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05 Sep

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L’invité de Michaël Darmon sur I Télé

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I télé 05092016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Michaël Darmon sur I Télé.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis : « Emmanuel Macron… par ITELE

 

Election régionale en Mecklembourg-Poméranie occidentale
« L’AfD est un parti xénophobe souverainiste. (…)Il était déjà en dynamique avant l’arrivée des réfugiés. Il y avait un mouvement qui s’appelait Pegida qui était déjà contre les musulmans, ils ont travaillé ensemble et on voit ce que cela donne aujourd’hui.

Marine Le Pen se dit apaisée et salue tous les partis xénophobes d’Europe. Personne n’a trahi ou modifié les déclarations de Marine Le Pen, c’est elle-même qui dit bravo à l’AfD qui est un parti xénophobe. On voit bien, elle fait la même chose pour les Pays-Bas ou pour d’autres formations politiques, on voit bien à quelle famille européenne elle se rallie. Sa racine est bien celle des partis souverainistes xénophobes d’Europe. »

Les électeurs socialistes, les électeurs de gauche voient la menace qui arrive », « une droitisation totale de la vie politique, une dérive autoritaire et inégalitaire, une xénophobie rampante ».

Discours de François Hollande le 8 septembre prochain

« Le président a un calendrier et le respectera. Je suis pour qu’il dise sa vérité aux Français ».

Université d’été des Républicains

« Ce qui était fascinant ce week-end c’était l’engouement de la droite pour Emmanuel Macron. Il est en train de devenir la deuxième droite. C’est dire le peu de désir pour la droite actuelle .

Emmanuel Macron a un espace politique dans le moment présent parce qu’il n’y a pas de candidat. Il n’y a pas le candidat de la droite et il n’y a pas le candidat de la gauche. Le jour où ces deux candidats seront présents, on se retrouvera dans les situations classiques sous la Vème République »

Election présidentielle de 2017

« Marine le Pen n’est pas qualifiée automatiquement. Ce sont les Français qui décident, pas les sondages.

Sur le bilan, la croissance est de retour, les déficits sont en recul, le chômage baisse quoi qu’on en dise, timidement mais il baisse. Donc le bilan est positif. Évidemment, il est contrasté mais il est positif. Et puis les Français vont voir petit à petit ce que proposent les autres c’est à dire pas simplement critiquer les socialistes, regarder ce que les autres proposent. »

 

25 Avr

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L’invité de Brigitte Boucher dans Politique Matin sur LCP

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JCC LCP 25042016

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Brigitte Boucher dans la matinale de LCP.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que des extraits vidéos de l’interview:

 

Retour sur l’interview au JDD « J’appelle les socialistes à se retrousser les manches et, pour commencer, à arrêter de pleurer. »

J’avais déjà lancé cet appel à la mobilisation le 11 mars dernier. Il faut que les socialistes répondent coup pour coup. La critique est un peu excessive par rapport au bilan.

La Belle Alliance Populaire
Nous construisons un rassemblement de 1er tour.
La Belle Alliance Populaire ce n’est pas l’union de la gauche ou de la gauche plurielle. On construit le dépassement du Parti socialiste. Il y a à la fois des associatifs et des syndicalistes. Ce n’est pas une alliance d’appareils comme la gauche plurielle

Primaire à gauche
Pour David Cormand la primaire c’est du passé. Pas pour moi. Ce n’est pas à un responsable de parti de décider pour les citoyens de gauche ce qui est bon ou pas. Laissons les Français de gauche décider. Si on veut une primaire de toute la gauche c’est avec les socialistes tels qu’ils sont. Ce n’est pas aux Verts de choisir leur candidat.

Si le court actuel des écologistes c’est soit la gauchisation ou l’extrême gauche soit le ni droite ni gauche, ils vont quitter l’espace public ! C’est évident. Ils n’ont de choix ou de possibilité de prospérer – ça a toujours été comme ça – que dans des alliances des progressistes. (…) Plus ils sont à la gauche de Mélenchon, moins ils font de score.

Bilan du quinquennat et rassemblement de Hé oh la gauche
Il y a une désinformation sur ce que nous avons fait et il faut rétablir la vérité. Combattre le chômage est une question majeure.

Dans le moment présent si Emmanuel Macron avait été invité, la presse n’aurait parlé que de lui et pas du bilan. Il faut moderniser et protéger. Il faut qu’Emmanuel Macron s’intègre à ce dispositif. Il doit rentrer dans le collectif, je crois qu’il l’a compris.
On ne dit pas être seulement insatisfait de la gauche mais aussi de la droite et de l’extrême droite, pourquoi l’oublier ?

Aujourd’hui les représentations politiques sont en décalage par rapport aux problèmes des Français. Ils ne sont que dans la présidentielle. La peoplisation de la politique a apporté une multitude de candidatures à droite comme à gauche. Il est temps de reparler des problèmes des français et des solutions que l’on peut leur apporter.

Élection présidentielle en Autriche

Il y a la montée dans toute l’Europe d’un souverainisme xénophobe. C’est extrêmement préoccupant. L’Europe c’est la paix, le nationalisme c’est la guerre. Ne l’oublions jamais.

Il faut tout faire pour que l’Europe continue de se développer. Cela doit préoccuper tous les démocrates européens.

02 Avr

Commentaires fermés sur Face aux lecteurs de La Provence: « Pour la gauche, c’est s’unir ou disparaître ».

Face aux lecteurs de La Provence: « Pour la gauche, c’est s’unir ou disparaître ».

