Tag figaro

26 Mar

Commentaires fermés sur Le Figaro: Cambadélis dénonce le « cy-ni-nisme » de Sarkozy

Le Figaro: Cambadélis dénonce le « cy-ni-nisme » de Sarkozy

par

Le Figaro

Retrouvez ci-dessous l’article « Cambadélis dénonce le « cy-ni-nisme » de Sarkozy » dans Le Figaro du jour ou en cliquant sur le lien ci-après: Le Figaro- Cambadélis dénonce le « cy-ni-nisme » de Sarkozy – 26032015

 

La stratégie de Nicolas Sarkozy vis-à-vis du Front national ne passe pas au PS. Invité du « Talk – Le Figaro » mercredi, Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé le « cy-ni-nisme » du président de l’UMP. « Dire on va jouer avec les socialistes pour battre le FN et jouer avec le FN pour battre les socialistes, cette orientation ne passe pas et elle est contestée à l’intérieur de l’UMP et de l’UDI » a estimé le premier secrétaire du PS. « Le matin il est pour le « ni-ni », le midi il est pour frapper brutalement le FN et le soir il attaque Manuel Valls. Ses électeurs ne savent plus où est son orientation » a accusé le député PS de Paris. Il ajoute : « Quand on a été président de la République, on doit toujours être présidé par la République et j’ai l’impression que Nicolas Sarkozy est présidé par la tactique ».

Interrogé sur la stratégie de Manuel Valls de nationaliser la campagne des départementales et de cibler prioritairement le FN, Jean-Christophe Cambadélis a défendu le premier ministre. « Cette stratégie est payante et c’est une question de principe : si vous pensez que le FN est dangereux pour la République, la démocratie et pour le pays, il faut le dire brutalement », a déclaré un patron du PS par ailleurs « optimiste ».

 

« Le chemin de l’espoir »

« Quand je vois les résultats du premier tour, je me dis que tout est jouable », veut-il croire. Il énumère les raisons qui pourraient, selon lui, permettre au PS de limiter la casse dimanche au second tour : « Il n’y a pas d’effet Sarkozy. Le FN a atteint un niveau qui ne disqualifie pas le PS, qui lui fait 22% quasiment sans les Verts et sans le Front de gauche. C’est intéressant, et cela ouvre le chemin de l’espoir », estime « Camba ». Après les divisions du premier tour à gauche, notamment dans le Nord, le premier secrétaire est catégorique : « Nous sommes plus unis au second tour face à l’UMP et l’UDI dont nous regardons les débats internes avec ravissement ».

Interpellé sur les propos de Malek Boutih à propos de la perte du vote des banlieues pour le PS, dont le député PS de l’Essonne estime qu’il est notamment dû à un problème de communication, Jean-Christophe Cambadélis considère que « ce n’est pas un problème de discours mais d’action, un problème de capacité à intervenir dans la banlieue ». « Les résultats économiques arrivent pas trop tard pour cette élection départementale », a-t-il lancé à ce sujet, se réjouissant des résultats au premier tour en Ile-de-France, qui pourraient laisser à la gauche l’espoir de conserver la région aux prochaines élections régionales. « Vous verre qu’en Ile-de-France, nous aurons beaucoup plus de conseillers départementaux que le FN » a-t-il dit.

 

Julien Chabrout

 

 

 

05 Mar

Commentaires fermés sur Mon interview au Figaro.fr: « Je suis favorable à un gouvernement de combat»

Mon interview au Figaro.fr: « Je suis favorable à un gouvernement de combat»

par

logofigaro

Le Figaro.fr a publié aujourd’hui une interview que vous pouvez retrouver ici ou lire ci-dessous:

LE FIGARO. – Quand le remaniement devrait-il intervenir?

Jean-Christophe Cambadélis. – Une fois que le peuple aura parlé, autrement dit quand les échéances électorales seront terminées. Alors le président pourra, s’il le souhaite, ajuster le gouvernement au message des Français et à la nécessité de l’action. On a mieux à faire qu’à spéculer sur la date du remaniement qui interviendra bien un jour ou l’autre. Il faut qu’il ait la plus grande lisibilité possible.

Êtes-vous favorable à un «gouvernement resserré», comme le préconise Jean-Marc Ayrault?

