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05 Oct

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L’affaire des « pigeons »

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Il fut un temps où les grèves des camionneurs faisaient capoter le gouvernement Allende. Aujourd’hui la mobilisation sur le net des patrons des start-up fait reculer le gouvernement.

Si la mesure préconisée allait à l’encontre de la philosophie gouvernementale, visant à soutenir le secteur productif contre la rente, la méthode et le soubassement démontre parfaitement le rapport de force en jeu.

Nos camionneurs des temps modernes portent la philosophie du patronat et de la droite: non à la taxation des dividendes. On peut augmenter l’impôt, la TVA, la CSG mais pas taxer le capital. Les tenants du capital se sont engouffrés dans la faute pour imposer une correction dont ils espèrent qu’elle fera jurisprudence pour la suite.

Alors nous voilà prévenus ! La grande confrontation sur la taxation du capital a commencé. Le capital ne veut pas le principe de la taxation égale des revenus et du travail. Ce fut le message de ces pigeons voyageurs…

03 Juin

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Lettre aux amis de Dominique Strauss-Kahn: Unissons-nous !

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Paris, le 3 juin 2011

Cher(e) ami(e),

J’imagine la tristesse qui est la tienne, la partageant. Nous avons tous été bousculés par le « dimanche noir de New York ». Nous avons assisté sidérés à la mise à terre de Dominique Strauss-Kahn. Nous avons été atterrés par les accusations graves portées à son encontre. Nous n’avons pas supporté de le voir, seul et loin, entravé, livré au pilori médiatique du monde. Un sentiment de gâchis, voire de colère nous a envahi. Chacun s’apprêtait à se lancer dans le combat présidentiel décisif pour la France et l’Europe. Chacun imaginait le succès et la part qu’il y prenait. Chacun doit aujourd’hui se rendre à l’évidence : Dominique Strauss-Kahn combat maintenant pour prouver son innocence. Son temps n’est plus le nôtre, sans que nous puissions à cette étape dire de quoi l’avenir sera fait.

Beaucoup n’ont pas voulu et ne veulent pas encore se précipiter. Tourner la page est encore pour nombre d’entre nous difficile voir douloureux. Nous n’avons pas envie de passer en quelques jours à une autre équation.

Mais nous n’ignorons pas que le temps politique reprend ses droits. Et pourtant ! Confusément nous pressentons que tout cela n’a pas été vain. Nous avons bâti au cours de ces années un périmètre politique qui fut certes porté par DSK mais qui reste notre patrimoine.

Nous partageons tous les termes du rappel public cosigné par Alain Bergounioux, Michel Destot, Alain Richard et Catherine Tasca : cette révolution silencieuse défendue par DSK qui veut domestiquer, par la norme écologique et sociale, la mondialisation. Ne l’avait-il pas – et avec quel brio – engagée au FMI ? Nous partageons toujours l’idée force que l’espace pertinent pour mener ce combat est l’Europe. Et nul n’ignore que pour ce faire elle doit être réorientée. Nous partageons tous le combat contre les inégalités et la nécessité de les attaquer à la racine. La volonté de porter le socialisme au cœur de la production et de l’entreprise. Ou encore que l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a produit. Enfin, nous défendons tous cette pensée : la gauche est l’ennemie de la dette et de la rente.

Tout cela sera encore au cœur de la présidentielle et du socialisme moderne que nous porterons.

Tout le monde partage la revendication de Pierre Moscovici et Marisol Touraine : les Strauss-Kahniens doivent peser dans la présidentielle pour la gagner !

Tout le monde fait sienne l’interpellation de Jean-Marie Le Guen sur la nécessité de préserver notre indépendance. Alors si nous partageons tout cela ensemble, rien ne s’oppose à notre rassemblement. Si ce ne sont les querelles subalternes et honnêtement, tranchées par la vie.

La présidentielle n’est pas un congrès du PS. Et il faut être vraiment naïf pour croire que le candidat DSK n’aurait pas embrassé toutes les cultures de la gauche. Mais précisément, pour que le ou la présidentiable puisse le faire, il faut qu’elles soient toutes en capacité de peser.

