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13 Fév

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West Side Story

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photo hollande obama 4Les Etats-Unis ont maintenant leur histoire à l’ouest dans le pacifique vers l’Asie.

C’est un « au revoir » empreint de nostalgie pour le vieux monde qu’ils ont fêté lors de la visite officielle de la France.

Dans cette quête de l’ouest, l’Amérique a besoin d’assurer ses arrières. Et dans ce rôle la Grande Bretagne n’est plus totalement fiable depuis la dérobade syrienne. L’administration américaine ne pense pas que cela est conjoncturel. Le peuple anglais depuis le mensonge irakien est durablement échaudé. L’Allemagne est une puissance commerciale, mais se refuse à enfiler le costume de la puissance échaudée, elle par la barbarie qu’elle avait enfanté en s’y essayant. Reste la France, seule puissance nucléaire capable de projeter des troupes.

Elle est intervenue en Libye ou en Côte d’Ivoire. Elle a réussi au Mali. Elle n’a pas tremblé en Centrafrique. Elle a accompagné la voie tunisienne dans les révolutions. Elle est au mieux avec le Maroc. Elle a « rentabilisé » ses relations en Algérie. Elle peut parler aux israéliens tout en étant l’ami des palestiniens. Elle est légitime à défendre le Liban. Et pouvait frapper en Syrie, après avoir soutenu l’opposition et condamné le régime. Elle est au mieux avec les monarchies du Golfe. Elle n’a pas de contentieux avec les sunnites, et entretient des relations anciennes et complexes avec les chiites ou l’Iran. Elle défendit les kurdes qui ne l’ont pas oublié. Et elle a su utiliser les faiblesses internes turques, pour encourager la réunification chypriote et le soutien au Liban sans se couper des arméniens.

Elle va là où elle peut devenir LA force de sécurité avec l’Europe en méditerranée. D’autant que l’Allemagne ne peut laisser la France jouer seule. Elle qui a besoin de la France dans sa nouvelle politique vis-à-vis de la Russie.

Voilà qui nécessitait que Barack Obama souligne l’entente. Lui qui prenant acte de la fin de l’hyper puissance, veut une politique étrangère modeste, faite de coalitions se substituant à son action directe. Mais il n’y a pas que cela.

Le pacte de libre échange transatlantique est pour lui une nécessité stratégique dans la bataille des normes, qui oppose le monde occidental aux émergents et leurs milliards d’individus. Et il n’a pas échappé à Barack Obama que le Président chinois  Xi Jinping va visiter d’ici peu l’Europe.

La Chine sait que l’Allemagne est la puissance commerciale mais que l’Europe c’est aussi la puissance politique de la France. Pour les chinois l’un ne va pas sans l’autre. Et c’est la raison pour laquelle l’empire du milieu rachète beaucoup de dettes françaises. Pour la Chine qui sent le souffle de l’oncle Sam sur sa nuque avec les tensions japonaises, l’Europe devient un enjeu majeur.

Nous voilà donc au centre d’un enjeu stratégique mondial. Cela nécessiterait quelques réflexions pour l’avenir de notre propre continent. Mais qui s’en inquiète ?

A l’époque où il est tellement plus important de connaitre qui a dîné à la gauche de Barack Obama en absence de la première dame !

07 Nov

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OBAMA, on a échappé au pire !

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Mitt Romney était prisonnier de la droite républicaine et du Tea party. Cela était particulièrement vrai en politique étrangère. Ses déclarations sur le Moyen-Orient étaient inquiétantes, sur l’Afrique affligeantes et sur l’Europe insignifiantes. Au fond le candidat républicain voulait un nouveau retour à l’hégémonisme américain, style Bush père. Il reste que Obama est confronté à un Congrès républicain, ces mêmes républicains sous la pression du Tea party. Une économie sans rebond. Une situation au Moyen Orient explosive. Deux défis historiques qui font de ce deuxième mandat où Obama est lui libre, un tournant dans ce début de siècle.

