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18 Sep

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Fin de partie en Afghanistan

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L’attaque surprise de grande ampleur contre la base militaire de la province du Helmand en Afghanistan contredit la thèse du Chef d’état major de l’Isaf, le Général Olivier de Bavinchove. En effet par son ampleur, le professionnalisme et le coup porté à l’OTAN, on ne peut pas dire que les Talibans soient en perte de vitesse voire isolés. Le recrutement des forces de l’ordre afghanes a été interrompu à cause des infiltrations de Talibans. Des régions du centre du pays ont été coupées de Kaboul par les Talibans. L’OTAN est sur le départ. Le but de sa mission a été atteint depuis longtemps. Les forces de libération sont vécues comme des forces d’occupation. Faire croire que les Talibans sont battus rappelle étrangement les propos de l’état major français à a fin de la guerre d’Algérie ou les péroraisons américaines sur le Vietcong. La partie est finie. Maintenant l’enjeu est de savoir si l’OTAN se retirera la tête haute, ce qui est à souhaiter. Mais pour cela il faut être lucide.

22 Mai

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France, Otan, ONU… Quelles nouvelles relations ?

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Face-à-face entre Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF, et Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l’Europe et aux relations internationales.

Le retour de la France dans 
le commandement intégré 
de l’Otan a entériné la rupture atlantiste voulue par Nicolas Sarkozy. Faut-il, aujourd’hui, en sortir ?

Jacques Fath. Oui. C’est un engagement du Front de gauche et une exigence de longue date pour notre parti. On voit bien à quoi sert l’Otan aujourd’hui, quand on se souvient que cette « normalisation atlantiste » choisie par
 Nicolas Sarkozy s’est accompagnée d’une insertion de la France dans les zones de guerre américaines : renforcement des troupes françaises en Afghanistan en 2008, installation d’une base militaire dans le Golfe arabo-persique, en face de l’Iran, guerre en Libye… Le nouveau concept stratégique de l’Alliance atlantique, c’est la logique de guerre sous domination américaine, érigée en pratique systématique de la politique internationale. Sortir de l’Otan et de son organisation militaire intégrée est d’autant plus nécessaire que toutes les guerres, conduites ou non dans ce cadre, sans rien régler des problèmes posés, ont eu pour conséquences des tensions nouvelles et de graves déstabilisations.

Jean-Christophe Cambadélis. L’urgence, c’est la sortie de l’Afghanistan, pas de l’Otan. Aujourd’hui, notre mission est terminée, il faut l’indiquer à Barack Obama. Cette autonomie de retour démontrerait une autre pratique au sein même de l’Otan. Il n’en reste pas moins que notre présence au sein de l’Alliance atlantique doit être mise sous surveillance. Nous avions contesté le retour dans le commandement intégré de l’Otan, jusqu’au dépôt d’une motion de censure défendue par Laurent Fabius. Nous plaidions alors pour un inventaire de notre place au sein de l’Otan. En 2009, Nicolas Sarkozy avait assorti ce retour dans le commandement intégré de promesses d’avancées sur « le pilier européen » de l’Otan. Il faudra voir comment les choses avancent sur ce sujet, comment les Américains conçoivent l’Otan. Il faudra aussi évaluer la capacité de cette structure à se réformer, car elle a aujourd’hui tendance à s’occuper de tout. Pour nous, le pilier des relations internationales reste l’ONU. Bien sûr, le Conseil de sécurité doit être réformé, les blocages relatifs à la Syrie le confirment. Mais l’Otan ne peut pas être cette structure occidentale venant se substituer aux Nations unies.

Le retrait des troupes françaises d’Afghanistan peut-il être effectif d’ici à la fin de l’année, comme 
l’a promis François Hollande, 
malgré les pressions américaines et
 les difficultés logistiques posées par 
le rapatriement du matériel militaire ?