A quoi sert-il de pester devant la trop grande présence de certains courants – pour moi incontournables mais c’est un autre débat – si nous sommes éparpillés en mini chapelles, s’annulant les unes les autres ? Et puis, mon expérience, ou la connaissance des ressorts de chacun me dit qu’au-delà des postures du moment que je comprends, il n’est pas impossible qu’une immense majorité d’entre nous se retrouve au bout.

Il faudra, après les primaires, rassembler et sûrement mener d’autres combats.

Nous savons que l’état d’esprit a changé, le respect, l’union, sont une demande, que dis-je, une exigence du peuple de gauche ! La soif de changement, le changement qui semblait aller de soit avec DSK s’imposera de nouveau. Le traumatisme sera surmonté parce que la volonté de justice, de changement et d’alternative va trouver un nouveau viatique. Pour autant nous mesurons les risques du premier tour de la présidentielle et c’est pour cela que nous serons observés. Et nous serons durement jugés si nos attitudes, nos errements voire nos egos nous conduisent à l’échec.

Alors, pour ce qui concerne les amis de Dominique Strauss-Kahn je forme le vœu que nous puissions, sous une forme à définir, et qui ne préjuge pas de nos choix présidentiels, que nous puissions donc nous rassembler, avec la volonté de faire vivre un espace politique qui s’ouvrira nécessairement à d’autres.

En espérant que tu auras compris le sens de cette démarche que je sais très partagée, reçois cher(e) ami(e), mes amitiés,

Jean-Christophe Cambadélis
Député de Paris

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03 Mai

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Mise au point: devant l’avalanche d’informations sur les primaires du PS

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1 – DSK n’a pas annoncé sa candidature.

2- Il n’y a donc pas de date de candidature.

3- Martine Aubry n’a pas décidé de ne pas être candidate.

4- DSK et Martine Aubry décideront ensemble le moment venu.

5- Nul ne peut donc parler en son nom.

6- Il n’y a ni opposition ni concurrence entre les amis de Dominique Strauss-Kahn, la preuve ils se coordonnent.

7- Chacun, comme c’était le cas depuis des mois, réunit ses amis.

8- La coordination du mardi soir qui réunit Vincent Peillon, Michel Destot, Claude Bartolone, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis et leurs amis n’est ni un nouveau courant, ni un comité politique de DSK, ni une défiance vis-à-vis de Martine Aubry, Ségolène Royal ou François Hollande. C’est simplement l’envie d’échanger entre pro-DSK.

9- Le problème de l’heure reste la popularisation du projet, parce que le Parti socialiste doit faire la démonstration qu’il n’a pas que des candidats mais aussi des idées.

08 Fév

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La clarification et l’union sont en marche au PS

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Après Pierre Moscovici, Manuel Valls, Gérard Collomb, c’est aujourd’hui Jean-Louis Bianco qui annonce ne pas se présenter aux primaires.

Au moment où le pouvoir traverse la bourrasque de l’opprobre éthique, au travers de l’affaire MAM et de la colère des magistrats, la clarification et l’union sont en marche au PS.

18 Nov

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Arrêtons les conneries

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Le PS n’est pas menacé de gauchisation. C’est Pierre Moscovici, proche de DSK en dernier ressort, qui a conduit la Convention sur le modèle économique. C’est Michel Sapin, rocardien et proche de Hollande qui a élaboré le plan de relance. C’est Jérôme Cahuzac et Alain Muet, proche de DSK, qui conduisent la politique économique du PS. C’est moi-même avec Laurent Fabius qui a piloté la Convention internationale. C’est Marisol Touraine, proche de DSK, qui a élaboré le projet sur les retraites. C’est Marie-Pierre de la Gontrie, proche de DSK, et Elisabeth Guigou qui pilotent le Forum sur les libertés et la justice. C’est Jean-Jacques Urvoas, proche de DSK, avec François Rebsamen, qui ne vient pas précisément de la gauche du parti qui a conduit la Convention sur la sécurité.

Aucun président de Région n’est membre de la gauche du PS. Et franchement, Martine Aubry ne gère pas en gauchiste la communauté urbaine de Lille. Enfin, je ne voudrais pas être discourtois avec Benoît Hamon, mais le texte sur l’égalité réelle endosse une problématique qui n’était pas au point de départ la sienne. Reste le chiffrage du projet, c’est une plaisanterie alors qu’on parle d’un projet à 20 ans.

