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02 Déc

Commentaires fermés sur «Le Medef a pris la tête de l’opposition au gouvernement, ce n’est pas son rôle», Interview dans Les Echos

«Le Medef a pris la tête de l’opposition au gouvernement, ce n’est pas son rôle», Interview dans Les Echos

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Les Echos publient ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Le Medef, la CGPME et l’UPA organise ce mercredi à Lyon un rassemblement contre une politique qui étouffe les entreprises. Avez-vous envie de les rassurer ?

Les bras m’en tombent ! Aucun gouvernement de la Ve République n’a fait autant pour la compétitivité des entreprises – 50 milliards de baisses de cotisations, excusez du peu – mais pour les organisations patronales ce n’est jamais assez. Je peux partager l’idée que tout cela prend du temps et qu’il faut de la constance, de la confiance et de l’efficacité pour que les mesures que nous avons votées déploient leur effet. Mais le patronat a aussi un rôle à jouer dans le rétablissement de la confiance. Or son côté jamais content est propre à décourager toute personne qui aurait dit publiquement « J’aime l’entreprise ».

 

Appuyez-vous Bruno Le Roux lorsqu’il menace de mettre en cause les baisses de charges ?

Je comprends la colère suscitée par la surenchère patronale, mais je préfère appeler le patronat à se rasseoir à la table de négociation plutôt que de battre le pavé.

 

Et pourtant, le compte pénibilité, même amendé, leur parait source de tracas…

Cette mesure n’est pas négociable car il s’agit de justice sociale et de santé publique. Le Medef le sait et c’est précisément pour cela qu’il en fait son étendard. Il y a une politisation du Medef qui se conduit comme un parti politique et non comme un syndicat. Depuis deux ans, le Medef a pris la tête de l’opposition au gouvernement à la place de l’UMP. Ce n’est pas son rôle. Je regrette le manque de culture du compromis chez les organisations patronales : elles veulent leur gain tout de suite indépendamment de l’intérêt général. Ce qui rend très difficile toute politique contractuelle.

 

Vous avez dit vouloir aller beaucoup plus loin qu’Emmanuel Macron sur les retraites chapeaux. Que souhaitez-vous concrètement ?

Je souhaite la suppression de toutes les retraites chapeaux à l’exception des plus petites ou du cas des starts-up. Cette mesure serait transitoire, mais elle est nécessaire car il n’est pas possible de demander aux Français et aux collectivités locales de se serrer la ceinture et de continuer à tolérer des avantages indécents.

 

Qu’est-ce qu’une petite retraite chapeau ? L’idée d’un plafond de 300.000 euros circule…

300.000 euros, cela me paraît déjà beaucoup, mais on peut considérer que c’est une base de travail.

 

Vous demandez que la loi Macron se recentre sur la lutte contre la rente. La trouvez-vous trop timide sur les professions réglementées ?

Ce n’est pas une question de timidité mais de perte de sens. Ce projet devait être un moyen de lutter contre la rente et nous nous retrouvons avec une loi fourre-tout et des débats sur le travail du dimanche, le travail et nuit et la relecture de l’ANI qui risquent de polluer le sens de ce texte. Il y a un peignage à faire. Le temps de travail et les seuils sociaux ne devraient pas faire partie de ce projet de loi. Quant à la réforme du travail du dimanche elle devrait être plus encadrée : il faudrait limiter à 5 ou 7 dimanches la possibilité dévolue aux maires d’autoriser l’ouverture des commerces, avoir des zones mieux définies et surtout fixer par la loi les compensations offertes aux salariés, plutôt que de les laisser à la négociation collective, mieux encadrer le travail de soirée et protéger les salariés etc. Cela éviterait quelques abcès de fixation. Autre sujet, est-il juste d’augmenter les surloyers dans l’espoir vain que les locataires quitteraient ainsi leur logement ?

Mais cette loi a été mise en avant par Manuel Valls dans la lettre qu’il a envoyé à la Commission européenne afin d’obtenir un délai dans l’examen des budgets français….