Jacques Fath. Attention à ne pas jouer avec le calendrier. Les exigences
 logistiques ne doivent pas entamer la volonté d’un retrait rapide affichée par François Hollande. D’ailleurs, tout le monde est favorable à ce 
retrait. Le débat porte sur son rythme, pas sur sa nécessité, ce qui confirme l’échec patent de l’Otan dans ce pays. La guerre de l’Otan en Afghanistan n’est pas la solution. Elle est devenue le problème. Ce qui compte, c’est que la décision politique soit tenue, que la France refuse le maintien de troupes non combattantes à long terme. Elle doit faire des propositions pour que l’avenir de l’Afghanistan, sa reconstruction, y compris sur les plans institutionnel et politique, passent par un engagement multilatéral sous l’égide de l’ONU. Par exemple, dans le cadre d’une conférence internationale, avec une implication des pays de la région pour contribuer aux conditions de la sécurité et de la paix civile.

Jean-Christophe Cambadélis. Les troupes françaises seront retirées d’Afghanistan, même si des conditions logistiques particulières doivent être réunies pour ramener l’ensemble du matériel. La décision politique doit être prise. Les forces armées devront trouver la configuration adéquate. S’il faut quinze jours ou trois semaines de plus, ce ne sera pas un obstacle. Quant aux Américains, ils ont leurs arguments, nous avons les nôtres. Nous avons toujours dit que nous nous retirerions en bonne intelligence avec nos amis américains. Mais il ne leur a pas échappé que ce retrait figurait dans le programme de François Hollande. Celui-ci a été élu par les Français. Donc, ses propositions seront appliquées.

Un quart de siècle après la chute 
du mur de Berlin, l’Otan, organisation héritée de la guerre froide, 
a-t-elle encore un sens ?

Jean-Christophe Cambadélis. Nous sommes liés aux Américains et à l’ensemble du monde occidental dans le cadre de la charte atlantique. Souvent, l’Otan est perçue, à tort ou à raison, comme une structure à domination américaine. Au regard des problèmes qui se posent
 aujourd’hui au monde, il faudra vraisemblablement réformer cette organisation. Mais prenons les problèmes un par un. Dans l’immédiat, ce qui compte, c’est notre capacité à rapatrier nos troupes d’Afghanistan.

Jacques Fath. L’Otan, c’est la structure politico-militaire collective des politiques de puissance et de domination. Même George Bush qui, au début, voulait relativiser son rôle, a finalement admis tout l’intérêt stratégique d’une organisation qui offre un cadre de contraintes, d’organisations opérationnelles et de consensus politiques et financiers sans pareils au service des principales puissances occidentales et de leurs intérêts. Mais la puissance n’est pas synonyme de sécurité. La guerre ne se conclut jamais par la paix. Ce qui est en cause, ce sont les problèmes inhérents à un capitalisme globalisé, en crise profonde. Les problèmes du monde n’ont pas de solutions dans la guerre et dans les politiques de force. De ce point de vue, la conception néoimpérialiste qui fonde l’Otan n’a effectivement plus de sens.

Entretiens réalisés par Rosa Moussaoui

20 Jan

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Afghanistan / OTAN

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L’alignement de Nicolas Sarkozy sur les Etats-Unis aura coûté cher à la France. Quatre soldats tués. Cela porte à quatre vingt huit le nombre de soldats disparus en Afghanistan. Le bilan est lourd, il est dû a la politique pro-Bushiste de Nicolas Sarkozy. Il s’est précipité en Afghanistan. Alors que Jacques Chirac et Lionel Jospin avait pris soin de s’en retirer. Il le fit après avoir dit au cours de la présidentielle de 2007 que la France n’avait rien à faire là-bas. Cela se fit pour réintégrer le commandement intégré de l’OTAN. Trois anciens Premiers ministres s’en étaient émus: Lionel Jospin, Laurent Fabius et Alain Juppé. Les socialistes avaient déposé une motion de censure sur l’Afghanistan, estimant qu’on ne règlerait rien mais qu’on perdrait tout. Nicolas Sarkozy n’en eu cure. Aujourd’hui il s’interroge. Il est bien tard Monsieur le Président sortant.

13 Juil

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[Parti Socialiste] Afghanistan

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Communiqué d’Harlem Désir, Premier secrétaire par intérim et Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire national à l’International et à l’Europe

Ce mercredi 13 juillet, cinq soldats français ont été tués dans la province de Kapisa.

Le Parti socialiste salue la mémoire des soldats tués et adresse à leurs familles et à leurs proches ses condoléances les plus sincères.

