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19 Oct

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La conférence sociale pour l’emploi : le dialogue social au cœur

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logops160

 

La conférence sociale pour l’emploi se tient aujourd’hui au Conseil économique social et environnemental (CESE). Le Parti socialiste soutient cette démarche engagée dès le début du quinquennat, qui privilégie le dialogue entre les partenaires, les régions et le gouvernement.

C’est à partir de ces réunions nationales qu’ont vu le jour les négociations et les lois concernant la sécurisation de l’emploi, la formation professionnelle, l’égalité femmes hommes, la création des contrats d’avenir.

Les sujets proposés lors de la conférence sociale sont au cœur de la lutte contre le chômage.

– Sécurité sociale professionnelle par la création du compte personnel d’activité (CPA)

– Adaptation de notre économie aux enjeux du numérique

– Réorientation de notre système productif pour faire face aux défis de la transition énergétique

Pour le Parti socialiste, ces thèmes constituent des enjeux prioritaires pour le pays, comme pour les Français.  Pour y répondre, le dialogue, l’écoute, la construction commune dans le respect des partenaires sociaux est indispensable.

30 Août

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L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 30 août l’invité de BFM Politique.

 

Vous pouvez retrouver les vidéos ci-dessous:

30 Août

Commentaires fermés sur Discours de clôture de l’université d’été du Parti socialiste de Jean-Christophe Cambadélis – Dimanche 30 août 2015

Discours de clôture de l’université d’été du Parti socialiste de Jean-Christophe Cambadélis – Dimanche 30 août 2015

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Discours du premier secrétaire du Parti socialiste

Jean-Christophe Cambadélis

Clôture de l’Université d’été du Parti socialiste

La Rochelle – dimanche 30 août 2015

Seul le prononcé fait foi

 

 

Cher-e-s ami-e-s ! Cher-e-s camarades !

 

L’université d’été de La Rochelle a été un grand cru. Non seulement parce que nous avons été très bien accueillis dans ta très belle ville, mon cher Jean-François, mais aussi parce que cette édition fut exceptionnelle, d’une excellente qualité à tous égards : affluence record, débats féconds, positions fortes. Je voudrais dans mon avant-propos, remercier les militants et les sympathisants. Vous avez été fort nombreux et enthousiastes, pertinents, parfois impertinents. Merci aux bénévoles, à tous les services du parti, et bien sûr au service d’ordre que vous pouvez applaudir.

 

D’ailleurs, vous faites bien de l’applaudir, parce que le responsable du service d’ordre, vous ne le savez peut-être pas, s’appelle Jaurès. Quand je suis arrivé au parti, il y a un an, un membre du service d’ordre me dit : il y a Jaurès qui t’appelle ! Je dis : tu es sûr ? Il me répond : oui. Mais il appelle qui ? O’Malley, parce que c’est mon pseudo. Oui, au Parti socialiste, Jaurès appelle les Aristochats. C’est ainsi, nous sommes des militants, mais nous sommes aussi fraternels et conviviaux.

 

David vient de remercier chaleureusement l’ensemble des participants de cette Université, je m’y associe. Permettez-moi tout de même de saluer Cyril Chappet, le premier secrétaire de notre fédération de Charente maritime. Bruno Le Roux a dû nous quitter, je vois Didier Guillaume et Pervenche Bérès, je les salue tous les trois amicalement et les remercie pour leur travail à la tête de nos groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, au Sénat et au Parlement européen. Un salut amical à l’ensemble des ministres qui ont mis, tout comme moi, le protocole de côté pour se fondre dans le collectif militant de l’université d’été. Et je voudrais que vous fassiez une ovation à un ministre qui aujourd’hui est au cœur du combat politique, qui mène avec intelligence, avec détermination, la bataille pour défendre notre agriculture, je veux parler de Stéphane Le Foll. N’en faites pas trop… Il est timide.

 

Enfin, une dédicace particulière à toi, Manuel. Nous connaissons la difficulté de la tâche qui est la tienne et qui fut celle de Jean-Marc Ayrault. Nous connaissons ta passion pour la République et, crois-moi, nous apprécions ta détermination ouverte dans la mise en œuvre de l’action collective. D’ailleurs, j’ai lu hier dans un quotidien du soir que tu étais déjà désigné par la presse comme le futur premier secrétaire du Parti socialiste, c’est dire ton talent !

 

Mes chers amis, mes chers camarades, permettez-moi d’adresser en votre nom à toutes et à tous, un signe amical au Président de la République. Par sa vision, par son action : la France est de retour !

 

Chers amis, chers camarades… On n’interrompt pas la Marseillaise.

– Marchons… Marchons… (Marseillaise)

 

Chers amis, chers camarades,

 

La précédente Université s’était déroulée dans un contexte très différent, dans une rentrée bien plus sportive que celle-ci. Si vous vous souvenez, quelques ministres avaient quitté le gouvernement, un ministre avait oublié de payer ses impôts, un livre venait de bousculer le président, nos résultats économiques demandaient plus que de la persévérance et les socialistes préparaient un congrès. Cocktail obligatoirement explosif… Mes chers camarades, nous avons surmonté tout cela et nous avons eu un très beau et très grand congrès qui nous a permis de définir notre orientation et de nous rassembler. Cette année, la rentrée est marquée par la gravité. La gravité que les Français ressentent, la gravité des événements qui se déroulent sous nos yeux et sur notre sol bien souvent. Le premier événement, nous l’avons tous en tête, c’est le terrorisme. Nous savons que beaucoup est fait pour éviter que des hommes ou des femmes en tuent d’autres sur notre territoire. Nous savons que ceux qui commanditent ces attentats veulent porter la terreur au cœur de notre continent, dans la vie quotidienne des Européens. Nous savons qu’il s’agit de tuer, de mutiler, de répandre le sang pour monter les uns contre les autres, pour les animer de haine. Eh bien, nous savons la vigilance non seulement du ministre de l’Intérieur, mais également de ses services. Nous savons comment la France fait face à ces tentatives d’attaques sur notre sol. Mais, ce qui est remarquable, et qui doit être remarqué, c’est l’attitude des Français, la manière dont ils se comportent à chaque fois, parfois courageux, mais toujours dignes, faisant face, refusant de sombrer dans l’anathème ou dans la haine. Oui, nous allons vivre des époques difficiles parce que ces problèmes ne sont pas derrière nous, ils sont encore devant nous. Et s’il y a une gravité dans cette situation, il n’est pas anormal que le Parti socialiste soit à l’aune de cette gravité, qu’il soit à la hauteur de ces enjeux. Dans ces événements, les Français nous regardent et ils doivent voir dans les Socialistes une formation qui est debout, qui fait front, qui est capable de les rassurer, de leur dire qu’ils ont, en face d’eux, au gouvernement, mais aussi au niveau du Parti socialiste, des hommes et des femmes qui vont défendre ce que nous voulons que soit la France.

 

Gravité, parce que jour après jour, sur nos écrans de télévision et dans nos rues, nous voyons ces hommes, ces femmes et ces enfants, qui se mettent en marche pour espérer, pour obtenir un peu d’hospitalité. Ils se mettent en marche des frontières de la Syrie ou du sud de l’Afrique, parce qu’ils cherchent un peu d’espoir. Ils se mettent en marche parce qu’ils voudraient échapper au destin de la guerre, à celui de la famine, ou à tout autre exaction. Ils se mettent en marche, passent des frontières, se glissent sous les barbelés et parfois meurent dans un camion. Oui, nous sommes à tournant, à un moment poignant. Oui, lorsqu’un enfant sanglote sur le bord de la route, c’est l’ensemble de l’humanité qui pleure.

