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31 Juil

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Que reste-t-il de Jaurès aujourd’hui ?

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A l’occasion du centenaire de la mort de Jean Jaurès, le journal gratuit 20 minutes a interrogé plusieurs personnalités politiques autour de l’héritage de Jaurès aujourd’hui.

Vous pouvez retrouver ci-dessous la réponse de Jean-Christophe Cambadélis:

De Jaurès? Il reste des cendres. Elles reposent à leur juste place, au Panthéon, veillées par toute la patrie reconnaissante. La flamme de Jaurès, elle, brûle en chaque socialiste et éclaire parfois les politiques de droite en manque d’idées. « Ils ont tué Jaurès ! » cria-t-on le 31 juillet 1914. Mais, Jaurès, homme de lettres et homme de lutte, est toujours vivant. C’est d’ailleurs à cela que l’on reconnaît les grands hommes : ils se survivent à eux-mêmes. Jaurès, c’est la République jusqu’au bout, c’est-à-dire sociale. Jaurès, c’est cette voix qui résonne encore pour défendre ceux qui vivent de peu. En 2014 et bien au-delà. Jaurès, c’est le socialisme réformiste en action, qui ne se réfugie pas derrière des postures verbales jusqu’auboutistes mais cherche à améliorer sans cesse les positions, pas à pas, par compromis. Alors, de Jaurès, que reste-t-il ? L’essentiel. La pensée Jaurès, ce combat permanent pour la justice et la guerre faite à la guerre. Qu’y-a-t-il de plus actuel ?

 

 

 

 

 

30 Juil

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L’invité de Philippe Corbé sur RTL

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Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Philippe Corbé dans la matinale de RTL.

 

Vous pouvez réécouter l’interview en cliquant sur le lien ci-dessous:

 

 

 

28 Juil

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Interview dans la Dépêche du Midi: « Hollande mène une politique adaptée aux contraintes »

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logo dépêche du midiRetrouvez ci-dessous l’intégralité de l’interview que Jean-Christophe Cambadélis a accordé à La Dépêche du Midi :

 

 Les socialistes au pouvoir peuvent-ils encore se revendiquer de Jaurès ?

Jaurès était un pragmatique vertébré. Il partait d’un problème concret de la vie économique et sociale mais la réalité n’est pas sa finalité. Il voulait transformer la société. Aujourd’hui, les socialistes doivent s’inspirer de sa démarche. Ils doivent partir du réel et non d’une situation fantasmée afin de transformer et non pour s’adapter. Et ils doivent mener leur action dans la justice.

 

 François Hollande ne donne-t-il pas plutôt l’impression de s’adapter ?

François Hollande est arrivé au pouvoir, comme c’est souvent le cas pour la gauche, dans une situation contrainte. Contrainte budgétairement parce que la droite nous a laissé des déficits colossaux. Contrainte industriellement parce que nous avons encaissé des rafales de plans sociaux. Contrainte morale car le pays divisé doutait de lui-même. Avant de  procéder à de la redistribution, il faut remettre les compteurs à zéro et relancer notre processus industriel. Voilà pourquoi François Hollande mène une politique adaptée aux contraintes. La France aujourd’hui est au rendez-vous des réformes, mais c’est l’Europe qui n’est pas au rendez-vous de la croissance. Là réside la principale difficulté.

 

 Aujourd’hui, Jaurès serait-il du côté du duo Hollande-Valls ou du côté des frondeurs ?

Jaurès essaierait de faire l’unité ! Il voudrait redresser le pays économiquement mais il le ferait dans la justice. C’est ce que nous avons accompli à travers les mesures prises en faveur des petites retraites et des petits fonctionnaires sur le plan fiscal tout en aidant les entreprises dans leur compétition.

 

 Que faut-il attendre des Etats généraux du PS que vous lancez à la rentrée ? Encore une grande messe théorique ou idéologique ?

Le parti socialiste a besoin de reformuler sa carte d’identité. Il doit donc répondre à la question : qu’est-ce qu’être socialiste aujourd’hui ? Ensuite, le paysage électoral s’est modifié. .Avec l’émergence du Front national, nous sommes entrés dans le tripartisme. Dans cette configuration, il faut être au deuxième tour d’une élection. Pour cela, il ne faut pas jouer l’alternance classique du bipartisme traditionnel qu’on a connu entre la droite gaulliste et le PS. Il faut être identifié, et donc avoir une carte d’identité. C’est que nous allons faire. Nous définirons ainsi le socialisme moderne.