Ces soldats ont été victimes de l’attaque des insurgés, dans une province que les troupes françaises avaient, aux dires du gouvernement, sécurisé. Ce douloureux événement montre au contraire et malheureusement la dégradation continue de la situation sécuritaire en Afghanistan.

En privilégiant longtemps une intervention militaire au détriment de l’aide à la reconstruction politique et économique de l’Afghanistan et en ignorant la société civile afghane, l’OTAN et la France ont leur responsabilité dans le renforcement des talibans.

Le Parti socialiste a demandé, depuis plusieurs années, un véritable débat au Parlement sur la nature et les objectifs de la présence militaire française dans ce pays. Il a préconisé un changement stratégique pour venir en aide concrètement à la population afghane, sans être entendu. L’annonce par Nicolas Sarkozy du retrait de 1000 soldats français d’ici fin 2012, n’est fondée sur aucune vision stratégique cohérente. Le Président ne fait que suivre les Etats-Unis qui retirent massivement leurs soldats d’Afghanistan.

Le Parti socialiste réitère sa demande d’un changement stratégique en Afghanistan et souhaite le retrait rapide de nos soldats, et ce sans attendre la fin de l’année 2014.

20 Avr

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Présence militaire française en Afghanistan

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La situation politique, militaire et sécuritaire ne cesse de se dégrader en Afghanistan. Un soldat français a été tué aujourd’hui et neuf autres soldats ont été blessés. Cela porte le nombre de nos soldats morts en Afghanistan à une cinquantaine à ce jour. Huit soldats de l’OTAN ont été tués ce Week-end dans des attentats commis parfois par des membres des forces armées afghanes. Le ministre français de la défense, Gérard Longuet, en déplacement à Kaboul était visé, lundi 18 avril, par un attentat commis par deux officiers de l’armée afghane, au sein du ministère de la Défense.

Sur le plan politique, rien ne démontre la volonté et la capacité du gouvernement de Kaboul à lutter efficacement contre la corruption et assurer la sécurité de la population. Il est d’ailleurs engagé dans des négociations avec les talibans contre lesquels les forces de l’OTAN sont en guerre depuis plus de dix ans.

Dans ces conditions, le Parti socialiste estime que la France doit réviser sa politique en Afghanistan. La présence militaire de la France n’est plus justifiée dans ce pays.

25 Mar

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Libye: après avoir tardé Sarkozy veut s’enkyster

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Trois semaine trop tard, Nicolas Sarkozy a obtenu un mandat limité des Nations-Unies: zone d’exclusion aérienne et protection des populations civiles. Interprétant le texte, nous sommes passés à la mise hors d’état de nuire de l’armée kadhafiste. Nul ne s’en plaint et l’objectif semble atteint.

Pour autant le Président de la République ne décélère pas mais persiste. Le refus que l’OTAN exerce une veille est amusant chez celui qui nous a réinstallé dedans. La volonté de garder la maîtrise offensive recouvre un objectif qui n’a rien a voir avec le colonel mais tout avec la situation intérieur française. Le rôle de chef de guerre est le complément nécessaire au rétablissement du chef de l’état via une certaine droitisation. La France prend des risques vis à vis de la ligue arabe, de la Tunisie et l’Egypte tout en mécontentant encore plus fortement la Turquie rattrapé par les cheveux par les USA. Cette attitude à vocation intérieure a des conséquences en terme de sécurité et de rayonnement de la France. Mais surtout en terme stratégique: allons nous intervenir en Côte d’Ivoire, au Yémen, voir en Syrie ? Mais là pas touche ! La France est muette. Le régime est l’ami de Sarkozy et surtout du Ministre de l’intérieur Claude Guéant.

23 Nov

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[Parti Socialiste] Sommet de l’OTAN à Lisbonne

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Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à LISBONNE les 20 et 21 novembre derniers marque un pas de plus dans la subordination de notre pays par rapport aux Etats-Unis.

