité mieux adapté, ou la réforme fiscale mieux affirmée. Le Parti socialiste a défini en ce domaine ses positions. Nous engageons le débat amical avec le gouvernement car nous souhaitons voir ces réflexions présentes dans le débat budgétaire de l’automne.

 

Ensuite, nous voulons la juste répartition de la croissance qui arrive. La juste répartition de la croissance, c’est s’assurer que la reprise, fruit de l’effort collectif des Français, profite à tous.

 

Enfin, nous voulons ôter les contraintes, nous voulons faciliter la vie des Français, pour permettre à chacun d’envisager à nouveau l’ascension sociale. Faciliter la vie des Français, c’est l’allégement de la fiscalité. La décision du gouvernement de permettre à neuf millions de Français de payer moins ou pas d’impôts, va dans ce sens. Faciliter la vie des Français, c’est simplifier les démarches administratives. Faciliter la vie des Français, c’est évidemment et principalement, le compte personnel qui sécurise les parcours professionnels. Cette avancée, portée depuis des années par Martine Aubry, sera le marqueur social du quinquennat.

 

Réformer, ce n’est pas seulement s’adapter aux réalités, c’est suivre un projet de société, c’est promouvoir l’égalité, car la mondialisation a accru les inégalités. Nous le savons tous, les réformes puiseront leur légitimité dans leur efficacité. Mais, d’ores et déjà nous avons rouvert les portes de l’espoir. Oui, grâce à toi Jean-Marc, oui Manuel, grâce à toi aussi. Maintenant, il te faut finir le job ! Et nous avons confiance dans ta détermination et ton sens de l’écoute des aspirations du Parti socialiste. Merci Manuel !

 

Mes chers amis, mes chers camarades,

Les Français sont aussi inquiets de la crise dans l’éducation. Cette crise les touche au cœur car elle est l’avenir de leurs enfants et le sanctuaire de leur République. L’éducation a besoin de professeurs formés et motivés. La droite avait supprimé la formation des enseignants, nous l’avons réhabilité. La droite avait supprimé des dizaines de milliers de postes, nous en avons créé 60 000. Oui, l’éducation a besoin de moyens. Les Socialistes y pourvoient : première priorité, l’éducation est le premier budget de l’État. L’éducation a aussi besoin de réformes, et notamment au collège. « Mieux apprendre pour mieux réussir », voilà notre projet, à mille lieues du conservatisme de la droite, de leurs propos polémiques. Permettez-moi, après Vincent Peillon et Benoit Hamon, de saluer Najat Vallaud-Belkacem qui, non seulement, promeut la deuxième phase de notre révolution éducative, mais fait front, avec brio, aux basses attaques de la droite.

 

La droite aime attaquer mais déteste l’assumer. Monsieur Sarkozy déteste que l’on pointe du doigt ses sorties légèrement xénophobes. Oh ! Je viens de le répéter ! Je l’assume ! Je le redis ! Monsieur Sarkozy a ciblé deux ministres de la République, pas l’ensemble du gouvernement, pas parce qu’elles sont françaises, non, il a les a attaquées, elles deux, et elles seules – parce qu’elles sont des femmes, sans doute – et aussi, oui, aussi et surtout parce qu’elles portent ces noms là ! Qu’il l’admette au moins ! Mais, peut-être, se dit-il au fond de lui, que ces propos ne pas exactement républicains…

 

Revenons à l’école. Oui, sur l’école aussi, les Socialistes se distinguent des néoconservateurs. Pour le bloc réactionnaire, l’école est une variable d’ajustement, un poste de coûts, le premier terrain de la compétition sociale. A l’opposé, pour les Socialistes, l’école c’est le lieu de la transmission des savoirs et c’est aussi le premier lieu de la lutte contre les inégalités sociales !

 

Autre défi : les Français sont inquiets de la grave menace qui plane sur le projet européen. Les Socialistes disent qu’il est urgent de parler haut et fort de l’Europe, en Europe, pour l’Europe. La question de la méthode est ici essentielle. A juste titre, nous avons estimé que seule la remise en ordre de nos comptes nous permettrait de parler fort dans l’enceinte européenne. L’Allemagne nous dit maintenant: « vous voyez ? Ca marche ! ». Tentant de nous enfermer dans la seule bataille des comptes publics. Notre voisin et ami s’exonère ici un peu trop vite des réels sujets, à commencer par le sous-investissement structurel, enfin reconnu dans le plan Juncker, mais pas au niveau que nous souhaitons. Il y a donc un désaccord que nous devons assumer en Europe. Face à ceux qui disent austérité, nous disons : investissement, investissement, investissement !

 

Autre enjeu européen clé : la question du traité énergétique qui devient urgent. Ce qui se joue ici, c’est l’indépendance énergétique de l’Europe. Et je suis de ceux qui pensent que, dans le bras de fer avec la Russie, ce projet est plus efficace que bien des postures belliqueuses. Et puis, il y a le sujet TAFTA. Alors mes amis, et puisque l’Europe souffre trop de son langage bureaucratique, je veux être clair, je veux être net : à cette étape, c’est « non », « no », « nein » ! C’est « Οχι »!

 

Le Parti socialiste le dira clairement lors du congrès du Parti socialiste européen qui se tiendra la semaine prochaine à Budapest.

L’Europe va subir beaucoup de chocs dans l’année à venir. Notre représentante à Bruxelles et à Strasbourg, Pervenche Berès – que je salue – le sait mieux qui quiconque. D’abord la Grèce, qui, nous le comprenons, ne veut pas être condamnée à une austérité sans fin. Soutenir et aider la Grèce à rester en Europe, cela passe par le respect des engagements, mais aussi par une gouvernance économique qui respecte la croissance. Ce que nous avons dit pour la France, vaut pour la Grèce, le Portugal, l’Espagne. J’allais dire pour l’Allemagne. Mais le gros problème qui vient, c’est le référendum annoncé en Angleterre. Les conservateurs se sont piégés eux-mêmes. Pour gagner les élections, ils ont flatté l’europhobie anglaise. Et pour gagner le référendum, ils ont maintenant besoin d’un scalp symbolique. Car sinon, ils perdront le référendum, et l’Ecosse quittera le Royaume-Uni. Evidement, la Grande-Bretagne doit rester dans l’Europe, mais pas au prix du renoncement à l’Europe. Sinon, ce serait gagner un référendum en offrant une grande victoire à l’europhobie.

 

Autre défi : les Français sont préoccupés par le péril écologique. Nous venons d’évoquer le traité énergétique, car l’Europe doit être exemplaire, puisqu’elle est un acteur essentiel. Mais, c’est le monde entier qui doit être exemplaire, car il n’y a pas de planète de rechange. Les Socialistes, fidèles à leur projet de transformation sociale, doivent revendiquer la prochaine étape de cette transformation : la domestication sociale et écologique du capitalisme. Oui, c’est l’éco-socialisme, c’est dans notre charte, grâce à Guillaume Bachelay, qui y a imprimé sa marque. L’étape qui vient est essentielle : la Cop 21. Laurent Fabius conduit, aux côtés du Président de la République, cette grande cause avec doigté. Les socialistes européens se réuniront à l’automne autour du premier ministre, à notre initiative, pour avancer, pour faire bloc, pour réussir. En attendant la COP 21, je fais mienne la proposition qui veut que la France, supprime effectivement les financements directs et indirects, en faveur des équipements au charbon.

 

Ainsi, le monde entier jouera son avenir en décembre, en France. La France est à la hauteur de ce défi vital. Et, permettez-moi ici de saluer Ségolène Royal, la grande ministre d’un immense défi.