 

La gauche du PS voudrait que le congrès soit avancé au début de l’année prochaine. Pourquoi n’y êtes-vous pas favorable ?

Je ne suis fermé à rien. Je veux qu’on y réfléchisse ensemble. C’est pourquoi j’ai nommé une commission  pour fixer la date du congrès. Mais je ne veux pas un congrès bâclé ou d’opportunité. Il faut tenir compte de la date des élections cantonales et régionales.

 

C’est une manière de gagner du temps dans l’attente des résultats de la politique économique du gouvernement ?

Je ne crois pas qu’un congrès soit fait pour avoir un débat pour ou contre le gouvernement. Il est fait pour trancher des débats sur l’avenir et non sur le passé.

 

Après les municipales, la gauche perdra-t-elle le Sénat lors du prochain renouvellement en septembre ?

Non. Pour trois raisons. D’abord, la série qui sera renouvelée n’est pas défavorable à la gauche et au PS en particulier. Ensuite, la droite est divisée entre ses écuries présidentielles et cela se répercutera au niveau sénatorial. Enfin, le Front national va rafler un certain nombre de grands électeurs. La situation est donc beaucoup plus ouverte qu’on veut bien le dire.

 

 Le retour probable de Nicolas Sarkozy à la rentrée vous inquiète-t-il ?

Ce qui m’inquiète, c’est la situation de l’UMP. A force de s’envoyer des boules puantes, c’est tout l’UMP qui sent mauvais. Mais on ne peut pas se satisfaire qu’un grand parti républicain soit dans cet état-là. Plus la droite est effondrée plus le FN progresse avec de graves conséquences dans la société française. Dès lors peu m’importe qui est à la tête de l’UMP.

 

Propos recueillis par Jean-Pierre Bédéï

 

09 Juil

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L’invité de Ruth Elkrief sur BFM TV

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JCC BFM TV 09072014

Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce soir aux questions de Ruth Elkrief sur BFM TV.

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:

Jean-Christophe Cambadélis: L’invité de Ruth… par BFMTV

10 Mai

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Mon discours lors de la célébration du centenaire de la mort de Jean Jaurès à Maraussan, samedi 10 mai 2014

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Vous pouvez retrouver ci-dessous le discours prononcé ce samedi 10 mai par Jean-Christophe Cambadélis, lors de la célébration du centenaire de la mort de Jean Jaurès à Maraussan.

 

Seul le prononcé fait foi.

 

Monsieur le Maire, mes camarades, mes chers amis,

 

C’est un vrai plaisir et un honneur de vous retrouver, ici, à Maraussan, pour évoquer Jean Jaurès. Il n’est jamais facile de prendre la parole pour parler de Jean Jaurès, lui qui la maîtrisait si bien cette parole, lui qui maniait le verbe à la perfection.

Jean Jaurès, quel orateur ! Quel penseur  aussi ! Il savait que pour transformer le monde, il faut d’abord le penser, qu’il faut l’interpréter avant de l’interpeller.

Jules Renard a su résumer en une heureuse formule cette belle combinaison: Jaurès était un tribun aux « poings pleins d’idées ».

C’est ce talent d’éloquence que Jean Jaurès sollicita le 30 avril 1905, devant 15 000 personnes, faisant jouer sa verve politique jusqu’à la dernière oreille du dernier rang des arènes de Béziers. Oui, Jaurès se rendit à Béziers, pour annoncer la naissance de la SFIO. A l’époque, il n’y avait pas de télé, encore moins de chaînes d’information en continu, ni de SMS.  Jaurès alla donc sur le terrain, à la rencontre des militants pour les convaincre du bien-fondé de l’unité qui avait été actée, quelques jours plus tôt, dans la salle du Globe à Paris.

Jaurès savait qu’avant d’agir il faut savoir convaincre, mais surtout se battre pour l’unité, qui seule, rend l’action possible. L’unité, ce « talisman », ce « beau soleil » dira-t-il, c’était sa cause.