Dans la période que nous traversons, il faut avant tout rechercher l’efficacité. Si cela passe par un gouvernement de combat pour appliquer le pacte de responsabilité, la réduction des déficits, la relance de la croissance voire la modernisation de notre industrie, j’y suis favorable. Mais ne nous enfermons pas dans des chiffres. Regardons ce qui fonctionne le mieux.

Le premier ministre a-t-il besoin d’être défendu?

Je remarque qu’il a été passablement attaqué. Il n’est pas anormal que les socialistes le défendent parce qu’à travers lui, c’est toute l’architecture de la gauche que l’on attaque. Et il ne faut pas être naïf. Derrière tout cela, l’homme à abattre reste François Hollande. La clé de voûte de nos institutions, c’est le président de la République, pas le premier ministre. Je ne pense pas que les spéculations sur le départ du premier ministre fassent avancer le combat que l’on mène aujourd’hui. Les socialistes en particulier, la gauche et les écologistes en général, doivent parier sur la réussite de François Hollande car son échec aurait des conséquences dramatiques pour des années. N’oublions pas que nous sommes entrés dans un tripartisme où l’un des partis est d’extrême droite et pourrait être présent au second tour de la présidentielle. Si nous étions battus voire éliminés, ce serait au choix le chaos ou le K.-O., et on mettrait au mieux une décennie à s’en remettre.

Faut-il faire entrer de nouvelles personnalités au gouvernement?

Je goûte peu cette tendance au sponsoring de personnalités qui devraient, en fonction de leur immense talent, présumé ou réel, prendre la place de ministres sortants qui ne sont pas sortis. Tout cela est une perte de temps, l’utilisation de l’espace médiatique à des fins délétères.

Les Verts vont-ils trop loin dans leurs critiques?

Les écologistes n’ont pas la même culture politique que les socialistes. Il faut donc faire des compromis avec eux et vivre ensemble avec nos différences. Parfois, ils jouent avec le feu mais il faut dire aussi que parfois on agite le chiffon rouge devant eux, par exemple en remettant en cause l’engagement sur le gaz de schiste.

Le PS n’est-il pas trop absent dans la campagne des municipales?

Le jugement est sévère. Je trouve qu’il n’y a pas de campagne municipale. Aucun parti n’organise de campagne nationale sur les élections municipales. La gauche, parce qu’elle ne veut pas nationaliser l’enjeu, et la droite parce qu’elle ne veut pas réveiller la gauche. Il y a donc «des» campagnes municipales. Harlem Désir laisse aux candidats le soin de mener leurs campagnes.

Quel est l’enjeu des européennes?

Les 28 partis socialistes européens ont désigné le social-démocrate Martin Schulz, le président du Parlement européen, comme candidat à la présidence de la Commission. Et pour la première fois, le Parlement européen aura son mot à dire sur le futur président de la Commission. C’est donc une élection continentale au niveau des Vingt-Huit. Je pense que les socialistes et les sociaux-démocrates peuvent l’emporter sur les conservateurs.

Le «pacte de responsabilité» est par avance critiqué à l’aile gauche du PS. Qu’en pensez-vous?

Personne, à cette étape, ne sait ce qu’il y a dans le pacte de responsabilité. À moins d’avoir des préjugés absolus, on ne pourra se prononcer sur sa nature que le jour où il nous sera présenté. Il n’est pas interdit de souhaiter qu’il soit équilibré. Les critiques a priori n’ont pas de raison d’être.

07 Oct

1 Comment

Interview dans Le Figaro

par

logofigaroLe Figaro publie une interview que vous pouvez retrouver en cliquant ici et ci-dessous:

INTERVIEW – Le député de Paris observe une tendance lourde de montée en Europe de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’amertume sociale face à la politique d’austérité et de réduction des déficits, et du désespoir face à des lendemains qui déchantent.

LE FIGARO – Les candidats de gauche ont une nouvelle fois été éliminés dès le premier tour à Brignoles. Quelles leçons en tirez-vous?

