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01 Sep

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Conférence des présidents d’université – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – jeudi 1er septembre 2016

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CPU - 01092016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis,

Premier secrétaire du Parti socialiste

Conférence des présidents d’université

Paris, Jeudi 1er septembre 2016

(seul le prononcé fait foi)

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs les présidents,

Chers amis,

 

J’en ai mené, des combats, entre ces murs.

Combien de fois j’ai ferraillé, ici et ailleurs, contre l’ordre établi et vos prédécesseurs ? En prenant la parole devant vous, je me sens un peu comme le criminel revenu sur le lieu de son premier crime. Je contemple la scène. Je me remémore les luttes et les joutes. Elles furent souvent épiques. Je vois même siéger parmi vous certains de mes complices de l’époque. L’Histoire se joue parfois de nous pour jouer sa propre partition.

L’Université a beaucoup compté dans ma vie. Je la retrouve donc avec plaisir. Je vous rencontre avec amitié. Merci à Jean-Loup Salzmann de m’avoir invité à parler devant vous de l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

L’Université a compté dans ma vie, comme elle a toujours compté pour les socialistes. On dit bien qu’à Solférino, les Nanterre font jeu égal avec les Voltaire. Ce n’est pas qu’un bon mot : c’est le signe de la reconnaissance que nous lui portons. C’est la marque de l’importance que nous lui accordons.

Lorsque nous affirmons que l’Université est un lieu d’arrachement à la détermination par le savoir, nous savons de quoi nous parlons.

Lorsque nous la désignons comme un lieu où recule l’assignation à résidence sociale et culturelle, nous savons ce que nous avançons. Si la contestation de l’ordre établi s’est jouée à l’Université, c’est parce qu’elle est le lieu de l’émancipation par excellence. Elle a donc toujours été au cœur du projet socialiste.

Dans les 110 propositions de François Mitterrand, elle avait déjà toute sa place. En un peu plus d’une génération, nous l’avons transformée.

Nous l’avons démocratisée dans son fonctionnement.

Nous l’avons démocratisée en l’ouvrant au plus grand nombre, en diversifiant notamment son offre éducative, en améliorant l’orientation et l’accès.

Nous l’avons ouverte, au monde extérieur, à l’Europe et à l’international. Je ne peux que me réjouir que notre pays soit aujourd’hui le premier pays d’accueil non anglophone des étudiants étrangers.

Nous l’avons confortée dans ses moyens. Les plans n’ont pas manqué. Université 2000, U3M…

Transformer l’université est une affaire de temps long. Il faut de la constance, de la détermination, de la maturation, des valeurs intangibles.

Vous êtes familiers de ce temps : c’est aussi celui de la recherche et de la transmission, de la production du savoir et des apprentissages. Ce n’est pas nécessairement le temps politique. C’est encore moins celui des technocrates.

Or depuis 2012, nous avons été happés par le temps court. Ce que la droite nous a laissé en héritage l’imposait. Des déficits, abyssaux. Des comptes publics, dans un état lamentable. Un appareil productif, en pleine déliquescence. Le moteur France était en train de caler. Nous avons d’abord dû parer au plus urgent.

L’urgence était d’abord budgétaire. Oui, nous avons dû faire des économies. Oui, nous avons dû faire des choix. Mais ces choix n’ont jamais été faits au détriment de l’enseignement supérieur et de la recherche. Depuis le début du quinquennat, nous avons sanctuarisé les moyens qui lui sont consacrés. Les efforts ont été portés par d’autres ministères – celui de l’écologie, celui des finances, en particulier.

La bataille avec Bercy fut parfois rude. La dernière en date, en mai dernier, vous a profondément inquiétés. J’ai partagé cette inquiétude. J’ai exprimé publiquement ma désapprobation, comme vous l’avez fait. Je suis intervenu, plus officieusement, pour que Bercy recule. Quand on fait de l’école le premier sujet, le premier projet et le premier budget du quinquennat, on ne touche pas aux financements de l’enseignement supérieur et à la recherche. C’est une question de cohérence. L’un ne va pas sans l’autre. Et Bercy a reculé.