 

Les Français sont préoccupés par un autre défi : l’immigration. Alors, disons le nettement : Les socialistes sont pour le traitement républicain de l’immigration. Le traitement républicain nécessite d’offrir le droit d’asile et d’exercer la solidarité en France et dans les pays d’origine. Le traitement républicain c’est dire que s’installer où on veut, quand on veut, comme on veut n’est pas un droit. Mais la solidarité, l’asile sont des droits, des droits qu’il faut respecter.

 

En cette fin de congrès, j’en appelle à une grande conférence mondiale sur les réfugiés en 2016, où tous les problèmes seraient sur la table : flux migratoires des Etats, lutte contre les passeurs clandestins, accueil, asile et investissement. La solution du problème de l’immigration que l’on connait ici se trouve d’abord là-bas, dans les pays du départ, c’est là qu’il faut créer des richesses et du développement. Assez de cette Europe forteresse ! Assez de cette Méditerranée cimetière, il faut un monde solidaire ! Puisque le Nord ne peut pas accueillir toute la misère du monde, qu’il aide ses frères humains à participer à la création et au partage de toutes les richesses du monde !

 

Avec la plus grande fermeté, nous nous opposons à ceux qui veulent tout confondre sans rien régler : L’immigration économique, les demandeurs d’asile et les Français issus de l’immigration. Oui, nous sommes pour le traitement républicain, c’est-à-dire un traitement qui distingue, qui protège et qui attaque le problème à la racine.

 

Mes ami-e-s, cher-e-s camarades, autre défi : Les Français sont interpellés, intrigués voire inquiets face à l’Islam. La réponse pour les socialistes c’est la liberté organisée, c’est-à-dire la fraternité laïque. En France, la laïcité ce n’est pas l’anti- religion mais le garant du vivre ensemble. Dans la République, on a le droit de croire et de ne pas croire. Contrairement à la droite et l’extrême droite, nous n’avons pas de préjugés envers les musulmans ou l’Islam. Nous combattons l’idée funeste que la France ne serait la France qu’en se séparant des musulmans. Nous combattons tous les racismes et l’antisémitisme. La laïcité est la première des libertés. Elle est garante d’une société moderne, ouverte. Nous refusons tout autant un Islam normatif que l’islamophobie. Nous voulons protéger les minorités et cela passe par la protection du vivre ensemble. Nous voulons maintenir ce qui fait la France, sans se fermer au monde.

 

*          *          *

 

Le monde.

Le monde, quand on est membre du Parti socialiste, on doit vouloir le changer. Ou alors, il faut changer de parti. Mais, disons-nous les choses jusqu’au bout : si nous voulons être le parti du mouvement, oui, il faut remettre notre parti en mouvement. Si nous voulons être le parti du renouveau, oui, il faut mettre en œuvre le renouveau de notre parti.

 

Le renouveau, c’est l’enjeu des années à venir. Les Français, ne sont pas fous, ils savent que face aux nombreux défis que nous venons d’évoquer, il faut le renouveau des pratiques et des idées politiques. Les militants socialistes le savent aussi. Quelle que soit l’orientation qu’ils ont portée, quelle que soit la motion qu’ils ont défendue, je le sais, ils ont mis les Français au cœur de leurs préoccupations.

 

Oui, le renouveau. Ce mot, je ne l’ai pas choisi au hasard, pour faire joli. Le renouveau, c’est la réponse à la crise d’adhésion à gauche, à la crise de notre démocratie.

Le renouveau passe par le renouveau des têtes. Oui, il faut des têtes nouvelles aux couleurs de la France. Depuis un an, nous préparons l’avènement d’une nouvelle génération, qui sera présente dans notre nouvelle direction.

 

Le renouveau, c’est ensuite le renouveau des méthodes. Le parti doit embrasser les immenses potentialités du net pour identifier les idées nouvelles et les nouveaux talents, pour mener la bataille culturelle. Nos outils de communication doivent s’y adapter, sans plus tarder.

 

Le renouveau, c’est également le renouveau des thèmes. Oui, nous devons nous remettre en question sur tous les sujets que nous venons d’évoquer.

 

Le renouveau, c’est aussi le renouveau de notre organisation. Christophe Borgel a présenté les grandes lignes de ce big bang organisationnel en décembre dernier. Maintenant, nous avançons. La culture changera. Les structures changeront. Tout changera. Mais, il y a quelque chose que je ne toucherai pas : l’énergie de tous les militants. Elle est là, intacte. Elle est puissante. Elle est diverse. Vous la portez tous ici.

Le renouveau, c’est le dépassement du Parti socialiste en terme d’adhésions, mais aussi en terme stratégique. Nous allons bâtir dans chaque département, dans chaque canton, l’alliance populaire. Il ne s’agit pas d’un cartel d’organisations, mais de l’irruption des citoyens dans l’alliance. Des collectifs vont surgir partout et ils auront comme initiateurs, tous ceux qui veulent mener le combat contre la Droite extrême et l’extrême droite. Tous ceux qui veulent poursuivre les réformes. Tous ceux qui veulent la réussite de la France, qui souhaitent une juste répartition de la croissance. Tous ceux qui veulent que revienne en France le mouvement de l’égalité. Au fond, tous ceux qui veulent un grand mouvement progressiste dans le pays. Tous ceux là ont vocation à se rassembler dans une alliance populaire, plus mouvement de citoyens que cartel d’organisations. Et en novembre 2016 nous organiserons une grande convention de l’alliance populaire. Nous lancerons par ailleurs, l’année prochaine, trois grandes conférences ouvertes dont la première portera sur le défi éducatif et culturel.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades, je souhaite, je vous demande, que le Parti socialiste sorte de l’entre-soi et se tourne vers les Français, réponde à leurs problèmes précis. Tournons-nous vers les Français, tournons-nous vers notre peuple, tournons-nous vers la gauche réelle. Et dès septembre, après l’université d’été, où toutes les forces de gauche seront invitées et pourront participer et animer les débats, nous lancerons une opération porte ouverte dans chaque section. Le Parti socialiste tend la main au peuple de France. Ensemble, relevons les défis. Ensemble, créons un nouveau courant progressiste dans le pays pour le relever.

 

            Nous allons changer, mais changer ensemble. Oui, le renouveau a besoin de tous les Socialistes. Aujourd’hui, il n’y a plus les socialistes de la motion A, B, C ou D. Aujourd’hui, le renouveau a besoin de tout l’abécédaire des socialistes ! De vous tous ici présents : Manuel Valls et le Gouvernement, les dirigeants du Parti socialiste, Christian Paul, Karine Berger et Florence Augier. Oui, le renouveau aura besoin des secrétaires de section comme Mathias Aggoun, des Premiers fédéraux comme Benoît Tirant, des Présidents de départements, des Présidents de Région comme Jean-François Macaire. En parlant de Président et de région, oui, le renouveau a aussi besoin de Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale qui repart en conquête et que je salue amicalement. Le renouveau a besoin de Bruno Le Roux et de Didier Guillaume, nos présidents de groupe parlementaire. Le renouveau en action c’est aussi Stéphane Le Foll et François Rebsamen.

 

Le renouveau se fera aussi grâce aux permanents, aux bénévoles ici présents. Je les salue pour le magnifique travail qu’ils ont accompli durant ces trois jours.

*          *          *

J’aurais dû commencer mon propos par ce mot: merci.

Ce sera le mot de la fin.

 

Mes cher-e-s camarades, mes cher-e-s ami-e-s,

 

Merci à l’ensemble du Parti Socialiste de m’avoir accordé sa confiance. Vous savez combien ce parti compte pour moi. Notre renouveau est ma seule ambition.

