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15 Oct

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« Condamnés à nous rassembler ou à disparaître », interview à La Provence

par

ITW La Provence 15102016

La Provence publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

L’université de l’engagement qui aura lieu dimanche à Marseille est-elle faite pour le PS ou au-delà?
Nous l’avons faite avec Martine Aubry à Lille, avec des frondeurs et des proches d’Emmanuel Macron en Bretagne, avec Gérard Collomb à Lyon. On cherche à rassembler tout le monde. A Marseille, ce sera le cas.

Les députés marseillais avaient boudé Manuel Valls lors de sa venue en septembre…
Je ne pense que personne ne me boudera. Nous nous connaissons bien. Et puis il s’agit de préparer la primaire, de dialoguer avec les militants, de faire des mises au point après le débat de la droite.

Qu’en avez-vous pensé?
Très long, très techno. Chacun était dans son couloir. Ce qui surgit, c’est que la droite est très à droite. Personne ne peut le nier sur le plan économique. Ils sont tous dans des programmes thatchériens. Sur l’identité, ils ne sont pas en désaccord, mais ils formulent différemment leur proximité avec le Front National.

Vous venez dans une région où la gauche est réduite à portion congrue… L’exemple à ne pas suivre au niveau national?
Vous voulez dire le laboratoire de l’horreur? Malgré l’enthousiasme, la combativité et le dévouement à notre cause, elle est réduite à témoigner et à soutenir une droite qui se distingue de moins en moins de l’extrême-droite. Pour les militants et les cadres socialistes, c’est insupportable. C’est cette situation que je veux conjurer au niveau national.

Que peut espérer le PS à la présidentielle et aux élections législatives?
Au-delà de la présidentielle qui n’est pas jouée, la législative dessinera un paysage jamais vu en France. Il n’y aura pas de communistes dans l’Assemblée, très peu d’écologistes, un groupe frontiste. Nous allons assister à une nouvelle époque. La question à gauche est de savoir si on constate les bras ballants ou si on fait en sorte qu’on ait encore un mot à dire sur l’avenir de la France.

Comment conjurer le sort?
D’abord en se rassemblant. La primaire le permet autour d’une personnalité. Ensuite nous ferons l’unité des progressistes en comparant ce que nous avons fait avec ce que la droite veut faire. Il ne s’agit plus de ressasser ses colères. Nous sommes condamnés à nous rassembler ou à disparaître.

Les confidences de François Hollande, qui passent mal à gauche, ne vont pas vous aider…
Le président de la République voulait faire une mise au point à travers une série d’interview et des livres. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas facilité le travail. Les extraits présentés sont contradictoires à la mise au point.

Avez-vous, comme Claude Bartolone, des doutes sur sa volonté d’être candidat ?
On peut s’interroger sur sa démarche. Mais moi je n’ai aucun doute. C’était une mise au point avant le grand départ. Je partage l’interrogation sur la méthode, mais je n’en tire pas les mêmes conclusions. Cela s’inscrit dans une volonté de remonter sur son cheval. On en discutera car je suis loyal, mais aussi lucide.

Faudra-t-il remettre le curseur à gauche pour retrouver votre électorat?
Ce qui est fait n’est plus à faire. Qui dit nouveau quinquennat dit nouveaux objectifs. Ils se déclinent en cinq idées simples: reconstruction européenne, une France pour tous, une croissance verte, la sécurité collective et la lutte contre le précariat. La droite parle d’identité, mais jamais de la fracture sociale.

 

Propos recueillis par François Tonneau

14 Oct

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L’invité de Benjamin Sportouch sur RTL

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Jean-Christophe Cambadélis était ce vendredi 14 octobre 2016 l’invité politique de la matinale de RTL. Il répondait aux questions de Benjamin Sportouch.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:

Primaire de la droite / débat
« Il n’y avait pas de gagnants hier soir: c’était très barbant sur la forme et sur le fond ils sont tous d’accord. Ils ont un programme commun, qui est une régression sociale sans précédent, un programme libéral qu’on n’a pas vu depuis 30 ans, et les propositions sont datées et à contre cycle économique. Franchement ça fait beaucoup pour des candidats à l’élection présidentielle.

Avec un condamné, un mis en examen et un délateur, la droite n’a pas de leçon à donner à François Hollande »

Sur la sortie du livre  Un président ne devrait pas dire ça

« On est excessif avec le président de la République, ça devient maladif mais il ne se protège pas de cet excès.

Il y a un devoir de silence mais aussi un devoir de transparence. Il aurait été plus juste d’écrire son propre livre.

Je suis étonné mais pas déboussolé par les confidences de François Hollande. Se confier à ce point, il y a de quoi s’étonner mais je pense que François Hollande voulait clarifier les choses.

Il y a une volonté de François Hollande de mettre au clair, de faire une mise au point de son quinquennat.
François Hollande a toujours la volonté d’être candidat mais il ne se facilite pas la tâche.

Aujourd’hui le président de la République est encore en situation de rassembler l’ensemble de son camp ce qui n’est pas le cas d’autres. »

Primaire de la la Belle alliance populaire

« Je suis un acteur engagé, je suis impartial mais pas neutre ».

11 Oct

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L’invité de Mardi politique sur RFI et France 24

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Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 10 octobre 2016 l’invité de Roselyne Febvre et Frédéric Rivière dans Mardi Politique sur RFI et France 24.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 

 

Attaque de policiers à Viry-Châtillon

Sur les propos de Bernard Cazeneuve : « On cherche querelle sur des mots qui n’ont pas vocation à absoudre les faits. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un acte inqualifiable et qu’il y avait une intention du tuer ».

« La police est présente partout où il y a nécessité. Les policiers faisaient leur travail et cela visiblement gênait.

Je ne crois pas que la légalisation du cannabis soit la clé magique à l’arrêt des problèmes dans les quartiers.

Notre société est devenue de plus en plus violente. Le passage à l’acte est de plus en plus clair.

Cette violence dans notre société est verbale, symbolique et réelle ».

Report de la visite de Vladimir Poutine / Syrie

« François Hollande a dit que si le président Poutine venait en France, il le recevrait mais pas lors de l’inauguration initialement prévue.

Pour François Fillon la question de la Russie est réglée : il faut être dans le camp de la Russie. (…) Quand on discute avec Poutine faut-il être de son avis ou dire qu’il faut cesser les bombardements d’Alep? Je suis de ceux qui veulent faire cesser les bombardements. »

Montée des nationalismes

« Le niveau de popularité de Trump est inquiétant. Malgré toutes ses déclarations, une partie des américains partage sa vision. (…) C’est une des manifestations de la montée du nationalisme xénophobe dans le monde occidental et de la peur du « Grand remplacement » ».

