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27 Oct

Commentaires fermés sur «Voter à l’extrême-droite n’est pas en accord avec la tradition juive», interview à Israël Actualités

«Voter à l’extrême-droite n’est pas en accord avec la tradition juive», interview à Israël Actualités

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ITW Israël Actualités oct 2016

 Israël Actualités publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Le premier secrétaire du Parti Socialiste revient d’Israël. Un séjour qu’il a apprécié et qui l’a marqué par bien des aspects. Il a voulu partager avec nos lecteurs ses impressions mais aussi aborder ce qui nous préoccupe : alyah, antisémitisme, relations de la gauche avec Israël, avec l’islam de France et échéance électorale majeure. A l’approche de la Présidentielle, Israël Actualités proposera régulièrement des grandes interviews de responsables politiques de premier plan, afin d’interroger les différents partis et candidats sur tous les sujets, en particulier ceux qui nous tiennent à cœur. Nous inaugurons donc cette série de rendez-vous avec Jean-Christophe Cambadélis.

Bonjour Monsieur Cambadélis et merci d’accepter ce rendez-vous avec nos lecteurs. Ma première question sera sur Israël. Quel regard portez-vous sur ce pays ?

J’en reviens. J’ai passé plusieurs jours en Israël. Je suis allé me recueillir sur la tombe des assassinés de l’Hyper cacher, sur la tombe d’Ilan Halimi. J’étais là-bas le jour de la mort de Shimon Pérès, il y avait donc, dans l’air, une vraie ambiance de deuil. Et en même temps cela m’a permis d’appréhender la situation très particulière qui est celle de ce peuple. Les Israéliens ont un pays en véritable boum économique : ça construit partout, il y a des grues partout, des autoroutes, des trains à grande vitesse, mais une certaine joie de vivre d’ailleurs quand on est à Tel-Aviv. En parallèle, on sent également un arrière-fond de méfiance, de peur de l’agression, du terrorisme, de la guerre. Un pays encerclé par des peuples qui ne lui veulent pas du bien. Et cette double tension crée une atmosphère très particulière qu’on ne connaît dans aucun autre pays au monde. J’ai aussi été reçu par Mahmoud Abbas. J’ai vu tous les responsables politiques israéliens et palestiniens. J’ai essayé de plaider là-bas la solution française lors d’une conférence internationale tout en respectant les partis. Au fond je suis allé là-bas, non pour donner des leçons, mais pour comprendre.

Parlons de l’Alyah française qui a été massive ces dernières années. De plus en plus de juifs partent en Israël, est-ce un désaveu ? Un constat d’échec pour la France qui se vide de ses juifs en quelque sorte ?

C’est un drame pour la France. Au fond cela veut dire que des juifs estiment qu’ils ne peuvent plus vivre comme ils le souhaitent en France. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation, parce que c’est un échec. Face à ce constat, je dis qu’il faut avoir à cœur de maintenir les principes républicains qui permettent une France fraternelle.

Un élément, particulièrement, a joué un rôle important dans cette émigration, c’est le terrorisme. Il a d’abord visé les juifs avec l’affaire Ilan Halimi puis l’affaire Merah. Pourtant on a le sentiment que tant qu’on ne visait que des juifs, cela n’était pas considéré comme du terrorisme…

Moi en tous les cas, j’ai toujours considéré cela comme du terrorisme. Quand on tue des Français quelles que soient leurs origines, leur religion ou leur inclinaison, c’est du terrorisme. Moi je ne fais pas de hiérarchie. Quand on commence à en faire, c’est qu’on est déjà dans le début de l’antisémitisme. Donc, le terrorisme est là. Il frappe. Il frappe maintenant, indifféremment les Français quels qu’ils soient.

Lorsqu’un déséquilibré en Israël attaque des civils ou un centre commercial comme le Sarona market, on a du mal à entendre les condamnations de la classe politique, en général, surtout à la gauche de l’échiquier politique… Pourtant c’est le même terrorisme qu’il y a en Israël que celui qu’il y a Nice, à Paris…

Tout à fait. Il faut condamner tous les crimes contre des êtres humains d’où qu’ils viennent et quel que soit l’endroit où ils se déploient. Moi je n’ai aucun problème à le faire. Même si je constate qu’à gauche ça peut exister ou qu’il y a parfois des réticences à vouloir l’exprimer !