La SFIO sera grâce à lui le parti de tous les socialistes, qui, à l’époque, étaient éparpillés dans de nombreuses chapelles aux multiples tendances. A côté des Indépendants dont faisait partie Jaurès, on trouvait les Allemanistes, les Possibilistes, les Blanquistes, sans oublier ceux qui, dans l’Hérault, étaient si présents et influents : les Guesdistes.

Mais, Jaurès n’était pas seulement obstiné par l’unité des socialistes, il voulait aussi unifier ouvriers industriels et travailleurs paysans. C’était son moteur et son rêve en tant que député du Tarn. C’était surtout un immense défi car « Jaurès le partageux » et son collectivisme faisaient l’effet d’un véritable épouvantail dans les campagnes. Le coeur rempli de ce défi, il prit sans relâche les chemins tortueux et raides pour porter sa parole d’unité, des mineurs de Carmaux aux paysans de la montagne cévenole. C’est sans doute ce souci qui le décida à se rendre à Maraussan le lendemain de son meeting de Béziers : il voulait voir de ses propres yeux ces vignerons qui bâtissaient leur cave coopérative, ces vignerons, qui, par dessus le marché, chômaient en ce 1er mai.

Jaurès, dans son discours, fit appel à une somptueuse métaphore que je vous restitue ici : « Dans une vigne, des raisins contrariants et imbéciles dirent qu’ils ne voulaient pas aller avec leurs frères qui se laissaient cueillir. On fit comme ils le voulaient, et ce qui se passa, c’est qu’ils pourrirent sur souche, tandis que les autres allèrent à la cuve, où ils firent le bon vin qui réjouit les coeurs. Paysans, ne demeurez pas à l’écart. Mettez ensemble vos volontés, et, dans la cuve de la République, préparez le vin de la Révolution sociale !». Quelques jours plus tard dans son journal, l’Humanité, il consacra de magnifiques lignes à sa visite et évoquera – je le cite à nouveau –  « ces grandes et fortes pensées qui mettent une fierté et une joie au regard des bons vignerons maraussanais recevant leurs amis socialistes et parlant avec eux de l’avenir ».

Eh bien, mes chers amis, parlons, nous aussi, de l’avenir.

Le XXIème siècle est déjà bien entamé mais sa dynamique n’est pas tout à fait en place. Les forces fraternelles du progressisme affrontent les puissances centrifuges du déclinisme, les tenants de l’égalité s’opposent aux chantres de l’identité. Notre République doit en fait faire face à des tâches gigantesques. Nous devons redonner du sens à la justice, lui donner de l’efficacité. Dans un nouveau monde, un monde mondialisé où la compétition est la panacée. Nous devons redresser la France qui coule sous les dettes que nous ont laissé nos prédécesseurs. Nous devons reconstruire notre industrie que l’on a abandonnée pendant 15 ans.

Mais l’avenir c’est aussi l’Europe.

L’avenir de l’Europe commence le 25 mai. Le 25 mai : un seul jour, un seul tour. Une date carrefour. Voulons-nous emprunter à nouveau le chemin de la construction européenne ou nous laisserons-nous emporter sur le chemin de la destruction européenne ? La Commission européenne sera-t-elle un allié ou un frein pour le redressement de notre pays ? Voilà les deux interrogations centrales qui doivent déterminer ce vote déterminant et non pas je ne sais quel soi-disant référendum pour ou contre l’Europe. La vraie question n’est pas de savoir si nous sommes pour l’Europe mais de savoir pour quelle Europe nous sommes. L’Europe est aujourd’hui de droite. Voilà 10 ans qu’elle est dirigée par le PPE de Madame Merkel, de Monsieur Berlusconi ou de Monsieur Copé. Hier ils étaient fiers à l’UMP du Merkozy. Hier ils vous disaient : « C’est Nicolas Sarkozy qui a sauvé l’Europe, c’est Sarkozy qui a sauvé la Géorgie. C’est Sarkozy qui sauve le système bancaire ».

Aujourd’hui face au fiasco, ils travaillent à se faire tout petit. Lorsque je propose Martin Schulz dans un débat pour me remplacer, ils n’osent même pas proposer Jean-Claude Juncker leur candidat. Ils ont tellement honte de leur Europe qu’ils ont pour mot d’ordre une autre Europe, quel aveu ! Ils ont tellement honte de leur bilan, que Henri Guaino déclare qu’il ne votera pas pour l’Europe de leur chef de file Alain Lamassoure dont plus personne ne veut dit-il !