En effet, après la réintégration en avril 2009 de la France dans le commandement militaire intégré qui marquait une profonde rupture avec le consensus construit depuis 1966, Nicolas SARKOZY fait franchir à notre pays une nouvelle étape dans la dépendance à l’égard de l’OTAN et de notre allié américain. Cette dépendance se retrouve sur chacun des points abordés à Lisbonne :

1- l’Afghanistan avec un calendrier de retrait qui reste flou dans l’attente des décisions qui seront prises par Barack OBAMA en décembre prochain ;

2- le bouclier anti-missiles avec un accord qui nous engage fortement dans un projet qui n’est qu’au stade de l’ébauche avec des conséquences graves pour notre autonomie stratégique ;

3- le nouveau concept stratégique de l’OTAN qui entérine une extension du domaine de l’OTAN vers une approche globale, civile et militaire, dans la gestion des crises qui laissera l’Union Européenne sous la dépendance de l’Alliance. Cette nouvelle étape dans la subordination replace à sa juste place le récent accord franco-britannique qualifié d’historique, mais qui se réduit à une opération cosmétique qui permet au Royaume-Uni de maintenir la fiction d’une défense nucléaire à moindre frais. Au total, Nicolas SARKOZY accepte un nouveau renforcement du rôle politique des Etats-Unis sur leurs alliés et renonce une fois de plus à la perspective de l‘Europe de la Défense qu’il dit pourtant appeler de ses voeux, mais qui devient de plus en plus hypothétique, si ce n’est inaccessible.

25 Oct

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Impressions Russes

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Des oligarques aux mouvements des droits de l’homme en passant par des ministres, des chercheurs ou encore des parlementaires, notre tour fut complet. Il en ressort quelques impressions.

D’abord le caractère post traumatique de la Russie après l’effondrement de l’URSS et la déroute de l’ère Eltsine et ses recettes ultra libérale. Il s’en est suivi une « inertie politique, énergie économique » remarquable. Un réinvestissement civique dans des mouvements thématiques (retraites, automobiliste, voire écologiste) ou dans la sphère du privé et un grand nationalisme. Laissant à une oligarchie éclairée le soin de défendre l’intérêt russe, la stabilité économique et l’enrichissement. Ce pouvoir n’est pas homogène, même si Poutine flirte autour des 80% d’opinion favorable? Un pouvoir fort, bonapartiste, appuyé sur des couches moyennes qui décollent et un peuple de province pour qui l’Etat central est la mère nourricière. Et de fait Moscou concentre 80% de la richesse elle-même détenue par 10% de la population. La Russie commence son retour dans l’arène internationale, grâce à un Medvedev conscient de la convergence des préoccupations communes avec le monde occidental. Régulation, développement durable, règles du commerce, islamisme intégriste, état de droit ainsi que la défense de la culture russe, la lutte contre les débordements de la corruption et le fléau de l’alcoolisme. Ce qui fait, au passage, que les femmes sont plus recherchées pour l’emploi.

Plus ouvert sur l’OTAN, à condition que l’on ne défende pas « l’OTAN global ». Favorable à un partenariat stratégique avec l’Europe. Réfléchissant à une zone financière « rouble » plutôt pour normaliser son secteur financier que pour la réaliser. Nos interlocuteurs au plus haut niveau ont concédé que le traitement du Caucase n’avait pas été performant. Très regardant sur l’Afghanistan où un retrait les laisserait en première ligne.

Un mot semble tabou: la Chine. Y penser toujours, n’en parler jamais, semble être le leitmotiv russe. Tentant de faire baisser le sentiment anti russe en Pologne, dans les pays Baltes, la Russie regarde beaucoup l’Allemagne jugée plus sûre que la France Sarkozyste, moins fiable. Reste à l’évidence, la question des droits de l’homme. Plus criticable que ne le pense le Kremlin, moins que ne le dit la presse occidentale, si on compare à la mansuétude vis-à-vis d’autres pays émergents. A l’évidence sans rien retrancher sur nos principes, la France doit agir fermement avec constance vis-à-vis de la Russie. Pour des raisons stratégiques et économiques. Nous avons poursuivi notre dialogue avec « Russie juste » dans un colloque de haut niveau sur la situation dans les deux pays. Ces derniers seront présents lors du conseil de l’International Socialiste à Paris avec M. Mironov, le Président du sénat, le principal dirigeant.