20 Oct

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Intervention au colloque « Barack Obama » de la fondation Jean Jaures

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L’espoir s’est-il évanouis depuis l’élection de Barack Obama ? L’espoir d’un changement radical, peut-être ! Barack Obama a agi dans un univers contraint par la crise, les crises économique, financière, climatique, géopolitique mais aussi politique avec la droitisation du Parti Républicain au Congrès, l’émergence puis l’installation du Tea party et la critique des libéraux sur la tiers mondialisation de l’Amérique. La vie politique est aussi plus difficile à cause de la puissance du monde financier et entièrement dominée par les 3G « god, guys et gun ». Tout cela pèse sur le bilan de Barack Obama. Il n’en reste pas moins qu’il a évité une grande récession. Il a encadré la spéculation bancaire. Il a inventé le début d’un état social avec l’assurance maladie et exercé dans le domaine international un leadership apaisant. Un bilan globalement positif alors que l’élection de Mitt Romney annonce un retour aux années bush père.

26 Juil

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La bonapartisation de Barack Obama

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Le Président des Etats-Unis a décidé d’utiliser les négociations en vue d’un accord bi-partisan sur la dette américaine pour s’élever au dessus du Congrès. En s’adressant directement à la nation américaine, stigmatisant ainsi les politiques qui sont incapables d’être à la hauteur des enjeux, Barack Obama poursuit plusieurs objectifs.

Budgétaires évidemment, il s’agit de s’éloigner du défaut de paiement. Mais aussi politique. Il se fait rempart de l’intérêt général face aux « politiciens de Washington ». Électoral aussi, en opposant l’augmentation des impôts aux coupes sombres dans le domaine social.

Enfin, il s’élève au-dessus des républicains et démocrates en sachant que les républicains sont tenaillés par le Tea Party. Barack Obama tente de coincer les républicains, reprendre l’initiative et s’imposer comme LE Président face à tous ses concurrents

catégorie Actualité, Ecrits, Expressions

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03 Mai

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L’invité de la matinale Radio Classique/Itélé

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Pour regarder l’émission sur le site de Itélé cliquez ici.

Jean-Christophe Cambadélis était l’invité politique de l’émission « En route vers la présidentielle », émission animée par Guillaume Durand avec Mickaël Darmon sur Radio Classique et Itélé.

Mort d’Oussama Ben Laden

« C’est l’histoire qui nous dira (…) et pourquoi il était là depuis le mois d’août comme l’a indiqué Barack Obama dans son intervention (…) on n’était pas dans une partie de campagne (…) la tyrannie de la transparence a ses limites (…) l’essentiel est la sécurité de tous. (…) (Nicolas Sarkozy avec les familles des victimes de l’attentat de Marrakech) Il est bien normal que le Président de la République soit présent dans ce moment de compassion (…) il est en retard sur Barack Obama sur ce terrain là (…).

DSK

« Il ne s’agit pas de faire une famille recomposée autour de DSK (…) il ne s’agit pas de reconstruire un courant « Strauss-khanien » (…) DSK a cette capacité de rassemblement et de dépassement d’un courant du PS. Je crois qu’aujourd’hui il consulte, il regarde, mais qu’il est encore très à sa tâche au FMI. Il prendra sa décision avec Martine Aubry. (…) Le PS doit dire aujourd’hui qu’il n’a pas que des candidats mais des idées. Nous devons être sur le projet et pas sur une campagne sur le « casting », « casting contre casting ». (…) Le jour où le paysage s’éclairera, chacun devra se poser la question « est-ce que je suis utile ? » (en maintenant ma candidature à la primaire NDLR). (…) Il y a des candidats et des candidates qui voudront aller jusqu’au bout. Les primaires sont faites pour confronter des points de vue. (…) Face à l’hyper-activité, il faut de la sérénité (…) soyons sereins et rassembleurs. (…) Tout est possible mais je pense qu’il n’y a que deux personnes qui peuvent empêcher DSK de gagner les primaires c’est Martine Aubry si elle décide d’être candidate et Dominique Strauss-Kahn lui-même s’il décidait de ne pas se présenter.