 

Mes chers camarades,

 

C’est avec une grande émotion que je viens de prononcer ce discours. Il est chargé de vos aspirations pour la justice, pour l’égalité, de vos volontés de faire vivre nos valeurs. Premier secrétaire, je ne serai pas chef de clan. Je serai un camarade de combat, le premier des militants.

 

Je souhaite un parti énergique, inventif, ouvert et dynamique, un Parti socialiste où l’on se respecte, où l’on s’écoute, où l’on défend fermement la gauche contre la droite et l’extrême. Nous devons être, mes chers amis, mes chers camarades, la gauche des solutions, la gauche d’un horizon.

 

Chers amis, chers camarades,

 

Moi, premier secrétaire, je serais le garant de l’unité de tous. Je comprends l’honneur qui m’est fait et je ferai tout pour être à la hauteur.

 

Aujourd’hui, je me tiens devant vous. J’ai en tête tous ceux qui ont animé notre mouvement. Je leur adresse un signe amical et j’ai une pensée pour ceux qui nous ont quitté. J’ai l’esprit plein de souvenirs, des images de notre parcours, de nos compagnons de lutte. Je pense à eux et je pense à nous. Je vous regarde et je me dis : le Parti socialiste est un grand parti !

 

Je me dis que si jamais le Parti socialiste venait à disparaitre, la République perdrait sa meilleure défense. Je crois que sans ce parti, la France perdrait plus qu’un parti. La France perdrait en humanité et les Français perdraient espoir. Oui, sans ce parti, la France ne serait plus la France.

 

Alors, ensemble, faisons le vivre pour que vive la République.

 

Vive la Gauche! Vive la République ! Vive la France !

07 Fév

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Discours de Jean-Christophe Cambadélis devant le Conseil national du Parti socialiste – samedi 7 février 2015

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JCC CNPS 07022015

 

Intervention de Jean-Christophe Cambadélis devant le Conseil national du Parti socialiste – samedi 7 février 2015

Seul le prononcé fait foi

Le contexte a changé. La France a été attaquée par le terrorisme. Les Français ont remis la République au centre. L’exécutif est à la hausse et le Président incarne la nation, tant le 11 janvier dernier qu’hier à Moscou.

Les socialistes sont mieux sans être au mieux. L’austérité est battue en brèche par le vote grec tout autant que par l’action des sociaux-démocrates. Le bloc réactionnaire à colonne vertébrale frontiste est en marche, bousculant l’UMP. Sur notre gauche on veut croire qu’une nouvelle gauche passe par la disparition du Parti socialiste. Les marches républicaines ont remis à l’ordre du jour la République. Mais la dynamique frontiste est là et le fanatisme religieux aussi.

Le moment politique est donc dans cette confrontation, il nous faut être à la hauteur de l’Histoire, de cette histoire ici et maintenant. Soit nous nous réinventons, nous réussissons au gouvernement, soit nous disparaissons !

Le contexte a changé et les textes aussi.
Notre contribution dit notre double volonté : utilité et unité.
Être utile à la France et aux Français en agissant pour le redressement de notre pays, et d’abord pour créer de l’activité et des emplois, investir dans le futur ; être utile à la République en proposant 10 chantiers pour l’égalité réelle ; être utile à l’Europe en la réorientant ; être utile au Parti socialiste en poursuivant son renouveau par son dépassement.

Notre démarche se fixe pour devoir de répondre aux besoins de sens et d’engagement que chaque militant et chaque citoyen éprouve. En assignant quatre tâches d’intérêt général :

Comprendre les défis historiques qui se posent à notre pays dans le monde et en Europe. Les défis sont multiples : agir contre le terrorisme djihadiste dans un monde multipolaire désorganisé, répondre à l’urgence écologique au nom de l’éco-socialisme, mettre la finance au service de l’économie réelle et de l’emploi ; unir le Nord et le Sud de l’Europe pour la réorienter, promouvoir une nouvelle croissance, combattre la déflation, doter l’Europe d’un traité social.

Mettre en perspective le sens de notre action en disant ce qui a été fait et ce qui reste à faire, ce qui a réussi et ce qui peut être infléchi. Depuis 2012, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, et la majorité travaillent au redressement du pays.
Dans un contexte européen et international inédit. Dans une conjoncture qui amorce un début de reprise mais reste marqué – c’est pour nous une question centrale – par l’urgence de la reconquête industrielle. Apres dix ans de politique de droite qui a plombé les comptes, abîmé les services publics, divisé les Français.

Depuis l’alternance, il a fallu s’attaquer à toutes les crises en même temps : redressement productif et compétitivité de nos entreprises, soutien à l’emploi et au pouvoir d’achat, investissement éducatif, transition écologique et numérique, nouvelle organisation territoriale, droits nouveaux pour les salariés, relance européenne, diplomatie active.

L’action dans tous ces domaines a besoin de constance, de cohérence, de persévérance. Il faut continuer sur cette lancée mais aussi pouvoir compléter, consolider, infléchir quand il le faut : qu’il s’agisse de la prise en compte plus particulière des entreprises exposées à la concurrence internationale, de la réforme de la fiscalité ou du soutien à l’investissement des collectivités territoriales.

Pour permettre la réussite de la fin du quinquennat, l’enjeu principal pour notre parti doit être d’assurer la cohésion républicaine.

Inscrire l’égalité au cœur de notre action pour concrétiser la promesse républicaine et permettre la réussite de la fin du quinquennat. L’enjeu du congrès de Poitiers est d’être à la hauteur de l’Histoire et être à la hauteur de l’histoire, c’est faire vivre la République. Nous voulons faire de l’égalité le fil d’Ariane de la fin du quinquennat et de l’action du Parti socialiste dans les prochaines années. Notre contribution propose ainsi dix chantiers pour la cohésion républicaine, déclinées en propositions pour l’égalité réelle et la citoyenneté active :

Pour le droit à un environnement préservé.
Pour l’éducation : Premier sujet, premier projet, premier budget.
Pour la sécurisation des parcours professionnels.
Pour la santé partout et pour tous.
Pour le logement de qualité, cause nationale.
Pour le droit à la mobilité et à l’accès, par les transports collectifs ou le numérique.
Pour l’égalité femmes-hommes.
Pour l’accès à la culture et aux arts.
Pour les services publics sur l’ensemble du territoire, en métropole et dans les outremers.
Pour la fiscalité au service de la croissance et de la justice.

Faire de l’unité notre méthode et notre objectif, pour renforcer notre parti, rassembler la Gauche et les écologistes, mobiliser les citoyens, mener la bataille culturelle et politique face au bloc réactionnaire. L’unité permettra au Parti socialiste d’être pleinement utile à la réussite de la fin du quinquennat et à la défense de la République.

Unité des socialistes, car tant dépend de nous. Unité, car la réussite du redressement de notre pays ne peut se faire dans la discorde et en désordre. Unité du parti aussi pour poursuivre son renouveau engagé avec nos Etats généraux et notre modernisation organisationnelle.

Unité encore, pour permettre le rassemblement de la Gauche et des écologistes. Notre unité contre la division de la gauche, condition indispensable pour casser la dynamique du bloc réactionnaire. Et Gérard, quand on aime le Parti socialiste, il ne faut pas simplement répondre aux ministres, mais aussi à Jean-Luc Mélenchon !

Unité des Français, pour mettre en échec les tentatives de déstabilisation et de division de notre pays et renforcer le vivre ensemble dans notre République.