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2016-04-01 - Echange avec les lecteurs de la Provence-21

Jean-Christophe Cambadélis était vendredi 1er avril 2016 l’invité du « Face aux lecteurs et à la rédaction » du quotidien La Provence.

Devant un chef d’entreprise, une étudiante responsable de l’Unef, un syndicaliste CGT, un étudiant de Science politique et un stagiaire de l’école de la 2ème chance de Marseille, Jean-Christophe Cambadélis a débattu pendant près de deux heures dans les locaux de La Provence.

La loi travail, la jeunesse, les élections présidentielles et la nécessaire union de la gauche ont été les thèmes forts de la matinée.

Retrouvez l’interview ci-dessous ou en cliquant ici:

 

Cambadélis : pour la gauche, c’est s’unir ou disparaître.

 

Face à nos lecteurs hier, le Premier secrétaire du Parti socialiste a mis en garde les électeurs de gauche : seule une union derrière François Hollande pourrait éviter l’échec en 2017

L’art de la synthèse… Premier secrétaire du PS et dès lors héritier de cette vieille tradition socialiste, Jean-Christophe Cambadélis s’y soumet depuis quelque temps déjà dans les turbulences de Solférino. Il y ajoute désormais une dramaturgie nouvelle, point de départ de la campagne que le PS va sans doute lancer derrière François Hollande. Sur un thème choisi : sans union, sans une candidature d’équilibre, « la gauche risque de disparaître« . Rien de moins… Et une prophétie politique inlassablement répétée hier à Marseille, devant les lecteurs de La Provence, et aux côtés de Jean-David Ciot, président d’une fédération des Bouches-du-Rhône au sein de laquelle les oppositions intestines déchirent le parti et où les Régionales, pour cause de divisions, ont en effet déjà privé la gauche du second tour. CQFD…

Voilà donc Jean-Christophe Cambadélis rôdé, jongleur matois qui sautille entre la gauche protestataire, dont il fut l’une des voix, et la social-démocratie qu’il assumera désormais. Il se tient là, quelque part au milieu du gué et des débats qui traversent la gauche, imaginant des centres de gravité à bâtir et en assumant toutes les obligations durant les deux heures qu’il a passées hier en compagnie des lecteurs de La Provence. Au chevet de la loi El Khomri 2, que la rue avait réprouvé la veille, entre la gauche qui proteste, une social-démocratie qui acquiesce et des volontés de déréglementation plus fortes à droite, Jean-Christophe Cambadélis dessine la voie de passage. Une ligne de crête…

« J’étais opposé à la loi
 El Khomri 1. Il y a eu des avancées. Je suis pour les améliorations, pas pour le retrait » oppose-t-il à ceux qui réclament un 
recul. Il y voit même une clarification nécessaire pour 2017,
 qui démonterait qu’un seul che
min existe entre les « besoins de
 flexibilité » et les désirs légitimes
 de protection. En somme, entre
réformateurs et frondeurs, entre Macron et Montebourg, rien 
ni personne d’autre 
qu’Hollande ne saurait éviter la
 fragmentation de la gauche. Il 
en soutient donc l’hypothèse 
malgré les doutes profonds de 
l’opinion. Et à la condition que 
la courbe du chômage
 s’inverse… Et qu’il soit enfin possible de trouver un « compromis » avec Verts, communistes 
ou frondeurs… L’alliance populaire qu’il lance le 13 avril doit
 justement servir à occuper ce
terrain du rassemblement. L.R.

Comment convaincre les siens sur la loi El Khomri ?

Comment arriver à rester solidaire du gouvernement et ne pas désespérer totalement les forces de gauche, et notamment socialistes, en soutenant un texte largement contesté- une première manifestation le 9 mars, une deuxième ayant rassemblé de 400 000 à 1,2 million de manifestants jeudi – dans la rue ? À cette question délicate, Jean-Christophe Cambadélis a une réponse : assurer avoir été le premier à contester la loi El Khomri 1 jugée « trop déséquilibrée » et qu’il ne la voterait pas (« Une première sous la Ve République« ) pour mieux défendre la version amendée, la loi El Khomri 2. « Dans le mouvement qui existe, assure Jean-Christophe Cambadélis, il existe deux attitudes : celle des syndicats réformistes qui estiment que la loi El Khomri 2 est meilleure que la loi El Khomri 1 et qu’il faut continuer à l’améliorer, c’est aussi la position du Parti socialiste. Il y a aussi ceux qui en veulent le retrait. On ne peut pas dire que la globalité des forces de gauche est hostile. » Pour Cambadélis, cette loi doit donc être « maintenue » et encore « améliorée« .

Une position toute en finesse – synthèse ? – qui ne convainc ce- pendant pas les lecteurs de La Provence invités à en débattre, hier matin, avec le premier secrétaire du Parti socialiste.

« À quel moment le PS va-t-il soutenir les salariés et les jeunes ? »

Pour Aimé Musto « 70 % des Français sont opposés à la loi El Khomri » car « ce qui nous est proposé est un recul social d’un siècle« , et « rien de ce que contient la loi travail ne figurait dans le projet socialiste de 2012« , car « ce texte casse le Code du travail« . « À quel moment le PS va-t-il sou- tenir les salariés et les jeunes et demander le retrait du texte ? Quel est l’intérêt du PS à s’attaquer de front à son électorat ?« , interroge encore ce syndicaliste CGT d’Air France. L’attaque est rude.

