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03 Nov

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« Emmanuel Macron est fasciné par François Hollande », interview à Closer

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Le magazine Closer publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:



Après trois ans à la tête du PS, vous avez quitté votre bureau de Solférino. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis triste pour le PS mais plutôt libre. Et rendu à la vie civile ! (Rires.)

Dans votre livre, vous n’êtes pas tendre avec la classe politique. C’est votre revanche après des années de langue de bois ?
Revanche, peut-être pas. Mais j’ai souhaité raconter ce que j’ai vécu, sans être bridé. Quand vous êtes premier secrétaire du PS, il faut rassembler et votre parole n’est donc pas libre.

Vous expliquez que François Hollande n’était pas prêt à présider. Il ne s’imaginait que Premier ministre de DSK ?
Oui. Il savait que ce serait compliqué de le battre à la primaire. Lorsque Dominique Strauss-Kahn n’a pas pu se présenter, il a dû sauter sans élan. C’est la grande différence avec Emmanuel Macron qui s’est préparé, dans l’ombre.

Le problème de François Hollande, c’est qu’il a souvent décidé de ne pas décider ? 
Tout à fait. Sa méthode de gouvernance est de laisser tout ouvert, pour décider au dernier moment. Mais parfois, les choses s’imposent à lui, sans qu’il puisse faire la synthèse.

Cela lui est d’ailleurs arrivé dès le début du quinquennat, lorsque Valérie Trierweiler lui réclame un baiser à la Bastille, au soir de sa victoire. « On pourra lui demander le plus grotesque, il y répondra » dites-vous.
Oui, c’était une demande grotesque ! Or il ne se dérobe pas… Tout en ne répondant qu’à moitié, par un baiser furtif.

Sa vie privée s’est beaucoup invitée dans son mandat. N’avait-il pas anticipé la peopolisation de la vie politique ?
Je ne suis pas sûr qu’il pensait se retrouver dans Closer ! (Rires.) Mais évidemment, quand on est Président, la vie privée devient publique.

Valérie Trierweiler n’avait pas attendu Closer pour mettre son couple sur la scène publique avec son tweet de soutien à Olivier Falorni…
Absolument. D’emblée, elle a pris position pour un élu socialiste mais surtout contre Ségolène Royal, ce qui donnait à son intervention une dimension de règlement de comptes.

Le lendemain de la révélation du Gayet Gate, vous aviez rendez-vous avec François Hollande. Il n’annulera pas, mais vous le verrez très troublé, s’endormant même pendant la discussion !
C’est une dimension du personnage : pour lui, un Président assume. Mais les conditions de ce rendez-vous étaient très compliquées pour lui !

Vous jugez le bilan du quinquennat meilleur que le récit qui en a été fait. Comment expliquer cette mauvaise communication, avec un Président qui a tant parlé aux journalistes ?
Cela renvoie à son habitude de répondre à toutes les demandes ! Mais Un Président ne devrait pas dire ça a contribué à rendre sa candidature très compliquée.

En vexant nombre de ses soutiens ? Claude Bartolone, qu’il ne jugeait pas digne d’être Premier ministre, ou Najat Vallaud-Belkacem, qu’il ne trouve pas intellectuelle…
Oui, ils ont été blessés par les propos tenus, qui n’ont pas été démentis. Cela faisait des alliés en moins !

Ce qui a empêché sa candidature est bien sûr aussi la montée d’Emmanuel Macron. Il l’a longtemps cru loyal ?
Non, il a vu son appétit mais a pensé que cette ambition pouvait lui être utile, qu’Emmanuel Macron ringardiserait Alain Juppé et lui ramènerait une partie de l’électorat centriste. Mais Emmanuel Macron a compris cette instrumentalisation et il en a profité.

C’est finalement lors du meeting de la Mutualité qu’il comprend que les choses lui échappent ?
Oui. Ce soir-là, j’étais avec lui à l’Elysée et nous avons eu des difficultés techniques pour suivre le meeting. La télévision ne marchait pas, Emmanuel Macron passait du vert au bleu… François Hollande est un homme très maîtrisé mais là, il était furieux !

