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03 Juin

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Lettre aux amis de Dominique Strauss-Kahn: Unissons-nous !

par

Paris, le 3 juin 2011

Cher(e) ami(e),

J’imagine la tristesse qui est la tienne, la partageant. Nous avons tous été bousculés par le « dimanche noir de New York ». Nous avons assisté sidérés à la mise à terre de Dominique Strauss-Kahn. Nous avons été atterrés par les accusations graves portées à son encontre. Nous n’avons pas supporté de le voir, seul et loin, entravé, livré au pilori médiatique du monde. Un sentiment de gâchis, voire de colère nous a envahi. Chacun s’apprêtait à se lancer dans le combat présidentiel décisif pour la France et l’Europe. Chacun imaginait le succès et la part qu’il y prenait. Chacun doit aujourd’hui se rendre à l’évidence : Dominique Strauss-Kahn combat maintenant pour prouver son innocence. Son temps n’est plus le nôtre, sans que nous puissions à cette étape dire de quoi l’avenir sera fait.

Beaucoup n’ont pas voulu et ne veulent pas encore se précipiter. Tourner la page est encore pour nombre d’entre nous difficile voir douloureux. Nous n’avons pas envie de passer en quelques jours à une autre équation.

Mais nous n’ignorons pas que le temps politique reprend ses droits. Et pourtant ! Confusément nous pressentons que tout cela n’a pas été vain. Nous avons bâti au cours de ces années un périmètre politique qui fut certes porté par DSK mais qui reste notre patrimoine.

Nous partageons tous les termes du rappel public cosigné par Alain Bergounioux, Michel Destot, Alain Richard et Catherine Tasca : cette révolution silencieuse défendue par DSK qui veut domestiquer, par la norme écologique et sociale, la mondialisation. Ne l’avait-il pas – et avec quel brio – engagée au FMI ? Nous partageons toujours l’idée force que l’espace pertinent pour mener ce combat est l’Europe. Et nul n’ignore que pour ce faire elle doit être réorientée. Nous partageons tous le combat contre les inégalités et la nécessité de les attaquer à la racine. La volonté de porter le socialisme au cœur de la production et de l’entreprise. Ou encore que l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a produit. Enfin, nous défendons tous cette pensée : la gauche est l’ennemie de la dette et de la rente.

Tout cela sera encore au cœur de la présidentielle et du socialisme moderne que nous porterons.

Tout le monde partage la revendication de Pierre Moscovici et Marisol Touraine : les Strauss-Kahniens doivent peser dans la présidentielle pour la gagner !

Tout le monde fait sienne l’interpellation de Jean-Marie Le Guen sur la nécessité de préserver notre indépendance. Alors si nous partageons tout cela ensemble, rien ne s’oppose à notre rassemblement. Si ce ne sont les querelles subalternes et honnêtement, tranchées par la vie.

La présidentielle n’est pas un congrès du PS. Et il faut être vraiment naïf pour croire que le candidat DSK n’aurait pas embrassé toutes les cultures de la gauche. Mais précisément, pour que le ou la présidentiable puisse le faire, il faut qu’elles soient toutes en capacité de peser.

A quoi sert-il de pester devant la trop grande présence de certains courants – pour moi incontournables mais c’est un autre débat – si nous sommes éparpillés en mini chapelles, s’annulant les unes les autres ? Et puis, mon expérience, ou la connaissance des ressorts de chacun me dit qu’au-delà des postures du moment que je comprends, il n’est pas impossible qu’une immense majorité d’entre nous se retrouve au bout.

Il faudra, après les primaires, rassembler et sûrement mener d’autres combats.

Nous savons que l’état d’esprit a changé, le respect, l’union, sont une demande, que dis-je, une exigence du peuple de gauche ! La soif de changement, le changement qui semblait aller de soit avec DSK s’imposera de nouveau. Le traumatisme sera surmonté parce que la volonté de justice, de changement et d’alternative va trouver un nouveau viatique. Pour autant nous mesurons les risques du premier tour de la présidentielle et c’est pour cela que nous serons observés. Et nous serons durement jugés si nos attitudes, nos errements voire nos egos nous conduisent à l’échec.

