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18 Jan

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La guerre pacifique

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Le sommet Hu Jintao – Barack Obama marque un peu plus le tournant dans les relations internationales. Le binôme sino-américain vient de se substituer à l’hyper puissance américaine qui, elle même, était la conséquence de l’effondrement soviétique, suite à la guerre froide entre l’Union soviétique et les Etats-Unis. Rarement un processus de décomposition – substitution n’aura été aussi vite. La conséquence principale réside dans le fait que la croissance est à l’Est et la puissance aussi. Les Etats-Unis regardent vers le pacifique et la Chine est plus que jamais au « milieu ».

Evidemment l’hyper-épargne de l’un finance l’hyper consommation de l’autre. Mais ce n’est pas l’essentiel. Les Etats-Unis tentent d’impliquer la Chine, avec le double objectif de partager le fardeau du monde et de peser sur la contradiction entre le régime politique et le développement économique, certains, comme l’a expliqué Brejinski dans le grand échiquier que supporter une part du poids du monde à l’extérieur, tout en étendant le marché à l’intérieur, minera le régime politique et à terme sa puissance. Les USA, avec Ronald Reagan, avait utilisé la guerre des étoiles pour mettre l’Union soviétique dans le rouge, si l’on peut dire, et s’effondrer. Là il s’agit de la guerre de l’étoile. Celle de la suprématie du monde, en jouant sur le nationalisme chinois. Ces derniers font un tout autre pari, celui de la puissance asymétrique. Ils utilisent la crise d’hégémonie du monde occidental et de son moteur américain pour conquérir la zone asiatique où le Japon s’essouffle. Il s’agit d’abord de faire de l’Asie le coeur de la nouvelle puissance dont la Chine est le moteur. Dans le même temps les Chinois se substituent sans s’impliquer. En Europe, en Afrique, ils laissent l’Empire mercenaire du monde occidental utiliser son hyperpuissance militaire, certains que le financement de celle-ci entrave la réorganisation des Etats-Unis. La Chine tire les leçons des déclins des empires où la puissance militaire est insupportable. (P. Keagan) Et la Chine se concentre exclusivement sur la puissance commerciale, rachetant des parts de marché là où les pays du Golf ont dilapidé leur capacité à le faire. La Chine adepte de Sun Tzu utilise la force de l’adversaire pour miner sa puissance, alors que les Etats-Unis, adeptes de Clausewitz, utilisent le monopole de la force pour contraindre l’adversaire à combattre sur un terrain qu’il ne peut supporter. Nous sommes dans une guerre du pacifique et pacifique où se joue l’hégémonie du monde. Quand à l’Europe ? En attendant son stratège, elle laisse passer l’Histoire.

25 Oct

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Impressions Russes

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Des oligarques aux mouvements des droits de l’homme en passant par des ministres, des chercheurs ou encore des parlementaires, notre tour fut complet. Il en ressort quelques impressions.

D’abord le caractère post traumatique de la Russie après l’effondrement de l’URSS et la déroute de l’ère Eltsine et ses recettes ultra libérale. Il s’en est suivi une « inertie politique, énergie économique » remarquable. Un réinvestissement civique dans des mouvements thématiques (retraites, automobiliste, voire écologiste) ou dans la sphère du privé et un grand nationalisme. Laissant à une oligarchie éclairée le soin de défendre l’intérêt russe, la stabilité économique et l’enrichissement. Ce pouvoir n’est pas homogène, même si Poutine flirte autour des 80% d’opinion favorable? Un pouvoir fort, bonapartiste, appuyé sur des couches moyennes qui décollent et un peuple de province pour qui l’Etat central est la mère nourricière. Et de fait Moscou concentre 80% de la richesse elle-même détenue par 10% de la population. La Russie commence son retour dans l’arène internationale, grâce à un Medvedev conscient de la convergence des préoccupations communes avec le monde occidental. Régulation, développement durable, règles du commerce, islamisme intégriste, état de droit ainsi que la défense de la culture russe, la lutte contre les débordements de la corruption et le fléau de l’alcoolisme. Ce qui fait, au passage, que les femmes sont plus recherchées pour l’emploi.