« Si je pensais que le texte est tel que vous le décrivez, je ne le soutiendrai pas, rétorque Jean-Christophe Cambadélis, qui assure que le texte bénéficie du soutien mesuré des syndicats réformistes CFDT, Unsa, CFTC Cadre et Fage, majoritaires aux élections professionnelles et, sur le plan politique, du PS, qui occupe « une place non négligeable » à gauche. Quant au texte, il a évolué. Ainsi, « le préambule du texte réaffirme tous les éléments du Code du travail, certes en les simplifiant« . « Je suis favorable à ce texte car je pense qu’au niveau de la jeunesse comme au niveau de l’entreprise ou des PME-PMI, il maintient un équilibre. » C’est-à-dire « le juste équilibre entre l’intérêt des salariés, qui pensent que ça va trop loin, et ce- lui des entreprises, qui pensent que ça ne va pas assez loin. C’est une loi qui permet de la flexibilité et de la protection« . Notamment en ce qui concerne les parcours professionnels : « Il faut avoir des droits portés tout au long de sa vie, ce que nous avons défendu dans ce texte« .

« Et les jeunes ?« , s’inquiète Carolina Faye, présidente de l’Unef Aix-Marseille. Une inquiétude à laquelle Jean-Christophe Cambadélis répond par un tacle : « Quand est-ce que l’Unef a soutenu ou défendu une réforme depuis les années 50-60 ? » Puis, revenant sur la question : « Je pense que la situation actuelle n’est pas satisfaisante : précarisation, diplôme sans emploi, non qualifiés dans l’impossibilité de rentrer dans l’emploi. Personne n’est pour le statu quo. La garantie jeune permettant à plus de 400 000 jeunes d’avoir des heures de formation est un acquis. C’était une revendication de l’ensemble des organisations de jeunesse. Ce n’était pas dans le texte, ça y est. On fait un pas dans le bon sens. »

Quant à l’embauche, notamment des jeunes, « les entreprises ne pourront y avoir recours, souligne Jean-Christophe Cambadélis en réponse à une question de Keryann Guillaume, élève à l’école de la deuxième chance, que quand il y aura de la croissance, car c’est elle qui crée de l’emploi. On y est presque. On a redonné de la compétitivité aux entreprises, on leur a retiré des charges, ce qui leur a permis de reconstituer leurs marges. Du coup, la croissance est à deux doigts de basculer du côté de la création d’emplois« .

Après, la question des jeunes. L’emploi dépend « très fortement de la formation. À ceux qui n’ont pas de qualification, il faut donner une deuxième, voire une troisième chance en leur offrant des heures de formations gratuites. On ne peut pas se satisfaire d’une jeunesse à deux vites- ses, celle qui aura accès à l’emploi et l’autre. »

Cette politique volontaire, inscrite dans le programme de François Hollande, se heurte à une difficulté : le recul du tissu industriel -« que nous avons sous-estimé« . « Nous sommes passés derrière les Anglais, les Espagnols, les Italiens », assure encore Jean-Christophe Cambadélis. D’où le ministère du Redressement productif. Une révolution de mentalité au PS, qui pensait jusqu’ici juste à la redistribution et non pas à la production. « Or, souligne Jean-Christophe Cambadélis, on ne peut pas redistribuer ce que l’on n’a pas. On ne pouvait pas tondre le mouton industriel puisqu’il n’y avait plus de mouton industriel. Donc, il a fallu reconstruire et ça nous a mis en retard. Les Français et les jeunes jugeront d’ici 14 mois. »

« Si le compte d’activité, ne passe pas, il y a le risque qu’on ne l’ait jamais. »

Certains des lecteurs, présents hier, semblent avoir leur opinion. Négative. « Que reste-t-il au PS de socialiste« , s’emporte Aimé Musto. À lui comme aux autres qui doutent, Jean-Christophe Cambadélis a lancé une mise en garde : « Nous allons discuter au Parlement de l’amélioration de la loi El Khomri. Il faut être capable de défendre les acquis dans une situation nouvelle et dans une économie nouvelle qu’il faut aider. Aujourd’hui, nous sommes dans la contestation ; demain nous serons dans la constatation. Si le compte d’activité – fleuron de la loi El Khomri -, ne passe pas maintenant, il y a le risque qu’on ne l’ait jamais. » Frédéric CHEUTIN

 

IL DÉFEND LA FLEXI-SÉCURITÉ

Sécurité accrue donc flexibilité accrue ? « Non, assure Jean-Christophe Cambadélis, car l’élément le plus important dans le sens de la flexibilité était ce qui avait été préfiguré sur les prud’hommes, avec cette thèse que, quand on licencie mieux, on engage plus. Cet article-là a été retiré de la réforme à la demande des organisations syndicales et du PS qui y était opposé tel qu’il était présenté. Nous sommes favorables à ce qu’il soit indicatif de façon à ce que le juge ait la possibilité, dans un panel, de pouvoir choisir l’indemnité qui correspond au préjudice subi par le salarié. L’article précédent était néfaste, il a été retiré, nous nous en félicitons. » Quant à la flexibilité, jugée pas assez prononcée par certains à droite : « Ce n’est pas elle qui fait l’emploi, assure Jean-Christophe Cambadélis. C’est le carnet de commandes. » « Mais le carnet de commandes n’est pas un acquis, tempère Gérard Canavese, chef d’entreprise à Aubagne. Ce qu’il nous faut, c’est plus de flexibilité ! » Une thèse à laquelle pourrait (presque) souscrire Jean-Christophe Cambadélis en faisant le distingo entre grandes et petites entreprises. Sauf que « le Conseil constitutionnel nous retoque quand nous voulons faire la distinction entre des PMI-PME et les grandes entreprises, car ce serait deux logiques que l’on introduirait dans notre droit. Il faudrait avoir une politique spécifique – le groupe socialiste y réfléchit- en direction des PMI-PME, qui n’ont pas les mêmes problèmes en terme de flexibilité et investissements que les grands groupes ». Donc plus de flexibilité ? « Je suis pour que l’on facilite le travail des PMI-PME, qui sont de gros pourvoyeurs d’emplois, mais avec une garantie pour l’ensemble des salariés. Du donnant-donnant. » Pour autant, et même si c’est dans les tuyaux, pas plus de précisions. « Je suis sur la thématique de l’amélioration, pas du retrait. » F.C.