 

Il faut dire que nous ne resterons pas indifférents à leur situation. Le premier réflexe, quand on voit ces réfugiés arriver vers nous, c’est de leur tendre la main, c’est la fraternité humaine, c’est la capacité de les entendre, c’est l’accueil. C’est le premier réflexe et c’est un réflexe courageux parce que nous savons tous que ce mouvement humain est instrumentalisé pour développer la haine. Mais nous, nous voulons faire face, nous voulons accueillir, nous voulons réconforter. Et puis, évidemment, ceux qui demandent le droit d’asile dans le cadre de nos droits pourront être reçus et ceux qui viennent pour des raisons économiques ne pourront pas le faire. Mais la question posée, c’est celle de la dignité, celle de la manière dont nous répondons à cette question, et je vous le dis chers amis, chers camarades, je suis très fier d’avoir vu le Président de la République aller voir madame Merkel et proposer que l’ensemble de l’Europe soit dans une position d’accueil !

 

Si nous voulons traiter ce problème à la racine, il faut bien sûr la paix dans les pays d’origines. Et nous savons que ce n’est pas si simple que cela. Si nous voulons traiter ce problème à la racine, il ne peut pas y avoir comme objectif de dresser des murs, souvent de papier, contre des gens qui se mettent en mouvement. Il faut être en capacité de mettre en place ce que nous avions proposé au congrès de Poitiers, c’est-à-dire une grande conférence mondiale du type de celle que nous allons avoir dans quelques semaines sur le défi climatique. Car si nous pouvons réunir le monde entier sur la question essentielle du défi climatique, pourquoi ne pourrions-nous pas réunir le monde entier pour traiter le problème du mouvement des réfugiés qui viennent, pas simplement en Europe, mais dans l’ensemble du monde ? Voilà la position du Parti socialiste !

 

Chers amis, chers camarades, cette rentrée est aussi marquée par la gravité parce que d’ici quelques semaines sera organisé à Paris le sommet Climat. C’est un élément et un événement essentiels. Essentiel là aussi pour l’humanité, car les enjeux sont déterminants, car il s’agit d’un changement de civilisation, de nos manières de produire et de consommer. C’est l’équivalent de ce qu’on appelait la révolution de l’immatériel, cette manière nouvelle de produire qui cause tant de dégâts dans nos industries et qui conditionne tant la situation actuelle et les développements de l’économie. Ce sommet est indispensable. Rappelons que dès le premier jour de l’entrée en fonction du Président de la République, nous avons fait acte de candidature pour que cette conférence se tienne à Paris, à l’initiative de Laurent Fabius. Ce rappel démontre notre vision et de notre détermination. Et je suis à peu près persuadé que ce sommet sera une réussite. Cette réussite est due, évidemment, à des prises de conscience, mais aussi à la politique diplomatique menée par Laurent Fabius et par François Hollande qui ont sensibilisé l’ensemble des dirigeants partout dans le monde. Quand nous entendons Barack Obama dire : nous sommes la dernière génération qui peut agir, eh bien nous disons avec lui : nous sommes d’accord, il faut agir maintenant, à Paris. Quand nous voyons le président chinois Xi Jinping prendre lui aussi position sur le sujet et souhaiter que le sommet de Paris soit une réussite, ou que nous connaissons la prise de position collective de l’ensemble des pays de l’Europe, nous voyons bien qu’il y a là un mouvement qui s’enclenche et que Paris est au cœur de ce mouvement qui touche l’ensemble de l’humanité. N’oublions pas qu’à Paris, ce sont les socialistes qui ont été à l’avant-garde de ce combat pour écologiser la planète, pour faire en sorte que les générations à venir puissent vivre dignement sur notre planète, sur leur planète.

 

La question écologique, nous ne l’évoquons pas simplement à l’approche du sommet de Paris pour le climat, elle est devenue une question déterminante pour les Socialistes. La question écologique est devenue une question essentielle de notre combat. Au siècle dernier, les Socialistes ont été de tous les combats pour domestiquer le capitalisme sauvage, pour offrir par la loi ou par la lutte, des droits sociaux. La bataille aujourd’hui, dans notre siècle, c’est la bataille pour les droits vitaux et les socialistes doivent être à l’avant-garde de ce nouveau combat. Oui, la social-écologie, c’est notre drapeau. Oui, nous avons hissé l’écologie au niveau de ce qui était notre ADN, à savoir la question sociale. Désormais, sur toutes les questions politiques, budgétaires et donc pour mener aussi des élections régionales, plus tard présidentielles ou législatives, nous nous appuierons sur les deux piliers du socialisme français, sur la question sociale et sur la question écologique. Parce que les deux sont liées et que nous voulons défendre les deux.

 

Chers amis, chers camarades, la gravité de la situation devrait m’amener bien entendu à évoquer très en détails l’Europe, en plus du fait que si je ne le faisais pas, Pervenche Bérès ne serait pas contente. Mais je viens de parler des réfugiés et des migrants, de la COP 21 donc de l’Europe. Je me dois d’évoquer maintenant la situation économique. Les Français perçoivent ce qui s’est passé il y a quelques jours sur les bourses asiatiques et ils se demandent à l’évidence si cela pourrait avoir des conséquences par rapport aux efforts qu’ils ont fait et à la politique menée par le gouvernement. Aujourd’hui, la situation économique s’est améliorée. Nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé. Oui, la croissance n’est pas au niveau souhaité, mais elle est déjà là, mon cher Michel. Oui, le chômage n’a pas encore baissé, mais il y a les premiers signes qui arrivent : l’investissement, la construction, la création de nouvelles entreprises, le commerce extérieur : ce sont des signes qui dénotent une amélioration de la situation. Nous le savons tous, même si certains peuvent avoir des appréciations différentes sur la manière d’y réagir, il y a une amélioration de la situation économique. Si les Socialistes ne le disent pas, qui le dira ? Alors nous le disons. Cette amélioration est en marche, elle n’est pas tout à fait ce que nous voulons, mais c’est déjà un mouvement vers ce que nous souhaitons. Et, mes chers amis et mes chers camarades, dans ce mouvement-là, le Parti socialiste dialogue avec le gouvernement.

 

J’ai pu noter que le Parti socialiste se prononçant, adoptant une résolution dans son bureau national, certains esprits chagrins s’étaient offusqués que le Parti socialiste ait tenté de faire synthèse et indiqué au pays ce qu’il pensait de la situation. Certains s’étaient offusqués que le Parti socialiste mette dans une résolution noir sur blanc ce que les militants avaient eux-mêmes voté. Si le débat n’est pas terminé avec le gouvernement, il y a des avancées que je voudrais souligner, même si nous restons, comme il se doit, dans une discussion entre amis, sur les positions que nous avons adoptées. C’est un fait, il y a des avancées. Ainsi, le gouvernement a décidé de continuer la baisse des impôts que nous avons provoquée et initiée. Il ne faudrait quand même pas oublier que les impôts baissent, au moment où nos compatriotes reçoivent leur feuille d’impôt. Ce dont nous discutons aujourd’hui, ce n’est pas la baisse d’impôt qui va intervenir, ni celle qui est intervenue. Ce dont nous discutons aujourd’hui, c’est de la baisse d’impôt qui interviendra, la prochaine baisse d’impôts. Quand on parle du pouvoir d’achat, c’est un premier pas et quand on parle de la réforme fiscale, la décision de l’impôt à la source est un élément qui doit permettre d’y aller, le Parti socialiste restant sur ce sujet sur sa position.

 

Et quand le Premier ministre vient à La Rochelle, discute avec les élus, leur fait un certain nombre de propositions pour soutenir l’investissement public, pourquoi voulez-vous que le premier secrétaire et les Socialistes soient mécontents de ces annonces ? Non. Il reste, j’ai bien compris, un débat sur le périmètre, l’organisation du pacte de responsabilité, mais on peut en discuter. Ceci dit, je voudrais faire passer un message : le Parti socialiste va s’exprimer. Prenez-en l’habitude. Il va s’exprimer sur tous les sujets. S’il est un partenaire du gouvernement, il n’est pas un partenaire junior. Le Parti socialiste a débattu dans son congrès d’un certain nombre de positions et il compte bien les affirmer dans le débat politique, même si, à l’évidence, sous la Ve République, la prééminence de l’exécutif est importante. Le Parti socialiste est là et il veut faire œuvre utile, il veut faire en sorte que non seulement les Socialistes, mais aussi les hommes et les femmes de gauche, sachent qu’on discute dans le Parti socialiste, qu’on a des positions, qu’on les défend, tout en étant responsables.