 

L’urgence, c’était aussi le sort des étudiants, qu’il fallait améliorer au plus vite. Nul ne l’ignore ici : leurs conditions de vie sont déterminantes dans la réussite de leurs études. Lorsque 45% des étudiants sont contraints de travailler pour financer leur formation, comme peuvent-il lui consacrer le temps nécessaire ?

Nous avons donc investi 400 millions d’euros pour revaloriser les bourses sur critères sociaux et créer deux nouveaux échelons. Les plus modestes ont vu leurs aides augmenter de 15%. Désormais, un étudiant sur quatre bénéficie d’une bourse.

Nous avons massivement investi dans la construction de logements étudiants : d’ici la fin du quinquennat, le parc immobilier du CROUS aura augmenté de 25%. 40 000 logements supplémentaires seront sortis de terre. Pour ceux qui vivent dans le parc immobilier privé, nous avons mis en place une caution locative universelle. C’est apporter à chacun davantage de sérénité.

Je pourrais encore évoquer le gel des droits d’inscription, la création du statut d’étudiant entrepreneur, la réglementation des stages. Je pourrais parler de notre mobilisation pour que les crédits consacrés par l’Union européenne au projet Erasmus soient en progression – il le seront de 40%.

La liste est longue. Beaucoup de chantiers ont été menés. Beaucoup reste encore à faire. Je pense par exemple aux restaurants universitaires, qui devrait être encore plus accessibles. Je pense aussi à la santé. Nous avons déjà amélioré la couverture sociale des étudiants. Mais les campus devraient à mon sens abriter de véritables dispensaires et non seulement une médecine préventive. Voir certains jeunes renoncer à se soigner est inacceptable pour une démocratie comme la nôtre, qui revendique un haut niveau de protection sociale.

L’amélioration des conditions de vie des étudiants, c’est aussi une affaire de confiance. Nous avons voulu leur en témoigner, en reconnaissant mieux leur engagement. C’est l’année de césure. Ce sont les projets de « la France s’engage », pour lesquels beaucoup d’étudiants se sont mobilisés, ou le service civique, qu’ils sont nombreux à rejoindre.

La disposition que nous avons prise, dans le projet de loi égalité et citoyenneté, permettra de mieux prendre en compte la participation des étudiants, dans des associations, de mieux valoriser ce temps passé au service de soi et des autres. Ce n’est pas anecdotique : les apprentissages se jouent aussi en dehors de la formation universitaire, et la vie associative est essentielle à la vie de campus.

L’urgence, en 2012, c’était enfin la gouvernance universitaire. La loi Recherche de 2006, la loi LRU de 2007, ont laissé des traces. L’autonomie adoptée par la droite était incohérente parce qu’elle était sans moyens ; elle était déséquilibrée parce qu’elle était sans contrôle. Il fallait de l’apaisement. La loi pour l’enseignement et la recherche portée par Geneviève Fioraso y a pourvu. Désormais, les enseignants-chercheurs et les étudiants décident librement de la direction de leur université et de la direction que doit prendre leur université. La politique de site est poursuivie, mais rééquilibrée. L’autonomie appelait aussi une simplification administrative. Ce n’est pas vous qui me contredirez : la bureaucratie pèse sur de façon majeure sur votre travail, sur celui des enseignants chercheurs et sur celui des étudiants. La simplification était aussi devenue une urgence. C’est un chantier que Thierry Mandon porte depuis son arrivée. Il en a l’expérience. Il en connaît la nécessité. Il l’évoquera mieux que moi. Mais je sais combien le temps gagné sur le suivi administratif et financier des projets ANR, ou l’accréditation rapide de l’offre de formation des universités peuvent changer votre vie.

Les urgences, au cours de ce quinquennat, se sont donc massivement imposées à nous. Nous les avons affrontées. Nous y avons apporté des réponses. Elles méritent pour partie d’être amplifiées. Mais nous n’avons pas oublié le temps long.

