Tag identité nationale

27 Juin

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L’Etat de méfiance

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Le couple de l’exécutif vit un véritable état de méfiance. La paradoxe tient au fait qu’il le nourrit. En effet, Nicolas Sarkozy s’est effondré dans l’opinion au moment de l’affaire de son fils et de l’EPAD. Les Français ont vu dans cet incident la confirmation d’une politique tournant le dos à l’intérêt général. De fait le bouclier fiscal, les contre réformes dans le domaine social, confirmaient cette intuition: la politique de Nicolas Sarkozy était injuste et de fait inefficace. Depuis, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont multiplié les revers électoraux. Les sondages sont calamiteux, le rejet persistant et le pronostic de victoire ne décolle pas, même après l’éviction de DSK. Pour tenter de faire face à cette méfiance, Nicolas Sarkozy a décidé de revenir sur toutes ses décisions. Une sorte d’opération blanchiment. Fini le ministère de l’identité nationale et de son débat, fini le bouclier fiscal, fini « j’ai les amis que je veux », fini le premier cercle, fini le Grenelle de l’environnement etc. Mais voilà cette rupture de « Sarkozy avec Sarkozy » confirme que l’on avait raison de dire « non » et ne rassure pas sur le cap suivi. D’où la méfiance vis-à-vis de l’exécutif qui légitime les critiques, sans offrir de perspectives viables

Certes Nicolas ralentit le pas mais il ne sait pas où il va. Car la preuve est faite que la vérité du jour chez lui ne rime pas avec toujours.

08 Fév

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David Cameron rejoint l’axe Merkel-Sarkozy sur l’Islam d’Europe

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Le sud jeune s’ouvre sur le monde, pendant que le nord vieillissant se referme. Ici, à Dakar, l’Afrique jeune n’a peur de rien.

C’est l’Asie il y a 30 ans, taux de croissance qui décolle, jeunesse cultivée et polyglotte et même esprit de liberté qu’à Tunis ou au Caire, là où elle fut réprimée sur la place Tien an men à Pékin. Pendant ce temps l’Europe s’enfonce dans une lente dépression dû à son changement de statut, ne dominant plus. Le monde occidental est sur la défensive, crispé sur son identité, transformé en musée. Une véritable hystérie identitaire s’est emparée du vieux continent. Et ceci d’autant plus que la crise économique dure. Lula, que nous avons rencontré à Dakar hier, pointait cette rétractation du monde, de l’Europe aphone et atone. Angela Merkel: « C’est d’abord moi, puis encore moi et enfin moi ». L’absence de leadership européen, l’absence de vision sur le nouveau monde, au Maghreb par exemple, conduit des leaders « petits bras » à caresser « l’esprit petit blanc ». David Cameron ne constate pas l’échec du système d’intégration après Merkel. Il dénonce, devant cette dernière, l’Islam qui ne s’intègre pas. Comme Nicolas Sarkozy qui tenta d’imposer le débat sur l’identité nationale, le Premier ministre anglais veut rebondir après ses échecs, sur l’islamophobie, et trouver là une source de rétablissement électoral. Et ceci au moment où le Maghreb fait revivre à sa manière les valeurs universelles et laïques, et ouvre la voie ensemble à un euro-méditerranée.

Tout ceci est confondant de contre sens pour un calcul mesquin…

23 Déc

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La solitude: Grande cause nationale de Nicolas Sarkozy !

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Nicolas Sarkozy est à ce point isolé que la solitude sera grande cause nationale pour la nouvelle année !