Je suis troublé par l’argumentaire de cette lettre. Dans aucun traité européen, il n’est indiqué que les Etats doivent engager des réformes structurelles. Ce débat a été introduit suite au MES par la troïka dans son soutien à l’économie grecque. Et petit à petit, il est devenu un mode d’échange. Déjà que les 3% de déficit public sont un seuil discutable, les réformes structurelles ne sont pas de la compétence européenne. Par contre la croissance l’est. Que la France se modernise pour améliorer son système productif, je suis prêt à l’entendre, mais échanger du temps pour réduire les déficits contre des réformes structurelles, c’est mettre le doigt dans un engrenage qui n’est ni justifié par les traités ni juste sur le plan politique et économique.

 

C’est un reproche que vous faîtes au Premier ministre ?

Je suis simplement troublé par l’argumentaire de sa lettre.

Le plan Juncker sur l’investissement en Europe est-il à la hauteur des besoins ?

On peut toujours discuter de son niveau _ certainement insuffisant à ce stade _, de son objet, de son financement. Mais une chose est sûre : c’est une évolution majeure, un changement d’ère. Nous sortons enfin de la théorie Barroso, appuyée par les droites européennes, qui voudrait que la croissance jaillisse de l’équilibre budgétaire. C’est d’autant plus un tournant que la Commission européenne demande aux Etats d’apporter leur écot au fonds d’investissement européen, en proposant de sortir cette contribution du calcul du déficit au sens de Maastricht. Ce qui constituerait un précédent extrêmement important. Tout cela est à mettre au crédit de la détermination du président de la République, du voyage de Manuel Valls chez Madame Merkel et des partis socialistes européens qui ont conditionné leur soutien à Jean-Claude Juncker à ce plan de relance.

 

Entre Manuel Valls qui veut en finir avec la gauche passéiste et Martine Aubry qui veut, elle, en finir avec les vieilles recettes libérales de Blair et Schröder, de qui vous sentes-vous le plus proche ?

De moi-même. Je ne me détermine par rapport à personne mais par rapport à l’intérêt du pays, de la gauche et du PS. Le PS ne procède pas de l’exécutif. Il est autonome. La solidarité ne se discute pas, mais elle procède d’une analyse indépendante comme nous la menons sur la loi Macron. Je préfère un Parti socialiste qui pèse dans les débats quotidiens qu’un PS qui piaille ou qui s’aligne en permanence. Donc l’orientation du PS lors du congrès de juin prochain ne se détermina pas par rapport aux personnes mais par rapport aux idées.

 

Quelle est l’identité du PS aujourd’hui ?

Depuis septembre, nous élaborons une charte semblable à celle des partis sociaux-démocrates d’Europe du Nord. La nouvelle identité du PS procède de ruptures. C’est un projet de société qui place la question écologique au même niveau que la justice sociale et la République alors que nous étions jusqu’à présent productivistes et redistributeurs. Notre carte d’identité c’est le progrès humain. Notre combat c’est la domestication écologique et sociale de l’économie de marché, notre ennemie, la nouvelle hégémonie culturelle du bloc réactionnaire anti républicain, sorte de « zemmourisation » des esprits. Enfin, notre adversaire, la tentation thatchérienne libérale, néoconservatrice de la droite et de l’UMP et du Medef.

J’ajoute que nous allons publier les 1.500 propositions faites par tous ceux qui ont participé à nos états généraux. Il y a entre autres la demande d’une réforme fiscale et d’un ciblage des aides aux entreprises les plus exposées à la concurrence. Je porterai ces propositions.

 

Mais l’exécutif ne veut pas d’un ciblage de ces aides pour cause d’inconstitutionnalité…

Alors il faudra discuter afin que l’esprit de ces propositions soit entendu

 

Propos recueillis par Elsa Freyssenet et Etienne Lefbvre

26 Nov

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Le plan d’investissement européen de Monsieur Juncker : un premier pas, mais insuffisant dans la lutte contre la déflation.

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logops160

 

 

 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a donné ce matin du contenu au plan de 300 Milliards d’euros qu’il avait annoncé lors de sa prise de fonction.