Primaire de la Belle alliance populaire

« Je ne fais que rappeler les statuts du Parti socialiste: les socialistes ne peuvent soutenir que le candidat issu des primaires de la Belle alliance populaire. Sinon ils seront exclus du PS.

Aujourd’hui la stratégie de Monsieur Macron est que François Hollande ne se représente pas.

Primaire de la droite

« Je suis dans le « ni-ni »: ni Sarkozy, ni Juppé! J’ai attaqué Nicolas Sarkozy en août à la sortie de son livre et maintenant Alain Juppé. On ne choisit pas son adversaire. On les cogne tous les deux.

Je constate que Marine Le Pen n’attaque jamais Alain Juppé, elle le pense trop centriste. Mais elle attaque Nicolas Sarkozy car ils sont sur les mêmes thèses.

On ne peut pas combattre le Front national en étant sur ses thèses sur l’identité et en étant très libéral sur le social.

En pavant le chemin à Marine Le Pen en la dédiabolisant, en étant plus à droite quelle sur certains sujets, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy lui ramènent des électeurs.

Election présidentielle de 2017

Candidature de François Hollande « Le bilan ne peut à lui seul fonder une candidature pour un nouveau quinquennat. C’est par rapport à la France et aux Français qu’il doit se déterminer. »

Arnaud Montebourg a reconnu qu’il avait commis une erreur.

En février nous aurons le paysage réel de la présidentielle. Aujourd’hui les sondages sont hors-sol. Car il n’y a que des inconnues.

Les gens ne seront plus dans la supputation mais dans le choix.

08 Oct

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«Pour une nouveau quinquennat rose», interview au Figaro

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logofigaro

Le Figaro publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Emmanuel Macron est de plus en plus candidat. Diriez-vous comme Nicolas Sarkozy qu’il est un «donneur de leçon» ?

Pourquoi voudriez-vous que je soutienne, ou que je m’intéresse à un candidat qui ne veut, ni du soutien de la gauche en général, ni de celui du PS en particulier et qui refuse la primaire… Emmanuel Macron a fait sa carrière à gauche et il se veut un avenir à droite. Un jour, il sera rattrapé par cette absence de choix. Mais je ne veux pas faire de caractérisation personnelle comme le fait Nicolas Sarkozy, car j’aurai dû le faire quand Emmanuel Macron était à gauche.

Pourquoi ne l’avez-vous pas fait à ce moment-là ?

Le problème avec Emmanuel Macron, n’est pas un problème personnel, il est éminemment politique. Qu’est ce qu’il
cherche à part lui? Nul ne le sait ? Au fond, il veut faire échouer la gauche, empêcher le président de la République, se substituer à Alain Juppé et à François Bayrou, battre Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, tout en renouvelant de fond en comble l’espace public. On doit appeler cela l’ambition, en tout cas le manque d’inhibition.

Son succès dans les sondages, n’est-il pas le signe d’un éclatement du PS, du rejet des appareils ?

Je ne le crois pas. Pour l’instant, Emmanuel Macron a plus de soutien dans l’électorat de droite qu’à gauche, même s’il y est soutenu par quelques parlementaires. Il profite d’un moment particulier où la gauche ne sait pas si François Hollande sera candidat et où la droite ne sait pas qui sera son candidat. Dans ce moment incertain, ambigu et flottant , il crée l’illusion d’être le substitut aux deux solutions. Quant au rejet des partis, il a toujours existé avant une présidentielle. François Bayrou a utilisé ce créneau jusqu’à la corde. C’est un grand classique de la vie politique française… Lecanuet, Servan-Schreiber, Tapie, Bayrou, ils ont tous joué de ce registre.

Vous êtes samedi à Lyon avec Gérard Collomb pour l’une de vos universités de l’engagement. Emmanuel Macron ne vous oppose-t-il pas désormais ?

Nous sommes assez amis et nous avons assez cheminé ensemble pour pouvoir nous retrouver dans un meeting contre la droite, et particulièrement contre Laurent Wauquiez. Le maire de Lyon estime que les sondages vont faire le travail : selon lui si Emmanuel Macron s’impose dans les sondages, les socialistes suivront. Mais il ne dit pas que si François Hollande s’imposait, il ne le suivrait pas…

Les cadres du PS viennent de lancer un appel à soutenir la candidature de François Hollande. Peut-il seulement se présenter au vu des sondages ? «Vous risquez pire que moi», n’est-ce pas déprimant ?

François Hollande, dans ce quinquennat, je l’ai vu tomber amoureux de la France et des Français. Un malentendu s’est installé. Il a compris que les Français sont intraitables mais qu’ils voulaient être traités, il a cherché à les rassembler, parfois au détriment de son propre camp. Ce sont les institutions de la Ve République qui veulent cela. On a voulu voir dans cette volonté de trouver un chemin de rassemblement, une indécision, alors qu’il faut beaucoup de sang-froid, une grande volonté, une capacité d’écoute.

Le problème posé à François Hollande s’il était candidat serait le suivant : un deuxième quinquennat, pour quoi faire ? Il ne s’agit pas de choisir le meilleur défenseur de la gauche, mais le meilleur à gauche pour défendre la France. Car je crois que les Français choisiront un président de temps de guerre. Cela présuppose une capacité à l’assumer. Pour le reste, je souhaite que le prochain quinquennat soit un quinquennat rose. Après avoir redressé la France, il doit reposer sur un socle de cinq idées simples : la reconstruction européenne, une France pour tous, une croissance verte, une sécurité collective et surtout, la lutte contre le précariat. Cela fait 20 ans que tous les politiques de gauche et de droite ont mis au cœur du débat la question nécessaire mais non suffisante de l’économie et de l’entreprise. Il est temps de revenir au débat sur la société, de s’attaquer à cette plaie française qui est une France à plusieurs vitesses. Cette fracture non traitée par le discours politique, est un impensé, elle mine la cohésion nationale et sociale. Elle est la source de la colère française.

Cette plaie est-elle vraiment impensée au FN ou chez Jean-Luc Mélenchon ?