 

Aimé Musto : comment la gauche peut-elle éviter un vote de classe contestataire en 2017 ?

Le grand risque en 2017 est qu’une formation comme le FN accède aux responsabilités. Que l’on soit d’une gauche progressiste ou réformiste, aucune n’a réussi à reconquérir son électorat. Toutes les composantes de la gauche doivent faire leur examen critique. Le PS le fait, un peu trop à mon goût, mais les autres ne le font pas.

Marc Gielblat : mais comment reconquérir cet électorat ? Nous sommes dans la contestation de la politique gouverne- mentale. En 2017 nous serons dans la constatation. On verra que certains voudront remettre en cause la totalité du code du travail, que la droite voudra 100 milliards d’économies, alors qu’on a déjà fait un effort de 50 milliards. Je ne parle pas de l’extrême droite. On constatera les programmes et on verra que la situation n’aura rien à voir à avec celle d’aujourd’hui. Ceux qui disent qu’il y a une fausse gauche au pouvoir ont tort et risquent d’avoir une vraie droite. Le PS aura une cou- leur à défendre et une équation. On va clarifier le débat politique.

Est-ce une synthèse que vous prônez entre Macron et la gauche frondeuse ?
La loi El-Khomri, en proposant une réponse aux problèmes du pays, avant de répondre à ceux du PS, est un schéma cohérent. Le PS n’est pas un objet suspendu en l’air, mais il est dans le dia- logue social. La droite, à cause des primaires, est trop à droite. La gauche, pour des questions de résistance, est trop à gauche. Il y a un espace qui ouvre une voie social-démocrate. Une grosse majorité d’électeurs suivra cela lors de la présidentielle.

Ne faut-il pas réformer le logiciel des grands partis ? Absolument. Le PS a un logiciel pensé dans les années 60 et construit dans les années 70. On est dans une nouvelle époque, celle de la révolution numérique, du terrorisme, du défi climatique et européen. Il y a nécessité à se réformer. Le PS fonctionne comme la SFIO de 1905. Les militants aujourd’hui discutent entre eux. Même les courants ne comptent plus. Le PS est en outre trop étroit pour être seul dans le tripartisme. La question est d’être dans l’union dès le premier tour. C’est pour cela que nous lancerons le 13 avril l’Alliance populaire avec d’autres organisations, des syndicalistes, des personnalités et surtout le mouvement associatif. Je vais lancer une nouvelle génération dans le débat.

François Hollande est-il l’homme de la synthèse ?
Je le souhaite, même si je n’aime pas ce mot. Il est contes- té, toute la presse dit qu’il ne se- ra pas au second tour. Mais qui d’autre ? Un homme qui a incarné la nation dans l’épreuve a son mot à dire. Jamais un président sortant n’a été hors du jeu lors d’une présidentielle. Si Hollande n’y va pas, on en trouvera un autre, mais il est plus en situation que d’autres.

Faudra-t-il une primaire ?
Je suis prêt à étudier une primaire de toute la gauche, mais sans exclusive ni préalable. Il ne faut pas que ce soit contre le PS. Nos partenaires ne sont pas très chauds, mais ce serait une bon- ne chose pour avoir un débat tranché à gauche. Après, que chacun s’engage à soutenir le candidat désigné. Après, je n’ouvre pas encore le débat d’une primaire au PS. Mais tout est imaginable, y compris avec François Hollande. Ce n’est pas le débat qui fait peur.

Comment créer une offre politique renouvelée, notamment dans la région ?

La France veut du renouvellement et celui que les Français désignent actuellement comme le futur président est Alain Juppé. Il y a un paradoxe. L’année précédant la présidentielle est faite d’absolus. La moyenne d’âge des députés et des secrétaires nationaux du PS est plus jeune que jamais. Je veux du renouvellement et nous l’avons montré aux élections régionales. Je suis sûr que si les grands élus étaient repartis à la bataille, la configuration aurait changé. C’est le cas pour Michel Vauzelle. Lui candidat la compétition n’aurait pas été la même. Le débat non plus. Mais nous avons fait un choix. Carole Delga a été élue en Midi-Pyrénées.

Mais la gauche n’est plus présente dans les institutions. Ne risque-t-elle pas de disparaître ? Si la dérive droitière était si terrible que cela à gauche, il y aurait une alternative. Or elle n’existe pas, il suffit de regarder les chiffres. Le risque que la gauche disparaisse du paysage existe. Je l’ai dit à plusieurs reprises. On le voit dans la région Paca. Si les électeurs prennent l’habitude que les socialistes se retirent dans l’entre-deux tours, ils finiront par voter directement à droite. Il y a aura toujours une gauche contestataire, mais elle ne pèse plus dans le pouvoir décisionnel. La fragmentation est partout à gauche. Autant construire un rassemblement sur la base d’un compromis.