Il n’a même cessé d’occuper notre esprit. Dans le monde qui vient, la matière première sera la matière grise.

La formation et la recherche occuperont une place déterminante. Il faut dix ans pour construire cette place. Nous avons commencé à le faire.

 

Nous avons commencé par le commencement : le socle éducatif. Là où la droite a découpé les réformes, nous avons choisi le continuum, qui est un pas à pas et qui est une vision globale de la formation initiale. Avant de réformer l’université, il fallait réformer le lycée. Avant de nous consacrer au lycée, il fallait nous atteler à l’enseignement primaire et secondaire. C’était un préalable essentiel. Il ne nous a pas empêchés, bien entendu, de jeter les bases d’une réforme de l’orientation post bac, d’instaurer des quotas dans les filières courtes, ou d’appuyer la spécialisation progressive pour une meilleure réussite en licence. Mais la réforme du premier cycle ne peut pleinement porter ses fruits sans ce travail mené en amont sur l’enseignement secondaire.

Pour l’avenir, nous avons établi une feuille de route : il nous fallait des objectifs, partagés sur dix ans. C’est la Stratégie Nationale pour l’Enseignement Supérieur. L’ensemble de la communauté universitaire y a contribué. Elle est aujourd’hui consensuelle. C’est indispensable pour réformer avec sérénité. Pour les dix prochaines années, nous avons repris ses objectifs dans nos Cahiers de la Présidentielle :

Nous voulons poursuivre la démocratisation et atteindre, en 2025, 60 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur, 50% diplômée d’une licence, et former 20 000 docteurs par an. Nous voulons réduire l’écart de réussite entre les enfants d’ouvriers et les enfants de cadre.

Nous voulons faire en sorte que la moitié des étudiants du pays bénéficient d’une bourse contre un tiers aujourd’hui.

 

 

Pour atteindre ces objectifs, il faut naturellement des moyens. En la matière, les socialistes ont formulé des choix clairs : pour qu’il soit démocratique, cet effort doit être collectif, porté par la Nation et non par l’augmentation des frais d’inscription. Nous considérons que les financements consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche devraient atteindre 2% du PIB d’ici à la fin de la prochaine législature.

Pour atteindre ces objectifs, il faut aussi poursuivre les réformes engagées dans l’organisation des universités. A gauche, la question de l’autonomie est désormais tranchée. Nous avons dit oui. Il s’agit désormais d’en tirer toutes les conséquences, sur le plan pédagogique et sur le plan financier. Pour autant, la confiance n’exclut pas le contrôle. En la matière, le contrôle, c’est le contrat, entre l’Etat et l’Université. Les instruments existent déjà.

 

Cette autonomie doit être ouverte : ouverte aux recrutements extérieurs et ouverte au monde. Ouverte à la circulation des enseignants et ouverte à la circulation des étudiants étrangers, ce qui est un atout, et ce qui doit être facilité.

Pour atteindre ces objectifs, on ne peut plus penser l’enseignement supérieur d’un côté et la recherche de l’autre. L’internationalisation des universités l’impose, comme elle impose le rapprochement entre grandes écoles, classes préparatoires et universités. Il ne s’agit pas pour autant de nous aligner sur le modèle américain, comme le souhaite ardemment la droite, si j’en crois son programme, mais d’inventer notre propre chemin. Nous avons commencé à le faire.

Mes chers amis, vous l’aurez compris, ce que veulent les socialistes, c’est que l’Université retrouve dans les discours, les débats et les intentions politiques la place qu’elle mérite et la place qu’il faut lui donner à l’avenir : toute la place.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où la formation par la recherche soit accessible au plus grand nombre. La démocratisation doit être poursuivie. La sélection par la réussite, par l’information et par l’orientation, et non la sélection par l’échec, doit être notre ambition.