Le Front national tente de substituer à cette question éminemment sociale une question identitaire, censée expliquer les raisons sociales de cette précarité. S’il y a fracture sociale, elle serait due à l’immigration voire aux français de culture musulmane. Or les exclure, les reléguer ou les raccompagner aggraverait la crise nationale sans régler la crise sociale. Jean-Luc Mélenchon a saisi cette faille dans notre société mais il en a tiré d’autres conclusions: il faut opposer la France d’en bas à celle d’en haut pour qu’enfin ce problème soit résolu. Ce faisant, il ouvre une nouvelle fracture dans notre cohésion nationale, qui n’est pas de même nature que celle du FN.

Vous souhaitez des primaires apaisées mais la haute autorité est déjà saisie pour absence d’impartialité de la direction du PS.

Je ne dirais pas cela. La gauche est fragmentée, divisée, émiettée et elle ne se rend pas compte du danger. Ce danger n’est pas spécifique à la France. Il parcourt toutes les démocraties occidentales. Elles s’interrogent sur la fin de l’hégémonie de leur civilisation, elles ont peur du «grand remplacement», ce qui provoque un courant de plus en plus massif souverainiste, nationaliste, xénophobe. Quand on voit les États-Unis, l’Angleterre, l’Autriche, la France, l’Allemagne, la Hongrie, on voit bien que c’est le sujet du jour. C’est face à cela qu’il faut se rassembler. Pour ce qui est du cas du PS, il ne faut pas confondre le rassemblement nécessaire et la liberté de chacun d’appeler au soutien de son candidat préféré. Que l’on n’utilise pas l’appareil du PS pour tel ou tel candidat, je l’accepte. Mais que l’on interdise à des dirigeants de souhaiter un candidat, c’est de l’intolérance.

François Hollande ne va-t-il pas avoir besoin de toutes les voix dès le premier tour ?

Les candidatures sont libres et doivent permettre d’animer le débat. Avec un candidat venant du MoDem comme Jean-Luc Bennahmias ou des écologistes comme François de Rugy, c’est une manière de montrer que cette primaire va au-delà du PS. Et honnêtement, je n’ai pas l’impression que le président de la République, s’il est candidat, soit menacé par qui que ce soit. Dans les sondages sur les primaires, de droite ou de Gauche, on fait intervenir soit un vote de gauche dans la droite, soit un vote de droite dans la gauche.

Certains appellent pourtant à voter aux deux primaires pour empêcher un nouveau duel Hollande-Sarkozy. Vous n’y croyez pas ?

Alain Juppé n’est pas à ce point menacé qu’il déclenche une avalanche de parjures abjurant les valeurs de la gauche pour le sauver. Et puis Alain Juppé aux primaires, c’est Marine Le Pen aux législatives… Car si Nicolas Sarkozy est trop à droite pour la France, Alain Juppé est nulle part. Trop centriste sur l’identité pour la droite, trop ultra-libéral sur le social pour la gauche. Et je comprends que Marine Le Pen, dans ces conditions, l’épargne. Quant aux électeurs de droite et d’extrême droite, je ne les vois pas venir arbitrer un débat dans une gauche dont on dit dans les sondages qu’elle ne sera même pas au second tour. Pas plus que je ne vois les mélenchonistes ou les duflotistes soutenir un candidat qui serait obstacle au leur. Donc tout cela est construction.

 

Propos recueillis par Sophie de Ravinel

03 Oct

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L’invité de Guillaume Durand sur Radio Classique et Paris première

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce matin aux questions de Guillaume Durand sur Radio Classique et Paris Première.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

 


« Les offres politiques à droite sont… par radioclassique

 

Election présidentielle et éventuelle candidature de François Hollande

Quand on a mis le pays en guerre contre le terrorisme, on ne l’abandonne pas au moment où les Français doivent voter.

L’objet de la prochaine présidentielle ce n’est pas l’actuel quinquennat mais celui à venir.

On ne part pas en campagne sans y réfléchir avant.

Le président regarde le paysage politique se mettre en place.  Il a vu les sorties de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé. Ces deux offres politiques l’une autour de la question de l’identité, l’autre autour de la remise en cause de notre modèle social sont dangereuses pour notre pays.

Il faut fonder la présidentielle par rapport à un objectif. Il faut se déterminer par rapport à la France et aux Français.

 

Il y a à gauche une recherche d’équilibre budgétaire. (…) Faire reculer le chômage c’est une bataille de tous les jours

Primaire de la Belle alliance populaire / élection présidentielle de 2017

Je pense qu’Emmanuel Macron ne se présentera pas à la primaire de la Belle alliance populaire puisqu’il se dit « ni de gauche ni de droite ».  (…) Il fait sa vie comme il l’entend, ce n’est pas mon sujet.

La stratégie de Macron? Si François Hollande ne se présente pas: centre gauche, si Alain Juppé est battu : centre droit.

Si la gauche est sèchement battue à la présidentielle et si nous n’avons pas un groupe parlementaire massif à l’Assemblée, nous serons condamnés à soutenir les Républicains dans leur confrontation avec le Front national et donc à disparaitre. (…) Les autres offres politiques de la gauche ne seront pas pour autant une alternative et donc il y aura pour des années et des années de marginalisation de la gauche dans ce pays.

Arnaud Montebourg a fait un pas très important hier en déclarant qu’il était contre la fragmentation et qu’il soutiendrait le gagnant de la primaire.

Dans mon combat pour le remembrement de l’ensemble a gauche, hier est une pierre blanche.

La primaire de la Belle alliance populaire sera la primaire de toute la gauche par procuration. C’est à dire que toutes les idées de la gauche seront représentées dans la primaire même si tous les acteurs de la gauche ne seront pas présents.

 

24 Sep

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Cambadélis à Macron : veut-il « faire perdre le Président » ? , interview à Ouest France

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Ouest France publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Est-on sûr à 100 % que la primaire aura lieu ?

Tout à fait. Elle a été votée à l’unanimité du Conseil national, le 18 juin dernier. Elle s’organise : nous sommes plus près de 8 000 bureaux de vote que des 7 000 annoncés en juin. Les dispositions sont en place. Les règles sont quasiment les mêmes que la dernière fois. Le 2 octobre, nous les adopterons définitivement.

Confirmez-vous que François Hollande, s’il se présente, le fera dans ce cadre de cette primaire ?

Il ne m’a pas signé un papier, mais je le pense ! Car s’il souhaitait que le Parti socialiste le soutienne, il faudrait quand même qu’il passe par la primaire !

Avec son score dans les sondages, avez-vous la certitude qu’il peut se présenter ?