Deuxième bêtise le risque de droitisation de DSK via les « compliments de Sarkozy », je ne sais pas si DSK sera candidat mais si c’était le cas, à force de lui dresser des lauriers, il sera impossible à Sarkozy de le critiquer. Il se tire une balle dans le pied sans tromper la gauche qui est sarkophobe. Par ailleurs, méditons les résultats de Papandreou. Le mouvement social ne fait pas une élection.

Autre argument, il y aurait une gauchisation qui empêcherait, s’il le souhaitait, DSK de se présenter. Au-delà du fait que personne ne peut préjuger du choix de DSK, ceux qui agitent cette idée l’aiment tellement qu’ils se proposent de le remplacer s’il ne venait pas. « Au secours » ! Pourvu qu’il ne vienne pas ».

Enfin, dernier argument futile: Sarkozy est prêt et la gauche ne l’est pas. On « rêve » ! Sarkozy est dans les cordes et la gauche avance à son pas. Qui s’imagine qu’il va gagner les cantonales ou les sénatoriales. Dans moins de deux mois, tout sera à refaire. Sarkozy le sait, il ne peut rebondir. Il ne peut que se faire réélire car l’élection présidentielle est un temps politique en soi. Il prépare donc le moment autour de trois positions. Reprendre pied dans son camp. Faire de son handicap, il est impopulaire, un avantage. Il aurait réformé. Parier sur la fragmentation du centre et la concurrence entre les populistes pour passer le premier tour. Quant au second, il avisera.

Le PS doit être aussi froid et arrêter d’être balladé, balayer les idioties: le PS construit pas à pas un réalisme de gauche, le « social réalisme », qui est une alternative crédible et sociale à Sarkozy. Il est la seule alternative crédible à Sarkozy car il est la seule formation capable d’attirer sur sa droite et sur sa gauche. Il a écrasé Sarkozy aux régionales. Ses leaders sont populaires et il a fait émerger de nouvelles têtes. Ses élus veulent gagner sinon la réforme territoriale s’appliquera. Et surtout, le peuple est inconditionnellement pour la défaite de Sarkozy qui a échoué et déçu.

05 Nov

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Il n’y a pas de problème Hamon !

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Franchement, neuf fois sur dix notre porte-parole fait honneur à tous. Et il vaut mieux Benoit Hamon dans le Parti socialiste que Jean-Luc Mélenchon dehors. Ce dernier n’étant qu’au tout début de son évolution. L’objectif du leader du Parti de gauche n’est pas l’extrême gauche mais l’ensemble de la France protestataire. Mais nous y reviendrons.

Quant à Benoit Hamon, je n’ai pas entendu de protestations de sa part aux déclarations de Martine Aubry sur France 2, à propos des retraites ou sur le respect du calendrier pour les primaires. Que peut-on lui reprocher ? La cacophonie ? Est-il vraiment le seul responsable de déclarations ne reflétant pas les positions du PS ? Quelques formules d’un autre temps ? Mais font-elles au PS la pluie et le beau temps ? D’avoir reçu Besançenot ? Bof ! Je lui reprocherais plutôt de n’avoir pas dans le même temps invité Marisol Touraine ou Harlem Désir. DSK n’est pas son premier choix ? la belle affaire ! Ce n’est pas le seul. DSK n’est pas candidat. Mais je n’ai pas entendu de sa part la volonté de quitter le PS s’il l’était. Mais si il veut voir un désaccord signifiant entre Martine Aubry et les Strauss-Khaniens, c’est son droit.

Reste Pascal Cherki, le plus à gauche des socialistes du monde. Il en faut. Il n’y a aucune raison d’obtempérer à ses sentences. Elles sont nombreuses, parfois pertinentes, mais elles sont souvent tellement radicales qu’elles handicapent ses amis. Mais le maire du 14ème sait être réaliste. Il sait par exemple parfaitement se lover dans la gestion municipale de Bertrand Delanoé.