Plus ouvert sur l’OTAN, à condition que l’on ne défende pas « l’OTAN global ». Favorable à un partenariat stratégique avec l’Europe. Réfléchissant à une zone financière « rouble » plutôt pour normaliser son secteur financier que pour la réaliser. Nos interlocuteurs au plus haut niveau ont concédé que le traitement du Caucase n’avait pas été performant. Très regardant sur l’Afghanistan où un retrait les laisserait en première ligne.

Un mot semble tabou: la Chine. Y penser toujours, n’en parler jamais, semble être le leitmotiv russe. Tentant de faire baisser le sentiment anti russe en Pologne, dans les pays Baltes, la Russie regarde beaucoup l’Allemagne jugée plus sûre que la France Sarkozyste, moins fiable. Reste à l’évidence, la question des droits de l’homme. Plus criticable que ne le pense le Kremlin, moins que ne le dit la presse occidentale, si on compare à la mansuétude vis-à-vis d’autres pays émergents. A l’évidence sans rien retrancher sur nos principes, la France doit agir fermement avec constance vis-à-vis de la Russie. Pour des raisons stratégiques et économiques. Nous avons poursuivi notre dialogue avec « Russie juste » dans un colloque de haut niveau sur la situation dans les deux pays. Ces derniers seront présents lors du conseil de l’International Socialiste à Paris avec M. Mironov, le Président du sénat, le principal dirigeant.

14 Oct

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« la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, un accident industriel »

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Ce mercredi 13 octobre, Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris et secrétaire national à l’Europe et à l’international, est venu à Bordeaux présenter son dernier livre : « Dis moi où sont les fleurs », un essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Très critique à l’égard de l’action de notre président de la République, il explique les raisons de son « échec ». Un ouvrage qui arrive au moment, où la France s’apprête à prendre la présidence du G20.

« Nicolas Sarkozy voulait faire de l’international son point fort pour sa réélection, c’est raté », lance Jean-Christophe Cambadélis. « On est éberlués par sa speed diplomatie. C’est une succession de coups, sans cohérence », dénonce-t-il. Dans son livre, « Dis-moi où sont les fleurs ? », en référence à une chanson de Marlène Dietrich, il met en cause « l’illisibilité » de la politique internationale du chef de l’Etat. Pour lui, c’est une politique « anxiogène », qui a privé la France de tout allié dans le monde. « Il s’est fâché avec l’Angleterre, avec l’Allemagne, avec la Chine… On est dans un face à face avec les Allemands en oubliant le reste du monde ». Le problème, selon le député de Paris, est que Nicolas Sarkozy est dans un « pragmatisme mal éclairé ». « Il est trop pressé et veut que ça rapporte tout de suite », lâche-t-il, lui reprochant son « manque de vision ». Pour le secrétaire national à l’Europe et à l’international, l’une des erreurs de Nicolas Sarkozy est d’avoir perçu le monde occidental comme un simple prolongement de la France. « Il a pensé qu’il était en position de force, car Angela Merkel devait composer avec une coalition en Allemagne, que le premier ministre espagnol Zapatero a échoué en Amérique Latine… A cela, sont venus s’ajouter des éléments conjoncturels, comme l’arrivée d’Obama au pouvoir (Nicolas Sarkozy s’était rapproché de Bush) et la crise financière a fini de montrer la fin de la prédominance du monde occidental et des USA sur lesquels le président de la République avait tout misé.