Etrange symbole qui souligne la singularité d’un pouvoir contesté dans les urnes, dans la rue, dans les sondages et bientôt dans son camp. L’équation sarkozienne est complexe: continuer à gouverner dans un retour aux fondamentaux, dixit Jean-François Copé. Ces fameux premiers pas qui furent à la base du rejet. Défaire ce qui fut fait pour priver la gauche d’arguments – identité nationale, bouclier fiscale – mais au bout c’est l’argument de la bonne gestion qui tombe. Courir après Marine Le Pen mais c’est fuir l’électorat centriste. Tenter de le conquérir c’est s’aliéner l’espace frontiste. Nicolas Sarkozy ne peut espérer que la division à gauche lui redonne de l’espace. Il n’émet plus, n’est plus attractif, son discours n’est que la justification de ce qu’il a fait. Et son projet ne peut se poser à la droite ou au centre que lorsqu’il saura qui à gauche. Raison de plus pour maintenir le calendrier et octroyer à Nicolas Sarkozy son année de solitude !

12 Oct

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Explication de vote sur la loi immigration, intégration et nationalité

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L’Assemblée Nationale vient de voter la loi « immigration, intégration et nationalité » présentée par Eric Besson et Brice Hortefeux.

Avant de parler proprement dit de cette loi, je souhaiterai tout d’abord poser un préalable sur la tenue même des débats.

Quelques jours après les houleux débats lors de l’examen de la réforme des retraites, c’est au tour de l’examen du projet de loi sur l’immigration de subir la censure du Président de l’Assemblée Nationale.

Les quelques seulement 30h00 proposées aux députés pour l’examen de plus de 107 articles ont été, encore une fois, interrompus par ce dernier empêchant par la même à la grande majorité des députés de pouvoir s’exprimer.

Plusieurs articles aussi fondamentaux que la durée de rétention, l’effacement du contrôle judiciaire sur les procédures de reconduite, la responsabilité des entreprises dans le travail clandestin, l’aide médicale aux étrangers en situation irrégulières n’ont pu être mis en débat, faute de temps imparti et ce, sans qu’aucun échange ne soit possible.

C’est dans cet esprit que le texte a été examiné.

Permettez-moi, maintenant, de revenir sur le contenu de cette proposition de loi et sur ce que je pense.

Tout d’abord l’historique :

Depuis 2002, c’est le huitième projet de loi proposé sur le thème.

Depuis 2002, le gouvernement de Nicolas Sarkozy n’a cessé de poser le débat sur l’immigration dans des procédés uniquement liés à la stigmatisation et au rejet de l’étranger.

Après l’immigration choisie, les propositions de test ADN, la dénonciation des mariages gris, le débat sur l’identité nationale, le gouvernement organise et veut imposer un projet de loi poussant toujours un peu plus les limites et les amalgames entre immigration et insécurité.

J’ai suivi et j’ai dénoncé les méthodes utilisées dans le cadre de la mise en place du débat sur l’identité nationale.

J’ai dénoncé et je continue de dénoncer les expulsions collectives des populations roms basée sur le désir d’une politique spectacle et stigmatisante.

Aujourd’hui, avec ce projet de loi, le Gouvernement, continue de stigmatiser encore et encore les immigrés en focalisant l’ensemble des articles qui ont été mis en discussion sur une gestion et un règlement des « problèmes » de l’immigration plutôt que sur l’organisation de principes d’intégration dans notre pays des populations qui y résident et qui contribuent de l’activité économique de notre pays.

Citons quelques-uns des articles de la proposition de loi :

La déchéance de la nationalité.

Lors de son discours de Grenoble le 30 juillet dernier, Nicolas Sarkozy avait déjà posé les jalons de ce que qui nous est proposé aujourd’hui. Ainsi donc, il proposait de retirer la nationalité française à « toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie » d’un policier, d’un gendarme « ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique ». 
Le projet de loi immigration qui a été proposé à l’Assemblée Nationale reprend exactement ces dispositions mais l’élargit pour toute personne qui aurait acquis la nationalité française depuis moins de 10 ans.

C’est donc qu’il y a deux poids, deux mesures ?

Qu’il y aurait d’un côté, les français, dits « de souche », pour laquelle, la déchéance de la nationalité n’interviendrait pas dans ce cas là et les autres ?

Les autres, ceux qui, après un parcours du combattant souvent humiliant et fastidieux, obtiendrait la naturalisation à « condition que ». A condition que, pendant 10 ans, ils ne commettent pas de délit à l’encontre des personnels sus citées.

