Tag gouvernement

13 Déc

Commentaires fermés sur Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

Discours de Jean-Christophe Cambadélis au nom du groupe SER suite à la déclaration de politique générale de Bernard Cazeneuve – Mardi 13 décembre 2016

par

img_3148

Discours de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris et Premier secrétaire du Parti socialiste

Déclaration de politique générale et vote sur cette déclaration

Assemblée nationale, Paris

Mardi 13 décembre 2016

Seul le prononcé fait foi

 

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues,

Un propos liminaire si vous le permettez avant d’aborder le débat qui nous rassemble aujourd’hui. Un propos personnel, mais partagé sans doute par beaucoup.

Monsieur le Premier ministre, vous avez la chance rare, produit de votre talent, d’être apprécié sur tous ces bancs. Cela tient tout autant à votre caractère qu’à vos compétences, à votre discours qu’à votre parcours. Dans ce quinquennat, vous avez mis votre efficacité au service de la France. Avant de devenir Premier ministre vous avez été de nombreuses fois en première ligne. En première ligne pour réorienter l’Europe, en tant que Ministre des Affaires Européennes. En première ligne pour redresser les comptes de notre pays, en tant que Ministre du budget. En première ligne face à la barbarie terroriste, en tant que Ministre de l’Intérieur.

Vous voici Premier ministre aujourd’hui. Vous n’avez rien demandé par voie de presse, vous n’avez rien fomenté par échos de buzz. Le choix s’est imposé naturellement pour succéder à Jean-Marc Ayrault et à Manuel Valls.

Servir l’intérêt général, avec écoute et discernement : voilà la formule qui résume ce que vous incarnez et qui fonde le respect que vous inspirez.

Certains disent que vous n’aurez pas le temps de gouverner. C’est mal connaître les devoirs que votre fonction impose et les pouvoirs qu’elle met à la disposition de la volonté.

Vous avez cinq mois devant vous, Monsieur le Premier ministre.

L’histoire a montré qu’en peu de temps, on pouvait faire de grandes choses : il n’aura fallu que 7 mois à Pierre Mendès-France pour marquer la France et nos mémoires à jamais. Léon Blum n’en a eu que 18 pour transformer notre pays comme jamais.

Vous avez cinq mois devant vous, mais les jours comptent triple quand on a, comme vous, la passion de la chose publique et le sens de l’État. Au fond, cela doit dépendre du tempérament de celui qui gouverne – je crois avoir fait l’éloge du vôtre.

Cela dépend de la vision qui le guide dans la conduite de la politique de la nation – nous venons de l’entendre.

Cela dépend des circonstances dans lequel il est appelé à gouverner.

Or elles sont exceptionnelles aujourd’hui.

*          *          *

Nous en sommes toutes et tous ici conscients, vous le savez car vous êtes au fait des défis de la France et tout d’abord du terrorisme, qui a frappé à de nombreuses reprises notre pays et peut frapper à nouveau à tout instant.

Le terrorisme, il se combat totalement. Sans état d’âme et sans porter atteinte à l’État de droit. Encore un équilibre que vous incarnez et que vous mettez en œuvre au quotidien.

La période est d’autant plus à risque que Daech est aujourd’hui acculé. Par tous les moyens, Daech essayera de marquer les esprits, lui qui perd précisément chaque jour du terrain. Daech recule car nous le combattons. Ainsi, la bataille de Mossoul fait rage et nous y contribuons dans le cadre de l’opération Chammal. Cette opération mobilise actuellement 4 000 de nos soldats. Aux côtés de la coalition, nous frappons l’organisation terroriste avec nos moyens aériens et assurons la formation et le conseil des militaires irakiens. Il faut ici rendre un hommage à nos soldats qui, partout dans nos rues et dans le monde, sont le bouclier de nos valeurs et de nos vies.

Puisque nous évoquons les évènements du Levant, il nous faut parler d’une situation plus que dramatique, d’une situation humanitaire qui interpelle le sens même de notre commune humanité. Permettez-moi, monsieur le Premier ministre, d’appeler solennellement la France à redoubler d’effort pour sauver la population civile d’Alep. Il faut mettre non seulement un terme aux bombardements de l’aviation russe et de l’armée syrienne mais sauver ! Des milliers d’habitants sont encore présents dans les quartiers tenus par les insurgés. Nous avons vu hier sur les réseaux sociaux l’horreur des massacres à l’arme blanche. Il faut mettre un terme au carnage. Il faut mettre un terme au martyr. Le Président de la République a parlé de Guernica. Oui, après Nankin, Oradour ou Srebrenica. Oui, Alep se meure. J’ai rencontré son maire la semaine dernière et son récit est glaçant. Nous ne pouvons que manifester notre indignation au veto opposé par la Russie à la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour une trêve humanitaire. C’est le sixième depuis le début du conflit, venant d’un pays dont nul n’ignore ici la responsabilité dans cette tragédie. La Russie est notre interlocuteur. Elle peut être parfois, dans certaines circonstances, notre allié. Mais nous ne saurions nous aligner sur une vision du monde qui n’est pas la nôtre. La France n’est pas pour la politique du fait accompli. En Syrie comme ailleurs, la France ne considérera jamais que « charbonnier est maître chez soi » et que tout dirigeant peut disposer de son peuple comme il l’entend. Et c’est le devoir de la France de le dire et de défendre les droits de l’Homme chaque fois que la dignité humaine est bafouée, chaque fois que des populations sont massacrées.

 

L’Europe avec l’Afrique – vous préparez le 27e sommet Afrique-France – l’Europe sera un des terrains d’action essentiels de votre gouvernement. Oui, l’Europe, dans ce monde et ce moment incertains, constitue une grande partie de la solution pour faire face aux défis. Un Conseil européen se tiendra jeudi. Des questions essentielles y seront traitées, à commencer par celle du Brexit. L’immigration sera au cœur des discussions, avec notamment la réforme du droit d’asile européen et l’accord à juste raison controversé Europe-Turquie. On parlera du renforcement de la coopération en matière de sécurité et de défense. On y évoquera enfin les relations extérieures de notre continent. A cette occasion, l’Union européenne devrait reconduire les sanctions contre la Russie pour 6 mois. Ce serait logique tant la mise en œuvre des accords de paix de Minsk piétine. La France et l’Allemagne sont sur ce point, comme sur tant d’autres, alignés. Il le faut, car la victoire de monsieur Trump aux Etats-Unis laisse présager un désengagement brouillon. Combiné avec le Brexit, il met l’Europe devant ses propres responsabilités. La France doit assumer les siennes et se placer en tête des efforts pour faire de l’Europe un acteur majeur du nouveau monde qui se dessine sous nos yeux.

*          *          *

Cette politique, vous l’avez dépeinte de manière claire et précise, mais aussi engageante. Ses piliers permettront de faire avancer notre pays encore sur le chemin du redressement et de travailler au rassemblement de nos compatriotes autour des valeurs de la république.

En vous désignant, le Président de la République considère, à juste titre, que vous permettrez de réaliser encore un peu plus, et chaque jour un peu plus, les objectifs de ce quinquennat. Permettez-moi ici de rendre hommage au chef de l’Etat.