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France »

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France. Nicolas Sarkozy est partout et nulle part, avec lui, c’est beaucoup de virages, beaucoup de zigzags et pas d’explication », analyse Jean-Christophe Cambadélis, qui déplore notamment l’engagement français en Afghanistan, « alors que notre présence serait plus utile en Afrique ». Pour lui, « il y a un vrai accident industriel. On a un président qui ne s’intéresse pas à la politique internationale ». A l’évidence, le couple franco-allemand, ciment de l’Union Européenne, ne fonctionne plus. L’affaires des Roms a également détérioré l’image de la France à l’étranger. Alors, que faire pour redorer le blason de notre Nation ? « La France doit être plus à l’écoute, plus humble et changer d’attitude », suggère le député de Paris. Ceci étant, « le renouveau français passe par une renaissance européenne », rappelle-t-il. Ce qui suppose la création d’un gouvernement européen, au moins sur un plan économique. Un beau programme, que le PS aimerait mettre en oeuvre dès 2012.

Nicolas César

08 Oct

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Chat sur lemonde.fr

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Dans un chat sur LeMonde.fr, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, juge que l’actuel ministre des affaires étrangères « a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux. »

Raymond : Comment jugez-vous le passage de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Décevant, très décevant, au regard de ce que Bernard Kouchner avait prétendu faire du Quai d’Orsay : « le ministère de la mondialisation ».

Bernard Kouchner fut tout à la fois absent des grandes initiatives portant sur la mondialisation, discret sur les droits de l’homme, va-t-en guerre sur l’Iran et il assista sans rechigner à la réduction drastique du budget de son ministère.

Léon : Bernard Kouchner est-il un vrai ministre des affaires étrangères ?

Il aurait voulu l’être. Il n’était pas le moins outillé pour le faire. Mais l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy a tout centralisé à l’Elysée et l’a laissé totalement dépourvu dans son palais d’Orsay.

Zigotte : Le rôle de ministre des affaires étrangères s’est-il trouvé déprécié depuis 2007 ?

Nos institutions donnent peu de place à l’autonomie des ministres des affaires étrangères. Mais Nicolas Sarkozy en a fait un domaine personnel. Comme ce dernier voulait tout à la fois être président et premier ministre, il n’a pu s’occuper à plein temps des affaires étrangères mais, dans le même temps, n’a pas voulu que le ministre des affaires étrangères se substituat à lui. Il s’en est suivi une « speed » diplomatie, faite de coups, de deals, d’allers-retours, sans cohérence, que Bernard Kouchner a eu de la peine à suivre.

Guest : « Les défauts de l’esprit sont comme ceux du visage : ils grandissent en vieillissant ! » Cet aphorisme de La Bruyère ne résume-t-il pas le parcours de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Qu’aurait-on dû voir sur ce visage ? De l’inquiétude, elle était justifiée au regard des problèmes du monde ; de la perplexité, vraisemblablement, au regard de la politique de Nicolas Sarkozy ; et enfin de la tristesse, de ne pas avoir pu marquer son ministère et d’avoir raté sa sortie.

Raoul : Puisqu’on parle de son départ, qui serait, à droite, selon vous, le plus à même pour le remplacer ?

Je crois, si l’on veut être dans la lignée de ce que j’ai évoqué tout à l’heure, qu’il ne faut ni un stratège, ni un visionnaire, ni un porteur de paroles, mais quelqu’un capable de donner de la cohérence et de la conviction à la parole de la France. C’est ce que souhaite Nicolas Sarkozy et, franchement, je n’en vois pas beaucoup, à part peut-être Monsieur Guéant.

Gabriel : Qu’attendiez-vous de Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères ?

Pas grand-chose, en fait. Car les divergences avec ce dernier étaient nées dans la guerre d’Irak où Bernard Kouchner avait soutenu l’intervention américaine. On aurait pu rêver d’une grande politique africaine mais, là aussi, nous avons été loin du « French doctor », encore que, ici ou là, Bernard Kouchner a pu intervenir sans que pour cela la politique française en fut bousculée.

Romain : A l’heure du bilan, il convient de faire la part des choses. Que retiendrez-vous comme la plus grande réussite de Bernard Kouchner ? Et son plus grand échec ?