Ce ne sont pas les sondages qui décident d’une candidature. C’est l’idée que l’on se fait de la France et des solutions que l’on veut apporter aux Français. Je ne suis pas certain que dans les grandes décisions historiques nos hommes ou nos femmes politiques aient attendu les sondages pour pouvoir les déployer.

Pourquoi seraient-ils différents demain ?

Le bilan sur chacune des mesures, prises séparément, les Français sont pour. Mais, globalement, il y a un sentiment diffus ou réel de mécontentement. C’est une des conséquences du tripartisme. À partir du moment où vous avez 30 % des gens qui se reconnaissent peu ou prou dans le Front national, que vous avez 30 à 35 % de gens qui se reconnaissent dans la droite classique, et que vous avez 10 ou 12 % de gens qui se reconnaissent dans l’extrême gauche ou la gauche radicale, ceux qui peuvent soutenir le gouvernement ne sont que 25 à 30 %. C’est un effet mécanique. Et le prochain président, passé les deux ou trois premiers mois, se trouvera confronté à cette arithmétique.

Vous êtes en train de dire que le prochain président sera minoritaire ? Ce n’est pas bon signe !

C’est parce que nous vivons sous la Vème République. Une fois le président élu, il faudra absolument qu’il y ait une majorité parlementaire qui se dégage. Et elle ne va pas être simple. Dans le paysage au lendemain de la présidentielle, il n’y aurait pas de groupe communiste, pas de groupe écologiste, et un Front national avec un groupe.

Vous défendez l’idée d’une coalition des réformistes ?

Moi, j’appelle ça le front des progressistes. La droite, pour des raisons électoralistes, de primaires, dérive. Elle a un programme à la limite du « programme commun » avec l’extrême droite. Elle remet en cause l’état de droit, inégalitaire sur le plan économique et social, promettant la fin de la décentralisation.

Arnaud Montebourg sera-t-il candidat dans le cadre de la primaire ?

Je crois qu’il a choisi. Et j’en suis très satisfait.

Emmanuel Macron candidat, n’est-ce pas le scénario le plus noir pour les socialistes et François Hollande ?

Ce serait l’élimination de la gauche à tous les coups. Mais je ne crois pas que ce soit la logique d’Emmanuel Macron. Il ne semble pas être dans une stratégie pour faire battre la gauche. Lui souhaite surtout empêcher le Président. Il serait ainsi délié de la relation avec celui qui l’a fait. Il se présenterait et espèrerait ramener à lui une partie du Parti socialiste.

Mais comme le président se présentera…

Le problème sera posé à Emmanuel Macron : faire perdre le Président et la gauche ou élargir la majorité du Président. Nous serons fixés le 1er février, au lendemain de la primaire. Avant, c’est spéculations, sondages, espérances, tentatives. Après, on sera dans le choix : qui on veut et, surtout, qui on ne veut pas. Aujourd’hui, on est dans un jugement du quinquennat à partir d’une appartenance partisane ; quand on sera dans l’élection réelle, on sera devant un choix et l’élimination.

La radicalisation, de droite et de gauche, vous sert-elle ?

Elle ne sert pas la France. La radicalisation à droite laissera des traces. Quel que soit le candidat de la droite, il y a fort à parier que les électeurs de droite, chauffés par des primaires radicalisées, éliraient – en cas de victoire de la droite à la présidentielle – des députés Front national pour s’assurer que la droite respectera ses engagements.

Sur les grandes questions – chômage, sécurité, immigration… – est-ce qu’il n’y a pas plus de proximités entre réformistes de tous bords qu’entre socialistes ?

Les Français, à 49 %, se disent de gauche. Il y a des clivages : le libéralisme imprègne la droite, la solidarité la gauche ; l’égalité imprègne la gauche, la droite appelle cela de l’égalitarisme ; sur la sécurité, l’Europe, la politique étrangère, il y a des divergences. Paradoxalement, on n’a jamais autant parlé du supposé consensus de la classe politique, alors que l’on n’a jamais eu autant de dissensus.

Propos recueillis par Michel Urvoy.

05 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de Michaël Darmon sur I Télé

L’invité de Michaël Darmon sur I Télé

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I télé 05092016

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité politique de Michaël Darmon sur I Télé.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview ainsi que ses principales déclarations:


Jean-Christophe Cambadélis : « Emmanuel Macron… par ITELE

 

Election régionale en Mecklembourg-Poméranie occidentale
« L’AfD est un parti xénophobe souverainiste. (…)Il était déjà en dynamique avant l’arrivée des réfugiés. Il y avait un mouvement qui s’appelait Pegida qui était déjà contre les musulmans, ils ont travaillé ensemble et on voit ce que cela donne aujourd’hui.

Marine Le Pen se dit apaisée et salue tous les partis xénophobes d’Europe. Personne n’a trahi ou modifié les déclarations de Marine Le Pen, c’est elle-même qui dit bravo à l’AfD qui est un parti xénophobe. On voit bien, elle fait la même chose pour les Pays-Bas ou pour d’autres formations politiques, on voit bien à quelle famille européenne elle se rallie. Sa racine est bien celle des partis souverainistes xénophobes d’Europe. »

Les électeurs socialistes, les électeurs de gauche voient la menace qui arrive », « une droitisation totale de la vie politique, une dérive autoritaire et inégalitaire, une xénophobie rampante ».

Discours de François Hollande le 8 septembre prochain

« Le président a un calendrier et le respectera. Je suis pour qu’il dise sa vérité aux Français ».

Université d’été des Républicains

« Ce qui était fascinant ce week-end c’était l’engouement de la droite pour Emmanuel Macron. Il est en train de devenir la deuxième droite. C’est dire le peu de désir pour la droite actuelle .

Emmanuel Macron a un espace politique dans le moment présent parce qu’il n’y a pas de candidat. Il n’y a pas le candidat de la droite et il n’y a pas le candidat de la gauche. Le jour où ces deux candidats seront présents, on se retrouvera dans les situations classiques sous la Vème République »

Election présidentielle de 2017

« Marine le Pen n’est pas qualifiée automatiquement. Ce sont les Français qui décident, pas les sondages.

Sur le bilan, la croissance est de retour, les déficits sont en recul, le chômage baisse quoi qu’on en dise, timidement mais il baisse. Donc le bilan est positif. Évidemment, il est contrasté mais il est positif. Et puis les Français vont voir petit à petit ce que proposent les autres c’est à dire pas simplement critiquer les socialistes, regarder ce que les autres proposent. »

 

26 Août

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« Sarkozy écrit un programme commun entre droite et extrême droite », interview au Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadelis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Quelle est votre position sur la polémique autour du burkini ?