Sur la ligne maintenant, tout le monde la veut de gauche (ceux qui la veulent de droite levez le doigt !), crédible (personne n’évoque la rupture avec le capitalisme), réformiste (évidemment ! Ce serait quoi l’alternative ?). Alors, dans le serpent programatique qu’élabore le PS, il y a des bornes à ne pas dépasser, mais il n’est pas interdit d’en jouer. Est-ce-que la présence de la gauche du PS complique le centre de gravité du PS ? Les sondages n’ont pas l’air de le dire. Évidemment on peut rêver d’un PS répétant comme l’UMP des éléments de langage prémâchés, mais ce ne serait plus un parti vivant. Et la presse qui sur-joue la clarification, elle espère surtout pouvoir parler de division. C’est le problème de la 5ème République. Il ne s’agit pas d’élire le Président de la gauche mais celui de la France ! Il faut donc rassembler le Parti Socialiste de Manuel Valls à Benoît Hamon, de Pierre Moscovici à Pascal Cherki. Le tout sur un projet qui soit de sortie de crise. Il est peu probable – tout le monde en convient – que le programme, si ce mot a un sens, de Jean-Luc Mélenchon ou du NPA le permette et il est encore moins que sûr que la France soit majoritairement mûre pour celui-ci, personne n’en doute au PS. Il reste aussi que l’on ne peut pas dire non plus qu’on fera ce que fit Sarkozy, Ce qui donne de la place à l’imagination de gauche pour être capable de résister à la concurrence des Verts et de la gauche protestataire et enfin attirer au delà de la gauche. Il y a donc beaucoup de travail et pas de temps à perdre avec des querelles subalternes.

11 Juin

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Biographie

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Jean-Christophe Cambadélis est né le 14 août 1951 à Neuilly sur Seine. Son père diamantaire d’origine grecque et sa mère picarde employée à la Banque de France sont rapidement partis chercher fortune au Canada. Le jeune Jean-Christophe tombera là-bas du 3ème étage de son immeuble et se relèvera sans une égratignure, obtenant au passage son premier papier dans la presse et sa première interview.

De retour en France avec sa soeur et sa mère, séparée de son mari. Il retrouve l’école à Bondy où on lui attache la main gauche dans le dos pour qu’il écrive avec sa main droite. Ce « gaucher contrarié » en gardera une profonde dyslexie qui l’handicapera longtemps. Mais la vocation était là, il sera à gauche. Dès l’adolescence il organisera des groupes de jeunes pour faire du théâtre, de l’expression corporelle, de la danse, mais aussi du basket, du rugby où il rencontrera Gérard Segura futur maire d’Aulnay Sous Bois, trois quart centre puis troisième ligne de rugby à l’A.S de Sarcelles, le week-end. Il suivait des cours de danse en semaine ou jouait Molière le jeudi après-midi. Mais la politique le guette dans ces années de radicalisation de la jeunesse. Il adhère à un groupuscule anarchisant mais l’esprit de synthèse est déjà là puisqu’il s’intitule « rouge et noir ».

Le 1er février 1969 lors d’un rassemblement au Bourget il adhère à l’AJS mais n’y milite pas. C’est avec son bac en poche qu’il rencontre à l’université de Nanterre l’historien Benjamin Stora. Ensemble, il se lance avec l’éditorialiste à Libération Pierre Marcelle et quelques autres dans la construction du cercle AJS Nanterre. Si Stora est le politique, « Camba » c’est ainsi qu’on l’appelle, devient le syndicaliste. L’UNEF vient d’éclater le 10 janvier 1971 suite au départ du PSU, laissant face à face communistes et trotskyste de l’AJS et dans cette nuit mémorable où les affrontements furent nombreux, Jean-Christophe Cambadélis recevra un fauteuil sur la tête le laissant groggy.

C’est l’époque où Guy Konopnicki se réclame de Angela Davis et les amis de « Camba » des travailleurs polonais qui ont donné le premier coup de boutoir à l’édifice communiste stalinien. Dans la salle, on reconnaîtra le futur journaliste de TF1 Jean-Luc Mano ou le futur dirigeant du PC Pierre Laurent.

Très rapidement l’Association Générale des Étudiants de Nanterre deviendra le fleuron de l’UNEF dite AJS, c’est-à-dire non communiste portée sur ses fonts baptismaux par la CFDT et la FEN, grâce à l’entremise d’André Bergeron le leader de la CGT-FO.