Au final, notre texte commun, celui voulu par le Secrétariat national et les 78 premiers secrétaires fédéraux, se veut résolument utile : Pour saisir et être à la hauteur du moment historique présent, pour peser réellement et positivement sur la fin du quinquennat et, enfin, pour servir l’unité de la gauche dans son combat face au bloc réactionnaire. En somme, ce texte se veut une contribution pour faire vivre le débat, faire vivre notre République et faire vivre notre parti.

Je m’engage à rencontrer les 26 représentants des contributions pour trouver les voies d’une motion, si ce n’est unique, en tout cas essentielle pour le rassemblement.

Merci.

Jean-Christophe Cambadélis

 

 

Retrouvez également la vidéo de la conférence de presse qui a fait suite au Conseil national :

 


Conférence de presse de J-C Cambadélis… par PartiSocialiste

16 Déc

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La France universelle : un discours humain et réaliste du président de la République

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Lundi 15 décembre, le président de la République a inauguré le Musée national de l’histoire de l’immigration. Ouvert en 2007, ce musée n’avait pas reçu, jusque-là, la reconnaissance présidentielle qui lui était due.

Au cours d’un discours symbolique, le président de la République, entendant faire reculer ces préjugés et ces peurs instrumentalisées, a évoqué les multiples apports, historique, culturel, économique, à notre société de ces femmes et hommes issus de l’immigration. Il a aussi exprimé son attachement, qui est celui de la gauche et devrait être celui de tous les Républicains, à des principes essentiels tels que ceux de laïcité et de solidarité. Il a en effet rappelé que, malgré les temps difficiles, il ne s’agit pas de céder à toute tentation de repli sur soi. Le président de la République a donc logiquement défendu l’acquis Schengen et son combat pour que soit ouvert le droit de vote aux étrangers.

Le Parti socialiste salue ce discours fort du président de la République. Face aux contre-vérités et amalgames proférés à des fins électoralistes, le président de la République a su défendre avec fierté une vision à la fois humaine et réaliste de l’immigration.

29 Août

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Discours d’ouverture de l’université d’été du Parti socialiste

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Discours du Premier Secrétaire du Parti socialiste

Jean-Christophe Cambadélis

Discours d’ouverture de l’Université d’été de La Rochelle

Vendredi 29 août 2014

 

Seul le prononcé fait foi

 

Cher-e-s camarades, mes cher-e-s ami-e-s,

Nous voici, enfin, réunis ici à la Rochelle. Alors, permettez-moi d’exprimer ma satisfaction d’être parmi vous ! Permettez-moi de dire mon plaisir d’être à vos côtés pour échanger des idées, des points de vue et, plus simplement, partager ensemble des moments chaleureux.

Vous êtes, me dit-on, très nombreux à avoir fait le déplacement cette année. Alors, merci à vous toutes et à vous tous ! Votre présence aujourd’hui témoigne de cet attachement commun à notre formation et souligne la vitalité des espoirs de renouveau qui l’animent.

Je tiens à saluer et à remercier, pour son chaleureux accueil, le maire de La Rochelle, Jean-François Fontaine. Merci aussi à Jean-François Macaire, le Président du Conseil Régional de Poitou-Charentes, ainsi qu’à Pierre Cohen et Sayna Shahryari pour leurs engagements respectifs et leurs interventions. Je tiens bien entendu à saluer celui qui préside cette Université et qui vient d’en expliquer à la fois le déroulé et l’originalité: David Assouline.

Je tiens également à saluer mon ami Martin Schulz, Président du parlement européen. Cher Martin, je suis heureux que tu sois là. Je suis heureux de t’avoir entendu dire ce matin des choses précises et importantes sur l’amitié entre nos deux pays, entre l’Allemagne et la France.

J’ai lu aussi dans la presse les propos de Sigmar Gabriel. Et j’ai noté qu’il y a entre le SPD et Madame Merkel une grande différence: le SPD nous tend la main, Madame Merkel nous fait la leçon. Madame Merkel nous dit des choses un peu désagréables et assez déplacées sur notre manière dont la France se réforme. J’en reparlerai dimanche.
Mais, je le dis aujourd’hui: on en parle pas ainsi à la France. La France n’est pas un Land allemand. Alors, merci Martin, d’avoir rappelé la vraie dimension des relations entre nos deux pays, la force de l’amitié qui nous lie.

Mes chers amis, je ne veux pas être trop long. Cette année, il faut laisser le plus de temps possible pour les échanges et les discussions. Je souhaite simplement, en quelques mots, évoquer un aspect de cette Université qui me tient particulièrement à cœur. Je soulignerai, pour conclure, l’état d’esprit qui doit, à mon sens, présider à nos discussions et tous nous animer dans les mois à venir.

 

Vous l’avez compris, cette Université n’est pas comme les éditions précédentes et ce n’est pas simplement dû à sa dimension participative. Si cette Université n’est pas comme les autres, cela tient avant tout au fait que nous y lançons nos états généraux.

Des États généraux, pour quoi faire ? Pour nous redéfinir. Pour nous réinventer. Pour reformuler les raisons d’être du Parti socialiste et aussi pour redéfinir des raisons d’être membre du Parti socialiste. Qu’est-ce qu’être socialiste et pourquoi devenir socialiste ? Telles sont les deux questions essentielles qu’il nous faut impérativement nous poser pour continuer à peser.

Des États généraux parce que le monde a changé, parce qu’il nous faut dire ce qu’est le socialisme moderne face aux bouleversements qui agitent notre monde. Un monde de superlatifs, plus mondialisé, plus connecté, plus polarisé, plus conflictuel et plus complexe que jamais. Pour clarifier tout en problématisant, disons qu’il nous faut penser les conséquences du rétrécissement de l’espace et de l’accélération du temps sur notre formation politique. Les Socialistes ont des choses précises à dire pour redonner de la lisibilité à ce monde présent et oppressant et répondre à la double dictature de l’argent et de l’urgence. Il nous faut, au final, repréciser et réactualiser le projet de société que nous voulons partager avec nos concitoyens. Oui, il nous faut répondre au fatalisme ambiant et aux fanatismes conquérants. Oui, il nous faut redonner de l’épaisseur et de la saillance à nos idées de progrès et de justice. Oui, il nous faut repréciser qui nous sommes, quels sont nos valeurs et nos espoirs, pour quoi nous nous battons et qui nous combattons.

Plus que jamais, le Parti socialiste doit fournir du sens, rappeler la valeur de ses valeurs et produire des idées. Ce travail sur notre identité est indispensable et utile. Il nous rassemblera et attirera de nouveaux militants, de nouveaux sympathisants et aussi, qui sait, de nouveaux talents.

Il y a une autre raison, plus directement liée à notre propre histoire, qui nous force à nous interroger sur ce que nous voulons être et sur ce que nous pouvons faire : la force propulsive d’Épinay s’est épuisée. Le tripartisme a supplanté le bipartisme, il ne s’agit plus seulement de rassembler mais d’être identifié.

Pour redéfinir notre identité nous avons décidé à l’unanimité d’organiser des États généraux. Nous avons voulu mettre en place les États généraux des, par et pour les socialistes. Les militants et les sympathisants doivent être au centre du dispositif puisqu’ils sont le cœur et le moteur de notre formation. De fait, nous avons toutes les raisons d’être fiers de cette approche participative et de cette logique inédite d’ouverture.

