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25 Juil

Commentaires fermés sur Le volontarisme de gauche

Le volontarisme de gauche

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Le gouvernement a présenté le plan de soutien au secteur automobile. 
350 millions d’euros de crédits seront réorientés pour aider les constructeurs à innover et pour soutenir les sous-traitants et les distributeurs. Cette somme importante s’inscrit dans une action cohérente, en lien avec les pôles de compétitivité, la Banque publique d’investissement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne. Ce plan est une rupture avec le laisser-faire de la droite qui se contentait de verser des aides sans contrepartie. Leur politique a coûté cher à notre industrie. Voilà pourquoi une évaluation périodique de la dépense publique est intégrée à ce plan. C’est une garantie de saine gestion des finances publiques.

Cette réponse s’inscrit dans le nécessaire effort de conversion écologique de cette industrie qui est une garantie de pérennité et d’avenir du secteur.
 Avec ce plan, c’est l’ensemble de la chaîne de production et de commercialisation des véhicules qui est concernée: de l’investissement dans la R&D à la fin de vie des véhicules (avec l’industrie de la déconstruction et du recyclage), en passant par la surveillance des accords commerciaux ou encore le soutien aux véhicules plus respectueux de l’environnement.
 Le véhicule propre doit devenir un objet de la vie quotidienne des Français, leur permettant de limiter leurs dépenses liées au prix de l’essence. C’est un enjeu essentiel pour le pouvoir d’achat.
 Ce plan de soutien, c’est donc l’ébauche du volontarisme de gauche en matière industrielle.

10 Nov

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Montebourg ou l’acharnement à démontrer l’impossible rénovation du PS

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Vous êtes nombreux à me demander ce qui s’est passé au Bureau National entre Arnaud et moi. A la fin du BN, dans ce no man’s land où la présence est réduite, Arnaud qui ne s’est exprimé ni sur le rapport de Michel Sapin sur le G20, ni la crise grecque ou italienne, ni sur mon rapport sur les risques de conflit « nucléaire » qui monte entre Israël et l’Iran. Notre muet du sérail demande la parole pour un point divers. Et il réitère ses propos sur la limite d’âge à 68 ans. Il ne demande pas de vote, comme dans les « Tontons flingueurs » « il évoque ». J’ai pris la parole pour dire ceci:
D’abord il est insupportable de dresser des listes, des listes, vous avez bien lu, de militants âgés à abattre. Le procédé c’est l’homme. Ensuite c’est lui qui avait refusé l’amendement sur la date limite à 70 ans dans la convention sur la rénovation. (Roberto Romero de la motion C le confirmera quelques minutes plus tard). Enfin, autant on peut réfléchir au cumul dans le temps, autant fixer un âge de retraite politique est malvenu. Ceci aurait interdit à François Mitterrand de se présenter en 1981 et je n’évoque pas le Général De Gaulle.
Alors quel sens peut avoir cette mise en demeure à dix jours du dépôt de candidature ? Alors qu’à aucun moment dans la campagne des primaires l’ami Arnaud, écrasant l’infâme et faisant feu de tout bois, n’a évoqué ce sujet. Une piqure de rappel au candidat pour qu’il ne l’oublie pas ? Une tentative de faire vivre son mouvement -micro parti- qui vient de voir le jour dans une grande indifférence ? Ou plutôt s’acharner à démontrer que la rénovation est impossible au PS ? Au moment même où la direction obtient de tous les parlementaires atteint par le cumul, une lettre signée indiquant le mandat qu’ils quitteront en cas d’élection. Au moment où nous aurons presque la parité. Au moment où nous parviendrons enfin à promouvoir des jeunes issus de l’immigration. Son intervention, inutilement blessante dans la forme, inacceptable dans le fond, est politiquement désastreuse pour nous tous dans la présidentielle. Il fallait que ceci fut dit dans le PS et les yeux dans les yeux, ce fut fait.

29 Sep

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Primaire: le premier tour se précise, le second s’annonce !

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Le débat fut de qualité et le clivage est en train de s’affirmer. Même si, Martine Aubry et François Hollande ont pris soin de ne pas se laisser enfermer dans un camp tentant tour à tour d’occuper une position centrale. Une gauche ambitieuse s’oppose à fleuret moucheté à une gauche réaliste. Ce n’est pas nouveau Mitterrand, Rocard ou Jospin, Emmanuelli ont déjà occupé ces espaces. Si les deux sont condamnées à s’entendre, elles ne pèsent pas le même poids en vue du second tour. Hollande, Valls, Baylet et Aubry, Royal, Montebourg ont marqué leurs différences et ce n’est pas indifférent dans le vote utile au premier tour et dans la perspective du second. Où sera le centre de gravité de la gauche pour la présidentielle ? Voilà l’enjeu au-delà des personnalités. Dans cet exercice, Martine Aubry a été la plus précise, la plus volontaire, la plus rassembleuse.

– La plus précise dans les solutions: loin des généralités, elle a fait preuve de clarté. Le sérieux plutôt que le verbeux, c’est la marque Aubry. Sur les licenciements, elle propose une action avant qu’il ne soit trop tard. Sur la stratégie de sortie de crise, elle trace un chemin pour lutter contre les déficits financiers et de croissance. Sur les allocations familiales, elle dit que l’aide de l’Etat (allocations familiales et quotient familial) doit être la même pour chaque enfant : 250 € par mois, 3000 € par an, alors qu’actuellement, cela va de 0 à 5000 € pour les plus riches. Sur le recrutement des policiers et des gendarmes, elle s’engage sur 10 000 postes sur 5 ans pour un coût de 300 millions d’euros par an.

– La plus volontaire aussi dans les engagements: quand certains sont fatalistes, elle fait preuve d’ambition. Sur l’emploi des jeunes, elle veut rendre possible la première expérience professionnelle pour 300 000 jeunes plutôt qu’un cadeau de 8 milliards d’euros aux entreprises et surtout aux plus grandes sans garantie d’embauches durables. Sur le SMIC, elle prend un double engagement: un coup de pouce chaque année pour qu’il augmente autant que les salaires et le rattrapage du retard pris depuis 2007, soit un demi-mois de salaire en plus (500€ nets).

– La plus rassembleuse de la diversité des positions: Martine Aubry se veut centrale à gauche. Tout en rassemblant les gauches sur le commerce mondial, entre l’autarcie et le libre-échange sans règles, elle propose le juste échange et la réciprocité commerciale. Sur le pouvoir d’achat, elle propose d’agir pour la croissance et le SMIC, mais aussi pour réduire les dépenses du quotidien (encadrement des loyers, tarifs essentiels pour électricité et gaz). Sur la sécurité, elle propose des réponses justes et proportionnées dès le premier acte de délinquance. Sur l’immigration, elle propose une politique ferme et humaine.

– Enfin, dès la première minute du débat, elle est la seule à se projeter le 7 mai, au lendemain de son élection: pour engager le plan anti-crise en France, pour rencontrer la chancelière allemande dès le premier jour du quinquennat pour réorienter l’Europe. Avec pour la première fois une affirmation net pour le juste échange.

Si elle est précise pour le premier tour et rassembleuse pour le second, c’est que maintenant tout le monde a compris: Il y aura deux tours et cela va se nouer entre Hollande et Aubry.

31 Août

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Le CSA doit suspendre l’autorisation d’émettre de Sud Radio !

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« Pensez-vous que le fait que DSK soit juif l’ai aidé avec la justice aux Etats-Unis ? » nous dit Sud Radio et tout le monde s’en fout ! Qu’en pense Arnaud Montebourg procureur de DSK et l’ensemble des éditorialistes de gauche ? Qu’en pense le ministre Frédéric Mitterrand ? Qu’en pense la LICRA, le MRAP, Sos Racisme et la Ligue des Droits de l’Homme ? Qu’en pense Robert Ménard nouvelle recrue de Sud radio ?

Comment peut on accepter qu’un média professe un antisémitisme rampant sans que personne ne s’en offusque ? La communauté juive française est en émoi et je la comprends. Je demande au CSA de suspendre l’autorisation d’émettre de sud radio.

24 Jan

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A gauche, la machine à perdre est de retour !

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Non seulement Jean-Luc Mélenchon fait de la défaite du PS un choix stratégique.

Non seulement les écologistes avec Nicolas Hulot s’éloignent d’un pacte à gauche.

Non seulement nous sommes à dix candidats aux primaires socialistes, avec comme conséquence un brouhaha bavard.

Non seulement les candidatures se multiplient à gauche, bonjour le deuxième tour s’il y en a un !

Non seulement Ségolène Royal mine le respect du calendrier pour mieux sous-entendre que Martine Aubry ou DSK n’ont pas d’appétit, démontrant s’il en était besoin qu’elle ira jusqu’au bout.

Mais les sondages hors normes préparent des baisses déstabilisatrices, et instillent les affres de la division.

La cote d’alerte est atteinte !

La gauche, sûre d’elle, mine consciencieusement la victoire, enivrée par des sondages irréels.

11 Jan

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«La solution pour la gauche, c’est DSK ou Martine Aubry»

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Vous trouverez ci-dessous, une interview de Jean-Christophe Cambadélis, publiée dans l’édition du jour de Libération:

Député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis est un proche de Dominique Strauss-Kahn. Au PS, il est chargé des questions internationales.

MARTINE AUBRY RÉUNIT CE MATIN LES TÉNORS DU PARTI POUR LEUR LIVRER SA FEUILLE DE ROUTE POUR 2011. COMMENT ABORDER CETTE ANNÉE ?

2011 est l’année décisive. En 2012, il sera trop tard. Face à un président qui nous fait le coup de l’ardoise magique pour faire oublier son ardoise politique, le PS doit rendre l’alternative irrésistible. En quatre temps : nous devons poursuivre notre marche électorale en gagnant cantonales et sénatoriales, réussir la primaire, rassembler la gauche pour rassembler la France et enfin maîtriser notre projet en dépassant le débat entre les deux gauches.

LE DÉBAT JUSTEMENT, AVEC LA SORTIE DE MANUEL VALLS SUR LES 35 HEURES, NE PREND-IL PAS UN TOUR DANGEREUX ?

Manuel voulait faire le buzz à gauche : il a mis le Bronx à droite ! Copé, soutenu par Juppé, s’oppose à Bertrand, soutenu par Fillon. Et Sarkozy ne sait comment arbitrer. Alors que le PS a fait bloc, de Collomb à la gauche du parti, sur le fait que la remise en cause des 35 heures n’est pas le sujet. J’espère que tous nos débats se concluront ainsi…

MAIS S’ILS SONT TOUS AUSSI MUSCLÉS, CELA PEUT TOUT DE MÊME FAIRE DES DÉGÂTS…

On ne peut pas réclamer des primaires et les bâillonner. Il doit y avoir débat. Il peut même être tonitruant. Mais il doit être responsable, surmonté et maîtrisé. Et surtout tourner vers l’avenir et les Français. C’est cela la méthode Aubry, l’alternative à petits pas.

AUTRE CHANTIER DÉCISIF, L’ORGANISATION DE LA PRIMAIRE, QUI A DÉJÀ PAS MAL DE RETARD…

La réussite de la primaire ne se réduit pas au casting des candidats, mais au nombre de participants. C’est pourquoi le travail essentiel, c’est la mise en place technique de la primaire. Plutôt que pour l’instant se focaliser sur les acteurs, il serait temps que tous les socialistes travaillent à sa réussite, en termes de participation.

LE CASTING, POURTANT, A AUSSI SON IMPORTANCE. N’EST-CE PAS LA PRINCIPALE QUESTION ?

L’équation gagnante pour moi, c’est DSK ou Martine Aubry, Martine Aubry ou DSK, voire DSK et Martine Aubry. C’est là que se joue la solution pour la gauche.

QUE FAITES-VOUS DE SÉGOLÈNE ROYAL, QUI ENTEND SUCCÉDER À MITTERRAND ?

En 2007, Ségolène avait tout : l’aura, la surprise, l’irrésistible popularité, l’engouement des quartiers, la fin du cycle Chirac. Elle ne l’a pas emporté. Aujourd’hui, ces conditions ne sont plus réunies. La volonté ne peut pas tout.

ET HOLLANDE, QUI A PRIS SA DÉCISION ? ET VALLS, MONTEBOURG ET LES AUTRES ?

Peuvent-ils battre Sarkozy ? François est un talent qui mérite de rencontrer un destin, mais il n’est pas encore en situation. Quant aux deux autres, il n’y a pas à rougir de leurs candidatures. Mais enfin où est leur majorité, alors qu’ils clivent leur camp pour se faire repérer ?

AU-DELÀ DU PS, LE CLIMAT À GAUCHE NE SEMBLE PAS PROPICE AU RASSEMBLEMENT…

J’ai quelques inquiétudes. Si le paysage à gauche, ce sont des écologistes dans le «ni droite ni gauche», comme semble l’indiquer la candidature d’Eva Joly, et si Mélenchon reste dans l’antisocialisme, on ne prend pas le bon chemin. Il faut répondre aux demandes des Français, fixer un code de bonne conduite permettant à chacun de s’exprimer avant le premier tour, mais aussi de préserver les conditions d’un rassemblement au deuxième.

LA VIRULENCE DE MÉLENCHON VOUS INQUIÈTE-T-ELLE ?

Les socialistes étaient déjà des «affameurs du peuple». Désormais ce sont des assassins, comme vient de le suggérer Mélenchon lors de son hommage à Rosa Luxemburg à Berlin. Où cela va-t-il se terminer ? Jean-Luc file un mauvais coton. On ne peut s’acharner à faire battre les socialistes à la présidentielle puis exiger leurs voix pour les législatives ! Ça ne marchera pas et, au bout, ce sera Nicolas Sarkozy.

11 Juin

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Biographie

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Jean-Christophe Cambadélis est né le 14 août 1951 à Neuilly sur Seine. Son père diamantaire d’origine grecque et sa mère picarde employée à la Banque de France sont rapidement partis chercher fortune au Canada. Le jeune Jean-Christophe tombera là-bas du 3ème étage de son immeuble et se relèvera sans une égratignure, obtenant au passage son premier papier dans la presse et sa première interview.

De retour en France avec sa soeur et sa mère, séparée de son mari. Il retrouve l’école à Bondy où on lui attache la main gauche dans le dos pour qu’il écrive avec sa main droite. Ce « gaucher contrarié » en gardera une profonde dyslexie qui l’handicapera longtemps. Mais la vocation était là, il sera à gauche. Dès l’adolescence il organisera des groupes de jeunes pour faire du théâtre, de l’expression corporelle, de la danse, mais aussi du basket, du rugby où il rencontrera Gérard Segura futur maire d’Aulnay Sous Bois, trois quart centre puis troisième ligne de rugby à l’A.S de Sarcelles, le week-end. Il suivait des cours de danse en semaine ou jouait Molière le jeudi après-midi. Mais la politique le guette dans ces années de radicalisation de la jeunesse. Il adhère à un groupuscule anarchisant mais l’esprit de synthèse est déjà là puisqu’il s’intitule « rouge et noir ».

Le 1er février 1969 lors d’un rassemblement au Bourget il adhère à l’AJS mais n’y milite pas. C’est avec son bac en poche qu’il rencontre à l’université de Nanterre l’historien Benjamin Stora. Ensemble, il se lance avec l’éditorialiste à Libération Pierre Marcelle et quelques autres dans la construction du cercle AJS Nanterre. Si Stora est le politique, « Camba » c’est ainsi qu’on l’appelle, devient le syndicaliste. L’UNEF vient d’éclater le 10 janvier 1971 suite au départ du PSU, laissant face à face communistes et trotskyste de l’AJS et dans cette nuit mémorable où les affrontements furent nombreux, Jean-Christophe Cambadélis recevra un fauteuil sur la tête le laissant groggy.

C’est l’époque où Guy Konopnicki se réclame de Angela Davis et les amis de « Camba » des travailleurs polonais qui ont donné le premier coup de boutoir à l’édifice communiste stalinien. Dans la salle, on reconnaîtra le futur journaliste de TF1 Jean-Luc Mano ou le futur dirigeant du PC Pierre Laurent.

Très rapidement l’Association Générale des Étudiants de Nanterre deviendra le fleuron de l’UNEF dite AJS, c’est-à-dire non communiste portée sur ses fonts baptismaux par la CFDT et la FEN, grâce à l’entremise d’André Bergeron le leader de la CGT-FO.

Mais ce syndicat étudiant est exsangue et pour tout dire marginalisé dans les mouvements étudiants, dirigés par la LCR de Henri Weber et Gérard Filoche, même si « Camba » et « Méluche »(Jean-Luc Mélenchon), lui même Président de l’AG de Besançon lui donnent quelques couleurs.

Mais dès 1973 Jean-Christophe Cambadélis devient l’un des porte-paroles du mouvement étudiant, pendant que Benjamin Stora pilote les jeunes lycéens de l’AJS qui seront la colonne vertébrale de la future UNEF.

Repéré par Pierre Lambert le « patron » des trotskystes lambertistes pour ses qualités d’orateur et d’organisateur. Il va devenir président de l’UNEF en 1977, après avoir été le vice-Président de Denis Sieffert, l’actuel rédacteur en chef de Politis. Il venait de sortir de la grève étudiante de 1976 où il fut l’un des trois porte-paroles avec Charles Najman et Julien Dray. Il affrontera d’ailleurs Madame Saunier Seïté, ministre de l’enseignement supérieur, dans une émission de télévision qui va tout à la fois le révéler et le consacrer « leader » étudiant. « Président », l’étudiant Nanterrois propose aux socialistes qui étaient membres de l’autre UNEF, celle des communistes, de rentrer dans l’UNEF-AJS ou Soufflot du nom du siège historique de l’UNEF. Ces derniers le feront timidement, puis sous l’égide de Jean-Marie Le Guen, Jean Loup Salzman et Patrick Menucci, ils s’engageront plus avant pour réaliser la réunification syndicale (unification de tous les syndicats étudiants non communistes) en mai 1980.

Dans ce congrès mythique où Jean-Christophe Cambadélis sortira président de l’UNEF réunifiée, on retrouve toute une génération politique: Julien Dray, Harlem Désir, Roby Morder, Laurence Rossignol, Laurent Zappi, Jean-Marie Le Guen, Patrick Menucci, Pascal Beau, Alain Bauer, Stéphane Fouks, Benjamin Stora, Marc Rozenblat, Philippe Darriulat, Jean Loup Salzman, Gilles Casanova, Philippe Plantagenest et beaucoup d’autres aujourd’hui leaders du Parti socialiste en province.

Dans la foulée, « Camba » lance l’Association internationale des étudiants réussissant en quelques années à « damner le pion » à la puissante Union Internationale des étudiants dirigée par le Parti Communiste d’union soviétique. Avec quelques amis intrépides, ils montent des réseaux de soutien aux étudiants d’Europe de l’Est, leur fournissant clandestinement matériel d’imprimerie dans des voitures à double-fond ou passant en retour à l’ouest documents et proclamations. Il multiplie textes, manifestes et tribunes qui font de lui « Le » représentant des étudiants pour les organisations syndicales, y compris pour la CGT qui soutient à bout de bras ce qu’on appelle dorénavant l’UNEF PC. André Henry, le leader de la FEN, à l’époque syndicat unitaire des enseignants soutient son action. Il est l’interlocuteur de Pierre Bérégovoy, chargé des relations extérieures du PS de François Mitterrand.

En 1981, il organise avec Paul Quilès et Olivier Spithakis le rassemblement de la Bastille prenant la parole entre Gaston Deferre et Lionel Jospin, appelant à la « dissolution de l’Assemblée Nationale et à un gouvernement PS-PCF ».

Il quitte l’UNEF en 1983, après avoir gagné les élections universitaires battant enfin l’autre UNEF qui ne s’en relèvera jamais. Marc Rozenblat lui succédera. Il aura auparavant aidé ses amis socialistes à s’emparer de la mutuelle étudiante (MNEF) et se sera emparé du syndicalisme étudiant en résidence universitaire, lancera une éphémère fédération dans les grandes écoles et « régnera » sur une organisation étudiante implantée dans toutes les villes universitaires.

Pierre Lambert propulsera immédiatement le déjà médiatique « Camba » au bureau politique du PCI où l’on parlera de lui comme le n°2 du groupuscule trotskyste. Mais c’est à Force Ouvrière – ce que l’on sait moins – qu’il va poursuivre son parcours. André Bergeron lui demande de « monter des listes » pour les élections professionnelles dans la fonction publique, chez les enseignants. Il fait alors le tour des Unions Départementales du syndicat de l’avenue du Maine, trouve des femmes de syndicalistes FO institutrices, constitue des listes à coups de porte-à-porte, fonde des sections universitaires du syndicat de l’enseignement supérieur avec le sociologue Gérard Namer et l’historien Ladurie et finit par créer la surprise, FO faisant des scores dans tous les collèges.

Fort de ce succès, la direction de Force Ouvrière « l’embauche » pour les élections à la Sécurité Sociale où le syndicat triomphe contre toute attente.

En 1985, un désaccord intervient entre le chef du groupuscule trotskyste et son lieutenant à propos de François Mitterrand. « Camba » pointe la menace Le Pen alors que le chef trotskyste ne veut voir que la « trahison » de Mitterrand avec le tournant de la rigueur.

Jean-Christophe Cambadélis dont le pseudonyme était « Kostas » claquera la porte emmenant avec lui 400 militants pour fonder « convergence socialiste ». On retrouve là le metteur en scène Bernard Murat, l’historien Benjamin Stora, le philosophe Pierre Dardau, Jean grosset le futur secrétaire général adjoint de l’UNSA ou Luc Bérille secrétaire général du SE-UNSA jusqu’en 2009, Jacques Dupont responsable CGT, le communiquant Khaled Melhaa, l’économiste Liem Hoang Ngoc, les anciens de l’UNEF, Frédéric Decazes, Bernard Rayard, Marc Rozenblat, Michel Assoun, François Belen, Gérard Obadia, Christophe Borgel, le futur président de la fédération des parents d’élèves Jean-Jacques Hazan ou le mathématicien Pierre Broué, les journalistes Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Frédéric Augendre, Dominique Paganelli etc. qui mèneront chacun leur chemin.

Il rencontre François Mitterrand qui l’encourage à maintenir sa structure alors qu’il veut rentrer au Parti socialiste. En 1986, il pilote discrètement avec Philippe Darriulat, David Assouline et Julien Dray le mouvement de grève des étudiants et des lycéens qui permet à François Mitterrand de se rétablir dans la cohabitation avec Jacques Chirac. Puis il rentre au PS dans la foulée rejoignant sa majorité. Mais il fonde dans le même temps le Manifeste contre le Front National où se retrouvent de jeunes intellectuels comme Pap N’Diaye, Eric Osmond, Philippe Ducat ou Géraldine Muhlmann. Jean-Christophe Cambadélis lance le « harcèlement démocratique » et très rapidement ce mouvement va s’implanter dans toute la France.

Membre de l’équipe de campagne de François Mitterrand lors de sa réélection, il devient député, avec Julien Dray, Jean-Marie Le Guen, François Hollande et Ségolène Royal. Ils seront les benjamins de l’Assemblée Nationale.

Ses relations avec le président socialiste se détériorent en 1989 car il participe à la campagne contre le « sommet des riches ».

Parce qu’il refuse la remise en cause des allocations chômage, il aura démissionné auparavant de son poste de conseiller de Pierre Mauroy qu’il a aidé à faire élire contre Laurent Fabius.

Rapporteur pour avis du budget de l’enseignement supérieur, il est battu en 1993 de 70 voix dans le 19ème arrondissement.

Michel Rocard, Premier secrétaire le nomme quand même secrétaire national aux relations extérieures. Il porte les fonts baptismaux des « Assises de la transformation sociale » permettant de nouer l’alliance entre les écologistes, les communistes, les chevènementistes et les radicaux. Puis anime les conventions avec Lionel Jospin.

Après la défaite aux élections européennes de Michel Rocard, il fonde avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn les « rénovateurs », présente le texte de ces derniers au Conseil national puis défend en leur sein la candidature de Lionel Jospin qui sera désigné par les militants contre Henri Emmanuelli pour les élections présidentielles de 1995.

Elu au Conseil de Paris comme Vice-président du Conseil Général, il sera chargé des relations avec la presse pendant la campagne de Lionel Jospin qui arrivera en tête au premier tour puis sera battu par Jacques Chirac.

Lionel Jospin redevenu Premier secrétaire du PS, il sera chargé par ce dernier des relations extérieures, quand la dissolution de l’Assemblée Nationale lui permet de retrouver son siège de député en 1997.

Lionel Jospin ne le choisira pas comme Premier secrétaire alors que beaucoup le donnait certain à ce poste. Mais il sera le numéro 2 du Parti socialiste en charge des fédérations et des relations extérieures.

Il organise pour la majorité le congrès de Brest qui verra François Hollande réélu à plus de 90%, contre son vieux copain Jean-Luc Mélenchon qui le traitera de « charcutier » !

Coup sur coup deux « affaires » viennent entraver cette ascension. Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères. Puis il est l’objet d’une violente campagne de presse conduisant à sa mise en examen et à la démission de Dominique Strauss-Kahn de son poste de ministre. Campagne organisée par le secrétaire général de l’Elysée, Dominique de Villepin, dans le cadre de la cohabitation Chirac – Jospin – comme le dit Lionel Jospin dans ses mémoires. Il démissionne de ses responsabilités dans le PS et sera condamné pour « défaut de contrat de travail » et relaxé de tous les autres chefs d’accusation.

« Camba » moralement touché ne recommence pas moins à agir. Il fonde avec Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici et les amis de Michel Rocard « socialisme et démocratie » qui s’affirme lors du congrès de Grenoble autour d’une contribution (2000). Ce qui leur attire les foudres de Lionel Jospin et l’inimitié durable de François Hollande.

Ce qui n’empêche pas le Premier ministre de gauche de l’intégrer dans son équipe de campagne durant la campagne présidentielle de 2002 où il s’occupe des relations extérieures.

Jospin battu au premier tour, Jean-Christophe Cambadélis est en tête de la manifestation du 1er mai avec Jean-Luc Mélenchon et Claude Bartolone et sera réélu quelques semaines plus tard député de Paris.

On le retrouve aux côtés de DSK lors du débat interne qui verra Ségolène Royal désignée candidate à la présidentielle. Et « Camba » fonde au lendemain de la nouvelle défaite de la gauche à l’élection présidentielle « les reconstructeurs » avec Claude Bartolone, François Lamy et Arnaud Montebourg, rejoint par Martine Aubry, Laurent Fabius et le puissant responsable de la fédération du Pas-de-Calais Daniel Percheron. Il rompt avec Pierre Moscovici qui refuse cette alliance, préférant sa propre candidature au poste de Premier secrétaire du PS où il échouera. C’est le courant des « reconstructeurs » qui impose Martine Aubry à la tête du PS en décembre 2008. Devenu secrétaire national aux relations internationales et à l’Europe de Martine Aubry, il reste l’un des proches de Dominique Strauss-Kahn plaidant pour la « stratégie de velours »: « reconstruire l’offre politique du PS, mettre le candidat du PS hors d’atteinte de la division par les primaires, tenter la candidature commune de toute la gauche ». Pour le PS, il plaide avec ses amis pour que le candidat le mieux placé de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn s’impose à l’autre. Jean-Christophe Cambadélis est aujourd’hui considéré par les sites spécialistes de veille parlementaire comme un parlementaire généraliste intervenant sur les questions politiques (que ce soit sur la laïcité où il sera l’orateur du groupe socialiste à l’Assemblée, ou sur le Moyen-Orient par exemple). Patrick Jarreau, alors éditorialiste au Monde, dit de lui «il fait partie des quatre meilleurs analystes à gauche avec Laurent Fabius, DSK et Lionel Jospin ». Directeur de la campagne calamiteuse des élections européennes de 2008, il propose et obtient du congrès du PSE que les prochaines élections voient un candidat commun à tous les socialistes européens et l’ébauche d’une déclaration de principe du Parti Socialiste Européen. Le secrétaire national conduit avec la socialiste allemande, Angelica Schwall-Düren un groupe de travail franco-allemand qui débouche sur la déclaration commune entre Martine Aubry et Sigmar Gabriel.

Il anime avec Laurent Fabius la 3ème convention du PS sur l’international et l’Europe. Il a déclaré dès 2012 son intérêt pour le poste de Premier secrétaire, mais c’est Harlem Désir qui lui est préféré. En avril 2014, il succède à Harlem Désir après l’entrée au gouvernement de ce dernier et son élection (avec plus de 70% des voix) est confirmée par le congrès de Poitiers en juin 2015. Par ailleurs, depuis 2012, Jean-Christophe Cambadélis est le 1er Vice-Président du Parti Socialiste Européen (PSE).

Fidèle à sa stratégie d’unité de la gauche, il a lancé en avril 2016, la Belle Alliance Populaire avec des dirigeants socialistes, écologistes, radicaux ainsi que des dirigeants associatifs et syndicaux.

Jean-Christophe Cambadélis est marié et père de quatre enfants.

Voir la bibliographie de Jean-Christophe Cambadélis

01 Juin

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[Reprise AFP] La Matinale de Canal+

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PARIS, 1 juin 2010 (AFP) – Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis a jugé mardi sur Canal+ qu’il faudra « commencer une campagne le plus tard possible et la plus courte possible », pour la présidentielle de 2012.

Interrogé sur le calendrier des primaires à gauche pour désigner un ou une candidate à la présidentielle, le député PS a déclaré: « je pense qu’il faut commencer une campagne le plus tard possible et la plus courte possible ».

Le rapport sur la rénovation du PS, soumis mardi à la direction par le député Arnaud Montebourg propose des primaires largement ouvertes. Côté calendrier, la campagne doit démarrer après les cantonales de fin mars 2011 et la désignation ne pourra aller au-delà du mois d’octobre, selon ce rapport.

Réagissant aux propos François Hollande, qui a souhaité mardi dans Libération un candidat « avant l’été 2011 », Jean-Christophe Cambadélis a jugé cette option « difficile »: « ça me paraît difficile à partir du moment où on vote en octobre, il (M. Hollande) développe un position qui n’est pas la mienne ».

« Il y a une compétition, elle est normale, elle n’aura pas l’ampleur que d’aucuns décrivent, mais je crois qu’il faut essayer de sélectionner notre champion ou notre championne et ne pas l’handicaper », a estimé le député.

Le calendrier proposé par Arnaud Montebourg « est un calendrier qui permet de gagner », a ajouté le proche de Dominique Strauss-Kahn, jugeant aussi que Martine Aubry « est capable de représenter les Français ».