J’ai envie de dire : « lui et lui ! » Lui parce qu’il a enfin été ministre de plein exercice dans un domaine régalien, lui parce qu’il a tant souhaité être l’un des patrons des Nations unies. Il avait là la possibilité d’en faire partie. Lui, enfin, parce que dans l’exercice du pouvoir, il s’est perdu, désarticulé, et, à ses yeux je crois, déconsidéré.

Jérôme : Pourquoi est-ce Jack Lang, et non Bernard Kouchner, qui a été en charge de l’ouverture diplomatique avec la Corée du Nord ?

C’est pour moi une énigme. Mais il fallait vraisemblablement un artiste pour tenter de dérider le régime nord-coréen.

René : Quelle rupture existe-t-il entre la politique de Kouchner-Sarkozy et celle menée auparavant ?

Excellente question ! Nicolas Sarkozy a d’emblée adopté les thèses des néoconservateurs américains d’où, d’ailleurs, la présence de Kouchner, de Glucksmann, voire de Lellouche. Il a estimé, comme ses amis outre-Atlantique, que la chute du Mur de Berlin marquait la victoire du monde occidental et qu’il ne s’agissait plus, comme l’avait fait De Gaulle, voire Mitterrand ou même Jacques Chirac, d’être indépendant des deux empires Etats-Unis et Union Soviétique, tout en étant solidaire du monde occidental, mais qu’il fallait être à l’avant-garde du monde occidental victorieux.

Nicolas Sarkozy a donc rompu avec la stratégie et avec la diplomatie de la France et endossé, dans un premier temps, toutes les erreurs de l’administration Bush, vis-à-vis de l’Afrique, de la Russie, de la Chine, voire de l’Amérique latine.

Guest : Que reste-t-il de la politique arabe de la France ?

Pas grand-chose, et en même temps, le Quai d’Orsay continue à développer cette stratégie. Pas grand-chose parce que Nicolas Sarkozy s’est d’emblée aligné sur le Likoud de Benyamin Netanyahou et, dans le même temps, le Quai d’Orsay a continué à multiplier les signes en direction du Maghreb et du Machrek, rendant au passage la politique française illisible.

Mélusine : Nicolas Sarkozy a plusieurs fois dénoncé la Françafrique. Y a-t-il un changement de politique envers le continent africain ?

Depuis le malheureux discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy estima que l’homme africain n’était pas assez entré dans l’Histoire, il ne s’est pas concentré sur le sujet africain, laissant à Claude Guéant le soin de le représenter sur ce continent. La politique française, par l’intermédiaire à l’époque d’Alain Joyandet, n’a pas été sans élément critique. Il y a donc une absence du président mais une continuité de la relation entre l’Elysée et l’Afrique.

Kiki : Quelle politique envers les pays en développement, l’Afrique en particulier, le Parti socialiste souhaiterait-il mettre en place ?

Avec nos partenaires européens, une grande politique vers le Sud. Il ne s’agit plus de panser les plaies de la décolonisation, mais d’aider à l’intégration régionale, de soutenir le développement en agissant avec des partenaires, plutôt qu’en donnant la leçon aux pays d’Afrique.

Guest : Quelle a été la stratégie du Quai d’Orsay vis-à-vis de la construction européenne ?

Le Quai d’Orsay n’a pas tellement son mot à dire sur la construction européenne. D’abord parce que c’est un domaine surrégalien, l’axe franco-allemand, les sommets européens, et ensuite parce qu’il y a un ministère dévolu à la question européenne.

Si vous regardez bien, Bernard Kouchner n’a, pour ainsi dire, rien dit dans ce domaine, supplanté bien souvent par le premier ministre, le ministre de l’économie, le ministre chargé de l’Europe, voire plus malheureusement, le ministre de l’intérieur ou celui de l’immigration.