Alors, pour ce qui concerne les amis de Dominique Strauss-Kahn je forme le vœu que nous puissions, sous une forme à définir, et qui ne préjuge pas de nos choix présidentiels, que nous puissions donc nous rassembler, avec la volonté de faire vivre un espace politique qui s’ouvrira nécessairement à d’autres.

En espérant que tu auras compris le sens de cette démarche que je sais très partagée, reçois cher(e) ami(e), mes amitiés,

Jean-Christophe Cambadélis
Député de Paris

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03 Mai

Commentaires fermés sur L’invité de la matinale Radio Classique/Itélé

L’invité de la matinale Radio Classique/Itélé

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Pour regarder l’émission sur le site de Itélé cliquez ici.

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique de l’émission « En route vers la présidentielle », émission animée par Guillaume Durand avec Mickaël Darmon sur Radio Classique et Itélé.

Mort d’Oussama Ben Laden

« C’est l’histoire qui nous dira (…) et pourquoi il était là depuis le mois d’août comme l’a indiqué Barack Obama dans son intervention (…) on n’était pas dans une partie de campagne (…) la tyrannie de la transparence a ses limites (…) l’essentiel est la sécurité de tous. (…) (Nicolas Sarkozy avec les familles des victimes de l’attentat de Marrakech) Il est bien normal que le Président de la République soit présent dans ce moment de compassion (…) il est en retard sur Barack Obama sur ce terrain là (…).

DSK

« Il ne s’agit pas de faire une famille recomposée autour de DSK (…) il ne s’agit pas de reconstruire un courant « Strauss-khanien » (…) DSK a cette capacité de rassemblement et de dépassement d’un courant du PS. Je crois qu’aujourd’hui il consulte, il regarde, mais qu’il est encore très à sa tâche au FMI. Il prendra sa décision avec Martine Aubry. (…) Le PS doit dire aujourd’hui qu’il n’a pas que des candidats mais des idées. Nous devons être sur le projet et pas sur une campagne sur le « casting », « casting contre casting ». (…) Le jour où le paysage s’éclairera, chacun devra se poser la question « est-ce que je suis utile ? » (en maintenant ma candidature à la primaire NDLR). (…) Il y a des candidats et des candidates qui voudront aller jusqu’au bout. Les primaires sont faites pour confronter des points de vue. (…) Face à l’hyper-activité, il faut de la sérénité (…) soyons sereins et rassembleurs. (…) Tout est possible mais je pense qu’il n’y a que deux personnes qui peuvent empêcher DSK de gagner les primaires c’est Martine Aubry si elle décide d’être candidate et Dominique Strauss-Kahn lui-même s’il décidait de ne pas se présenter.

Interviewé par Mickaël DARMON:

« Le 10 mai 1981, il n’y avait pas non plus une majorité d’ouvriers qui votaient pour le PS (…) Les socialistes ont un petit penchant et c’est la 3ème fois, c’est de penser qu’on a gagné avant la bataille (…) Il n’est pas impossible qu’ici ou là, des hommes et des femmes prennent des initiatives pour que la gauche ne soit pas divisée. (…) Le premier déconnecté de la France c’est Nicolas Sarkozy qui s’est enfermé dans son chateau »

26 Avr

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L’invité de la matinale de Canal +

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Jean-Christophe Cambadélis était mardi 26 avril l’invité de la matinale de Canal Plus. Vous trouverez ci-dessous la dépêche AFP reprenant les principales déclarations:

VOIR LA VIDEO DE L’EMISSION

PARIS, 26 avr 2011 (AFP) – Le secrétaire national du PS à l’international, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé mardi que la France devait « accueillir » provisoirement les immigrés tunisiens se trouvant à la frontière avec l’Italie, et a accusé Nicolas Sarkozy de politique électoraliste.

« Pour faire face, il faut aider le Maghreb. Fermer nos frontières, ça ne règle rien », a déclaré sur Canal+ M. Cambadélis, interrogé sur la rencontre dans la journée à Rome entre le président Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

Ce rendez-vous a pour but d’apaiser les tensions alors que Paris a suscité la colère de Rome mi-avril en suspendant la circulation ferroviaire depuis la ville italienne de Vintimille, estimant qu’un train avec à son bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque pour l’ordre public.