Mais ce syndicat étudiant est exsangue et pour tout dire marginalisé dans les mouvements étudiants, dirigés par la LCR de Henri Weber et Gérard Filoche, même si « Camba » et « Méluche »(Jean-Luc Mélenchon), lui même Président de l’AG de Besançon lui donnent quelques couleurs.

Mais dès 1973 Jean-Christophe Cambadélis devient l’un des porte-paroles du mouvement étudiant, pendant que Benjamin Stora pilote les jeunes lycéens de l’AJS qui seront la colonne vertébrale de la future UNEF.

Repéré par Pierre Lambert le « patron » des trotskystes lambertistes pour ses qualités d’orateur et d’organisateur. Il va devenir président de l’UNEF en 1977, après avoir été le vice-Président de Denis Sieffert, l’actuel rédacteur en chef de Politis. Il venait de sortir de la grève étudiante de 1976 où il fut l’un des trois porte-paroles avec Charles Najman et Julien Dray. Il affrontera d’ailleurs Madame Saunier Seïté, ministre de l’enseignement supérieur, dans une émission de télévision qui va tout à la fois le révéler et le consacrer « leader » étudiant. « Président », l’étudiant Nanterrois propose aux socialistes qui étaient membres de l’autre UNEF, celle des communistes, de rentrer dans l’UNEF-AJS ou Soufflot du nom du siège historique de l’UNEF. Ces derniers le feront timidement, puis sous l’égide de Jean-Marie Le Guen, Jean Loup Salzman et Patrick Menucci, ils s’engageront plus avant pour réaliser la réunification syndicale (unification de tous les syndicats étudiants non communistes) en mai 1980.

Dans ce congrès mythique où Jean-Christophe Cambadélis sortira président de l’UNEF réunifiée, on retrouve toute une génération politique: Julien Dray, Harlem Désir, Roby Morder, Laurence Rossignol, Laurent Zappi, Jean-Marie Le Guen, Patrick Menucci, Pascal Beau, Alain Bauer, Stéphane Fouks, Benjamin Stora, Marc Rozenblat, Philippe Darriulat, Jean Loup Salzman, Gilles Casanova, Philippe Plantagenest et beaucoup d’autres aujourd’hui leaders du Parti socialiste en province.

Dans la foulée, « Camba » lance l’Association internationale des étudiants réussissant en quelques années à « damner le pion » à la puissante Union Internationale des étudiants dirigée par le Parti Communiste d’union soviétique. Avec quelques amis intrépides, ils montent des réseaux de soutien aux étudiants d’Europe de l’Est, leur fournissant clandestinement matériel d’imprimerie dans des voitures à double-fond ou passant en retour à l’ouest documents et proclamations. Il multiplie textes, manifestes et tribunes qui font de lui « Le » représentant des étudiants pour les organisations syndicales, y compris pour la CGT qui soutient à bout de bras ce qu’on appelle dorénavant l’UNEF PC. André Henry, le leader de la FEN, à l’époque syndicat unitaire des enseignants soutient son action. Il est l’interlocuteur de Pierre Bérégovoy, chargé des relations extérieures du PS de François Mitterrand.

En 1981, il organise avec Paul Quilès et Olivier Spithakis le rassemblement de la Bastille prenant la parole entre Gaston Deferre et Lionel Jospin, appelant à la « dissolution de l’Assemblée Nationale et à un gouvernement PS-PCF ».

Il quitte l’UNEF en 1983, après avoir gagné les élections universitaires battant enfin l’autre UNEF qui ne s’en relèvera jamais. Marc Rozenblat lui succédera. Il aura auparavant aidé ses amis socialistes à s’emparer de la mutuelle étudiante (MNEF) et se sera emparé du syndicalisme étudiant en résidence universitaire, lancera une éphémère fédération dans les grandes écoles et « régnera » sur une organisation étudiante implantée dans toutes les villes universitaires.