 

Alors mes chers camarades, comment se fait-il que, même si la France va économiquement mieux, les Français ne le perçoivent pas encore ? La France va économiquement mieux mais elle ne s’en rend pas compte parce qu’elle va mal politiquement. Pourquoi ? Parce que la droite s’extrémisme, l’extrême droite se banalise. Ce qui est en jeu pour elles, c’est un nouveau bloc électoral. Aujourd’hui, l’extrémisation de la droite classique, la banalisation de l’extrême droite sont dues à une course poursuite, à une compétition pour un espace électoral qui s’est constitué au fil du temps à un niveau inégalé en France. Cet espace a pour vecteurs la hantise de l’islam, l’europhobie et le rejet de la construction européenne. Son dernier vecteur, ne l’oublions pas, c’est la socialophobie, à travers les prises de positions toujours répétées contre le Parti socialiste et son gouvernement.

 

Tous y participent, Nicolas Sarkozy de son côté, Philippot-Le Pen de l’autre. Il y a ici une volonté de banaliser la formation d’extrême droite pour tenter une OPA sur cette base électorale, pour faire en sorte que le plafond de verre qu’a atteint le Front national tombe et se brise afin que cette formation politique puisse fondre sur cet électorat. Et de l’autre côté, Nicolas Sarkozy – le grand responsable de la banalisation du Front national – souhaite poser et imposer sa candidature dans le débat interne de sa formation politique en s’appuyant sur ce même électorat. Et vous avez vu cet été ce qu’il a pu déclarer. Il a dit qu’il fallait « parler vrai » pour pouvoir répondre et discuter avec ces hommes et ces femmes qui sont dans l’extrémisation. Mais, mes chers amis, pour Nicolas Sarkozy, parler vrai, c’est parler front. C’est être capable de prendre les mots, les attitudes, l’orientation des dirigeants frontistes. Vous remarquerez qu’il fait beaucoup d’émules.

 

La deuxième raison du malaise politique dans notre pays, c’est que la droite est sans boussole. Un jour, elle pense avec la tête de Florian Philippot s’exprimant dans la bouche d’Eric Ciotti, voulant ouvrir des Guantanamo sur tout le territoire. Un jour, elle pense avec la tête de Thatcher, s’exprimant dans la bouche de messieurs Wœrth et Fillon, proposant de prendre au plus grand nombre pour donner aux plus riches. Quant à monsieur Juppé, il pense avec la tête de Claude François. Eh oui, « je suis le mal aimé »… A tous, il promet tout. A la défense : vous aurez un meilleur budget. Aux entreprises : on fera plus d’efforts. Aux salariés : vous serez mieux payés. A l’Europe : il n’y aura pas de déficit. Et aux Français : on baissera vos impôts. Donc, mes chers camarades, monsieur Juppé pense à la présidentielle tous les matins en se rasant et… en rasant gratis.

 

J’en rajoute un dans cette bande, c’est Nicolas Dupont-Aignan, le petit dernier… Au fait, je voudrais dire un mot à Jean-Pierre – Chevènement bien sûr – Qu’est-ce que tu fais là-bas ? Jean-Pierre, reviens-nous, tu vas attraper froid. Revenons à monsieur Dupont-Aignan. Il croit avoir trouvé la formule pour attirer et unifier cet électorat, pour lequel la compétition est, on le voit, extrêmement forte. Il vient de lancer l’idée d’une grande pétition pour provoquer un référendum sur le rétablissement des frontières en Europe. Vous voyez bien ce qui se prépare, ce qui est en train de murir, ce qui existe déjà à l’état embryonnaire. C’est une France dont nous ne voulons pas et dont la majorité des Français ne veulent pas. C’est une France extrémiste, fermée et pour tout dire, bien souvent xénophobe. C’est une France incapable de s’ouvrir sur les défis de notre époque, c’est une France qui ne pense pas écologie, qui ne pense pas Europe, qui ne pense pas monde, mais qui pense petit, qui pense à la préservation de petits intérêts dans de petits coins. Cette France réactionnaire, elle est à l’œuvre, elle est puissante, elle est là, elle est présente, elle ne demande qu’à s’exprimer chaque moment et chaque jour.

 

Alors face à cette France-là, le rôle essentiel de la gauche, c’est de s’unir. Et pourtant, nous sommes confrontés à une très grande fragmentation. La fragmentation de la gauche est incroyable, je dirais même qu’elle est historique. Partout où vous vous tournez, quand vous regardez les formations politiques, de l’extrême gauche ou du centre gauche, elles sont toutes confrontées à la fragmentation. Et nos amis écologistes n’y ont pas échappé. Hier encore, les patrons de leurs groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat ont claqué la porte. Il y a une raison à cela mes camarades, c’est la réaction face au refus, dans certaines formations, de penser clairement l’avenir de la gauche, le refus de penser une gauche unie, une gauche présente et l’enfermement dans l’idée de défendre une gauche du passé. Mais, mes chers camarades, il y a autre chose que je voudrais dénoncer. Moi, je comprends que l’on puisse, quand on est écologiste, s’offusquer de voir que dans un certain nombre de régions, précisément dans celles où il y a un risque frontiste, nos amis écologistes, qui gouvernent les régions avec nous, qui savent que nous travaillons ensemble avec Hulot et d’autres à la réussite de la COP21, nos amis écologistes, qui ont voté le texte de Ségolène Royal, eh bien nos amis écologistes tournent le dos à l’alliance avec les socialistes. Oh, l’autonomie c’est leur droit et leur choix… Encore que je leur dirais que c’est faire un pied de nez à leurs devanciers, Dominique Voynet, Guy Hascoët, Marie-Christine Blandin, à celles et à ceux qui, avec Yves Cochet, ont inventé l’écologie politique dans une alliance avec le Parti socialiste et la gauche !

 

Mais, mes amis, mes chers camarades, ceci est encore gérable parce que je suis persuadé que ceux qui sont dans l’autonomie et qui font fausse route parce qu’ils affaiblissent la gauche et, de fait, le combat écologiste, je suis persuadé qu’au deuxième tour des élections régionales, nous nous retrouverons. Mais, mais, mais… mes chers camarades, ce n’est pas uniquement que de cela dont il s’agit. Le sujet c’est que dans un certain nombre de régions, l’alliance se fait avec d’autres. Et l’alliance se fait avec le parti de gauche. C’est leur droit. Mais quelle est la logique du parti de gauche ? Indépendamment des errements actuels sur l’euro, qui conduit l’un de leurs compagnons de route, monsieur Sapir, à proposer une alliance avec le Front national sur le sujet. Mais laissons ça de côté. Qu’est-ce qui se passe ? Certains, bien isolés, sifflent ? Vous avez le droit de défendre Jean-Luc Mélenchon mes camarades, mais ici, on est au Parti socialiste. La compétition entre les formations politiques de gauche ne me pose aucun problème, même si elle affaiblit globalement la gauche. Ce que je ne peux pas accepter, c’est quand on dit qu’on ne votera pas pour le parti de gauche le mieux placé, si je puis dire. Non. Ça, on ne peut pas l’accepter. C’est une remise en cause, non seulement de ce que la gauche a mis en place depuis le congrès d’Epinay avec François Mitterrand, mais c’est surtout une remise en cause du désistement républicain qui a existé depuis le début même de la République. Quand on est confronté au Front national comme nous le sommes, on ne plaisante pas avec ça. On ne plaisante pas avec ça !