Permettez moi de trouver cet article discriminant et injuste.

Discriminant parce que tout personne qui obtiendrait la naturalisation ne serait finalement pendant 10 ans pas un vrai français mais toujours un individu marqué, désigné. Et injuste parce que la naturalisation, tel que l’article 1 de la Constitution le stipule, où est l’égalité de tous devant la loi sans aucune distinction ?

Sur l’instauration de la double peine.

Avec le vote de cette loi on assiste à une stigmatisation et à des expulsions organisées et légalisées des personnes qui vivent en France sans titre de séjour régulier en France.

Après l’OQTF ( Obligation de Quitter le Territoire Français), le gouvernement met en place une procédure parallèle : IRTF ( l’Interdiction de Retour sur le Territoire Français) pendant une période allant de 2 à 5 ans.

Cette nouvelle disposition est une véritable instauration de la double peine : Pas de titre, pas de droits.

Double peine qui aura des conséquences graves pour certains étrangers, conjoints de Français ou disposant d’attaches familiales en France (enfants nés en France, scolarisés en France par exemple), mais aussi pour des personnes potentiellement en danger dans leur pays de retour. Sans parler de la remise en cause du droit au séjour des personnes vivant en France et atteintes d’une maladie grave.

La stratégie du statut : étranger = bouc émissaire

Par ce projet de loi, le Gouvernement entérine la politique de bouc-émissaire des étrangers.

Une loi inefficace sur le fond et discriminatoire dans les faits.

Les modalités des expulsions mises en place depuis l’été des populations roms, la circulaire, retirée depuis, explicitant clairement la stigmatisation d’une population, d’une ethnie nous valant la une de la presse européenne et internationale, démontre bien la volonté du gouvernement de Nicolas Sarkozy de mettre en place dans le pays des droits de l’homme, une véritable stratégie divisions des populations, de négation du vivre ensemble et de stigmatisation des étrangers.

Pour toutes ces raisons, j’ai voté NON au projet de loi immigration, intégration et nationalité.

09 Fév

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Identité: Un mauvais débat, un mauvais tempo, un mauvais casting…

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Dans la mesure où le débat est d’abord lancé à propos de la burqa, et à partir du moment où le gouvernement refuse de pointer l’individualisme consumériste – enrichissez vous oblige – que le même gouvernement sacralise le marché et le « gagner plus », voir le libéralisme. La remise en cause de la réflexion l’identité nationale ne peut être qu’une remise en cause de l’immigration.

Le tempo ensuite: ouvrir cette controverse à la veille des élections régionales, c’était prendre le risque de l’opportunisme électoral vis à vis du Front National. Le casting enfin, pourquoi si on juge la patrie en danger, si on pense ce débat majeur, l’avoir fait « sous traiter » par un ministre subalterne et de l’immigration de surcroît ? Pourquoi le Président de la République n’a t-il pas cadré le débat ? Bref un combat douteux pour des raisons honteuses…

08 Fév

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Identité nationale et fraternité

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Depuis maintenant trois décennies le débat idéologico-politique français est impacté par trois « évènements » majeurs : la fin du communisme et la chute des idéologies, la globalisation et la tension entre le marché et la société, enfin l’écologie et la volonté « d’économiser la planète ». Au-delà de la controverse sur une société juste dans l’économie de marché, de l’Etat stratège ou celle sur le périmètre de la puissance publique, la question de l’identité nationale est maintenant récurrente. La droite a son « logiciel » : identité – immigration – insécurité. Le fait que le débat sur l’identité nationale fut lancé par le ministre de l’identité nationale et de l’immigration lors d’une réponse à une question sur la Burqa au « Grand jury » en est l’illustration. La gauche, elle, construit par petites touches son triptyque : l’égalité réelle – la liberté ordonnée et la fraternité laïque.

Troisième pilier du fameux triptyque républicain, la fraternité, avec ses connotations judéo-chrétiennes et « idéalistes », semble revenir un peu ces derniers temps sur le devant de la scène rhétorique, après avoir été traditionnellement reléguée dans la pensée politique de la gauche derrière les concepts « durs » de la philosophie politique : la Liberté et l’Egalité.