Ce que veulent les socialistes, c’est une France nouvelle où les élites, celles qui sont à la tête des entreprises, celles qui sont à la tête des administrations publiques, seront aussi familiers de ce qu’apporte la recherche et viendront s’y ressourcer. Nous avons commencé à y travailler. On a souvent reproché aux Nanterre de ne pas être assez Voltaire. Je crois qu’avec la révolution de l’immatériel, où les connaissances évoluent extrêmement vite, nous avons besoin que les Voltaire soient un peu plus des Nanterre.

Merci à vous.

 

 

31 Mai

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Présentation du 2e cahier de la présidentielle – Conférence de presse – Mardi 31 mai 2016

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Conf presse 2e cahier de la présidentielle 2e cahier de la présidentielle 2016-05-31 - Présentation 2ème cahier de la présidentielle-25

Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, Guillaume Bachelay, secrétaire national chargé de l’animation, de l’expression et de la coordination des pôles, Colombe Brossel, secrétaire nationale à l’éducation et la formation, Yannick Trigance, secrétaire national adjoint à l’éducation et aux lycées professionnels et Patrick Bloche, conseiller spécial auprès du Premier secrétaire ont présenté le deuxième cahier de la présidentielle intitulé « Apprendre pour s’émanciper« .

Retrouvez la vidéo de la conférence de presse ci-dessous:


« Apprendre pour s’émanciper » : revivez la… par PartiSocialiste

Crédit photos: Mathieu Delmestre

03 Sep

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Bonne rentrée à toutes et à tous !

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ecole rampalA l’occasion de la rentrée scolaire, je tiens à souhaiter à l’ensemble de la communauté éducative, tous mes vœux de réussite pour l’année scolaire 2013-2014.

Cette rentrée scolaire est placée sous le signe d’importantes réformes fixées par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’Ecole de la République adoptée par le Parlement le 25 juin dernier.

C’est sur le premier degré que se concentrent les efforts avec notamment la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et des dispositifs innovants comme le « plus de maîtres que de classes » afin de lutter contre l’échec scolaire. Concrètement, cela se traduit dans le 19e arrondissement en 2013 par la création de 7 postes et l’ouverture de 3 classes. Par ailleurs, malgré 3 fermetures, le 19e regagne 4 postes après en avoir perdu 15 ces deux dernières années.

Dans le second degré, afin de faire face à l’augmentation des effectifs, ce sont 105 postes supplémentaires qui sont prévus pour cette rentrée 2013 dans les collèges et les lycées. Une attention toute particulière est portée à l’apprentissage des langues. Ainsi le collège Guillaume Budé voit la création d’une section européenne.

J’ajoute également que le budget de l’académie de Paris est en hausse par rapport à 2012 (+ 54 millions d’euros) ce qui témoigne de la priorité qu’ont souhaité donner à l’éducation et à la jeunesse le Président de la République et le Gouvernement.

Enfin, comme vous le savez, la Ville de Paris a décidé d’appliquer dès cette rentrée la réforme des rythmes scolaires et périscolaires afin de permettre aux enfants de bénéficier d’une organisation de leur temps plus favorable à leurs apprentissages fondamentaux mais également à leur bien-être et à leur éveil, ce dont je me félicite.

Afin de procéder à un encadrement de qualité, la Ville de Paris a respecté ses engagements de recrutement. Le renforcement de la filière animation et la reconnaissance du métier des auxiliaires de vie scolaire illustrent là encore la volonté de la Ville de Paris d’offrir un projet éducatif de qualité aux parisiens.

Je ne doute pas que la mise en œuvre de cette réforme sera un succès.

Alors bonne rentrée à toutes et à tous !

