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05 Fév

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« L’espoir est permis », mon interview au Monde

par

 

Le Monde publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez lire en cliquant ici ou bien ci-dessous:

 

Un score d’à peine 3 % dans le territoire de Belfort et d’à peine 7 % dans le Val-d’Oise lors des deux élections législatives partielles qui viennent de se dérouler, le Parti socialiste est-il mort ?

Comme vous y allez ! Non, le Parti socialiste n’est pas mort, du moins en tant que structure. La fonte des militants est stoppée, il reste la première formation de gauche à l’Assemblée nationale et au Sénat. Hormis Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian, les grands élus ne l’ont pas quitté et son autonomie financière est assurée jusqu’à la prochaine élection présidentielle, au prix d’un double sacrifice : la vente de son siège et un plan social sans précédent. Mais si la structure demeure, le Parti socialiste est nu, il n’a plus de doctrine.

Quatre candidats se disputent malgré tout votre succession. Cela ne vous fait-il pas un peu sourire ?

Non, parce que ce que j’ai craint, c’est le vide. J’ai craint que personne n’ose reprendre le flambeau. Au bout du compte, ils sont quatre, Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Luc Carvounas, Emmanuel Maurel, et qui plus est d’accord sur l’essentiel : le Parti socialiste doit défendre une ligne d’autonomie stratégique, il doit procéder à un examen critique du hollandisme, il doit renouveler en profondeur les têtes et ce qu’il y a dans les têtes. L’espoir est permis.

Qui allez-vous soutenir ?

Je n’ai pas de favori, ce n’est pas mon rôle. En outre, j’ai la conviction que quel que soit le gagnant, ils devront tous travailler ensemble à l’essentiel : faire émerger un nouveau dessein qui permettra à la gauche non alignée [sur Macron et sur Mélenchond’incarner une alternative globale. Se satisfaire que la droite batte Emmanuel Macron, comme cela a été le cas dans les deux législatives partielles, ne peut être le destin de la gauche.

Lorsque vous étiez premier secrétaire du Parti socialiste, vous aviez tenté de convertir vos camarades au « progressisme ». En vain, puisque l’aile gauche du parti a refusé l’appellation. Le regrettez-vous ?

Oui, je le regrette. J’ai commis l’erreur de sacrifier à la synthèse au lieu d’imposer ce terme de progressiste.

Mais cela voulait clairement dire que le socialisme est dépassé…

Non, cela voulait dire que le socialisme dans les conditions politiques actuelles n’est qu’une partie de la gauche et qu’il doit impérativement se renouveler dans un ensemble plus large. On glose beaucoup sur la crise de la social-démocratie française, mais regardez ce qui se passe au niveau mondial. Partout, c’est la division : en Grande-Bretagne entre Corbyn et Smith, aux Etats-Unis entre Clinton et Sanders, en Italie entre Renzi et D’Alema, en Allemagne entre Schulz et Gabriel…

Partout, la gauche est confrontée aux mêmes tensions entre ceux qui veulent accompagner la mondialisation et ceux qui la contestent radicalement. Moyennant quoi les gauches ne sont pas seulement en désunion, elles sont en rivalité mortelle car aucune ne peut espérer gagner l’une sans l’autre. C’est pourquoi il est vital pour le PS de dégager un nouvel horizon capable de rassembler les forces progressistes non pas sur l’opposition capital-travail mais sur l’idée de l’émancipation.

Moyennant quoi c’est Emmanuel Macron qui s’est accaparé ce terme de progressiste, non sans succès d’ailleurs…

Emmanuel Macron s’est servi du progressisme pour séduire une partie des électeurs socialistes, mais à peine élu il l’a abandonné.

Pour devenir un président de droite ?

Pour devenir un président de centre droit. Aujourd’hui, sa tactique consiste, avec son premier ministre issu des rangs juppéistes, à ramener à lui le centre droit sans se préoccuper de la gauche parce que sa conviction est qu’elle est morte. Ce en quoi il se trompe lourdement.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Les Français sont dans l’attente, pas dans l’adhésion. Ils veulent des résultats et, si les résultats ne viennent pas, ils rechercheront une alternative. Or la politique menée par Emmanuel Macron est hasardeuse. Elle est faite pour les gagnants de la mondialisation, pour ceux qui ont intérêt au libéralisme et à la dérégulation. Le raisonnement est que la richesse donnée aux uns profitera à tous mais c’est un leurre, car la croissance, même si elle revient, sera pauvre en emplois. Il y aura des gagnants d’un côté et des perdants de l’autre, des inclus et des exclus, des nantis et des chômeurs, tout le contraire du progressisme promis par le président de la République. D’où la nécessité pour la gauche de construire dès aujourd’hui une alternative globale.