 

Alors mes chers camarades, il faut lutter contre la fragmentation. Cela dépend aussi de notre attitude. Ainsi, chers camarades, ne tombons pas dans tous les pièges tendus par les médias. Hier, dans l’ancien temps, on disait de tel ou tel militant ouvrier qui en faisait un peu trop, qu’il cherchait à être « la reine d’un jour ». Mais là, avec le buzz aujourd’hui, c’est reine d’une heure. N’oublions pas que derrière l’écume du buzz, il y a le peuple de gauche et que c’est à lui qu’il faut s’adresser en priorité, c’est à lui qu’il faut penser. Alors, si vous êtes extrêmement brillants et pertinents dans les formules que vous postez pour faire le buzz, n’oubliez pas d’utiliser votre talent contre la droite et l’extrême droite.

 

Mes chers camarades, le Parti socialiste a sa responsabilité. Cette responsabilité, elle est historique. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait vu ou apprécié l’importance que nous avons voulu porter à une partie du texte que nous avons adopté lors du dernier congrès, celle consacrée au dépassement d’un nouvel Epinay. Epinay, c’est un choix stratégique fait par la SFIO, par François Mitterrand et beaucoup d’autres, à la fois pour répondre à 1968, pour faire en sorte que l’on puisse être socialistes dans la fin du gaullisme et en même temps pour faire face à la compétition avec le parti communiste sur l’ensemble de la gauche, la position du parti communiste empêchant à l’époque la gauche d’arriver au pouvoir. Le nouvel Epinay a d’autres enjeux, mais il procède de la même logique. Notre enjeu à nous, c’est évidemment les défis que j’ai évoqués tout à l’heure. Notre enjeu à nous, c’est évidemment la social-écologie et ceci nécessite que notre formation politique se dépasse, se remette en cause, soit capable d’aborder autrement les problèmes, parce que nous sommes dans les temps nouveaux et qu’il faut aujourd’hui, ici et maintenant, modifier notre rapport à l’ensemble de la population, parce que nous ne sommes pas dans les années 1970.

 

Aujourd’hui, à La Rochelle, je voudrais lancer un appel pour répondre au défi de la droitisation, de l’écologie et de la révolution de l’immatériel. Je dis à l’ensemble du peuple de gauche : nous ne pouvons pas rester les bras ballants devant ces enjeux. Nous ne pouvons pas accepter que s’installe dans notre pays une droite extrême alliée de fait avec une extrême droite. Alors je lance un appel pour bâtir ensemble une nouvelle alliance, une alliance populaire, une belle alliance. Une alliance où le Parti socialiste aura sa place mais pas toute la place. Et nous disons à tous, citoyens, militants, responsables associatifs, comme lors de cette université de La Rochelle : venez, venez avec nous construire la gauche du temps présent, construire une alliance populaire pour relever l’ensemble tous ces défis.

 

Pour conclure, quelques mots sur les élections régionales. L’un des combats sera celui de l’unité. Jusqu’au dernier moment, jusqu’à la dernière seconde, nous serons les combattants de l’unité, du rassemblement et du renouveau, les combattants d’une nouvelle offre politique. Nous savons combien les régions sont importantes, nous savons comment à travers la réforme qui est intervenue, c’est une nouvelle France qui s’est mise en place. Nous connaissons les espérances et les attentes de nos concitoyens et nous leur disons : l’enjeu des élections régionales, c’est votre quotidien. Nos concitoyens nous regardent répondre nationalement aux problèmes qui les touchent et ils nous voient aussi localement répondre aux problèmes du transport, de l’éducation, de la santé, de la culture. Ces élections régionales, nous allons les mener avec cran et détermination. Nous ne sommes pas battus. Il y aura des surprises parce qu’une élection à la proportionnelle, ce n’est pas une élection au scrutin uninominal à deux tours. Il y a d’abord le premier tour, il est important et nous ferons tout pour être au plus haut possible. Au second tour, nous rassemblerons l’ensemble des forces, écologiques et autres, pour gagner ces élections. Et nous pouvons le faire. Je fais ici un signe amical aux candidats qui mènent des combats difficiles : Aujourd’hui, la population n’est pas encore tournée vers les élections régionales mais ce que vous semez, Pierre, Carole, et tant d’autres, vous allez le récolter. Parce que les milliers de kilomètres que vous faites dans vos grandes régions vous permettent d’aller à la rencontre des Français et ce qui paie, à la fin des fins, c’est le quotidien des Français et donc d’en parler avec eux.

 

Voilà chers camarades, dans cette période, avec ses défis, avec ces ennemis, nous allons agir. Nous allons agir en commun. Nous allons agir pour la gauche. Nous allons agir par la gauche. Je vous le dis, l’avenir dépend de nous. Rien en politique n’est jamais écrit. Alors, forts de nos valeurs, nous voulons réaffirmer dans la République, forts de nos réalisations et de notre détermination, nous allons mener le combat politique. Pour le redressement de la France et pour mener les élections régionales. Au-delà, nous voici face à une tâche inédite et exaltante : fonder un nouveau cycle politique à gauche. C’est à cela que je vous appelle, à la coordination, au développement de toutes les énergies de gauche pour fonder l’alliance populaire, une nouvelle gauche, une gauche moderne, une gauche fière et forte de ses valeurs !

Je vous remercie mes chers camarades !

 

Vive la République et vive la social-écologie !

 

 

 

Retrouvez la vidéo du discours de Jean-Christophe Cambadélis :

Plénière de clôture : discours de Jean… par PartiSocialiste

25 Mar

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L’invité du Talk Orange / Le Figaro

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Talk 25032015

Jean-Christophe Cambadélis était ce mercredi 25 mars l’invité d’Yves Thréard dans le Talk Orange / Le Figaro.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo de l’interview ci-dessous:

14 Déc

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L’invité de 12/13 le dimanche sur France 3

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JCC 1213Dimanche 14122014

Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 14 décembre l’invité de Francis Letellier dans 12/13 Dimanche sur France 3.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

 

12/13 dimanche du 14-12 à 12h10 [Intégrale] par francetvinfo

28 Août

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« Le social libéralisme ne fait pas partie de notre vocabulaire », interview dans Le Monde

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Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:

 

Dès la rentrée, la gauche au pouvoir a connu une de ses plus graves crises politiques depuis le début du quinquennat. Est-ce nécessaire ?

Nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique. Et la gauche s’étiole, se désole, voire s’affole. Fallait-il y ajouter une crise de l’exécutif ? Je ne le pense pas. Faut-il pour autant que la fermeté soit synonyme de fermeture ? Je ne le pense pas non plus. Cette crise était inutile au regard des difficultés et des doutes que connaissent les Français.

Les positions économiques d’Arnaud Montebourg étaient-elles réellement incompatibles avec la ligne de MM. Hollande et Valls ?

Si Arnaud Montebourg avait été en désaccord avec le pacte de responsabilité que la majorité a adopté, il aurait démissionné. Je ne pense pas qu’il était nécessaire de dire que rien ne bougeait. Mais je ne pense pas non plus qu’il soit nécessaire de dire qu’il y a deux lignes irréconciliables qui s’affrontent. J’appelle tous les socialistes à ne pas surjouer leurs différences, parce que ça mute en divergences et ça se termine en divisions. Une divergence, il ne s’agit pas de la faire vivre, il s’agit de la surmonter.

Le nouveau gouvernement, dont le symbole est la nomination d’Emmanuel Macron à Bercy, illustre-t-il la victoire de la seule ligne social-libérale à gauche ?

Je n’ai pas été prévenu de la nomination d’Emmanuel Macron. Je n’avais pas à l’être. Il sera la cible facile de ceux qui n’attendaient que cela. Mais Arnaud Montebourg ne fixait pas la ligne économique du gouvernement. Il n’y a pas de raison qu’Emmanuel Macron la fixe davantage. Laissons-le travailler, mais je fais une remarque générale : le social-libéralisme ne fait partie ni de notre vocabulaire ni de notre tradition, je me suis opposé fermement à certaines dérives à la gauche du Parti socialiste, je pourrais le faire vis-à-vis d’autres tentations.