Il faut aimer la France par dessus tout, il faut être doté d’une force morale sans commune mesure, pour prendre la décision qu’il a prise. Oui, François Hollande a sacrifié son destin personnel sur l’autel du redressement et du rassemblement de la France. Pour les socialistes, ce geste les oblige au rassemblement mais aussi à la responsabilité.

 

Vous arrivez aux responsabilités, Monsieur le Premier ministre, alors que la situation s’améliore. Dans notre pays, les inégalités diminuent : le niveau de vie de nos compatriotes les plus modestes est en progression. C’est un renversement complet par rapport à la décennie précédente : entre 2002 et 2012 leur revenu baissait, alors que celui des plus aisés augmentait.

Dans notre pays, on crée à nouveau des emplois : 178 000 de plus dans le secteur marchand. Du jamais vu depuis 2008.

Dans notre pays, on est désormais à l’abri des caprices des marchés : la dette de l’Etat est maîtrisée. En 2017, le déficit public sera stabilisé autour de 3%. Du jamais vu depuis 2001. La France a retrouvé sa souveraineté.

Dans notre pays, on n’a jamais été aussi bien protégé par l’Assurance maladie : 95% des Français peuvent désormais bénéficier d’une complémentaire santé. On le sera toujours à l’avenir : les comptes du régime général de la Sécurité sociale seront quasiment à l’équilibre l’an prochain. Du jamais vu depuis 2001.

Vous aurez, monsieur le Premier ministre, les moyens de poursuivre cette politique. Le budget pour 2017 que nous allons bientôt adopter s’y inscrit tout naturellement. C’est un budget ambitieux qui permet de soutenir le redressement. Nos priorités sont financées : plus 2 milliards sur l’éducation, plus 2 milliards sur le travail et l’emploi, plus 4,4% pour la justice et plus 3,5% pour la sécurité, plus 1,9% pour la défense, plus 6,7% pour la Culture. Une baisse d’impôts sur les sociétés pour les PME et les ETI est engagée, la fiscalité du diesel et celle de l’essence convergent.

Sur certains bancs, on considère toujours que la gauche n’est pas légitime pour gouverner. Eh bien, force est de reconnaître, une fois de plus, que non seulement la gauche est légitime mais qu’en plus elle est efficace.

Sur ces mêmes bancs, on s’empressera de dire que la gauche n’y est bien entendu pour rien dans ce redressement. On invoquera doctement le miracle du marché.

L’honnêteté commande de reconnaître que la situation économique mondiale, et notamment la baisse du prix du pétrole, ont contribué au redressement de la situation économique et sociale de la France.

Mais l’honnêteté commande aussi de reconnaître le chemin qui a été parcouru : avec le concours de la majorité, sous la conduite du Président de la République, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls ont beaucoup agi pour protéger et progresser.

Oui l’honnêteté commande de reconnaître que nos résultats sont encore contrastés, que les chiffres ne rendent jamais compte des expériences vécues, des situations de chômage et de précarité que beaucoup de nos concitoyens ont encore à subir. Il reste du chemin à parcourir.

Mais l’honnêteté commande aussi de rappeler ce que la droite nous a légué après dix années de pouvoir : un déficit public, abyssal. Un déficit commercial, abyssal. Un déficit de modernisation de l’appareil productif, abyssal. Un déficit de la sécurité sociale, abyssal. Un déficit de justice sociale, abyssal. Au-dessus des abysses, seule la rente surnageait.

Sans notre politique économique, les entreprises n’auraient pas retrouvé les marges de manœuvre dont elles avaient besoin pour innover, exporter, embaucher et parfois, même si c’est très insuffisant, redistribuer : avec un taux de marge inégalé depuis les années 1980, grâce au CICE et au pacte de responsabilité, avec un accompagnement de qualité à l’international, avec une politique industrielle misant sur le futur, en particulier sur le numérique et la robotique, nous avons été aux côtés de ceux qui créent et de ceux qui produisent.

Sans notre politique sociale et fiscale, l’égalité n’aurait pas progressé. C’est la gauche qui a revalorisé les minimas sociaux de 10%, baissé l’impôt sur le revenu des classes moyennes et des classes populaires, supprimé la dernière tranche d’imposition et créé une nouvelle, à 45%, pour les plus aisés. C’est la gauche qui a fait de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité, ce qui a permis de recouvrer plus de 12 milliards d’euros en 2015. C’est la gauche qui a rendu notre politique familiale plus juste et fait du sort des familles monoparentales un sujet de préoccupation majeure, en adoptant par exemple la garantie contre les impayés de pension alimentaire. C’est la gauche qui a mis en place les droits rechargeables à l’assurance chômage, la retraite à 60 ans pour les carrières longues, ou le compte pénibilité.

Sans notre politique éducative, les inégalités sociales auraient continué de peser sur les résultats scolaires de nos enfants, à un niveau quasiment inégalé en Europe : c’est la gauche qui a inversé la tendance en créant 60 000 postes dans l’éducation pour remettre des professeurs dans les classes et les former convenablement à leur métier. C’est la gauche qui a engagé la Refondation de l’école, donné la priorité à la maternelle et au primaire, mis en œuvre la réforme du collège, réformé la carte de l’éducation prioritaire. C’est la gauche qui a reçu un satisfecit de la part des équipes qui conduisent les enquêtes PISA. C’est la gauche qui a amélioré les conditions de vie des étudiants, leur a donné un meilleur accès au logement, les a accompagnés dans leurs premiers pas dans l’emploi. C’est la gauche qui a mis en place une politique ambitieuse de lutte contre le décrochage, passé cette année sous la barre symbolique des 100 000 jeunes. C’est la gauche qui a renforcé l’accès à la formation des chômeurs et des travailleurs, avec le plan 500 000 et le compte personnel de formation.

Sans notre politique de santé, un quart de la population française aurait continué à renoncer aux soins : c’est nous qui avons rendu obligatoire la complémentaire santé d’entreprise, élargi le nombre de bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS, remboursé à 100% certains actes médicaux comme l’interruption volontaire de grossesse, refusé les déremboursements.

Sans notre politique de sécurité, les Français, et notamment les plus vulnérables, seraient moins protégés : c’est la gauche qui a créé 9000 postes dans les forces de police et de gendarmerie, quand la droite en avait supprimé 13 000. La gauche encore qui a mis en place plus de 80 zones de sécurité prioritaires, adopté trois lois antiterroristes, réformé le renseignement, le tout sans jamais remettre en cause l’Etat de droit. A ce titre, votre gouvernement a décidé d’avancer sur le sujet sensible mais essentiel de la légitime défense des forces de l’ordre. Un projet de loi sera donc présenté le 21 décembre en Conseil des ministres. Le principe d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité demeurera notre boussole, comme le veut la Convention européenne des droits de l’homme.

Sans notre politique écologique et climatique, les Français n’auraient aucune raison d’espérer une vie meilleure pour eux et leurs enfants : la loi de transition énergétique, c’est la gauche. Le succès mondiale et historique de la COP 21, n’est plus à démontrer. La transition vers l’agro-écologie est un succès pour tous ceux qui se réclament de l’écologie comme la fin progressive de la subvention au diesel pour lutter contre les pollutions atmosphériques. Ces derniers jours l’ont amplement démontré : c’est un défi essentiel à relever. Comment ne pas s’indigner que certains en fassent un sujet secondaire, et veuillent laisser faire le marché, parce qu’il y aurait « trop de normes », à l’heure où la persistance du pic de pollution oblige de nombreuses familles à se rendre aux urgences pédiatriques parce que leurs enfants ont des difficultés respiratoires ?