 

Alors, mes chers amis, comment vont fonctionner les états généraux ? Lancés ici à l’occasion des Universités d’Eté, les Etats généraux se dérouleront jusqu’au 6 décembre prochain. Nous avons 100 jours pour nous réinventer. 3 mois pendant lesquels des milliers de militants et de sympathisants vont se pencher sur le monde et sur eux-mêmes dans l’une des 3 500 sections et sur internet. L’ouverture se fera également vers les jeunes du MJS, vers les Fondations amies et vers les éminentes et non moins compétentes personnalités qui le souhaitent. Un Comité de pilotage emmené par le meilleur d’entre nous, Guillaume Bachelay, fera le travail d’audition, de convergence et de synthèse. Les contributions consolidées serviront à l’élaboration d’une « charte de l’identité socialiste » qui sera soumis aux militants. Un grand rassemblement national conclura ce trimestre de débats.

 

Mais, mes chers amis, autour de quel questionnement peut-on lancer ce travail sur notre identité? Les questions que je souhaite vous soumettre et que je vais lister sommairement dans un instant sont suffisamment larges pour engager la réflexion et permettre les discussions. Une fois encore, elles font office de déclencheurs. Si elles ne sont pas provocantes sur la forme, c’est pour mieux « provoquer » la participation. Ces champs de questionnement sont à explorer. Plus encore : ils sont à vous. Ils sont à compléter et à challenger. Vous le verrez dans les documents que nous allons vous remettre, ces questions sont détaillées et appellent d’autres questions. Voici donc les 12 champs d’interrogation que je vous propose:

1. Que doit être une société du « bien vivre »?

2. Peut-on dire à la fois « je » et « nous »?

3. Comment agir dans la mondialisation?

4. Qu’est-ce que la social-écologie?

5. Comment moderniser et améliorer l’État social?

6. Quelles doivent être les formes actuelles de la puissance publique?

7. Pourquoi l’industrie française s’est-elle affaissée depuis plus d’une décennie?

8. Que serait une société du plein emploi et du bon emploi?

9. Comment définir la nation aujourd’hui?

10. Comment réorienter effectivement l’Union européenne?

11. Comment « faire-société » dans une France tiraillée à la fois par l’individualisme, le consumérisme et le communautarisme?

12. Que peut la politique dans le nouvel âge de la démocratie – une démocratie médiatique, numérique, individualiste, sceptique?

 

Voici les champs de questionnement à explorer que je vous soumets. Il nous faut mener et nourrir ensemble ce questionnement, le prolonger, également, par nos contributions. Mes chers camarades, si la réflexion sur notre identité est essentielle, votre participation l’est tout autant car elle lui confère sa légitimité et son efficacité. L’enjeu est de taille. Pouvoir disposer d’identité forte est ce qui nous permettra d’aborder les années et les échéances qui viennent mieux armés, mieux outillés, plus soudés, plus solides aussi. Cette nouvelle carte d’identité rendra nos actions plus cohérentes et plus lisibles. Fiers de nos valeurs, sûrs de notre identité, nous pourrons avancer dans le réel et surtout aller au-devant de nos concitoyens.

 

S’ouvrir au nouveau monde et aux idées nouvelles, sortir de sa propre zone de confort intellectuel, favoriser les réflexions inédites aux reflexes idéologiques : voilà ce qui doit nous guider.

C’est sur cet esprit d’ouverture que je veux conclure aujourd’hui mon propos. Parler d’esprit d’ouverture lors d’une plénière d’ouverture… N’y voyez pas de mauvais jeu de mot, plutôt un souci premier et une espérance sincère.

C’est ainsi : la façon dont nous allons réfléchir sur notre identité et la manière dont nous allons nous comporter en général dans les mois qui viennent vont dire beaucoup de chose sur notre identité. Le Parti socialiste se doit d’incarner le principe d’ouverture et de faire en sorte que l’écoute et le respect l’emportent sur les habitudes et sur les certitudes. La nature des Socialistes les pousse à tenter – sans cesse – d’abattre les murs et à essayer – toujours – de construire des ponts.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire : si la Gauche est dans la situation que nous connaissons c’est parce qu’elle a notamment perdu la bataille du cadrage culturel dans le pays. La passion égalitaire ne structure plus les débats politiques, c’est la crispation identitaire qui l’a remplacé. Le principe de fermeture l’emporte aujourd’hui et c’est ce principe de rejet de l’Autre qu’il nous importe donc de combattre de toutes nos forces. A nous de défendre l’idée que les liens du sens sont bien plus forts que les liens du sang. Ce combat s’appelle la Fraternité. C’est cela que nous devons incarner et promouvoir.

Alors, pourquoi ne pas commencer ici même, dès maintenant, dans nos rangs ? Lors de nos échanges et pendant les mois qui viennent, à nous donc d’être exemplaires, d’être ouverts.

A la différence de la Liberté et de l’Égalité, la Fraternité n’est pas un droit. La Fraternité c’est certes la règle du vivre ensemble, mais c’est également la règle du réfléchir et du bâtir ensemble. C’est cette règle qui rend, au fond, le renouveau et le progrès possibles.

Pendant les jours et les mois à venir, je vous invite à laisser de la place aux autres points de vue et aux idées nouvelles ! Laissez-vous surprendre ! Soyez à l’écoute ! Oui, soyez fraternels ! Si vous l’êtes, eh bien ! Mes chers amis, vous souhaiter une bonne Université d’été ne sera pas un vœu pieux mais tout un programme !

Donc, bonne et fraternelle Université d’été! Qu’elle soit ce qu’elle mérite d’être : une célébration des idées et de l’amitié socialistes!

Je vous remercie.

 

Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste.

10 Mai

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Mon discours lors de la célébration du centenaire de la mort de Jean Jaurès à Maraussan, samedi 10 mai 2014

par

Vous pouvez retrouver ci-dessous le discours prononcé ce samedi 10 mai par Jean-Christophe Cambadélis, lors de la célébration du centenaire de la mort de Jean Jaurès à Maraussan.

 

Seul le prononcé fait foi.

 

Monsieur le Maire, mes camarades, mes chers amis,

 

C’est un vrai plaisir et un honneur de vous retrouver, ici, à Maraussan, pour évoquer Jean Jaurès. Il n’est jamais facile de prendre la parole pour parler de Jean Jaurès, lui qui la maîtrisait si bien cette parole, lui qui maniait le verbe à la perfection.

Jean Jaurès, quel orateur ! Quel penseur  aussi ! Il savait que pour transformer le monde, il faut d’abord le penser, qu’il faut l’interpréter avant de l’interpeller.

Jules Renard a su résumer en une heureuse formule cette belle combinaison: Jaurès était un tribun aux « poings pleins d’idées ».

C’est ce talent d’éloquence que Jean Jaurès sollicita le 30 avril 1905, devant 15 000 personnes, faisant jouer sa verve politique jusqu’à la dernière oreille du dernier rang des arènes de Béziers. Oui, Jaurès se rendit à Béziers, pour annoncer la naissance de la SFIO. A l’époque, il n’y avait pas de télé, encore moins de chaînes d’information en continu, ni de SMS.  Jaurès alla donc sur le terrain, à la rencontre des militants pour les convaincre du bien-fondé de l’unité qui avait été actée, quelques jours plus tôt, dans la salle du Globe à Paris.

Jaurès savait qu’avant d’agir il faut savoir convaincre, mais surtout se battre pour l’unité, qui seule, rend l’action possible. L’unité, ce « talisman », ce « beau soleil » dira-t-il, c’était sa cause.

La SFIO sera grâce à lui le parti de tous les socialistes, qui, à l’époque, étaient éparpillés dans de nombreuses chapelles aux multiples tendances. A côté des Indépendants dont faisait partie Jaurès, on trouvait les Allemanistes, les Possibilistes, les Blanquistes, sans oublier ceux qui, dans l’Hérault, étaient si présents et influents : les Guesdistes.