Interviewé par Mickaël DARMON:

« Le 10 mai 1981, il n’y avait pas non plus une majorité d’ouvriers qui votaient pour le PS (…) Les socialistes ont un petit penchant et c’est la 3ème fois, c’est de penser qu’on a gagné avant la bataille (…) Il n’est pas impossible qu’ici ou là, des hommes et des femmes prennent des initiatives pour que la gauche ne soit pas divisée. (…) Le premier déconnecté de la France c’est Nicolas Sarkozy qui s’est enfermé dans son chateau »

12 Mar

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Interview dans Le Monde: les chamailleries des socialistes brouillent le message du PS

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La poussée du Front national dans les sondages a créé un choc. Quelle est votre réaction ?

Il faut raison garder. Nous ne sommes pas dans un épisode pré fasciste. Mme le Pen n’est pas une solution mais un symptôme, Elle n’est forte que de nos manques.

Vous avez décidé de minimiser ?

Soyons sérieux. Les Français ne pensent pas une seule seconde qu’elle sera présidente de la République. Ils savent que ce qu’elle propose conduirait à l’affrontement social et à l’impasse économique. Ils ont intégré la mondialisation mais ils sont exaspérés parce qu’ils ne voient pas le chemin de la sortie de crise. La droite ne cesse de leur répéter « vous coutez trop cher, vous n’êtes pas aux normes du monde. C’est mieux en Allemagne » Alors ils secouent le cocotier.

Pourquoi la gauche n’apparait elle pas comme un recours ?

On va y venir. Mais il faut d’abord bien comprendre ce qui se passe. La France vit une triple exaspération. C’est un pays très politique qui ressent avec beaucoup plus d’acuité que les autres le déclassement du monde occidental. Le silence de Nicolas Sarkozy en janvier lors des révolutions arabo musulmanes a été dévastateur. On ne voyait qu’Obama. La France n’avait plus de voix. Sur ce sentiment profond de relégation se greffent la crainte ou la réalité de déclassement social et une grande exigence à l’égard de l’intérêt général. Nicolas Sarkozy a de nouveau décroché dans les sondages après les révélations sur les vacances de Michèle Alliot- Marie en Tunisie et de François Fillon en Egypte. En pleine crise sociale, l’effet a été ravageur.

Vous analysez la poussée du FN comme une simple irruption de colère. Mais n’y a t il pas une banalisation de ce parti ?

Mme le Pen, c’est vrai, est dans une stratégie de dédiabolisation. Elle cultive son côté banal pour mieux catalyser les colères. Elle se distingue de son père en allant piocher dans l’appareil idéologique du GRECE et du club de l’horloge. Elle leur emprunte le « différencialisme culturel » qui permet de ne plus parler de race mais de culture. Elle développe leur stratégie, la différenciation maximale : la sortie de l’euro, le rejet des musulmans, l’islamophobie, ou autres, là où la droite classique ne peut pas aller. Pourtant, l’appareil FN est terriblement affaibli par la saignée de 2007 et la suite. C’est la nature de ce parti ; il est à éclipse, il se manifeste dans les sondages ou dans les urnes dans les moments de crise mais sans suite.

Comment réagir face à cette poussée du FN ?

D’abord restons dans le gauche-droite. Ensuite le passé nous a montré que la critique du FN ne porte pas. Nous avons décortiqué son programme. On a écrit des dizaines de livres formidables pour montrer les dangers. Cela n’a rien changé. Et suivre le FN, le construit. Enfin, il ne faut pas suréagir comme certains l’ont fait ces derniers jours. Nous assistons à une sorte de Munich des esprits. A chaque coup de boutoir du FN, c’est une volière. Tout le monde parle dans tous les sens, au lieu de se concentrer sur les réponses à apporter aux problèmes des Français. Et puis on oublie…

Pourquoi la gauche ne parvient pas à incarner une réelle alternative ?

Il faut relativiser. Dans les plus mauvais sondages nous sommes autour de 22%. Comme le disait François Mitterrand, entre 22 et 23%, c’est le score du PS. Nous ne tombons pas, nous ne capitalisons pas, c’est différent. Malgré le travail remarquable fait par Aubry sur le projet, nos réponses n’impriment pas. Pourquoi ? Parce que l’irresponsabilité domine, parce que les chamailleries des socialistes brouillent le message du PS. Dans la crise, il faut du sang froid, du discernement, de la dignité. Si le grand débat de la rue de Solférino, c’est de savoir si la candidature de François Hollande et la fatwa de Mélenchon vont interdire le retour de DSK, ou savoir si le retour de DSK va marginaliser le radicalisme bon teint de Benoît Hamon et si un troisième peut revenir du diable Vauvert pour imposer sa candidature et perturber l’ensemble du dispositif, bref si on substitue au récit national celui de Solférino 2012, on trouble la capacité de perception des réponses.