14 Fév

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On peut mourir à 13 ans parce qu’on est roux

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On peut mourir à 13 ans parce qu’on est roux. Le ministre de l’éducation devrait se saisir de la question. Le suicide de Matteo souffre-douleur d’un collège fait suite au suicide de Myriam, Pauline ou Sophia. C’est inadmissible, intolérable, insupportable. Comment accepter qu’un enfant en but à la haine identitaire puisse être maltraité sans que la communauté éducative réagisse ? Mais il faut quoi pour réagir ? D’autant que le rectorat nous dit : le conseiller d’éducation savait. Tout le personnel dont l’infirmière essayait de l’accompagner. Mais le problème n’était pas de l’accompagner. Tout du moins pas seulement, mais de traiter la souffrance à la racine. C’est à dire ceux qui utilisent un détail physique pour faire souffrir autrui.

C’est le moment d’aller dans ce collège pour parler de morale civique et punir ceux qui ont conduit à la mort du jeune Matteo qui chantait « pas besoin de souffrances, pas besoin de haine, pas besoin d’insultes, juste du bonheur ». Si on est pas révolté de la mort injuste de cet enfant c’est à désespérer.

22 Mai

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Libérez Madame PRAWANNA !

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NOTA BENE: C’est avec une grande satisfaction que je viens d’apprendre Mme Chaisol Prawanna vient d’être libérée ! Mme Chaisol Prawanna est mère de deux petites filles en bas âge, nées en 2009 et 2008, à Paris. L’aînée est scolarisée en petite section à la maternelle Rampal dans le 19è arrondissement. Les élus socialistes du 19ème arrondissement, les parents d’élèves des écoles du groupe scolaire Lasalle et Rampal, se sont fortement mobilisés depuis son arrestation hier et elle vient d’être libérée !

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Arrêtée à la préfecture de police de Paris alors qu’elle répondait à une convocation pour une demande de titre de séjour salarié lundi 21 mai, Madame PRAWANNA doit être expulsée mardi 22 mai par le vol Paris-Bangkok de 13h40 à Charles de Gaulle. Cette expulsion laisserait deux petites filles en bas âge sans leur mère et un mari malade sans sa femme !

Madame CHAISOL ep. PRAWANNA Suchanya, née le 04/11/1982 en Thaïlande, a été arrêtée lundi matin au 8è bureau de la Préfecture de Police de Paris et placée au Centre de rétention du Palais de Justice.

Mme Chaisol est mère de deux petites filles en bas âge, nées en 2009 et 2008, à Paris. L’aînée est scolarisée en petite section à la maternelle Rampal dans le 19è arrondissement. Les élus socialistes du 19ème arrondissement, les parents d’élèves des écoles du groupe scolaire Lasalle et Rampal, sont profondément choqués par sa mise en détention.

Les deux enfants sont actuellement avec leur père, et toute la famille attend avec angoisse le retour de Mme Chaisol-Prawanna auprès d’eux. C’est un nouveau moment d’angoisse pour cette famille : M. Prawanna avait lui-même été arrêté et mis en détention l’année dernière, avant d’être libéré.

Madame la Défenseure des enfants était intervenue en faveur de cette famille. M. Prawanna souffre d’une maladie grave qui rend indispensable la présence de son épouse au foyer. La réinstallation de la famille en Thaïlande est impossible car ce pays ne dispense pas les soins qui sont nécessaires à M. Prawanna.

Cette famille est totalement intégrée dans le quartier de Belleville et maîtrise parfaitement le français. Elle possède des attaches familiales fortes : la soeur de M. Prawanna (belle-soeur, donc, de Mme Chaisol-Prawanna) vit également en France, en situation régulière puisqu’elle est mariée à un Français dont elle a un enfant.

Par ailleurs, Mme Chaisol travaille depuis 2006 dans un secteur sous tension, comme cuisinière, dans un restaurant thaïlandais réputé de Belleville. Son employeur lui-même effectue des démarches en vue de sa régularisation. Elle répond à tous les critères de régularisation par le travail (article 40). M. Prawanna travaille également dans la restauration. Ils déclarent et paient leurs impôts chaque année en France.

Mme Chaisol est arrivée en France en 2004, sous couvert d’un visa, de même que son époux, arrivé lui en 2002, ce qui lui donne aujourd’hui les dix ans de présence prouvée sur notre territoire requis par vos services pour l’obtention d’un titre de séjour Vie Privée et familiale.