Attardons-nous sur le sujet de la sécurité : le festival de Cannes 2016, les jeux olympiques, l’Euro, autant de manifestations pour lesquelles l’expertise israélienne en la matière a été sollicitée. La France va-t-elle, de ce point de vue, renforcer ses liens avec Israël au niveau sécuritaire ?

Je crois que les liens avec Israël sont, dans ce domaine, excellents. Tant du point du vue du renseignement que de la collaboration militaire par rapport à L’Etat Islamique. Quand on a du bombarder L’EI, l’espace aérien israélien nous a été ouvert sans problème dans la seconde. J’ai rencontré des responsables qui s’occupent du renseignement et on sait qu’ils sont pointus. Ils m’ont fait part d’une excellente collaboration avec la France. Il y a, entre la France et Israël, des désaccords sur la manière d’aborder le problème de la paix. Ces derniers nous disent « notre sécurité c’est à nous de la gérer, ce n’est pas à vous, Français, de nous dire comment assurer notre sécurité ».

« Ce n’est pas avec le FN que la communauté juive sera plus protégée ou respectée »

Parlons d’antisémitisme : il est aujourd’hui le fruit d’une frange de la population musulmane envers la communauté juive. L’école de la République a-t-elle échoué dans l’enseignement du vivre ensemble ?

Malheureusement l’antisémitisme ne se niche pas seulement dans une fraction minoritaire de la communauté musulmane. Il existe aussi à la droite de l’échiquier français un antisémitisme militant, jamais démenti.

Certes, mais ceux qui tuent des juifs ou qui commettent des attentats sont à 100 % des personnes issues de la communauté musulmane. Non ?

Je crois qu’il vaudrait mieux, plutôt que de dire issus de la communauté musulmane, bien caractériser les gens et les choses : on parle non pas de musulmans, mais d’islamistes intégristes. Daech, ce n’est pas, heureusement, la lecture majoritaire du monde arabo-musulman. C’est ultra minoritaire et le Djihad terroriste n’est pas porté par l’ensemble des musulmans.

Que dites-vous de la tribune qui est passée dans le JDD du mois d’août lorsque des intellectuels musulmans ont pris la parole pour condamner les attentats, en passant les victimes juives sous silence ?

C’est regrettable, mais je crois que c’était précisément l’inverse de ce qu’ils voulaient faire. Ils voulaient démontrer qu’il y avait une autre voie, d’ailleurs peut être plus laïque que cultuelle et quand on les connaît, ce qui est mon cas, puisque je connais un certain nombre d’entre eux, on ne peut pas faire leur procès. Cela dit, c’est regrettable et cela a donné lieu à une polémique qu’eux ne souhaitaient pas. Bien au contraire…

L’antisémitisme aujourd’hui, se cache aussi sous un vocable plus sournois : antisionisme. Que pensez-vous du BDS et de son boycott organisé ?

Cette question m’a été posée par les membres du Fatah. Et je leur ai répondu qu’il était possible en France de critiquer Israël, comme n’importe quel autre pays, mais que ce n’était pas possible, y compris constitutionnellement, d’organiser une campagne visant à bloquer ou interdire les produits venant d’Israël. Que la solution qui avait été trouvée me semblait acceptable, à savoir que l’on indique la provenance des produits, car chacun a le droit de choisir les produits qu’il veut consommer. Ils ont accepté ma déclaration.

A droite comme à gauche, les primaires s’annoncent et l’ambiance est tendue. Les candidats d’un même camp n’hésitent pas à s’affronter durement…

La primaire c’est un peu comme la sélection de l’équipe de France de football : il faut des matches préliminaires pour trouver le meilleur collectif et dans ce cas le meilleur candidat. Ce que je dis, à ma famille politique, c’est débattez mais dans le respect, car l’heure viendra où il faudra se rassembler…

Que dites-vous aux juifs qui seraient tentés par l’extrême droite, essentiellement pour des raisons sécuritaires ?

« Je dirais que la stigmatisation de l’autre n’est pas dans la tradition juive et que ce n’est pas avec le Front National que la communauté sera plus respectée et plus protégée. Loin de là.

Si François Hollande déclarait forfait, ce qui pourrait être le cas, quel serait votre candidat ?

Je n’ai pas à faire de choix. Je souhaite, justement, que ce soit le vote des sympathisants de gauche qui choisissent le candidat à l’élection présidentielle. Avec ou sans François Hollande.