La France est, elle, irritée par l’Italie qui a décidé d’octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu’ils rejoignent « amis et parents » ailleurs en Europe.

« On les accueille, oui. On met en place un dispositif qui permet temporairement d’accueillir ces gens », a jugé Jean-Christophe Cambadélis, un proche du directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

« Il n’y a pas d’appel d’air aujourd’hui. Il y a un flux plus important que d’habitude et l’Europe, ensemble, peut y faire face », a-t-il poursuivi.

Selon lui, « on y fait face de deux manières ». « Une manière de fond, c’est à dire qu’on aide ces pays », or, « aujourd’hui, on saupoudre, on se donne bonne conscience. Il faudrait une aide massive », a fait valoir le député de Paris.

Et sur « le court terme, dans l’urgence, c’est donner des titres provisoires. De toute façon on va le faire, tout le monde sait qu’on va le faire. L’Italie a déjà commencé à le faire. Il faut recevoir ces hommes et leur dire qu’ils ont vocation à retourner dans leur pays quand la situation sera stabilisée », a-t-il enchaîné.

« Mais aujourd’hui on ne veut pas que l’Europe réponde, on veut utiliser le problème à des fins électorales, que ce soit M. Berlusconi ou M. Sarkozy », a déploré le responsable socialiste.

21 Fév

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Interview sur nouvelobs.com

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Le nouvelobs.com publie une interview de Jean-Christophe Cambadélis que nous vous proposons de retrouver ici et ci-dessous:

Après ce week-end riche en interventions médiatiques de Dominique Strauss-Kahn, peut-on encore douter de sa candidature aux primaires socialistes?

– Au cours de ce week-end, on a vu un homme d’Etat mais on n’a pas encore vu un candidat. L’heure de l’annonce de son éventuelle candidature n’est pas encore venue. Je pense que sa candidature chemine dans l’opinion, ce qui doit le faire réfléchir. Cela dit, je suis persuadé qu’il n’a pas tranché.

Qu’est-ce qui dans l’avenir pourrait faire évoluer son choix?

– Je crois qu’énormément de critères rentrent en ligne de compte. D’abord réussir au FMI, puis la perception qu’a Dominique Strauss-Kahn de lui-même: où serait-il le plus utile pour la France ? Le deuxième critère est lié au premier. Il renvoie à sa perception de ce qu’il faudrait pour la France. Troisième critère non négligeable : la capacité de la gauche à se rassembler. Mais je ne suis pas son porte-parole.

Si la candidature de DSK est plébiscitée dans les sondages, certaines voix à gauche (Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli) s’élèvent pour lui conseiller de rester au FMI ou de prendre la direction de la BCE. DSK est-il à même de rassembler l’ensemble de la gauche?

– Au moins, ils ne contestent pas sa capacité d’homme d’Etat. C’est au moins un bon point. J’en resterai là.

Quelle est la valeur ajoutée de DSK, par rapport à Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal ?

– Dominique Strauss-Kahn et François Hollande sont globalement sur la même orientation sociale démocrate. La stature internationale en plus pour Dominique Strauss-Kahn.

Vis-à-vis de Martine Aubry, les différences sont plus marquées. Martine Aubry est certainement plus à gauche que Dominique Strauss-Kahn. L’angle d’attaque n’est pas tout à fait le même. Reste que les deux candidatures sont possibles. Elles allient toutes les deux la compétence, l’ancrage et la capacité à diriger, mais elles sont complémentaires.

Si Ségolène Royal semble peiner actuellement dans les sondages, elle continue à avoir un très bon rapport à l’opinion. Elle a une forte capacité à surprendre, à avoir des intuitions politiques. Cette force est peut-être une faiblesse par rapport à Dominique Strauss-Kahn qui apparaît comme plus rassurant.

Le pacte de Marrakech tient-il toujours?

– Je ne parlerai pas de pacte de Marrakech mais de pacte des reconstructeurs. Je n’imagine pas une seule seconde Dominique Strauss-Kahn allant contre Martine Aubry ou Marine Aubry allant contre Dominique Strauss-Kahn. Si le pacte c’est cela, il sera respecté scrupuleusement.