Incluez-vous encore Jean-Luc Mélenchon dans la gauche ?

Je ne l’exclus pas. Je constate simplement que c’est lui qui exclut la gauche de son populisme, lequel comporte une part d’utopie et une part de dangerosité. Je n’aime pas ses attaques contre la démocratie parlementaire ni son souverainisme de plus en plus exacerbé sur la question européenne…

L’une des raisons de la rupture entre les gauches, ces dernières années, a été l’Europe. Existe-t-il une voie de réconciliation ?

La bataille fiscale est à mes yeux primordiale. Pour que l’Europe change, il faut d’abord lutter contre le dumping fiscal. C’est pourquoi je propose que le camp progressiste se batte autour de l’idée d’un serpent fiscal, exactement comme il a existé un serpent monétaire : les taux d’imposition ne pourraient évoluer qu’à l’intérieur d’un plafond et d’un plancher fixés par les Etats membres. Autour de cette idée, on peut espérer créer lors des prochaines élections européennes de 2019 un rassemblement large allant de Martin Schulz [à la tête du Parti social-démocrate allemandà Alexis Tsipras [premier ministre grec, issu de la gauche radicale] .

« La gauche de demain sera girondine », proclamez-vous dans l’essai que vous publiez à la Fondation Jean-Jaurès. C’est surprenant pour un jacobin comme vous…

En faisant la tournée des fédérations, l’année dernière, j’ai été frappé par l’envie de faire et l’enthousiasme qui se dégageaient du terrain. Il y a une formidable énergie citoyenne à mobiliser face au jacobisme d’Emmanuel Macron que je considère comme une impasse. On ne peut pas faire bouger le pays depuis Bercy sur une vision technocratique. Tôt ou tard, il y aura un blocage. La gauche doit en finir avec le jacobinisme.

A qui voulez-vous donner le pouvoir ?

Aux régions ! C’est elles qui ont la puissance de faire au niveau économique. C’est à elles qu’il revient de corriger les inégalités sur le territoire, angle mort de la politique d’Emmanuel Macron.

Et si un président de région issu de l’extrême droite se faisait élire ?

C’est un risque à prendre. C’est la démocratie. Il y a des régions en Italie ou en Autriche qui sont malheureusement dirigées par l’extrême droite.

Que deviendrait la Corse ?

Je suis pour une large autonomie.

Et pour le bilinguisme ?

Pourquoi ne poserait-on pas la question aux régions ?

Qui aurait décidé de l’avenir de Notre-Dame-des-Landes ?

La région évidemment, parce qu’elle est la première concernée.

La droite aussi veut reconquérir le pouvoir par les régions…

Mais elle est dans une contradiction absolue, car Laurent Wauquiez est le plus jacobin des jacobins. Il faudra qu’il fasse un choix.

L’électorat populaire est convoité par Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez. Comment espérez-vous le séduire de nouveau ?

La dégénérescence des socialistes les a conduits d’un parti de gouvernement à un parti de bonne gouvernance. Elle les a amenés à abandonner les exclus, à faire passer l’intérêt de l’entreprise avant celui des salariés.

C’est une critique forte du quinquennat Hollande…

Le déficit public était élevé, on devait encourager l’investissement à travers le pacte de responsabilité et le CICE [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] . Mais la grande erreur est d’avoir théorisé les deux gauches irréconciliables alors qu’il fallait dire que c’était une parenthèse, comme Lionel Jospin lors du tournant de la rigueur en 1983.

Concrètement, comment aider les exclus ?

Il faut viser l’égalité réelle, attaquer les inégalités là où elles se constituent, donner plus à ceux qui ont moins. D’où l’importance de la décentralisation, qui permet de concentrer plus de moyens à certains endroits, de lutter contre la relégation territoriale dans une parfaite connaissance du terrain.