Quelle est la solution pour que le PS retrouve son unité dans les Bouches-du-Rhône ? Les problèmes marseillais se traitent à Marseille. Je connais bien tous les acteurs marseillais. Ils anticipent beaucoup dans leur positionnement poli- tique. Il n’y a pas d’avenir pour toute personnalité à Marseille avec un PS fragmenté. Qui que ce soit, ils faut qu’ils pensent à unir les ambitions contraires. Que les intérêts convergent, c’est la méthode à respecter. Si- non, personne ne gagnera seul. Ce n’est pas facile, je n’aimerais pas être le premier secrétaire du PS des Bouches-du-Rhône.

 


Jean-Christophe Cambadélis rencontre des… par PartiSocialiste

 

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Crédit photos: Mathieu Delmestre

27 Mar

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L’invité de Caroline Roux dans C Politique sur France 5

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C politique 27032016C politique bis 27032016

Jean-Christophe Cambadélis était dimanche 27 mars l’invité de Caroline Roux dans l’émission C Politique sur France 5.

 

Retrouvez la vidéo de l’émission ci-dessous ainsi que ses principales déclarations:

 

Attentats / Bruxelles

Sur la manifestation d’extrémistes à Bruxelles: « C’est ce que veulent les terroristes: la grande séparation. Par leur action ils veulent une réaction qui stigmatise tous les musulmans ».

« Je milite pour la concorde nationale. Faisons attention aujourd’hui à garder la dimension de concorde nationale.

Nous sommes une guerre asymétrique, au front mobile avec des attentats aveugles.

Les hommes et les femmes politiques ne devraient pas chercher à montrer que l’adversaire politique est laxiste. L’enjeu c’est l’efficacité, de trouver des mesures pour combattre le terrorisme.

Il y a une psychologie nationale à avoir: il faut savoir que nous sommes dans une situation où l’ennemi peut à frapper à tout moment.

Je suis pour la constitution d’un état major européen de lutte contre le terrorisme. Il faut plus de coordination. (…) Si colère il doit y avoir c’est contre les terroristes pas contre l’Europe. Les peuples ont répondu avec responsabilité, dignité. Il n’y a pas eu de cris accusant l’Europe. Ils ont cherché à faire bloc. »

Des Molenbeek en France ?

« La stratégie contre les terroristes ce n’est pas d’isoler les musulmans.

Il y a des problèmes, il ne faut pas les fuir. Il y a des poches, des rues, des immeubles. Mais ne parlons pas de « quartiers ».

Dans les quartiers il y a de la réussite, il y a de l’intégration, il y a des diplômés.
Je ne suis pas pour la stigmatisation des quartiers. Je préfère montrer ce qui réussit plutôt que de rejeter. Dans les quartiers en difficulté, il faut être en soutien des associations et des acteurs sociaux.

Les attentats c’est depuis un an, la radicalisation c’est depuis longtemps. Il faut parler, échanger pour bloquer et éviter que d’autres générations s’engagent dans ce même processus.
Je crois au langage de la raison, je crois qu’il faut considérer la personne pour pouvoir échanger. (…) Le pacte républicain ça veut dire un vivre ensemble.

Le soir des élections régionales j’ai dit qu’il fallait une inflexion sur le précariat.

Pour casser les ghettos sociaux il faut aussi que les villes riches acceptent aussi leur part de logement social. Les Républicains s’opposent à cela.
Ce qui s’est passé après le 13/11 a montré une volonté de mener la bataille contre des cristallisations sectaires. »

Chômage

« La France avec son filet social est un pays qui protège le mieux sa population.

Le PS a engagé plus que tout autre gouvernement un travail dans le sens de l’emploi: CICE, pacte de responsabilité,  loi El Khomri.

On n’interpelle jamais le Medef sur la croissance économique ou le chômage. Où sont passés les 40 milliards mis sur la table ? Les organisations syndicales patronales, c’est toujours moins pour les salariés et toujours plus pour l’entreprise.

Loi Travail: cette loi était déséquilibrée, maintenant elle est plus équilibrée, c’est un nouveau départ. Il faut toujours discuter et savoir enregistrer les évolutions positives. »

Politique du gouvernement / Election présidentielle

« Aujourd’hui nous sommes dans la contestation. Quand nous serons dans l’élection présidentielle nous serons dans la constatation.

L’absence de la gauche aux présidentielles serait le début de la fin: la marginalisation totale de la gauche.

Si on se divise, si on se fragmente à gauche, nous disparaîtrons d’un certain nombre de territoires.

Les Français ne vont pas répondre à la question « est-ce que vous appréciez la politique menée » mais qui allez vous prendre comme Président  de la République? Les Français vont chercher l’homme qui pourra affronter ce type de période, quelqu’un qui peut faire le job.

Qui peut dans la gauche gagner une élection présidentielle ? Celui qui est en situation.  Je suis pour l’homme qui aura incarné la France dans l’épreuve pour conduire la France.

Je suis conscient que les français sont plus qu’interrogatifs par rapport à ce que nous faisons.

Le PS a fait un choix, celui de la lutte contre le chômage. Il était nécessaire de reconstruire l’appareil productif pour ensuite redistribuer.

Je dis à tout le monde: il ne faut pas essayer de se distinguer mais de se qualifier. Il faut être unis et prendre ce qu’il y a de mieux dans chacun. »

11 Jan

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L’invité de Jean-François Achilli sur France Info

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JCC France info 11012016

 

Jean-Christophe Cambadélis répondait ce lundi 16 janvier 2016 aux questions de Jean-François Achilli sur France Info.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Une primaire à gauche pour Cambadélis, « peu… par FranceInfo

 

Primaire à gauche

« Tout ce qui permet d’unir la gauche et les écologistes est positif.

Cette primaire n’est pas impossible mais peu probable.