Jean-Christophe CAMBADÉLIS – Cela commence à faire beaucoup. Le cocktail «abstention-mobilisation frontiste» est redoutable pour la gauche, mais aussi pour tous les autres partis républicains. Plusieurs leçons peuvent être tirées de l’élection partielle de Brignoles: à l’évidence, la participation a été faible. Parallèlement, les extrêmes, en particulier le Front national, mobilisent leurs troupes. Ensuite, la perception d’une France qui se redresse est obscurcie par la multiplication des couacs, des polémiques et des querelles subalternes. Enfin, si la gauche est divisée, elle accentue l’idée que cela ne vaut pas la peine d’aller voter. L’électorat républicain n’a plus d’enthousiasme.

Êtes-vous favorable au front républicain?

Bien sûr. Car il faut lutter contre le FN qui est un parti qui porte le désordre comme la nuée porte l’orage. Entre la haine sociale et l’apartheid comme options finales, au bout, c’est la France et la République qui sont abîmées. Comment combattre le FN? D’abord, il serait bon que les républicains des deux bords s’accordent sur la nocivité de cette formation politique. Ensuite, il faut assécher le FN, et l’endiguer. L’assécher, en luttant contre le chômage et l’insécurité, et en prônant une autre Europe. L’endiguer par le front républicain que nous allons encore pratiquer, nous socialistes, à Brignoles, dimanche prochain. Il faudra aussi faire en sorte de rassembler les gauches et les écologistes au premier tour des élections à venir. Car nous sommes dans une tendance lourde de montée en Europe de la xénophobie, de l’islamophobie, de l’amertume sociale face à la politique d’austérité et de réduction des déficits, et du désespoir face à des lendemains qui déchantent.

Vous avez été l’un des principaux concepteurs de la gauche plurielle, sous Lionel Jospin. Qu’en reste-t-il aujourd’hui?

La gauche est plus unie qu’on ne le dit car il y aura au final plus d’union des gauches et des Verts que de divisions entre nous. Mais le côté spectaculaire de ces divisions dans certaines métropoles et grandes villes va rejaillir sur l’ensemble de la campagne électorale. Ce qui va brouiller notre message, et c’est là la grande difficulté. Car, au fond, 75 % des Français sont hostiles au FN, mais la droite refuse le front républicain, et la gauche est divisée. Donc le FN profite de cette situation.

Faut-il voir dans ce premier tour à Brignoles la marque d’une désaffection croissante à l’égard des politiques quels qu’ils soient?

Il y a bien sûr une désaffection. Les électeurs traditionnels de la gauche et de la droite participent de moins en moins au vote. Mécaniquement, l’électorat des partis extrêmes se mobilise plus et fait des scores importants. On est dans un mouvement presque mathématique d’une hypermobilisation frontiste, et d’une démobilisation de l’électorat républicain.

10 Juil

Commentaires fermés sur Interview sur le figaro.fr

Interview sur le figaro.fr

par

logofigaroJean-Christophe Cambadélis a répondu à une interview pour le figaro.fr que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou ci-dessous:

LE FIGARO – Le PS se réunit mercredi pour évoquer les municipales à venir. Comment les abordez-vous, à neuf mois de l’échéance?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADÉLIS – Avec une grande inquiétude. L’abstentionnisme est galopant, le FN est en dynamique, l’UMP est sans le sou et la gauche sens dessus dessous. Il ne faut pas être un grand analyste pour comprendre ce qui risque de se passer, avec des conséquences politiques majeures si la gauche et les écologistes se présentent désunis à ces élections municipales.

Quelle stratégie le PS doit-il adopter dans ce contexte aussi défavorable?

Le PS doit déconnecter les municipales des enjeux nationaux. L’union (entre le PS et ses alliés, NDLR) qui existe dans les collectivités ne doit pas subir le contre-coup des désaccords réels et latents qui existent dans la vie politique nationale. La gauche gère bien les collectivités, les Français en sont contents. Il ne faudrait pas que nous venions disloquer ce socle, très important pour le pays. Voila pourquoi tout le monde doit être placé devant ses responsabilités. L’union est une urgence.

Les résultats des récentes législatives partielles annoncent-elles une débâcle électorale pour le PS aux prochaines municipales?