Le discours mercredi de Manuel Valls devant le Medef, très favorable au patronat et aux entreprises, peut-il être celui d’un premier ministre socialiste ?

Ce n’est pas tant le discours du Premier ministre qui m’a surpris que l’attitude du patronat qui semble enfin se rendre compte que le « toujours plus » – au moment où les dividendes aux actionnaires explosent – indisposait la France. Mais le MEDEF ne s’en tirera pas par des applaudissements.

La question de la réorientation de la politique économique ne se pose-t-elle donc plus ?

Le gouvernement maintient sa trajectoire même si les inflexions sont déjà là. On a déjà bougé sur les 3%, la transition énergétique, le pouvoir d’achat via la baisse des impôts, le ciblage des aides patronales… Même le débat sur la BCE fait avancer les choses. Le quinquennat est face à un double tournant. Nous avons jeté les bases du redressement, et à quel prix électoral ! Nous devons désormais ouvrir une deuxième séquence qui est celle de l’investissement, dans l’éducation nationale, l’apprentissage, le logement, les collectivités locales, les entreprises… Le temps de l’investissement est arrivé !

Le débat sur la ligne économique est-il clos dans la majorité ?

Le gouvernement veut être cohérent et on voit bien l’importance de cette cohésion dans la situation politique actuelle. Mais le PS doit être le lieu du débat. Je ne serai jamais pour la discipline des consciences, pour un Parti socialiste caserne. Je me porte garant des débats au PS. Mais je ne saurais accepter que ce débat ait pour but de renverser le gouvernement. Le sens des responsabilités, c’est de permettre le débat, mais de ne pas ajouter la crise institutionnelle à la crise économique et politique.

Le gouvernement a-t-il une majorité à l’Assemblée pour faire voter ses réformes ?

La sortie d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti va renforcer médiatiquement l’ensemble des critiques de l’action gouvernementale. Mais devant quels choix sont les socialistes ? Réussir, moderniser et redresser notre pays ou une dissolution qui nous ramènerait à une portion congrue ? L’arrivée d’une droite thatchérisée ? Ou alors, l’impensable de plus en plus probable, la venue d’un FN qui combinerait sortie de l’Europe et xénophobie ? Les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences. Qui peut, socialiste, arriver à souhaiter que le gouvernement tombe ? Les conséquences seraient incalculables. Chacun sait que la dissolution serait aussi celle de ceux qui l’ont provoquée. La gauche a toujours eu deux cultures : celle de la réforme et celle de la contestation. Celles-ci doivent dialoguer mais ne pas s’affronter car sinon, de postures en prises de position, nous allons tous nous marginaliser.

Pourtant sans les écolos et le Front de gauche, avec des radicaux qui menacent de sortir, la majorité n’a jamais semblé aussi peu plurielle…

Puisque Cécile Duflot aime les formules latines, en voici une : adhuc tua Messis in herba est, « la moisson ne fait encore que poindre ». On ne construit pas un avenir sur l’amertume. Cécile Duflot le sait. Les écologistes ont besoin du PS et vice versa, personne ne gagnera dans son coin, nous perdrons tous. Les écologistes doivent continuer à travailler leur culture politique de gouvernement. A Jean-Luc Mélenchon, je voudrais dire qu’il n’y a pas de place pour un chavisme en France. C’est une impasse. Je préfère quand il évoque la 6e République qui est un sujet, que quand il dit préférer Sarkozy à Hollande, ou quand il dit que les frondeurs couinent… Comment peut-on parler ainsi ? Quant à Jean-Michel Baylet, on connaît ses positions, il les maintient et pour l’instant il n’insulte personne. Collectivement, il faut être à la hauteur de la conjoncture historique. On est en guerre civile aux portes de l’Europe ; une partie du bassin de la Méditerranée est à feu et à sang ; nous sommes dans la récession voire dans la déflation en Europe ; et chacun va faire sa soupe dans son petit coin ? J’appelle à ce qu’on cesse les petites phrases, les postures, qu’on délaisse les anathèmes pour enfin aborder les thèmes, les vrais.

 

Le PS ouvre vendredi son université d’été à La Rochelle. On risque d’assister une fois encore au bal des divisions….

J’appelle chacun à la responsabilité, même si je sais comment ça fonctionne. Il y aura de tout, de la surenchère, des petites phrases, mais aussi beaucoup d’union. Et moi j’irai à La Rochelle avec trois mots simples : expliquer, apaiser, rassembler.

 

Vous lancez dès le vendredi 29 août les états généraux des socialistes. Sur quelle ligne idéologique ?

Le PS ne fondera pas le social libéralisme mais un nouveau progressisme. Je ne crois pas au socialisme de l’offre ni à celui de la demande. Nous sommes des sociaux-démocrates à la française, républicains, en faveur de l’état social décentralisateur. Par ailleurs, nous avons des divergences sur la manière de redresser le pays. Mais il n’y a pas de quoi créer un schisme, si personne ne s’enferme dans des postures.

Pourquoi cette refondation du PS est-elle nécessaire ?

Nous sommes dans une nouvelle époque. Le monde est plus mondialisé, plus connecté, plus polarisé, plus conflictuel, et beaucoup plus complexe que celui des années 1970 au moment du congrès d’Epinay. Le courant progressiste a été battu quand l’identité, comme référent pour tous les partis, a supplanté l’égalité. Enfin, nous sommes entrés dans le tripartisme, ce qui nécessite d’avoir une force propulsive dès le premier tour de la présidentielle. Il faut ouvrir les fenêtres et les portes, sortir de l’entre soi et du débat technocratique, pour dire quel type de société nous voulons. S’il n’y a pas de construction d’une carte d’identité du PS qui permette une doctrine commune, je ne donne pas cher du socialisme.

Le PS doit-il tenir un congrès au plus vite ?

Nous allons constituer en septembre la commission qui doit discuter de la date et du contenu du congrès. Il y aura tous les courants. Mais nous ne connaissons pas l’agenda des élections régionales. Je proposerais que le congrès se penche sur l’évolution de nos institutions. La 5ème République doit évoluer. Cette question est dans toutes les têtes et dans toutes les analyses. Je préfère des congrès qui permettent de donner une visibilité à la position du PS que ceux où on a l’addition de motions dont on ne sait pas à la fin quelles orientations elles ont produites.

Etes-vous favorable à la tenue de primaires pour désigner le candidat en 2017 ?

Le Parti socialiste n’est pas un prestataire de service chargé d’organiser les primaires. Le réduire à ça est un peu méprisant. En 2016 ce n’est pas du casting dont nous aurons à nous occuper, il viendra, je compte bien que les socialistes s’emparent de l’élection présidentielle pour dire comment ils voient le prochain quinquennat. Nous le ferons si possible avec nos partenaires.

 

23 Juin

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L’invité de Christophe Barbier sur I>Télé

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JCC itele 23062014

 

Jean-Christophe Cambadélis était ce matin l’invité de Christophe Barbier sur I<Télé.

 

Vous pouvez voir ou revoir la vidéo de l’interview ci-dessous:

 

17 Juin

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Notes sur le discours de Jean-Christophe Cambadélis devant le Conseil National du Parti socialiste, samedi 14 juin 2014

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Notes sur le discours de Jean-Christophe Cambadélis devant le Conseil National du Parti socialiste, samedi 14 juin 2014


Seul le prononcé fait foi

Merci, chers camarades. Merci à vous d’être encore présent et à l’heure cette après-midi pour ce second moment du Conseil national. Nous étions nombreux à vouloir que cette réunion se tienne sur une journée. Voilà qui est fait, c’est un bon début.