Je m’étonne vivement que l’examen de la situation administrative de cette famille au bureau 15 11, en mai, juillet et septembre 2011, se soit soldé par un refus, assorti d’une obligation de quitter le territoire. Si les dix ans de présence de la famille n’étaient pas encore atteints, le dossier salarié de Mme Chaisol était totalement recevable, aux dires mêmes des personnes au guichet.

Je suis extrêmement surpris du traitement réservé à cette famille qui réunit pourtant tous les éléments pour bénéficier d’un titre de séjour. Et je demande que la situation administrative au regard du séjour sur le territoire soit ré examiné après la remise en liberté de Madame CHAISOL ep. PRAWANNA !

04 Avr

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Le classement des lycées est une saloperie !

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Franchement, lorsque l’on sait comment les lycées recrutent dès la seconde, éliminant tous les profils à risque pour le baccalauréat. Lorsque l’on connait les manipulations dues à la valeur ajoutée d’un établissement bâtie sur le taux de réussite attendu. Lorsque l’on prend conscience de la ségrégation sociale, j’allais dire raciale, qu’induit ce type de statistique. Lorsqu’on mesure la reproduction sociale que produit un tel classement et lorsqu’on veut bien prendre en compte les efforts méritoires mais jamais mentionnés des enseignants pour élever une classe de quartier défavorisé, comme dans le 19ème arrondissement, pour les mener au baccalauréat. On se dit que ce classement de classe est une stupidité. Cela ruine tout effort de mixité sociale au profit du narcissisme des élites, c’est une saloperie !

16 Fév

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Enseigner est un métier qui s’apprend !

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L’UMP a adopté par 266 voix l’ensemble de la proposition de loi relative à la modification de certaines dispositions encadrant la formation des maîtres.

Présentée comme de simples ajustements techniques sous formes de trois articles très courts, l’ensemble de la proposition de loi relative à la modification des dispositions encadrant la formation des maîtres telles qu’elle est proposée au vote n’a, en réalité, qu’un seul objectif : la dissolution définitive des IUFM via la suppression des formations initiales et continues.

Force est de constater, et la Cour des comptes est formelle, la réforme de la formation des enseignants, connue sous le nom de mastérisation, est un véritable désastre .Non seulement cette réforme est la cause de la dégradation de la formation des maîtres, mais elle n’a même pas atteint son scandaleux objectif initial, qui était de réaliser des économies budgétaires en amoindrissant la qualité de l’enseignement.

Aujourd’hui, près de 70 % des enseignants recrutés n’ont eu aucune expérience pédagogique avant leur prise de fonction à temps plein !

Enseigner est sans doute une vocation, mais c’est aussi un vrai métier qui s’apprend de façon méthodique, ordonnée, comme celui d’ingénieur, de mécanicien ou encore de médecin.

Cet apprentissage a, certes, un coût mais l’investissement est indispensable parce que celles et ceux qui vont avoir la tâche d’instruire la jeunesse de notre pays en ont grandement besoin. Il faut y consacrer du temps et de l’argent, mais il s’agit d’un investissement indispensable.

Il faut rétablir une formation initiale et continue digne de ce nom en faveur de celles et ceux qui auront la tâche d’instruire et d’éduquer la jeunesse de notre pays.

C’est pour toutes ces raisons qu’avec mes collègues du groupe SRC, nous nous sommes exprimés CONTRE l’ensemble de la proposition de loi relative à la modification de certaines dispositions encadrant la formation des maîtres.

05 Sep

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Lettre à la communauté scolaire du XIXème arrdt de Paris

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En ce jour de rentrée scolaire, Jean-Christophe Cambadélis s’adresse à la communauté éducative du XIXème arrondissement de Paris dans une lettre que nous vous proposons de retrouver ci-dessous:

Paris, le 05 septembre 2011

Madame, Monsieur,

En ce tout début d’année scolaire, permettez-moi de vous souhaiter ainsi qu’à l’ensemble des personnels de votre établissement une excellente rentrée scolaire 2011-2012.