La plupart des socialistes avaient bien perçu ce danger et militaient pour une désignation moins tardive du candidat ? Or vous avez refusez cette option pour protéger votre champion !

Cela ne changerait rien. Le problème n’est plus tôt ou tard. La question, c’est de placer les socialistes devant leur responsabilité. On ne peut pas faire croire aux Français que nous sommes le parti de l’intérêt général, et collectionner les intérêts particuliers.

La privatisation de la réponse politique, le « moi-je-personnellement » l’emporte sur notre action collective. Chacun préfère pour être repéré, se singulariser. Et comme on ne peut pas se distinguer sur le fond car globalement tout le monde est conscient des marges de manœuvre limitées de la France, il faut se distinguer sur la forme.

Il y avait une temporalité fixée, le projet, le candidat, et le rassemblement de la gauche. D’emblée, on ne l’a pas respectée. Je ne jette la pierre à personne, c’est un problème collectif. Je rappelle seulement, que François Mitterrand a gagné parce qu’une génération a décidé non pas d’abdiquer mais de se ranger derrière lui. Et pourtant les talents n’étaient pas moindre que ceux d’aujourd’hui, mais aucun n’a dit, ça va passer par moi, ils se sont mis dans un dispositif collectif.

Mais DSK contrairement à François Mitterrand que vous citez, est un candidat fantôme. Sa propre responsabilité n’est-elle pas d’accélérer son calendrier ?

Non, je ne peux pas vous dire qu’il faut respecter les rythmes et les calendriers et demander à Dominique d’accélérer le sien. Dominique doit être patient dans ce monde impatient. Je ne connais pas ses intentions, mais il doit être l’homme qui ne se précipite pas. Bref s’il était candidat, il devrait être dans son attitude l’anti Sarkozy. Martine Aubry est dans la même logique que DSK, elle ne se laisse pas dicter son calendrier par les autres.

Les Strauss-kahniens s’interrogent sur la pertinence de la primaire. Faut-il la maintenir ?

Oui. Si un sondage nous conduit à changer le dispositif, c’est que l’extrême droite nous dicte le calendrier. Certes il faut entre nous un code de bonne conduite. Mais changer sans arrêt sur tous les sujets ne rassure pas les français, nous participons de l’affolement général.

Vous craignez une campagne antisémite ?

Non, la France ne le permettrait pas. Mais il est évident que l’UMP face au risque de tout perdre, présidence, assemblée, sénat, collectivités aura la tentation d’abimer l’adversaire. Nous aurons une campagne très dure. Elle a déjà commencé. La stratégie du terroir est une faute éthique mais aussi politique. C’est considérer que les Français n’entendent rien aux grandes questions et qu’il vaut mieux leur parler de leur périmètre. C’est tout ce que la France déteste.

29 Jan

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Téhéran, Tunis, Le Caire… la mèche longue du discours d’Obama au Caire

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Après la Tunisie, le Yémen et maintenant l’Egypte, la révolution tunisienne a son onde de choc. Celle-ci ne se fait pas contre le grand satan américain. Mieux elle utise le désir de liberté et de démocratie sur fond de colère sociale. Le discours de Barack Obama au Caire prenant à contre pied la stratégie de Bush vis-à-vis de l’islam a évité que la colère inévitable ne se focalise pour l’instant contre le monde occidental. Il suffit de voir comment les reporters de CNN sont acceptés dans les événements. On peut même soutenir que ses propos humbles et solidaires furent un efficace pont d’appui à la contestation iranienne à la base de tout. Comme quoi le courage et la clairvoyance sont nécessaire à un homme d’Etat. Une dimension gaullienne que Mitterrand sut saisir sur la crise des SS20 ou la création de l’euro ou Chirac contre la guerre du Golfe et qui a fait défaut à Sarkozy…

03 Nov

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Obama entravé, mais pas marginalisé

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La défaite des démocrates aux élections au Congrès n’était pas une surprise. Le président Obama a perdu la majorité à la Chambre des représentants, mais il garde la majorité au Sénat. Il est donc entravé, mais pas marginalisé.