Pensez-vous qu’il pourrait revenir en politique ?
Je crois qu’il est fidèle à lui-même : il laisse tout ouvert. Il ne crée pas les conditions pour être candidat, mais on ne sait jamais…

Cela ne devrait pas rassurer Emmanuel Macron, que vous dites obsédé par François Hollande…
Au fond, il est fasciné par Hollande. Dans un effet de miroir, il veut faire l’inverse de lui et ça le cadre, d’un certain point de vue ! Mais je pense qu’il fait quelques erreurs psychologiques à cause de cela, en voulant tout centraliser autour de lui. Quand vous êtes dans cette incarnation jupitérienne, vous devenez un pouvoir désincarné.

Cela explique aussi son rapport compliqué aux médias ?
Oui. Il pense qu’ils prennent tout par le petit bout de la lorgnette. Mais il ne comprend pas que leurs interpellations sont aussi celles des Français. On ne peut pas sans arrêt venir du haut pour dire la bonne parole !

Votre première impression d’Emmanuel Macron a été contrastée. Vous décrivez le mélange entre « un déhanché de Michael Jackson et un regard de Margaret Thatcher »
J’ai été frappé par cet homme intelligent, pétillant, souriant, tactile, enveloppant… Et d’un seul coup, un regard dur, sombre, qui ne semblait pas là. Cette dichotomie m’a marqué.

Avez-vous été déçu par les socialistes – comme Jean-Yves Le Drian ou Christophe Castaner – qui ont choisi de le suivre ?
Oui, je leur en veux parce que cela a un nom : l’opportunisme. Ils ont choisi quelqu’un dont ils pensaient qu’il allait gagner au détriment de ce qui a fait leur vie, la gauche. Peu importe le flacon, pourvu qu’on puisse le boire !

C’est aussi le cas pour Manuel Valls ?
Bien sûr. Je n’avais jamais pensé qu’il serait parjure à sa parole dans la primaire. Le voir déchirer ce qu’il avait signé, puis demander l’investiture d’En Marche avec ce qu’il pensait d’Emmanuel Macron, cela m’a surpris. Il a peut-être une idée derrière la tête mais je ne vois pas laquelle.

Vous ne mâchez pas vos mots non plus sur Jean-Luc Mélenchon, « rêve d’un Chavez de Saint-Germain-des-Prés »…
Je respecte la colère des Insoumis mais leur orientation populiste ne permet pas de construire une alternative. Elle autorise surtout Macron à se maintenir !

Regrettez-vous de ne pas vous être présenté à la présidentielle ? Vous dites y avoir brièvement pensé après la défection de François Hollande!
J’y ai pensé une demi-seconde et j’ai éclaté de rire. J’ai le sens du ridicule !

Vous venez de monter votre société de conseil. Pourquoi ne pas devenir plutôt chroniqueur, comme nombres de vos confrères ?
Pourquoi pas ? Je ne m’interdis rien.

Vous avez eu des propositions ?
Non. Mais c’est une manière de lancer un appel ! (Rires.)

Propos recueillis par Maelle Brun

 

 

08 Oct

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L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 8 octobre l’invité d’En même temps sur BFM TV.

Il répondait aux questions d’Apolline de Malherbe, Laurent Neumann et Eric Brunet.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission:

 

06 Oct

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L’invité de Nicolas Beytout pour L’Opinion

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Jean-Christophe Cambadélis était ce vendredi 6 octobre l’invité de Nicolas Beytout pour L’Opinion.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

05 Oct

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L’invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI

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Jean-Christophe Cambadélis était ce jeudi 5 octobre l’invité de la matinale de LCI.

Il répondait aux questions d’Audrey Crespo-Mara.

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

03 Oct

Commentaires fermés sur L’invité du rendez-vous politique sur TV5 Monde

L’invité du rendez-vous politique sur TV5 Monde

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Jean-Christophe Cambadélis inaugurait ce mardi 3 octobre le rendez-vous politique du mardi sur TV5 Monde.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview:

 

02 Oct

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L’invité des « Grandes gueules » sur RMC

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Jean-Christophe Cambadélis était lundi 2 octobre l’invité du grand oral des « Grandes Gueules » sur RMC.

 

Retrouvez la vidéo de l’émission ci-dessous:

 

02 Oct

Commentaires fermés sur «La défaite du PS est morale: zéro idéologie, 100% tactique», interview à Libération

«La défaite du PS est morale: zéro idéologie, 100% tactique», interview à Libération

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Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

 

Dans votre livre, vous parlez de ces socialistes qui «sont devenus un détail dans un tableau ancien». C’est comme ça que vous voyez vos camarades en 2017 ?