12 Oct

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Peut-on conjuguer diplomatie et sarkozysme ?

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Dans sa chronique, Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info revient sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy. Elle reprend les déclarations de Jean-Christophe Cambadélis: La speed diplomatie de Sarkozy, c’est un coup chasse l’autre. Il n’y a pas de cohérence, de constance et donc de confiance dans la parole de la France (…) L’UMP se propose de parler directement par delà leurs representations cela ne m’étonne pas. C’est une autre facette de la diplomatie de Sarkozy, on fait la lecon au monde. Une sorte de surplomb sur les autres nations. C’est ne rien comprendre au monde d’aujourd hui où chaque nation veut son accès au marche mondial et souhaite avoir son mot à dire.

La chronique:

A quelques semaines de la présidence française du G20, la politique étrangère intéresse la politique franco-française. Ce week-end, les socialistes ont dit tout le mal qu’ils pensaient de la diplomatie sarkozyste. Mais ils ne sont pas les seuls, l’UMP s’intéresse également au sujet.

Coordonner la lutte contre le terrorisme international. Définir une stratégie européenne sur la question des Roms. Considérer la présence française en Afghanistan ou dans l’OTAN. Les sujets de polémique ne manquent pas. Les socialistes dénoncent le style de Nicolas Sarkozy. Aux yeux de Jean-Christophe Cambadélis, l’hyper-présidence incarnée par Nicolas Sarkozy dévalorise la position de la France dans le monde : « Nicolas Sarkozy avec son hyper présidence, s’est substitué au Premier ministre et a oublié la présidence. C’est ce que j’appelle la speed diplomatie, c’est-à-dire une diplomatie de coups. Quand on est à la présidence de l’Europe, on s’occupe de l’Europe. Quand on est à la présidence du G20, on va voir les chinois les américains, les indiens. Donc il a du s’adapter, mais il n’a pas de cohérence dans sa politique. »

Le constat est sévère. Ce qui ne surprend pas venant d’un socialiste. Mais il est tout aussi sévère, ou lucide, quand il est dressé dans le cadre de l’UMP, par Franck Melloul. Un ancien conseiller de Dominique de Villepin (au Quai d’Orsay et Matignon), qui, à la demande de Xavier Bertrand, a planché sur l’influence de la France dans le monde. Le constat de Franck Melloul n’est pas complaisant : « je pars simplement du constat que les menaces terroristes que nous vivons, l’enlisement de nos troupes en Afghanistan, l’affaire des Roms, le discours de Grenoble, tant d’événements qui viennent brouiller l’image de notre pays à l’international. La France a toujours été citée en exemple, aujourd’hui elle est montrée du doigt et donc le rapport est là pour réagir. »

Réagir, oui. Car une fois constatée la faiblesse de la France sur la scène internationale, encore faut-il trouver des moyens pour en sortir.

Et là, évidemment, la gauche et la droite divergent.

Franck Melloul reprend des thèmes chers à Dominique de Villepin, notamment l’idée qu’au-delà des dirigeants, ce sont les opinions publiques auxquelles la France doit s’adresser, à travers une diplomatie publique : « tout le monde a accès à l’information, tout le monde a accès aux mêmes images, il faut donc accompagner ces images, puisque que vous soyez à Bagdad à Paris à Gaza, ou à Washington, vous ne les interprétez pas de la même manière. Vous ne les percevez pas de la même manière. Vous devez faire face à des émotions. Ce sont ces émotions que vous devez maîtriser. Et la diplomatie publique est là pour donner des codes pour accompagner ces populations à mieux comprendre ce que nous faisons. »

Le texte adopté par les socialistes propose 3 grands axes : renforcement de l’ONU. Relance du couple franco-allemand. Reconsidération de la présence française en Afghanistan et au sien de l’OTAN. Mais ne distingue pas vraiment entre dirigeants et dirigés. Jean-Christophe Cambadélis : « le problème n’est pas de s’adresser aux peuples par dessus les Etats, c’est encore une position de surplomb par la France, faisant la leçon au monde, il faut être dans l’écoute, dans l’attention aux autres, dans le respect, dans l’échange, cela veut dire tout à la fois bien traiter les représentants des peuples et bien traiter s’il le faut aussi les représentants des peuples. »

Donc, tout va bien, le clivage demeure entre la droite et la gauche.