Dans notre domaine de prédilection, la lutte contre les inégalités, nous avons créé beaucoup de dispositifs nouveaux, pour faire reculer les précarités, pour renforcer les solidarités : création d’une banque publique d’investissement, création de la Garantie jeunes, création de la Prime d’activité, création du Tiers Payant, créations de postes dans l’Éducation, la Justice et la Police, création du contrat de génération ou encore création des emplois d’avenir…

« Création », le mot revient souvent dans ce bilan, tout autant que le mot de « suppression » dans la bouche de nos opposants. La droite s’est presque toujours opposée à ces nouveaux dispositifs, s’appuyant parfois sur la rue, comme au moment de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre, vous arrivez aux responsabilités à un moment où tout est possible pour notre pays.

La France s’interroge. Sur le monde qui l’entoure. Sur son modèle social. Sur sa cohésion sociale. Sur son avenir. Ces dernières décennies, la France a dû affronter les chocs du chômage de masse et de la désindustrialisation rampante, nourrissant une profonde crise de confiance dans la puissance même de la France. Ces dernières années, la France a dû faire face aux effets disruptifs des révolutions numériques, de l’immatériel et de la robotique, exacerbant la crise des repères dans le monde de l’industrie, des services mais aussi de notre vie démocratique. Ces dernières années, la France a dû affronter les soubresauts d’un monde géopolitique nouveau, fait de péril écologique, de guerres et de migrations, venant intensifier cette profonde crise de l’agir politique. Ces dernières années, la France a dû faire face au choc terrible du terrorisme, mettant encore plus à l’épreuve notre cohésion nationale. Les Françaises et les Français s’interrogent légitimement sur la capacité de l’État à faire face non seulement à ces crises, mais aussi à leur durée et à leur combinaison. Les Françaises et les Français regardent avec crainte ces lendemains qui chantent faux et qui dessinent un avenir bien incertain.

Face à ces crises, la droite pense que son moment est venu. Elle pense que cette crise de sens va dans son sens. La droite, désormais décomplexée, propose un programme décomplexé : pour être efficace, il faut que l’État s’efface. Disons les choses là aussi : Jamais, depuis 1945, la droite n’a autant pris pour cible et remis en cause les piliers de notre république sociale. Au point que certains gaullistes s’en émeuvent. Le programme de son nouveau champion laisse sans voix. Il a dit qu’il ne changerait pas un iota à ce programme qui changerait la France du tout au tout. J’ai compris que dans son propre camp on lui demande d’y réfléchir à deux fois. J’ai compris qu’il amendait une petite partie de son projet. Mais qui croire ? Le François Fillon de la primaire ou celui de la présidentielle ? Mais, après tout qu’ils assument. Sa désignation, il ne l’a pas volé, loin de là. Il l’a remporté haut la main. Cette victoire ne vient pas de nulle part. Ce programme ne vient pas de nulle part. Cette droite dure c’est la droite chimiquement pure.

Face à cette France qui s’interroge, face à cette crise généralisée de sens, l’extrême-droite pense elle aussi que son heure a sonné. Elle campe sur les frontières de la République et toise nos fortifications du haut de ses 30%. Le Front national peut s’appuyer sur une vague mondiale, une vague qui vient de loin. Partout, le national-populisme plus ou moins xénophobe s’est hissé au pouvoir ou s’en approche. Ils sont légions sur les réseaux sociaux et leur emprise sur les esprits n’est plus à démontrer. Ces hérauts de l’anti-système ont développé un système de prise de pouvoir redoutable. Les victoires de Trump et du Brexit sont autant de coups de massue sur le plafond de verre qui bloque encore timidement leur progression électorale.

La vraie nature de ce parti ne doit pas être mise sous silence. Oui, le national-populisme est plus ou moins xénophobe et en France il l’est plus que moins. C’est aussi un parti contre les pauvres. Il est pauvrophobe. Il suffit là encore de regarder ce qui se passe dans les municipalités frontistes. Oui, les faits sont têtus. Moins bruyant que les frontistes mais plus têtus.

Le Front national parle d’un monde qui n’existe plus et rêve d’une France qui n’a jamais existé. Les problèmes qui sont les nôtres sont des problèmes que la France seule ne peut régler. Le terrorisme, le péril terroriste, les innovations, les migrations, tout cela se joue au niveau des États-continents ou de la planète. Ce rejet des instances supranationales est absurde et inefficace, dangereux surtout pour notre pays. Leur programme anti-euro et anti-européen c’est prendre le tapis roulant de l’Histoire à l’envers. Bien sûr qu’il faut résoudre les problèmes actuels de l’Europe mais il ne faut pas la dissoudre. Cette remise en cause de l’Europe, c’est la remise en cause de la France.

*          *          *

Monsieur le Premier ministre,

Nous croyons dans la force du débat, nous prenons les idées au sérieux. Nous croyons en l’avenir. Nous regardons de près les critiques et les programmes. Nous allons réengager le débat sur le fond car il oppose une certaine idée de la France à une certaine idée de la droite.

L’avenir ne se construit pas avec des peurs ou en commettant les mêmes erreurs. L’avenir se construit sur l’espoir et sur les effets d’une politique juste et efficace. Nous croyons à l’État et aux fonctionnaires sur lesquels repose cet État. La gauche ne veut pas plus d’État en soi, elle veut plus de protections et plus de régulations. Nous ne sommes pas allergiques au marché, nous ne voulons simplement pas qu’il contamine tous les pores de notre société.

La gauche n’entretient aucune mystique du pouvoir. Le pouvoir, elle l’exerce, c’est tout. Elle l’exerce modérément mais complètement. Le pouvoir, elle en prend soin car il est donné par le peuple. Il est d’abord cet honneur de servir les intérêts supérieurs de la nation. Il est aussi cette occasion d’orienter le réel dans le sens de nos valeurs de Justice et de Progrès.

En cinq ans, avec la gauche, la France a progressivement relevé la tête. Elle a assuré l’avenir de son modèle social – celui dont elle est si fière, celui qui fait sa force, son histoire, j’allais dire sa nature. Elle a retrouvé la dignité qu’elle avait perdue, parce qu’elle a renoué avec l’égalité.

Nous discuterons en janvier d’un très beau texte qui fait sens de notre action : l’égalité réelle pour les ultramarins. Réduire les inégalités entre la métropole et ces régions, et à l’intérieur de ces régions : n’est-ce pas résumer le sens de notre action ?

Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, vous pourrez vous appuyer sur les avancées qui ont été faites. Pour les cinq mois qui viennent, Monsieur le Premier ministre, nous comptons sur vous, et vous pouvez compter sur nous, pour combler les retards et pour continuer d’avancer.

Ces cinq mois, nous le savons, vous les exploiterez au maximum de leur potentialité. Vous vous investirez sans relâche, avec votre sens de l’éthique, votre sens de l’État. Pour cela, et au nom du Groupe Socialiste, écologiste et républicain, vous avez tout notre respect, tout notre soutien et donc toute notre confiance.

 

Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Député de Paris

Premier secrétaire du Parti socialiste.