Considérez-vous, comme Benoît Hamon, que le travail, c’est fini, qu’il ne structurera plus la société de demain ?

Non, la fin du travail est une utopie dangereuse. Le travail, même s’il évolue, restera structurant. C’est la raison pour laquelle nous devons placer la lutte contre la précarité au centre du projet des progressistes.

Quel est l’ennemi du progressisme ?

Le marché libéral, parce qu’il ne fait pas société, mais aussi le nationalisme, le populisme.

Le prochain premier secrétaire du PS devra-t-il être dans une opposition ferme à Emmanuel Macron ?

Mon dernier acte de premier secrétaire est d’avoir fait voter à l’unanimité du Conseil national une résolution qui disait que nous étions une opposition de gauche, réaliste. Il faut s’en tenir à ça.

Quel horizon fixez-vous à la recomposition de la gauche ?

Je ne fixe pas de rythme. Je fixe un but : l’invention d’un nouveau progressisme et assumer un girondisme salvateur. Ce qui me frappe, c’est la vitalité du monde associatif, qui est confronté à la très grande pauvreté et aux blessures sociales. Le PS a là une mine qu’il n’utilise pas. Dans le rendez-vous des municipales, il y a la possibilité de faire l’alliance des divers gauche pour la conquête et le maintien d’un certain nombre de villes, donnant ainsi un maillage qui comptera pour la prochaine présidentielle. S’il fait cela, le PS pourrait devenir incontournable.

 

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Abel Mestre

 

 

21 Nov

Commentaires fermés sur L’invité de la matinale de France Info

L’invité de la matinale de France Info

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Jean-Christophe Cambadélis répondait ce mardi 21 novembre aux questions de Jean-Michel Aphatie et Bruce Toussaint dans la matinale de France Info.

Retrouvez ci-dessous ses principales déclarations ainsi que la vidéo de l’interview:

Sur les 6 premiers mois du quinquennat Macron 

« Emmanuel Macron fait fausse route sur la centralisation jupitérienne. Cela ne me semble pas juste car aujourd’hui, vu les problèmes auxquels nous sommes confrontés, c’est plutôt une décentralisation massive qui devrait avoir lieu. (…) Ses discours sur l’Europe sont intéressants, il défend l’Europe mais je le trouve isolé sur la chaîne européenne et pour l’instant nous n’avons pas les premiers linéaments de la réalisation de nos rêves communs. Enfin, sur la politique sociale, je pense qu’il commet une faute par sa volonté d’avancer à marche forcée sur une orientation libérale. »

Gérard Filoche, a-t-il encore sa place au PS ?

« Certains disaient qu’il ne l’avait plus depuis très longtemps.  Moi j’avais toujours fait en sorte que chacun puisse s’exprimer. Il y avait des désaccords qui étaient de type politique. Aujourd’hui le désaccord n’est pas politique, il est éthique. Et sur l’éthique on ne peut pas transiger. (…) Vous vous souvenez de son tweet sur Christophe de Margerie. Là, il avait été déféré devant la commission des conflits du PS. Aujourd’hui, le désaccord n’est pas politique, il est éthique et on ne peut pas transiger là dessus. »

Sur l’affaire Marchal-Beck

« J’ai tout découvert en lisant Libération. (…) C’est très bien que les femmes puissent libérer leur parole et mettre en cause ces abus de pouvoirs. (…) Je crois qu’il y a la dimension dans cette affaire d’un abus de pouvoir, comme on en voit un peu partout, mais dans ce cas, cela tient au trait spécifique du MJS. (…) Le MJS est une organisation extrêmement concentrée, un Etat dans l’Etat au niveau du Parti socialiste, et dans l’opposition au PS. Ils font ce qu’ils veulent. Dans cette organisation on ne parle pas aux autres. Il y a une dimension fractionnaire, quasiment sectaire. »

 

03 Nov

Commentaires fermés sur « Emmanuel Macron est fasciné par François Hollande », interview à Closer

« Emmanuel Macron est fasciné par François Hollande », interview à Closer

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Le magazine Closer publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire ci-dessous:



Après trois ans à la tête du PS, vous avez quitté votre bureau de Solférino. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis triste pour le PS mais plutôt libre. Et rendu à la vie civile ! (Rires.)