Pierre Lambert propulsera immédiatement le déjà médiatique « Camba » au bureau politique du PCI où l’on parlera de lui comme le n°2 du groupuscule trotskyste. Mais c’est à Force Ouvrière – ce que l’on sait moins – qu’il va poursuivre son parcours. André Bergeron lui demande de « monter des listes » pour les élections professionnelles dans la fonction publique, chez les enseignants. Il fait alors le tour des Unions Départementales du syndicat de l’avenue du Maine, trouve des femmes de syndicalistes FO institutrices, constitue des listes à coups de porte-à-porte, fonde des sections universitaires du syndicat de l’enseignement supérieur avec le sociologue Gérard Namer et l’historien Ladurie et finit par créer la surprise, FO faisant des scores dans tous les collèges.

Fort de ce succès, la direction de Force Ouvrière « l’embauche » pour les élections à la Sécurité Sociale où le syndicat triomphe contre toute attente.

En 1985, un désaccord intervient entre le chef du groupuscule trotskyste et son lieutenant à propos de François Mitterrand. « Camba » pointe la menace Le Pen alors que le chef trotskyste ne veut voir que la « trahison » de Mitterrand avec le tournant de la rigueur.

Jean-Christophe Cambadélis dont le pseudonyme était « Kostas » claquera la porte emmenant avec lui 400 militants pour fonder « convergence socialiste ». On retrouve là le metteur en scène Bernard Murat, l’historien Benjamin Stora, le philosophe Pierre Dardau, Jean grosset le futur secrétaire général adjoint de l’UNSA ou Luc Bérille secrétaire général du SE-UNSA jusqu’en 2009, Jacques Dupont responsable CGT, le communiquant Khaled Melhaa, l’économiste Liem Hoang Ngoc, les anciens de l’UNEF, Frédéric Decazes, Bernard Rayard, Marc Rozenblat, Michel Assoun, François Belen, Gérard Obadia, Christophe Borgel, le futur président de la fédération des parents d’élèves Jean-Jacques Hazan ou le mathématicien Pierre Broué, les journalistes Gérard Desportes, Laurent Mauduit, Frédéric Augendre, Dominique Paganelli etc. qui mèneront chacun leur chemin.

Il rencontre François Mitterrand qui l’encourage à maintenir sa structure alors qu’il veut rentrer au Parti socialiste. En 1986, il pilote discrètement avec Philippe Darriulat, David Assouline et Julien Dray le mouvement de grève des étudiants et des lycéens qui permet à François Mitterrand de se rétablir dans la cohabitation avec Jacques Chirac. Puis il rentre au PS dans la foulée rejoignant sa majorité. Mais il fonde dans le même temps le Manifeste contre le Front National où se retrouvent de jeunes intellectuels comme Pap N’Diaye, Eric Osmond, Philippe Ducat ou Géraldine Muhlmann. Jean-Christophe Cambadélis lance le « harcèlement démocratique » et très rapidement ce mouvement va s’implanter dans toute la France.

Membre de l’équipe de campagne de François Mitterrand lors de sa réélection, il devient député, avec Julien Dray, Jean-Marie Le Guen, François Hollande et Ségolène Royal. Ils seront les benjamins de l’Assemblée Nationale.

Ses relations avec le président socialiste se détériorent en 1989 car il participe à la campagne contre le « sommet des riches ».

Parce qu’il refuse la remise en cause des allocations chômage, il aura démissionné auparavant de son poste de conseiller de Pierre Mauroy qu’il a aidé à faire élire contre Laurent Fabius.

Rapporteur pour avis du budget de l’enseignement supérieur, il est battu en 1993 de 70 voix dans le 19ème arrondissement.

Michel Rocard, Premier secrétaire le nomme quand même secrétaire national aux relations extérieures. Il porte les fonts baptismaux des « Assises de la transformation sociale » permettant de nouer l’alliance entre les écologistes, les communistes, les chevènementistes et les radicaux. Puis anime les conventions avec Lionel Jospin.

Après la défaite aux élections européennes de Michel Rocard, il fonde avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn les « rénovateurs », présente le texte de ces derniers au Conseil national puis défend en leur sein la candidature de Lionel Jospin qui sera désigné par les militants contre Henri Emmanuelli pour les élections présidentielles de 1995.

Elu au Conseil de Paris comme Vice-président du Conseil Général, il sera chargé des relations avec la presse pendant la campagne de Lionel Jospin qui arrivera en tête au premier tour puis sera battu par Jacques Chirac.