C’est l’année zéro, oui. Les socialistes ont subi une défaite majeure mais leur implantation locale n’est pas démantelée… Ils doivent tout reconstruire.

Vous parlez des socialistes à la troisième personne du pluriel…

Moi, je suis parti : je parle mais c’est à eux de faire ! Le paradoxe, c’est que le PS reste le premier parti parlementaire de la gauche mais qu’il n’est plus au cœur de cette gauche. Petit à petit, on va revenir vers les socialistes. Car Emmanuel Macron ne sera plus ce qu’il a été – il ne peut plus surprendre car il gouverne – et Jean-Luc Mélenchon ne veut pas l’unité de la gauche. Ce nouveau cycle passe par une analyse du bilan la plus honnête possible, notamment pour comprendre la dégénérescence d’un parti de gouvernement en parti de gouvernance.

Quand le PS a-t-il basculé, comme dit Régis Debray, de la rhétorique vers la statistique ?

Quand le sens, la justice, la transformation, l’égalité se sont dissous dans le sable de la gestion. On a perdu de vue ce qu’était une gauche de transformation, car au fond, la divergence entre le gouvernement et les frondeurs était exclusivement budgétaire. La technocratisation de la gauche l’a conduite à dire que l’élément essentiel était de libérer le capital, les entreprises. Mais l’entreprise, ce n’est pas un projet de société. Sous le coup de la désidéologisation, la politique s’est contractée sur la seule question économique. C’est ça qui a fini par tuer les socialistes.

En choisissant Hollande, un candidat économiste et féru de fiscalité, c’était couru d’avance…

C’est vrai. Après Mitterrand, nous avons cherché le candidat qui pouvait être élu, pas celui qui incarnait un nouveau projet. Si vous combinez ça à la crise du courant progressiste, au fait que François Hollande n’était pas prêt et à son accord politique bancal avec Arnaud Montebourg, vous avez la toile de fond de ce quinquennat pour le moins contrasté.

Pour vous, François Hollande a été privé de sa «course d’appel» par l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Celui qui fait rater le quinquennat avant même son début, ce serait donc DSK ?

Mais bien sûr ! Il combinait une expertise économique et un projet de lutte contre les inégalités. Après lui, il a fallu bricoler.

Vous résumez le quinquennat à la formule «refus d’agir, paresse de penser». C’est adressé à Hollande et à vous-même ?

En réalité, on a bien agi mais on n’a pas donné de sens. Et la paresse de pensée, c’est parce que tout le monde a préféré balayer le travail sur le fond pour se consacrer exclusivement au jeu tactique.

Venant du tacticien en chef, la critique est gonflée…

J’en étais, oui, mais je crois que j’étais très bien entouré à ce petit jeu…

Vous parlez de «défaite morale» et de «choix de carrière» qui ont remplacé le combat collectif. Vous visez qui ?

Sur le fond, il y a eu la déchéance de nationalité et la loi travail qui ont éparpillé ce qu’il restait de nous. Mais je parle surtout des socialistes qui ont participé à la politique de Hollande et qui ont choisi un candidat le combattant. Le Drian, Collomb, Castaner… C’est une défaite morale. Zéro idéologie, 100 % tactique. Certains m’ont même vendu qu’il fallait soutenir Macron parce qu’il allait échouer et qu’on pourrait ensuite se refonder dans la gauche du macronisme ! J’ai les noms… Je n’ai pas de problème avec les socialistes qui se sont opposés sur un sujet ou un autre mais je suis extrêmement critique de ceux qui ont théorisé la fronde. C’est devenu un esprit de système.

Votre lecture du quinquennat épargne globalement François Hollande, que vous présentez comme un dirigeant empêtré dans les circonstances, qui ne serait coupable que d’une chose : ne pas avoir bien communiqué. C’est un peu court…

Les choses sont suffisamment complexes pour ne pas dire que tout est de sa faute. Frondeurs, Macron, Mélenchon, choix politiques, crise économique : l’échec est dû à un très grand nombre de paramètres… Hollande a sa part de responsabilité comme j’ai la mienne…

Ah ! Laquelle ?