Dans votre livre, vous n’êtes pas tendre avec la classe politique. C’est votre revanche après des années de langue de bois ?
Revanche, peut-être pas. Mais j’ai souhaité raconter ce que j’ai vécu, sans être bridé. Quand vous êtes premier secrétaire du PS, il faut rassembler et votre parole n’est donc pas libre.

Vous expliquez que François Hollande n’était pas prêt à présider. Il ne s’imaginait que Premier ministre de DSK ?
Oui. Il savait que ce serait compliqué de le battre à la primaire. Lorsque Dominique Strauss-Kahn n’a pas pu se présenter, il a dû sauter sans élan. C’est la grande différence avec Emmanuel Macron qui s’est préparé, dans l’ombre.

Le problème de François Hollande, c’est qu’il a souvent décidé de ne pas décider ? 
Tout à fait. Sa méthode de gouvernance est de laisser tout ouvert, pour décider au dernier moment. Mais parfois, les choses s’imposent à lui, sans qu’il puisse faire la synthèse.

Cela lui est d’ailleurs arrivé dès le début du quinquennat, lorsque Valérie Trierweiler lui réclame un baiser à la Bastille, au soir de sa victoire. « On pourra lui demander le plus grotesque, il y répondra » dites-vous.
Oui, c’était une demande grotesque ! Or il ne se dérobe pas… Tout en ne répondant qu’à moitié, par un baiser furtif.

Sa vie privée s’est beaucoup invitée dans son mandat. N’avait-il pas anticipé la peopolisation de la vie politique ?
Je ne suis pas sûr qu’il pensait se retrouver dans Closer ! (Rires.) Mais évidemment, quand on est Président, la vie privée devient publique.

Valérie Trierweiler n’avait pas attendu Closer pour mettre son couple sur la scène publique avec son tweet de soutien à Olivier Falorni…
Absolument. D’emblée, elle a pris position pour un élu socialiste mais surtout contre Ségolène Royal, ce qui donnait à son intervention une dimension de règlement de comptes.

Le lendemain de la révélation du Gayet Gate, vous aviez rendez-vous avec François Hollande. Il n’annulera pas, mais vous le verrez très troublé, s’endormant même pendant la discussion !
C’est une dimension du personnage : pour lui, un Président assume. Mais les conditions de ce rendez-vous étaient très compliquées pour lui !

Vous jugez le bilan du quinquennat meilleur que le récit qui en a été fait. Comment expliquer cette mauvaise communication, avec un Président qui a tant parlé aux journalistes ?
Cela renvoie à son habitude de répondre à toutes les demandes ! Mais Un Président ne devrait pas dire ça a contribué à rendre sa candidature très compliquée.

En vexant nombre de ses soutiens ? Claude Bartolone, qu’il ne jugeait pas digne d’être Premier ministre, ou Najat Vallaud-Belkacem, qu’il ne trouve pas intellectuelle…
Oui, ils ont été blessés par les propos tenus, qui n’ont pas été démentis. Cela faisait des alliés en moins !

Ce qui a empêché sa candidature est bien sûr aussi la montée d’Emmanuel Macron. Il l’a longtemps cru loyal ?
Non, il a vu son appétit mais a pensé que cette ambition pouvait lui être utile, qu’Emmanuel Macron ringardiserait Alain Juppé et lui ramènerait une partie de l’électorat centriste. Mais Emmanuel Macron a compris cette instrumentalisation et il en a profité.

C’est finalement lors du meeting de la Mutualité qu’il comprend que les choses lui échappent ?
Oui. Ce soir-là, j’étais avec lui à l’Elysée et nous avons eu des difficultés techniques pour suivre le meeting. La télévision ne marchait pas, Emmanuel Macron passait du vert au bleu… François Hollande est un homme très maîtrisé mais là, il était furieux !

Pensez-vous qu’il pourrait revenir en politique ?
Je crois qu’il est fidèle à lui-même : il laisse tout ouvert. Il ne crée pas les conditions pour être candidat, mais on ne sait jamais…

Cela ne devrait pas rassurer Emmanuel Macron, que vous dites obsédé par François Hollande…
Au fond, il est fasciné par Hollande. Dans un effet de miroir, il veut faire l’inverse de lui et ça le cadre, d’un certain point de vue ! Mais je pense qu’il fait quelques erreurs psychologiques à cause de cela, en voulant tout centraliser autour de lui. Quand vous êtes dans cette incarnation jupitérienne, vous devenez un pouvoir désincarné.