Lionel Jospin redevenu Premier secrétaire du PS, il sera chargé par ce dernier des relations extérieures, quand la dissolution de l’Assemblée Nationale lui permet de retrouver son siège de député en 1997.

Lionel Jospin ne le choisira pas comme Premier secrétaire alors que beaucoup le donnait certain à ce poste. Mais il sera le numéro 2 du Parti socialiste en charge des fédérations et des relations extérieures.

Il organise pour la majorité le congrès de Brest qui verra François Hollande réélu à plus de 90%, contre son vieux copain Jean-Luc Mélenchon qui le traitera de « charcutier » !

Coup sur coup deux « affaires » viennent entraver cette ascension. Il est accusé d’emploi fictif le même jour qu’Harlem Désir. Les deux responsables seront condamnés à des peines légères. Puis il est l’objet d’une violente campagne de presse conduisant à sa mise en examen et à la démission de Dominique Strauss-Kahn de son poste de ministre. Campagne organisée par le secrétaire général de l’Elysée, Dominique de Villepin, dans le cadre de la cohabitation Chirac – Jospin – comme le dit Lionel Jospin dans ses mémoires. Il démissionne de ses responsabilités dans le PS et sera condamné pour « défaut de contrat de travail » et relaxé de tous les autres chefs d’accusation.

« Camba » moralement touché ne recommence pas moins à agir. Il fonde avec Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici et les amis de Michel Rocard « socialisme et démocratie » qui s’affirme lors du congrès de Grenoble autour d’une contribution (2000). Ce qui leur attire les foudres de Lionel Jospin et l’inimitié durable de François Hollande.

Ce qui n’empêche pas le Premier ministre de gauche de l’intégrer dans son équipe de campagne durant la campagne présidentielle de 2002 où il s’occupe des relations extérieures.

Jospin battu au premier tour, Jean-Christophe Cambadélis est en tête de la manifestation du 1er mai avec Jean-Luc Mélenchon et Claude Bartolone et sera réélu quelques semaines plus tard député de Paris.

On le retrouve aux côtés de DSK lors du débat interne qui verra Ségolène Royal désignée candidate à la présidentielle. Et « Camba » fonde au lendemain de la nouvelle défaite de la gauche à l’élection présidentielle « les reconstructeurs » avec Claude Bartolone, François Lamy et Arnaud Montebourg, rejoint par Martine Aubry, Laurent Fabius et le puissant responsable de la fédération du Pas-de-Calais Daniel Percheron. Il rompt avec Pierre Moscovici qui refuse cette alliance, préférant sa propre candidature au poste de Premier secrétaire du PS où il échouera. C’est le courant des « reconstructeurs » qui impose Martine Aubry à la tête du PS en décembre 2008. Devenu secrétaire national aux relations internationales et à l’Europe de Martine Aubry, il reste l’un des proches de Dominique Strauss-Kahn plaidant pour la « stratégie de velours »: « reconstruire l’offre politique du PS, mettre le candidat du PS hors d’atteinte de la division par les primaires, tenter la candidature commune de toute la gauche ». Pour le PS, il plaide avec ses amis pour que le candidat le mieux placé de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn s’impose à l’autre. Jean-Christophe Cambadélis est aujourd’hui considéré par les sites spécialistes de veille parlementaire comme un parlementaire généraliste intervenant sur les questions politiques (que ce soit sur la laïcité où il sera l’orateur du groupe socialiste à l’Assemblée, ou sur le Moyen-Orient par exemple). Patrick Jarreau, alors éditorialiste au Monde, dit de lui «il fait partie des quatre meilleurs analystes à gauche avec Laurent Fabius, DSK et Lionel Jospin ». Directeur de la campagne calamiteuse des élections européennes de 2008, il propose et obtient du congrès du PSE que les prochaines élections voient un candidat commun à tous les socialistes européens et l’ébauche d’une déclaration de principe du Parti Socialiste Européen. Le secrétaire national conduit avec la socialiste allemande, Angelica Schwall-Düren un groupe de travail franco-allemand qui débouche sur la déclaration commune entre Martine Aubry et Sigmar Gabriel.