Et à l’intérieur de la majorité UMP, y-a-t-il un clivage entre sarkozystes et villepinistes ?

On verra comment le rapport de Franck Melloul est perçu au sien de l’UMP, puisqu’il ne sera remis officiellement à Xavier Bertrand que demain. Mais cet ancien conseiller de Dominique de Villepin prétend aujourd’hui, que l’on peut être villepiniste, et travailler pour l’UMP de Nicolas Sarkozy : « je fais partie de ‘l’entourage de Dominique de Villepin, j’ai toujours été fidèle à Dominique de Villepin en tant qu’ancien collaborateur. Et je fais partie de ceux qui pensent que le rassemblement qu’il prône à juste titre, doit passer aussi par sa famille d’origine. – et une candidature à la présidentielle ? nous n’y sommes pas encore, il y a des temps, des temps pour l’action, des temps pour l’élection, et nous sommes encore dans el temps de l’action. »

Encore, pas encore, comme on sait, cela ne veut pas qu’on n’y arrivera jamais à ce temps de la présidentielle.

08 Oct

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Chat sur lemonde.fr

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Dans un chat sur LeMonde.fr, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, juge que l’actuel ministre des affaires étrangères « a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux. »

Raymond : Comment jugez-vous le passage de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Décevant, très décevant, au regard de ce que Bernard Kouchner avait prétendu faire du Quai d’Orsay : « le ministère de la mondialisation ».

Bernard Kouchner fut tout à la fois absent des grandes initiatives portant sur la mondialisation, discret sur les droits de l’homme, va-t-en guerre sur l’Iran et il assista sans rechigner à la réduction drastique du budget de son ministère.

Léon : Bernard Kouchner est-il un vrai ministre des affaires étrangères ?

Il aurait voulu l’être. Il n’était pas le moins outillé pour le faire. Mais l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy a tout centralisé à l’Elysée et l’a laissé totalement dépourvu dans son palais d’Orsay.

Zigotte : Le rôle de ministre des affaires étrangères s’est-il trouvé déprécié depuis 2007 ?

Nos institutions donnent peu de place à l’autonomie des ministres des affaires étrangères. Mais Nicolas Sarkozy en a fait un domaine personnel. Comme ce dernier voulait tout à la fois être président et premier ministre, il n’a pu s’occuper à plein temps des affaires étrangères mais, dans le même temps, n’a pas voulu que le ministre des affaires étrangères se substituat à lui. Il s’en est suivi une « speed » diplomatie, faite de coups, de deals, d’allers-retours, sans cohérence, que Bernard Kouchner a eu de la peine à suivre.

Guest : « Les défauts de l’esprit sont comme ceux du visage : ils grandissent en vieillissant ! » Cet aphorisme de La Bruyère ne résume-t-il pas le parcours de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ?

Qu’aurait-on dû voir sur ce visage ? De l’inquiétude, elle était justifiée au regard des problèmes du monde ; de la perplexité, vraisemblablement, au regard de la politique de Nicolas Sarkozy ; et enfin de la tristesse, de ne pas avoir pu marquer son ministère et d’avoir raté sa sortie.

Raoul : Puisqu’on parle de son départ, qui serait, à droite, selon vous, le plus à même pour le remplacer ?

Je crois, si l’on veut être dans la lignée de ce que j’ai évoqué tout à l’heure, qu’il ne faut ni un stratège, ni un visionnaire, ni un porteur de paroles, mais quelqu’un capable de donner de la cohérence et de la conviction à la parole de la France. C’est ce que souhaite Nicolas Sarkozy et, franchement, je n’en vois pas beaucoup, à part peut-être Monsieur Guéant.

Gabriel : Qu’attendiez-vous de Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères ?

Pas grand-chose, en fait. Car les divergences avec ce dernier étaient nées dans la guerre d’Irak où Bernard Kouchner avait soutenu l’intervention américaine. On aurait pu rêver d’une grande politique africaine mais, là aussi, nous avons été loin du « French doctor », encore que, ici ou là, Bernard Kouchner a pu intervenir sans que pour cela la politique française en fut bousculée.