Cela explique aussi son rapport compliqué aux médias ?
Oui. Il pense qu’ils prennent tout par le petit bout de la lorgnette. Mais il ne comprend pas que leurs interpellations sont aussi celles des Français. On ne peut pas sans arrêt venir du haut pour dire la bonne parole !

Votre première impression d’Emmanuel Macron a été contrastée. Vous décrivez le mélange entre « un déhanché de Michael Jackson et un regard de Margaret Thatcher »
J’ai été frappé par cet homme intelligent, pétillant, souriant, tactile, enveloppant… Et d’un seul coup, un regard dur, sombre, qui ne semblait pas là. Cette dichotomie m’a marqué.

Avez-vous été déçu par les socialistes – comme Jean-Yves Le Drian ou Christophe Castaner – qui ont choisi de le suivre ?
Oui, je leur en veux parce que cela a un nom : l’opportunisme. Ils ont choisi quelqu’un dont ils pensaient qu’il allait gagner au détriment de ce qui a fait leur vie, la gauche. Peu importe le flacon, pourvu qu’on puisse le boire !

C’est aussi le cas pour Manuel Valls ?
Bien sûr. Je n’avais jamais pensé qu’il serait parjure à sa parole dans la primaire. Le voir déchirer ce qu’il avait signé, puis demander l’investiture d’En Marche avec ce qu’il pensait d’Emmanuel Macron, cela m’a surpris. Il a peut-être une idée derrière la tête mais je ne vois pas laquelle.

Vous ne mâchez pas vos mots non plus sur Jean-Luc Mélenchon, « rêve d’un Chavez de Saint-Germain-des-Prés »…
Je respecte la colère des Insoumis mais leur orientation populiste ne permet pas de construire une alternative. Elle autorise surtout Macron à se maintenir !

Regrettez-vous de ne pas vous être présenté à la présidentielle ? Vous dites y avoir brièvement pensé après la défection de François Hollande!
J’y ai pensé une demi-seconde et j’ai éclaté de rire. J’ai le sens du ridicule !

Vous venez de monter votre société de conseil. Pourquoi ne pas devenir plutôt chroniqueur, comme nombres de vos confrères ?
Pourquoi pas ? Je ne m’interdis rien.

Vous avez eu des propositions ?
Non. Mais c’est une manière de lancer un appel ! (Rires.)

Propos recueillis par Maelle Brun

 

 

08 Oct

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L’invité d’Apolline de Malherbe sur BFM TV

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Jean-Christophe Cambadélis était ce dimanche 8 octobre l’invité d’En même temps sur BFM TV.

Il répondait aux questions d’Apolline de Malherbe, Laurent Neumann et Eric Brunet.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’émission:

 

06 Oct

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L’invité de Nicolas Beytout pour L’Opinion

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Jean-Christophe Cambadélis était ce vendredi 6 octobre l’invité de Nicolas Beytout pour L’Opinion.

 

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

05 Oct

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L’invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI

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Jean-Christophe Cambadélis était ce jeudi 5 octobre l’invité de la matinale de LCI.

Il répondait aux questions d’Audrey Crespo-Mara.

Retrouvez la vidéo de l’interview ci-dessous:

03 Oct

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L’invité du rendez-vous politique sur TV5 Monde

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Jean-Christophe Cambadélis inaugurait ce mardi 3 octobre le rendez-vous politique du mardi sur TV5 Monde.

 

Retrouvez ci-dessous la vidéo de l’interview:

 

02 Oct

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L’invité des « Grandes gueules » sur RMC

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Jean-Christophe Cambadélis était lundi 2 octobre l’invité du grand oral des « Grandes Gueules » sur RMC.

 

Retrouvez la vidéo de l’émission ci-dessous:

 

02 Oct

Commentaires fermés sur «La défaite du PS est morale: zéro idéologie, 100% tactique», interview à Libération

«La défaite du PS est morale: zéro idéologie, 100% tactique», interview à Libération

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Libération publie ce jour une interview de Jean-Christophe Cambadélis que vous pouvez retrouver en cliquant ici ou lire dans son intégralité ci-dessous:

 

Dans votre livre, vous parlez de ces socialistes qui «sont devenus un détail dans un tableau ancien». C’est comme ça que vous voyez vos camarades en 2017 ?