Soit c’est la primaire de toute la gauche, on va dire d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon – c’est la seule qui fonctionne, celle qui permet de gagner l’élection – mais je suis pas sûr que tous les acteurs soient d’accord. Soit c’est une primaire pour départager Cécile Duflot, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon et vous comprendrez que les socialistes n’en soient pas. Donc il faut travailler à l’union mais ce n’est pas la bonne manière
Les choses sont ouvertes mais si le Président est candidat, le plus probable est que nous soyons rassemblés derrière lui.

Je n’ai pas fermé la porte.  Mais comment dirait France Info? « Cambadélis laisse la porte entrouverte ».

Quand il y a le tripartisme, l’équation ce n’est pas de rassembler au deuxième tour, c’est d’être au deuxième tour. La belle alliance c’est la stratégie de dépassement du Parti socialiste pour être présent au 2e tour.

 

Réforme constitutionnelle / déchéance
Christiane Taubira doit continuer à travailler.

Si elle avait été dans une émission en disant qu’elle était favorable au texte, vous nous diriez à ce moment là « Mais enfin tout le monde sait qu’elle est en désaccord, un peu de transparence ». Elle dit ce qu’elle pense, tant mieux

Pourquoi vous n’avez pas demandé la démission de M. Macron? Ça me paraît extraordinaire (…) Quand c’est M. Macron qui s’exprime sur les 35 heures ou sur la remise en cause du Code du travail, c’est formidable et ça au moins c’est de l’intelligence, c’est le vent frais, etc, etc. Est-ce que j’ai demandé la démission de M. Macron? Non. Donc pourquoi voulez-vous que je la demande pour Mme Taubira?
Nous travaillons à une formulation qui puisse satisfaire tout le monde, à la fois les exigences de la droite qui ne veut pas voter l’introduction dans la Constitution de l’état d’urgence s’il n’y a pas le mot déchéance, à la fois évidemment ce que l’exécutif a dit et à la fois la prise en compte de ce que pense une large partie de la gauche militante, à savoir que si vous introduisez dans le texte les binationaux, vous ouvrez le chemin de la remise en cause du droit du sol ».

 

Proposition du patronat pour une « loi d’urgence pour l’emploi »

Les Français sont concentrés sur la question du chômage, ils ont raison. Il faut faire en sorte que le chômage baisse dans une croissance molle.

Les propositions du Medef sont intéressantes sur le diagnostic mais inquiétantes sur les solutions. On nous empile la flexibilité sans penser à la sécurité des employés. Le contrat de travail n’est pas responsable du chômage en France. Tentons une nouvelle voie que celle proposée par le Medef: moins de précariat, plus de salariat.

 

Elections présidentielles
Je souhaite la victoire de la gauche pas celle de Nicolas Sarkozy ou de la madone des sondages Alain Juppé.

16 Déc

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L’invité de Zemmour et Naulleau sur Paris Première

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JCC Paris première 16122015

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité mercredi 16 décembre d’Eric Zemmour et d’Eric Naulleau sur Paris Première.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission:

15 Déc

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Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis – mardi 15 décembre 2015

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Jean-Christophe Cambadélis a tenu ce mardi 15 décembre  2015 une conférence de presse au siège du Parti socialiste.

 

Retrouvez la vidéo de sa déclaration ci-dessous:


« L’alliance populaire c’est le rassemblement… par PartiSocialiste

26 Oct

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L’invité de Bruce Toussaint sur iTélé

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JCC Itele 26102015

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Bruce Toussaint sur I>Télé.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que les principales déclarations de Jean-Christophe Cambadélis:

 


L’invité de Bruce Toussaint du 26/10/2015 par ITELE

 

Air France :

« Le temps a passé. On est dans le temps de la négociation. Il faut se mettre autour de la table. Il faut discuter. C’est mieux pour l’entreprise, pour les salariés, pour la direction »

Une du Monde :
« Cela fait des mois que l’on est dans une tentative de disqualification du PS et de la gauche dans ce pays. (…) On veut que les socialistes soient seulement  dans des candidatures de témoignage de premier tour.

Le paysage que l’on veut installer pour la décennie à venir c’est le FN ou Les Républicains et le PS et la gauche en soutient de ces derniers.

Je suis premier secrétaire du PS, je défends les socialistes, je défends la gauche et je dis que la gauche a encore un rôle à jouer dans ce pays, heureusement.
Nous menons une campagne « Au secours la droite revient dans les régions ». Ce n’est pas le PS qui met le FN au centre du paysage politique.

Toute la société française court après le FN. »

Elections régionales
« Christophe Castaner et Pierre de Saintignon sont compétents et responsables.
Christophe Castaner mène la lutte contre la corruption en région PACA.
Monsieur Estrosi est une trahison de l’esprit gaulliste.

Pierre de Saintignon est le régional de l’étape. Il s’occupera de la région. Marine Le Pen et Xavier Bertrand sont là pour la présidentielle.
La question n’est pas de nous retirer, la question est de s’unir à gauche !
Nous sommes dans une élection régionale à la proportionnelle. Le total gauche au premier tour sera supérieur à la droite ».

Comité interministériel aux Mureaux / Quartiers populaires

«Je pense que c’est une ratée nationale que cette question des quartiers, des banlieues. Ce n’est pas le propre de ce gouvernement, ce qui avait été fait(…) dans le gouvernement précédent par François Lamy était très astucieux et permettait de répondre à cette question. Mais nous avons tendance à nous occuper de l’économie, du social et des polémiques avec le Front national, et on ne s’occupe pas des banlieues où vivent de très nombreux Français et ceci depuis très longtemps. Il faut remettre au centre cette question. Il ne faut pas laisser ces populations, ces Français, ces citoyens au bord du chemin sinon d’autres s’occuperont d’eux.