Lien vers la vidéo de l’intervention: http://bit.ly/2hiR1dJ (1’59’00)

img_3152

Crédit photos: Mathieu Delmestre

09 Juin

Commentaires fermés sur Meeting « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social  » – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mercredi 8 juin 2016

Meeting « Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social  » – Discours de Jean-Christophe Cambadélis – Mercredi 8 juin 2016

par

Meeting 08062016 Paris

Retrouvez ci-dessous le discours de Jean-Christophe Cambadélis lors du grand meeting parisien du 8 juin 2016:

 


Intervention de Jean-Christophe Cambadélis lors… par PartiSocialiste

Discours de Jean-Christophe CAMBADELIS

Meeting de Paris
« Face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social »
Mercredi 8 juin 2016

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Premier ministre, cher Manuel,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, cher Claude,
Monsieur le Porte-parole du Gouvernement, cher Stéphane,
Madame la Ministre, ma chère Myriam,
Mesdames et messieurs les Ministres,

Cher-es ami-es, cher-es camarades,

La France se cherche. Elle ne sait pas par quel bout prendre le réel. La France est en crise, avant tout en crise de description. La France n’a plus de grand récit pour affronter les grands défis.

La France se cherche et cela se voit au nombre de paradoxes qui l’agitent. Il y a de très nombreux paradoxes dans la situation politique française.

Le premier paradoxe pourrait être résumé ainsi : La France va mieux dans les chiffres mais elle ne va pas encore mieux dans les têtes.

La France va mieux et chaque jour un peu mieux. Et vous le savez, les faits sont têtus :
– Le chômage a baissé pour la deuxième fois consécutive, ce qui n’était pas arrivé depuis 5 ans
– La confiance des ménages s’est nettement améliorée en France pour atteindre son plus haut niveau depuis octobre 2007
– L’investissement des entreprises repart à la hausse, la plus forte depuis la fin 2011
– En 2015, le déficit commercial s’est contracté de 22 % et repasse sous la barre des 50 milliards d’euros, c’est la première fois depuis 2009
– La croissance progresse aussi et même le FMI prévoit 1,5% de croissance pour cette année alors qu’il ne prévoyait que 1,1% en mars, là aussi la plus forte progression depuis 2011.

Et à un moment, le décalage horaire entre les courbes des statistiques et le quotidien des Français va se résorber.

Le second paradoxe est le suivant: On voit la paille dans l’œil de la gauche mais pas la poutre dans l’œil de la France.

Le problème de la France c’est la droite. Une droite qui n’est pas au rendez-vous des défis. Une droite trop libérale et pas assez sociale. Quant à l’extrême gauche, elle rêve d’un printemps politique, mais on ferme les yeux sur l’hiver social que prépare la droite.

D’ailleurs, à l’extrême gauche on ne dit rien sur la primaire de la droite. Alors même que ce n’est pas une primaire, c’est un véritable concours Lépine des mesures libérales et un véritable concours Le Pen des questions identitaires. Nicolas Sarkozy à Lille va en donner une nouvelle illustration : c’est le retour du discours de Grenoble. Pour lui conquérir les couches populaires, c’est les enfermer dans l’identité.
Quel mépris pour le peuple, pour les couches populaires que de penser qu’en agitant la haine de l’autre, on peut recueillir des voix. Ce ne pas ce que fait, ce que dit, ce que pense la gauche et c’est une grande différence.

Le troisième paradoxe c’est qu’on critique la loi El Khomri n°2 mais on exempte la droite de toute critique sur cette même loi. On a donc l’indignation sélective, l’opposition élective, l’indignation à la carte.

Or, il faut parler de la droite, de ce qu’elle dit, de ce qu’elle fait, notamment au Sénat, ou plutôt de ce qu’elle défait au Sénat.

Comparaison n’est pas raison, mais ce n’est pas un tort dans la période de regarder ce que veut la droite.

A la Chambre Haute, c’est bas les masques pour la droite. Fidèle à elle-même, elle fait dans la régression sociale sans retenue, sans fard. La loi Travail n°3, elle est de droite. Cela se voit à deux niveaux : Elle purge la loi Travail n°2 de ses mesures de progrès social et elle ajoute des mesures de régression sociale.

Au Sénat, la droite supprime toute mesure de progrès :
– Exit les 35 heures
– Exit aussi les 24 heures minimum de temps partiel
– Exit le compte engagement citoyen du Compte Personnel d’Activité, qui permettait aux personnes d’intervenir dans des associations
– Exit le compte pénibilité
– Exit la généralisation de la garantie jeune

Au fond, avec la droite c’est exit le progrès. La droite est pour le progrexit.

Au Sénat, la droite ajoute des mesures de régression :
– Licenciements économiques simplifiés
– Introduction de la possibilité dans les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de délégué syndical, de passer un accord avec le délégué du personnel ou le comité d’entreprise, non mandatés
– Suppression de la représentativité syndicale dans les réseaux de franchisés
– Plafonnement des indemnités accordées par le juge prud’homal
– Doublement des seuils sociaux en passant de 11 à 20 et de 50 à 100
Voici donc la loi Travail n°3, la loi de la droite, la loi « visant à instituer de nouvelles précarités et de nouvelles régressions pour les entreprises et les actifs ». Cette loi présentée par la droite n’est qu’un exemple, un court extrait du film d’horreur qui se déploierait si la droite venait à l’emporter. Pour l’instant, la droite dure cherche encore son champion.

Si l’on en croit les résultats des sondages, l’ancien Premier ministre Alain Juppé semble avoir de bonnes chances de jouer un rôle important lors des primaires de la droite en novembre prochain, et donc au moment de l’élection présidentielle de 2017.

Quelle alternative de politique économique propose-t-il ? On en a une idée précise grâce à la publication récente d’un livre où le candidat affiche la couleur.

Lui président, le contrat à durée indéterminée (CDI) est conservé, mais les motifs de rupture en seront prédéterminés à l’avance et, en cas de conflit, les indemnités prud’homales seront plafonnées. Le référendum d’entreprise sera généralisé et rendu possible dès que le chef d’entreprise et un seul syndicat représentatif en seront d’accord. Les obligations sociales liées aux seuils de passage à un nombre supérieur de salariés seront gelées pendant cinq ans.

Lui président, côté secteur public, les dépenses seront réduites à 50 % du produit intérieur brut (PIB), contre 57 % aujourd’hui, une énorme ponction sur la demande intérieure. Comme « l’Etat ne sait pas être un bon actionnaire », les privatisations seront à l’ordre du jour. Les effectifs de la fonction publique seront réduits de 200 000 à 250 000 personnes.

Lui président, le message est clair : il faudra travailler plus. La durée légale de 35 heures sera supprimée grâce à un passage possible pour toutes les entreprises qui le souhaitent à 39 heures. Il faudra travailler plus et plus longtemps avec un report de l’âge de la retraite. Les fonctionnaires devront aussi travailler plus longtemps. Pour le candidat aux primaires de la droite, le progrès, c’est travailler plus pour gagner moins.

Lui président, avec une réduction des impôts sur les revenus du capital et la suppression de l’impôt sur la fortune. L’impôt sur les sociétés sera ramené progressivement vers 22 %. Le quotient familial sera relevé de manière importante. Les salariés devront passer plus de temps à travailler et les riches pourront mieux profiter de leurs rentes, ce qui permettra aux plus riches de payer moins d’impôts.