C’est l’année zéro, oui. Les socialistes ont subi une défaite majeure mais leur implantation locale n’est pas démantelée… Ils doivent tout reconstruire.

Vous parlez des socialistes à la troisième personne du pluriel…

Moi, je suis parti : je parle mais c’est à eux de faire ! Le paradoxe, c’est que le PS reste le premier parti parlementaire de la gauche mais qu’il n’est plus au cœur de cette gauche. Petit à petit, on va revenir vers les socialistes. Car Emmanuel Macron ne sera plus ce qu’il a été – il ne peut plus surprendre car il gouverne – et Jean-Luc Mélenchon ne veut pas l’unité de la gauche. Ce nouveau cycle passe par une analyse du bilan la plus honnête possible, notamment pour comprendre la dégénérescence d’un parti de gouvernement en parti de gouvernance.

Quand le PS a-t-il basculé, comme dit Régis Debray, de la rhétorique vers la statistique ?

Quand le sens, la justice, la transformation, l’égalité se sont dissous dans le sable de la gestion. On a perdu de vue ce qu’était une gauche de transformation, car au fond, la divergence entre le gouvernement et les frondeurs était exclusivement budgétaire. La technocratisation de la gauche l’a conduite à dire que l’élément essentiel était de libérer le capital, les entreprises. Mais l’entreprise, ce n’est pas un projet de société. Sous le coup de la désidéologisation, la politique s’est contractée sur la seule question économique. C’est ça qui a fini par tuer les socialistes.

En choisissant Hollande, un candidat économiste et féru de fiscalité, c’était couru d’avance…

C’est vrai. Après Mitterrand, nous avons cherché le candidat qui pouvait être élu, pas celui qui incarnait un nouveau projet. Si vous combinez ça à la crise du courant progressiste, au fait que François Hollande n’était pas prêt et à son accord politique bancal avec Arnaud Montebourg, vous avez la toile de fond de ce quinquennat pour le moins contrasté.

Pour vous, François Hollande a été privé de sa «course d’appel» par l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Celui qui fait rater le quinquennat avant même son début, ce serait donc DSK ?

Mais bien sûr ! Il combinait une expertise économique et un projet de lutte contre les inégalités. Après lui, il a fallu bricoler.

Vous résumez le quinquennat à la formule «refus d’agir, paresse de penser». C’est adressé à Hollande et à vous-même ?

En réalité, on a bien agi mais on n’a pas donné de sens. Et la paresse de pensée, c’est parce que tout le monde a préféré balayer le travail sur le fond pour se consacrer exclusivement au jeu tactique.

Venant du tacticien en chef, la critique est gonflée…

J’en étais, oui, mais je crois que j’étais très bien entouré à ce petit jeu…

Vous parlez de «défaite morale» et de «choix de carrière» qui ont remplacé le combat collectif. Vous visez qui ?

Sur le fond, il y a eu la déchéance de nationalité et la loi travail qui ont éparpillé ce qu’il restait de nous. Mais je parle surtout des socialistes qui ont participé à la politique de Hollande et qui ont choisi un candidat le combattant. Le Drian, Collomb, Castaner… C’est une défaite morale. Zéro idéologie, 100 % tactique. Certains m’ont même vendu qu’il fallait soutenir Macron parce qu’il allait échouer et qu’on pourrait ensuite se refonder dans la gauche du macronisme ! J’ai les noms… Je n’ai pas de problème avec les socialistes qui se sont opposés sur un sujet ou un autre mais je suis extrêmement critique de ceux qui ont théorisé la fronde. C’est devenu un esprit de système.

Votre lecture du quinquennat épargne globalement François Hollande, que vous présentez comme un dirigeant empêtré dans les circonstances, qui ne serait coupable que d’une chose : ne pas avoir bien communiqué. C’est un peu court…

Les choses sont suffisamment complexes pour ne pas dire que tout est de sa faute. Frondeurs, Macron, Mélenchon, choix politiques, crise économique : l’échec est dû à un très grand nombre de paramètres… Hollande a sa part de responsabilité comme j’ai la mienne…

Ah ! Laquelle ?