Le Premier ministre s’est exprimé ce matin, tout comme de nombreux cadres du Parti. Il me revient désormais de vous présenter notre feuille de route pour une séquence qui commence maintenant et ira jusqu’aux élections régionales.

Mes chers amis, je doute ! Oui, je suis pris d’un doute ! Non pas sur tel ou tel aspect de la politique économique et sociale menée, ni sur la solidité des valeurs du socialisme et la viabilité des principes de la République dans l’époque qui est la nôtre. Je doute en fait sur la place et l’avenir de la Gauche dans l’espace politique. Je m’interroge : notre histoire a-t-elle un avenir ou va-t-elle être marginalisée, s’estomper, puis disparaître ?

Cette question a été posée clairement à la suite des dernières élections : notre camp a peiné à mobiliser et l’abstention des nôtres a été massive. Mais, regardons plus précisément : cette séquence n’a en réalité pas débuté avec les municipales et les européennes mais bel et bien dès les élections partielles. Et donc indépendamment de notre politique économique. Déjà, l’abstention était massive et la gauche n’était pas au second tour. Déjà, on sentait une dynamique du Front national. Déjà, en arrière-fond pointait une recomposition radicale du débat publique dans notre pays, un changement redoutable dont nous devons mesurer l’ampleur et la portée. Au fond, la grande controverse qui animait le champ politique depuis le lendemain de la seconde déflagration mondiale a perdu sa force structurante : le débat autour de l’égalité et de la justice sociale a ainsi laissé place à une nouvelle controverse, celle de l’identité.

Sans que nous n’y prenions garde, le principe d’identité a remplacé le principe d’égalité dans les débats pour lire et changer le réel. Dans un contexte de mondialisation qui s’accentue sans cesse, l’idéologie dominante qui imprègne les discours s’articule ainsi: peut-on s’inscrire dans cette mondialisation sans perdre son identité ? Le corollaire de cette lecture renvoie aux rapports à l’Autre. La question centrale n’est plus celle du vivre ensemble mais de savoir comment vivre malgré l’Autre. Cette radicalisation des débats va de pair avec une forme de racialisation des discours, où d’aucuns évoquent des « Français de papier » qui s’opposeraient aux « Français de souche ». L’ennemi est tout trouvé c’est l’Autre, celui qui a une autre peau, celui qui est d’une autre religion. De la à la chasse à l’anti-France, il n’y a qu’un pas !

Cette grille de lecture est devenue la nouvelle matrice structurante du débat politique dans notre pays. Pour reprendre Carl Schmitt, un philosophe allemand certes peu recommandable, la politique est la capacité à désigner l’ennemi. La polarité ami-ennemi est ce qui structure le champ politique et détermine la dynamique des forces politiques en son sein. La gauche ayant accédé au pouvoir, des institutions nationales aux collectivités locales, a su façonner la France telle qu’elle est aujourd’hui. Mais, la Gauche a perdu la capacité de pointer et nommer l’ennemi.

Si vous combinez cette incapacité à la perte de centralité du principe d’égalité et y ajoutez le fait que nous sommes entrés dans un système de tripartisme – où le FN, l’UMP et le PS ont leur place – alors vous saisissez clairement que la marginalisation politique peut nous guetter. C’est ainsi, la séquence qui s’ouvre peut être une séquence de marginalisation pour notre Parti et notre camp. Car rien ne dit que nous pourrons à l’avenir matricer le débat politique français. Dans un contexte de tripolarisation du champ politique, le combat politique s’articule autour du combat pour être au second tour. C’est un combat à mort.

Qui pourra dire que nous serons au 2e tour ? Si nous n’y sommes pas, qui y sera ? Comme le Premier ministre l’a évoqué ce matin, Marine Le Pen peut très bien être au 2e tour des présidentielles, par exemple, contre François Hollande. Mais, pensez-vous que la droite nous soutiendra de manière franche ? Pensez-vous qu’un parti en décomposition comme l’UMP suivra d’emblée l’appel à la discipline républicaine ? N’y a t-il pas une porosité active entre le « street » party formé dans le combat contre le mariage pour tous, le Front National et l’UMP ? Et, si par malheur nous étions absents du 2e tour, vous imaginez l’effet d’un appel pour soutenir Nicolas Sarkozy ? Vous le voyiez, la donne est nouvelle et elle est cruelle.

Il faut dire les choses telles qu’elles sont : ce parti qui a surgit des décombres de la 2e guerre mondiale et de la décolonisation est aux portes du pouvoir. Je l’ai dit récemment devant les parlementaires de la majorité, je le redis devant vous: notre génération fait face à un moment historique. Certes, la République, évidemment, et la Gauche, également, ont vécu des moments difficiles et ont su les surmonter. Mais, la potentialité dangereuse de la période actuelle ne doit pas être sous-estimée. C’est en ayant une conscience précise du danger qui vient que l’on arrive à l’anticiper et donc à le prévenir. La logique de xénophobie de Marine Le Pen porte en elle une autre logique plus radicale, plus létale: l’apartheid. Pour le Front national, notre pays devrait être coupé en deux, les « Français de souche » ayant plus de droits que les « Français de papier ». Cette logique d’apartheid provoquerait une réaction de rejet inéluctable, s’ensuivrait un affrontement infernal et adviendrait en conséquence une explosion effroyable de notre République. L’Islamophobie porte en germe la déflagration républicaine C’est ce scénario catastrophe que, par notre action résolue, nous devons à tout prix empêcher.

Les derniers scrutins l’ont montré, le Front national a muté. Il n’est plus uniquement protestataire, il s’est mis en situation de prendre le pouvoir. En utilisant la xénophobie et le racisme pour progresser dans les élections, il a décidé de faire de la sortie de l’Europe la solution à la crise. Le Front national n’a pas de revendication économique mais un programme politique. Il s’est doté d’une identité claire et a désigné clairement les ennemis de sa politique. Même si l’UMP en crise à la recherche de son identité mais surtout de sa ligne et de son programme reste l’adversaire, le concurrent dans la république, le FN est pour sa part l’ennemi hors la république.

Pour surmonter la crise qui l’agite, la gauche doit elle aussi répondre à la crise de son identité. Nous avons bâti, grâce à l’anticipation et au génie de François Mitterrand, une formation politique qui a su répondre au bipartisme et qui a su l’utiliser. Il fallait dominer le Parti communiste et incarner l’opposition aux gaullistes. Cette structuration imposait un schéma dans lequel les formations politiques classiques se devaient d’être et d’agir comme des partis « attrape-tout ».

Cette histoire est la nôtre et fait que nous avons aujourd’hui encore une formation formidable. Nous sommes le parti des « gégé ». De notre ami Gérard Colomb à notre ami Gérard Filoche, nous occupons un espace politique très large qui sans être abyssal – il n’en est pas loin – peut provoquer quelques difficultés aux adducteurs. Cette extension est une bonne chose pour notre formation, nous permettant de rassembler. Mais, qu’y-a-t-il au centre de notre parti ? Quelle est son identité profonde ? En baissant le centre de gravité de notre formation, on pourrait écarter les éléments contradictoires pour gagner des élections où le bipartisme règne en maître. Mais, nous sommes dans un modèle de tripartisme et la question centrale est d’être au 2e tour. La nécessité absolue c’est d’avoir une identité claire, un discours limpide et d’incarner une force propulsive.

C’est la raison pour laquelle je vous invite solennellement à reconstruire ensemble notre identité. Croyez moi, être capable de porter un projet de société, dire ce qu’est un socialisme moderne, ce n’est pas un débat secondaire, c’est essentiel. Et vital. Nous devons balayer dans cette reconstruction tout le champ ! Il faut répondre à ce qu’est le socialisme, en quoi il est la réponse moderne, quel type de société il veut, promouvoir qu’est ce que l’égalité, l’émancipation, la liberté, la laïcité aujourd’hui. Quelle est notre vision de l’Europe au moment où les critères d’après-crise vont céder le pas aux critères de sortie de crise.