Cette élection illustre un phénomène qui touche aussi l’Europe. Face à la crise et dans une mondialisation confuse, la droite est débordée sur sa droite par le populisme, le repli identitaire, le rejet de ceux qui sont différents.

Les Républicains, débordés sur leur droite par le Tea party, sont moins à l’aise qu’on ne le dit. Pour eux l’alternative est redoutable car soit ils répondent à la poussée à droite au risque d’épouvanter le centre soit ils travaillent avec Barack Obama au risque de voir le Tea party les supplanter dans l’électorat conservateur.

Mais ce n’est pas cette Amérique-là, ultra-conservatrice, que nous aimons, lorsque celle-ci au lieu d’aider à rendre le monde plus juste, donne au contraire, le sentiment d’attiser les haines.

Pour les socialistes comme pour tous les progressistes, le Président Obama, qui continue d’incarner un espoir pour un autre monde ne doit pas renoncer à ses ambitions.

14 Oct

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« la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, un accident industriel »

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Ce mercredi 13 octobre, Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris et secrétaire national à l’Europe et à l’international, est venu à Bordeaux présenter son dernier livre : « Dis moi où sont les fleurs », un essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Très critique à l’égard de l’action de notre président de la République, il explique les raisons de son « échec ». Un ouvrage qui arrive au moment, où la France s’apprête à prendre la présidence du G20.

« Nicolas Sarkozy voulait faire de l’international son point fort pour sa réélection, c’est raté », lance Jean-Christophe Cambadélis. « On est éberlués par sa speed diplomatie. C’est une succession de coups, sans cohérence », dénonce-t-il. Dans son livre, « Dis-moi où sont les fleurs ? », en référence à une chanson de Marlène Dietrich, il met en cause « l’illisibilité » de la politique internationale du chef de l’Etat. Pour lui, c’est une politique « anxiogène », qui a privé la France de tout allié dans le monde. « Il s’est fâché avec l’Angleterre, avec l’Allemagne, avec la Chine… On est dans un face à face avec les Allemands en oubliant le reste du monde ». Le problème, selon le député de Paris, est que Nicolas Sarkozy est dans un « pragmatisme mal éclairé ». « Il est trop pressé et veut que ça rapporte tout de suite », lâche-t-il, lui reprochant son « manque de vision ». Pour le secrétaire national à l’Europe et à l’international, l’une des erreurs de Nicolas Sarkozy est d’avoir perçu le monde occidental comme un simple prolongement de la France. « Il a pensé qu’il était en position de force, car Angela Merkel devait composer avec une coalition en Allemagne, que le premier ministre espagnol Zapatero a échoué en Amérique Latine… A cela, sont venus s’ajouter des éléments conjoncturels, comme l’arrivée d’Obama au pouvoir (Nicolas Sarkozy s’était rapproché de Bush) et la crise financière a fini de montrer la fin de la prédominance du monde occidental et des USA sur lesquels le président de la République avait tout misé.

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France »

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France. Nicolas Sarkozy est partout et nulle part, avec lui, c’est beaucoup de virages, beaucoup de zigzags et pas d’explication », analyse Jean-Christophe Cambadélis, qui déplore notamment l’engagement français en Afghanistan, « alors que notre présence serait plus utile en Afrique ». Pour lui, « il y a un vrai accident industriel. On a un président qui ne s’intéresse pas à la politique internationale ». A l’évidence, le couple franco-allemand, ciment de l’Union Européenne, ne fonctionne plus. L’affaires des Roms a également détérioré l’image de la France à l’étranger. Alors, que faire pour redorer le blason de notre Nation ? « La France doit être plus à l’écoute, plus humble et changer d’attitude », suggère le député de Paris. Ceci étant, « le renouveau français passe par une renaissance européenne », rappelle-t-il. Ce qui suppose la création d’un gouvernement européen, au moins sur un plan économique. Un beau programme, que le PS aimerait mettre en oeuvre dès 2012.

Nicolas César