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12 Mai

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Mon discours lors du meeting européen à Rezé – lundi 12 mai 2014

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Vous pouvez retrouver ci-dessous le discours prononcé par Jean-Christophe Cambadélis lors du grand meeting européen à Rezé.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Chers amis, chers camarades,

 

Je dois le confesser : ce soir, je suis en très bonne compagnie. Avec vous tous, mes chers amis. Avec Jean-Marc Ayrault aussi. Jean-Marc, quel plaisir de te voir, en pleine forme. J’en profite pour te remercier, d’avoir tant fait pour poser les bases du redressement dans notre pays. Merci et bravo à toi ! Je vous le dis, je suis très bien entouré, et ce jusque dans l’ordre de passage des intervenants: je parle juste après Isabelle Thomas et juste avant Martin Schulz. Isabelle, tu fais honneur à ton mandat de députée européenne et, en campagne, on vient de le voir, tu es redoutable ! Dans quelques minutes, je vais laisser la parole à Jean-Marc Ayrault et Martin Schulz. Cher Martin, ceux qui n’ont pas encore eu la chance de t’entendre, vont voir que tu es non seulement le candidat idéal mais également un orateur magistral.

Mais, avant cela, laissez-moi vous livrer quelques mots, pour Eric Plumer, ici à Rezé, au centre du Pays nantais, au cœur de cette campagne européenne historique.

La politique, mes chers camarades, consiste à partir des faits et débute avec un acte essentiel: « dire ce qui est ». Alors, je le dis: L’Europe va mal. L’Europe souffre de 10 ans de gestion lamentable à droite. En 10 ans, les Conservateurs ont presque réussi à défaire 60 ans de construction européenne. Ils ont abimé l’Europe. Pire, ils ont menée l’Europe à l’abîme, au bord d’un gouffre où elle est prête de s’engloutir. Car, non contents d’imposer partout l’austérité et de laisser la précarité s’enraciner, ils ont pavé le chemin des populistes.

Oui ! Le désamour dont souffre l’Europe aujourd’hui c’est à la droite qu’on le doit. Voilà les faits ! Voilà la vérité !

Si la force de la politique consiste à « dire ce qui est », la médiocrité politique consiste, elle, à taire et à camoufler ce qui est. Les Conservateurs ne veulent pas dire la gravité de la situation qu’ils ont créée. Alors je vais le dire pour eux : Bruxelles est l’homme malade de l’Europe.

Il faut le marteler : leur austérité est une erreur, leur Europe est un échec, leur bilan est la cause de la crise. Ce bilan catastrophique, ils ne pourront le cacher derrière aucun slogan, aussi gros soit-il. Cet échec pathétique, ils ne pourront le dissimuler derrière aucune diversion, aussi grossière soit-elle. Ils ne veulent pas voir le résultat de leur politique austéritaire en face. Ils sont dans le refoulé. En France, l’UMP fait semblant de souhaiter une « autre Europe » et de chercher une nouvelle ligne européenne, ce qui n’est pas chose facile. On voit ainsi Monsieur Copé jouer au pion dans cette immense cour de récré qu’est devenue l’UMP, tentant de séparer Juppé et Wauquiez et de réconcilier Lamassoure et Guaino. Mais, derrière ce cirque il faut bien voir que leur ligne européenne est toute trouvée : c’est l’austérité budgétaire et l’orthodoxie monétaire. Cette ligne antisociale, on sait où elle mène : c’est la ligne droite vers le dépérissement de l’Europe. Et cela nous ne pouvons l’accepter. Cela, nous ne l’accepterons pas.

L’UMP, on le sent, est extrêmement gênée aux entournures. Alors l’UMP fait dans l’entourloupe. Ils veulent à tout prix rester dans une campagne franco-française, ils veulent tout ramener à Paris, car ils veulent à tout prix détourner l’attention loin de Bruxelles et de Strasbourg, où ils ont la majorité, où ils sont aux responsabilités. Monsieur Copé, qui, on le sait, a vraiment besoin de réaffirmer sa position au sein de sa propre formation, veut coûte que coûte passer à la télé le 22 mai prochain. Pourquoi ? Pour se poser en chef de l’opposition en France. Mais Monsieur Copé, le 22 mai, vous serez le chef de la majorité sortante en Europe!

L’UMP mène vraiment une « drôle » de campagne. Ils ont peur de leur ombre. Ils ont peur du débat.

Pourquoi ? Mais, parce qu’ils ont honte de leur bilan, honte de leur Europe et même honte de leur candidat, Jean-Claude Juncker. Pauvre Monsieur Juncker… Monsieur Wauquiez propose, sans sourciller, une « Europe des 6 » sans le Luxembourg et Monsieur Copé l’interdit de télévision. Juncker. L’homme du paradis fiscal, vit avec ses amis français un véritable enfer. Mais, ne versons pas trop de larmes pour Monsieur Juncker, lui qui a tant versé aux banques et lui qui incarne comme aucun autre cette politique austéritaire, dure avec ceux qui vivent avec moins de 1 000 euros et tendre avec ceux qui jouent avec des milliards. L’échec de l’Europe aujourd’hui, c’est l’échec des Conservateurs et il va falloir le rappeler très clairement le 25 mai prochain. Mes chers camarades, les sortants ne doivent pas s’en sortir pas avec des pirouettes. Dans deux semaines, les sortants, il faut les sortir !

Il faut les sortir, si on veut sortir l’Europe de l’ornière, si l’on veut casser la logique austéritaire, si l’on veut libérer nos enfants du chômage, si l’on veut remettre les spéculateurs à leur place, si l’on veut, en somme, recréer de l’espoir en Europe et dans l’Europe.

Cette politique détestable et délétère provoque à juste titre chez nos concitoyens une très vive colère. Et le Front national, comme à son habitude, veut récupérer cette révolte et en faire sa récolte. Mais, le Front national, n’est que le réceptacle stérile de cette colère légitime. Car, le Front National ne fera rien de cette colère. Il ne peut rien résoudre, il ne veut que dissoudre.
Le Front national n’est jamais dans le registre des solutions, mais toujours dans celui des émotions et dans celui de la manipulation. Madame Le Pen dit non à Bruxelles ? Mais, elle a toujours dit oui aux indemnités de Bruxelles ! Madame Le Pen se dit patriote ? Mais, au Front national, ils ne sont pas patriotes, ils sont nationalistes ! Oui, ils sont nationalistes et d’extrême droite. Ils ne veulent pas l’entendre. Ils ne veulent pas qu’on le dise. Alors, je le répète : ils sont nationalistes et d’extrême droite.

Les nationalistes sont aux anges. Après avoir trouvé l’ennemi intérieur, le musulman, ils ont trouvé leur ennemi extérieur : l’Europe ! Mais, ils n’ont pas réussi à trouver de candidat au niveau européen. Et ils n’ont pas de véritable programme européen, à part la sortie de l’Europe. La colère de nos concitoyens, ils ne veulent pas y répondre, ils veulent l’entretenir. Cette colère ils ne peuvent pas y répondre, car leur sortie de l’Euro, leur prétendue issue de secours est en fait une sortie sans issue : ils ne pourront jamais la réaliser. Le vote FN est un vote stérile. Stérile mais pas neutre : le vote FN est le vote utile de l’UMP. Voter FN c’est en effet empêcher la sanction des conservateurs sortants, voter FN c’est empêcher la réorientation de l’Europe. Le FN dans cette campagne est la béquille de l’UMP, leur seule chance de survie, leur seule chance de maintien à la tête de l’Europe.

Madame Le Pen veut transformer les isoloirs en simple défouloir. Nous voulons en faire le tremplin de l’espoir pour demain. Nous sommes dans la construction pas dans la destruction, nous sommes dans la recherche d’un grand dessein pas dans le registre du déclin. L’Europe n’a pas besoin de populistes, elle a besoin d’une alternative.

Alors, quelle alternative au vote UMP de rustine et au vote FN stérile ? L’alternative, c’est le vote progressiste. C’est le seul vote utile car c’est le seul vote qui peut offrir un débouché concret à la colère de nos concitoyens. Nous avons un candidat, Martin Schulz, et un programme de rupture, pour une nouvelle croissance. Il ne nous manque plus qu’une majorité. Nous ne pouvons plus attendre : il faut réformer l’Europe et corriger ses déficiences. Il nous faut sortir du totémisme des 3%, nous libérer du fétichisme monétaire. L’Europe, au fond, n’a pas besoin d’euroconservateurs ni d’eurodéclinistes, elle a besoin d’euroréformistes.

Nous sommes les euroréformistes de cette élection. Ni le conservatisme libéral, ni l’europhobie du Front National.

L’Europe, mes chers amis, a besoin de nous ! L’Europe a besoin d’être réorientée. L’Europe a besoin de sortir de la lecture hémiplégique des traités : la stabilité ne doit plus se muter en austérité et la croissance ne doit plus être oubliée, au contraire : la croissance doit être notre priorité. L’Europe a besoin d’un nouveau modèle d’indépendance énergétique. L’Europe a besoin d’une défense commune pour défendre ses principes et ses frontières. L’Europe a besoin aussi de se débureaucratiser. Car, c’est sans doute là le comble de l’histoire européenne récente : les conservateurs ont voulu tout déréguler, tout déréglementer  et résultat : ils ont tout bureaucratiser ! Imaginez, 17 000 textes publiés au journal officiel ! 100 000 pages ! L’Europe a besoin de se recentrer sur l’essentiel : un smic européen ! Un traité social ! Une garantie jeunesse ! Un meilleur contrôle des banques ! La croissance, la croissance, la croissance ! Voilà ce dont l’Europe a besoin, et voilà ce que nous sommes les seuls à pouvoir lui offrir !

Mes camarades, tout cela n’est possible que si nous donnons une nouvelle majorité à l’Europe. Et pour cela il faut mener campagne, pour cela il faut se battre. Alors, mes amis, mobilisez-vous! D’ici le 25 mai prochain, chaque minute comptera, chaque tract comptera, chaque tweet comptera, chaque mot comptera. Car, le 25 mai, chaque voix comptera pour sortir les conservateurs du Parlement européen et pour empêcher les nationalistes d’y entrer.

Un dernier mot, mes chers amis. Puisque nous sommes ici pour nous dire les choses : j’entends les commentateurs et les sondeurs, j’entends les regrets et les rancoeurs suite aux municipales. J’entends les interrogations, les doutes. J’entends cette incertitude du succès. Mais rien n’est écrit. Tous ces bruissements sont couverts par l’appel urgent des Françaises et des Français pour plus de justice et plus de croissance. Et c’est cela qu’il faut entendre et écouter, c’est cela qui doit nous motiver à agir et à faire campagne sans relâche.

Mes amis, c’est notre passion pour les idéaux d’égalité et de progrès qui nous a réuni ce soir à Rezé. C’est cette passion commune qui est la raison de notre engagement. Et c’est cette passion qui sera la raison de notre succès !

Jean-Christophe Cambadélis
Premier secrétaire du Parti socialiste

 

12 Mai

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L’invité de Frédéric Rivière sur RFI

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JCC RFI 12052014 bisJean-Christophe Cambadélis a répondu ce matin aux questions de Frédéric Rivière sur l’antenne de RFI.

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:


Jean-Christophe Cambadelis, premier secrétaire… par rfi

09 Mai

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Relevons la tête !

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Cher-e ami-e , cher-e camarade,

Relevons la tête !

A peine terminées les élections municipales qui nous ont fortement ébranlés, voilà les élections européennes qui s’annoncent devant nous.

J’ai une pensée pour nos amis battus et pour leurs équipes. Elles ont droit à notre solidarité. J’imagine les difficultés dans lesquelles elles se débattent aujourd’hui.

Nous n’avons pas été épargnés depuis près de deux ans. Le pays en ruine économique et morale au bord de l’implosion devait être redressé avant tout autre chose. La gauche est souvent appelée par le peuple de France lorsque la droite a sinistré notre nation. Ce fut le cas une fois de plus en 2012.

Cette contrainte du passif est combinée au procès en illégitimité de la gauche instruit par la droite et l’extrême-droite. Lui-même démultiplié par notre volonté d’étendre les libertés via le mariage pour tous. Tout cela fut le petit bois de la mobilisation des droites. La colère de voir les dividendes du redressement moins rapides que la France ne l’espérait, l’exaspération de nos propres contradictions ont achevé de convaincre le peuple de gauche de s’abstenir.

Le résultat est là ! Les fondations du socialisme municipal ont été touchées par une véritable grève du vote de notre électorat.

Il ne sert à rien de dire que c’est injuste au regard du travail local et de l’impulsion nationale, le résultat est là !

Devons-nous pour autant baisser les bras ? Personne au fond ne le pense. Il nous faut tous reprendre notre « bâton de pèlerin ». Nous devons convaincre notre peuple que derrière les nuages il y a toujours du bleu.

Ce que nous avons entrepris portera ses fruits. Le changement prend du temps! Même si le peuple, à juste raison, est impatient.

Nous avons jugulé le déclin. Il faut maintenant bâtir le renouveau de la France et redonner une identité au Parti socialiste.

Nous avons donné les impulsions nécessaires. Nous discutons maintenant des meilleures façons d’accélérer la croissance et de réduire le chômage. Nous avons une feuille de route jusqu’à notre prochain congrès où les militants vont s’exprimer et notre identité va être réaffirmée, notre combat pour l’union rehaussé.

C’est dans ce moment que les élections européennes interviennent. Des élections qui sont généralement défavorables aux partis institutionnels car elles sont le lieu de tous les défouloirs.

Et pourtant ! Nous avons la possibilité de souligner l’enjeu qui est pour le moins historique. Pour la première fois dans l’histoire de l’Europe, les peuples peuvent tout à la fois choisir leur candidat à la présidence de la Commission européenne et l’orientation de la majorité qui le soutiendra.

L’Europe est aujourd’hui de droite, une droite conservatrice et autoritaire. Sa politique motive un légitime mécontentement dans toute l’Europe. Les nationaux populistes et les populistes de toute sorte tentent de capter ce mécontentement au profit de leur volonté de sortir de l’Europe.

Si les Français sont mécontents, ils ne le sont ni de l’Europe, ni de l’euro. Mais de la droite qui gouverne l’Europe depuis dix ans. Ils ne veulent pas – dans leur immense majorité – sortir de l’Europe. Ils cherchent une alternative à la droite et l’extrême-droite.

Il serait paradoxal que, blessés par les élections municipales, inquiets pour les élections européennes, voire interrogatifs sur la suite, nous laissions les nationaux populistes saisir le moment. Ce qui voudrait dire – au bout – laisser les conservateurs continuer leur œuvre ordo-libérale. C’est-à-dire une lecture hémiplégique des traités – pour l’austérité contre la croissance – qui pousse l’Europe à sa perte et les Européens à la haine. Face à la droite qui veut continuer l’Europe telle qu’elle est et l’extrême-droite qui veut sortir de l’Europe, les sociaux-démocrates européens veulent changer de politique européenne.

Pour changer de politique, il faut changer de majorité : une majorité progressiste est possible ! Elle se joue à une poignée de sièges. Chaque voix compte !

Notre candidat à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz, a toutes les chances de l’emporter. La majorité sur laquelle il s’appuiera aura un quintuple mandat.

D’abord une nouvelle croissance et un nouveau traité social européen. Ensuite la lutte contre la bureaucratisation européenne. Puis l’Europe de l’énergie. Enfin celle de la défense.

Tout le monde comprend qu’une majorité progressiste tournera le dos à l’austérité de Bruxelles.

La lecture des traités autour de la stabilité transformée en austérité ne sera plus en cours ni à Bruxelles ni à Strasbourg. La croissance, tout aussi présente dans le traité, aura droit de cité.

Martin Schulz a ouvert une autre lecture des 3% du déficit estimant « que les dépenses d’investissement ne doivent pas être comptabilisées dans le calcul des déficits ».

Bref, une autre majorité au Parlement européen, un autre président de la commission, une autre politique européenne c’est modifier les conditions de notre débat en France. C’est accélérer le renouveau de notre pays.

C’est donner les moyens à notre combat depuis l’élection de François Hollande d’une réorientation de la construction européenne. Comme vient de le déclarer le Président de la République « la France veut plus que le progrès de l’Europe, elle veut l’Europe du progrès ».

Contrairement aux mensonges que les uns et les autres essaient de faire courir médiatiquement, le Parti socialiste parle d’Europe ! Les 28 partis socialistes d’Europe ont un projet pour une nouvelle Europe, le Manifesto, étayé par un argumentaire de 74 questions et réponses pour changer notre Europe.

Depuis plusieurs mois, les équipes régionales de nos 8 circonscriptions européennes travaillent sur le terrain. Un site, www.choisirnotreeurope.fr, a été lancé depuis deux mois et a engagé plusieurs dizaines de milliers de militants pour cette « réorientation ». Cela démontre que notre électorat est disponible. Cela démontre que nous pouvons mobiliser. Cela démontre que le résultat dépend de nous.

Est-il utile de vous dire que dans le moment actuel, tordre le cou aux pronostics donnerait espoir à chacun ? Tout est possible dans cette élection – même le meilleur – pour que notre électorat en perçoive l’enjeu à l’échelle de l’Europe et ses conséquences nationales.

Le premier ministre Manuel Valls a déclaré vouloir mobiliser le gouvernement dans ce combat. A nous aussi de relever le défi.

Les quinze jours à venir seront intenses et déterminants.

Vous trouverez ici les outils de la mobilisation. N’hésitez pas à mobiliser vos amis, vos sympathisants, vos fichiers.

C’est très simple et ca peut rapporter gros pour la France. Un petit clic vaut mieux qu’une grande claque !

Je compte sur vous parce que le Parti socialiste a besoin de vous.

Jean-Christophe Cambadélis
Premier secrétaire du Parti socialiste

08 Mai

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Débat du 22 mai sur France 2

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logops160Le 22 mai prochain est organisé par la rédaction de France 2 un débat consacré aux élections européennes. A la demande du comité de campagne des élections européennes et du Bureau National du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, son Premier secrétaire  propose à la rédaction de France 2 d’être remplacé par Martin Schulz, candidat des sociaux démocrates a la présidence de la commission européenne.

En effet, il estime que la présence à une heure de grande écoute, de Marine Le Pen, présidente du Front National et de Jean-Luc Mélenchon, co-président du Front de gauche; tous deux têtes de liste, respectivement dans le nord-ouest et dans le sud-ouest; pose un problème d’égalité de traitement avec les candidats des autres listes des euro-régions.

Par ailleurs, il estime que le débat ainsi organisé entre leaders nationaux, va ramener inévitablement  une émission dont l’enjeu doit être l’élection européenne, à une dimension nationale.

18 Avr

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Mon discours lors du meeting de lancement de la campagne des européennes – Jeudi 17 avril 2014

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Jcc meeting 17042014 crédit Philippe Grangeaud

Vous pouvez retrouver ci-dessous la retranscription du discours de Jean-Christophe Cambadélis lors du meeting de lancement de la campagne des européennes au cirque d’hiver jeudi 17 avril 2014.

 

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Vous êtes très nombreux ce soir et j’y vois comme un signe. On nous avait dit : tenir une réunion à Paris pendant les vacances scolaires vous n’allez pas y arriver. Aujourd’hui, vous avez fait mentir les pronostics, nous ne savons plus si nous sommes 1 900, 2 000, allez, nous sommes 2 000, ici et dehors, et nous avons réussi notre pari.

 

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Je voudrais bien sûr saluer les franciliens, mais aussi les Français de l’étranger qui nous écoutent, qui sont rattachés à la grande circonscription de l’Ile-de-France.

N’ayez pas peur, je serai court. D’abord par courtoisie pour Martin Schulz, qui est quand même celui qui va terminer notre meeting, et parce que je n’ai que trois choses à dire. Ceux qui me connaissent disent que c’est mal parti, parce qu’en général, quand je dis ça, c’est que ça dure très longtemps. Mais je vais concentrer mon propos autour du message que les socialistes veulent envoyer à l’ensemble des Français.

Le premier message : l’Europe est en danger ! L’Europe c’est LA solution mais elle est devenue LE problème pour des millions d’européens. Alors je veux dire au peuple de gauche de ne pas se tromper de colère. Ce n’est pas l’Europe qui est le problème, mais le parti populaire européen (PPE).

C’est le parti populaire européen qui a gouverné l’Europe pendant une décennie. Et face au désastre de sa gestion le Parti socialiste européen est la solution de l’Europe.

Le bilan de la commission sortante de Monsieur Barroso et de l’ensemble des droites européennes est calamiteux. Jugeons le bilan : un chômage en hausse, une croissance en berne, des inégalités qui explosent, peu ou pas d’investissement dans l’avenir, une bureaucratie qui explose, quant au budget, il a fallu toute la ténacité de Martin Schulz et de Catherine Trautmann pour essayer d’arracher un certain nombre de subsides pour les plus pauvres de l’Europe. Sans eux, aujourd’hui, les plus pauvres de l’Europe seraient sans protection.

Mais comment en serait-il autrement ? David Cameron, qui n’est pas membre du PPE, mais vous avouerez qu’ils se ressemblent tous, disait il y a peu de temps : Le grand marché plutôt que la solidarité. Rajoy s’est prononcé contre l’avortement. Madame Merkel a dit cette phrase extraordinaire : La démocratie doit être conforme au marché. Quant à Monsieur Copé, vous l’avez entendu aujourd’hui, il est pour remettre en cause le SMIC, il est d’accord avec le MEDEF sur ce sujet. Mieux, il vient de déclarer : le plan présenté par Manuel Valls à la représentation nationale qui sera discuté dans quelques jours ne va pas assez loin. Il faudrait remettre en cause les minima sociaux, précariser les salariés.

Cette idéologie qui est portée par tous ces hommes et toutes ces femmes, c’est cette idéologie conservatrice aux commandes de l’Europe. Ce sont eux qui ont produit l’austérité continentale. Ce sont eux qui ont fait qu’on se débat dans les plus grandes difficultés aujourd’hui. Car ce sont ceux qui ont une lecture dogmatique et libérale du pacte de stabilité et de croissance. J’y reviendrai.

Ils sont candidats à leur succession. Aujourd’hui, Monsieur Juncker les représente. Pas la peine de vous dire d’où il vient et ce qu’il a fait dans son pays. Ils ont tout abîmé, tout cassé, tout compliqué. Dans le débat entre Juncker et Martin Schulz, l’ancien Premier ministre conservateur a avancé l’idée qu’il était pour une autre Europe. C’est intéressant parce que c’est un aveu.

Nous disons, nous, « notre Europe », eux, ils disent : une autre Europe, car ils ne peuvent pas assumer leur bilan. Ils sont obligés de dire qu’ils veulent autre chose. C’est un aveu, un aveu d’échec.

L’Europe est en danger ! Pas simplement parce que les conservateurs sont à la tête de la commission. Parce qu’il règne en Europe le vent mauvais de l’europhobie. Le national populisme est à la hausse, le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme sont là !

Nos prédécesseurs, les anciens, ont fait l’Europe au nom du plus jamais ça. Et aujourd’hui, dans tous les pays d’Europe, resurgit ce qu’on appelait la bête immonde. Ceux qui veulent chasser les immigrés, veulent faire éclater l’Europe. Ces fanatiques du nationalisme ont en tête l’affrontement entre les communautés. François Mitterrand disait : « Le  nationalisme, c’est la guerre ». Pour éviter cela, il faut construire l’Europe. D’un côté l’immobilisme conservateur. De l’autre une volonté d’éclatement. Mais ce sont les frères jumeaux de combat contre l’Europe, l’un nourrit l’autre.

Mon deuxième mot, ma deuxième phrase, ma deuxième idée, est un plaidoyer pour des règles d’après-crise.

Le dogmatisme et la bureaucratie se sont enkystés aux commandes de Bruxelles. Le traité de Maastricht a fixé au doigt mouillé 3% comme critère de convergence.

Depuis le traité de Maastricht, tout a changé, le nombre d’habitants, leur niveau social, le nombre de pays présents dans l’Europe, la compétition mondiale, la manière de produire, la crise. La commission et le PPE nous disent : Mais enfin, il faut s’adapter ! Par contre les critères de convergences doivent eux être intangibles. La France respecte sa parole, c’est bien. La France a adopté le traité de Maastricht, parfait. Les Français l’ont voté, oui. C’est maintenant un traité assurément. Mais ce traité dit deux choses : qu’il faut la stabilité et qu’il faut la croissance. La stabilité s’est transformée en austérité et la croissance est absente.

Ah, la stabilité, on en a entendu parler, sur tous les noms et dans toutes les langues. Mais la croissance, où est-elle ? Nous en avons tellement besoin pour la stabilité. Où est-elle ? Rien. Aucun projet, aucune action.

Alors, moi, je vous le dis, il faut une autre logique, il faut d’autres règles d’après-crise. Et les critères de 3% qui ont été adoptés dans un temps ne peuvent pas être aujourd’hui appliqués dans le moment de la crise que nous vivons.

Il faut à la tête de la commission une toute autre logique que celle qui est portée par le PPE et les conservateurs. Il faut être capable d’investir dans la croissance, de la faire prospérer, de faire en sorte qu’elle puisse permettre aux peuples d’espérer. Il faut revisiter les critères, relancer la croissance et inventer un traité social.

Et moi, je le dis, oui, nous allons mettre au cœur de la campagne électorale la question d’un nouveau traité social qui permettra aux salariés, aux exclus, aux étudiants, aux jeunes, de pouvoir vivre décemment dans une Europe solidaire.

La troisième idée procède des deux premières. Il faut une nouvelle croissance. Pour promouvoir une nouvelle croissance en Europe, c’est le sens de ce que les socialistes vont défendre, dans leurs euro-circonscriptions.

Au niveau de l’union, nous allons présenter six grands projets prioritaires. Ils doivent être mis en œuvre à 28 si possible, à moins si c’est nécessaire.

L’Europe de l’énergie, l’Europe du numérique, des transports propres, de la défense, des technologies clefs et génériques, de l’agriculture bio. Ces grands programmes d’investissement ne sont pas des plans sur la comète, ils sont nécessaires et rentables.

D’abord pour une Europe de l’énergie. Chaque année, les Européens déboursent 400 milliards d’euros pour payer leur pétrole et leur gaz. La réduction de cette facture serait bénéfique à la relance de nos économies. Une politique européenne de l’énergie doit pouvoir poursuivre trois objectifs : garantir la sécurité énergétique de l’UE, des prix favorables en diversifiant les sources d’approvisionnement et en instaurant un achat conjoint de pétrole et de gaz, non plus dans un ordre dispersé comme c’est le cas aujourd’hui face à Vladimir Poutine et aux émirs. Ce serait l’indépendance de l’Europe.

Aujourd’hui, le peuple ukrainien se tourne vers nous malgré nos difficultés, il demande de pouvoir vivre dignement car ils ont mis un signe égal entre l’Europe et la démocratie, ils se tournent vers nos valeurs. Et nous disons ce soir à monsieur Poutine : bas les pattes devant l’Ukraine.

Le deuxième pilier, c’est pour une Europe du numérique. Le numérique est un enjeu majeur d’innovation et donc de croissance et d’emploi. C’est également un enjeu majeur du point de vue stratégique et industriel tant l’indépendance vis-à-vis de l’extérieur est importante dans ce domaine.

Le troisième pilier : les industries du futur, et miser sur les technologies clefs génériques. Il s’agit des futurs moteurs de l’innovation dans le processus et les produits.

Enfin, pas tout à fait, mais le quatrième pilier, c’est pour une Europe de la défense. Dans ce domaine également, il est essentiel de mutualiser nos forces pour renforcer notre indépendance à l’échelle de l’union. Les derniers conflits au Mali, en Centrafrique, en Syrie, l’ont démontré.

Et je me fais quand même une réflexion. La France est engagée dans ces conflits, elle le fait parce qu’elle estime que c’est nécessaire. Mais elle le fait aussi pour la protection des Européens. Et il faudra bien un jour que l’on discute au niveau de l’Europe de l’engagement souvent seul de la France. Ces engagements pèsent. Ils ne lui permettent pas d’avoir les marges de manœuvre budgétaire qu’elle souhaiterait. Et ceci est supporté par les Français. La solidarité européenne voudrait que la France soit plus soutenue qu’elle n’est aujourd’hui.

Le cinquième pilier c’est le développement des réseaux et infrastructures transeuropéennes.

Terminons évidemment par les activités agricoles et côtières qui doivent se tourner vers l’avenir.

Voilà six points, six éléments qui sont pour nous la possibilité d’une nouvelle croissance.

Alors en conclusion, l’Europe est en danger. Et il faut donc la sauver. Il faut imposer par notre vote des règles pour l’après-crise. Il faut imposer par notre vote une nouvelle croissance. Et il faut porter à la tête de la commission Martin Schulz.

Martin, tu es né au cœur de l’Europe. Tu as vécu au cœur de l’Europe. Tu as l’Europe au cœur. Et tu seras le cœur battant de l’Europe demain.

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades, le vote qui interviendra le 25 mai est un vote historique pour deux raisons.

La première, nous utilisons une faille dans le traité, je ne suis pas certain que ceux qui l’avaient rédigé pensaient qu’un jour on se retrouverait avec des listes continentales et la possibilité de voir un responsable majoritaire dans le Parlement pour être élu à la commission. Mais c’est ainsi !

C’est historique parce que pour la première fois les Européens, par l’intermédiaire de leur parlement, vont peser sur la commission qui est une sorte de gouvernement de l’Europe. Les Européens vont pouvoir élire pour la première fois le président de la commission. C’est historique ! L’enjeu est continental. Il ne faut pas simplement se déterminer sur les problèmes que nous vivons dans notre propre pays.

Historique pour une deuxième raison : Les Européens ont entre leurs mains leur destin. Soit les conservateurs restent et leur politique continuera, soit le Parti socialiste européen sera majoritaire et un nouveau cap sera donné à l’Europe. Je le souhaite et je le crois, au Parlement européen il rassemblera à gauche l’ensemble des forces qui veulent vraiment autre chose, autrement. Il y aura un engagement social au niveau de l’Europe. Tout le climat politique européen changera. Et je dirais même : tout le climat français changera.

Nous conduirons notre action dans un tout autre environnement. C’est la raison pour laquelle il faut tout faire pour essayer de rassembler l’ensemble de nos concitoyens sur un seul objectif : en terminer avec cette politique d’austérité qui mine les peuples, les jette dans la rue et conduit à la destruction de l’Europe à petit feu.

 

Crédit photo: Philippe Grangeaud