Mais, Jaurès n’était pas seulement obstiné par l’unité des socialistes, il voulait aussi unifier ouvriers industriels et travailleurs paysans. C’était son moteur et son rêve en tant que député du Tarn. C’était surtout un immense défi car « Jaurès le partageux » et son collectivisme faisaient l’effet d’un véritable épouvantail dans les campagnes. Le coeur rempli de ce défi, il prit sans relâche les chemins tortueux et raides pour porter sa parole d’unité, des mineurs de Carmaux aux paysans de la montagne cévenole. C’est sans doute ce souci qui le décida à se rendre à Maraussan le lendemain de son meeting de Béziers : il voulait voir de ses propres yeux ces vignerons qui bâtissaient leur cave coopérative, ces vignerons, qui, par dessus le marché, chômaient en ce 1er mai.

Jaurès, dans son discours, fit appel à une somptueuse métaphore que je vous restitue ici : « Dans une vigne, des raisins contrariants et imbéciles dirent qu’ils ne voulaient pas aller avec leurs frères qui se laissaient cueillir. On fit comme ils le voulaient, et ce qui se passa, c’est qu’ils pourrirent sur souche, tandis que les autres allèrent à la cuve, où ils firent le bon vin qui réjouit les coeurs. Paysans, ne demeurez pas à l’écart. Mettez ensemble vos volontés, et, dans la cuve de la République, préparez le vin de la Révolution sociale !». Quelques jours plus tard dans son journal, l’Humanité, il consacra de magnifiques lignes à sa visite et évoquera – je le cite à nouveau –  « ces grandes et fortes pensées qui mettent une fierté et une joie au regard des bons vignerons maraussanais recevant leurs amis socialistes et parlant avec eux de l’avenir ».

Eh bien, mes chers amis, parlons, nous aussi, de l’avenir.

Le XXIème siècle est déjà bien entamé mais sa dynamique n’est pas tout à fait en place. Les forces fraternelles du progressisme affrontent les puissances centrifuges du déclinisme, les tenants de l’égalité s’opposent aux chantres de l’identité. Notre République doit en fait faire face à des tâches gigantesques. Nous devons redonner du sens à la justice, lui donner de l’efficacité. Dans un nouveau monde, un monde mondialisé où la compétition est la panacée. Nous devons redresser la France qui coule sous les dettes que nous ont laissé nos prédécesseurs. Nous devons reconstruire notre industrie que l’on a abandonnée pendant 15 ans.

Mais l’avenir c’est aussi l’Europe.

L’avenir de l’Europe commence le 25 mai. Le 25 mai : un seul jour, un seul tour. Une date carrefour. Voulons-nous emprunter à nouveau le chemin de la construction européenne ou nous laisserons-nous emporter sur le chemin de la destruction européenne ? La Commission européenne sera-t-elle un allié ou un frein pour le redressement de notre pays ? Voilà les deux interrogations centrales qui doivent déterminer ce vote déterminant et non pas je ne sais quel soi-disant référendum pour ou contre l’Europe. La vraie question n’est pas de savoir si nous sommes pour l’Europe mais de savoir pour quelle Europe nous sommes. L’Europe est aujourd’hui de droite. Voilà 10 ans qu’elle est dirigée par le PPE de Madame Merkel, de Monsieur Berlusconi ou de Monsieur Copé. Hier ils étaient fiers à l’UMP du Merkozy. Hier ils vous disaient : « C’est Nicolas Sarkozy qui a sauvé l’Europe, c’est Sarkozy qui a sauvé la Géorgie. C’est Sarkozy qui sauve le système bancaire ».

Aujourd’hui face au fiasco, ils travaillent à se faire tout petit. Lorsque je propose Martin Schulz dans un débat pour me remplacer, ils n’osent même pas proposer Jean-Claude Juncker leur candidat. Ils ont tellement honte de leur Europe qu’ils ont pour mot d’ordre une autre Europe, quel aveu ! Ils ont tellement honte de leur bilan, que Henri Guaino déclare qu’il ne votera pas pour l’Europe de leur chef de file Alain Lamassoure dont plus personne ne veut dit-il !

C’est d’abord cela l’enjeu de la droite européenne. Faut-il garder la majorité conservatrice qui a conduit en 10 ans l’Europe à la ruine ? Tout ceux qui, par le nationalisme ou par campagne particulière, évitent de poser ce problème font le jeu des sortants qu’il faut sortir. Il en va de l’avenir de l’Europe. Mais aussi de la France.

Nous ne voulons pas non plus de déclinisme maladif et intéressé, nous ne voulons pas de ceux qui veulent, comme le FN, sortir de l’Europe. C’est à l’opposé de celle de Jean Jaurès, ce combattant de la fraternité et de la paix. Jaurès, interrompu dans son élan, au moment même où il s’apprêtait à rédiger un deuxième « J’accuse », dirigé, cette fois, contre la guerre. On connaît l’issue tragique de ce 31 juillet 1914: le sang recouvra l’encre. L’Europe plongea dans la boue et l’horreur.

Jaurès, mort pour le peuple et pour la paix.

Jaurès, assassiné par le populisme et par la guerre.

« Ils ont tué Jaurès ».

Ils ont tué Jaurès et ils sont toujours là.

Oui, la main qui a guidé Villain continue d’agiter les peurs et les haines. L’histoire est pleine d’ironie et de raccourcis. Hier, à Béziers, s’est tenu un rassemblement des ayatollahs de l’identité. Sans surprise, l’intransigeance l’a disputé à l’outrance, le populisme le plus délétère au déclinisme le plus détestable. Ils font, on le devine, un pari sur le déclin, ils misent sur le chaos, car c’est ce chaos qui permettra de mettre KO la République. Le désordre, en un sens, ils l’espèrent, ils l’attendent. L’Europe, ils ne l’ont jamais accepté. L’Europe est pour eux un carcan insupportable. C’est pourquoi ils veulent la faire exploser. Ils veulent sortir de l’Euro mais ont la sortie de l’Europe en tête. Peu importe si cela plongera le pays dans la récession et rallumera la guerre monétaire. Le Front national ne pense qu’aux prochaines élections au lieu de penser aux prochaines générations. C’est sa marque, c’est à cela que l’on reconnaît son discours. Madame Le Pen est, de ce point de vue, en train de prendre une responsabilité effroyable face à l’histoire sur notre continent.

En politique, les mots ne trompent pas. Dans le camp d’en face, ils parlent souvent des Français « de souche ». Cette expression, qui en dit long sur le fond de leur pensée, mérite que l’on s’y arrête un instant. La souche, c’est un terme que l’on utilise le plus souvent pour désigner un tronc coupé, sans vie.

La France, nous la voulons vivante, nous la voulons puissante. La France, ils la veulent aigrie, ils la veulent rabougrie.

Ce qu’ils ne veulent pas voir, c’est que nos racines continuent de pousser. Tant mieux, l’inverse signifierait que nous sommes morts.

Qu’ils se le disent : nos racines de vie seront toujours plus fortes que leur arsenic de haine. Quelles que soient leurs racines, les Français s’unissent dans la construction permanente et incessante d’un destin commun, sous le fronton protecteur de la République, sous l’aile aimante de la Patrie. Jaurès aimait la patrie, la mère patrie qui chérit tous ses enfants. Notre patrie délivre de l’amour, elle ne déverse pas de la haine.  La haine ne grandira pas la France. La déconstruction de l’Europe ne servira pas la France.  Elle ne permettra pas de créer de l’emploi, de renforcer les droits des travailleurs, de nous réindustrialiser ou de favoriser la transition écologique. On touche ici, je crois, le coeur du mensonge sur lequel s’appuie le Front national pour les élections européennes du 25 mai prochain. Ils nous disent en somme: c’est soit la France, soit l’Europe. Quelle horreur ! Quelle erreur ! L’Europe est notre deuxième patrie, c’est la condition essentielle de notre redressement, c’est l’élément naturel de notre épanouissement, c’est le foyer indiscutable d’une nouvelle croissance.