Il faut raison garder. Tout le monde est d’accord pour dire que l’émancipation de la femme ne peut être remise en cause par une religion et pour refuser de mettre le religieux au dessus de la citoyenneté. Alors, où est le problème avec le burkini ? S’il y a trouble à l’ordre public, les arrêtés municipaux sont là et doivent être appliqués avec discernement, comme l’a dit le premier ministre. Mais s’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, ce sont les arrêtés qui troublent l’ordre public. Soit le burkini est une provocation d’une minorité et il ne faut pas tomber dans le piège, soit ce n’en est pas une et il ne faut pas construire un piège pour la République. La République doit être bienveillante avec nos compatriotes de culture ou de religion musulmane, mais ceux-ci doivent être eux aussi bienveillants avec la laïcité.

A titre personnel, les photos d’une femme musulmane voilée contrôlée par la police sur une plage de Nice vous ont-elles choqué ?

J’ai d’abord pensé que se présenter de cette façon sur la plage de Nice, quelques semaines après ce qu’il s’est passé le 14 juillet, risquait de poser des problèmes. Mais derrière cela, la décision de trente municipalités de reproduire cet arrêté d’interdiction du burkini est une récupération politique. J’observe le paradoxe : ce ne sont pas des municipalités Front national qui le font, mais des maires du parti Les Républicains.

Quelle est selon vous cette récupération politique ?

C’est celle décrite par Nicolas Sarkozy dans son livre. Ce livre est un tournant dans notre Histoire. Au-delà de la restauration sarkozyste, il s’agit d’un programme commun entre la droite décomplexée et l’extrême droite recentrée autour d’un projet de société autoritaire et inégalitaire. Nicolas Sarkozy a imposé à l’ensemble de la droite son calendrier, ses propositions, son terrain politique. Tous les autres candidats doivent se positionner par rapport à l’axe qu’il a défini, qui est de rompre les amarres pour aller le plus loin possible à droite. C’est une menace considérable pour le pays.

Sarkozy incarne le centre de gravité du bloc réactionnaire, il les a tous ficelés ! Soit il l’emporte en novembre et il appliquera son programme d’affrontements vis à vis de l’islam, des syndicats, du modèle social français, et même de la République. Soit il perd la primaire, mais Alain Juppé sera prisonnier de ce programme, il sera loin de l’identité heureuse ! Nicolas Sarkozy a prononcé son discours du Bourget avant l’heure. Il a pris une responsabilité terrible devant la France. Il avait abaissé les frontières avec son discours de Grenoble en 2010, il propose une nouvelle frontière aujourd’hui à la droite et à l’extrême droite.

Comment la gauche doit-elle répondre et éviter que la présidentielle ne tourne qu’autour des thèmes identitaires ?

Je note que Nicolas Sarkozy et ceux des leaders de droite qui ont été parmi les plus violents après l’attentat de Nice, sont aujourd’hui à la baisse dans les sondages. Je pense que les Français veulent de la fermeté, mais sans perdre leur âme. Nicolas Sarkozy propose un troc : moins de libertés pour plus de sécurité. Indépendamment du fait que cela ne fonctionnera pas, la France est un pays de libertés, mais de libertés ordonnées. Elle a tous les moyens pour les faire respecter.

C’est le discours de pré-campagne que doit tenir la majorité, notamment lundi lors du rassemblement à Colomiers ?

Je plaide pour cela depuis plusieurs semaines car je suis inquiet de voir comment l’électoralisme a envahi la droite classique et comment celle-ci ne tire pas les leçons de ses propres erreurs. Plus elle va à droite, plus le FN monte.

Un discours rationnel sur l’état de droit pourra-t-il être audible dans la tension de la campagne présidentielle ?

Je fais confiance à l’intelligence des Français et non pas à leurs réflexes. Pour l’instant, ultra majoritairement, ils sont pour le maintien de l’état de droit, malgré le discours tonitruant et médiatiquement bien portant de ses adversaires. Mais la gauche, dans la présidentielle qui vient, doit être attentive. Elle doit bien sûr porter son bilan, qui est contrasté mais positif. Au moment où la croissance redémarre et où le chômage baisse, il serait paradoxal de ne pas souligner que nous avons redressé le pays, malgré l’ardoise que nous avait laissée la droite en 2012. Mais plaider pour le redressement n’est pas suffisant. Il faut maintenant expliquer pourquoi un nouveau quinquennat à la gauche. La réponse, est qu’après avoir redressé, il faut maintenant progresser et protéger.

Cela peut-il suffire pour contrer le discours de la droite ?

Le programme de Nicolas Sarkozy et de la droite est ahurissant, en terme de dépense publique, de remise en cause des acquis sociaux. Il est même provocateur : mettre dans un texte qu’on va revenir totalement sur la hiérarchie des normes, alors qu’on sort de neuf semaines de grèves pour une exception sur ce sujet, cela veut dire que dès que le programme sera mis en application, il y aura des millions de gens dans la rue, y compris la CFDT. Et tout est comme ça : 300 000 fonctionnaires de moins, l’attaque contre les régimes spéciaux… C’est à la fois peu réaliste et ahurissant.

Cela veut-il dire que la gauche, lors de la campagne, doit s’adresser à son seul électorat ou aller au-delà ?

Vieux débat ! Nous devons commencer par nous adresser aux nôtres. Ensuite, il faut parler à l’ensemble de la gauche, en leur disant : « ne vous trompez pas de colère ». L’enjeu de la présidentielle n’est pas de punir une gauche qui a fait ou de punir une gauche qui a refusé de faire. Ni de juger un bilan, même s’il est bon. L’objectif, c’est de ne pas laisser la droite et l’extrême droite face à face, parce que sinon elles termineront au coude à coude. Le candidat de la gauche devra donc s’adresser à l’ensemble du camp républicain.

Compte tenu de cette radicalisation imposée par M. Sarkozy, laisser la gauche se diviser lors de la primaire est-il opportun ?

Cette primaire doit être celle du débat mais aussi de l’unité. Elle est utile parce qu’elle permet de sélectionner celui ou celle qui sera le mieux à même de porter les principes républicains et d’être crédible dans le combat contre la droite. Sans elle, c’était la multiplication des candidatures, et il y en a déjà trop. Cette primaire met un garrot sur l’hémorragie de candidatures. Parce qu’à la fin, tout le monde devra se retrouver derrière le gagnant.