Voilà, le programme de Monsieur Juppé, la casse sociale mais, avec le sourire, l’austérité heureuse en somme.
Le plus grave sans doute, c’est que Monsieur Juppé passe pour être un des plus « soft » dans la primaire de la droite.

Alors, s’il force sa nature en essayant d’être humble, vous allez voir, le naturel va revenir au galop. En voie de balladurisation, le champion de la casse sociale va se faire cassant contre ses adversaires de la primaire et puis contre les Français qui ne reconnaitront pas son génie.

* * *

Nous avons commencé en évoquant les paradoxes qui agitent la politique française. Ce serait peut-être le dernier paradoxe à évoquer mais à éviter : Savoir ce que la droite ferait demain mais ne pas le dénoncer aujourd’hui.

Oui, « Au secours la droite revient », mais en plus aujourd’hui, elle prévient. Au Sénat on nous en donne l’expression la plus claire.

Alors voilà ! Vous vous posez la question : Pourquoi ? Alors que la France va mieux ? Pourquoi ? Alors que l’ultra gauche est dans la violence réelle ? Pourquoi ? Alors que la droite est dans la violence symbolique d’un programme ultra libéral ? Pourquoi ? Alors que l’extrême droite xénophobe se fait discrète pour mieux surgir ? Pourquoi une telle violence quotidienne et récidivante contre le Parti socialiste, le Gouvernement et le Président ?

Tout simplement parce que l’oligarchie, l’aristocratie, le système – appelez cela comme vous voulez – ont choisi le casting des années à venir : le face-à-face entre Marine Le Pen, Alain Juppé et une gauche écologiste mélenchonisée.

Les petits marquis médiatiques, les gros bonnets de l’oligarchie ne veulent pas du juste équilibre. Une droite ultra libérale et un front national et une extrême gauche dans la rue.

Eh bien nous ne nous laisserons pas faire ! Parce que laisser la droite et l’extrême droite face-à-face c’est la certitude de les retrouver demain coude-à-coude. Laisser mélenchoniser la gauche ? C’est la condamner à la marginalité.

Il y a un chemin entre ceux qui veulent tout défaire et ceux qui ne veulent rien faire : C’est la gauche constructive !
Cette gauche qui défend un modèle équilibré pour la France.
Cette gauche qui veut l’égalité réelle.
Cette gauche qui veut la liberté ordonnée !
Cette gauche qui veut la fraternité laïque !
Une gauche social écologique qui donne sens à la République.

Il n’y a pas de République sans équilibre.

Le programme de la droite veut semer la fin de notre modèle social. Il récoltera la violence.

Le programme de l’extrême droite veut rêver la fin de l’Europe, la fin de la République ? L’extrême droite veut détruire. Nous voulons construire.

Il y a un chemin pour autre chose que celui que l’oligarchie a dessiné pour notre pays.

Nous devons nous rassembler et rassembler tous ceux qui refusent la violence des projets des uns et la violence sans projets des autres.
Nous voulons rassembler tous ceux qui refusent la société de marché mais comprennent l’économie de marché. Tous ceux voulant affronter avec des valeurs de gauche la révolution de l’immatériel, les défis climatiques, la nouvelle donne géopolitique, le terrorisme, les préjugés, les réfugiés, la crise européenne.

Devant les crises, certains ont des réflexes d’escargot : ils rentrent dans leur coquille. Nous voulons, nous, socialistes, écologistes, militants démocratiques, républicains, affronter la crise pour pouvoir la maîtriser. C’est ce qui nous distingue de tous les autres.

Nous le faisons alors dans la Belle Alliance Populaire où socialistes, radicaux, écologistes, démocrates, syndicalistes, associatifs construisent une fédération pour affronter les défis nouveaux, mais aussi le redressement de la France que nous ne voulons pas voir dilapidée par l’immobilisme des uns et l’activisme libéral des autres. Parce que ce redressement c’est aux efforts des Français qu’on le doit.

Ce meeting était nécessaire pour souligner combien le chemin de « la gauche constructive » différait de la « droite destructive ».

Ce meeting était nécessaire pour souligner combien la loi Travail n°2 différait de la loi Travail numéro n°1, et combien elle était opposée à la loi Travail n°3, issue de la droite sénatoriale.

Ce meeting était nécessaire pour dire que le temps de la contre offensive est lancée.
Dire aux Français que cela va mieux.
Dire aux Français que notre chemin, celui du juste équilibre, est le seul praticable.
Dire aux Français que nous ne baissons pas les bras devant les défis.
Dire aux Français que nous voulons rassembler tous ceux qui veulent avancer ! Qui veulent défendre un réalisme social écologique !
Qui veulent un nouveau souffle européen porté par une République nouvelle !

Parce que nous refusons que la France ait le destin des feuilles mortes, nous nous rassemblons aujourd’hui pour combattre.

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

14 Déc

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

L’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1

par

JCC Europe 1 14122015

Jean-Christophe Cambadélis était ce lundi 14 décembre l’invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Régionales, Front national et front républicain… par Europe1fr

 

Sur la demande au gouvernement d’une inflexion contre la précarité

« L’inflexion est dans la lutte contre le précariat.

Il ne s’agit pas de changer de politique économique, il s’agit de concentrer nos efforts sur la précarité telle qu’elle se développe dans les quartiers, dans les banlieues, dans des zones de désindustrialisation ou chez les paysans. (…)  Si nous le faisons, c’est-à-dire la sécurité sociale professionnelle, un apprentissage plus développé et des choses aussi simples que le haut débit et le numérique partout en France, bref si nous travaillons vraiment sur la précarité, je pense que nous assécherons l’abstention et par ailleurs le vote Front national.

Ce n’est pas l’exécutif qui décide de la politique du Parti socialiste mais le Parti socialiste lui-même. Toutes les décisions ont été prises rue de Solférino.

Front national
« Je pense que Manuel Valls a totalement raison, le Front national n’est pas écarté, il est en situation, il est en dynamique …La politique proposée par le Front national (souverainisme xénophobe, chasse aux musulmans…) conduit à une guerre des mots, à une guerre civique et donc à une guerre demain civile parce que le FN au pouvoir ce serait la fragmentation de la société française, ce serait l’insécurité nationale.

L’augmentation de la participation ne profite pas totalement au FN.

Je pense qu’hier il s’est passé quelque chose qui n’a pas été assez souligné: le fait que le Front national a devant lui 60% à 70% des Français qui refusent sa victoire. Il faut regarder cette France multiple qui ne veut pas du Front national. (…)

Ceci se terminera par un bipartisme au deuxième tour de la présidentielle, j’espère entre un candidat socialiste et un candidat des Républicains.

Parti socialiste

Je ne suis pas le numéro 1 des frondeurs mais le numéro 1 du Parti socialiste. Dans le PS, il y a des militants majoritaires pour le soutien au Gouvernement, d’autres plus ou moins critiques. Moi je rassemble tout le monde. »

PACA / Nord – Pas-de-Calais – Picardie
« Xavier Bertrand et Christian Estrosi : « Leur victoire, grâce à la gauche, les engage. Nous ne voulons plus entendre des discours de proximité avec le Front national. J’espère que nous n’entendrons plus ce que nous avons entendu avant l’élection régionale et que maintenant Monsieur Estrosi comme Monsieur Bertrand prendront leurs réelles avec le Front national. »

Victoire de Valérie Pécresse en Ile-de-France

« Mme Pécresse gagne car le FN s’effondre et c’est le vieux Front national, celui qui vote pour la droite au deuxième tour. S’il n’y avait pas eu ce mouvement là, Claude Bartolone avec la dynamique de la gauche gagnait.