Si nous ne le faisons pas, les prochaines élections régionales seront la préfiguration de notre perte définitive. Si dans ces élections, nous sommes à nouveau à la périphérie du combat pour le pouvoir des régions, ceci préfigurera l’issue tragique de la bataille présidentielle. Rien ne dit que la gauche dans son ensemble ne dévalera pas la montagne de l’autre côté. C’est la raison pour laquelle, j’ai proposé dans ma feuille de route, que nous organisions des états généraux pour refonder la carte d’identité du PS. Nous lancerons leur organisation à la Rochelle. Pourquoi ? Mais, parce que dès lors qu’il s’agit d’identité, ce sont les militants qui doivent décider. L’identité, c’est quelque chose que nous devons porter tous ensemble. J’imagine sans mal que les camarades, en section, qui ont été ébranlés par les derniers scrutins, sauront y fournir une réponse constructive.

Voici pour le premier point, le point central et vital de notre identité. Il y a un second sujet, sujet important qui sous-tend le précédent : celui de notre organisation. Notre Parti a un besoin absolu et urgent de renouveau, de respect et de rassemblement.

Renouveau, cela va de soi et cela a souvent été dit. Il faut le faire, il faut que les responsables et militants qui incarnent notre politique incarnent le renouveau. Pour nous, il s’agit de passer dans les meilleures conditions possibles le témoin à la génération nouvelle. Et non pas d’être la génération qui éteint la lumière. De fait, nous ne pouvons aborder les prochaines échéances avec un dispositif politique à l’identique. Il est difficilement concevable que les sortants puissent être à nouveau ceux qui portent le renouveau alors que, suite à la réforme territoriale, notre paysage aura changé du tout au tout.

Notre parti a besoin de renouveau mais également de respect. Dans le cadre de mes fonctions, je travaille et fais en sorte que le Parti socialiste soit respecté. Mais pour qu’il le soit, il faut qu’on se respecte. Comme vous tous, je ne supporte plus de voir certains socialistes s’affronter entre eux avec des mots plus durs que ceux qu’ils envoient à la droite. Parce que lorsqu’on est blessants entre nous, on se blesse soi-même, on insulte nos militants et nous froissons nos électeurs.

Cela n’a échappé à personne que je suis un passionné des débats. On peut être en débat, s’affronter, mais se respecter. Ce qui faisait la force du parti d’Epinay, c’est non seulement qu’on participait aux réunions du début à la fin – je plaisante – mais que l’on respectait le débat. Je sais, aujourd’hui, on tweete, on ne résiste pas au narcissisme d’être cité, au délice d’être filmé. Mais, tout de même, nous avons une responsabilité collective qui nous oblige à maitriser notre expression pour, une fois encore – répétons cette exigence – que le Parti socialiste soit respecté. Il y a entre nous la nécessité du rassemblement, qui ne peut être que formel et doit se manifester et se construire dans le cadre d’un débat.

Nous avons tous ici dirigé des bouts de formation, des collectivités locales. Nous savons donc conjuguer rassemblement et singularité. Il y a chez nous des avis différents, c’est la vie du Parti socialiste et son honneur. Nous devons faire en sorte que le compromis et le rassemblement l’emportent. Le débat ce n’est pas imposer sa ligne à l’autre, c’est comprendre les logiques des uns et des autres et trouver un compromis, pour avancer. C’est essentiel pour être crédible et audible auprès des Français qui nous observent et aiment eux aussi les débats. Leur attente est claire : nos débats doivent aboutir et déboucher sur des positions et des propositions concrètes et utiles. Oui utiles ! Ils nous veulent utiles et pas futiles.

Mes amis, mes camarades !
Le Parti socialiste est un parti formidable. De la tête aux pieds, tout est là. Un bureau national qui débat, un secrétariat au travail, des commissions qui élaborent, proposent et animent. Des fédérations qui se réunissent, des secrétariats fédéraux qui organisent, des bureaux de section qui débattent, des militants qui collent partout, qui tractent sur tous les marchés et parfois même aux portes des usines. Quand je dis ça, certains sourient. Ils ont raison ! Car sur le papier tout cela existe mais la réalité est tout autre. Certains camarades débattent et se battent pour exercer des responsabilités et accéder aux instances nationales et fédérales. Mais, une fois arrivés dans ces instances, on ne les y croise pas toujours. Souvent, on se retourne et on se dit : tiens, c’est marrant au BN les copains arrivent 30 minutes après le début. Puis ils sortent. D’autres viennent 20 minutes avant la fin en s’offusquant qu’on ne leur ai pas encore donné la parole. N’est ce pas le cas dans vos sections ? La réalité c’est aussi qu’il y a des fédérations qui se réunissent et débattent peu. Des responsables qui me disent ne pas s’être réunis depuis le congrès de Toulouse. Vous le concéderez, nous avons véritablement besoin d’une organisation qui soit en place. Et puis, il y a notre système d’organisation qui date de la SFIO. Elle est verticale. Le 1er fédéral, le pauvre – nous les avons vus hier – est parfois – souvent même – un élu qui n’a pas le temps de s’occuper vraiment de sa fédération. Quand le 1er fédéral arrive dans sa fédération, ou le secrétaire de section dans sa section, ce n’est plus lui qui porte la parole d’en haut, « la ligne » comme on disait.

Aujourd’hui, tous les militants sont au courant de tout et savent tout. Ils ont entendu les phrases même peu amènes prononcées. Ils ont vérifié ce qu’on dit les uns et les autres. La forme verticale de notre organisation est directement impactée par la communication horizontale. Et je ne vous parle pas des chaînes d’infos ! Dans le domaine de l’utilisation des nouvelles technologies de l’informatique nous sommes les derniers. Les meilleurs ? Vous savez qui ils sont ? Oui, c’est le Front national. Ils ont aujourd’hui une capacité d’envahir le net. Ne sous-estimer pas ce champ de bataille car c’est là, que les opinions se forment et que les comportements se cristallisent. Les réseaux horizontaux permettent de propager des idées comme jamais et au final de matricer le débat politique. Sachez également, chers amis, que tous les journalistes politiques sont abonnés à vos comptes Twitter. Ils savent ce que vous dites ou ne dites pas. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est la nécessité de restructurer notre appareil politique, de revoir notre système de communication et de repenser notre organisation. Encore un sujet. Un élu me disait récemment que sa ville a été recouverte d’affiches contre le Parti socialiste. Qu’il a pris de vieilles affiches et qu’il a recollé. Il ne serait pas mauvais qu’on ressorte coller des affiches. Comme vous avez tous eu, lors des débats de ce matin, la délicatesse ou l’intelligence pour être entendu par tous, de dire que tout ce que faisait le gouvernement n’était pas si mauvais, on pourrait le dire dans des tracts hebdomadaires. Guillaume Bachelay a présenté notre rapport d’activité. Ce rapport démontre l’action menée par les socialistes. Je pense que si nous étions fiers de ce que nous faisons ensemble, les questions qui nous occupent aujourd’hui auraient un autre aspect et le débat une autre saveur.

Renouveau, respect mais également rassemblement. C’est mon troisième volet avant d’évoquer les régionales. Concernant l’unité, il faut avoir en tête une idée simple : on ne peut pas unir les autres si on est désunis soi-même.

Il est difficile d’échanger sereinement dans une phase où la gauche dans son ensemble se fait bousculer sévèrement dans le débat politique. Ce n’est plus aisé de rassembler et de mobiliser l’ensemble des formations de Gauche et des écologistes, ébranlés et émiettés qu’ils sont.

