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25 Oct

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L’express publie les bonnes feuilles de la troisième gauche

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L’express publie dans son édition de cette semaine les bonnes feuilles du dernier livre de Jean-Christophe Cambadélis « La troisième gauche ». Christophe Barbier publie en introduction à ces bonnes feuilles un article que vous pouvez retrouver ci-dessous:

Jean-Christophe Cambadélis a toujours combattu deux adversaires: le Front national, dont il annonce désormais l’inévitable alliance avec l’UMP, et l’aphasie de la gauche, qu’il combat d’ouvrage en ouvrage, inlassablement. « Camba » n’a pas son pareil, à chaud, pour éclairer le filigrane tactique des événements; à froid, il ne le cède en rien aux plus doctes quand il s’agit d’écrire l’histoire intellectuelle du socialisme. D’autant qu’il ne se contente pas d’analyser la passé, il s’efforce d’écrire le chapitre suivant, alors que la plume de la réalité plonge à peine dans l’encrier.

La troisième gauche pensée par Cambadélis n’est pas le blairisme, ni même ce social-libéralisme qui perdit ses illusions et son champion au Sofitel, à New York; elle n’est pas plus la moyenne des deux autres gauches, celle de Mitterrand et des nationalisations mélangée à celle de Rocard et du pacte sociétal. Elle est un vrai aboutissement du socialisme, résolvant la crise de la social-démocratie. Attention: cet essai est un pavé jeté dans la mare du hollandisme, à la veille du congrès de Toulouse, un manifeste contre cette gauche « 1,5 » qui se cache peut-être sous le masque un rien béat du pragmatisme affiché. Pour son auteur, la gauche passera la troisième ou calera…

Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry: le destin n’a pas choisi les chevaux sur lesquels Cambadélis avait parié. Il n’a pu, à l’audace, s’emparer du PS pour accompagner et contrebalancer le hollandisme. Le voici donc libre, et ambitieux. Donc dangereux.

Pour vous procurer le livre à la Fnac ou sur Amazon à partir du 31 octobre.

15 Oct

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Les trois scénarios

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Proche de Martine Aubry, membre de la direction du PS, le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis analyse quelles pourraient être les sorties de crise.

En mars 2006, alors que se multipliaient les manifestations contre le CPE (Contrat première embauche) défendu par Dominique de Villepin, Jean-Christophe Cambadélis, élu socialiste, théorisait les « cinq phases qui mènent au renoncement » – il faut dire qu’il avait lui-même vécu, en 1998, comme n°2 du PS, le recul du gouvernement Jospin sur le mouvement des chômeurs…

« La première phase consiste à dire  »On s’est mal expliqué » », pointait Cambadélis, « la deuxième phase passe par les manifestations, la troisième phase, c’est  »l’opposition n’a rien à proposer », la quatrième phase, plus délicate, consiste à tenter de jouer l’opinion publique contre les casseurs dans les manif: c’est le syndrome du 30 mai 1968. Après cela, la cinquième phase s’impose: on retire le projet. »

Et c’est exactement ce qui se passa: Sous la pression de la rue, Jacques Chirac retira finalement le CPE.

Cette fois, alors que les manifestations se multiplient, le dirigeant socialiste estime que la situation n’est pas tout à fait la même, pour une raison simple, dit-il: « Nicolas Sarkozy a fait de la réforme des retraites la pierre angulaire de son quinquennat. »

Il voit trois scénarios possibles:

1) « Ni vainqueur ni vaincu. La réforme est votée par le Sénat, elle est promulguée, le président se drape dans le manteau du Père La Réforme mais son image est durablement écornée dans l’opinion. Les Français seront prêts à une troisième lecture, celle qui passera par les urnes en 2012. »

2) « L’affrontement. Deux lycéens ont été blessés en 24 heures, c’est beaucoup. Mais comme il n’y a aucune coordination dans les mouvements de jeunes, aucune organisation nationale, les occasions de heurts avec les forces de l’ordre locales sont démultipliées. En même temps, le gouvernement tente de lever par la force le bloccage des dépôts d’essence, comme à Marseille – tout peut dégénérer très vite. »

3) « L’apaisement. Nicolas Sarkozy décide de suspendre la réforme sans l’abandonner, les vacances de la Toussaint calment le jeu, ensuite le président change de gouvernement, et les discussions reprennent avec de nouveaux interlocuteurs et un nouveau calendrier. C’est le temps de la concertation. »

« Nous sommes dans le  »match point », conclut Cambadélis. La balle roule sur le filet, elle peut basculer d’un côté comme de l’autre… »