D’être arrivé tard à la tête du PS (rires). J’aurais dû mieux me démerder ! Ma responsabilité, c’est d’avoir surestimé ma capacité à donner du sens, à infléchir les choix du gouvernement et à tenir tout le monde ensemble.

A quel moment vous vous dites : «cette fois, c’est perdu» ?

Tard… Le 1er décembre 2016, juste après le renoncement de François Hollande. J’ai toujours pensé, contrairement à beaucoup de mes camarades, qu’il était en mesure de remporter la primaire et la présidentielle, parce que la droite était trop à droite et que Mélenchon ne pouvait pas l’emporter. J’ai relancé la primaire pour qu’il se relégitime. Mais il y a un premier accroc en juillet 2016, quand Emmanuel Macron prend son envol à la Mutualité. Avec Macron dehors, la gauche de gouvernement est coupée en deux et la victoire contre la gauche critique devient compliquée. Ajoutez-y le fameux livre [Un président ne devrait pas dire ça… ndlr] qui brouille tout et cela débouche sur le retrait de Hollande. L’objet de la primaire n’est alors plus de gagner la présidentielle mais de départager la gauche.

Faut-il garder ce système de désignation pour la prochaine présidentielle ?

Je pense qu’on ne pourra pas faire autrement. Il faudra trouver un système pour que seuls les nôtres votent. Mais ce qui est sûr, c’est que, le Dernier Empereur de Bertolucci, je suis le dernier premier secrétaire au sens mitterrandien. C’est la fin du cycle d’Epinay. Le patron du PS ne sera plus le candidat naturel à l’Elysée. Je ne l’étais pas moi-même.

Vous y avez donc pensé ?

Ça m’a effleuré une demi-seconde (il sourit). En décembre dernier, je suis en République tchèque pour un congrès des socialistes européens. Hollande m’appelle après son annonce pour expliquer son choix. Le téléphone reposé, je regarde la vieille ville de Prague, bercée dans la lumière du soir. Me traverse l’idée, «vas-y», et j’explose de rire, tout seul dans ma chambre d’hôtel. Je ne me sentais pas inférieur à ceux qui ont concouru à la primaire et je ne me sentais pas incapable d’incarner un projet. Mais, c’est mon côté jospiniste, je savais qu’aucune des conditions n’étaient réunies. J’étais certes premier secrétaire mais j’avais une réputation, disons, sombre…

Vous vous êtes sacrifié ?

Au lendemain des législatives, oui. Quelques-uns complotaient déjà au loin, jurant ma perte. Je me sentais de taille à les affronter mais je me suis dit que si je me maintenais jusqu’au congrès, l’affrontement se ferait sur fond de «dégagisme». Une bataille personnalisée. L’autre possibilité, c’était de rendre la clé et de les laisser se débrouiller.

Et vous choisissez une bonne vieille synthèse…

Non, je fais une défense élastique (rires). Je démissionne et je propose une direction provisoire avec une feuille de route qui permette de se rassembler et de préparer les conditions du prochain congrès [début 2018, ndlr]. En faisant ça, je concours à sauver le PS.

Mélenchon y contribue aussi, non ?

Il y a plusieurs concours de circonstances. Au soir du premier tour de la présidentielle, je regarde l’intervention de Jean-Luc Mélenchon et je me dis qu’il tient notre destin entre ses mains. S’il avait joué la cohabitation avec Macron, il aurait proposé une union de toutes les gauches et des écologistes. Il aurait eu plus de parlementaires – de quoi peser vraiment face à la majorité – et se serait installé au cœur de la gauche. Quand je vois Mélenchon faire du Beppe Grillo plutôt que du Mitterrand, je me dis : «Nous sommes sauvés !» Sans cela, le PS éclatait. Il y aurait eu ceux qui se seraient dit «mon salut vaut bien Mélenchon» et ceux qui auraient sauté dans les bras de Macron. Même moi, je me serais posé la question…

Il valait mieux sauver le PS que la gauche ?

Ce n’est pas moi le responsable, c’était à Mélenchon de le faire. Outre le choix du chef des insoumis, Macron n’a pas voulu constituer un parti social-libéral : il a décidé d’être centriste. Il a cherché à briser le PS mais pas à occuper son espace. Et puis, dernier clin d’œil de l’histoire, les deux acteurs principaux de la fin du quinquennat socialiste, Manuel Valls et Benoît Hamon, ont quitté le PS. Le parallélisme des formes va jusqu’à la barbe !