Le Parti socialiste se félicite que la relance par l’investissement soit enfin à l’ordre du jour de l’Union européenne. Depuis des mois, la France et l’ensemble des socialistes européens soulignent les menaces de déflation en Europe et demandent que soit mise en œuvre rapidement un plan d’investissement européen de la crise.

Le Parti socialiste note avec satisfaction un certain nombre des propositions de la Commission qui rejoignent celles qu’il avait formulées, à savoir la définition de chantiers prioritaires comme la transition énergétique, le numérique ou la recherche et l’utilisation de la Banque européenne d’investissement comme principal outil de financement. Il se réjouit également que pour la première fois la Commission européenne accepte d’exclure une partie des dépenses des États membres du calcul des déficits publics nationaux.

Pour autant, ce plan ne peut être considéré que comme un premier pas.  Il devra être précisé et complété, pour être à la hauteur des défis économiques auxquels doit faire face l’UE.

Le nouveau Fonds européens pour les investissements stratégiques (FEIS) ne sera doté que de 21 milliards d’euros de capital, venant principalement d’un redéploiement du budget européen (16 milliards d’euros), le reste venant de la Banque européenne d’investissement (BEI, 5 milliards d’euros). Ce n’est pas suffisant. Nous devons faire appel aux disponibilités existantes, supérieures, dans le cadre du mécanisme européen de stabilité. La BEI pourrait en outre réinvestir une partie plus importante de ses bénéfices, prendre davantage de risques et assouplir ses conditions de financement afin de participer plus directement à la relance de l’investissement. Enfin, bien que certaines flexibilités dans le calcul des déficits et des dettes publiques soient envisagées quand à la participation des États à la capitalisation du FEIS, elles devraient plutôt l’être dans le cadre de leurs engagements aux projets d’investissement eux-mêmes.

Le Parti socialiste accueille donc positivement cette première étape de la Commission européenne, mais il lui demande de se hisser au niveau du défi historique de la déflation.

25 Juin

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L’invité de « Question d’info » sur LCP en partenariat avec AFP, Le Monde et France Info

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QDI

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de la semaine de « Question d’info » sur LCP en partenariat avec Le Monde, l’AFP et France Info.

L’émission sera diffusée sur LCP TNT mercredi 25 juin à 20h35, jeudi 26 juin à 00h20 et 9h30 ainsi que sur LCP 24/24 jeudi 26 juin à 00h15 et samedi 28 juin à 15h.

 

Vous pouvez  retrouver la vidéo ci-dessous:


Questions d’info : Jean-Christophe Cambadélis… par LCP

07 Mar

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Juncker sera le candidat conservateur: Schulz est le candidat du changement

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jean claude junckerL’élection de Jean-Claude Juncker comme candidat du PPE n’est pas une surprise.

Désavoué dans son propre pays après les élections luxembourgeoises de 2013, l’ancien président de l’Eurogroupe devra assumer le programme austéritaire et conservateur de la CDU et le bilan de quinze ans de majorité conservatrice dans toutes les instances de l’Union européenne.

Avant la crise et depuis qu’elle se déroule, le PPE a fait le contraire de ce qu’il promet aujourd’hui.

L’accouchement de « Juncker candidat » n’aura pas été sans douleur. Juncker est le candidat dont Angela Merkel ne voulait pas car elle ne voulait pas de candidat du tout. Juncker est le candidat qui ne voulait pas lui-même être président car il déclarait lui-même que le poste de Président de la Commission est « trop fatigant, trop contraint« .

Juncker est un candidat malgré lui avec un programme qui le lie, déjà plombé par un bilan que personne n’oublie.

Face au candidat conservateur qui a été pendant 20 ans le chef de gouvernement d’un paradis fiscal et qui doit assumer la démocratie bafouée d’Orban, la négation des droits des femmes par Rajoy ainsi que l’hystérie de l’austérité de toute la droite européenne, l’alternative existe. C’est le candidat de la social-démocratie européenne, Martin Schulz qui est le seul capable de rassembler une majorité nouvelle pour bâtir une Europe qui protège, une Europe performante et une Europe qui progresse.

L’Europe ne peut avoir comme président un homme qui symbolise l’évasion fiscale l’austérité et le conservatisme.