Romain : A l’heure du bilan, il convient de faire la part des choses. Que retiendrez-vous comme la plus grande réussite de Bernard Kouchner ? Et son plus grand échec ?

J’ai envie de dire : « lui et lui ! » Lui parce qu’il a enfin été ministre de plein exercice dans un domaine régalien, lui parce qu’il a tant souhaité être l’un des patrons des Nations unies. Il avait là la possibilité d’en faire partie. Lui, enfin, parce que dans l’exercice du pouvoir, il s’est perdu, désarticulé, et, à ses yeux je crois, déconsidéré.

Jérôme : Pourquoi est-ce Jack Lang, et non Bernard Kouchner, qui a été en charge de l’ouverture diplomatique avec la Corée du Nord ?

C’est pour moi une énigme. Mais il fallait vraisemblablement un artiste pour tenter de dérider le régime nord-coréen.

René : Quelle rupture existe-t-il entre la politique de Kouchner-Sarkozy et celle menée auparavant ?

Excellente question ! Nicolas Sarkozy a d’emblée adopté les thèses des néoconservateurs américains d’où, d’ailleurs, la présence de Kouchner, de Glucksmann, voire de Lellouche. Il a estimé, comme ses amis outre-Atlantique, que la chute du Mur de Berlin marquait la victoire du monde occidental et qu’il ne s’agissait plus, comme l’avait fait De Gaulle, voire Mitterrand ou même Jacques Chirac, d’être indépendant des deux empires Etats-Unis et Union Soviétique, tout en étant solidaire du monde occidental, mais qu’il fallait être à l’avant-garde du monde occidental victorieux.

Nicolas Sarkozy a donc rompu avec la stratégie et avec la diplomatie de la France et endossé, dans un premier temps, toutes les erreurs de l’administration Bush, vis-à-vis de l’Afrique, de la Russie, de la Chine, voire de l’Amérique latine.

Guest : Que reste-t-il de la politique arabe de la France ?

Pas grand-chose, et en même temps, le Quai d’Orsay continue à développer cette stratégie. Pas grand-chose parce que Nicolas Sarkozy s’est d’emblée aligné sur le Likoud de Benyamin Netanyahou et, dans le même temps, le Quai d’Orsay a continué à multiplier les signes en direction du Maghreb et du Machrek, rendant au passage la politique française illisible.

Mélusine : Nicolas Sarkozy a plusieurs fois dénoncé la Françafrique. Y a-t-il un changement de politique envers le continent africain ?

Depuis le malheureux discours de Dakar, où Nicolas Sarkozy estima que l’homme africain n’était pas assez entré dans l’Histoire, il ne s’est pas concentré sur le sujet africain, laissant à Claude Guéant le soin de le représenter sur ce continent. La politique française, par l’intermédiaire à l’époque d’Alain Joyandet, n’a pas été sans élément critique. Il y a donc une absence du président mais une continuité de la relation entre l’Elysée et l’Afrique.

Kiki : Quelle politique envers les pays en développement, l’Afrique en particulier, le Parti socialiste souhaiterait-il mettre en place ?

Avec nos partenaires européens, une grande politique vers le Sud. Il ne s’agit plus de panser les plaies de la décolonisation, mais d’aider à l’intégration régionale, de soutenir le développement en agissant avec des partenaires, plutôt qu’en donnant la leçon aux pays d’Afrique.

Guest : Quelle a été la stratégie du Quai d’Orsay vis-à-vis de la construction européenne ?

Le Quai d’Orsay n’a pas tellement son mot à dire sur la construction européenne. D’abord parce que c’est un domaine surrégalien, l’axe franco-allemand, les sommets européens, et ensuite parce qu’il y a un ministère dévolu à la question européenne.

Si vous regardez bien, Bernard Kouchner n’a, pour ainsi dire, rien dit dans ce domaine, supplanté bien souvent par le premier ministre, le ministre de l’économie, le ministre chargé de l’Europe, voire plus malheureusement, le ministre de l’intérieur ou celui de l’immigration.

Caro : Existe-t-il un lien entre le tropisme atlantique de Bernard Kouchner et sa défense vigoureuse de l’intégration européenne ?