Ces partielles, notamment les dernières de Villeneuve-sur-Lot, sont extrêmement inquiétantes: le PS a été éliminé au premier tour et l’UMP n’a pu gagner qu’avec le PS. Ni le Front de gauche, ni les Verts, ne sont une alternative pour les électeurs. Le pays est dans une bouderie de ses représentations, quelles qu’elles soient. Et donc, tout est possible aux municipales.

Comment répondre au désarroi des électeurs de gauche? Faut-il changer ou infléchir la ligne politique du gouvernement, comme certains le préconisent au sein de la majorité?

L’orientation visant à réduire massivement les déficits publics n’est contestée par personne. La question qui fait souvent débat c’est: qui doit porter cet effort? Le rôle de la gauche, c’est d’être équilibré dans la justice. Le gouvernement travaille en ce sens mais la visibilité de cet équilibre n’est pas toujours au rendez-vous. Ce qui conduit souvent les Français à ne voir que le verre à moitié plein.

Comment faire pour convaincre vos alliés de faire liste commune avec le PS aux municipales?

Il faut sans relâche dialoguer avec nos partenaires municipaux. Leur dire qu’il n’y a pas, dans le moment présent, d’espace pour se compter. Leur indiquer qu’il y aura de toutes façons plus d’alliances que de divisions. Car la gauche d’en bas est plus unitaire que celle d’en haut. On ne peut pas prendre le risque d’affaiblir un premier tour, car il créera une dynamique au second. Personne ne peut jouer sur une percée frontiste dans de nombreuses municipalités; cela réduirait d’autant la marge de manœuvre des écologistes et de nos alliés. C’est donc un mauvais calcul.

La popularité du couple exécutif est en chute libre. Comment peut-il faire pour remonter la pente?

C’est malheureusement inéluctable quand on mène une politique de redressement des comptes publics et des comptes sociaux. Mais nous ne donnons pas assez de visibilité à nos marqueurs. Nous n’indiquons peut-être pas assez où nous allons, ce qui donne l’impression que la rigueur est devenue une fin en soit, un modèle de société. Or la gauche veut une autre France, créer les conditions d’un pays plus juste, plus stable, plus écologiste.

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, est-il de taille pour conduire le parti dans les prochains rendez-vous électoraux?

Ségolène Royal a eu, en ce domaine, des paroles définitives: il fait ce qu’il peut.

19 Avr

1 Comment

Interview dans le Figaro

par

figD’après notre sondage, François Hollande risquerait de ne pas se qualifier pour le deuxième tour si la présidentielle avait lieu aujourd’hui. Quels enseignements en tirez-vous ?

Je ne suis pas étonné. Nos réformes ne produisent pas encore leurs effets alors que les décisions de nos prédécesseurs produisent les leurs. Dans cette situation, une partie du pays s’impatiente face à une politique patiente. Mais le problème est européen. Tant que les droites domineront l’Europe, en estimant que de l’austérité jaillira la croissance, les politiques menées produiront une combinaison de mouvements sociaux et de populisme. La question, c’est comment nous créons les conditions d’une croissance européenne.

Le président a-t-il un problème de méthode ?

Non. Mais il a peut-être un problème de lisibilité. Car il veut redresser le pays sans verser dans l’austérité et la récession, sans créer l’irréparable sur le plan social. Ce discours est moins lisible que ceux qui diraient : maintenant, il faut l’austérité. Mais cette ligne là n’a ni base sociale, ni base politique, et serait un contre-sens économique.

Beaucoup regrette que le dispositif (gouvernement, Parlement, parti) ne soit pas en ordre de marche, contrairement aux années Jospin. Qu’en pensez-vous ?

C’est vrai, notre dispositif ne fonctionne pas. Il faut resserrer les liens entre le président, le premier ministre, le parti et les différents leaders du parti de façon à ce que le dispositif soit plus réactif et plus combatif. La cote d’alerte est atteinte pour le PS. Son leadership est contesté. Il n’est pas en capacité d’impulser malgré toutes les bonnes volontés. Il doit prendre à bras le corps la situation. J’appelle au rassemblement de tous, modernes du PS, gauche du parti, les différents clubs… Nul ne doit être ignoré. Nous avons besoin de tous pour affronter la bourrasque. J’appelle aussi tous les Républicains à prendre conscience de la montée du courant anti républicain dans les urnes et dans la rue. Nul ne peut ignorer que le pays est au bord de la crise de nerfs.