Ce n’est pas ce que propose la droite ou l’extrême droite qui va améliorer le quotidien des habitants de ces quartiers ».

Claude Bartolone / Tariq Ramadan
« Claude Bartolone évoque une boussole qui lui permet de dire non a ce que propose Tariq Ramadan. Il est pitoyable d’utiliser une phrase coupée de son contexte pour la retourner contre lui »

Malek Boutih sur une victoire de Marine Le Pen en 2017 :
« Je suis moins sûr que lui. C’est une possibilité, même si je ne pense pas que ce soit une fatalité.
Plus on approche du pouvoir réel, plus le FN touche son plafond de verre. Mais ayons en tête que la victoire de Marine Le Pen est possible ».

Rencontre Nicolas Sarkozy/ Vladimir Poutine
« Il faut lui parler, mais ne pas être fasciné. Il y a une grande partie de la classe politique et médiatique qui est fascinée par Vladimir Poutine »

28 Août

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Université d’été 2015 : Conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis

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JCC conf presse
Retrouvez la vidéo de la conférence de presse de Jean-Christophe Cambadélis:

 

Université d'été 2015 : Conférence de presse de… par PartiSocialiste

29 Mai

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« Il faut changer les têtes et dans les têtes », interview au Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Vous avez été élu avec un score assez large. Est-ce un soutien des militants à l’action du gouvernement ?
Ce résultat traduit un profond besoin de renouveau de l’offre politique et du socialisme. C’est aussi un vote de sortie de crise. Le PS était confronté depuis plusieurs mois à une tension interne, caractérisée par ce qu’on a appelé la fronde, et une crise politique externe avec le résultat des élections locales.

Cela signe-t-il la fin de la fronde parlementaire ?
L’alliance des frondeurs et de la gauche du parti a voulu faire de ce congrès un moment de clarification politique. Elle est intervenue. Le PS à travers ce vote s’est entièrement converti à la culture de gouvernement. C’est une mutation importante dans l’histoire des socialistes. Auparavant, le pouvoir était toujours une « parenthèse » ou un « moment ». Là on a assumé la culture de gouvernement, avec en même temps une demande d’inflexion de la fin du quinquennat par l’égalité. Les militants ont dit très clairement « oui » aux discussions, mais « non » à tout ce qui handicape l’action gouvernementale.

Comment comptez-vous faire respecter par le gouvernement les engagements de votre motion ?

Je n’ai pas l’habitude de me payer de mots et je fais ce que je dis, dans la confiance et le dialogue. Tout ce qui est dans la motion doit être engagé.

La réforme fiscale et la réorientation du crédit d’impôt compétitivité emploi seront donc mises en route ?
La réforme fiscale va commencer dès septembre, avec 9 millions de Français qui vont payer moins d’impôts. Ensuite, on va travailler sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. On nous dit que sur le papier c’est une très bonne chose, mais que cela se heurte à des difficultés techniques. J’ai donc demandé aux groupes parlementaires de faire des propositions. On ne comprendrait pas que le PS et le gouvernement ne soient pas allants sur le sujet. Sur la redistribution du CICE, il y a un rapport qui va être rendu dans quelques semaines, je ne souhaite pas qu’il soit étouffé ou relativisé. Il faudra en tirer un certain nombre de conclusions. Il y a des aides qu’il faut garder et d’autres qu’il faut mieux cibler.

Le gouvernement a en revanche déjà enterré l’encadrement des loyers et la généralisation du CV anonyme…

Nous allons pousser ces deux thèmes. Je regrette la décision prise par le gouvernement sur le CV anonyme, même si je comprends qu’il veut lui substituer la possibilité de faire des class action. Sur l’encadrement des loyers, il y a eu un certain nombre de demandes faites par des villes, nous demandons qu’elles soient étudiées et appliquées.

Que va faire le PS dans les 18 mois qui restent avant la présidentielle?

Il faut changer les têtes et changer dans les têtes : il nous faudra une direction paritaire et au couleur de la France. Nous allons ensuite commencer un processus de rassemblement qui débutera par l’université d’été de La Rochelle en août. Nous proposerons à nos partenaires de la co-organiser. Puis nous organiserons des collectifs départementaux pour poursuivre le débat. L’objectif est de dépasser le PS et les partis par un mouvement de la base pour faire une grande alliance populaire. En novembre 2016, nous organiserons une convention de cette alliance populaire qui adoptera un schéma directeur, pour la prochaine présidentielle.

Ce sera un programme pour le futur candidat ?
Ce seront des axes programmatiques. A partir de début 2016, nous allons publier des « cahiers mensuels » de la présidentielle. Une personnalité sera à chaque fois chargée d’une grande question et nous n’éviterons aucun thème : le terrorisme, l’Islam et la République, la compétitivité, l’école, le logement… Mois après mois se construira l’avis du parti sur le quinquennat à venir.

Votre alliance populaire s’étend-elle aux centristes ?

Si certains s’y trouvent bien, je ne vais pas les repousser à coup de pied. Mais mon objectif n’est pas celui là. C’est de rassembler la famille progressiste. Eux se caractérisent comme centristes.
Il est possible de construire un mouvement progressiste assez large. Aujourd’hui, le débat est en train de se concentrer entre les républicains conservateurs de Nicolas Sarkozy et les républicains progressistes que nous représentons. Notre modèle, c’est la modernisation économique, l’écologie sociale et la protection des minorités. C’est autour de cela que nous allons construire notre union populaire. Et nous laisserons aux républicains conservateurs leur dérive à droite, qui les amène à tutoyer le FN.