En quoi sont-ils semblables ?

Dans le fait qu’ils ont incarné les socialistes pour mieux les quitter, en tant que chef de la majorité et candidat à la présidentielle. Leur trajectoire a un petit côté shakespearien.

Qui est alors Iago, la figure du traître ?

Nous sommes tous des Iago !

Pour vous, Macron, Mélenchon, Le Pen et Wauquiez sont des facettes d’un même populisme…

C’est le club des Jacobins. Le point commun entre les quatre, c’est que pour eux, tout procède de l’Etat. De Bercy, de la Nation ou de la Constituante. Or nous ne sommes plus dans le temps de la centralisation. Aujourd’hui, les Français veulent décider, participer, s’engager, gouverner…

Emmanuel Macron se trompe donc avec sa théorie sur la verticalité du pouvoir ?

C’est ma critique fondamentale du macronisme : notre pays est bloqué parce qu’il est dirigé par le club des Jacobins. Centralisé, vertical. Le seul parti qui peut assumer le girondisme, l’horizontalité du pouvoir et rapprocher les citoyens des lieux de décision, c’est le PS.

Mais comment mener un combat collectif à l’heure de l’individualisme et du libéralisme ?

Les gens ne sont pas contre les partis politiques, ils sont contre les partis qui n’ont pas de projet, si ce n’est celui de se reconduire au pouvoir. Donc si les socialistes se prennent à bras-le-corps, s’ils dessinent une nouvelle France, ils auront leur chance.

Elle doit ressembler à quoi, cette nouvelle France ?

Il faut le droit à l’expérimentation, permettre aux Français d’inventer, créer des nouveaux droits, faire la cogestion dans l’entreprise. Il y a une intelligence collective qui ne demande qu’à être libérée. Macron dit que les Français ne veulent pas se réformer, qu’ils sont fainéants. C’est le contraire ! On ne les laisse pas s’approprier la politique. Ce qui me frappe, c’est que rien ne leur échappe. Ils sont passionnés, engagés : l’enthousiasme est là, ne manque que le projet. Les socialistes français ont une chance de pouvoir reconstruire le courant progressiste avec le SPD allemand, qui est aujourd’hui dans la même impasse programmatique et stratégique.

Via un parti commun ?

Je pense que nos pays sont trop différents pour cela mais ce serait un symbole majeur que les deux partis travaillent ensemble à une refondation du progressisme européen.

Vous laissez une ardoise politique mais pas seulement. Ce soir, c’est votre pot de départ à Solférino, où de nombreux salariés sont sous le coup d’un plan social…

Le malaise des permanents du PS est une traduction interne de la violence qu’a subie le parti à l’extérieur. Une violence inouïe, qui s’est exprimée de manière épouvantable dans l’affrontement entre M’jid El Guerrab et Boris Faure. Des gens qui militaient ensemble en viennent à se battre à coups de casque… Tout un symbole. Aujourd’hui, des amis de vingt, trente, quarante ans ne se parlent plus. Le parti a besoin d’apaisement.

Et vous, dans tout ça ?

Je serai un spectateur désengagé.

Il faut bien gagner sa vie…

Grâce à Macron qui m’a fait battre, je suis un parlementaire à la retraite. Je ne dois plus rien à personne. Je vais monter ma petite boîte de conseil. Elle s’appellera C Conseils. Si on a besoin de moi, je filerai un coup de main… Ça permettra de payer les cigarettes et le taxi, comme on dit.

A 7 ans, vous tombez du troisième étage d’un immeuble à Montréal et vous vous relevez sans une égratignure. Un peu comme aujourd’hui, «même pas mal» ?

C’est de cet épisode que me vient mon surnom, «le Chat». La presse locale, au Canada, s’était fait l’écho de l’incident. Ma première interview…

Vous vous souvenez de la chute ?

J’avais 7 ans, je me vois très bien tomber et puis me relever. Un de mes amis, un psychanalyste, m’a dit récemment : «C’est ça ton problème, tu te crois indestructible.»

Propos recueillis par Rachid Laïreche et Laure Bretton