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07 Mai

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Résultat du 2e tour de l’élection présidentielle – Déclaration de Jean-Christophe Cambadélis – Dimanche 7 mai 2017

par


Jean-Christophe Cambadélis : « La France doit… par PartiSocialiste

Déclaration de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Dimanche 7 mai 2017

Seul le prononcé fait foi


Françaises, Français, mes chers compatriotes,

La victoire d’Emmanuel Macron est un succès pour la République qui ce soir est mise à l’abri.

Nous sommes fiers d’avoir contribué à freiner la poussée nationaliste en appelant explicitement à voter pour Emmanuel Macron, sans fausse pudeur et sans calcul. Je tiens ici à remercier les militants et les sympathisants socialistes qui ont distribué des tracts et fait campagne activement pour faire reculer la haine.

Malgré la menace, beaucoup de nos concitoyens ont choisi l’abstention. Nombreux sont ceux qui ont choisi un bulletin blanc ou nul.

Surtout, avec près de 11 millions de voix, l’extrême droite atteint ce soir un triste record pour notre pays.

Ce résultat est à l’image de cette campagne : il est déroutant voire inquiétant. Ce résultat nul ne peut s’en satisfaire, il a une trop grande part d’ombre.

Même si le succès d’Emmanuel Macron est indéniable et nous saluons le nouveau Président de la France, ce résultat est un appel urgent au rassemblement.

Oui, le nouveau président de la République se trouve devant l’ardente obligation de rassembler tous les Français, certes comme chaque Président, mais plus que jamais rassembler, cela veut dire ne pas céder aux vertiges de la victoire.

Rassembler, cela suppose de reconnaître l’ardente nécessité de l’écoute.

Rassembler, cela nécessite de construire dans un esprit de compromis des solutions concrètes, efficaces, sociales et justes pour tous nos concitoyens.

Ce soir, la République reste préservée du populisme xénophobe. Mais, dès demain, il va falloir travailler d’arrache-pied pour renforcer partout la République. N’oublions pas les grands défis de notre pays : la fracture sociale, les inégalités salariales, le chômage, la croissance, le terrorisme ou l’Europe.

De fait, personne ne peut souhaiter l’échec de ce quinquennat qui s’ouvre. Il faut maintenant penser à la France, ne pas préjuger et encore moins se réfugier derrière des raisons partisanes.

Si nous souhaitons la réussite de ce quinquennat pour la France et les Français, nous sommes persuadés que seuls l’esprit de dialogue, l’impérieuse obligation de préserver notre cohésion ‎par la justice sociale et l’écologie solidaire permettront à notre pays de s’en sortir.

La tâche qui attend le nouveau Président de la République est à l’image de sa responsabilité : immense ! Les forces du commencement seront les plus difficiles à mobiliser. Car il n’y aura dans les tréfonds du pays, peu d’état de grâce.

Face à la fragmentation contemporaine qui tiraille notre pays, c’est le rôle irremplaçable de la gauche de rassembler les Français et de redonner sa force et son unité à la France. Notre position est donc claire : la France doit avancer, mais en ne laissant aucun des siens au bord du chemin. Autrement dit, nous nous battrons pour que personne ne reste en marge. C’est dorénavant notre rôle.

Ce souci premier de justice, inscrit dans notre histoire, nos principes et notre programme, va être utile à la France. Cet esprit de responsabilité mais aussi cette volonté de justice sociale est la meilleure façon d’aborder ces temps du commencement.

Le pays a besoin de tous ses enfants et d’abord de la gauche.

Je vous remercie.

 

 

Crédit photos: Mathieu Delmestre

02 Mai

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L’invité de Frédéric Rivière sur RFI

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Jean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Frédéric Rivière sur RFI.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


J-C Cambadélis (PS) : « Marine Le Pen ne… par rfi

 

Campagne présidentielle

Je ne pense pas que Marine Le Pen puisse gagner dimanche prochain. Marine Le Pen sera battue. Mais le problème qui est posé c’est l’ampleur de sa défaite. Il faut la mettre le plus bas possible.  On l’annonce à 40% ! Imaginez ce que ça représente dans la société française. Il faut se mobiliser.

La xénophobie très présente, une blessure sociale évidente et la montée du nationalisme. La combinaison de ces 3 phénomènes explique la dynamique de Marine Le Pen.

Débat Macron/ Le Pen Je ne pense pas que les gens se détermineront par rapport à un débat. Je crois qu’Emmanuel Macron est très compétent et très présidentiable et Marine Le Pen connaît moins bien ses dossiers que l’ancien ministre de l’Economie.

Le FN se nourrit à la fois des peurs, des insatisfactions, des crises, des colères mais c’est un phénomène qui n’est pas franco-français. C’est un phénomène qui est présent dans toute l’Europe et qui dépasse la question de la fracture sociale.

Nous sommes sur le terrain dans un combat contre Marine Le Pen. Ce soir nous serons en meeting à Dijon avec Bernard Cazeneuve et François Rebsamen et appeler à la mobilisation.

L’élection présidentielle a tourné autour de « Qui peut battre Marine Le Pen ? » et on a jugé que seul Emmanuel Macron pouvait le faire. Cette présidentielle n’a pas tourné sur les véritables problèmes des Français, elle s’est complètement articulée autour de cette seule question.

Il est paradoxal de vouloir le renouvellement la vie politique et d’avoir des que partis entreprises autour d’un homme ou d’une femme.

Elections législatives

Nous n’allons pas attendre un congrès de refondation. Dès les élections législatives, nous allons renouveler profondément à la fois notre plateforme et surtout les candidats que nous présenterons dans cette élection. On ne reconnaîtra plus le Parti socialiste. Il y aura des nouveaux candidats partout.

Il ne faut pas que ces élections législatives se terminent avec une majorité de droite et un fort Front national. Pour cela il faut que la gauche se mobilise et se regroupe.

Le Parti socialiste portera cette campagne des législatives. Bernard Cazeneuve sera notre meneur de jeu. C’est cela l’esprit d’équipe. Il n’y a pas qu’une personnalité mais tout le monde sur le pont.

Je crois que l’on ne peut pas faire de pronostic, dans chaque circonscription il y aura des situations différentes.

Après le 18 juin il est clair qu’il faudra une reconstruction voire une refondation du Parti socialiste. Le parti d’Epinay est mort et bien mort.

Maison commune entre les écologistes et les socialistes ?  C’était la Belle Alliance Populaire, c’était ce que j’avais commencé à faire, donc tout ce qui permet de construire la social-écologie me semble positif. C’est l’avenir. Rassembler l’ensemble de la gauche, faire émerger un projet social-écologiste ça me semble nécessaire pour le pays qui est bien fracturé aujourd’hui.