Caro : Existe-t-il un lien entre le tropisme atlantique de Bernard Kouchner et sa défense vigoureuse de l’intégration européenne ?

A priori, non. Chez Bernard Kouchner, le lien, c’est le monde occidental, chargé de faire prospérer l’Etat de droit, la démocratie et une certaine conception de la redistribution des richesses. Il est plutôt le baladin du monde occidental que le porteur d’une Europe intégrée.

Soyei : Dans quelle mesure rejoignez-vous les analyses de MM. Védrine, Juppé et Rufin selon lesquelles l’outil diplomatique français serait au bord de la rupture ?

Cela me paraît totalement juste. Le ministère des affaires étrangères est devenu la variable d’ajustement dans le budget de la nation. Nous avons énormément réduit notre voilure dans un moment où la mondialisation s’est approfondie. Kouchner aura présidé, sans pouvoir réagir, à l’effondrement de notre outil diplomatique.

Mik : Vous venez de sortir un livre sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy, intitulé Dis-moi où sont les fleurs (L’Encyclopédie du socialsime, 112 p., 12 euros) ? D’abord, pourquoi ce titre ? Et ensuite, comment traitez-vous la question « Kouchner » dans ce livre ?

Merci de la publicité ! Dis-moi où sont les fleurs, ce sont les premiers mots d’une chanson de Marlène Dietrich à propos de la guerre du Vietnam, mais, plus prosaïquement, il s’agit d’une critique du caractère anxiogène et incohérent de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. On sait toujours où sont les boucs émissaires, jamais où sont les fleurs.

Je parle très peu de Kouchner car il n’était pas le principal décideur.

Wei : Après Bernard Kouchner, Pierre Lellouche peut-il assurer sa succession au Quai d’Orsay ?

Il en rêve. Je crois qu’il n’a pas beaucoup de considération pour Bernard Kouchner. Il l’avait d’ailleurs vertement attaqué avant de devenir ministre. Mais Lellouche est un vrai atlantiste, l’un des premiers partisans du retour dans l’Otan. Un combattant de l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan et, dans un moment où Nicolas Sarkozy veut se distinguer de Barack Obama, il sera suspect aux yeux de l’Elysée, ce qui est un grand handicap.

Gabriel : Que pensez-vous de la pantomime autour de sa lettre de démission ?

Ce ne sera pas le plus grand moment dans la biographie de Bernard Kouchner. En fin de compte, il aura raté un rendez-vous avec son histoire, car il aurait démissionné, au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, stigmatisant une communauté, la criminalisant et marquant ainsi un tournant à droite, il se serait grandi, aurait pu plaider la cohérence et espérer rebondir. Là, il est tout à la fois déloyal à Nicolas Sarkozy et déloyal à son camp d’origine.

Kosovo : N’aurait-il pas été plus digne pour Bernard Kouchner de se retirer ?

A l’évidence, il avait une fenêtre pour le faire. Il a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux.

Hydro : Comment voyez-vous l’avenir politique de Bernard Kouchner ?

Son avenir est très sombre. Il en avait déjà peu au lendemain de l’intervention en Irak qu’il a soutenue, mais aujourd’hui, il n’en a plus du tout si ce n’est le coup pied de l’âne que semble inaugurer sa vraie-fausse lettre vis-à-vis de l’UMP ou l’acceptation d’un poste dans la République lui permettant une retraite dorée mais sans gloire, le jeune Kouchner n’imaginait pas terminer ainsi.

Nono : Qui, selon-vous, au PS, serait à même d’être le meilleur au Quai d’Orsay pour 2012 ?

Ils sont très nombreux. Je pense à Hubert Védrine, à Jean-Louis Bianco ou Pierre Moscovici, mais plus sûrement à Bertrand Delanoé, Ségolène Royal ou bien sûr Laurent Fabius. Je ne pense pas, malgré le travail que nous faisons ici à Solférino, pour reconstruire une politique socialiste à l’échelle internationale.

Pipo : Et vous-même ?