Arnaud Montebourg laisse planer le flou sur sa participation à la primaire, cela vous inquiète ?

Il conduira la campagne qu’il souhaite conduire. S’il reste dans le flou, c’est parce qu’il ne peut pas dire à cette étape qu’il soutiendra le gagnant. Montebourg a besoin de laisser planer le doute, pour à la fois capter un électorat réformiste, celui de François Hollande, et canaliser un électorat radical, celui de Jean-Luc Mélenchon. C’est une tactique pour l’heure mais je suis totalement persuadé qu’il participera à la primaire.

Pouvez-vous lui apporter les garanties qu’il réclame quant au nombre de bureaux de vote ?

Je pourrais lui donner jusqu’au 15 décembre toutes les garanties possibles, elles ne seront jamais suffisantes et toujours sujettes à caution pour des raisons politiques que je viens d’indiquer. Pour faire taire tout cela, il faut être au plus près des conditions de la primaire de 2011, qu’il avait lui-même adoubée. Ce sera le cas.

Si Montebourg ne participait pas à la primaire, le tiendriez-vous pour responsable de l’élimination de la gauche au premier tour ?

C’est une question qui lui est posée. Je ne le vois absolument pas partir seul. Jean-Luc Mélenchon a capté toute la radicalité, Cécile Duflot ou un autre le fera sur les écologistes. Je ne lui vois aucun espace politique dans ces conditions.

Pour autant, la primaire garantit-elle que la gauche sera présente au second tour ?

Depuis le début, nous avons milité pour une primaire de toute la gauche. Les écologistes et les communistes l’ont refusée. Ils en portent la responsabilité. Nous allons essayer de faire la primaire de l’unité autant que possible.

L’enjeu est plus grave que le 21 avril 2002 ?

Oui. Nous sortions alors d’une cohabitation où Jacques Chirac avait été poli par sa confrontation avec Lionel Jospin. Il était en situation de pouvoir rassembler. Là, il n’y a que la gauche qui peut le faire parce que Nicolas Sarkozy vient de fracturer la droite classique. C’est beaucoup plus grave car ce n’est pas qu’une question électorale. Le ver est dans le fruit, les programmes sont interchangeables entre droite et extrême droite. Quand Eric Ciotti explique que François Hollande a été élu par l’islam politique, on a l’impression d’une volonté d’instrumentalisation, d’un rejet de l’islam pour gagner la primaire qu’elle qu’en soient les conséquences pour la cohésion nationale. Il n’y a plus aucune retenue.

Le Président veut-il y aller, peut-il y aller, va-t-il y aller ?

Il peut y aller, car nous sortons des brumes de la contestation absolue de tout ce qu’ont fait les socialistes. On va s’apercevoir qu’il a fait un choix stratégique : sacrifier sa popularité pour obtenir le début d’un redressement qui arrive. En plus, il a maintenant l’expérience de la guerre, des relations internationales, de l’Europe. Et il incarne cette République bienveillante. Il peut terminer le travail. Le veut-il ? Je n’en sais rien. J’ai dit depuis longtemps que je l’espérais. Je respecte la totalité des candidats. Mais François Hollande reste la carte maîtresse de la gauche.

Pas très neutre pour le premier secrétaire du PS, non ?

Je me suis prononcé et je resterai sur cette orientation. Si on veut me transformer en béni-oui-oui du paysage politique, on s’est trompé de personne. Je n’attaquerai pas les candidats, ni ne distribuerai les bons points. Il faut respecter les personnalités, garantir l’impartialité de la primaire et agir pour le rassemblement. Mais je fixerai les enjeux.

Concernant Emmanuel Macron, son entreprise politique est-elle allée au bout ? Est-elle un bénéfice ou un coût pour François Hollande ?

La situation politique a changé depuis l’accélération et la radicalisation absolue de Nicolas Sarkozy. Chacun doit se déterminer par rapport à cela, Emmanuel Macron compris. S’il veut dialoguer avec nous, il est utile. S’il veut dialoguer avec Philippe De Villiers, il l’est moins.

Propos recueillis par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga et David Revault d’Allonnes

 

19 Juil

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« Ce n’est pas par la passion et la haine que l’on règlera le problème du terrorisme », interview à L’Opinion

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lopinion

L’Opinion publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

L’ « esprit du 11 janvier » qui avait prévalu après les attaques contre Charlie et l’Hyper Cacher,  et même en novembre dernier après le massacre du Bataclan, a volé en éclat. Le symbole, c’est Manuel Valls, copieusement hué à Nice pendant les cérémonies d’hommage aux victimes. Cela vous inquiète-t-il ?

C’est évidemment regrettable ! Parce que l’union nationale est une arme contre le terrorisme, parce qu’on n’interrompt pas une minute de silence, même si on est en colère. Le recueillement, ce moment où les Français  sont côte à côte, se taisent et pleurent leurs morts, est un moment sacré. L’esprit du 11 janvier s’est dissous dans la politique politicienne.

Le Front national a demandé la démission de Bernard Cazeneuve, la droite a pointé un certain laxisme, que vous réfutez ?

J’ai été éberlué de voir Alain Juppé tenté de combler son léger retrait dans les sondages en déclarant que lui au pouvoir, l’affaire serait déjà réglée. Ce qui lui a valu évidemment une gifle publique de Nicolas Sarkozy, qui en a profité pour en rajouter une louche. A partir du moment où il y a une brèche dans la concorde nationale, les passions s’y engouffrent : ce n’est pas par la passion et la haine qu’on règlera le problème du terrorisme.

Vous comprenez les doutes des Français sur l’exécutif face à la répétition des attentats de masse ?

Une guerre n’est jamais une partie de plaisir. Une guerre, c’est les battre là-bas, en sachant qu’ils nous frapperont ici. La France a toujours été à la hauteur de ses idéaux républicains, ce qu’elle a déjà fait hier en résistant à la barbarie. Que les Français veulent être mieux protégés comment pourrait-on le repousser ? Mais douter tout à la fois dans nos forces de sécurité et dans un gouvernement qui fait tout pour les protéger, c’est s’affaiblir, car c’est précisément ce doute que cherche l’ennemi. Cela fait partie de leur stratégie. Ceux qui l’alimentent commettent une faute politique.

Là où François Hollande avait convaincu après les précédentes attaques, cette fois, son autorité s’effrite un peu plus ?