D’être arrivé tard à la tête du PS (rires). J’aurais dû mieux me démerder ! Ma responsabilité, c’est d’avoir surestimé ma capacité à donner du sens, à infléchir les choix du gouvernement et à tenir tout le monde ensemble.

A quel moment vous vous dites : «cette fois, c’est perdu» ?

Tard… Le 1er décembre 2016, juste après le renoncement de François Hollande. J’ai toujours pensé, contrairement à beaucoup de mes camarades, qu’il était en mesure de remporter la primaire et la présidentielle, parce que la droite était trop à droite et que Mélenchon ne pouvait pas l’emporter. J’ai relancé la primaire pour qu’il se relégitime. Mais il y a un premier accroc en juillet 2016, quand Emmanuel Macron prend son envol à la Mutualité. Avec Macron dehors, la gauche de gouvernement est coupée en deux et la victoire contre la gauche critique devient compliquée. Ajoutez-y le fameux livre [Un président ne devrait pas dire ça… ndlr] qui brouille tout et cela débouche sur le retrait de Hollande. L’objet de la primaire n’est alors plus de gagner la présidentielle mais de départager la gauche.

Faut-il garder ce système de désignation pour la prochaine présidentielle ?

Je pense qu’on ne pourra pas faire autrement. Il faudra trouver un système pour que seuls les nôtres votent. Mais ce qui est sûr, c’est que, le Dernier Empereur de Bertolucci, je suis le dernier premier secrétaire au sens mitterrandien. C’est la fin du cycle d’Epinay. Le patron du PS ne sera plus le candidat naturel à l’Elysée. Je ne l’étais pas moi-même.

Vous y avez donc pensé ?

Ça m’a effleuré une demi-seconde (il sourit). En décembre dernier, je suis en République tchèque pour un congrès des socialistes européens. Hollande m’appelle après son annonce pour expliquer son choix. Le téléphone reposé, je regarde la vieille ville de Prague, bercée dans la lumière du soir. Me traverse l’idée, «vas-y», et j’explose de rire, tout seul dans ma chambre d’hôtel. Je ne me sentais pas inférieur à ceux qui ont concouru à la primaire et je ne me sentais pas incapable d’incarner un projet. Mais, c’est mon côté jospiniste, je savais qu’aucune des conditions n’étaient réunies. J’étais certes premier secrétaire mais j’avais une réputation, disons, sombre…

Vous vous êtes sacrifié ?

Au lendemain des législatives, oui. Quelques-uns complotaient déjà au loin, jurant ma perte. Je me sentais de taille à les affronter mais je me suis dit que si je me maintenais jusqu’au congrès, l’affrontement se ferait sur fond de «dégagisme». Une bataille personnalisée. L’autre possibilité, c’était de rendre la clé et de les laisser se débrouiller.

Et vous choisissez une bonne vieille synthèse…

Non, je fais une défense élastique (rires). Je démissionne et je propose une direction provisoire avec une feuille de route qui permette de se rassembler et de préparer les conditions du prochain congrès [début 2018, ndlr]. En faisant ça, je concours à sauver le PS.

Mélenchon y contribue aussi, non ?

Il y a plusieurs concours de circonstances. Au soir du premier tour de la présidentielle, je regarde l’intervention de Jean-Luc Mélenchon et je me dis qu’il tient notre destin entre ses mains. S’il avait joué la cohabitation avec Macron, il aurait proposé une union de toutes les gauches et des écologistes. Il aurait eu plus de parlementaires – de quoi peser vraiment face à la majorité – et se serait installé au cœur de la gauche. Quand je vois Mélenchon faire du Beppe Grillo plutôt que du Mitterrand, je me dis : «Nous sommes sauvés !» Sans cela, le PS éclatait. Il y aurait eu ceux qui se seraient dit «mon salut vaut bien Mélenchon» et ceux qui auraient sauté dans les bras de Macron. Même moi, je me serais posé la question…

Il valait mieux sauver le PS que la gauche ?

Ce n’est pas moi le responsable, c’était à Mélenchon de le faire. Outre le choix du chef des insoumis, Macron n’a pas voulu constituer un parti social-libéral : il a décidé d’être centriste. Il a cherché à briser le PS mais pas à occuper son espace. Et puis, dernier clin d’œil de l’histoire, les deux acteurs principaux de la fin du quinquennat socialiste, Manuel Valls et Benoît Hamon, ont quitté le PS. Le parallélisme des formes va jusqu’à la barbe !