C’est d’abord cela l’enjeu de la droite européenne. Faut-il garder la majorité conservatrice qui a conduit en 10 ans l’Europe à la ruine ? Tout ceux qui, par le nationalisme ou par campagne particulière, évitent de poser ce problème font le jeu des sortants qu’il faut sortir. Il en va de l’avenir de l’Europe. Mais aussi de la France.

Nous ne voulons pas non plus de déclinisme maladif et intéressé, nous ne voulons pas de ceux qui veulent, comme le FN, sortir de l’Europe. C’est à l’opposé de celle de Jean Jaurès, ce combattant de la fraternité et de la paix. Jaurès, interrompu dans son élan, au moment même où il s’apprêtait à rédiger un deuxième « J’accuse », dirigé, cette fois, contre la guerre. On connaît l’issue tragique de ce 31 juillet 1914: le sang recouvra l’encre. L’Europe plongea dans la boue et l’horreur.

Jaurès, mort pour le peuple et pour la paix.

Jaurès, assassiné par le populisme et par la guerre.

« Ils ont tué Jaurès ».

Ils ont tué Jaurès et ils sont toujours là.

Oui, la main qui a guidé Villain continue d’agiter les peurs et les haines. L’histoire est pleine d’ironie et de raccourcis. Hier, à Béziers, s’est tenu un rassemblement des ayatollahs de l’identité. Sans surprise, l’intransigeance l’a disputé à l’outrance, le populisme le plus délétère au déclinisme le plus détestable. Ils font, on le devine, un pari sur le déclin, ils misent sur le chaos, car c’est ce chaos qui permettra de mettre KO la République. Le désordre, en un sens, ils l’espèrent, ils l’attendent. L’Europe, ils ne l’ont jamais accepté. L’Europe est pour eux un carcan insupportable. C’est pourquoi ils veulent la faire exploser. Ils veulent sortir de l’Euro mais ont la sortie de l’Europe en tête. Peu importe si cela plongera le pays dans la récession et rallumera la guerre monétaire. Le Front national ne pense qu’aux prochaines élections au lieu de penser aux prochaines générations. C’est sa marque, c’est à cela que l’on reconnaît son discours. Madame Le Pen est, de ce point de vue, en train de prendre une responsabilité effroyable face à l’histoire sur notre continent.

En politique, les mots ne trompent pas. Dans le camp d’en face, ils parlent souvent des Français « de souche ». Cette expression, qui en dit long sur le fond de leur pensée, mérite que l’on s’y arrête un instant. La souche, c’est un terme que l’on utilise le plus souvent pour désigner un tronc coupé, sans vie.

La France, nous la voulons vivante, nous la voulons puissante. La France, ils la veulent aigrie, ils la veulent rabougrie.

Ce qu’ils ne veulent pas voir, c’est que nos racines continuent de pousser. Tant mieux, l’inverse signifierait que nous sommes morts.

Qu’ils se le disent : nos racines de vie seront toujours plus fortes que leur arsenic de haine. Quelles que soient leurs racines, les Français s’unissent dans la construction permanente et incessante d’un destin commun, sous le fronton protecteur de la République, sous l’aile aimante de la Patrie. Jaurès aimait la patrie, la mère patrie qui chérit tous ses enfants. Notre patrie délivre de l’amour, elle ne déverse pas de la haine.  La haine ne grandira pas la France. La déconstruction de l’Europe ne servira pas la France.  Elle ne permettra pas de créer de l’emploi, de renforcer les droits des travailleurs, de nous réindustrialiser ou de favoriser la transition écologique. On touche ici, je crois, le coeur du mensonge sur lequel s’appuie le Front national pour les élections européennes du 25 mai prochain. Ils nous disent en somme: c’est soit la France, soit l’Europe. Quelle horreur ! Quelle erreur ! L’Europe est notre deuxième patrie, c’est la condition essentielle de notre redressement, c’est l’élément naturel de notre épanouissement, c’est le foyer indiscutable d’une nouvelle croissance.