Je ne pense pas que l’on pense à moi.

Chat modéré par Olivier Biffaud

20 Juil

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Retour de Chine

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Du 11 au 17 juillet dernier, une délégation du Parti socialiste a fait un voyage d’études sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l’International et à l’Europe. Cette visite dans l’ancien « Empire du milieu », ce pays de milliard et trois cent millions d’habitants, permet de saisir, sur place, les enjeux du monde multipolaire que nous voulons construire. Impossible de penser le monde d’aujourd’hui et de demain sans accorder une place importante à la compréhension de la Chine. Une civilisation de près de 5000 ans et aujourd’hui un acteur économique de premier plan à l’échelle planétaire.

Ce voyage comportait trois étapes. A Beijing, la capitale, nous avons rencontré des dirigeants du Parti communiste chinois (PCC) qui exercent des fonctions au sein du département international du Parti, au sein de l’Assemblée populaire nationale et au sein de la Conférence consultative politique du Peuple chinois – l’équivalent du Sénat. Nous avons aussi rencontré le vice-maire exécutif de Beijing, Jin Lin. Avec lui, nous avons évoqué les enjeux de la ville de demain en constatant qu’à Paris comme à Beijing se posent les mêmes défis. La lutte contre la pollution, la diminution de la circulation des voitures (2 000 nouvelles immatriculations chaque jour !) Lire la suite…

28 Avr

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Que fait exactement Xavier Bertrand ?

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Que fait exactement Xavier Bertrand, Secrétaire Général de l’UMP, dans la délégation officielle de Nicolas Sarkozy en Chine ? Honore t-il la signature de son protocole avec le Parti Communiste Chinois ou Nicolas Sarkozy a t-il décidé de créer un ministère UMP au gouvernement ? Voilà une nouvelle démonstration de la confusion des genres !

20 Jan

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New Delhi: 2ème jour

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Après avoir visité les tombes des empereurs moghols à New Delhi, en particulier celle de Humayun qui venait d’Afghanistan, le fort rouge aux gigantesque palais et jardins où les Anglais furent massacrés par la révolte et la grande mosquée, nous avons plongé dans Old Delhi entrelacs de ruelles d’une pauvreté bouleversante, où travaillent, déambulent, mendient des dizaines de milliers d’indiens.

Nous avons repris nos rencontres avec le Président de la chambre de commerce indienne. L’association « for démocratic socialism ». Le Ministre de la chimie et de l’industrie. Une sénatrice et les élus régionaux du nord.

Résumons: Un taux de croissance de 9% tiré par plus de 50 millions de petites entreprises, pas de taxes, peu d’impôts, pas d’infrastructures. Une société hiérarchisée malgré un plan de discrimination positive, avec l’anglais comme langue nationale et aux écarts de richesse abyssaux. L’Inde une puissance en développement est un pays contrasté, confronté à son insertion dans la marche mondiale et à une croissance à la chinoise, donnant naissance à une classe moyenne. Mais ma principale découverte fut double. D’abord l’Inde se vit comme entourée de pays hostiles: Pakistan, Sri Lanka, Chine. Ce qui explique qu’elle souhaite ne pas être absente du règlement en Afghanistan et souhaite que le Cachemire reste Indien. Le Pakistan n’acceptant ni l’un ni l’autre. Mais aussi une méfiance teintée d’hostilité polie pour la Chine, tant sur le plan du régime que sur le plan économique. Pointant un durcissement nationaliste depuis de nombreux mois.

08 Août

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La France perd la face

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articlejopekinfr.jpgDans la question chinoise, Nicolas Sarkozy aura fait le non choix humiliant !!!

En ayant alterné toutes les positions à propos du boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, le Président de la République a fait le non choix et obtenu la réprobation des défenseurs des droits de l’homme, tout en récoltant l’humiliation de se voir interdire la rencontre avec le Dalaï Lama par la Chine.

La France perd la face et abîme son image…