A priori, non. Chez Bernard Kouchner, le lien, c’est le monde occidental, chargé de faire prospérer l’Etat de droit, la démocratie et une certaine conception de la redistribution des richesses. Il est plutôt le baladin du monde occidental que le porteur d’une Europe intégrée.

Soyei : Dans quelle mesure rejoignez-vous les analyses de MM. Védrine, Juppé et Rufin selon lesquelles l’outil diplomatique français serait au bord de la rupture ?

Cela me paraît totalement juste. Le ministère des affaires étrangères est devenu la variable d’ajustement dans le budget de la nation. Nous avons énormément réduit notre voilure dans un moment où la mondialisation s’est approfondie. Kouchner aura présidé, sans pouvoir réagir, à l’effondrement de notre outil diplomatique.

Mik : Vous venez de sortir un livre sur la politique internationale de Nicolas Sarkozy, intitulé Dis-moi où sont les fleurs (L’Encyclopédie du socialsime, 112 p., 12 euros) ? D’abord, pourquoi ce titre ? Et ensuite, comment traitez-vous la question « Kouchner » dans ce livre ?

Merci de la publicité ! Dis-moi où sont les fleurs, ce sont les premiers mots d’une chanson de Marlène Dietrich à propos de la guerre du Vietnam, mais, plus prosaïquement, il s’agit d’une critique du caractère anxiogène et incohérent de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. On sait toujours où sont les boucs émissaires, jamais où sont les fleurs.

Je parle très peu de Kouchner car il n’était pas le principal décideur.

Wei : Après Bernard Kouchner, Pierre Lellouche peut-il assurer sa succession au Quai d’Orsay ?

Il en rêve. Je crois qu’il n’a pas beaucoup de considération pour Bernard Kouchner. Il l’avait d’ailleurs vertement attaqué avant de devenir ministre. Mais Lellouche est un vrai atlantiste, l’un des premiers partisans du retour dans l’Otan. Un combattant de l’intervention américaine en Irak et en Afghanistan et, dans un moment où Nicolas Sarkozy veut se distinguer de Barack Obama, il sera suspect aux yeux de l’Elysée, ce qui est un grand handicap.

Gabriel : Que pensez-vous de la pantomime autour de sa lettre de démission ?

Ce ne sera pas le plus grand moment dans la biographie de Bernard Kouchner. En fin de compte, il aura raté un rendez-vous avec son histoire, car il aurait démissionné, au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, stigmatisant une communauté, la criminalisant et marquant ainsi un tournant à droite, il se serait grandi, aurait pu plaider la cohérence et espérer rebondir. Là, il est tout à la fois déloyal à Nicolas Sarkozy et déloyal à son camp d’origine.

Kosovo : N’aurait-il pas été plus digne pour Bernard Kouchner de se retirer ?

A l’évidence, il avait une fenêtre pour le faire. Il a manqué de courage ou de clairvoyance, ce qui est dramatique au regard de ses engagements initiaux.

Hydro : Comment voyez-vous l’avenir politique de Bernard Kouchner ?

Son avenir est très sombre. Il en avait déjà peu au lendemain de l’intervention en Irak qu’il a soutenue, mais aujourd’hui, il n’en a plus du tout si ce n’est le coup pied de l’âne que semble inaugurer sa vraie-fausse lettre vis-à-vis de l’UMP ou l’acceptation d’un poste dans la République lui permettant une retraite dorée mais sans gloire, le jeune Kouchner n’imaginait pas terminer ainsi.

Nono : Qui, selon-vous, au PS, serait à même d’être le meilleur au Quai d’Orsay pour 2012 ?

Ils sont très nombreux. Je pense à Hubert Védrine, à Jean-Louis Bianco ou Pierre Moscovici, mais plus sûrement à Bertrand Delanoé, Ségolène Royal ou bien sûr Laurent Fabius. Je ne pense pas, malgré le travail que nous faisons ici à Solférino, pour reconstruire une politique socialiste à l’échelle internationale.

Pipo : Et vous-même ?

Je ne pense pas que l’on pense à moi.

Chat modéré par Olivier Biffaud