En quoi sont-ils semblables ?

Dans le fait qu’ils ont incarné les socialistes pour mieux les quitter, en tant que chef de la majorité et candidat à la présidentielle. Leur trajectoire a un petit côté shakespearien.

Qui est alors Iago, la figure du traître ?

Nous sommes tous des Iago !

Pour vous, Macron, Mélenchon, Le Pen et Wauquiez sont des facettes d’un même populisme…

C’est le club des Jacobins. Le point commun entre les quatre, c’est que pour eux, tout procède de l’Etat. De Bercy, de la Nation ou de la Constituante. Or nous ne sommes plus dans le temps de la centralisation. Aujourd’hui, les Français veulent décider, participer, s’engager, gouverner…

Emmanuel Macron se trompe donc avec sa théorie sur la verticalité du pouvoir ?

C’est ma critique fondamentale du macronisme : notre pays est bloqué parce qu’il est dirigé par le club des Jacobins. Centralisé, vertical. Le seul parti qui peut assumer le girondisme, l’horizontalité du pouvoir et rapprocher les citoyens des lieux de décision, c’est le PS.

Mais comment mener un combat collectif à l’heure de l’individualisme et du libéralisme ?

Les gens ne sont pas contre les partis politiques, ils sont contre les partis qui n’ont pas de projet, si ce n’est celui de se reconduire au pouvoir. Donc si les socialistes se prennent à bras-le-corps, s’ils dessinent une nouvelle France, ils auront leur chance.

Elle doit ressembler à quoi, cette nouvelle France ?

Il faut le droit à l’expérimentation, permettre aux Français d’inventer, créer des nouveaux droits, faire la cogestion dans l’entreprise. Il y a une intelligence collective qui ne demande qu’à être libérée. Macron dit que les Français ne veulent pas se réformer, qu’ils sont fainéants. C’est le contraire ! On ne les laisse pas s’approprier la politique. Ce qui me frappe, c’est que rien ne leur échappe. Ils sont passionnés, engagés : l’enthousiasme est là, ne manque que le projet. Les socialistes français ont une chance de pouvoir reconstruire le courant progressiste avec le SPD allemand, qui est aujourd’hui dans la même impasse programmatique et stratégique.

Via un parti commun ?

Je pense que nos pays sont trop différents pour cela mais ce serait un symbole majeur que les deux partis travaillent ensemble à une refondation du progressisme européen.

Vous laissez une ardoise politique mais pas seulement. Ce soir, c’est votre pot de départ à Solférino, où de nombreux salariés sont sous le coup d’un plan social…

Le malaise des permanents du PS est une traduction interne de la violence qu’a subie le parti à l’extérieur. Une violence inouïe, qui s’est exprimée de manière épouvantable dans l’affrontement entre M’jid El Guerrab et Boris Faure. Des gens qui militaient ensemble en viennent à se battre à coups de casque… Tout un symbole. Aujourd’hui, des amis de vingt, trente, quarante ans ne se parlent plus. Le parti a besoin d’apaisement.

Et vous, dans tout ça ?

Je serai un spectateur désengagé.

Il faut bien gagner sa vie…

Grâce à Macron qui m’a fait battre, je suis un parlementaire à la retraite. Je ne dois plus rien à personne. Je vais monter ma petite boîte de conseil. Elle s’appellera C Conseils. Si on a besoin de moi, je filerai un coup de main… Ça permettra de payer les cigarettes et le taxi, comme on dit.

A 7 ans, vous tombez du troisième étage d’un immeuble à Montréal et vous vous relevez sans une égratignure. Un peu comme aujourd’hui, «même pas mal» ?

C’est de cet épisode que me vient mon surnom, «le Chat». La presse locale, au Canada, s’était fait l’écho de l’incident. Ma première interview…

Vous vous souvenez de la chute ?

J’avais 7 ans, je me vois très bien tomber et puis me relever. Un de mes amis, un psychanalyste, m’a dit récemment : «C’est ça ton problème, tu te crois indestructible.»

Propos recueillis par Rachid Laïreche et Laure Bretton