Avez-vous abandonnez l’idée d’une primaire à travers cette alliance populaire ?
Elle ne figure pas dans la motion, mais elle reste une possibilité. Nous avons les mains libres, il y aura un conseil national à l’automne 2016 pour trancher cette décision. Nous devons nous demander ce qui est le plus efficace pour notre candidat. Est-ce de passer ou non par une primaire si c’est le président de la République qui se présente, ce que j’appelle de mes vœux ?

Vous voulez ouvrir le PS, mais vous partez d’une base très faible avec seulement 70 000 votants…
Les partis républicains en France sont malheureusement des formations qui n’ont jamais réussi à être des partis de masse comme le SPD en Allemagne ou les travaillistes au Royaume-Uni. Ils se gonflent à la veille des élections présidentielles et se dégonflent après, quelque soit le résultat. Le manque de cohésion du PS a également fait fuir un certain nombre de militants. L’âpreté du redressement de la France, la nécessité de prendre des décisions touchant à la compétitivité alors que ce n’est pas la culture du PS, qui est plutôt dans la redistribution, a provoqué interpellation et interrogation.

Vos partenaires ne semblent pas prêts à une stratégie d’alliance avec vous…

Un cycle est en train de se refermer. L’alternative politique d’une nouvelle gauche qui devait se substituer au PS a échoué. Jean-Luc Mélenchon est le seul à tenir ferme sur cette orientation. La polémique entre lui et Cécile Duflot, le recentrage des écologistes, l’interrogation du PCF par rapport à son existence électorale, les prochaines élections régionales… tout cela interpelle : comment les formations politiques de gauche vont-elles gérer la période qui s’ouvre ? Les résultats économiques que nous enregistrons amènent tout le monde à prendre en compte cette nouvelle donne. Le président de la République a ouvert dans son discours de Carcassonne le 19 mai la perspective de la redistribution. Quelque chose change dans la période. Nous entrons dans la présidentielle et dans une phase de recomposition des formations politiques.

Pensez-vous pouvoir conclure des accords aux élections régionales ?
Je milite pour. Il faut avoir une vision offensive vis-à-vis du FN et défensive vis-à-vis d’une droite qui peut espérer faire un grand chelem. Mon objectif n’est pas que le PS se retrouve avec une implantation régionale minimale, que le Parti communiste disparaisse et que les écologistes n’en soient pas loin. Je fais tout pour que l’union se fasse au premier tour, ou au minimum au deuxième. Nos désaccords peuvent être surmontés avec les Verts. Avec le PCF, il faut les assumer. Il n’y a pas une gauche qui puisse faire la leçon à une autre. Mais il faut séparer nos divergences sur la politique nationale et la gestion locale des régions. Je suis même pour faire un programme régional qui soit discuté entre les formations.

Ce week-end, l’UMP de Nicolas Sarkozy va devenir « Les Républicains ». Ce nouveau nom vous choque-t-il ?
Dans « Les Républicains », il y a une double détente de la part de Nicolas Sarkozy : d’un côté, la référence au Parti républicain américain tendances Bush et Tea Party, de l’autre, un clin d’œil à peine dissimulé au Front national. Le défense de la République est le faux nez utile pour reprendre le discours du Front National. Il est un homme politique qui a tendance à diviser la France et à verrouiller sa formation politique. Il ne rassemble pas, est supplanté par Alain Juppé et jette l’anathème sur tout ce qui n’est pas lui. En réalité, Nicolas Sarkozy n’a pas changé, au contraire il s’est abîmé pour gagner la primaire à droite. C’est toute la contradiction de la droite : celle-ci risque de choisir pour 2017 un candidat castagneur, sans colonne vertébrale. Nicolas Sarkozy ne sera alors que le champion du petit bain de la droite.

François Hollande est-il plus rassembleur ? Ce n’est pas ce que semblent dire ses sondages de popularité à gauche.

François Hollande est plus en capacité de rassembler que Nicolas Sarkozy, ce sera sa force s’il est candidat en 2017. Il est un meilleur président pour gouverner en temps troublé que M. Sarkozy. Depuis 2012, François Hollande a dû faire face à des défis économiques, mais aussi politiques et éthiques considérables. Il a toujours tenté de trouver une voie qui ne mène ni à des mouvements sociaux, ni à la sanction des marchés financiers. C’est une voie de crête, protectrice et progressiste, qui est en train de porter ses fruits.

Est-il déjà en campagne ? N’est-ce pas trop tôt deux ans avant la présidentielle ?
Je ne cesse de dire depuis des mois qu’il est temps que le chef de l’Etat donne toute sa mesure et explique le sens de son combat depuis 2012, afin de tordre le cou à l’idée que son action n’aurait été jusqu’à présent que l’expression d’un empirisme non réfléchi. Depuis le début du quinquennat, il y a derrière l’action de François Hollande une force, une clairvoyance et une patience qui commencent enfin à payer.

Vous êtes un des premiers à avoir pointé le risque du tripartisme entre le PS, l’UMP et le FN. Le FN représente-t-il toujours un danger pour 2017 ?
Il est possible que le Front national gagne des régions en décembre prochain, mais je ne crois pas que Marine Le Pen sera pour autant au second tour de l’élection présidentielle. Des Français veulent bien protester avec elle, mais pas gouverner avec elle. Mais attention, ses idées seront au centre de la présidentielle. C’est pour cela qu’il faut construire un grand mouvement progressiste pour répondre aux questions que se posent beaucoup de Français.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous et Nicolas Chapuis