Chers amis, nous sommes aujourd’hui le 10 mai, date anniversaire, celle de la victoire de François Mitterrand et au peuple de gauche accédant enfin au pouvoir. François Mitterrand qui a prononcé un grand discours le 16 novembre 1988 à Castres. Il disait : « Je songeais qu’on a, depuis Jaurès, certes parcouru du chemin. Mais il faut avancer encore et encore et c’est après tout la même recherche, la même passion qui doit nous habiter. Si les techniques ont changé, si le niveau moyen d’instruction a progressé, si le monde bouge, si l’économie évolue, s’il faut sans cesse s’adapter, ajuster les moyens aux dispositions du moment, il n’empêche que c’est exactement la même démarche depuis le premier jour. C’est une suite sans interruption. Nous nous plaçons dans la ligne de Jean Jaurès ». Ce combat, ce nouveau 10 mai, il est possible en Europe. La majorité est à portée de main.

Notre programme est clair. Nous voulons une nouvelle croissance, nous refusons la lecture hémiplégique des traités où la stabilité s’est transformée en austérité et la croissance est absente.

Avec la taxation des transactions financières portée par le SPD et le PS, nous avons aujourd’hui un cadre juridique qui ne demande qu’à prospérer. Encore faut-il qu’il y ait un président de la Commission sur cette longueur d’onde. C’est le cas du PSE et de Martin Schulz.

Nous voulons débureaucratiser Bruxelles ou l’on s’occupe de tout et pas de l’essentiel.

Nous voulons un traité social qui permette l’harmonisation sociale évitant que les peuples d’Europe se fassent une guerre économique déloyale.

Nous voulons un traité sur l’énergie. Nos pays gaspillent 400 milliards d’euros dans leur énergie. Construire un traité dans ce domaine c’est réduire notre dépendance et affirmer notre indépendance.

Nous voulons une Europe de la défense. La France est bien seule en Afrique pour protéger l’Europe. Et quand elle n’est pas là, la France, l’Europe n’est pas respectée par nos grands voisins comme en Ukraine.

Notre Europe c’est celle du progrès, le Président l’a rappelé cette semaine. Notre Europe, ne laissera pas faire les marchés, notre Europe ne se laissera plus faire face aux marchés. Notre Europe traitera le problème crucial du chômage des jeunes. Notre Europe instaurera un SMIC européen. Notre Europe fera du droit à l’avortement un droit fondamental. Notre Europe, restera facteur de paix en se dotant d’une politique étrangère et de défense cohérente et dissuasive. Notre Europe ne sera plus objet de déception mais d’affection. Notre Europe marquera le retour du politique. Notre Europe redonnera envie d’aimer l’Europe car elle lui rendra sa force et son but : améliorer les conditions de vie concrètes de millions de femmes et d’hommes et donner à leurs enfants des raisons de reprendre espoir en l’avenir. Voilà ce qui changera si nous arrivons à convaincre nos concitoyens de choisir notre Europe.

Mes camarades, mes chers amis. Il est temps d’agir. Face à l’urgence sociale et pour changer l’Europe, il faut une nouvelle majorité en Europe.

Alors le mot de la fin, bien entendu, je le laisserai à Jaurès. Il s’agit d’une phrase tirée d’un article paru dans l’Humanité en date du… 10 mai 1914. Il y cent ans, jour pour jour. Et je propose d’en faire, mot pour mot, la devise de nos prochaines batailles.

Voilà ce qu’écrit Jaurès : « L’heure n’est plus au scepticisme, au dilettantisme et aux fantaisies, mais à l’action ».

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

28 Août

Commentaires fermés sur Martin Luther King

Martin Luther King

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lutherkingImaginez les Etats-Unis, superpuissance du monde libre, cette grande nation, venue libérer la l’Europe du nazisme, abritait en son sein un régime d’apartheid.

En 1863, le Président Abraham Lincoln abolissait l’esclavage – quinze ans après la France, mais malgré la promesse faite aux Noirs d’avoir les mêmes droits que les Blancs, avec, pour démarrer dans la vie, 40 acres et une mule, il fallut encore un siècle pour passer de l’abolition à la déségrégation.

Lois raciales dans le Sud, séparation, justice d’exception, préjugés, lynchages, intimidations au moment des élections, tel était le quotidien de ces noirs.

Même s’ils donnèrent leur sueur pour la prospérité économique du pays dans les champs de coton du sud ou dans les usines du nord, même s’ils donnèrent leur sang pour la liberté en servant de chair à canon dans les premières lignes des batailles en Europe, ils n’eurent toujours pas l’égalité des droits.

L’Histoire du mouvement des droits civiques, incarnée par Martin Luther King, Prix Nobel de la Paix et martyr de sa cause puisqu’il fut assassiné, est connue. Mais sa signification politique demeure intacte et d’une grande actualité.

Ce mouvement non violent réinventa la désobéissance civique, il innova dans les formes de mobilisation qui inspirèrent les mouvements contestataires des années suivantes.

Les marches de ces années comme celle de Selma ont certainement ouvert les portes de Washington à Obama…

Le discours de Martin Luther King est un vibrant plaidoyer pour l’égalité et la justice. Il démontre que l’identité et la dignité humaine ne sont rien sans la pleine jouissance des droits et l’accès aux opportunités comme l’éducation, l’emploi, le logement et une retraite décente.

Le Parti démocrate a payé cher ce soutien à la cause des droits civiques car il perdit ses bastions historiques du Sud, mais le mouvement était en marche.

De ce côté-ci de l’Atlantique, les marches continuent. Trente ans après la Marche des Beurs, tout n’est pas gagné. Il y a eu des victoires éclipsées par des reculs, mais on avance.

Nous n’oublions pas que ces pages d’Histoire furent aussi écrites avec le sang et les larmes de milliers de personnes matraquées ou assassinées par ceux qui refusaient que le monde change.

C’est l’honneur de la gauche de puiser aussi son inspiration dans cette histoire pour continuer à mener dans le monde entier le combat contre toutes les injustices.

La vidéo:

29 Avr

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Le sentencieux Alain Juppé nous fatigue

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sarkozy

Toujours droit dans ses bottes l’ex adjoint de l’ancien Maire de Paris Jacques Chirac, nous fait l’honneur de nous dire où est le partage des eaux sur l’Allemagne.

Alors que pense t-il de la déclaration de Nicolas Sarkozy à Metz, mais aussi à Caen et à Nice ? :  « (…) Car la France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide ».

Alors je demande solennellement à Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé de condamner les propos de Nicolas Sarkozy. Nous sommes au coeur de l’imposture de l’UMP. Claude Guéant bien mal en point, Henri Guaino, n’avaient pas de mots assez durs sur l’Allemagne. François Baroin devant la Commission des finances s’offusquait de l’intransigeance de l’administration allemande. Et aujourd’hui ils se drapent dans le respect de l’amitié franco-allemande. Eh bien Messieurs, soyez cohérents, vous avez applaudi aux propos de Nicolas Sarkozy, eh bien condamnez maintenant !