Quel est le message, pour conclure, que vous voulez faire passer aux juifs de France ?

On les aime.

 

Propos recueillis par Alain Sayada

 

26 Août

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« Sarkozy écrit un programme commun entre droite et extrême droite », interview au Monde

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logolemonde

Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Quelle est votre position sur la polémique autour du burkini ?

Il faut raison garder. Tout le monde est d’accord pour dire que l’émancipation de la femme ne peut être remise en cause par une religion et pour refuser de mettre le religieux au dessus de la citoyenneté. Alors, où est le problème avec le burkini ? S’il y a trouble à l’ordre public, les arrêtés municipaux sont là et doivent être appliqués avec discernement, comme l’a dit le premier ministre. Mais s’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, ce sont les arrêtés qui troublent l’ordre public. Soit le burkini est une provocation d’une minorité et il ne faut pas tomber dans le piège, soit ce n’en est pas une et il ne faut pas construire un piège pour la République. La République doit être bienveillante avec nos compatriotes de culture ou de religion musulmane, mais ceux-ci doivent être eux aussi bienveillants avec la laïcité.

A titre personnel, les photos d’une femme musulmane voilée contrôlée par la police sur une plage de Nice vous ont-elles choqué ?

J’ai d’abord pensé que se présenter de cette façon sur la plage de Nice, quelques semaines après ce qu’il s’est passé le 14 juillet, risquait de poser des problèmes. Mais derrière cela, la décision de trente municipalités de reproduire cet arrêté d’interdiction du burkini est une récupération politique. J’observe le paradoxe : ce ne sont pas des municipalités Front national qui le font, mais des maires du parti Les Républicains.

Quelle est selon vous cette récupération politique ?

C’est celle décrite par Nicolas Sarkozy dans son livre. Ce livre est un tournant dans notre Histoire. Au-delà de la restauration sarkozyste, il s’agit d’un programme commun entre la droite décomplexée et l’extrême droite recentrée autour d’un projet de société autoritaire et inégalitaire. Nicolas Sarkozy a imposé à l’ensemble de la droite son calendrier, ses propositions, son terrain politique. Tous les autres candidats doivent se positionner par rapport à l’axe qu’il a défini, qui est de rompre les amarres pour aller le plus loin possible à droite. C’est une menace considérable pour le pays.

Sarkozy incarne le centre de gravité du bloc réactionnaire, il les a tous ficelés ! Soit il l’emporte en novembre et il appliquera son programme d’affrontements vis à vis de l’islam, des syndicats, du modèle social français, et même de la République. Soit il perd la primaire, mais Alain Juppé sera prisonnier de ce programme, il sera loin de l’identité heureuse ! Nicolas Sarkozy a prononcé son discours du Bourget avant l’heure. Il a pris une responsabilité terrible devant la France. Il avait abaissé les frontières avec son discours de Grenoble en 2010, il propose une nouvelle frontière aujourd’hui à la droite et à l’extrême droite.

Comment la gauche doit-elle répondre et éviter que la présidentielle ne tourne qu’autour des thèmes identitaires ?

Je note que Nicolas Sarkozy et ceux des leaders de droite qui ont été parmi les plus violents après l’attentat de Nice, sont aujourd’hui à la baisse dans les sondages. Je pense que les Français veulent de la fermeté, mais sans perdre leur âme. Nicolas Sarkozy propose un troc : moins de libertés pour plus de sécurité. Indépendamment du fait que cela ne fonctionnera pas, la France est un pays de libertés, mais de libertés ordonnées. Elle a tous les moyens pour les faire respecter.

C’est le discours de pré-campagne que doit tenir la majorité, notamment lundi lors du rassemblement à Colomiers ?

Je plaide pour cela depuis plusieurs semaines car je suis inquiet de voir comment l’électoralisme a envahi la droite classique et comment celle-ci ne tire pas les leçons de ses propres erreurs. Plus elle va à droite, plus le FN monte.

Un discours rationnel sur l’état de droit pourra-t-il être audible dans la tension de la campagne présidentielle ?