Je souhaite que Claude Bartolone reste président de l’assemblée nationale et je le dirai mardi lors de la réunion du groupe. »

08 Nov

Commentaires fermés sur « Je trouve la théorie d’une alliance du PS avec le centre un peu dangereuse », Interview à Atlantico

« Je trouve la théorie d’une alliance du PS avec le centre un peu dangereuse », Interview à Atlantico

par

 

AtlanticoAtlantico publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou bien lire ci-dessous:

 

Dans la tribune que vous avez publiée dans Le Monde, vous abordez la question du Front Républicain. Jusqu’alors les socialistes ne l’avaient jamais remis en question, vous le faites aujourd’hui. Est-ce à dire que le FN est moins dangereux qu’avant ? Que la démocratie n’a plus besoin de s’en prémunir en unissant ses forces ?

Non, pas du tout. Le FN est beaucoup plus dangereux qu’avant. Avant, il était dirigé par un faluchard, Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, il s’est fixé comme but d’accéder au pouvoir et il s’appuie sur un mouvement qui n’est pas seulement franco-français. Dans toute l’Europe, on assiste à la montée d’un souverainisme xénophobe qui constitue un phénomène politique majeur. Dans la période qui vient il faudra donc être en capacité de le combattre et pas seulement au second tour mais au premier tour et je dirais même tous les jours.

Mais alors, si le Front national est aussi dangereux qu’avant, pourquoi ouvrir le débat sur le Front Républicain ?

C’est l’occasion de préciser quelque chose : qu’est-ce que le Front Républicain ? Le Front Républicain ce serait un accord entre la droite et la gauche, sur la base d’un programme, comme dans l’histoire de la République française cela a pu exister pour combattre un extrémisme qui menaçait la République. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de cela. Au second tour, il y aura différentes possibilités. La première : la gauche est largement majoritaire auquel cas il n’y a aucune raison de se retirer. Il y aura d’autres scénarios bien évidement mais je crois qu’il n’y a pas de risque que le FN l’emporte. Je pense qu’il sera haut au premier tour mais ne l’emportera pas au second parce qu’il y a 70% de la population qui ne veut pas du Front national. Je m’appuie, pour dire cela, sur deux exemples : celui des législatives d’abord. Marine Le Pen a fait 40% au premier tour ce qui ne l’a pas empêchée d’être battue au second. Deuxièmement, les élections départementales : tout le monde nous annonçait la victoire des candidats du FN dans l’Aisne. Or, ils ont été battus. Le Front national a un problème, c’est l’extrême mobilisation du second tour contre lui. Au second tour, les abstentionnistes viennent car ils redoutent l’extrême droite. Je crois donc que la situation est beaucoup plus ouverte qu’on veut bien le dire. De plus, enfermer les partis républicains dans le débat : allez-vous ou non vous désister mettrait le focus sur deux ou trois régions et surtout cela ferait du FN la question centrale de l’élection régionale alors que la question centrale c’est de savoir qui, de la droite ou de la gauche, va emporter le maximum de régions.

Vous ouvrez quand même une porte au ni-ni lorsque vous mettez dans le même sac Xavier Bertrand, Christian Estrosi et le FN.

Je suis halluciné par la campagne de Monsieur Estrosi et par celle de Monsieur Bertrand. Monsieur Estrosi a quand même déclaré qu’il y avait, en France, une cinquième colonne et qu’il existait des Français « de souche » et des Français « de papier ». Il mène, en outre, une campagne pour le moins islamophobe. Ça ne le qualifie pas comme le candidat le mieux à même de combattre Madame Marion Maréchal Le Pen. Quant à Xavier Bertrand, il a fait cette déclaration hallucinante : « Marine parle, moi j’agis » comme s’ils étaient, tous deux, sur le même registre. L’extrême droitisation de la droite rend peu crédible sa prétention à combattre le Front national. Certains de ses candidats veulent siphonner les voix de l’extrême droite en étant sur les thèmes de l’extrême droite et ça c’est dommageable.

Associer FN et droite républicaine, cela ne banalise-t-il pas le Front national alors que vous le déclariez récemment en voie de débanalisation?

Moi, ma crainte c’est que se constitue, élection après élection, un bloc réactionnaire où l’extrême droite banalisée rejoindrait une droite extrémisée.

N’avez-vous pas le sentiment d’être en train de perdre la bataille des idées quand vous voyez que Philippe de Villiers ou Eric Zemmour vendent leur livre à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ?

Le populisme est évidemment plus vendeur que le réalisme.

Ça n’a pas toujours été le cas…

La gauche a, en effet, perdu son hégémonie. La droite identitaire a pris le pas sur la gauche égalitaire, ce combat là a été perdu. Il faut lancer la reconquête. Et de ce point de vue là, il y a un débat au sein de la gauche entre ceux qui pensent que la reconquête doit se faire par la protestation et ceux qui préfèrent reconquérir par la preuve.

La montée en puissance de cette droite là vous paraît-elle dangereuse ?

Elle est inquiétante car, au fond, cette droite veut une alliance avec le FN. Qu’est-ce qu’un Zemmour, un Villiers, un Buisson regrettent ? C’est qu’il n’y ait pas un Mitterrand à droite qui fasse cette alliance pour attirer les couches populaires vers la droite classique. Or le Parti communiste ça n’est pas le FN mais surtout, ce qui est extrêmement dangereux, c’est que cette fusion se fasse sur les bases du FN. François Mitterrand avait fait cette alliance sur les bases du PS qui étaient loin de la rupture souhaitée par le PC. A droite, l’alliance s’organise sur la thématique de la préférence nationale qui est une des thématiques de l’extrême droite. Il faut faire attention à ce qui est en train de se passer dans les tréfonds de la société : il y a un doute démocratique, un doute sur le fait que le politique soit en capacité d’améliorer la vie quotidienne et enfin un doute sur le fait que nos valeurs pourraient perdurer. Si vous coagulez l’ensemble de ces doutes cela donne une offre politique qui tourne le dos à la République.

Selon vous, l’unité à gauche est le seul paravent contre le FN. Ceux qui n’ont pas voulu cette unité notamment dans le Nord – Pas-de-Calais – Picardie seront-ils tenus pour responsables si Marine Le Pen était élue ? Y aura-t-il des leçons a en tirer pour 2017 ?

L’arrivée du FN dans une région serait une blessure sur le visage de la démocratie française et tout le monde porterait une part de responsabilité. Il ne s’agit pas de décerner, ici ou là, de mauvais points. Mais, encore une fois, je n’y crois pas. Aujourd’hui, Xavier Bertrand tourne le dos à la tradition démocrate chrétienne du Nord – Pas-de-Calais – Picardie. Il est trop à droite et donc je pense que Pierre de Saintignon peut, tout à la fois, rassembler la gauche et réunir une partie des électeurs qui se reconnaissent dans cette tradition démocrate chrétienne, comme le faisait Pierre Mauroy.

