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28 Déc

Commentaires fermés sur Est-ce au tour de la Russie ?

Est-ce au tour de la Russie ?

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Au lendemain des élections législatives du 4 décembre, les dirigeants russes ont été pris de court par la vague de contestation, provoquée par les infractions massives qui ont été relevées dans les bureaux de vote du pays. Dans la Russie de Vladimir Poutine, il est de notoriété publique que les scrutins ont été manipulés mais, depuis des années, les Russes en acceptaient avec résignation les résultats fabriqués. Pas cette fois néanmoins. Depuis, le pouvoir semble courir derrière les événements, multipliant les discours contradictoires.

Il assure ainsi que l’effervescence récente de la société russe est l’effet d’une politique consciente et sous contrôle.

Les manifestants de Moscou et de Saint-Pétersbourg ne sont pas nés d’une jeunesse frustrée, sans emploi et sans espoir d’en trouver dans des sociétés totalement bloquées. L’économie russe offre des perspectives aux jeunes diplômés. Les manifestants sont pour la plupart issus des classes moyennes, ils ont entre 30 et 40 ans, ont bénéficié des années Poutine et ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. En revanche ils se sont heurtés au plafond de verre de l’oligarchie. Et, surtout, ils ont été scandalisés comme la plupart des Russes par le tour de passe-passe de septembre et le retour programmé de Vladimir Poutine au Kremlin jusqu’en 2024. Les fraudes grossières lors des élections législatives de décembre ont été le déclic.
Un verrou psychologique a incontestablement sauté, comme le montre l’importance du rassemblement de samedi. Ce mouvement prouve qu’il existe en Russie, du moins dans les grandes villes, une maturité politique beaucoup plus avancée qu’on l’imaginait.

Le mouvement des réseaux sociaux est lancé et n’est pas prêt de s’arrêter et il est vraisemblable que d’autres appels à manifester seront lancés en février prochain, un mois avant la présidentielle du 4 mars.

Qui sont les principaux animateurs : Boris Nemtsov le politique et Alexeï Navalny le blogueur nationaliste, ils essayeront d’aller jusqu’au bout.
Né en 1959, Boris Nemtsov, physicien de formation, a été vice-premier ministre entre 1997 et 1998, après avoir été élu député à la Douma à seulement 32 ans. Très populaire, certains l’imaginent alors succéder à Boris Eltsine à la présidence russe lors des élections de 2000. Rattrapé par la crise économique, Nemtsov passe dans l’opposition, il fonde en 1999 l’Union des forces de droite puis, en 2008, le mouvement « Solidarnost » pour obtenir le départ de l’actuel Premier ministre, Vladimir Poutine.
Devenu le symbole de la contestation contre Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, 35 ans, est un célèbre blogueur spécialisé dans le combat anticorruption. Cet avocat de formation, excellent orateur, s’il s’était fait remarquer en février en qualifiant Russie unie, la formation au pouvoir, de «parti des voleurs et des escrocs» – une expression devenue depuis l’un des slogans des manifestations contre le pouvoir. A noter son nationalisme exacerbé qui lui a valu d’être expulsé du parti Yabloko, il y a quelques années.

Et comment réagit l’Etat ? La fêlure est telle que le Kremlin et les autorités actuelles doutent de la force et de la capacité de Poutine à gagner sans problèmes la présidentielle, car ce sera « Tous Contre Poutine ». Certains sondages de ces jours-ci ne lui donnent plus que 36% de confiance.

Des réflexions sont engagées au plus haut niveau sur la possibilité pour assurer son élection de s’engager à négocier un gouvernement de coalition pour obtenir plus de 50% des voix au premier tour. Et de ce fait, il va falloir que d’ici là, Poutine fasse des concessions. En attendant la valse des chaises musicales a commencé et de nombreux responsables sont en train de changer de postes. Sourkov vient d’être promu vice Premier ministre, Ivanov au poste de chef de l’administration du Premier ministre, etc.

Vladimir Poutine a promis une modernisation du système politique russe, dont Dmitri Medvedev a annoncé dans son allocution annuelle aux corps constitués du 22 décembre, une série de mesures destinées à libéraliser la vie politique (élection des gouverneurs, simplification de l’enregistrement des partis politiques, abolition du système de signatures pour les élections législatives, abaissement du seuil de signatures pour les présidentielles pour 2018).

La porte-parole de Dmitri Medvedev Natalia Timakova a déclaré samedi, au moment de la manifestation, que la réforme visant à faciliter l’enregistrement de partis politiques allait entrer en vigueur rapidement.

Sur le plan médiatique, après les temps de la censure systématique dans les médias contrôlés par l’Etat, le pouvoir ne s’oppose plus à ce que les principales chaînes de télévision rendent compte de ces événements, de manière parfois critique. La manifestation du 24 décembre, qualifiée d’anti-poutinienne par les chaînes fédérales, a ainsi fait l’ouverture des journaux télévisés du week-end.

Le succès croissant des manifestations ont marqué le retour en Russie de la société civile. La manifestation prévue en février sera déterminante pour l’avenir. Car pour l’instant Poutine conserve, notamment dans les régions, un socle de réelle popularité de par ses relations avec les élites économiques et politiques du système. Les semaines qui viennent vont voir une course de vitesse s’organiser. Le pouvoir qui va mobiliser tous ces soutiens pour s’accrocher au kremlin. L’opposition doit s’organiser, surmonter les divisions comme ce fut le cas a la première étape de la révolution Ukrainienne. C’est une révolution calme sous la neige, une révolution blanche ?

25 Jan

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[Parti Socialiste] Attentat terroriste à Moscou

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Le Parti socialiste est horrifié par l’attentat perpétré ce lundi à l’aéroport de Moscou au cours duquel plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie ou ont été blessées.

Il condamne cet acte inacceptable. Il exprime sa profonde sympathie et adresse ses condoléances aux familles et proches des victimes.

27 Déc

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90ème anniversaire du Congrès de Tours

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S’il n’est ni de sauveur suprême, ni dieu, ni César ni tribun, la semaine de Noël 1920 a pourtant vu naître le parti de ceux qui attendirent avec foi l’avènement du communiste avec la scission du congrès de Tours au cours duquel les trois quart des délégués socialistes décidèrent de suivre Cachin et Frossard et d’adhérer à la IIIe Internationale pour fonder quelques temps plus tard le Parti communiste français.

1920, ce fut le temps de l’espoir. La faillite de la IIe Internationale devant la guerre avait été réparée par les soviets et bientôt, la révolution serait sans patrie ni frontière car elle serait mondiale et que rien ne s’opposait à ce qu’elle déferle des rives de la Moscova jusqu’aux bords de la Loire en ce mois de décembre.

Mais le phénomène stalinien plaqué sur la culture du syndicalisme révolutionnaire et anarchiste français provoqua surtout une vague de froid. 1936 c’est le Front populaire, mais ce sont aussi les procès de Moscou contre les trotskystes ou tous ceux qui s’opposaient sans oublier le goulag décrit plus tard par Soljenitsyne, ingrédients du stalinisme que le PC français s’obstina longtemps à soutenir. Mais tous les camarades n’applaudirent pas au pacte avec Hitler, ils voulaient certes défendre l’URSS, mais ils n’hésitèrent jamais à mourir pour la France comme des milliers et des milliers de soldats sont morts dans les rangs de l’Armée rouge notamment à Stalingrad. Ce fut le « Parti des fusillés », mais auréolé de cette gloire, il participa activement à la reconstruction de la France, en contribuant avec les socialistes et les gaullistes à construire ce « modèle social » que la droite aujourd’hui démantèle pierre par pierre.

Cependant, le Parti communiste participa activement à la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie après avoir soutenu les massacres de Sétif.

Le PCF fut aveugle à la déstalinisation, il approuva Budapest. Le couple Thorez pétrifia la « culture ouvrière » dans une société bloquée et une France qui finit par s’ennuyer. Le PCF prêchait la révolution mondiale, mais pratiquait la realpolitik. Religion de masse pour des générations entières, mouvement d’éducation populaire, le communisme français fut longtemps la colonne vertébrale de la gauche, mais lui-même fut tétraplégique, incapable de condamner la répression dans l’Empire soviétique.

Il entra dans sa troisième période, après l’espoir et la glaciation, ce fut le temps de la dégénérescence alors que la gauche était justement en train de se rajeunir et qu’elle se préparait à changer la vie. De Prague à Kaboul, le bilan était « globalement positif » alors que longtemps après que Blum, Luxemburg et Kautsky eurent prophétisé l’avenir de cette illusion, le grand public découvrait les dissidents et les crimes de masse.

Je veux en profiter pour saluer ici ceux du PCF avec lesquels nous avons travaillé à l’unité de la gauche, certains sont partis, d’autres sont restés. Tous restent de grands militants de gauche. Robert Hue, Pierre Blotin, Patrick Braouezec, Jean-Claude Gayssot, Marie-George Buffet…

Le parti de la faucille et du marteau est devenu une étoile morte, fauché par l’Histoire, mais l’idéal des fondateurs, l’esprit de justice sociale reste une idée qu’il faut continuer de marteler dans la mondialisation.

25 Oct

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Impressions Russes

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Des oligarques aux mouvements des droits de l’homme en passant par des ministres, des chercheurs ou encore des parlementaires, notre tour fut complet. Il en ressort quelques impressions.

D’abord le caractère post traumatique de la Russie après l’effondrement de l’URSS et la déroute de l’ère Eltsine et ses recettes ultra libérale. Il s’en est suivi une « inertie politique, énergie économique » remarquable. Un réinvestissement civique dans des mouvements thématiques (retraites, automobiliste, voire écologiste) ou dans la sphère du privé et un grand nationalisme. Laissant à une oligarchie éclairée le soin de défendre l’intérêt russe, la stabilité économique et l’enrichissement. Ce pouvoir n’est pas homogène, même si Poutine flirte autour des 80% d’opinion favorable? Un pouvoir fort, bonapartiste, appuyé sur des couches moyennes qui décollent et un peuple de province pour qui l’Etat central est la mère nourricière. Et de fait Moscou concentre 80% de la richesse elle-même détenue par 10% de la population. La Russie commence son retour dans l’arène internationale, grâce à un Medvedev conscient de la convergence des préoccupations communes avec le monde occidental. Régulation, développement durable, règles du commerce, islamisme intégriste, état de droit ainsi que la défense de la culture russe, la lutte contre les débordements de la corruption et le fléau de l’alcoolisme. Ce qui fait, au passage, que les femmes sont plus recherchées pour l’emploi.

Plus ouvert sur l’OTAN, à condition que l’on ne défende pas « l’OTAN global ». Favorable à un partenariat stratégique avec l’Europe. Réfléchissant à une zone financière « rouble » plutôt pour normaliser son secteur financier que pour la réaliser. Nos interlocuteurs au plus haut niveau ont concédé que le traitement du Caucase n’avait pas été performant. Très regardant sur l’Afghanistan où un retrait les laisserait en première ligne.

Un mot semble tabou: la Chine. Y penser toujours, n’en parler jamais, semble être le leitmotiv russe. Tentant de faire baisser le sentiment anti russe en Pologne, dans les pays Baltes, la Russie regarde beaucoup l’Allemagne jugée plus sûre que la France Sarkozyste, moins fiable. Reste à l’évidence, la question des droits de l’homme. Plus criticable que ne le pense le Kremlin, moins que ne le dit la presse occidentale, si on compare à la mansuétude vis-à-vis d’autres pays émergents. A l’évidence sans rien retrancher sur nos principes, la France doit agir fermement avec constance vis-à-vis de la Russie. Pour des raisons stratégiques et économiques. Nous avons poursuivi notre dialogue avec « Russie juste » dans un colloque de haut niveau sur la situation dans les deux pays. Ces derniers seront présents lors du conseil de l’International Socialiste à Paris avec M. Mironov, le Président du sénat, le principal dirigeant.

20 Oct

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Moscou: Du fiasco de Sarko à l’entente continentale

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Je quitte Paris alors que les dernières manifestations marquent le « fiasco de Sarko ». La réforme est morte née. Il faudra la changer et pas seulement parce qu’elle est injuste mais parce qu’elle n’est pas financée. Il est peu probable, au vu du tollé, que Sarko se drape dedans lors de la présidentielle.

Je pars donc à Moscou réfléchir à l’entente continentale entre l’Europe et la Russie. Notons au passage que le sommet de Deauville de Sarkozy est une faute. Réunir l’Allemagne et la Russie sans l’Europe et sans avoir au préalable pris au moins langue avec la Pologne est une erreur. Je serai en Pologne au début du mois de décembre.