Je fais confiance à l’intelligence des Français et non pas à leurs réflexes. Pour l’instant, ultra majoritairement, ils sont pour le maintien de l’état de droit, malgré le discours tonitruant et médiatiquement bien portant de ses adversaires. Mais la gauche, dans la présidentielle qui vient, doit être attentive. Elle doit bien sûr porter son bilan, qui est contrasté mais positif. Au moment où la croissance redémarre et où le chômage baisse, il serait paradoxal de ne pas souligner que nous avons redressé le pays, malgré l’ardoise que nous avait laissée la droite en 2012. Mais plaider pour le redressement n’est pas suffisant. Il faut maintenant expliquer pourquoi un nouveau quinquennat à la gauche. La réponse, est qu’après avoir redressé, il faut maintenant progresser et protéger.

Cela peut-il suffire pour contrer le discours de la droite ?

Le programme de Nicolas Sarkozy et de la droite est ahurissant, en terme de dépense publique, de remise en cause des acquis sociaux. Il est même provocateur : mettre dans un texte qu’on va revenir totalement sur la hiérarchie des normes, alors qu’on sort de neuf semaines de grèves pour une exception sur ce sujet, cela veut dire que dès que le programme sera mis en application, il y aura des millions de gens dans la rue, y compris la CFDT. Et tout est comme ça : 300 000 fonctionnaires de moins, l’attaque contre les régimes spéciaux… C’est à la fois peu réaliste et ahurissant.

Cela veut-il dire que la gauche, lors de la campagne, doit s’adresser à son seul électorat ou aller au-delà ?

Vieux débat ! Nous devons commencer par nous adresser aux nôtres. Ensuite, il faut parler à l’ensemble de la gauche, en leur disant : « ne vous trompez pas de colère ». L’enjeu de la présidentielle n’est pas de punir une gauche qui a fait ou de punir une gauche qui a refusé de faire. Ni de juger un bilan, même s’il est bon. L’objectif, c’est de ne pas laisser la droite et l’extrême droite face à face, parce que sinon elles termineront au coude à coude. Le candidat de la gauche devra donc s’adresser à l’ensemble du camp républicain.

Compte tenu de cette radicalisation imposée par M. Sarkozy, laisser la gauche se diviser lors de la primaire est-il opportun ?

Cette primaire doit être celle du débat mais aussi de l’unité. Elle est utile parce qu’elle permet de sélectionner celui ou celle qui sera le mieux à même de porter les principes républicains et d’être crédible dans le combat contre la droite. Sans elle, c’était la multiplication des candidatures, et il y en a déjà trop. Cette primaire met un garrot sur l’hémorragie de candidatures. Parce qu’à la fin, tout le monde devra se retrouver derrière le gagnant.

Arnaud Montebourg laisse planer le flou sur sa participation à la primaire, cela vous inquiète ?

Il conduira la campagne qu’il souhaite conduire. S’il reste dans le flou, c’est parce qu’il ne peut pas dire à cette étape qu’il soutiendra le gagnant. Montebourg a besoin de laisser planer le doute, pour à la fois capter un électorat réformiste, celui de François Hollande, et canaliser un électorat radical, celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est une tactique pour l’heure mais je suis totalement persuadé qu’il participera à la primaire.

Pouvez-vous lui apporter les garanties qu’il réclame quant au nombre de bureaux de vote ?

Je pourrais lui donner jusqu’au 15 décembre toutes les garanties possibles, elles ne seront jamais suffisantes et toujours sujettes à caution pour des raisons politiques que je viens d’indiquer. Pour faire taire tout cela, il faut être au plus près des conditions de la primaire de 2011, qu’il avait lui-même adoubée. Ce sera le cas.

Si Montebourg ne participait pas à la primaire, le tiendriez-vous pour responsable de l’élimination de la gauche au premier tour ?

C’est une question qui lui est posée. Je ne le vois absolument pas partir seul. Jean-Luc Mélenchon a capté toute la radicalité, Cécile Duflot ou un autre le fera sur les écologistes. Je ne lui vois aucun espace politique dans ces conditions.

Pour autant, la primaire garantit-elle que la gauche sera présente au second tour ?

Depuis le début, nous avons milité pour une primaire de toute la gauche. Les écologistes et les communistes l’ont refusée. Ils en portent la responsabilité. Nous allons essayer de faire la primaire de l’unité autant que possible.

L’enjeu est plus grave que le 21 avril 2002 ?