Celles-ci ont longtemps été et restent bien sûr les valeurs cardinales autour desquelles s’organise l’incessante redéfinition identitaire de la gauche, dans sa différence avec la droite : Lire la suite…

17 Jan

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Inauguration du Boulevard de la Honte

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Samedi 16 janvier, j’ai participé à la mobilisation organisée par SOS-Racisme dans le cadre de la journée des expulsions pour dénoncer l’annonce du Ministre de l’Identité nationale: 29 000 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés en 2009.

En mémoire aux milliers de personnes traquées chaque jour, séparées de leurs familles, renvoyées dans leur pays d’origine, avec le MRAP, le Gisti et des responsables associatifs et politiques, nous avons participé à l’inauguration du Boulevard de la Honte, suivi d’un Freezing contre les expulsions et un lâcher de ballons, Place de la Rotonde à Stalingrad dans le 19ème.

Voir l’article du nouvelobs.fr

29 Déc

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Tribune de Marylise Lebranchu sur lemonde.fr

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Marylise Lebranchu, ancienne Ministre de la Justice et Députée du Finistère, a publié une tribune sur lemonde.fr, je vous propose de la lire:

Plainte en diffamation ou intimidation ? par Marylise Lebranchu

Le rapport au droit du ministre Besson a tous les atours de la rationalité. En tant que ministre, il affirme appliquer la loi, qu’il qualifie aussitôt de « républicaine », avec ce que l’on peut deviner d’obéissance zélée et respectueuse. En tant que ministre, il porte plainte contre un opposant politique qui comparait son parcours à celui de l’opportuniste Pierre Laval, devenu chef du gouvernement de Vichy, et « entend, à l’avenir, poursuivre systématiquement en justice tout propos similaire ».

Elargissons tout de suite le propos. Ce double rapport à la loi et à la justice n’est pas, depuis 2007, l’apanage du seul M. Besson au sein de l’exécutif français. Il n’est, en cette matière comme dans d’autres, qu’un pâle reflet de M. Sarkozy. On ne rappellera pas ici les plaintes du président lui-même contre Le Nouvel Observateur, contre un fabricant de tee-shirts d’Albertville, contre Ryanair, contre l’ancien directeur des renseignements généraux (RG) et, bien sûr, dans l’affaire Clearstream.

A constater l’activisme juridique du président de la République, tant en termes de production législative que d’implication procédurière, on y découvre un rapport « décomplexé », selon l’un de ses mots, c’est-à-dire instrumental. La loi comme la plainte ne semblent représenter, aux yeux de l’ancien ministre de l’intérieur, qu’un outil pour mener à bien son action, quelle qu’elle soit. L’Assemblée nationale et le Sénat sont progressivement tournés en simples chambres d’enregistrement pour les lois choisies et écrites par le gouvernement. Les propositions de loi socialistes ne sont même pas débattues. Et lorsqu’un parlementaire de droite se laisse convaincre et vote avec l’opposition, le gouvernement demande un nouveau vote ! Lire la suite…

22 Déc

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Plus de 100 députés sont signataires de l’appel: Eh bien, poursuivez-nous Monsieur Besson !

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Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale a décidé de porter plainte contre Jean-Christophe Cambadélis au prétexte que le député socialiste de Paris a déclaré « que le ressort de l’itinéraire de Besson était le même que Laval » et contre Monsieur Mordillat parce que ce dernier évoquait au sujet de son action les heures noires de la République.

Nous, député(e)s de la République française, déclarons :

> Caractériser l’itinéraire de Monsieur Besson n’est pas un délit.

> Stigmatiser l’étranger et l’immigré dans le débat national dénature la République.

> Renvoyer les Afghans dans un pays en guerre est une faute grave au regard de notre histoire.

Alors, si vous l’osez, poursuivez-nous, Monsieur le Ministre.

Plus de 100 députés sont signataires: Lire la suite…