Une rentrée scolaire 2011-2012 qui, à l’issue des décisions prises par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, risque fortement d’être marquée par de nombreuses difficultés et de multiples incertitudes.

Fermeture de classes, suppressions de postes, baisse de moyens, suppression des opération d’aides aux élèves… La liste est longue.

Années après années, outre les missions qui vous sont données, les dispositions pour les mener à bien sont de plus en plus ébranlées, mises à mal et les moyens considérablement réduits.

En juin dernier, le gouvernement de Nicolas Sarkozy, en parlant de l’école, évoquait la nécessité de la « sanctuariser ». De même, il annonçait pour la rentrée 2012 : « le nombre de fermetures de classes n’excédera pas celui des ouvertures »…

Qu’en est-il pour la rentrée 2011? Qu’en est-il à Paris et dans le 19 ème arrondissement de Paris de la sanctuarisation de l’école ?

La rentrée scolaire 2011 ressemble plus à la chronique d’une catastrophe annoncée:

77 postes d’enseignants supprimés dans le 1er degré à Paris pour 600 élèves de plus ;

Réaffirmation du principe de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans l’Education Nationale ;

Organisation du recrutement via Pôle emploi de postes de vacataires ;

Large réduction de la réforme de la formation des enseignants du fait de la masterisation ;

Baisse des moyens dans les collèges et fragilisation desdits collèges du fait même de l’assouplissement de la carte scolaire….

Dans le 19 ème arrondissement de Paris, lors du CDEN de juin, l’Académie de Paris a annoncé la fermeture de 7 classes et ceci en dépit des mobilisations de l’ensemble de la communauté éducative, des parents d’élèves et des élus sur une logique purement comptable sans tenir compte une seule seconde des spécificités territoriales.

Mais d’autres difficultés attendent les élèves et les familles : le coût de la rentrée ! Pour la rentrée scolaire 2011, l’augmentation du coût des fournitures scolaires explose : plus de 6.8 % pour la rentrée scolaire, et plus de 4.1% pour la rentrée universitaire. En moyenne, chaque foyer devra donc débourser plus de 180 euros par enfant pour une entrée en 6 ème en materiel scolaire sans compter bien sûr l’ensemble des dépenses liées aux équipements sportifs, vêtements ou coût des activités extra-scolaires. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy signait en 2007 le dispositif « l’essentiel rentrée » avec certaines grandes enseignes de la distribution.

Pour cette rentrée scolaire, c’est l’inertie totale ! Inertie totale d’un gouvernement pour palier à l’augmentation considérable des matières premières et à l’insuffisance et l’inadaptation de l’allocation de rentrée scolaire qui elle, n’augmente que de 1.5 %.

Dernière opération du gouvernement, l’organisation du retour à la morale à l’école primaire. Comme toujours, Monsieur Luc Châtel, par la voix du gouvernement, organise, modifie les programmes et leurs contenus mais surtout, surtout, il tente de détourner le débat public des vrais problèmes que rencontre aujourd’hui le système éducatif sans chercher à les résoudre.

L’Ecole ne peut être un élément de campagne supplémentaire d’un gouvernement qui n’a que faire, de ses enseignants, ses personnels et de ses élèves. L’école doit être un engagement réel auquel doivent être apportées des réponses concrètes et des moyens conséquents et pérennes pour permettre l’éducation des citoyens de demain.

Nous devons retrouver l’école de la République, celle qui instruit les élèves, leur donne savoirs et compétences, leur transmet des valeurs et contribue à leur insertion citoyenne, sociale et professionnelle.

Tout au long de l’année scolaire qui s’ouvre, je resterais en alerte et à votre entière disposition pour vous accompagner pour défendre l’Ecole de la République et les valeurs qu’elle véhicule et transmet dans le cadre de la réussite de tous les élèves .

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’assurance de ma considération distinguée.