Oui. Nous sortions alors d’une cohabitation où Jacques Chirac avait été poli par sa confrontation avec Lionel Jospin. Il était en situation de pouvoir rassembler. Là, il n’y a que la gauche qui peut le faire parce que Nicolas Sarkozy vient de fracturer la droite classique. C’est beaucoup plus grave car ce n’est pas qu’une question électorale. Le ver est dans le fruit, les programmes sont interchangeables entre droite et extrême droite. Quand Eric Ciotti explique que François Hollande a été élu par l’islam politique, on a l’impression d’une volonté d’instrumentalisation, d’un rejet de l’islam pour gagner la primaire qu’elle qu’en soient les conséquences pour la cohésion nationale. Il n’y a plus aucune retenue.

Le Président veut-il y aller, peut-il y aller, va-t-il y aller ?

Il peut y aller, car nous sortons des brumes de la contestation absolue de tout ce qu’ont fait les socialistes. On va s’apercevoir qu’il a fait un choix stratégique : sacrifier sa popularité pour obtenir le début d’un redressement qui arrive. En plus, il a maintenant l’expérience de la guerre, des relations internationales, de l’Europe. Et il incarne cette République bienveillante. Il peut terminer le travail. Le veut-il ? Je n’en sais rien. J’ai dit depuis longtemps que je l’espérais. Je respecte la totalité des candidats. Mais François Hollande reste la carte maîtresse de la gauche.

Pas très neutre pour le premier secrétaire du PS, non ?

Je me suis prononcé et je resterai sur cette orientation. Si on veut me transformer en béni-oui-oui du paysage politique, on s’est trompé de personne. Je n’attaquerai pas les candidats, ni ne distribuerai les bons points. Il faut respecter les personnalités, garantir l’impartialité de la primaire et agir pour le rassemblement. Mais je fixerai les enjeux.

Concernant Emmanuel Macron, son entreprise politique est-elle allée au bout ? Est-elle un bénéfice ou un coût pour François Hollande ?

La situation politique a changé depuis l’accélération et la radicalisation absolue de Nicolas Sarkozy. Chacun doit se déterminer par rapport à cela, Emmanuel Macron compris. S’il veut dialoguer avec nous, il est utile. S’il veut dialoguer avec Philippe De Villiers, il l’est moins.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga et David Revault d’Allonnes

 

02 Déc

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Incident lors d’une réunion à Aix : L’extrême droite n’a pas changé

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Ce soir, lors d’une conférence organisée par la section socialiste d’Aix-en-Provence consacrée à « la montée de l’extrême droite en région PACA », des activistes se réclamant de l’Action Française ont brusquement fait irruption. Aux cris de « Socialistes assassins », ils ont perturbé la réunion, bousculant les présents et menaçant les intervenants.
J’apporte mon plein soutien aux organisateurs de la conférence et aux étudiants qui étaient présents. Je condamne avec la plus grande fermeté cette agression. Une fois encore, l’extrême droite montre son vrai visage, celui de la haine qui affaiblit la République.

08 Nov

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L’invité de C Politique sur France 5

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JCC C Politique 08112015

Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 8 novembre l’invité de Caroline Roux dans C Politique sur France 5.

Retrouvez ci-dessous des extraits de l’émission ainsi que les principales déclarations de Jean-Christophe Cambadélis:

 




 

Unité de la gauche aux élections régionales

Je n’ai pas échoué. Cette campagne pour l’unité a amené tous nos partenaires à dire qu’ils étaient favorables à l’union au 2nd tour.
La mélenchonisation de l’écologie a échoué. Vous avez un meeting commun mais vous aurez l’unité partout.

Il n’y aura pas de désunion de la gauche au 2ème tour.
Ces élections régionales s’annoncent difficiles mais elles ne sont pas perdues. Nous pouvons gagner pas mal de régions.

La droite est divisée et n’a pas de programme, si ce n’est défaire tout ce que la gauche a réalisé. (…) Les Républicains sont ceux qui sont en difficulté. Le total des voix de la gauche est supérieur au total de la droite.

Le gouvernement nous aide car il commence à réussir, parce que la croissance revient et parce que les propositions de modernisation sont positives.

Les Français se rendent compte que l’extrême droite est dangereuse et pas qu’en France.
La droite ne va pas s’abstenir quand elle va commencer a remettre en cause les acquis mis en place par la gauche
Le problème n’est pas de faire rêver mais de transformer la réalité qui est difficile pour nos concitoyens. Oui, nous sommes critiqués, mais c’est parce qu’on attend beaucoup de nous.