J’ai reçu et vu tout au long de cette semaine l’ensemble des forces de gauche et des écologistes. Je n’ai pas été jusqu’au Parti de Gauche, mais cela viendra. Laissez-moi vous dire une chose : ne sous estimez pas le désarroi dans lequel se trouve l’ensemble de la gauche. Si le peuple de gauche adhérait à une autre offre politique cela se verrait. Ne croyez pas qu’il existe un réservoir stratégique magnifique, une incroyable inventivité tactique. Il y a chez eux le même doute que j’évoquais au début. Les écologistes se trouvent en difficulté parce qu’ils ont quitté le gouvernement sans expliquer leur démarche, sans en fournir les raisons.

En leur sein, il y a plusieurs stratégies, plusieurs tactiques. Ils n’ont pas tous renoncé au projet de supplanter le Parti socialiste, de faire de nous des marginaux, mais ils butent sur la culture de gouvernement. Le Parti communiste pour sa part s’interroge sur sa stratégie. Ce n’est pas un hasard s’ils ont choisi de nous rencontrer. Sur la question de la SNCF, le Parti communiste a été congruent avec la majorité. Ils ont même demandé que le texte soit mis à l’ordre du jour. La difficulté avec la CGT est qu’elle oscille entre la volonté de signer des accords et la peur de se voir débordée. La difficulté pour le Parti communiste est qu’il voudrait revenir à une union de la gauche – certes plus à gauche – sans laisser d’espace sur sa gauche. Et en même temps, tout le monde s’inquiète d’une situation où le Parti socialiste serait en panne.

Comme me disait un ancien du Parti communiste : « nous ne voulons pas être marginaux dans un parti marginal ». C’est un peu le paradoxe de la situation pour nos deux partenaires. Ils veulent se construire en nous contestant mais s’alarment de notre affaiblissement. Alors nous devons être une force motrice et non pas la résultante des exigences et des pressions des autres. J’espère que nous allons militer pour. J’espère aussi que nous serons capables d’avoir des listes communes aux régionales. J’espère avant cela que nous aurons des listes communes ou une alliance aux sénatoriales car nous pourrions alors commencer l’année avec une surprise. Cela pourrait changer la situation et modifier la suite.

Mes chers amis, si nous abordons les élections régionales sans union, et ce même si nous aurions au préalable su refonder notre identité et restructurer notre formation et même si la réussite du gouvernement était au rendez-vous. Malgré tout cela, sans union, je crains que nous ne soyons en capacité de concourir pour la victoire.

Dans une situation où la France est en train de s’habituer au tripartisme, l’alliance à Gauche est plus que nécessaire. Notre parti doit se doter d’un programme pour les échéances régionales, devenir une force dynamique et si possible recréer l’unité. Cela nécessite également que notre formation soit en capacité de former ses militants. Nous avons travaillé avec Emeric Bréhier et David Assouline à relancer la formation des militants. Je pense que ceci est essentiel, nous en reparlerons en détails d’ici peu, car il y aura un cycle régional de formation des militants.

Certains diront : l’intervention du Premier secrétaire touche à sa fin. Belle intervention. Tout cela est bien pensé et bien dit. Enfin, j’espère qu’ils le diront. Mais, il a oublié deux petites choses. D’abord il n’a pas évoqué ce qui fait le sel de la terre : le prochain Congrès. Il n’a pas évoqué non plus ce qui peut faire le sucre de la terre, c’est-à-dire la désignation des têtes de listes et les listes aux régionales. Donc, je vais évoquer ces deux points pour finir. Oui, nous aurons un Congrès. La date est difficile à dire à ce jour. Car le gouvernement a donné une date pour les élections régionales à l’automne 2015, le Conseil Constitutionnel peut nous imposer des élections au mois de mars. Ce qui nécessiterait d’accélérer l’ensemble de notre dispositif.

Je souhaite vous faire la proposition suivante : on va en discuter ensemble. On va mettre en place une commission avec tous les sages possibles et inimaginables, tous les représentants des sensibilités, des sous-sensibilités et des sous-sous-sensibilités. Non, je n’oublierai personne. Cette commission sera évidemment paritaire. « Évidemment » car chaque sensibilité est évidemment dans la parité. Nous discuterons ensemble de la date du Congrès et de la forme que nous allons donner à ce Congrès. A ce sujet, je vous fais, mes chers amis, une suggestion : que ce congrès ne ressemble ni au congrès de Rennes, ni à celui de Reims. Que ce Congrès nous permette de discuter mais qu’il soit maitrisé.

Il n’est pas interdit de penser qu’un jour, dans le cadre de nos réformes, nous arrivions à imposer l’idée que l’ordre du jour des Congrès ne soit pas fixé par le bureau national mais par les militants pour qu’ils disent ce qu’ils veulent discuter et que nous soyons alors en capacité de leur répondre. Je rêve d’un congrès dont on sort en sachant ce qu’on a voté et en connaissant la ligne. Quant à la désignation des têtes de listes, je vous propose de le faire après les États généraux qui se tiendront début décembre.

Chers amis,
Pour ce qui est du débat et des perspectives ouvertes par les forces de gauche et les écologistes, j’ai déjà dit mon accord pour participer en votre nom au débat proposé par les écologistes, j’ai déjà dit mon accord pour participer au débat des radicaux sur la VIe République, j’ai déjà dit mon accord pour participer au débat des communistes sur la réindustrialisation. J’ai proposé à toutes ces formations, non pas un programme commun, ils n’en veulent plus, non pas à la Gauche plurielle, ils n’en veulent pas plus, mais à reconstruire au moins le désistement républicain. J’ai proposé un programme minimum entre les force de gauche qui soit un élément de repère et plus si affinités. Je leur ai proposé et ils ont accepté, sauf les amis de Jean-Pierre Chevènement, que nous fondions ensemble un comité national d’action pour le droit de vote des étrangers à l’automne. Je leur ai proposé, et ils en étaient d’accord, de travailler ensemble à une université permanente de la transition écologique. Et, je leur ai proposé que nous construisions un espace de confrontation entre l’ensemble des forces de gauche pour avoir un débat sur le fond. Car jusqu’à présent le Comité de liaison de la Gauche se réunissait à deux occasions, la première à la veille des élections en cas de difficultés – d’ailleurs il faut que nous nous parlions car il y a des difficultés à appliquer les accords pour les sénatoriales à venir- ou parce que le front national avait fait une sortie qui appelait une réponse de la gauche. Il faut des réunions régulières, des discussions pour comprendre où se situent les convergences et où se trouvent les divergences. Le débat entre les forces de gauche et les écologiques doit devenir quasi naturel et le Parti socialiste doit être en capacité à chaque fois d’apporter ses réponses. Vous comprendrez que ceci ne peut se faire qu’avec une certaine loyauté entre les gauches et les écologistes. Je ne veux pas finir mon propos sur cette notre pessimiste, mais je redis ici ce que j’ai dit à toutes les formations politiques : on ne peut pas jouer avec nos minorités respectives. C’est une question de respect. Le Parti socialiste n’est pas à vendre à la découpe. Car, si nous commençons de la sorte, tout le monde peut le faire. Et, dans ce domaine, je ne suis pas tout à fait manchot.
Un dernier point. Je comprends que certaines sensibilités, certains courants souhaitent inviter d’autres partis, cela ne me gène pas. Encore qu’il y ait des moments pour le faire… Mais ne passez pas sur la ligne des autres !

Voilà, mes camarades, la feuille de route que je vous propose pour aller jusqu’aux régionales. D’autres échéances suivront. Et j’entends bien que certains camarades éclairés voient loin et anticipent déjà. Très bien ! Mais, si l’on pouvait rester concentrés sur celle qui est devant nous. C’est-à-dire les régionales, la refondation de notre carte d’identité, le renouvellement de notre formation politique, la reconstruction de l’union de la gauche et des écologistes et peut-être à la suite quelque succès lors de sélections régionales. Cela, en toute bonne dialectique, modifierait peut-être les conditions mêmes des échéances futures. C’est tout ce que je souhaite à notre formation politique. Merci.