 

30 Avr

Commentaires fermés sur L’invité de Frédéric Haziza sur Radio J

L’invité de Frédéric Haziza sur Radio J

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Jean-Christophe Cambadélis était dimanche 30 avril 2017 l’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations et pour réécouter l’émission cliquez ici.

 

Election présidentielle

Sur le Front national: Marine Le Pen a plus pensé le second tour que le premier. (…) Pour l’instant, elle n’a pas encore gagné. Elle a réussi à enrôler Mme Boutin, M. Dupont-Aignan quelques personnalités. Elle a cherché à montrer qu’il y avait une dynamique autour d’elle. Ça ne grandit pas monsieur Dupont-Aignan mais ça ne m’étonne pas !

Il n’y a pas de changement européen chez Marine Le Pen, il y a simplement l’idée d’essayer de rassurer une partie des Français qui pourraient se laisser abuser.

La vision du FN de la France du FN tourne le dos à ses fondamentaux, il n’y aurait plus l’égalité entre les Français mais entre les Français de souche et les Français de papier. Il y a à partir de là, la vision de l’Etat, de la Sécurité sociale des relations sociales avec une France qui rassemblerait les moyens plus sur les Français de souche et pas les Français de papier et ensuite, il y a la grande sortie de l’Europe, donc c’est la sortie de la République et la sortie de l’Europe.

Le FN est un parti politique dans la démocratie mais ce n’est pas un parti républicain puisqu’il met en cause l’élément fondamental de la République qui est l’égalité des citoyens.

L’élection présidentielle n’est pas « pliée ». Il y a la droite qui fait des déclarations publiques mais qui ne milite pas sur le terrain. Il y a les responsables de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui ne militent pas sur le terrain. A part le PS et le PCF voire quelques militants d’En Marche, personne …

L’idée de la droite, c’est : plus faible sera le score d’Emmanuel Macron plus il sera possible de faire la cohabitation, c’est-à-dire une majorité de droite au Parlement. C’est une erreur parce qu’on ne transige ou on ne calcule pas avec la démocratie, c’est l’inverse : il faut mettre Marine Le Pen en dessous des 40% parce que sinon, la dynamique peut se faire et avec une abstention forte, elle peut tutoyer la victoire.

Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas qu’il faut un vote républicain dans cette élection, que le problème n’est pas l’orientation de la France, celle-ci viendra lors des élections législatives, que c’est la nature de la France qui est en jeu, c’est-à-dire la République.

Sur le silence de Jean-Luc Mélenchon : Jean-Luc Mélenchon met un signe égal entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron

dans sa dangerosité. Non, il y a d’abord un cadre à fixer. Ce cadre, c’est la République et puis

après il y a une majorité à construire dans les élections législatives. (…) Je crois qu’il faut respecter Jean-Luc Mélenchon et ses électeurs, c’est indispensable, ce n’est pas en les insultant qu’on les fera venir voter contre Marine Le Pen, il faut simplement dire que ça devrait être pour un homme pour une femme de gauche un réflexe inné. On ne crée pas les conditions d’un succès de l’extrême droite.

La France n’est que l’expression française d’une vague nationaliste qu’il y a dans toute l’Europe et on pourrait dire dans l’ensemble du monde dit occidental.

C’est une rhétorique populiste classique d’opposer le peuple aux élites ; c’est une stratégie de division de la France qui va nous conduire et qui nous conduirait au chaos, je n’ai jamais défendu cette thèse. (…) Je suis pour qu’il y ait des représentants du peuple français et non pas un bloc du peuple contre les élites.

Élections législatives

Pour l’instant, Emmanuel Macron est défavorable à toute coalition avec le Parti socialiste.

Pour l’instant, c’est le combat contre le Front national, il me semble essentiel. Tout le monde doit s’y mettre quel que soit son vote du premier tour. Après, il y a une élection législative et il faudra que les uns et les autres se définissent. A partir du moment où M. Macron ne veut pas de coalition avec le Parti socialiste, le PS doit affirmer son autonomie. Jean-Luc Mélenchon ne veut pas d’alliance à gauche, Emmanuel Macron ne veut pas d’alliance avec le PS, donc c’est au Parti socialiste de rassembler l’ensemble des hommes et les femmes de gauche et les progressistes pour avoir une majorité de gauche au Parlement, sinon ça sera une majorité de droite.

Premier secrétaire du Parti socialiste, je dis à tout le monde : affirmons notre autonomie, c’est ce qui nous permettra de faire en sorte qu’il y ait une majorité de gauche au Parlement. Le Parti socialiste doit être lui-même, il ne doit pas se comporter comme une formation politique adjacente à des personnalités qui ont fait des scores non négligeable aux élections présidentielles.

Le PS n’est pas en voie de disparition, le PS a perdu une élection, il ne faut pas confondre. Si nous avions dû disparaître, nous aurions disparu en 2002 alors que nous n’étions pas au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Accord entre EELV et la France Insoumise ? « C’est proprement incompréhensible et inacceptable parce que les écologistes ont un accord avec nous, nous avons retiré des candidats pour qu’ils puissent avoir les leurs et une fois cet accord passé. (…); j’attends qu’il y ait une clarification chez les Verts ».

Il faut construire une majorité progressiste, vraiment progressiste à l’Assemblée nationale ; je suis un candidat pour cela.

27 Avr

Commentaires fermés sur L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

L’invité de Jean-Michel Aphatie sur France Info

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce matin aux questions de Jean-Michel Aphatie, Fabienne Sintès, Gilles Bornstein et Guy Birenbaum sur France Info.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Jean-Christophe Cambadélis « satisfait » qu… par franceinfo

Election présidentielle

Je crois que Monsieur Macron est véritablement entré dans la campagne difficile.

Entre ceux qui à droite estiment qu’il faut faire l’abstentionnisme révolutionnaire parce que si Monsieur Macron est mal élu c‘est bon pour les législatives et ceux qui à gauche estiment qu’il ne faut pas donner de consigne de vote parce qu’il ne faut pas donner trop de pouvoirs à Monsieur Macron, à la fin, on est dans une situation où Marine Le Pen peut passer les 40, les 42, les 43% et elle pèse sur la situation du pays.

Je suis inquiet depuis dimanche soir parce que j’ai trouvé que le discours de Monsieur Macron, qui était qualifié – et il pouvait en être content évidemment – ne prenait pas en compte la gravité de la situation, parce que le résultat de ce premier tour c’est quand même que Marine Le Pen fait un million de plus, 800.000 de plus qu’aux élections régionales.