Il anime avec Laurent Fabius la 3ème convention du PS sur l’international et l’Europe. Il a déclaré dès 2012 son intérêt pour le poste de Premier secrétaire, mais c’est Harlem Désir qui lui est préféré. En avril 2014, il succède à Harlem Désir après l’entrée au gouvernement de ce dernier et son élection (avec plus de 70% des voix) est confirmée par le congrès de Poitiers en juin 2015. Par ailleurs, depuis 2012, Jean-Christophe Cambadélis est le 1er Vice-Président du Parti Socialiste Européen (PSE).

Fidèle à sa stratégie d’unité de la gauche, il a lancé en avril 2016, la Belle Alliance Populaire avec des dirigeants socialistes, écologistes, radicaux ainsi que des dirigeants associatifs et syndicaux.

Jean-Christophe Cambadélis est marié et père de quatre enfants.

Voir la bibliographie de Jean-Christophe Cambadélis

31 Août

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L’union est un combat, la reconstruction aussi

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PRPS.jpgManuel Valls et Vincent Peillon ont décliné ma proposition de rejoindre la direction pour travailler ensemble à la rénovation de la gauche.

Ils préfèrent faire perdurer une démarche plus individuelle. On peut regretter ce refus de travailler ensemble au renouveau de la gauche, cette recherche que je crois essentielle de l’intérêt général.

Vincent Peillon, jamais avare de compliments, a assorti ce refus d’une demande de : « Cambadélis doit laisser sa place dans la direction ».

Dans deux ans, quand j’aurai autant d’années de direction du Parti Socialiste que Vincent Peillon, Pierre Moscovici voire Manuel Valls, je passerai à autre chose.

Soit parce que nous aurons gagner les présidentielles. Et je ferais tout pour cela. Soit, parce qu’il faudra reconstruire l’alternance et que j’aurai l’âge, l’expérience et la volonté de m’y consacrer.

En attendant, je continue à penser que la place de nos talents n’est pas la critique mais le travail de reconstruction.

19 Déc

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A propos de la « re »-fondation de « Besoin de gauche »

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PRPS.jpgOutre le fait qu’il nous avait semblé que « Besoin de gauche » fut déjà crée… L’urgence dans la crise actuelle de construire le sous-courant du courant « Delanoë », lui-même partie prenante de la majorité Aubriste du PS, ne nous avait pas paru totalement nécessaire. Ceci en plus dans une prise de distance à peine voilée avec DSK.

Bon,  libre à Pierre Moscovici de vouloir exister sous ses propres couleurs, pour la prochaine présidentielle. Mais, jusqu’à présent cela ne nous a pas paru tout à fait pertinent. En attendant bonne route !

24 Sep

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Aux camarades de Socialisme & Démocratie

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« On se sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » – François Mitterrand

Michèle Sabban l’a annoncée au Figaro. Elle se félicite, avec l’entrain que nous lui connaissons, de la naissance « d’un nouveau courant autour de Pierre Moscovici ». Pierre vient de le confirmer dans un écrit parvenu en fin de matinée avec comme épitaphe à notre histoire : « cette aventure est finie ». Faute d’avoir eu les moyens de le faire devant les militants. Un nouveau courant veut donc se constituer. Son apparence est la continuité de la contribution, sa réalité est une double rupture avec Dominique Strauss-Kahn de nos engagements collectifs et de Socialisme & Démocratie. Il s’intitulerait Besoin de gauche.

Je le regrette, cela m’attriste, ne m’étonne pas totalement et éclaire évidemment l’année écoulée…

Chacun le comprend ce dévoilement tardif, vise à donner un sens à un ralliement, de dernière minute, à Bertrand Delanoë. D’autres avaient fait ce choix, dès le départ, avec élégance et sans renier leur attachement à notre projet collectif.

Je comprends que l’affection ou le rejet de tel ou tel courant est dans ce moment, pour le moins confus, conduis à des choix divergents dans la signature des motions. Je respecte les engagements de chacun et surtout je n’ai jamais pris cela comme  une rupture définitive.

Avec une grande majorité des militants et responsables de Socialisme & Démocratie, mais aussi avec les amis de Arnaud Montebourg, nous continuerons à défendre, avec discernement, notre contrat de rénovation du socialisme français, et une certaine idée de ce que devra être la présidentielle.

– Paris, 12h20 –

Amicalement à tous,
Jean-Christophe Cambadélis