Certes mais la liste EELV/Front de Gauche peut être en situation de se maintenir. Cécile Duflot a menacé de le faire pour protester contre la reprise des travaux de Notre Dame des Landes. Est-ce un risque ?

Oui, je comprends qu’ils soient mécontents mais je pense qu’ils jugeront que la victoire est possible. Ensuite, il s’agit d’une élection régionale et non du débat national. Enfin et surtout, ils ne voudront pas être ceux qui, part une bouderie, permettront à Marine Le Pen de s’installer dans le Nord- Pas-de-Calais – Picardie.

Quelles conclusions en tirez vous pour 2017 ? Pensez-vous que l’union de la gauche sera indispensable pour que le candidat du PS ait une chance d’être présent au second tour ?

L’union de la gauche est toujours nécessaire pour gagner. Mais il faut poser le problème autrement. Tout d’abord, je ne crois pas que Marine Le Pen sera à l’élection présidentielle aussi haut qu’on le prétend aujourd’hui. Deuxièmement, je ne crois pas que la primaire réglera le problème stratégique de la droite. Si Nicolas Sarkozy l’emporte, nous aurons la candidature de François Bayrou. Si Alain Juppé l’emporte, on voit bien qu’est en train de se constituer une droite dure qui pourrait s’exprimer alors. Elle s’exprime d’ailleurs déjà par la voix de Nicolas Dupont-Aignan qui est entre 7% et 10% des intentions de vote en Île-de-France. Donc, ce que nous observons actuellement dans les régions, c’est-à-dire une droite en tête devant le FN, ne se reproduira pas à la présidentielle car il y a aura un deuxième candidat de droite qui affaiblira le candidat désigné lors des primaires des Républicains. La droite est aujourd’hui confrontée à un problème stratégique: doit-elle aller à droite, courir derrière le FN, comme le font Xavier Bertrand et Christian Estrosi ou bien faut-il être plus classiquement au centre droite pour réunir la droite ? Cette question ne sera pas définitivement tranchée par la primaire. Et puis, dernier élément, la politique du gouvernement portera enfin ses fruits, les efforts commenceront à être récompensés. Une nouvelle période s’ouvre donc à partir de 2016.

Vous êtes finalement, à gauche, prisonniers de la même difficulté. Si vous vous tournez vers votre aile modérée, vous prenez le risque de voir émerger des candidatures à votre gauche et si vous tendez la main à votre aile gauche, les plus modérés du PS pourraient fuir vers le centre. N’êtes vous pas devant le même dilemme ?

Moins qu’on veut bien le dire parce que nous avons fait notre aggiornamento lors du dernier congrès. Nous sommes sur une orientation sociale et écologique. Les débats qui ont animé l’année 2014 sont en train de s’estomper. Le PS se rassemble et pas uniquement en son sein. Nous allons devoir unir autour de nous, c’est toute notre stratégie d’alliance populaire qui consiste à dépasser le PS afin de construire une nouvelle donne dans le paysage politique français qui soit à la fois sociale et écologiste et qui permette de préparer la présidentielle.

Que pensez-vous de la théorie des réformateurs qui souhaitent que, pour être cohérent avec le cap emprunté durant son quinquennat, François Hollande réfléchisse à une coalition avec le centre ?

Je reste Mitterrandien. Pour moi, le centre reste à droite, il n’a pas manifesté de volonté de s’émanciper. Je trouve même cette théorie un peu dangereuse car si le PS accréditait l’idée que le centre est fréquentable, il contribuerait à le renforcer. Or moi, je ne suis pas pour un Parti socialiste subordonné au centre mais pour un PS au centre du débat politique, rassemblant. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Je crois donc que cette analyse est une mauvaise interprétation de la situation politique.

En affirmant, à Sciences Po, qu’il enterrait le projet de donner le droit de vote aux étrangers, Manuel Valls abandonne un des totems de la gauche. Vous vous êtes d’ailleurs opposé à lui. Est-ce que cette évolution du PS, cette vallsisation, vous inquiète ?

D’abord, je fais la différence entre ce que le gouvernement pense et ce que le PS pense. D’ailleurs, Manuel Valls le fait aussi puisqu’il dit que le sujet ne peut pas être remis à l’ordre du jour du gouvernement vu la composition des deux assemblées. Mais il a voté, comme moi, lors du congrès, un texte qui défend l’idée du droit de vote des étrangers comme perspective politique. Donc, je crois qu’il n’y a pas de vallsisation du Parti socialiste comme il n’y a pas de cambadélisation du gouvernement.

Propos recueillis par Christelle Bertrand

01 Sep

Commentaires fermés sur L’invité de Laurence Ferrari sur I Télé

L’invité de Laurence Ferrari sur I Télé

par

Tirs croisés

Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 1er septembre l’invité de Laurence Ferrari sur I télé.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

 

30 Août

Commentaires fermés sur L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

par

Capture d’écran 2015-08-30 à 21.04.45

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 30 août l’invité de BFM Politique.

 

Vous pouvez retrouver les vidéos ci-dessous:

27 Août

Commentaires fermés sur L’invité de Valérie Nataf sur LCI

L’invité de Valérie Nataf sur LCI

par

LCI JCC 27082015

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de la matinale de LCI.

Il répondait aux questions de Valérie Nataf.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

24 Août

Commentaires fermés sur L’invité d’Olivier Mazerolle sur RTL

L’invité d’Olivier Mazerolle sur RTL

par

RTL 24082015

Jean-Christophe Cambadélis était ce aujourd’hui l’invité de la matinale de RTL.

Il a répondu aux questions d’Olivier Mazerolle.

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

19 Août

Commentaires fermés sur Entretien à Paris Match : « La ‘Mélenchonisation’ n’est pas l’avenir de l’écologie »

Entretien à Paris Match : « La ‘Mélenchonisation’ n’est pas l’avenir de l’écologie »

par

Paris Match publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

couv_bouquinJCC2015Paris Match. Pourquoi avoir écrit votre dernier livre, «A gauche, les valeurs décident de tout»?

Jean-Christophe Cambadélis. Le sens de la gauche s’est évanoui dans l’économie. On est dans une phase de technocratisation, où l’économie domine tout. Pourquoi est-on de gauche? Quelles sont les valeurs que l’on défend? L’identité, l’autorité, ces idées portées par d’autres se sont substituées à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité. On se dispute sur la stratégie économique et pendant ce temps, on ne défend pas notre projet de société.

 

 

A qui la faute?

Elle est collective. Aujourd’hui, sur notre gauche, comme sur notre droite, on nous fait des critiques sur notre politique économique. Mais personne ne se bat sur les valeurs. Or, depuis des années, entre l’extrême droite et la droite extrême, s’est constitué un bloc réactionnaire. Les temps se sont retournés, nous ne sommes plus en 1968, dans les années 1970, à l’époque de l’effondrement des dictatures en Espagne, au Portugal, en Grèce… Nous ne sommes plus dans les combats dominants pour l’égalité, la libération de la femme, contre le racisme… La gauche est prise en tenaille entre les identitaires de droite qui défendent une identité française construite contre l’Europe, contre l’immigration et d’autres identitaires, les islamistes radicaux, qui nient la notion même de République. Face à ces dangers, la gauche ne propose rien, ne défend rien.

Que faire?