COP 21
La COP21 est une chance pour l’humanité. La France s’est engagée très tôt. J’observe que c’est le seul sujet sur lequel nous ne sommes pas critiqués.

La France démontrera quelle est une grande puissance d’influence. C’est important pour le moral des Français. Le pessimisme ambiant se transformera peut être en optimisme raisonné.

Elections régionales

Je ne suis pas dans le catastrophisme. Je veux qu’on se batte. Il ne faut pas prendre les gens pour des gugusses, ils savent réfléchir. Les Français comprennent les enjeux et mesurent nos efforts.

Je ne sais pas si le pire est passé mais je sens la différence du rapport des Français au PS et à la gauche. J’ai été surpris par la grosse mobilisation lors du meeting de Claude Bartolone. Il y a l’effet Bartolone mais aussi l’effet PS

Le Parti socialiste aurait pu disparaitre, mais nous sommes dans une nouvelle phase. Et bientôt, dans une nouvelle dynamique.

Réformes
Pourquoi voulez-vous que le fait de prendre des mesures pour l’emploi chiffonne le Parti socialiste ?
Réformer est un mot-valise. Je préfère le terme : améliorer. Faire en sorte que notre société soit plus juste
On continue les réformes?  « Si on arrête de pédaler, on tombe. Si on arrête d’améliorer, la France s’effondre »

Il faut mobiliser la société pour le droit de vote des étrangers. (…) Le jour où nous serons en condition pour le droit de vote de étrangers, Manuel Valls ne s’y opposera pas.

Sur le chômage : Si Nicolas Sarkozy avait eu les solutions pour combattre le chômage, il aurait fallu qu’il le dise !

Sur le Front national : « Oui, il y aura une poussée frontiste mais il y a un plafond de verre. Les Français, à plus de 70%, ne veulent pas que le Front national gouverne leurs régions ou la France. Je ne pense pas que le FN gagnera une région.

Il existe une « pauvrophobie » au FN. Le FN chasse les pauvres. (…) M. Briois a interdit le Secours populaire de marché de Noël. C’est une chasse aux pauvres. On veut une France bien peignée au FN.

Il n’y a pas que le Front national dans cette élection. Dans la plupart des cas, le débat, il est entre le Parti socialiste et les Républicains, donc ne décentrons pas le débat. Le FN est notre ennemi. Les Républicains sont nos adversaires

Gauche
Pouria Amirshahi vise toutes les représentations politiques. Je ne suis pas pour mettre tout le monde sur le même plan. C’est la base du populisme. Je demande à ce qu’il y ait des clarifications sur ce que le Mouvement commun critique.

Je ne suis pas cool je suis clair. Quand je dis qu’on rassemble la gauche, on rassemble la gauche. (…) Je parle du rassemblement de la gauche qui veut porter des réformes et gouverner ce pays.

Après les élections régionales, je veux lancer un appel de personnalités politiques, syndicalistes, artistiques pour un rassemblement populaire

Lucette Brochet
François Hollande dialogue directement avec les Français et les médias n’aiment pas cela.

Myriam El Khomri
Myriam El Khomri, une femme, en prend plein la gueule pour un oubli. C’est de la misogynie.

Cop 21
Il ne faut pas se mettre dans la spirale de l’échec mais dans celle du succès.

 

26 Août

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Le Parti socialiste soutient le SPD dans la lutte contre l’extrême droite

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logops160

Depuis quelques jours, les attaques xénophobes se multiplient en Allemagne. La chancelière Angela Merkel et son parti la CDU-CSU sont restés discrets sur ces attaques alors que le SPD, prenant ses responsabilités a dénoncé cette poussée raciste dans le pays et les violences qui se sont produites.

Sigmar Gabriel, Vice chancelier et Président du SPD a eu raison de se rendre dans la ville saxonne d’Heidenau où se sont déroulés des affrontements entre militants d’extrême droite et forces de l’ordre, indiquant que face à cette menace, la social-démocratie ne céderait pas un pouce de terrain.

Depuis, l’alerte à la bombe qui a conduit à l’évacuation du siège du SPD à Berlin indique la volonté de l’extrême droite de jouer la carte de la tension et de l’intimidation.

Ces actes typiques de l’extrême droite nous rappellent le combat sans pitié que la gauche doit mener contre le national populisme sous toutes ses formes dans toutes l’Europe.