Je dis à tout le monde : « arrêtez de critiquer, il faut aider, parce que c’est la République qui est en jeu ». Au PS nous faisons campagne en ce moment, partout où il y aura des meetings, des réunions, nous diffusons des tracts, nous en appelons à la population. Hier moi-même j’étais dans le 19e arrondissement et je tractais dans une gare…

Je suis sévère avec Emmanuel Macron car je voudrais qu’il se bouge. Il l’a fait hier et j’en suis très satisfait.

Jean-Luc Mélenchon a suffisamment mené de combats politiques contre Marine Le Pen. Pourquoi ne pas dire d’emblée de voter pour Emmanuel Macron? (…) Je l’appelle à redevenir celui qu’il était.

C’est un candidat qui prend des idées à gauche, prend des idées à droite. C’est un centriste. C’est très nouveau d’ailleurs dans notre paysage politique, il faudrait l’analyser, que le centrisme s’émancipe de la droite et refuse la gauche. C’est un élément nouveau dans la situation politique. Je le prends en compte mais je ne vais pas le transformer en homme de gauche : il ne le veut pas. Ce n’est pas parce que j’ai caractérisé Macron que je vais pour autant paver le chemin du pouvoir à Marine Le Pen.

Emmanuel Macron a l’étoffe pour être Président de La République. Je ne change pas de discours parce que je suis dans le deuxième tour. Je prends en compte ce qu’il est, je pense qu’il a l’étoffe mais, ceci dit, je reste en distance vis-à-vis de son projet.

Je pense que chacune des familles doit être mobilisée sur son propre projet. C’est-à-dire que Les Républicains doivent, à partir de ce qu’ils sont, pouvoir voter pour Emmanuel Macron. Les Radicaux pouvoir voter pour Emmanuel Macron. Les socialistes pouvoir voter pour Emmanuel Macron. Les communistes pouvoir voter pour Emmanuel Macron. On ne fait pas un chèque en blanc, on dit : “Nous défendons la Républiqueˮ et c’est, croyez-moi, motivant. La preuve ? Pour la première fois, le Parti socialiste a pris une décision à l’unanimité. J’en suis très fier.

Jean-Luc Mélenchon n’a pas voulu faire d’union avec Benoît Hamon car son problème ce n’est pas l’union de la gauche mais le peuple contre les élites.

Sur la loi d’habilitation pour légiférer par ordonnances si je suis réélu? Je voterai contre.

Elections législatives

Des nouvelles têtes, un nouveau projet et une nouvelle organisation de la campagne. Dans cette bataille, nous serons en capacité de dire ce que nous voulons pour le pays et ce que nous regardons dans le programme des autres. Un PS ouvert mais un PS clair.

Emmanuel Macron a dit clairement qu’il ne voulait pas d’alliance avec le PS. Je ne vais pas jouer de la mandoline sous son balcon! (…) S’il y a 577 candidats En Marche, 577 candidats Mélenchon et 577 candidats PS il y aura une majorité de droite.

Emmanuel Macron a un projet politique qui est de remodeler entièrement le paysage duquel doit disparaître les corps intermédiaires et particulièrement les partis politiques dits traditionnels. C’est son objectif.

Ce n’est pas parce que des formations qui tournent autour d’une personnalité arrivent en tête à la présidentielle que je vais remettre en cause les partis pluriels

Je travaille avec la commission d’investiture au renouvellement des candidats PS aux législatives. (…) Je crois qu’il faut un groupe socialiste qui combine le renouvellement et l’expérience. (…) J’ai demandé à Bernard Cazeneuve de s’impliquer et il aura une place importante dans cette campagne

26 Avr

Commentaires fermés sur L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 Vérités » sur France 2

L’invité de Caroline Roux dans « Les 4 Vérités » sur France 2

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Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Caroline Roux dans « Les 4 Vérités » sur France 2.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Actu – Les 4 vérités : Jean-Christophe Cambadélis par telematin

Sur Emmanuel Macron

Je crois que quand on veut être président de la République, il faut avoir de la détermination, mais il faut aussi avoir de l’écoute parce que on peut très facilement ne plus entendre ce que dit le peuple, ou les autres. (…) Ce n’est pas ce que je pense est juste et ce que disent les autres est faux. Quand vous n’êtes pas capable d’écouter, il est clair que vous n’écouterez pas les Français

Emmanuel Macron doit être dans l’écoute et déterminé face à Marine Le Pen.

Le niveau de Marine Le Pen même battue est aussi important: Je crois qu’Emmanuel Macron a pensé qu’il était déjà élu (…). Ce n’est pas si simple que cela et je crois que le niveau de Marine Le Pen, si elle est battue, est aussi important que le fait d’être battue. Si elle est à plus de 40% cela pèsera sur la vie politique demain

Marine Le Pen peut difficilement gagner. Il y a une banalisation du Front national mais aussi une banalisation de la lutte anti FN. Mais sur le terrain les gens de gauche qu’ils aient voté Hamon, Macron ou Mélenchon nous disent « Nous serons là pour lui faire barrage »

Campagne du Parti socialiste contre le FN

Beaucoup de responsables ne voulaient pas coller ou diffuser la tête de Marine Le Pen mais nous aurons tout de même un tract avec la photo de la République qui sera massivement diffusé dans toute la France.

Sur Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a mené de nombreux combats contre le FN. Quand on est de gauche on ne biaise pas face au FN.  Pour moi, la lutte contre le Front national, quand on est de gauche, est un réflexe spontané, ce n’est pas une introspection, une interrogation, une consultation, c’est le combat de tous temps, des hommes et des femmes de gauche.

Ce que je crains, moi, lors du second tour, c’est une espèce de situation d’abstention générale et c’est très mauvais parce que c’est ce qui fait monter le FN.

Elections législatives

Emmanuel Macron n’a pas ouvert  le guichet. Il n’est pas dans la coalition, même pas dans un processus unitaire. (…) Pour les législatives Macron résume son programme: c’est lui ou rien. Il n’acceptera des hommes ou des femmes de gauche que la corde au cou. Pourtant s’il y a 577 candidats de chez Macron, 577 candidats Mélenchon et 577 candidats socialistes, eh bien c’est très simple, c’est la droite qui va gouverner.

Il veut que les socialistes soient les bourgeois de Calais, ça ne se passe pas comme cela. Le PS est sortant dans 270 circonscriptions, donc une implantation politique, une histoire politique

Nous ouvrons nos bras à tous les progressistes, à tous ceux qui veulent une majorité de gauche à l’assemblée

Le pays à besoin des socialistes et d’une majorité de gauche

Défaite de Benoît Hamon: « Nous avons tous à voir quelque chose dans cette histoire, évidemment. Il y a bien longtemps que le Parti socialiste aurait du se rénover, se refonder, se restructurer, nous l’avons tenté, c’était difficile, mais je préfère toujours des partis politiques qui ont des courants et des discussions, à des partis politiques qui n’ont qu’un seul responsable qui décide tout. Alors, c’est plus difficile au Parti socialiste, parce qu’il faut faire des synthèses, parce qu’il faut écouter les uns et les autres. (…) Le sujet c’est quand même quel type de formation politique, parce que cela indique quel type de pouvoir vous allez avoir. Quand vous n’êtes pas capables d’écouter, il est clair que vous n’écouterez pas les Français.

Parti socialiste

Le PS va redevenir un Parti d’avenir.  Il peut et doit se reconstruire

 

25 Avr

Commentaires fermés sur L’invité d’Elizabeth Martichoux sur RTL

L’invité d’Elizabeth Martichoux sur RTL

par

Jean-Christophe Cambadélis était ce mardi 25 avril l’invité politique d’Elizabeth Martichoux sur RTL.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:


Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de RTL par rtl-fr

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle

On a un deuxième tour et une extrême droite qui menace. Dans une majorité de localités, Marine Le Pen est arrivée en tête.

Le score de Benoît Hamon ? « Extrêmement décevant, déroutant, cruel pour les socialistes.  Nous aurons à discuter. Le temps des explications aura lieu. Mais pas maintenant ».

C’est la fin d’un cycle politique, la fin d’une histoire. C’est la fin d’Epinay. C’est ce que je dis depuis maintenant 3 ans. (…) Le Parti socialiste doit s’interroger sur sa nature, sur son organisation, sur ce qu’il est. Est-ce qu’il est un parti social-démocrate ou est-ce qu’il est un parti à vocation macroniste ou mélenchoniste ? Pour moi, c’est un parti social-démocrate à colonne vertébrale social-écologique.

Score du Front national

Je trouve que l’on a eu pendant 48h une sous-estimation du résultat de Marine Le Pen. Aujourd’hui on nous annonce dans les sondages qu’elle est à 40 %, quand on pense au pourcentage que faisait son père à l’époque de Jacques Chirac, c’est quand même une progression d’un million de votants. Elle est en marche, si je puis dire, Marine Le Pen. Donc il faut peut-être s’en occuper. Et je n’ai pas trouvé que les 48h du candidat républicain étaient à un niveau tel qu’il repoussait l’attaque.

Je pense que Jacques Chirac avait une certaine gravité face à Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie Le Pen était évidemment qualifié, les Français étaient surpris, saisis, on va dire. A cette époque là on était instruit, et pourtant, elle est au second tour, malgré une campagne dont tout le monde a dit – à juste raison – qu’elle n’était pas terrible. Donc cela veut dire quand même que le nationalisme en France reçoit des soutiens de plus en plus importants.

Il y avait un certain manque de gravité dans le discours du candidat républicain dimanche. Il était satisfait, il pensait à tort que c’était fait, ce n’est pas fait. Y compris pour Emmanuel Macron, que Marine Le Pen soit en-deçà ou au-delà de 40%, c’est un élément d’importance pour l’ensemble de son quinquennat. Il a mis à côté de la plaque comme avait dit le Général de Gaulle.

Marine Le Pen construit briques par briques. C’est à chaque fois un peu plus. Elle réduit l’écart à chaque élection.

Il faut caractériser et se mobiliser contre le Front National, son danger pour la France et pour la République.

Je crois que Jean-Luc Mélenchon commet une faute politique. Quand on est de gauche, on n’hésite pas face à l’extrême droite, et il faut d’emblée dire que ce combat-là, c’est le nôtre, et on fait barrage. Je ne pense que ça ne remettait pas en cause Jean-Luc Mélenchon et son score.

Entre deux tours et élections législatives

Je vote Emmanuel Macron parce que c’est le dernier candidat républicain en lice face à l’extrême droite.

Le score du Parti socialiste sera beaucoup plus haut aux législatives et il sera très utile pour rassembler tous les progressistes.

Pourquoi voulez-vous qu’on propose un accord législatif à Emmanuel Macron qui le refuse ? Il le refuse. Il a dit qu’il présenterait 577 candidats dans 577 circonscriptions exactement comme Jean-Luc Mélenchon, se préparant ainsi à une situation du quitte ou double. Soit il a la majorité absolue tout seul, soit c’est une cohabitation, soit, il sera obligé ou contraint à une coalition.

 

24 Avr

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Résultat du premier tour de l’élection présidentielle – Déclaration du Premier secrétaire – lundi 24 avril 2017

par

Déclaration de Jean-Christophe CAMBADÉLIS

Premier secrétaire du Parti socialiste

Paris, siège du Parti socialiste

Lundi 24 avril 2017

Seul le prononcé fait foi

 

 

Mes chers compatriotes, Mesdames, Messieurs,

 

Hier, le peuple français s’est exprimé de manière souveraine. Ce vote doit être respecté. Mais il n’est pas interdit de l’expliquer. La participation – plus forte que celle qu’annonçaient les sondages – indique de manière claire que les Français ne se sont pas laissés impressionner par les attentats qui visaient à bousculer notre démocratie.

Au moment où je vous parle, l’extrême droite a mis un pied dans la porte du pouvoir en progressant de plus d’un million de voix. J’en mesure la portée pour notre pays et l’immense responsabilité qui revient désormais à notre parti.

Chacun va chercher à caractériser ce premier tour de cette élection un peu hors-sol. Car il faut le dire d’emblée : la France n’a pas réussi son grand rendez-vous avec elle-même. Ce vote insaisissable est le fruit d’une présidentielle anxieuse, nerveuse, fiévreuse et pour finir, douloureuse. Une campagne sans fond visible, où les sujets n’ont pas dominé, dont tout le monde souhaitait qu’elle se termine enfin, alors qu’elle n’aura jamais véritablement démarré. Une campagne dont une majorité de Françaises et de Français n’a jamais pu se saisir malgré le spectacle des meetings et des débats.

Dans cette étrange campagne, il y aura eu beaucoup de colère et de calculs mais très peu de propositions faisant débat sur les attentes politiques et les demandes programmatiques. Ce premier tour fut réduit à une seule injonction : Qui pour battre Madame Le Pen ? Tant il est vrai qu’aux lendemains du Brexit, de l’élection de Trump et sur fond de montée générale du nationalisme en Europe, chacun se demande si le tour de la France n’est pas venu.

Mais cette donnée a pesé au-delà du raisonnable dans l’avant-premier tour.

Le vote utile contre le Front national a littéralement mutilé le débat, qui se sera limité à une série d’engouements pour des personnalités plutôt que pour des projets.

Aucun d’entre eux ne dessinait d’ailleurs une France majoritaire, mais seulement un engagement éphémère dont le ressort était la qualification au second tour, signe d’une victoire assurée – ce qui reste à démontrer – face à la candidate de l’extrême droite. Avec un brouillage des clivages et un brouillard des affaires qui auront empêché le grand débat auquel les Français aspiraient pourtant ardemment et légitimement. Avec enfin, la terrible piqûre de rappel du réel des attaques terroristes qui ont fini d’aggraver le désarroi.

Nous voici devant le résultat. Beaucoup vont vouloir y lire l’émergence d’un nouvel ordre électoral alors que nous sommes uniquement dans un grand désordre politique. Beaucoup vont vouloir y déceler une recomposition là où il faut plutôt voir une certaine décomposition amorcée il y a bien longtemps. Je mets en garde contre les analyses hâtives définitives et les certitudes des nouveaux cours.

La marque de ce premier tour est l’accession du Front national au second tour. Et une victoire sur ce rejet ne fait pas une majorité de projet. Restons prudents.

La présence du Front national au second tour est un choc de forte magnitude pour notre pays, malgré le fait que, contrairement à 2002, les Français étaient prévenus du risque lepéniste. Ainsi, ce premier tour marque tout autant un tournant qu’un tourment.

Ce vote va indéniablement marquer la décennie à venir, qui sera tout entièrement articulée autour de la lutte entre la démocratie et le nationalisme. Entre une démocratie affaiblie et un nationalisme plus ou moins xénophobe mais profondément raffermi, hantant l’Europe mais aussi le reste du monde dit occidental.

C’est dans ce contexte, avec ces éléments en tête, qu’il faut analyser le résultat décevant, déroutant et inquiétant du candidat de la Belle alliance populaire, Benoît Hamon. Ce résultat est dû à un enchaînement d’attitudes dans une conjoncture redoutable, marquée par une laborieuse sortie de crise et le retour du tragique, qui combinés, auraient nécessité l’unité. Que nous ayons été au milieu de la tranchée gouvernementale ou au cœur de la campagne.

C’est une lourde défaite, nous l’assumons, due tout autant à un contexte qu’à l’essoufflement d’un projet politique. Les socialistes n’ont pas été jugés sur leur bilan, ni sur leur projet mais sur la capacité à affronter le 2e tour. Cette élection présidentielle n’est ni un début ni une fin, mais un moment d’une séquence politique, moment cruel pour des socialistes trop divisés. Ces résultats marquent la fin d’une époque et appellent un profond renouvellement tout en gardant la spécificité du Parti socialiste : Gouverner à gauche pour transformer.

L’introspection viendra. L’analyse de cette défaite prendra du temps, car elle vient de loin. Mais pas maintenant. Car le temps de l’explication n’est pas venu. Aujourd’hui, il faut se situer dans le temps de l’action. Et la séquence politique va jusqu’au 18 juin et la fin des élections législatives.

Dans cette période troublée, la main des socialistes ne peut pas trembler. Dans ce grand désarroi, le Parti socialiste assume ses responsabilités et fait un choix de clarté: Marine Le Pen Présidente ? Ça jamais ! Il faut faire barrage à l’extrême droite et voter pour la République.

En conséquence, le 7 mai prochain je voterai, nous voterons pour Emmanuel Macron. Je le ferai sans hésiter, sans détour et surtout sans condition, comme nous l’avions fait pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.

Le Premier Ministre s’est exprimé avec la même clarté. Benoît Hamon est allé dans le même sens. Et je ne doute pas que le Président de la République, qui a été constant dans sa dénonciation de l’extrémisme national-populiste enverra un message fort à la Nation.

Il est de notre responsabilité de mettre en échec l’extrême droite. Tout nous y oblige : nos principes, le poids de notre histoire et l’imminence du danger. Oui, le danger est imminent. Comment ne pas le voir ? Mais, quand nous disons que le Front national est un péril, ce n’est pas uniquement par rapport à son passé, ou à ce qu’il fait au présent dans les collectivités, c’est aussi et surtout par rapport à l’avenir qu’il nous promet.

Le Front national est un danger pour la République et pour la France et donc bien entendu pour les Français. Madame Le Pen va ruiner les Français en organisant le repli aux frontières. La sortie de l’Euro et de l’Europe ? C’est la ruine des petits épargnants et de tous les ménages, l’augmentation des prix et le surendettement national. Madame Le Pen va trier les Français en les obligeant à prouver leur « francité ». Elle remettra en cause la protection sociale et les conventions collectives, au seul profit de « qui on est » et de « qui on n’est pas ». Elle fragilisera la protection de l’Etat en organisant la chasse aux « faux Français » dans l’administration, l’armée, la police, l’école, les hôpitaux.

Ainsi, le programme de Madame Le Pen ne se limite pas à la sortie de l’Europe : Elle veut aussi mettre en œuvre la sortie de la République. En effet, Madame Le Pen s’apprête à piétiner notre devise républicaine.

Il faut se le dire : le Front national ne rendra aucun service à la France. Alors même que Madame Le Pen veut nous faire croire que tous les défis d’aujourd’hui peuvent être résolus au niveau national. Son parti n’apportera aucune solution à la crise économique ou au défi écologique. Encore moins à la menace terroriste. La France est attaquée par le djihadisme de l’EI et confrontée à une multitude de défis. La France a besoin de l’esprit de concorde qui est sa meilleure ligne de défense. Or, le Front national incarne tout l’inverse. C’est le désordre assuré, la crise sociale et la tension entre les Français. C’est un saut, non pas dans l’inconnu, mais dans l’instabilité et dans la division, dans la marginalisation politique et historique de notre grand et beau pays. Le 7 mai au soir, si le plafond de verre s’écroule, il laissera la place à une chape de plomb. Si Madame Le Pen l’emporte, nous ne serons pas « chez nous » mais sans « nous » français.

Ainsi, face à ce danger, j’appelle tous les Français, quel que soit leur engagement partisan, à faire obstacle à la marche de l’extrême droite vers le pouvoir présidentiel.

Ainsi, face à ce danger, j’appelle tous les électeurs de gauche à nous rejoindre dans ce combat : Électeurs socialistes qui ont voulu faire barrage à Marine Le Pen en votant Emmanuel Macron ; Électeurs socialistes qui ont voulu soutenir la démarche originale et courageuse, que je salue, de Benoît Hamon ; Électeurs socialistes enfin qui ont espéré mettre un candidat se réclamant de la gauche au deuxième tour en soutenant Jean-Luc Mélenchon. A tous, je leur dis : aucun choix politique à gauche ne sera possible si Marine Le Pen gagne la présidentielle.

Les socialistes répondent toujours présents quand la France est alarmée, déboussolée et bousculée, quand le tourbillon tragique de l’Histoire s’enclenche à nouveau.

Le Parti socialiste a toujours été l’ardent défenseur de la République. Il l’a maintes fois démontré, jusque dans le cœur de la nuit de l’Occupation. Le Parti socialiste a toujours défendu le principe du barrage républicain. Nous sommes inconditionnellement pour la défaite du Front national, parce que nous sommes inconditionnellement pour la sauvegarde de la République.

Disant cela, j’appelle tous les militants socialistes, dont je salue l’engagement courageux dans cette campagne présidentielle, à redoubler d’efforts, partout, sur tous les territoires, sans relâche ni arrière-pensée, pour repousser le Front national et défendre ensemble les valeurs qui nous unissent indéfectiblement à la République.

Il ne s’agit pas ici simplement d’un appel solennel ou d’une déclaration sans lendemain. Il nous revient de porter ce message sur le terrain, auprès de tous nos concitoyens au moment même où de nombreuses forces politiques seront dans l’incertitude ou le retrait, voire la précaution.

Ainsi, nous allons nous lancer pour faire triompher la République le 7 mai prochain. Dans quelques heures, un tract sera publié à 4 millions d’exemplaires, plusieurs centaines de milliers d’affiches seront imprimées et placardées partout en France, des milliers de porte à porte et des centaines de réunions seront organisées par nos élus et militants tout au long des deux prochaines semaines.

Car il est hors de question de laisser la France perdre son âme. Car, c’est de cela qu’il s’agit : de l’âme de notre pays, du sens de la France.

Puis, viendront d’autres échéances. Nous refusons de les évoquer à présent tant que ne sera pas écarté le danger imminent.

Dans l’époque qui vient, l’avenir appartient à ceux qui sauront conjuguer la cohérence, la cohésion et la confrontation avec les nationalistes. C’est ainsi, la bataille de France vient de débuter. Elle sera longue. Le Parti socialiste y jouera tout son rôle et il sera à sa place : la première.

 


Jean-Christophe Cambadélis : « Il est hors de… par PartiSocialiste

16 Mar

Commentaires fermés sur « L’élection présidentielle ce n’est pas un pronostic mais un choix ». Interview au Point

« L’élection présidentielle ce n’est pas un pronostic mais un choix ». Interview au Point

par

 

Le site du Point publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

Le Point : Manuel Valls ne soutient pas Benoît Hamon. Il ne respecte pas l’engagement de la primaire. Vous qui êtes le garant de la charte, qu’en pensez-vous ?

Jean-Christophe Cambadélis : Il faut toujours respecter les instances, les votes démocratiques. C’est une constante de l’engagement politique. Mais, force est de constater que ce quinquennat n’a pas été avare de remises en cause tous azimut de nos décisions collectives. Je ne donne pas aux déclarations de Manuel Valls, à huis clos, un autre sens que la légitimation de son non-parrainage et le refus de rejoindre Emmanuel Macron. Allons au-delà de l’écume des choses.

De plus en plus de responsables socialistes, issus des réformateurs, comme Pierre Moscovici, vont appeler à voter Macron sans forcément le rejoindre. N’est-ce pas une anticipation de ce que sera la position du Parti socialiste in fine ?

Non, le Parti socialiste a décidé en convention nationale à l’unanimité de soutenir le vainqueur de la primaire. Le Premier secrétaire s’y tient. C’est de bonne politique car une présidentielle n’est pas un pronostic mais un choix. Une présidentielle dit toujours beaucoup de chose sur le moment politique…

Plutôt le chaos en ce moment…

Nous sommes dans une phase de décomposition de la Vème République. Les affaires en sont le symptôme. Le fait que deux candidats qui professent le « ni droite ni gauche », sans être équivalent dans leur nature, soient en tête en est le second élément. Le Front national s’installant dans la vie politique française à un haut niveau a fait exploser le bipartisme, c’est le troisième élément. Le scrutin majoritaire à deux tours n’est plus capable de contenir les offres politiques.

Un moment de décomposition ou de révolution politique ?

De décomposition politique car la révolution n’est pas encore là. Manifestement, le prochain président de la République va être élu par défaut puisqu’il sera élu, au second tour, dans le « tout sauf le Front national ». Un barrage ne fait pas un programme. Donc, il sera faible alors que nos institutions sont faites pour qu’il soit fort et  ordonne la vie politique. A cette étape, nul ne sait s’il aura une majorité parlementaire. Nous entrons dans une forme de IVème République dans la Vème. Le fait que le Front national ordonne toutes les réflexions politiques, en positif comme en négatif, n’est pas sain pour notre pays. La situation est enfin aggravée par la décision de Jean-Luc Mélenchon de ne pas soutenir le candidat socialiste qui lui était proche sur tous les thèmes. C’est une rupture stratégique de l’union de la gauche. Et, dans le même temps, les affaires et la radicalité de François Fillon ont provoqué l’émergence d’un nouveau centre qui s’est émancipé de la droite classique et de la gauche. Si bien que la concomitance de ces trois phénomènes – crise de nos institutions, montée du FN et changement stratégique – ouvre une nouvelle histoire de la politique française.

Barré sur sa gauche par Mélenchon, Benoît Hamon aurait-il dû faire plus de concessions aux socialistes réformistes de manière à rattraper Macron ?

On aurait pu toujours souhaiter que son mouvement soit plus rapide. Mais ce qui n’était pas prévu, c’est que Jean-Luc Mélenchon ferme la porte à gauche et que François Fillon, à son corps défendant, ouvre  la sienne en libérant le centre. Depuis, on assiste à un phénomène paradoxal autour d’Emmanuel Macron : ses ralliements viennent de la gauche alors que ses électeurs viennent de la droite.

Si on vous suit bien, nous allons droit vers une chambre ingouvernable… Comment le PS peut-il espérer tirer son épingle du jeu ?

Le changement de calendrier électoral avec des législatives qui suivent la présidentielle va, cette fois-ci, pleinement jouer son effet. En dehors du cas où Marine Le Pen serait élue Présidente, nous avons trois cas de figure possibles. Si François Fillon est élu, nul ne peut exclure une cohabitation avec la gauche. Si c’est Emmnauel Macron, nul ne peut exclure qu’il n’ait pas de majorité absolue et qu’il soit contraint de ne plus être dans le « ni droite ni gauche » mais d’être dans le « et droite et gauche », soit de manière permanente avec un accord de gouvernement ou au cas par cas sur l’ensemble de ses projets. Ce qui naturellement fragilisera l’exécutif. Enfin, si c’était Benoît Hamon, il y aurait fort à parier qu’il serait contraint d’organiser une majorité parlementaire allant de Macron à Mélenchon.

Et donc d’adapter son projet… 

Disons qu’il serait dépendant de cette majorité.

Mais il n’y a pas de points communs entre Macron, Hamon et Mélenchon… C’est ingouvernable ! Autant dissoudre…

Parce que vous pensez qu’il y a des points communs entre Alain Madelin et Robert Hue? Entre Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet ? Il va falloir apprendre les compromis et les coalitions.

Que restera-t-il du PS après la présidentielle ?

Outre le fait que nous devons soutenir le candidat désigné par la primaire, il y a un intérêt politique à rester groupés. Le PS doit serrer les rangs pour que son candidat soit le plus haut possible soit pour être au second tour soit pour que le Parti socialiste soit en capacité de peser dans les législatives où nécessairement il refera son unité. Car j’imagine mal de nombreux responsables socialistes se départir du dossard PS. D’autant que le Parti socialiste sera LE facteur d’ordre, de stabilité et de protection dans l’instabilité générale, si les socialistes sont capables de s’unir, et de saisir l’histoire. Que nous gagnons ou perdons la présidentielle, le groupe parlementaire PS jouera un rôle déterminant, soit pour faire respecter le programme présidentiel, soit pour protéger de l’absence de programme présidentiel.

Là, nous parlons du PS à la mode Hollande qui n’est pas la ligne du candidat Hamon lequel était un frondeur…

Le PS est resté dans ses clous qui sont ceux du Congrès de Poitiers, c’est à dire une majorité qui allait de Manuel Valls à Martine Aubry en passant par Gérard Collomb (aujourd’hui chez Macron, NDLR). Les cahiers de la présidentielle que nous avons élaborés pour celle-ci sont son ancrage. Mais la présidentielle n’est plus depuis l’introduction de la primaire, la projection mécanique du Parti socialiste ou des partis de gouvernement.

En 1995, Lionel Jospin, vainqueur d’une primaire interne, n’était pas sur la ligne d’Henri Emmanuelli, premier secrétaire. Henri Emmanuelli avec élégance et sens de la famille socialiste a soutenu Lionel Jospin tout en laissant au candidat d’avoir son autonomie durant la présidentielle. En 2007, François Hollande, Premier secrétaire, a fait de même avec Ségolène Royal. En 2012, Martine Aubry, Première secrétaire, avec tact, n’a pas entravé le candidat François Hollande.

Est-ce qu’il faut renoncer à la primaire ouverte qui, au fond, a jeté les Républicains et les socialistes dans le mur ?

Je ne pense pas. Sur ce sujet, on passe rapidement de l’adoration à la détestation. Pourquoi y-a-t-il des primaires ? Parce qu’il n’y a plus de leader incontestable. Pourquoi une primaire à droite ? Parce que Nicolas Sarkozy n’allait pas de soi. Pourquoi en fallait-il une à gauche ? Parce que François Hollande ne s’imposait pas, d’autant moins que son ministre de l’Economie et ancien conseiller se préparait à le quitter. Le temps du général de Gaulle voire de François Mitterrand dominant est révolu. Ce n’est pas prendre en compte la réalité. Hier, on pouvait s’appeler Michel Rocard et s’effacer derrière François Mitterrand. Ou être Chaban-Delmas et s’effacer devant le Général. Aujourd’hui, personne ne veut s’effacer et donc la seule légitimité si on veut rassembler un tant soit peu un camp, c’est toujours la primaire. Soit elle sera organisée, soit elle sera sauvage au 1er tour de la présidentielle comme entre Chirac et Balladur en 1995. De toute façon, nous sommes dans le temps des offres multiples, du multipartisme, des réseaux sociaux et non plus dans celui de la colline inspirée regardant la France au fond des yeux avec l’ORTF. En fait les primaires ne sont pas en soi un bien ou un mal, elles dépendent du contexte.

Si la Vème République est au bout du rouleau, proposez-vous la VIème République et sous quelle forme ?

A mon avis, cette question n’est jamais prise dans le bon sens. La Vème République, c’est évidemment la prééminence de l’exécutif sur le législatif avec un Président incarnant la Nation, sorte de recours ultime. Mais c’est surtout le scrutin uninominal à deux tours qui permet au Président d’avoir une majorité captive à l’Assemblée nationale.

Encore une fois, nous n’avons plus les hommes politiques nous permettant d’incarner ce schéma. Il y a eu les primaires, il y a eu les frondes et il y a aujourd’hui un Président qui sera élu par défaut et une majorité difficilement trouvable. Donc, la proportionnelle s’impose pour retrouver une légitimité et une stabilité. Et le jour où vous avez la proportionnelle avec une prime majoritaire, le Parlement retrouve tout son pouvoir, il rééquilibre le président de la République. Ça peut toujours s’appeler la Vème République mais nous sommes dans une autre forme institutionnelle.
Propos recueillis par Emmanuel Berretta

 

07 Mar

Commentaires fermés sur L’invité de Michel Grossiord dans L’Épreuve de vérité sur Public Sénat en partenariat avec AFP, Les Echos et Radio Classique

L’invité de Michel Grossiord dans L’Épreuve de vérité sur Public Sénat en partenariat avec AFP, Les Echos et Radio Classique

par

 

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité de L’Épreuve de vérité sur Public Sénat en partenariat avec AFP, Radio Classique et Les Echos.

Retrouvez ci-dessous le replay de l’émission ainsi que ses principales déclarations:


Invité : Jean-Christophe Cambadelis – L’épreuve… par publicsenat

 

Sur le Front National 

Les idées du FN ont pénétré très largement la société française. Quelque soit la personne élue le mal est fait.

Marine Le Pen s’installe définitivement dans le paysage politique et pèsera de tout son poids dans les législatives. (…) Il y a un risque, il faut le conjurer et pour cela il faut revenir au débat et non pas être dans la séquence que nous vivons en ce moment autour des affaires

Je tire un bilan très négatif de notre combat contre le Front National. La gauche collectivement n’a pas pu ou su réduire le Front National à cause de ses divisions et de son projet progressiste qui  n’est plus efficace dans le bilan présent

Sur l’affaire Fillon

Si vous mentez à la HAPTVP comment peut on vous faire confiance après ? François Fillon a voulu que l’attitude prenne le pas sur ses turpitudes.

La droite existe en France, elle a une force, une représentation et cette droite là ne veut pas de la gauche sous toutes ses formes.C’est pour cela que je suis inquiet. Quel sera le réflexe de cette droite et de Monsieur Fillon si Marine Le Pen est au 2nd tour de l’élection présidentielle et que lui n’y est pas? Je lui demande de nous dire si en cas d’élimination il appellerait à voter pour un candidat républicain. Le ni-ni c’est quand même une théorie qui existe.

Conférence de presse d’Alain Juppé: C’est une réaction d’un homme d’Etat éconduit.

Nicolas Sarkozy ne changera jamais. Il veut toujours être le grand ordonnateur de la droite.

La droite n’a jamais cessée d’être une menace.

Campagne de Benoît Hamon

Nous sommes dans la plaine et allons aborder les premières falaises de l’Alpe d’huez

Benoît Hamon est passé de 6% à 16% dans les sondages. C’est un saut considérable.  Il rentre dans le cœur de sa campagne mais c’est difficile car il ne peut pas installer son jeu. Les Français commencent à être exaspérés qu’on ne parle pas d’eux et de la France.

Il y  a comme toujours chez les socialistes le fait que l’on veut l’emporter et qu’on est nombreux à suggérer. Moi je dis à tout le monde de garder ses nerfs.  Il y a une présidentielle et des législatives. Il faut se concentrer sur l’ensemble. Faire des propositions au candidat, ce n’est pas inutile. Chercher à le déstabiliser, ça me semble inutile.

Il faut maintenant que Benoît Hamon soit le candidat de toutes les gauches et de tous les écologistes. Il faut qu’il ouvre les bras, qu’il parle à tout le monde et qu’il rassemble.

Benoît Hamon se réinsère aujourd’hui dans la campagne présidentielle en précisant son projet sur le revenu universel.

Accord Hamon/Jadot 

Je pose aux Verts la question de la réciprocité: on ne peut pas faire d’accord avec le PS et s’allier également avec le Front de gauche face aux candidats socialistes.

Ralliement à Macron?

Je dis à tout le monde: gardez votre sang-froid. Il faut prendre le temps que la campagne s’installe.

Pour battre Marine Le Pen il faut une dynamique populaire et il ne faut pas de pipolisation. Il faut un ensemble avec des propositions qui mobilisent le peuple.

Soutiens de socialistes à Macron

Je n’ai pas exclu les frondeurs qui étaient favorables au dépôt d’une motion de censure contre leur propre gouvernement.

A chaque fois, je fixe des limites, tout en comprenant les réflexions, les interrogations. Je ne suis pas un épurateur, mais un rassembleur.

Si Gérard Collomb pense surmonter les blocages en faisant une majorité autour d’Emmanuel Macron de Robert Hue à Alain Madelin ça me semble un peu large!

Sur l’interview de Claude Bartolone au Monde

Je sais que Claude Bartolone est tarabusté par la montée du FN.

Le PS ne doit être ni le partenaire junior d’Emmanuel Macron ni le partenaire sénior de Jean-Luc Mélenchon. Le PS doit être incontournable dans la victoire comme dans la défaite.

Sang-froid et responsabilité. Le Parti socialiste sera totalement nécessaire a notre démocratie dans la période qui s’ouvre.

Congrès du PS? 

Je vous donne rendez-vous le 18 juin, non pas pour lancer un appel mais pour discuter de cette importante question.

Des socialistes peuvent avoir des états d’âmes mais ils restent attachés au Parti socialiste.

 

05 Mar

Commentaires fermés sur L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

L’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J

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Jean-Christophe Cambadélis était dimanche 5 mars l’invité de Frédéric Haziza dans le Forum de Radio J.

 

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations.

Pour réécouter l’émission: radioj.fr/node/11

 

Sur l’affaire Fillon

Cette situation ne peut plus durer. On ne peut pas à 49 jours du 1er tour de l’élection présidentielle continuer à commenter l’affaire Fillon. Des débats extrêmement importants pour la France ne peuvent pas être posés car nous sommes dans la chronique judiciaire. Retournons à la chronique présidentielle. Ce climat malsain, délétère, d’affaires renforce la situation de Marine Le Pen.

Il est temps de parler du fond et non pas des affaires.
La position de Fillon est intenable: celle de la guerre des pouvoirs: pouvoir politique contre pouvoir judiciaire. Il serait souhaitable pour la démocratie et la lutte contre le FN qu’il renonce. Il pourrait faire don de sa personne à la démocratie
Il faut maintenant la clarification pour retourner au débat présidentiel.
Sur le rassemblement au Trocadéro
L’idée de faire un rassemblement dans la rue pour défendre un homme politique qui s’est mis lui-même dans un piège, est dangereuse. La stratégie de défense de M.Fillon abîme la France. Il prend en otage l’élection présidentielle. Plus Francois Fillon radicalise, plus il crée les conditions de la montée du FN.
Affaires Fillon et Le Pen
Ces deux affaires obscurcissent le débat présidentiel.
Marine Le Pen peut gagner et c’est un risque que nous ne pouvons pas exclure. On ne peut pas combattre Marine Le Pen par la pipolisation ni par le libéralisme.
Seule la gauche avec une politique de protection et de progrès peut être en capacité de l’emporter face à Marine Le Pen.
Benoît Hamon a un projet de progrès nécessaire à notre pays contrairement à Marine Le Pen et sa révolution nationale
Le PS et son candidat qui doit rassembler toutes les gauches et tous les écologistes doit être indépendant et autonome. Il ne doit pas se comporter comme un partenaire junior d’Emmanuel Macron un partenaire senior de Jean-Luc Mélenchon.
Benoît Hamon rassemble autour de lui le PS dans toutes ses sensibilités, les radicaux,
l’UDE, EELV. C’est suffisamment large pour gagner la présidentielle. Le vote utile contre Le FN c’est un vote efficace contre le FN, et donc un vote pour benoît hamon.
Le conflit a l’air très sévère entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti communiste. Je ne sais pas si tout le monde fait un effort pour qu’il soit candidat.
C’est la présidentielle introuvable. On ne sait pas qui sortira du chapeau.