Le président de la République parlera à la Nation, quand il estimera que c’est nécessaire, mais il ne doit pas le faire au milieu des brouhahas, des lazzis, des anathèmes, alors qu’une procédure est engagée à l’Assemblée nationale sur l’état d’urgence. Son rôle n’est pas de rajouter à la confusion, mais de rassembler les énergies. Dans ce sens, il a parlé au cœur du drame, dans la nuit. Il parlera à nouveau, j’en suis certain, quand cela sera utile aux Français et à notre combat.

Aujourd’hui, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste et député de la Nation, souhaitez-vous que l’on renforce le dispositif de lutte antiterroriste ?

Il faut s’adapter parce que les terroristes subissant des revers se sont adaptés. Ils perdent du terrain en Syrie et en Irak. Ces filières sont efficacement combattues dans l’ombre. Ils doivent donc avoir recours à des supplétifs, qui ont des conversions instantanées. Il faut faire monter notre niveau de vigilance à l’aune de ces nouveaux défis, tout en maintenant le dispositif par rapport aux attentats qui ont déjà eu lieu : Le Bataclan, le Stade de France, les terrasses, etc. Et précisément, quand le ministre de l’Intérieur en appelle à la réserve nationale – et j’ai invité les socialistes à s’engager – , il veut pouvoir concentrer le meilleur de nos troupes dans la détection de ces radicalisations éclairs.

Mais l’opposition réclame bien plus … Nous sommes déjà à plus de 250 morts en dix huit mois ?

Ce n’est pas par des gesticulations que l’on y arrivera, ce n’est pas par des propositions spectaculaires. C’est par le travail patient de maillages, de renseignements, d’actions sur le terrain et d’une société qui s’estime mobilisée. Si vous démobilisez les Français, en leur disant que rien n’est fait, qu’en fin de compte règne la toute puissance du terrorisme, vous les démoralisez et vous n’avez pas une société mobilisée pour la défense de la République ! C’est là où, au-delà du jeu classique, notre débat national est affligeant.

Ce débat du tout sécuritaire va être très présent dans la campagne des présidentielle, avec la question des migrants et plus largement de  cette Europe qui ne protège plus ?

La France choisira l’homme ou la femme politique dont elle estimera qu’il ou elle a le plus grand sang-froid, au moment « T » de l’élection. Qu’il soit capable de faire face aux événements, sans coup de menton ni main qui tremble, mais capable aussi de protéger la République telle qu’elle est, avec sa laïcité, sa fraternité, et sa liberté. Un homme de résistance aux agressions, aux passions, aux pressions.

Justement, cette unité, elle n’est pas toujours évidente au sein même du Parti socialiste que vous dirigez. Cela veut-il dire que dans la future primaire, vous demandez aux candidats une certaine tenue ?

On voit bien, la gravité de l’histoire, comme le disait François  Hollande lors de son intervention du 14 juillet, est là, devant nous. On ne s’improvise pas président de la République. Il faut avoir passé ce moment redoutable, incarner la Nation dans l’épreuve. Cela pèsera fortement sur nos primaires. Évidemment, l’unité est une nécessité. Nous ferons tout pour qu’elle soit effective. Les primaires sont un moyen au-delà de nos divergences, pour nous maintenir unis. C’est nécessaire pour la présidentielle mais au-delà, j’estime que le Parti socialiste, doit rester quoi qu’il en coûte en terme de sondages, voir d’élections, le parti du pacte républicain. C’est à la fois notre destin et notre honneur.

 

Propos recueillis par Stéphane Grand

22 Juin

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Interview dans la Revue Trombinoscope

par

Revue du Trombinoscope

La Revue du Trombinoscope publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Est-ce que ça va toujours « mieux » ? Difficile de faire entendre le bilan du gouvernement dans ce climat…

Nous sommes dans une situation charnière et paradoxale car d’un côté il y a les chiffres qui s’améliorent, on peut regarder la croissance, la consommation, tous les indicateurs passent au vert. De l’autre côté, dans un pays qui n’a pas encore conscience de ces améliorations, la contestation est forte dans la rue ou les sondages.

L’année s’annonce périlleuse du coup…

Cette année ne va pas être périlleuse puisqu’il n’y a pas d’échéance, en revanche les préparatifs de l’élection présidentielle demandent de la patience et des efforts. Mais j’ai tendance à penser que les faits finissent par s’imposer, les indicateurs sont bons et ils le sont grâce à notre politique. C’est à nous de parvenir à dresser le bilan de ce quinquennat, la clé réside dans la perception des Français des réalisations socialistes.

Vous êtes optimiste, Lionel Jospin a pu penser la même chose.

Le bilan de Lionel Jospin a été taillé en pièces par la gauche elle-même ! Alors qu’il était bien placé dans les sondages, les candidatures alternatives à gauche avaient tout intérêt à souligner ce qui n’allait pas dans son bilan. Et la division a produit son effet. Les concurrents ont pu souligner tous les manques et tous les espoirs qu’ils comptaient insuffler. Résultat : ils ont déprécié un bilan auquel ils avaient eux-mêmes participé.

Pour nous la situation actuelle est complètement différente, la question posée au Parti socialiste est la suivante: Comment finir par faire passer la réalité de l’amélioration de la situation dans notre électorat ? Ce qui sera suffisant pour être qualifié au second tour.

Mais le gouvernement actuel laisse un espace à sa gauche sur l’échiquier politique, où les candidatures peuvent se développer.

C’est une habitude de la Gauche : on est dans la fragmentation. Les autres candidats à gauche sont dans des postures punitives vis-vis du PS. Ce qui plaît aux militants, mais ne cristallise pas l’électorat de gauche qui ne veut ni de la droite, ni de l’extrême droite. Mais dans le fond, il n’y a pas une candidature alternative crédible. Si l’on prend l’exemple du PS, parmi ceux qui pourraient se présenter dans une primaire il y a Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Christian Paul, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche… Mais lorsque Arnaud Montebourg monte le Mont Beuvray, il est entouré de qui ? Deux frondeurs ! Et en plus, qui ne disent pas « la candidature de Montebourg est intéressante. » Benoît Hamon aurait pu le dire, mais il a préféré déclarer ce jour-là « la candidature de Nicolas Hulot m’intéresse ! »

Du côté de l’extrême-gauche, vous avez Jean-Luc Mélenchon qui organise son rassemblement pendant que Pierre Laurent clôture le congrès du PCF. Il y a aussi Clémentine Autain, une troisième potentialité. Du côté de EELV, Cécile Duflot ne réunit que 35 % des voix à son congrès, il y a donc une majorité contre elle. Elle sera donc minoritaire dans la majorité des Verts. Verts qui sont amputés de 50% de ses parlementaires et des 2/3 de ses adhérents. Nous, nous disons il y a deux moyens de rassembler les forces à gauche. Soit en passant par une primaire de toute la gauche mais le PCF et les Verts refusent ce chemin. Soit par un rassemblement large qui comprend politiques, associatifs et anciens syndicalistes, c’est la Belle alliance populaire que nous avons lancée il y a quelques semaines.