Le Parti socialiste est totalement solidaire du Parti social-démocrate allemand dans son combat contre la xénophobie et la violence.

08 Mai

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« Camba repart au combat ! », article publié dans le Nouvel Observateur (n°2583)

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l'Europe sous la menace nationale-populisteLe Nouvel Obs publie cette semaine un article sur le nouvel ouvrage de Jean-Christophe Cambadélis: L’Europe sous la menace national-populiste (édition de l’Archipel) que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

C’est forcément un constat d’échec, mais c’est surtout un état des lieux lucide que dresse le nouveau patron du PS dans son dernier ouvrage (1).

Le « national-populisme », c’est ainsi que Jean-Christophe Cambadélis, inspiré par le philosophe Pierre-André Taguieff, caractérisa le premier le parti lepéniste lorsqu’il lança le « Manifeste contre le Front national » en 1990. Ecartant le registre de l’indignation morale, il s’agissait alors de mener un combat éminemment politique contre l’extrême droite. Près d’un quart de siècle plus tard, ce « national-populisme » prospère un peu partout en Europe et menace d’envoyer une centaine de députés europhobes à Strasbourg le 25 mai.

Parce que la revendication identitaire a pris le pas sur l’aspiration à l’égalité, les néo-nostalgiques, chantres de la décadence occidentale, étouffent les progressistes. Cambadélis « enrage » devant la montée de cette xénophobie qui submerge des forces politiques et sociales jadis républicaines, comme « Blum » était « épouvanté » par la dérive nationaliste de ses camarades « néo-socialistes » au congrès de la SFIO de juillet 1933.

En première ligne, la France subit de plein fouet cette « déconstruction du temps républicain ». Mais parce qu’il n’est pas encore minuit dans le siècle, le nouveau premier secrétaire croit toujours à la contre-offensive.

 

(1) « L’Europe sous la menace national-populiste », L’Archipel, 122 pages.

 

26 Fév

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Claude Goasguen rejoue 1968

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SEANCE DES QUESTIONS AU GOUVERNEMENT A L'ASSEMBLEE NATIONALE.Quand il ne trouve pas que les jeunes beurs sont des drogués et que c’est la raison pour laquelle on ne peut leur enseigner la Shoah, le député maire du 16earrondissement de Paris dénonce les anciens militants trotskistes du PS. Voilà un aveu étonnant pour quelqu’un qui nie d’avoir été d’extrême droite !

Puisque Manuel Valls, Marylise Lebranchu et Jean-Christophe Cambadélis étaient trotskistes, il serait excusé d’avoir été d’extrême droite ? Car enfin la Corpo de droit à Assas en 1968 ce n’était pas une assemblée de démocrates chrétiens !

On pourrait expliquer en détail comment Claude Goasguen en était devenu le président. Je l’évoque dans mon livre La France blafarde[1]. Mais ce n’est pas le sujet.

Faire d’un incident de séance une crise parlementaire en dit long sur le désarroi de l’UMP. Claude Goasguen qui n’est pas né de la dernière pluie, lui qui est d’habitude impavide à ce genre de propos, le député de Paris a sauté là sur l’occasion. En difficulté sur les propos étonnants qu’il a prononcés, en procès avec la plupart des associations jugeant ses propos insultants pour les jeunes musulmans.

Il a pris l’UMP en otage pour se protéger. Le fait que Claude Goasguen rejoue 1968 n’est pas un problème en soit. Le fait qu’en mauvaise posture il cherche protection est confondant.

Mais le fait que l’UMP se laisse emporter dans cette pantalonnade, exprime que la stratégie de l’opposition frontale pour contenir le front, concourt à abaisser le débat politique pour le plus grand profit du Front national.

 


[1] La France blafarde, Jean-Christophe Cambadélis, Eric Osmond, éd. Plon, 1998

27 Nov

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Enfin !

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IMG_5481L’ensemble des forces de gauche et les écologistes ont dit stop !

Voilà des mois que la France est traversée par le vent de la xénophobie. Voilà des mois que le Front national surfe sur cette vague. Voilà des mois que la préférence nationale reconvertie en « priorité nationale » gangrène l’espace public. De glissements sémantiques en clins d’œil, de discours de proximité en appel du pied, chacun s’est mis à vouloir récupérer ces français égarés en abaissant les barrières républicaines. La droite a perdu à ce jeu ses repères, mettant sur le même plan le FN et le PS jetant ainsi la confusion, ou laissant entendre que le FN est un parti comme les autres.