Dire que la bataille économique va être longue, mais que nous allons la gagner et qu’il faut désormais se recentrer sur nos valeurs et leur actualisation. Les Français ne se détermineront pas en fonction ni du taux de croissance ni du taux de chômage. Et les valeurs de la gauche ne sont pas des gros mots! Aujourd’hui, la gauche est en fragmentation accélérée. Et si elle ne se rassemble pas autour de ses principes, elle sera marginalisée pour longtemps.

On ne voit pas le rassemblement poindre ! Pour l’instant, aux régionales, les écologistes partent sans vous !

Je ne m’y résous pas et je leur lance un appel pressant : unissons-nous ! Je ne comprends pas leur logique politique. Lorsqu’ils ont démissionné du gouvernement, ils n’ont pas démissionné des exécutifs régionaux ! Je leur demande d’appliquer la logique qui les a fait rester. Pourquoi se diviser alors que localement, partout, ils sont vice-présidents, partout ils travaillent avec nous, alors que le PS a muté sur l’écosocialisme, alors que le gouvernement organise la COP21? Tout ça pour se jeter dans les bras de Jean-Luc Mélenchon? Mais la mélenchonisation de l’écologie n’est pas l’avenir de l’écologie ! On peut comprendre l’autonomie, mais là où il y a un risque de victoire du FN, comme en Paca ou en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c’est dramatique. L’émiettement au premier tour, c’est la certitude de ne pas être au second. C’est la chance offerte au FN de gagner des régions. Il est à nos portes.

Quelle est votre ambition pour les régionales?

Je ne suis pas dans la spéculation, mais dans le combat. Les régionales, c’est un scrutin à la proportionnelle et les Français ne sont pas mécontents de ce qu’ont fait les socialistes dans les régions. Il faut que nous soyons capables de démontrer en quoi les élections régionales touchent la vie quotidienne des Français et comment une région à droite et une région à gauche, ce n’est pas la même chose.

Le PS a voté une résolution demandant une réorientation de la politique gouvernementale. Est-ce une victoire des frondeurs?

Dès qu’on parle de réorienter, les uns disent on avait raison, les autres disent que non… Il faut changer ce vocabulaire ! Il ne s’agit pas de réorienter mais de bonifier. Cette résolution est une base de discussion avec le gouvernement. C’est ce que je veux faire au PS : ne pas attendre que le gouvernement prenne une position pour que le PS en ait une. Il doit se déterminer dans l’autonomie, même si au bout il y a la solidarité. Il n’est pas possible de rassembler l’ensemble de la gauche juste sur l’action du gouvernement. Le PS doit jouer son rôle.

L’unité soit, mais même au PS les voix discordantes sont fortes : Arnaud Montebourg, qui fait sa rentrée, en fanfare ce dimanche semble s’éloigner de plus en plus du parti.

Oui. Je le regrette. Il y a parfois dans l’attitude de cet homme de grand talent un grand n’importe quoi ! Je pense qu’il a autre chose à faire que de poursuivre de sa colère le président de la République et le Premier ministre car, au fond, il s’est prononcé pour François Hollande lors de la primaire –et non pour Martine Aubry- et c’est grâce à lui que François Hollande a été le candidat des socialistes. Et c’est le même Arnaud qui s’est démené pour installer Manuel Valls à la tête du gouvernement. Donc on lui doit un peu François Hollande et un peu Manuel Valls.

Quelle place pour Arnaud Montebourg au Parti socialiste ?

Il doit rester à bord. Il est en train de gâcher son talent. Il n’y a pas d’avenir à être le turlupin de la gauche, son Cassandre, à chercher par tous les moyens de la mettre en cause. Nous avons besoin de lui dans le combat contre le bloc réactionnaire et pour la réussite du gouvernement Valls;  je lui tends la main.

Le PS peut-il disparaître?

C’est un risque. C’est pour cela que je souhaite son dépassement. Le parti tel qu’il a été constitué à Epinay tant dans ses fondamentaux que dans son mode d’organisation, n’est plus efficace. Nous devons construire un rassemblement qui dépasse les appareils, qui s’ouvre très largement sur le mouvement citoyen, qui crée une nouvelle offre politique. C’est le sens de ce que j’appelle «la belle alliance», l’alliance populaire. C’est une nouvelle donne organisationnelle, citoyenne et écologiste.

Quel est votre objectif?

Pour 2017, 500 000 adhérents et 1 million de sympathisants. En janvier 2016, nous lancerons un appel à l’alliance populaire, en demandant à nos sympathisants de nous aider à la construire. Nous avons un an pour le faire. Nous voulons organiser une convention au mois de novembre 2016, avec plusieurs milliers de représentants. Nous espérons en avoir dans chaque canton.

Avec un président si impopulaire, cela semble irréaliste !

Il faut inverser la problématique. Ne pas attendre que le président de la République soit populaire pour créer un mouvement mais créer un mouvement pour que le président de la République soit populaire !

François Hollande a confié que sans baisse «crédible» du chômage tout au long de l’année 2016, il ne sera pas candidat.

C’est courageux et redoutable. Courageux parce que contrairement à beaucoup d’hommes politiques, ce n’est pas la candidature coûte que coûte. Et c’est redoutable car si nous ne tenons pas cet objectif qui ne dépend pas totalement de lui mais aussi des conditions économiques en Europe, et bien le premier secrétaire que je suis va devoir organiser des primaires. Et on sait que c’est compliqué !

Pourquoi?

Il y aura de nombreux candidats, n’en doutons pas. Or, François Hollande, malgré les critiques, est quand même en position de synthèse dans la gauche et je ne vois pas à cette étape d’autre personne y être.

Vous souhaitez que François Hollande soit candidat en 2017 sans passer par la case primaire?

Je souhaite ce qu’il souhaite.

Pensez-vous que Marine Le Pen puisse être au second tour de la présidentielle?

Je pense que ce qu’on appelle sa présidentialité a été atteinte par la crise du FN. Les Français ont vu que le FN n’était ni mur ni configuré pour gouverner la France. Autant je pense que dans les élections régionales, le FN continuera à faire des scores et que dans les sondages –parce que c’est un cri– il continuera à avoir des chiffres hauts, autant je crois que le jour où il faudra mettre à la présidentielle un bulletin dans l’urne, certains ne se déplaceront pas. C’est ce qu’a compris Nicolas Sarkozy. C’est la raison pour laquelle il droitise son discours. Il revient à la stratégie de la présidentielle de 2012, où il cherchait à siphonner au premier tour les voix du FN. Ça va lui poser un problème avec le centre, mais c’est pour lui le moyen de gagner la présidentielle.

Est-ce une bonne analyse?

C’est dangereux. Car quand on commence à manger à la table du diable, il faut avoir de grandes cuillères et je crains que celle de Sarkozy ne soit pas adaptée.

 

Propos recueillis par Caroline Fontaine

 

07 Juin

Commentaires fermés sur L’invité du Grand Rendez-Vous d’Europe 1 avec Le Monde et I Télé

L’invité du Grand Rendez-Vous d’Europe 1 avec Le Monde et I Télé

par

Grand RDV

Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Jean-Pierre Elkabbach, Arnaud Leparmentier et Mickaël Darmon dans le Grand Rendez-Vous d’Europe 1 avec I>Télé et Le Monde.

 

Retrouvez ci-dessous les vidéos de l’interview: