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22 Mai

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Cambadélis répond à Nicolas Sarkozy: « Qui a soutenu Manuel Barroso ? »

par

le_point.fr

Le Point publie ce jour la réaction de Jean-Christophe Cambadélis suite à la tribune publiée par Nicolas Sarkozy dans le même média. Vous pouvez retrouver sa réponse en cliquant ici ou la retrouver ci-dessous:

 

« La tribune de Nicolas Sarkozy dans Le Point est une critique sévère mais juste de 10 ans de droite en Europe. Elle est aussi l’annonce du retour de l’ancien président à la présidentielle, ce qui lui a valu le propos peu amène de François Fillon : « Ce n’est pas un texte anodin, mais ce n’est pas le centre de la campagne. »

Voilà pour l’ambiance, un mot encore sur l’entame du papier. L’ancien président déclare : « La France a toujours coulé dans mes veines aussi naturellement que mon sang. » Cette phrase plagie celle de l’immense écrivain et le plagie mal en lui donnant une coloration biologique que son auteur n’avait pas voulue. Lui dont le propos était à la fois patriotique et universaliste. « Je n’ai pas une goutte de sang français, mais la France coule dans mes veines, » écrivait en effet Romain Gary, né Kacew en 1914, capitaine dans l’escadrille lorraine, Compagnon de la Libération. L’Europe était en ce temps-là la promesse de l’aube.

Décidément, Nicolas Sarkozy n’est pas de Gaulle. Mais revenons à l’essentiel.

L’ancien président de la République reprend son programme présidentiel. Il s’agit de poursuivre le Merkozy en proposant la fusion franco-allemande assortie, pour faire bonne figure par ce temps de grand vent xénophobe d’une proposition de Schengen 2 contre l’immigration.

Pas de quoi se pâmer ni faire voter UMP.

L’apparence de l’audace

Nicolas Sarkozy a toujours opposé l’axe franco-allemand au Conseil regroupant les États, le Conseil à la Commission, la Commission au Parlement. Le fait qu’il ne cite même pas Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE (Parti populaire européen, regroupant la droite et le centre droit, NDLR) à la présidence de la Commission, est de ce point de vue illustratif du mépris qu’il porte au traité de Lisbonne, qu’il a pourtant tant vanté. Mais pour Nicolas Sarkozy, un clou chasse l’autre. Le Merkozy a laissé en Europe beaucoup de blessures, et Nicolas Sarkozy se propose de l’institutionnaliser. Il tourne le dos à la fédération des États-nations équilibrée par le Parlement européen devant lequel la Commission est responsable.

Il évacue la question des politiques menées en Europe au profit d’une hypothétique intégration franco-allemande. Cela à l’apparence de l’audace, mais a une réalité cruelle : il ne l’a pas fait quand il était en état de le faire. Et pour cause, l’Elysée pestait en sourdine contre l’intransigeance de Madame Merkel. Mais déficit oblige, l’ancien président boudait en silence.

Pour prévenir cette critique, sa réponse tient en une phrase : « L’Europe souffre aujourd’hui de graves erreurs qui furent commises au nom d’une pensée unique de plus en plus insupportable. » Mais qui a gouverné l’Europe pendant 10 ans ? Qui a appliqué avec zèle une lecture biaisée des traités : austérité massive au nom de la stabilité, dérégulation, concurrence ? Qui a soutenu Manuel Barroso jusqu’à aller le visiter dans sa première sortie post-présidentielle ?

Le paquet sur l’immigration

Un peu affolé par les conséquences dans l’électorat de droite de sa proposition de fusion franco-allemande, l’ancien président met le paquet sur l’immigration pour faire bon poids.

Cette question sans être la priorité des Français qui souhaitent comme nous une nouvelle croissance n’est pas moins préoccupante. Dès octobre dernier, sous l’impulsion du président François Hollande, la France, l’Italie et l’Espagne ont appelé à mettre en place une véritable « politique des frontières », mais des frontières DE l’Europe.

Suspendre immédiatement Schengen, donc rétablir des frontières avec l’Allemagne, serait tout à la fois contradictoire avec le projet annoncé de fusion et cela s’accompagnerait du rétablissement des frontières avec l’Italie, l’Espagne, etc. Ce serait le début de la fin de l’Europe.

Il court tout au long de ce texte une conception « conservateurs anglais » de l’Europe. Le fameux grand marché mais doté d’une fédération franco-allemande. Cette conception fait la part belle au libre marché, mais oublie la régulation nécessaire pour lutter contre le dumping social et fiscal.

Le but caché de l’exercice

Loin d’être une réflexion sur l’avenir de l’Europe, c’est une tentative de répondre à plusieurs électorats, de droite et d’extrême droite. Monsieur Hortefeux, ce matin, a vendu la mèche. Il estimait le texte de Monsieur Sarkozy excellent parce qu’il rassemblait « les eurosceptiques et les europhiles » de droite.

Tel était donc le but caché de l’exercice qui est « à côté de la plaque » ! L’enjeu de ces élections n’est pas d’être le mécano pour les prochaines primaires de l’UMP, mais de changer l’Europe. Et pour la changer, il faut changer de majorité. Tourner le dos à 10 ans d’austérité et investir dans une nouvelle croissance. La Commission doit se recentrer sur l’essentiel : un traité énergétique, l’harmonisation sociale, l’éco-continent et la défense européenne. C’est le sens du Manifeste des 25 partis sociaux-démocrates d’Europe qui propose Martin Schulz comme candidat à la Commission pour tourner la page du Merkozy en Europe !  »

Jean-Christophe Cambadélis

Premier secrétaire du Parti socialiste

 

21 Mai

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Réplique à Jean-Louis Bourlanges

par

JL Bourlanges

Jean-Louis Bourlanges, pour qui tous les européens ont de l’estime, est sorti de sa semi-retraite européenne pour contredire sa famille politique. En effet, il trouve que l’on « maltraite » le traité de Lisbonne en laissant croire que le Parlement européen désignerait le Président de la commission. Ce faisant, il contredit sa famille politique, l’UDI-Modem, qui milite pour Guy Verhofstadt.

La lecture du traité de Lisbonne par Jean-Louis Bourlanges est celle de Herman Van Rompuy et de beaucoup de responsables de Bruxelles. Elle vise à faire obstacle à la « politisation de la construction européenne ».

Pour eux l’Europe a une subtilité que la démocratie parlementaire ne peut atteindre. Celle-ci exerce une neutralité dépolitisée à l’égard de ces garnements que sont les Etats dépensiers et la mise hors jeu des parlementaires européens qui sont des hooligans dans l’arène aseptisée européenne. Il manquerait plus que le peuple s’en mêle.

Ce raisonnement serait défendable si Monsieur Borroso, l’ancien président de la Commission, avait été un technocrate bon teint. Mais il a été un responsable du PPE désigné par une majorité de gouvernants conservateurs avec l’amicale pression de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. L’un parce qu’il avait un mépris de fer pour la Commission, l’autre parce que José Manuel Barroso écoutait ses recommandations.

Pourquoi la politisation cachée serait-elle supérieure à la politisation par les urnes ? Franchement ! La Commission, comme le Conseil, ne sont pas une assemblée de notables chargée de faire respecter les traités. On y fait de la politique. On y défend une lecture de l’économie. On y fixe des priorités qui sont loin d’être neutres. Faire croire aux français qu’il y a quelque vertu à l’apolitisme européen, c’est draper d’un voile pudique l’idéologie qui gouverne l’Europe.

Ensuite le traité de Lisbonne est-il maltraité ? L’article 17 nous dit que le traité stipule que le conseil « des chefs d’Etat » doit « tenir compte » du vote des électeurs. On imagine mal qu’il ait pu dire autre chose. Je ne crois pas que le Conseil puisse dire : «  Non ! En fait vous avez voté mais on vous en présente un autre ». Surtout à partir du moment où les conservateurs, Angela Merkel compris, ont tous fait campagne pour Jean-Claude Juncker. J’imagine la réaction au Parlement et les lazzis des nationaux populistes.

Cette voie n’est pas praticable. Elle provoquerait une tension entre le Parlement et le Conseil et ruinerait à tout jamais la confiance dans la construction européenne. Celui qui arrivera en tête sera choisi. A lui de construire une majorité pour être adoubé par l’assemblée.

Là, tous les cas de figures sont possibles comme dans tous les régimes parlementaires. Martin Schulz a clairement dit qu’il travaillerait à une majorité progressiste. C’est simple, si on veut que l’Europe change, il faut changer la majorité de droite, qui gouverne depuis 10 ans.

Enfin on dit à ce sujet tout et son contraire. Je sais que Madame Merkel pense que la démocratie doit être conforme au marché. Alors pour les uns, elle serait défavorable à l’arrivée de Martin Schulz à la Présidence de la Commission. Elle serait défavorable à la lecture parlementaire du traité. Pour d’autres Madame Merkel souhaiterait l’arrivée de Martin Schulz avec qui elle aurait un accord secret. Et notre ami Bourlanges de souhaiter que la « lucide Madame Merkel » fasse triompher l’intergouvernemental au détriment de la commission.

Cette vision n’est plus l’étape de la construction européenne car les problèmes auxquels celle-ci est confrontée sont politiques. Et quand on chasse la politique par la porte, elle revient par la fenêtre sous la forme peu rieuse du national populisme.

Alors le traité de Lisbonne a ouvert la voie à un « double pouvoir », le Conseil appuyé sur les gouvernements et la Commission appuyée sur le Parlement. C’est dans cet équilibre institutionnel que dorénavant l’Europe va se mouvoir.

Le Conseil est le lieu du compromis entre les Etats nations. Le Parlement est le lieu du rapport de force des peuples. L’un ne doit pas l’emporter sur l’autre mais les deux vont vivre si la majorité parlementaire ne correspond pas à la majorité au conseil dans une tension constructive.

J’ajouterais, pour les Français, un dernier argument. La France dans les années Jospin était montrée comme modèle en Allemagne. Depuis la France a vu le couple franco-allemand se déséquilibrer.

Madame Angela Merkel se mêle de beaucoup de choses, elle le fait avec une vraie foi européenne mais avec des convictions qui ne sont pas communautaires. Elle a tendance à tourner le dos aux recommandations de Helmut Schmidt qui invitait son pays au nom de l’Histoire : à la prudence, à l’humilité.

L’Europe c’est une construction originale des Etats d’Europe Unis. Le Parlement sans être souverain à l’instar des parlements nationaux. Mais il est l’émanation des votes de 28 peuples. Il n’est pas mauvais qu’il fasse contrepoids à la tentation de telle ou telle nation de prendre l’Europe à son compte.

Ne croyons pas que l’on fera l’économie de la construction communautaire en déposant le destin européen dans des mains aussi éclairées soient-elles. Sinon cela va mal se terminer.

Le caractère historique – continental – de l’élection imposant via le Parlement le candidat à la présidence de la Commission ouvre un nouveau chemin. Il faut l’emprunter, la torche de l’intérêt des nations européennes à la main. Beaucoup des réponses au débat institutionnel se trouvent dans cette évolution.

20 Mai

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Atlantico ment !

par

AtlanticoDécidément, la Droite est en perte de vitesse dans cette fin de campagne. Il suffit d’observer, pour s’en convaincre, les manœuvres d’opinion mensongères auxquelles la Droite est en train de se livrer.

Ainsi, un article plus qu’orienté vient d’être publié il y a quelques heures sur le site en ligne Atlantico.fr. Que peut-on y lire ? Que « Selon des informations révélées par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le social-démocrate Martin Schulz aurait entériné un accord avec Angela Merkel ».

Bigre! Les bras m’en tombent. En voilà un scoop! Seul problème : le Spiegel n’a jamais publié un tel article, le Parti socialiste s’en est assuré immédiatement auprès de la rédaction du journal allemand à Hambourg. Il est surprenant que le site Atlantico prenne le risque de se froisser avec ses très sourcilleux confrères allemands, toujours soucieux de préserver leur réputation.

Mais, peu importe. Ce qui m’interpelle c’est ce signe d’extrême fébrilité de la droite française qui, par manque d’arguments, d’unité et de cohérence en vient à fouler sans vergogne la bonne tenue du débat démocratique.

Les Français et les Françaises ont droit à un débat digne de ce nom, à un débat à la hauteur de l’enjeu historique de cette élection continentale.

18 Déc

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MERKEL 3 : Une chancelière sous influence

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merkelUn grain de sable a enrayé la machine Merkel. Il s’appelle le FDP.

Le parti libéral syphoné par Angela Merkel super star, a raté son entrée au Parlement allemand  privant par la même cette dernière d’une majorité de droite. Et voilà le climat européen changé.

Ce que ni les grecs, ni les portugais, espagnols voir néerlandais ou autres bulgares ou roumains n’ont obtenu, à savoir qu’elle ouvre son porte monnaie, et bien les sociaux-démocrates allemands l’ont fait. Il fallait cela pour que la base du SPD très rétive à une grande coalition accepte cet accord. Alors smic, petites retraites et dépenses pharaoniques pour l’infrastructure allemande, Angela Merkel a dépensé sans compter pour charmer la base du SPD.

Non seulement Angela Merkel relance la demande interne en Allemagne, au grand dam de la droite allemande qui hurle à la dérive social-démocrate, mais elle indique qu’elle veut prendre des initiatives pour relancer la zone Euro. Angela Merkel pragmatique a constaté l’essoufflement du moteur allemand en partie étouffé par la récession qu’elle a provoqué en Europe. La grande coalition lui donne un prétexte pour infléchir sa politique aux yeux d’un peuple rétif aux largesses vis-à-vis des Etats qui ne font pas d’effort.

Le Président Sigmard Gabriel avec le SPD a réussi son pari d’infléchir la chancelière.  Il espère conclure l’essai en plaçant un social-démocrate à la tête de la commission tenant ainsi Angela Merkel en tenaille. La chancelière a bataillé jusqu’au bout pour éviter que l’élection européenne ne conduise à une élection continentale parlementaire entre le PPE conservateur et le PSE socialiste.  Mais c’est dans l’accord. Elle devra non seulement défendre un conservateur à la tête du Parlement européen, mais accepter celui qui arrivera le premier.

Merkel 3 c’est une chancelière sous contrainte social-démocrate en Allemagne et peut-être demain en Europe.

23 Sep

Commentaires fermés sur Merkel: belle victoire à la Pyrrhus

Merkel: belle victoire à la Pyrrhus

par

merkelLe peuple allemand a tranché et il faut féliciter la gagnante. Mais de là à sombrer dans la « Merkelmania » il y a un pas que je ne franchirai pas. Madame Angela Merkel recueille les fruits des réformes qu’elle n’a pas faites et d’une crise qu’elle n’a pas maîtrisée en Europe. Les réformes Schröder ont stimulé la compétitivité allemande via un dumping salarial. La division internationale du travail lui a permis de délocaliser en Europe centrale la production à bas coût. Le bilan n’est pas aussi heureux qu’on veut bien le dire. La précarité est partout. Les petits boulots (« mini jobs ») gomment 30% du chômage. Le système bancaire en région est fragile. La croissance est à 2% au mieux, pas suffisant pour rebondir. Les lands de l’Est sont toujours dans l’extrême pauvreté. Et la zone Euro-Europe est dans la récession ce qui augure mal du rebond de la croissance allemande.

Madame Merkel a géré son avantage créé par d’autres avec intelligence et pragmatisme. Elle n’a pris aucune décision stratégique préparant l’avenir. Certes elle a pris la posture de la mère de la nation. Mais est-ce suffisant ? D’ailleurs son programme se proposant d’investir 5 milliards d’euros, d’instaurer le SMIC ou de revisiter la politique familiale visait à bordurer le SPD et à relancer la croissance interne, tout en ne perdant pas la CSU et en n’ouvrant aucun espace aux anti euro de droite. Donc on va assister à une nouvelle séquence. Madame Merkel doit infléchir sa politique pour obtenir la grande coalition avec le SPD. Elle est minoritaire au Bundesrat, dans les régions et les manifestations au Portugal, en Espagne ou en Grèce en disent long sur l’état de l’opinion en Europe. Je n’oublie pas que Berlusconi a pu rebondir grâce une campagne très anti allemande. Voilà pourquoi cette victoire sans appel est largement à la Pyrrhus. Il faut donc voir clair et utiliser le moment plus favorable qu’on ne le dit. Pour le reste la partie ne fait que commencer. La CDU est contrainte politiquement et économiquement et les élections européennes offrent la chance de propulser un social démocrate à la présidence de la Commission.

15 Juil

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Le tournant allemand

par

merkelLes sondages pour Merkel donnent le tournis. Sa popularité est de type Ve République dans un régime parlementaire. Avec 42% elle gagne sans majorité. Le SPD à 22% perd même avec le soutien des Vert à 14%. D’autant que les libéraux alliés de la CDU dépasseraient les 5%. Il faudrait 6 points de plus au SPD dans son alliance avec les Verts pour l’emporter si le FDP ne faisait pas 5%.

Irréalisable? Pas tout à fait. Cela se jouera début septembre. L’AfD « anti euro  » va progresser car Merkel paraît sûre de l’emporter. Le pays a fait mordre la poussière aux listes Merkel dans les régions. Mais là n’est pas l’essentiel. Après avoir régné en maître, Madame Merkel sera sous contrainte. Soit elle gagne et évite avec le FDP la grande coalition. Elle sera alors freinée voir contestée par le Bundesrat où elle a perdu la majorité. Soit elle doit passer par une grande coalition et elle devra infléchir sa politique puisqu’elle aura le SPD au gouvernement. D’ailleurs elle s’y prépare. Soit elle est battue au finish et le débat est réglé. Et si elle est élue et en cohabitation, il lui faudra impérativement maîtriser les élections européennes pour éviter un Président de la commission moins favorable que Barroso. Mais les conditions économiques vont mettre l’Allemagne sous contrainte. L’activité économique fléchit au point de flirter avec la croissance 0. La récession en Europe combinée au fort ralentissement de la croissance des Bricks va prendre de revers le modèle tout export. D’où d’ailleurs son forcing sur le traité de libre échange transatlantique.

En septembre va s’ouvrir un tournant allemand. Il faudra en profiter pour infléchir l’Europe vers la croissance car les conditions d’une explosion populiste et sociale s’accumulent.

30 Avr

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Rapport de Jean-Christophe Cambadélis sur l’Europe, adopté au Bureau national du PS

par

drapeaueurope

Voici ce que j’ai déclaré au Bureau national de ce mardi 30 avril au sujet de la Convention sur l’Europe que je préside avec Catherine Trautmann :

« Cette commission des résolutions qui a siégé plus de six heures, s’est déroulée dans un climat de construction. Par rapport au texte, il y a eu des enrichissements nés du débat et les propositions ont été enrichies. C’est un bon texte dans son centre de gravité car il nous prépare aux élections européennes.

Il est clairement pro-européen. Soulignant les échecs et les succès, indiquant ce qui doit être surmonté. Il précise ce que les sociaux-démocrates doivent faire pour sauver l’Europe.

Il indique la claire alternative au PPE que représente la social-démocratie.

L’Europe s’est construite sur un compromis historique entre la social-démocratie et la démocratie-chrétienne y compris dans la répartition des postes.

L’évolution née du traité de Lisbonne indique que le président de la commission sera issu de la majorité parlementaire ce qui change tout car il y a une politisation de la construction européenne. On aura une campagne contrainte dans un contexte contraint.

Le PSE sera donc dans une temporalité conflictuelle avec la droite notamment pour ceux qui sont en coalition alors que la droite est majoritaire en Europe.

Le texte réaffirme le soutien à la politique européenne de François Hollande sur la relance de la croissance, la lutte contre l’évasion fiscale, la TTF, l’union bancaire, etc.

La bataille se mène dans un univers contraint dans lequel la gauche est minoritaire. Voilà pourquoi nous voulons une majorité de gauche.

Nous listons toute une série de problèmes et de difficultés comme l’Accord de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis, la démocratie, la politique industrielle. Nous apportons des réponses. Le mot d’ordre « Contre l’austérité, pour l’Europe ».

J’ai estimé que l’état de la discussion, la situation de notre parti dans le moment où nous sommes, l’état du pays, le fait d’avoir pu surmonter plusieurs divergences, tout cela milite pour que nous ayons un seul texte présenté aux militants.

Il est bon que dans les commissions des résolutions nous montrions que nous sommes d’accord sur l’essentiel. Il faut éduquer notre parti à discuter sur les points de divergence plutôt que sur les points de détail.

Il y a des éléments qui n’ont pas été intégrés. Sans obscurcir le débat, il faut les soumettre à la discussion avec les militants. Ce qui représente une quinzaine d’amendements émanant de toutes les sensibilités à ce texte.

A la suite d’Harlem Désir, je veux dire que l’enjeu est important pour le PS, le PSE et le gouvernement. Nous voulons tous la réussite du gouvernement, la construction européenne ou encore la victoire du SPD. Si nous n’avons pas cela, il sera difficile de réorienter l’Europe.

Comme Stéphane Delpeyrat je pense qu’il y a deux temporalités. Au gouvernement ils doivent gérer les relations avec d’autres gouvernements. Nous devons construire une alternative crédible et assumer la confrontation pour ne pas être balayé par nos élections.

Cette convention doit être un moment d’utilité et de rassemblement. »

___

Le texte a été voté par 26 voix pour, 6 voix contre et 4 abstentions.

28 Avr

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Une certaine hypocrisie française

par

alainjuppe

Tout le monde sait que le brouillon de la convention une fois publié vendredi après-midi fut corrigé.

Tout le monde sait que les mots contestés et contestables avaient déjà été prononcés au Conseil National du Parti socialiste en présence de tous.

Tout le monde sait que le texte de la convention est cohérent, charpenté, équilibré et robuste et ne serait se réduire aux formules déjà gommées.

Tout le monde sait que toute l’Europe souffre d’une majorité des droites européennes.

Tout le monde sait que la base de l’Europe brûle car cette politique est contestée dans tous les pays.

Tout le monde sait que même les conservateurs espagnols, italiens, hollandais, contestent cette orientation et maintenant même José Manuel Barroso fait part de ses doutes.

Tout le monde sait que l’Euro fort ruine tous les efforts de compétitivité, et que le modèle allemand du tout à l’export et de baisse des coûts salariaux n’est pas applicable dans tous les pays d’ Europe.

Tout le monde sait que l’administration américaine par la bouche de M. Kerry demande une relance allemande.

Tout le monde sait que que le PSE, à l’unanimité, réclame la rupture avec cette politique.

Tout le monde sait que Helmut Schmidt, Peer Steinbrück, Martin Schulz, et hier encore dans termes qui créent ici la polémique, Sigmar Gabriel devant les Verts allemands critiquent une politique qui précarise les Allemands et étrangle les Européens.

Tout le monde sait que la chancelière et son ministre des finances ont une telle conscience de l’inanité de cette politique, qu’ils laissent faire la BCE et soutiennent les perspectives budgétaires françaises.

Tout le monde sait qu’elle est tiraillée entre la conception anglaise d’un libre marché, la conception française de l’intégration solidaire, et son opinion jalouse de son épargne.

Tout le monde sait que la droite française nostalgique du « Merkozy » est coincé entre solidarité des droites et donc ils défendent en France la ligne Merkel et la défense du modèle français en train de se réformer.

Tout le monde sait que c’est le refus de politiser la construction européenne qui conduit aux affrontements nationaux.

Tout le monde sait que le Président de la République a engagé un débat exigeant au sein du Conseil Européen et qu’il se veut exemplaire sur le plan budgétaire pour le mener, ce qui n’avait jamais été fait.

Tout le monde sait tout cela, et dans le chasser-croiser des vacances de Pâques, tout le monde joue à se faire peur et transforme la France en volière affollée. Alors un peu de calme, de sang froid, et de distinction. Le Parti socialiste veut la réorientation de l’Europe et ne cédera pas aux postures hypocrites et surjouées.