19 Fév

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[Verbatim] J-C Cambadélis s’est exprimé ce matin sur RTL

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« C’est bien joli de vouloir rehausser le rôle du FMI, mais Nicolas Sarkozy devrait d’abord rehausser le rôle de la France (…) Le pouvoir, l’UMP ne savent comment réagir à la montée de l’espoir. (…) DSK passe son temps à voir des chefs d’état du monde entier, de travailler à la régulation économique du monde. Alors de temps en temps, la France lui manque comme à tout expatrié (…). Je comprends la gauche du Parti socialiste. Elle ne veut pas s’engager sans connaître le programme du PS pour voir où nous allons. Je suis bien d’accord, travaillons à une vraie alternative ! (…) La droite a peur car aujourd’hui la gauche peut ouvrir, soit avec DSK soit avec Martine Aubry, le chemin de l’alternative au pouvoir de Nicolas Sarkozy ! ».

14 Fév

Commentaires fermés sur JC Cambadélis répond aux questions du Parisien

JC Cambadélis répond aux questions du Parisien

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Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions d’Eric Hacquemand dans l’édition nationale du Parisien. Vous pouvez retrouver l’interview ci-dessous

La phrase d’Anne Sinclair laissant entendre que DSK ne ferait pas un deuxième mandat au FMI signifie-t-elle qu’il sera candidat aux primaires ?

Incontestablement, cette phrase élargit le champ du possible. Mais elle ne règle pas définitivement la question de la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Si la France médiatique s’impatiente, le monde ne tourne pas autour de la présidentielle.

Certains socialistes s’étonnent de voir Anne Sinclair s’exprimer pour son mari…

Il faut avoir une bonne dose de machisme pour penser qu’une femme libre comme elle parle sur commande. C’est une réflexion sûrement menée ensemble. Mais je crois Anne Sinclair suffisamment indépendant pour dire ce qu’elle pense.

Quel rôle joue-t-elle ?

C’est un couple moderne qui parle et qui échange, même si chacun a sa totale autonomie. Elle lui apporte son expérience de la politique française et des médias. Je suppose que ses conseils sont écoutés.

Aura-t-elle un rôle dans la prise de décision ?

Vraisemblablement, parce qu’on ne s’engage pas dans une présidentielle en solitaire. Mais Dominique est un homme très indépendant. Et, au final, il prendra seul sa décision. Dans un campagne présidentielle, Anne Sinclair peut être un atout. Mais ce n’est pas le tout. La présidentielle, c’est d’abord un candidat appuyé sur un parti en ordre de marche.

Un affrontement entre DSK et Martine Aubry est-il possible ?

En 2002, la gauche de la gauche a fait battre Lionel Jospin. En 2007, le centre gauche a fait perdre Ségolène Royal. On continue ? Il faut faire bloc. S’il y a le moindre petit caillou dans la chaussure de l’unité, c’est la défaite assurée. La première secrétaire a remis le PS en selle. Quelle que soit sa place dans la présidentielle, elle sera l’atout majeur d’une victoire possible. Mais on ne peut pas demander des signes à DSK et s’en offusquer lorsqu’ils viennent. Ce qui n’est pas le cas d’Aubry.

Pour l’UMP Christian Jacob, DSK « n’est pas l’image de la France » et pour Pierre Lellouche, c’est la gauche « ultracaviar »…

Il faut vraiment que le bilan de Nicolas Sarkozy soit à ce point calamiteux pour qu’ils s’en prennent aux personnes. La phrase de M. Jacob est indigne. Elle rappelle des formules sur l’étranger à la France de sinistre mémoire. Je lui demande de s’excuser.

Propos recueillis par E.H.

26 Jan

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Interview dans Nice-Matin

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Le quotidien régional Nice-Matin publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis.

Quand Dominique Strauss-Kahn pourrait-il annoncer son engagement dans la primaire socialiste ?

Je ne sais pas s’il est candidat et ce n’est pas à moi de parler à sa place. Il est tout à son travail au FMI qui est utile au monde et à la France. Je pense que le problème posé à la gauche n’est pas là mais de travailler sérieusement à une alternative. Les Français veulent des réponses concrètes à leurs difficultés et que l’on démontre en quoi nous sommes différents de ce que fait ou ne fait pas la droite.

Comment gérer la primaire socialiste lorsqu’on annonce déjà une dizaine de candidatures ?