Chers amis, nous sommes aujourd’hui le 10 mai, date anniversaire, celle de la victoire de François Mitterrand et au peuple de gauche accédant enfin au pouvoir. François Mitterrand qui a prononcé un grand discours le 16 novembre 1988 à Castres. Il disait : « Je songeais qu’on a, depuis Jaurès, certes parcouru du chemin. Mais il faut avancer encore et encore et c’est après tout la même recherche, la même passion qui doit nous habiter. Si les techniques ont changé, si le niveau moyen d’instruction a progressé, si le monde bouge, si l’économie évolue, s’il faut sans cesse s’adapter, ajuster les moyens aux dispositions du moment, il n’empêche que c’est exactement la même démarche depuis le premier jour. C’est une suite sans interruption. Nous nous plaçons dans la ligne de Jean Jaurès ». Ce combat, ce nouveau 10 mai, il est possible en Europe. La majorité est à portée de main.

Notre programme est clair. Nous voulons une nouvelle croissance, nous refusons la lecture hémiplégique des traités où la stabilité s’est transformée en austérité et la croissance est absente.

Avec la taxation des transactions financières portée par le SPD et le PS, nous avons aujourd’hui un cadre juridique qui ne demande qu’à prospérer. Encore faut-il qu’il y ait un président de la Commission sur cette longueur d’onde. C’est le cas du PSE et de Martin Schulz.

Nous voulons débureaucratiser Bruxelles ou l’on s’occupe de tout et pas de l’essentiel.

Nous voulons un traité social qui permette l’harmonisation sociale évitant que les peuples d’Europe se fassent une guerre économique déloyale.

Nous voulons un traité sur l’énergie. Nos pays gaspillent 400 milliards d’euros dans leur énergie. Construire un traité dans ce domaine c’est réduire notre dépendance et affirmer notre indépendance.

Nous voulons une Europe de la défense. La France est bien seule en Afrique pour protéger l’Europe. Et quand elle n’est pas là, la France, l’Europe n’est pas respectée par nos grands voisins comme en Ukraine.

Notre Europe c’est celle du progrès, le Président l’a rappelé cette semaine. Notre Europe, ne laissera pas faire les marchés, notre Europe ne se laissera plus faire face aux marchés. Notre Europe traitera le problème crucial du chômage des jeunes. Notre Europe instaurera un SMIC européen. Notre Europe fera du droit à l’avortement un droit fondamental. Notre Europe, restera facteur de paix en se dotant d’une politique étrangère et de défense cohérente et dissuasive. Notre Europe ne sera plus objet de déception mais d’affection. Notre Europe marquera le retour du politique. Notre Europe redonnera envie d’aimer l’Europe car elle lui rendra sa force et son but : améliorer les conditions de vie concrètes de millions de femmes et d’hommes et donner à leurs enfants des raisons de reprendre espoir en l’avenir. Voilà ce qui changera si nous arrivons à convaincre nos concitoyens de choisir notre Europe.

Mes camarades, mes chers amis. Il est temps d’agir. Face à l’urgence sociale et pour changer l’Europe, il faut une nouvelle majorité en Europe.

Alors le mot de la fin, bien entendu, je le laisserai à Jaurès. Il s’agit d’une phrase tirée d’un article paru dans l’Humanité en date du… 10 mai 1914. Il y cent ans, jour pour jour. Et je propose d’en faire, mot pour mot, la devise de nos prochaines batailles.

Voilà ce qu’écrit Jaurès : « L’heure n’est plus au scepticisme, au dilettantisme et aux fantaisies, mais à l’action ».

 

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

10 Mai

Commentaires fermés sur « Jaurès nous inspire », interview au Midi Libre

« Jaurès nous inspire », interview au Midi Libre

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midi libre logoLe Midi Libre publie aujourd’hui une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver ci-dessous:

 

Vous venez à Maraussan pour le centenaire de la mort de Jean Jaurès… Que représente-t-il aujourd’hui pour le socialisme?

C’est un inspirateur. Un inspirateur pour le socialisme, et sur l’importance de l’unité.

C’est l’homme qui a su rassembler les gauches… C’est un message très actuel. Sans unité rien n’est possible.

 

Au moment où le PS va affronter un scrutin difficile pour les européennes, avec un FN qui s’envole,ce message peut-il aider les socialistes?

J’affirme que la victoire en Europe est à portée de mains. Si elle intervient elle changera le destin de la France. Je suis convaincu que les Français ont intégré dans leur raisonnement la dimension essentielle de cette élection. Si on veut que ça change en Europe, il faut que le PS Européen soit en tête en Europe et que la présidence de la Commission, dirigée par les conservateurs, change.

 

C’est pour cela que vous avez insisté pour que Martin Schulz vous remplace dans un débat sur France2 (le 22 mai), face à Jean-François Copé et Marine Le Pen ?

Tout à fait. L’UMP est aux abonnés absents parce qu’ils sont les sortants. Ils ont en 10 ans menés l’Europe à l’abime. Marine Le Pen, elle fait campagne pour sortir de l’UE. Elle conduit la France à la catastrophe. Nous avons donc la responsabilité de réorienter l’Europe. Martin Schulz est le candidat des 28 partis sociaux démocrates pour cette nouvelle Europe. C’est pour cela que j’ai souhaité que le débat garde cette dimension européenne…

 

C’est un message qui passe bien lorsque vous faites le tour des fédérations du PS ?

C’est nouveau et cela créer, une fois compris, un enthousiasme. Les Français et les Européens ont conquis le droit de peser au Parlement Européen. La parole européenne ne sera plus confisquée par des cabinets ou des chefs de gouvernement qui sont majoritairement à droite. Le message surprend encore parfois, mais il réconcilie les europhiles que sont les socialistes et les eurocritiques de l’Europe telle qu’elle est devenue. Une Europe de droite qui applique de manière hémiplégique des traités d’un autre temps. On a écrit dans les traités : stabilité et croissance. La stabilité s’est transformée en austérité et la croissance est absente. Avec les listes « Choisir notre Europe », nous voulons inventer une nouvelle forme de croissance, toute les familles socialistes se retrouvent dans ce message d’espoir.

 

N’y-a-t-il pas contradiction entre cette volonté et les actions menées par le gouvernement ?

Le gouvernement respecte les traités, mais il n’en pense pas moins. Les socialistes eux veulent et peuvent les faire évoluer vers une croissance accrue. Ce n’est pas contradictoire. Il faut respecter les engagements du pays, mais rien n’interdit – au PS – d’infléchir fortement la lecture des traités voire d’en proposer d’autres.

 

Les 50 milliards d’économie, cela entre dans ce schéma ?

C’est un assainissement nécessaire de la dette que l’UMP nous avait laissé et un investissement substantiel pour soutenir la croissance de notre industrie.  Une France en forme pèsera beaucoup plus en Europe et sa parole sera  beaucoup plus entendue. Il faut pour créer un cercle vertueux que la France ait assainit ses finances et l’Europe déclenche la relance. L’un vient au secours de l’autre.

 

Il n’y a  donc pas de solution pour la France hors de l’Europe ?

Je ne crois pas à la croissance d’un seul pays. Soit elle est européenne, soit l’austérité voulue par les droites qui la dirigent aujourd’hui achèvera de détruire l’Europe. Et dans le marasme qui s’ensuivra, il n’y aura pas de passage par la case « nation ». Nous irons tout de suite à l’affrontement communautaire.

 

C’est donc la ligne que défendent les listes PS et PRG pour cette élection ?

Evidemment. Le premier secrétaire que je suis, engagé dans une campagne européenne, souhaite que le parti de la croissance l’emporte sur celui de l’austérité. Mais c’est un engagement à 28 partis sociaux-démocrates qui font le choix commun et cohérent de la croissance et de la solidarité.

 

Vous allez vous rendre à Béziers, que pensez vous du maire, Robert Ménard ?

Il veut tout à la fois. Avoir les voix du FN et affirmer qu’il n’en est pas… Ce n’est ni honnête ni crédible. C’est un drame pour les socialistes de s’être divisés sur cette question pour un strapontin municipal.

 

Quel regard portez vous sur le choix du candidat socialiste, Jean-Michel Du Plaa qui s’est maintenu dans une triangulaire ?

C’est une attitude inacceptable du point de vue des principes, intolérable du point de vue de notre philosophie et consternante du point de vue des raisons qui l’ont inspiré.

 

Le rendez-vous des européennes, le 25 mai, c’est un moment fort ?

C’est un rendez-vous historique. Parce que pour la première fois on peut élire le président de la Commission, parce que les peuples peuvent désigner une majorité sur un programme clair, qui changera l’avenir de l’Europe et de la France.

 

Propos recueillis par Philippe Mouret