Dans la partie qui commence entre le FN, la droite et la gauche, le front républicain est nécessaire et l’union de la gauche et des écologistes une obligation. Ce soir la gauche est rassemblée pour la défense de la république, car elle est en danger via l’extrême droite et le tout marché. La droite est maintenant au pied du mur. ENFIN !

03 Oct

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Le FN est d’extrême droite !

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logoFNMarine Le Pen forte d’une dynamique qui est tout à la fois européenne et française, veut aller jusqu’au bout de son nouveau statut octroyé par Nicolas Sarkozy. C’est-à-dire partager des idées comme les autres. Elle se propose pour se faire de remettre en cause la liberté d’expression, si on dit que son parti est d’extrême droite. Et elle poursuivra en justice quiconque l’affirmera.

Chiche ! J’appelle tous les parlementaires, tous les démocrates à mettre sur leur blog ou site, statut Facebook, sur twitter, poster partout le Front National, Marine Le Pen est d’extrême droite. Dresser un mur citoyen ! Elle ne passera pas !

J’appelle à cet acte simple de résistance. Et qu’elle ose nous faire un procès !

Elle est d’extrême droite parce qu’elle estime qu’il y a des français qui par leur culture et leur histoire ne sont que des français de papier.

Elle est d’extrême droite parce qu’elle ne respecte pas le principe d’égalité.

Elle est d’extrême droite parce qu’elle veut porter atteinte à la liberté en faisant interdire de penser différemment.

Elle est d’extrême droite parce qu’elle remet en cause la fraternité en pratiquant l’islamophobie.

Elle est d’extrême droite parce qu’elle fait des élites des ennemis du peuple.

Elle est d’extrême droite parce qu’elle s’attaque au droit des femmes par la remise en cause de l’avortement.

Elle est d’extrême droite par ses fréquentations d’extrême droite en Europe.

Elle est d’extrême droite parce que son sigle, la flamme, est la reproduction de celui du MSI, parti néo fasciste italien.

Toute l’idéologie Frontiste est bâtie autour du refus de l’égalité vécue comme un égalitarisme « nivélateur ». Toute la politique du Front National est construite sur la hantise du métissage et la stimulation de la xénophobie. Son appel au nationalisme est un danger pour la patrie car il est le ferment de tension civile et de haine.

Ne nous laissons pas intimider. Dites le haut et fort, oui elle est d’extrême droite !

30 Sep

2 Comments

Europe: un vent mauvais

par

parleuropeenAprès l’Allemagne où on n’a pas voulu voir le score de l’AFD, une formation anti-euro au message xénophobe sous-jacent, après les sondages qui mettent en Grande-Bretagne l’UKIP, le Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni, à 3o%. Après la crise politique italienne qui peut dégénérer en crise tout court avec ses conséquences sur l’économie européenne et la montée du populisme italien. Après l’épisode Aube dorée en Grèce qui ressemble de plus en plus à à la République de Weimar. Après les résultats et les sondages démontrant la montée du Front National en France, les résultats de l’Autriche démontrent que l’Europe à la fièvre. Les deux partis institutionnels le SPO de Werner Faymann et l’OVP de Michael Spindelegger sont en recul. C’est le plus mauvais score depuis l’avènement de la seconde république. C’est l’extrême droite de Heinz-Christian Strache qui fait un bond de 4 points à 21,40%. Et encore le petit parti de Frank Stomach anti-européen fait 5,79%. Et nous n’évoquons pas ici la situation en Belgique et les bases du séparatisme flamand. La montée xénophobe dans les pays nordiques, les ratonnades en Hongrie et la radicalisation à droite de la droite. L’instabilité de la Bulgarie et de la Roumanie. Bref le national-populisme hante l’Europe. Pas besoin d’être un spécialiste en science politique pour comprendre que ceci est la rançon d’une politique européenne sans ressort, dogmatiquement libérale, et aveuglement austéritaire. Et pendant ce temps la classe médiatico-politique française nous joue un médiocre remake d’avant guerre entre insouciance, résignation et laisser-faire, ressassant poncifs, truismes et postures dans un confort très parisien. C’est rageant !