Dix candidats à la primaire ! C’est trop ! Le parti socialiste compte beaucoup de talents, mais tout le monde ne peut pas devenir président. A partir du moment où tout le monde s’exprime en tout sens, en cherchant à se faire repérer par les médias, ça crée une cacophonie dommageable à l’alternative. J’appelle donc à l’unité et à la responsabilité tous ceux qui pensent ne pas avoir trop de chance de battre Sarkozy.

Pourquoi autant de candidats ? D’où vient le problème ?

Susciter des candidatures dont certaines n’ont aucune chance parasite le travail que nous faisons. Martine Aubry, depuis des mois, organise convention après convention. Nous travaillons beaucoup mais ça ne se voit pas à cause des candidatures multiples et variées. Je dis à mes petite camarades candidats : vous avez fait un tour de piste, c’est très bien, mais maintenant revenez dans le giron et travaillez à l’union.

Quel candidat voyez-vous sortir vainqueur de la primaire ?

Au moment où je vous parle, je n’ai aucune idée. Je suis dans le souhait que DSK ou Martine Aubry soit le candidat ou la candidate des socialistes parce que j’estime que ce sont nos meilleurs atouts pour diriger le pays en battant Sarkozy.

Que pensez-vous de Ségolène Royal qui est officiellement partie en campagne pour la primaire ?

Il n’est pas anormal que l’ancienne candidate des socialistes à la présidentielle cherche à tester sa popularité. Mais elle ne doit pas le faire au détriment des socialistes. Il y a trois quatre candidats qui peuvent espérer challenger le président sortant, s’il est candidat. Ce qui pose problème c’est la confusion : dix candidats à la primaire socialiste plus la multiplicité des candidatures au sein de la gauche. On a un paysage brouillon, émietté. Les électeurs s’y perdent. On ne peut plus voir les propositions du PS parce que nos porte-parole peinent à les faire entendre.

Ségolène Royal a annoncé qu’elle choisirait volontiers DSK comme Premier ministre si elle était élue en 2012. Qu’a-t-il pensé de la proposition ?

Je n’en sais strictement rien mais je ne vois pas très bien où elle veut en venir. Soit elle estime que DSK est la personnalité idoine pour gouverner la France, dans ce cas, on ne voit pas pourquoi elle se présente à la présidentielle. Soit elle pense que c’est elle et dans ce cas elle n’a pas besoin de DSK.

Pensez-vous, comme Cohn-Bendit, que la gauche a mis en marche la machine à perdre ?

J’ai l’impression de revivre le délitement de la gauche plurielle, plus les primaires de la dernière présidentielle. Ça fait beaucoup pour un seul homme. Je pense que Nicolas Sarkozy est dans les cordes, que l’UMP n’a plus de proposition ou d’imagination pour un deuxième quinquennat si ce n’est de nous proposer de continuer la même politique. La gauche peut donc l’emporter. Mais le principal atout de Nicolas Sarkozy, c’est que la gauche se batte entre elle.

Mélenchon, très critique à l’ égard de DSK, est-il le bon candidat pour représenter la gauche de la gauche ?

Mélenchon est pour la révolution citoyenne. Il peut plaider pour la révolution sans obligatoirement vouloir faire du PS son ennemi. C’est aux électeurs communistes de dire s’ils veulent, comme le propose Mélenchon, recomposer la gauche ou battre Sarkozy. Ce choix leur appartient.

Sarkozy taquine plus qu’il ne critique DSK. N’est-ce pas un handicap pour celui qui, s’il se présente, sera le candidat de la gauche ?

Ne pas le critiquer c’est reconnaître ses qualités et s’interdire de pouvoir le critiquer, s’il entre en compétition. Je ne sais pas si c’est un bon calcul. Par ailleurs, le président de la République reprenant les propositions du parti socialiste et de la gauche européenne en terme de gouvernance mondiale ou de taxation des mouvements de capitaux, il lui serait quand même difficile de critiquer la gauche.

Comment la gauche peut-elle récupérer les voix du courant centriste que Sarkozy courtise allègrement ?

Je crois que Nicolas Sarkozy travaille beaucoup à effacer tout ce qu’il a fait dans la première partie de son quinquennat, que ce soit sur le plan politique ou sur le plan des inimitiés qu’il a créées avec tout le monde. Il a donc beaucoup de travail. Pour le reste, je ne suis pas dans une démarche de politique sociologique prévoyant de dire telle ou telle chose pour essayer de séduire tel ou tel électorat. C’est d’ailleurs ce qui conduit la droite à aller sur le terrain du Front national. Je crois plutôt que c’est l’offre politique globale qui permet à un pays de se déterminer.

Ségolène Royal se présente comme la candidate du peuple. Sur quels thèmes DSK construirait-il sa campagne s’il était candidat ?

Je crois que le candidat socialiste, quel qu’il soit, doit être à l’aise dans les principes et valeurs de gauche. Mais il doit rassembler la France. Il ne s’agit pas d’opposer une catégorie à une autre, des Français à d’autres Français. La présidentielle, sous la Ve République, ce n’est pas être le candidat ou le président de la gauche, mais c’est être le président de la France. On peut le regretter, mais c’est ainsi.

Est-ce que l’absence et le silence de DSK sont une stratégie ?

Non ce n’est jamais une stratégie mais, franchement, les Français ne sont pas dans la présidentielle. Ils sont confrontés à des problèmes extrêmement concrets et ils attendent les réponses. Les prochaines échéances sont les cantonales et il sera toujours temps, lorsqu’ils se tourneront vers la présidentielle, de leur présenter nos projets d’avenir.

24 Jan

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Réaction après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy

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« Dans ce monde inquiétant, Nicolas Sarkozy n’a pas été rassurant. Hier, il nous disait vouloir faire de SON G20 celui d’une nouvelle régulation mondiale, construisant un ordre monétaire et là il nous dit avoir réussi à imposer un agenda. C’est à dire un accord pour discuter (…)

J’ai été surpris par la formule employée par le Président à propos de la Tunisie. Il nous dit avoir sous estimer la « désespérance » du peuple tunisien. On peut sous estimer un processus révolutionnaire, mais sous estimer la désespérance d’un peuple c’est désespérant pour notre diplomatie (…)

Ces propositions sur le FMI sont celles avancées par Gordon Brown lors du G20 de Londres, mises en route par le Directeur général du FMI et dont Nicolas Sarkozy se fait l’avocat aujourd’hui (…)

Nous soutenons bien volontiers la position de la France contre le terrorisme. Nous demandons simplement que Nicolas Sarkozy fasse comme ses prédécesseurs et reçoivent les partis d’opposition au Parlement pour l’éclairer ».

12 Nov

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Quand l’Europe s’éveillera

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Le sommet de Séoul ne débouchera pas sur un nouvel ordre monétaire international. Tout au plus un constat commun et une mission de plus pour le FMI. Notons au passage que les annonces tonitruantes à la Sarkozy sont contre productives, elles figent les positions et provoquent des illusions.

En tous cas l’Europe sera à l’évidence le dindon de la farce. Coincé entre un yuan faible et un dollar déprécié via la planche à billets. Cette dernière paye sa désunion, son absence de gouvernement économique. Pire, sa politique d’austérité contestable, qui provoque des tensions sociales et la montée des nationalismes, est en plus ruinée par le dumping monétaire sino – américain. L’Allemagne qui a sacrifié le social pour exporter, va prendre de plein fouet cette tenaille monétaire. Non seulement l’Allemagne met à genoux l’Europe par son dumping social, mais comme son déficit commercial avec les pays émergent s’accroît, elle a besoin de garder ses parts de marchés en Europe, elle est en outre prisonnière de son orthodoxie: pas de relance, pas d’inflation, pas de coordination économique.

Cette politique offrant d’ailleurs le vrai faux prétexte américain réagissant à l’égoïsme allemand et chinois. Tant que l’Allemagne maintient la même ligne, l’Europe est entravée et divisée. Et comme Nicolas Sarkozy ne peut taper sur la table étant donné sa « merkel dépendance » et son besoin d’utiliser le G2o pour changer d’image, l’Europe est la variable d’ajustement. Les frères ennemis chino-américains sont maître du jeux. La relance américaine par l’inflation sans une vraie réévaluation chinoise. Voilà pourquoi quand l’Europe s’éveillera, le monde aura changé de base !