Justement, sur l’aspect de la primaire, comment concilier le statut de Président de la République et celui de candidat à une primaire ?

C’est d’abord une question de date, je n’ai pas arrêté de le dire. C’est pour cela que j’étais défavorable à ce que demandait le Parti communiste et les écologistes, d’organiser cette primaire à la rentrée, en septembre. Cela revient à empêcher le Président d’y participer. On avait évoqué un calendrier autour de décembre et janvier. Et de fait ce calendrier est en train de s’imposer s’il y a une primaire, vu les retards dû aux tergiversations du PCF qui laisse une porte entrouverte en parlant de chois en novembre ou des Verts.

Concernant la Belle alliance populaire, Le Monde soulignait que cette alliance était surtout une « joyeuse compagnie de seconds couteaux », les têtes d’affiche ont du mal à se mouiller ?

Le Monde m’avait déjà traité de la sorte lors du lancement de la gauche plurielle, et à l’époque 400 personnalités de gauche lançaient ce processus. On connait la suite.

A l’heure du lancement de la Belle alliance populaire, j’ai du faire avec ce que j’avais et ce n’est pas négligeable : on compte le parti radical, un parti qui a plus d’adhérents qu’EELV et presque autant que le Front de Gauche. Avec Jean-Luc Bennahmias et ses amis qui viennent du Modem. Avec Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé, François de Rugy et de nombreux parlementaires Verts. La belle alliance s’est aussi lancée avec d’anciens syndicalistes, on ne les cite même pas, pourtant il y a Alain Olive, ancien secrétaire général de l’UNSA, Jacky Bontems, ancien numéro 2 de la CFDT, Julien Blanchet, ancien président de la FAGE, ces gens ont une représentativité accompagnés d’une vingtaine de syndicalistes. Il y a également beaucoup de responsables associatifs. On ne veut pas concevoir qu’un rassemblement vaste puisse se faire sans tête d’affiche. On me dit « si vous n’avez pas Duflot et Mélenchon sur la même affiche, c’est que vous n’avez pas réussi ». Mais si je les avais, on me dirait « coalition d’appareil ». Ainsi va notre débat médiatique.

Il y a ce terme de trahison qui revient systématiquement quand on interroge les électeurs de Hollande, vous pouvez l’entendre, le comprendre ?

En fait, ce terme de trahison est employé pour parler du discours du candidat au Bourget. J’ai la chance de pouvoir discuter avec beaucoup de Français. Quand on pousse un peu et amicalement la discussion sur ce terme de trahison. Il en ressort que c’est plutôt un sentiment général concernant la politique du gouvernement. Si l’on détaille les mesures une à une, elles sont beaucoup plus populaires que la totalité de la politique gouvernementale. Donc je me dis que l’image des mesures gouvernementales n’est pas si déplorable que cela. C’est la cohérence, le sens qui pose problème.

C’est la communication qui est mauvaise ?

Nous avons raté l’entrée du quinquennat en refusant de souligner le bilan de la droite. Puis il y a eu l’augmentation des impôts, une mesure difficile pour combler les dettes laissées par la droite. Ensuite le mariage pour tous, formidable catalyseur des droites contre le gouvernement. Et lorsque enfin nous avons abordé la faiblesse de la compétitivité et le recul de nos industries, nous avons donné l’impression de nous occuper des entreprises et non des Français, alors que ces mesures étaient faites pour eux !

Il y a eu le rejet total de la droite et de l’extrême droite et la non acceptation du Gouvernement dès le premier jour par le Front de gauche. Donc d’emblée 70% de l’opinion est dressée contre François Hollande. François Hollande, à son accession à la présidence, n’a pas bénéficié comme les autres gouvernements de gauche d’une sympathie d’une partie de la droite, qui réunit en général 5 à 15 % des électeurs de ce camp. Alors quand vous êtes contesté à gauche et que vous avez zéro soutien à droite, vous retombez mathématiquement à 15 ou 20 % d’opinions favorables, c’est normal. Et ce chiffre fait sens.

Il y a aussi des démarches comme celle d’Emmanuel Macron dont on se demande si elles seront favorables ou non à Hollande.

Je n’ai pas de doute là-dessus. Nous avons des visions différentes, mais nous pouvons nous retrouver. Nous sommes complémentaires : avec la Belle alliance, nous parlons à la gauche, aux forces associatives et syndicales, alors que lui parle à des Français qui ont quitté la politique et qui trouvent que son énergie, sa créativité, sa modernité peuvent être un gros plus.

Il vous a fait peur, au début…

Il a fait peur au début, mais je l’ai prévenu: changer l’ADN du PS, c’est affronter les militants. En revanche, s’il voulait élargir la majorité à de nouvelles voix qui ne croyaient plus en la politique. C’était la une complémentarité bienvenue. Il est allé dans ce sens, son travail nous rend complémentaires et sera utile à François Hollande s’il souhaite être candidat.

Dure tâche que celle de préserver l’unité du PS en tous cas…

Penser long c’est aller au-delà des élections présidentielles et législatives. Notre époque est marquée par des crises conjointes : révolution de l’immatériel, crise climatique, crise des représentations, nouvelle donne géopolitique, le terrorisme et la question des réfugiés, crise de l’Europe, montée des nationalismes etc. Le courant progressiste doit répondre à cela dans le tripartisme français. Il ne s’agit plus seulement de rassembler au second tour mais d’y être. Cela nécessite donc d’unir des forces qui dépassent le Parti socialiste dès le premier tour. Il faut donc préserver l’unité du Parti socialiste et le dépasser dans la Belle Alliance Populaire. Sinon, nous nous retrouverons condamnés pendant un certain temps à appeler à voter Républicain dans tous les seconds tours face au Front national. Et puis il faut écouter, recueillir la parole, proposer des chemins, rassembler. Faire comprendre que l’on n’a jamais raison seul au milieu d’un champ de ruines. On ne peut espérer se retrouver seul, une rose à la main au milieu des décombres de la maison socialiste en disant « J’avais raison ».

 

Propos recueillis par Marjolaine Koch