La réponse apportée par le président à l’affaire Cahuzac est elle à la hauteur ?

Oui. Nous reprenons la marche vers une République exemplaire. Je plaide dans ce domaine pour que tout le monde atterrisse. La publication du patrimoine des élus suscite des résistances, car cette publication peut sembler stigmatisante. Il faut trouver une forme qui permette de contrôler sans stigmatiser. Au PS de s’y atteler.

Après le « choc moral », Hollande doit-il initier un « choc politique », par exemple en remaniant son gouvernement ?

Il faut surtout se calmer. Le remaniement est une arme qui ne se manie qu’une fois. Il ne faut pas l’user trop tôt. Il ne faut pas surestimer ce qu’un remaniement peut produire dans l’opinion. Le sujet n’est pas la forme mais le fond. Encore une fois, je souhaite que les socialistes soient plus combatifs et explicatifs. Je plaide pour une offensive du PS.

Le mariage gay est-il un piège pour le gouvernement ?

Non. L’emergence d’un street party, conforté par le cours actuel de la droite et libéré par le recentrage du FN perdurera sous la forme de contestation de la République. C’est une nouvelle donne que les républicains et le PS doivent avoir en tête.

10 Déc

2 Comments

Interview dans Le Figaro

par

Jean-Christophe Cambadélis a répondu aux questions de la rédaction du Figaro. Vous pouvez lire l’entretien ci-dessous ou sur le site du Figaro.

LE FIGARO.- La gestion calamiteuse du dossier de Florange par le gouvernement a-t-elle pesé dans les mauvais résultats du PS aux partielles?

Jean-Christophe CAMBADÉLIS. – Florange n’a pas aidé mais cela n’explique pas tout. Ces résultats sont médiocres mais explicables. Les élections partielles sont toujours défavorables aux partis de gouvernement. Il faut ajouter à cela des éléments conjoncturels: le redressement efficace des comptes publics de notre pays ne fait pas que des heureux et le chômage a atteint des proportions inquiétantes. Ces résultats médiocres le resteront si le PS n’est pas capable d’expliquer son action, s’il n’indique pas où il va, comment il va sortir de la crise et avec quel type de société. Il doit replacer les efforts demandés aux Français dans une perspective. Pour résumer, si le PS ne fait pas de politique, il sera zappé.

N’y a-t-il pas une désillusion à gauche devant la ligne sociale-démocrate affirmée par François Hollande?

Il n’y a pas désillusion, non. Mais un stade d’observation, une absence de mobilisation. Notre électorat n’a pas trouvé de raisons de se déplacer, dimanche, à l’inverse de l’électorat de droite. Ce dernier a préféré se mobiliser pour combattre le pouvoir de gauche plutôt que de sanctionner ses dirigeants (François Fillon et Jean-François Copé, NDLR). C’est ce différentiel de mobilisation qui a fait le résultat. C’est préoccupant. On ne peut pas passer ces législatives partielles par pertes et profits. Il faut comprendre ce qui s’est passé et rectifier le tir.

Le PS s’est mis entre parenthèses pendant des mois du fait de la difficile succession de Martine Aubry. Le parti était-il suffisamment en ordre de marche?

Nous avons été plus dans l’installation que dans la mobilisation. Ça se ressent sur le terrain. Il manque au PS une démarche collective. Les socialistes doivent porter autre chose que la gestion de la crise.

Le PS lance une campagne pour le mariage gay. Est-ce pertinent de se concentrer sur le sociétal, dans un contexte de crise économique?

Le parti socialiste doit marcher sur ses deux pieds, conquérir de nouveaux droits de société et changer notre modèle productif. La liberté ordonnée sur les réformes de société, la justice, l’efficacité et le durable en économie, l’un ne va pas sans l’autre. Zapatero avait déjà tenté de substituer le sociétal à l’économie avec le succès que l’on sait. Le projet socialiste c’est une autre France, un autre modèle plus juste, plus fiable, plus solide dans la sortie de la crise. Ce que j’appelle une société décente. Sur le mariage pour tous, il vaut mieux rassembler que cliver. Je veux croire que l’initiative d’Harlem Désir, la pétition nationale sur ce texte, va dans ce sens.