20 Avr

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Les droites et Merkel seront battus

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Extrait de l’intervention de Jean-Christophe Cambadélis devant les 27 Secrétaires généraux des partis sociaux-démocrates en Europe:

Il faut se mettre en tête que c’est une toute nouvelle élection. Le traité de Lisbonne dans son article 14 stipulant que c’est dans la majorité parlementaire que l’on va choisir le nouveau président de la commission donne une dimension continentale à l’élection européenne. Les peuples vont être acteur de ce choix. Les conditions de cette élection s’en trouvent modifiées.

Dans l’état actuel de l’opinion européenne, l’enjeu va être « qui portera l’espoir » (…). Dans les campagnes d’Obama comme celle de Hollande la question fut « qui s’empare de l’Espoir »(…)

La conquête de l’espoir est un élément central en période de crise. Qui portera le renouveau européen ? Qui portera la renaissance européenne ? Qui incarnera un nouveau cours économique et social ? (…)

Dans la situation politique européenne. Il y a un paradoxe. Tous les partis au pouvoir sont sanctionnés. La droite domine depuis 15 ans en Europe. Et notre famille politique est considérée comme outsider. Le 1er enjeu est là. Crédibiliser une possible nouvelle donne (…) Il faut gagner 70 parlementaires sur 27 pays c’est tout à fait à notre portée (…)

L’enjeu dépasse une simple péripétie électorale. C’est le destin de notre continent qui est en jeux. (…)

Si le cours actuel de l’Europe continue sous la domination des droites, c’est la dernière élection que nous connaîtrons, car il y aura dislocation. (…)

Alors pourquoi nous ne sommes pas encore les favoris ?

Il y a une division entre le nord et le sud. Nous sommes divisés sur l’analyse et les perspectives. Il y a les contributeurs et les bénéficiaires… Il faut surmonter cela. C’est le sens du programme fondamental et du manifesto que nous voulons concis et pratique (…)

Il y a en ce moment un sentiment de dépit vis-à-vis de la construction européenne. Nous ne sommes plus dans l’enthousiasme des premiers jours.

Face à cette situation, il y a des mobilisations multiples. Populisme, séparatistes, nationaux populistes. C’est un symptôme de la crise que traverse l’Europe. Mais il y a aussi un puissant mouvement social, syndical, politique, citoyens, indignés. Au Portugal, en Espagne, etc… (…). Il existe une majorité européenne qui dit non à l’austérité, oui à l’Europe.

Par rapport au doute européen et au populisme rampant, qui va catalyser l’espoir du renouveau ? Le désarrois peut s’exprimer par une abstention massive, ou des votes sur d’autres formations politiques… Est-ce que le PSE peut incarner l’espoir ?

Regardez quand le PPE prend pour slogan : « plus d’europe » il cherche a chevaucher une autre solution alors qu’il sont sortant. (…) Si nous sommes un parti institutionnel, Si nous sommes dans le cercle convenu des « happy few » européen, nous n’incarnerons pas l’espoir. Nous dépolitiserons l’enjeu, la participation sera en baisse. Et la droite en profitera. (…)

Comme fond de sauce ou fond de jeu, puisque nous sommes à Madrid. Je vous propose trois pistes communes.

1/ Il faut être dur avec la droite dure. Sans concession, clair, net. Si on est dans la demi mesure, on ne sera pas visible et on ne captera pas l’opinion.

2/ Il faut être l’alternative la seule crédible. La seule crédible donc l’alternative. Mais cela il faut le mériter par des propositions net et assumable par tous. Nous avons des concurrents qui peuvent nous prendre des voix. Mais nous sommes les seuls capables d’avoir une majorité. (…)

3/ Enfin, il faut être le chemin nouveau. La différenciation est essentielle. L’identification est incontournable. Dans le domaine de l’économie, de la re-industrialisation, de la jeunesse que sais je. Il faut être le courant de la croissance de la renaissance. (…) Nous ne partons pas de rien. Nous avons des outils pour cela : Ce que nous défendons au parlement européen, la résistance de Schulz du groupe S&D sur le budget. Confusément les citoyen ont perçu le désaccord, un autre chemin possible. Un groupe, une personnalité, estimant qu’une autre politique est possible cela parle aux gens (…).

Pour incarner l’espoir il faut être crédible. C’est l’autre plafond de verre. Le scepticisme sur la capacité du politique de changer leur quotidien. (… ) Il faut être concret pour être crédible (…) Mais il faut marteler un autre chemin est possible. Je vais même plus loin. Je crois que Mme Merkel est battable. Et les droites aussi (…). Si nos électeurs classiques ne sont pas assez nombreux. Il faut aller à la conquête des jeunes, des abstentionnistes. Pour cela. Il faut briser l’idée que le PSE ferait la même chose que le PPE, il faut être net. Il faut être clair. Il faut être identifié comme différent et crédible. Bref créer un dynamique continentale dans un match de boxe, on boxe mal quand on est dans les gants, trop près de l’adversaire pour gagner, il faut de l’allonge… Alors de la distance !! De la distance face à la majorité de droite sortante. Trois mots pour gagner, incarner, changer, crédibiliser. Nous allons sauver l’avenir de ce continent en tournant la page de l’austérité. Nous sommes l’alternative. Nous sommes l’espoir…

05 Fév

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Une voie forte pour l’Europe

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drapeaueurope

Le discours du Président de la République, François Hollande ce mardi 5 février devant le Parlement européen a été l’occasion d’un retour aux fondamentaux du projet européen.

Le Président français a, en amont du débat sur le budget pluriannuel de l’Union, appelé à plus d’ambition et à plus de solidarité. En pointant les risques de corrosion du projet européen par les égoïsmes nationaux, François Hollande n’a esquivé aucun sujet. S’il a su pointer les faiblesses et les dangers, s’il a su rappeler ce que devaient être les responsabilités, il a aussi proposé des solutions pour une autre Europe, pour notre Europe. La taxation des transactions financières, un gouvernement de l’euro, la mutualisation de la dette, des politiques de croissance durable, une agriculture soutenue et une politique cohésion maintenue. En évoquant la responsabilité de l’Europe sur la scène internationale, notamment dans les initiatives qui pourraient être prises au Proche-Orient, le Président français a appelé l’Europe à être au rendez-vous de la grandeur pour qu’elle soit utile au monde.

 

11 Mar

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Discours de Villepinte: avec Sarkozy, ce n’est pas la France unie, c’est la France punie

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Le discours de Villepinte de Nicolas Sarkozy ne fut qu’un enchaînement de mots pour cacher les maux et les méfaits que la France subit depuis 5 ans.

Sarkozy s’est laissé griser par le lyrisme pour faire oublier l’ivresse du pouvoir.

Sarkozy a osé emprunter à Mitterrand la formule de « la France unie », mais avec lui, c’est plutôt la France punie et les Français meurtries.

Il avait commencé son quinquennat en promettant que tout deviendrait possible, il a dit à la tribune que « la volonté ne peut pas tout ».

Comme depuis le début de sa campagne, Sarkozy ne pouvant effacer son bilan dans la mémoire et le quotidien des Français, parle comme s’il n’était pas le président sortant. Les seuls propositions ne sont plus nationales, mais européennes.

En parlant de renégocier Schengen – une mesure appliquée au Danemark par la droite soutenue par l’extrême droite avant qu’elle soit balayée par la gauche, Sarkozy donne raison à François Hollande : les traités européens peuvent être renégociés.

S’agissant de l’European buy act, il reprend une proposition des socialistes de 2009.

En voulant faire en Europe ce qu’il prétend faire en France, Sarkozy a-t-il envoyé un signal pour l’après 2012 en cas de défaite ?

On ne fait pas la France unie en pratiquant la division systématique.

Le bilan de Nicolas Sarkozy est le premier argument contre son projet. Le changement c’est maintenant.